Le space opera 2 : l'appel des étoiles

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mithriel
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Re: Le space opera (2) : l'appel des étoiles

Message par mithriel »

La relativité, ça t'allonge le zizi sans jamais atteindre ton but. Moche.
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Gobelure
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Re: Le space opera (2) : l'appel des étoiles

Message par Gobelure »

Le temps ne fait pas non plus tout à l'affaire : lors d'un voyage à des vitesses proches de la lumière, le milieu interstellaire devient lui-même une source d'ennuis : il se comporte en effet comme un gaz à travers lequel il faut passer.

Pour donner un ordre de grandeur : si on va vers le centre de la Voie Lactée, à la vitesse maximale, chaque atome de gaz va frapper le vaisseau avec une énergie comparable à celle du LHC. Mais ce n'est pas un seul atome qui va frapper chaque seconde, mais des centaines de milliards de millards.
Au total, le flux d'énergie qui va arriver sur le vaisseau sera de l'ordre de 300 TW / m^2 (soit 300 000 000 fois le rayonnement solaire au sol, ou encore la puissance électrique totale produite par l'humanité /m^2 )
Bref, le vaisseau va tout simplement fondre... 
Il y aura donc une vitesse limite liée aux frottements avec le milieu interstellaire (ce qui paraît assez dingue en soi - on parle quand même d'un espace essentiellement vide...)

Le calcul à la louche:
Spoiler:
https://fr.wikipedia.org/wiki/Voyage_relativiste : la vitesse max atteinte quand on va au centre de la Voie Lactée (A-R) est de 0,999 999 998 c
Ca donne un Facteur de Lorentz de 15000 environ (donc chaque seconde sur le vaisseau correspond à 15000 secondes à l'extérieur)
Les particules interstellaires (essentiellement des protons de masse 1 GeV) vont donc frapper le vaisseau avec une énergie cinétique de ~15 TeV, soit ~2,5 micro-Joules.
Mais à chaque seconde, le vaisseau parcourt 15000 x c soit ~ 5 milliards de km
Chaque m^3 du milieu interstellaire contient 25 millions de protons (très approximativement).
Donc à chaque seconde, ce sont 10^20 protons /m^2 qui frappent le vaisseau.
En multipliant par l'énergie de chaque proton je tombe sur le 300 TW/m^2 (mais on se plante facilement dans ce genre de calcul...)

Pour Proxima Centauri, il y aura de même environ 12 MW / m^2 de flux d'énergie à dissiper... C'est pas gagné :(
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VXgas
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Re: Le space opera (2) : l'appel des étoiles

Message par VXgas »

Gobelure a écrit : sam. janv. 23, 2021 3:42 pm Pour Proxima Centauri, il y aura de même environ 12 MW / m^2 de flux d'énergie à dissiper... C'est pas gagné :(
Une énergie à récupérer pour la réinjecter dans un moteur pour aller à cette vitesse peut-être ? Car il faut une sacrée énergie pour expédier la masse d'un vaisseau à une vitesse proche de celle de la lumière.

Par ailleurs, j'ai déjà évoqué le problème de la dissipation de la chaleur dans le vide qui ne peut se faire que sous forme de rayonnement infrarouge, donc sous forme de panneaux radiants. Mais cette vitesse dans un milieu qui devient quasi gazeux d'après ce que tu dis, l'"aérodynamisme" redevient important pour limiter la surface exposée (comme avec la présence d'une atmosphère donc) et on oublie donc les panneaux sauf peut-être parallèlement au déplacement.

mithriel a écrit : ven. janv. 22, 2021 9:35 am
tauther a écrit : ven. janv. 22, 2021 8:58 am
mithriel a écrit : ven. janv. 22, 2021 7:27 am Déprimante parce que même à la vitesse de la lumière, on n'est pas près de reacher to the stars.

@GCM Exactement! :(

Il ne reste plus qu'à compter sur les trous de ver. :thunder:

On en parle jamais mais le problème serait exactement le même. Le temps relatif de traversée du trou de ver serait court mais des milliers d'années ce seront passés pour les autres...
Dernière modification par VXgas le sam. janv. 23, 2021 4:33 pm, modifié 1 fois.
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mithriel
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Re: Le space opera (2) : l'appel des étoiles

Message par mithriel »

L'enfer, c'est les autres... et le gaz de vide.
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Re: Le space opera (2) : l'appel des étoiles

Message par GCM »

En vous lisant, je me demande si ça existe vraiment la S-F Hard-science, au vu des 1000 contraintes qu'elle implique...

Edit : la S-F spatiale.
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Re: Le space opera (2) : l'appel des étoiles

Message par VXgas »

GCM a écrit : sam. janv. 23, 2021 8:03 pm
En vous lisant, je me demande si ça existe vraiment la S-F Hard-science, au vu des 1000 contraintes qu'elle implique...

Edit : la S-F spatiale.

En l'état actuelle de nos technologies, de nos connaissances, de la physique et de l'univers, de la pure SF Hard-Science ce serait assez contraignante oui. Généralement c'est une extrapolation ou projection de certaines tendances ou théories scientifiques.
The Expanse en est un bon exemple.
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Re: Le space opera (2) : l'appel des étoiles

Message par Gobelure »

A un moment, il faut choisir d'extrapoler quelque chose quand on parle de SF. On peut essayer de rester dans le cadre des théories actuelles, et extrapoler sur le développement technique : on a alors le choix entre les technologies faisables mais lentes, et les technologies compliquées pour se rapprocher d'une vitesse de la lumière.

Le problème n'est pas le même non plus selon qu'on reste dans le système Solaire ou si on veut aller voir les étoiles. Il reste beaucoup d'histoires à raconter dans un univers à la "the expanse" où on a colonisé le système solaire, même si les étoiles sont hors de portée.

Pour aller plus loin en voyage "lent", il faut pouvoir voyager pendant des dizaines ou des centaines d'années. Cela implique soit des vaisseaux générationels, soit de s'autoriser la cryogénie. On a alors un space opéra avec des planètes très isolées les unes des autres, même si pour le voyageur cryogénisé, le temps de trajet ne fait pas veillir. Sans compter qu'on peut également extrapoler en direction du transhumanisme... Tout cela respecte non seulement la relativité d'Einstein, mais également la difficulté à s'approcher de la vitesse de la lumière.

Et même en imaginant un voyage supraluminique, finalement ça ne change pas grand chose : le temps ne s'écoule pas pour le voyageur (comme dans le cas de la cryogénie ou du transhumanisme), mais il s'écoule sur Terre, si bien qu'on décrit une fois de plus une société galactique très morcelée... A mon avis, le type d'histoire à raconter n'est donc pas si différent ( je mets à part le cas du vaisseau générationnel ).
Et du coup, en terme de fiction pilotée par des considérations réalistes, le fait d'aller "presque" à la vitesse de la lumière ou de se faire cryogéniser ne change pas grand chose... ce qui veut dire que l'aspect "technique" du voyage relève plus de la coloration qu'on veut donner à son space opera que d'un vrai problème à résoudre pour s'assurer de la plausibilité de l'univers.
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Re: Le space opera (2) : l'appel des étoiles

Message par GCM »

Salut les spacien•nes

Question :
Je placerai volontiers un vaisseau spatial échoué parmi les 36 Zones d'Alastor 66. Un vaisseau spatial de plusieurs kilomètres de long.
Le souci c'est que mon petit gidéaire à moi ce n'est pas Star Wars. J'essaie de conserver un peu de véracité scientifique pour certaines parties du décor. Aussi comment puis-je expliquer la présence de ce vaisseau échoué à la surface d'une lune ? Comment expliquer qu'il soit encore à peu près intact ?
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Re: Le space opera (2) : l'appel des étoiles

Message par Fabfab »

GCM a écrit : sam. janv. 23, 2021 8:03 pm
En vous lisant, je me demande si ça existe vraiment la S-F Hard-science, au vu des 1000 contraintes qu'elle implique...

Edit : la S-F spatiale.

Et moi je me demande si ça peut se jouer avec autre chose, autour de la table, que la présence exclusive de docteurs en mécanique céleste, astrophysique, astronomie, et biologie extrême...
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Re: Le space opera (2) : l'appel des étoiles

Message par VXgas »

Fabfab a écrit : dim. janv. 24, 2021 8:08 am
GCM a écrit : sam. janv. 23, 2021 8:03 pm
En vous lisant, je me demande si ça existe vraiment la S-F Hard-science, au vu des 1000 contraintes qu'elle implique...

Edit : la S-F spatiale.

Et moi je me demande si ça peut se jouer avec autre chose, autour de la table, que la présence exclusive de docteurs en mécanique céleste, astrophysique, astronomie, et biologie extrême...

Bin on joue avec les connaissances qu'on a à la table. Donc le principal c'est que tout le monde soit d'accord sur certaines situations mêmes si elles ne sont pas réalistes. C'est ça la limite de la hard-science.
Généralement un jeu qui se veut hard-science, va aborder les sujets principaux et courant afin qu'il n'y ait pas d'absence de connaissances sur des éléments essentiels (effet du vide spatiale, rayonnements, microgravité, gravité artificielle, etc.)

Notre physique est d'ailleurs valable dans notre univers connu et peut-être même uniquement dans une portion de cette univers. Ca n'est pas impossible. Certaines théories l'avance.
Il suffit d'indiquer que c'est un autre univers (dans une théorie d'univers multiples plausibles), ou que la physique agit différemment selon les zones de l'univers pour s'affranchir de certains éléments, mais il faut rester cohérent avec ces différences. Ca peut-être même très amusant de créer un univers de jeu avec une physique différente.
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GCM
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Re: Le space opera (2) : l'appel des étoiles

Message par GCM »

Houla... Je remets une pièce concernant mon vaisseau spatial échoué. Comment expliquer son bon état relatif ? Il s'est échoué il y a vingt ans sur A66. Et je ne veux pas qu'il se soit crashé trop vite sous peine de vitrifier mon setting... :runaway
Et le vaisseau doit être en suffisamment bon état pour que je puisse mettre des tables aléatoires à l'intérieur et y envoyer des PJ. C'est l'idée.
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Re: Le space opera (2) : l'appel des étoiles

Message par Ramentu »

GCM a écrit : dim. janv. 24, 2021 7:43 am Salut les spacien•nes

Question :
Je placerai volontiers un vaisseau spatial échoué parmi les 36 Zones d'Alastor 66. Un vaisseau spatial de plusieurs kilomètres de long.
Le souci c'est que mon petit gidéaire à moi ce n'est pas Star Wars. J'essaie de conserver un peu de véracité scientifique pour certaines parties du décor. Aussi comment puis-je expliquer la présence de ce vaisseau échoué à la surface d'une lune ? Comment expliquer qu'il soit encore à peu près intact ?

Un Lighthugger (Alastair Reynolds Revelation Space).

http://www.yann-souetre.com/0-data/NFI.gif
https://revelationspace.fandom.com/wiki/Lighthugger

A part les propulseurs, ils sont (pour les anciens modèles, en tout cas), aussi Hard-science que possible.

Il sont capables (avec difficulté*) d’atterrir verticalement après une reconfiguration pour aplatir la poupe (de préférence, amerrir) - ce qui ne sera pas sans conséquence pour environnement !).
*Il ne sont pas conçus pour atterrir, mais c'est possible - les propulseurs donnent une poussée suffisante et la structure peut encaisser 10g dans le sens de poussée. Et il y a assez de matériel pour un bouclier thermique - il suffit de déplacer le bouclier de glace.
Avec l’aménagement interne reconfigurable, les fabricateurs et les stocks de pièces, il peut être dans l'état de ton choix.
cf le roman Absolution Gap

L'équipage le pose (pourquoi ? - là est la question) puis repart (en emportant les propulseurs ?), laissant un cône de 4km de haut partiellement immergé sous le contrôle de systèmes expert / IA / restant d'équipage / ... (au choix) à l'intérieur labyrinthique, constitués d’entrepôts immenses, de quartiers d’habitations, d'usines, de centrales, de hangars,  de tout ce que tu veux y mettre; le tout relié par un dédale d'ascenseurs, de couloirs et de structures de soutien.
Et comme l'ensemble est conçu pour être +-lentement reconfigurable, avec les différents éléments pouvant se déplacer (rotation ou translation) autour de l'axe central ... les possibilités comme "donjon" sont immenses.
 
Dernière modification par Ramentu le dim. janv. 24, 2021 1:39 pm, modifié 2 fois.
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Re: Le space opera (2) : l'appel des étoiles

Message par Ackinty »

GCM a écrit : dim. janv. 24, 2021 11:19 am
Houla... Je remets une pièce concernant mon vaisseau spatial échoué. Comment expliquer son bon état relatif ? Il s'est échoué il y a vingt ans sur A66. Et je ne veux pas qu'il se soit crashé trop vite sous peine de vitrifier mon setting... :runaway
Et le vaisseau doit être en suffisamment bon état pour que je puisse mettre des tables aléatoires à l'intérieur et y envoyer des PJ. C'est l'idée.
C'est un projet de construction qui n'a jamais abouti (un peu à la façon dont les mafieux récupèrent des subventions, bâtissent des fondations de maisons/d'hôtels pour donner le change puis disparaissent avec le reste du pognon) ?
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Re: Le space opera (2) : l'appel des étoiles

Message par GCM »

Ackinty a écrit : dim. janv. 24, 2021 1:29 pm
GCM a écrit : dim. janv. 24, 2021 11:19 am
Houla... Je remets une pièce concernant mon vaisseau spatial échoué. Comment expliquer son bon état relatif ? Il s'est échoué il y a vingt ans sur A66. Et je ne veux pas qu'il se soit crashé trop vite sous peine de vitrifier mon setting... :runaway
Et le vaisseau doit être en suffisamment bon état pour que je puisse mettre des tables aléatoires à l'intérieur et y envoyer des PJ. C'est l'idée.
C'est un projet de construction qui n'a jamais abouti (un peu à la façon dont les mafieux récupèrent des subventions, bâtissent des fondations de maisons/d'hôtels pour donner le change puis disparaissent avec le reste du pognon) ?

Naaan, ce n'est pas un chantier. C'est un vaisseau de guerre naufragé après la défaite de son camp, vingt ans auparavant. Avec tout ce que ça implique de butin militaire à l'intérieur (IA maréchale, Robotas de combat, armes NBC secrètes...) et de scavengers.
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Re: Le space opera (2) : l'appel des étoiles

Message par mithriel »

Est-ce qu'il n'aurait pas pu se poser en urgence, mais sans se crasher trop méchamment, juste avant la défaillance définitive des systèmes. Ou qu'il y ait une explosion quelque part, mais post-atterrissage ?
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