Burn-out roliste - témoignages

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Guylène
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Burn-out roliste - témoignages

Message par Guylène »

Bonjour à tous,

Je suis actuellement en train de préparer une intervention pour une convention de JDR, sur le sujet du burn-out roliste, et je cherche des témoignages !

C'est un phénomène récurrent chez les MJ et les créateurs de JDR, parfois également chez les joueurs. On se sent contraint par le loisir, le JDR devient un poids. Organiser des parties de JDR devient "du travail" ou "des devoirs", et on commence peu à peu à être découragé, on le vit comme une contrainte trop lourde dans nos vies, on perd l'envie, on finit par le plus jouer pendant un temps. En anglais on parle beaucoup par exemple de "GM burnout", quand tout repose tellement sur le MJ qu'il finit par craquer, en quelques sortes.

Bien sur les facteurs sont multiples, il y a plein de configurations différentes etc., et ce n'est pas la même chose qu'un burn-out au sens de "syndrome d'épuisement professionnel".

Mais j'aimerais savoir si vous avez déjà eu ces ressentis dans le cadre du JDR. Comment l'avez-vous géré, seul et au sein de votre groupe de jeu? D'où est-ce que cela venait? Quelles étaient alors vos habitudes dans de votre pratique du JDR (quelle fréquence, quel type de jeux etc)? Qu'est-ce qui vous a paru être "trop"?  Pourquoi est-ce que cela concernait le JDR, et pas un autre de vos loisir?

Le sujet n'est pas anodin : j'ai moi-même vécu cela, et c'est pour ça que je m'intéresse à la question. Mais je voudrais croiser les témoignages ! Si vous souhaitez m'en parler en MP, n'hésitez pas également !

Avis aux intéressés, et merci !

Guylène
 

Merci
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Re: Burn-out roliste - témoignages

Message par Merci »

Bonjour
C'est un sacré sujet que voilà. Effectivement de par ma pratique rolistique étalée sur une trentaine d'années, j'ai été exposé moi aussi à ce genre de phénomène où les idées ne viennent plus ou même quand les idées viennent finalement on n'a pas trop envie de les faire jouer tout cela peut être résumé en une seule phrase, il n'y a plus de plaisir.

Pourquoi il n'y a plus de plaisir cela peut avoir différentes origines. Par exemple, la routine quotidienne est trop lourde. Et la fuite que permet d'habitude le jeu de rôle n'en est plus une car maintenant il y a une planification à respecter.

Du coup, cela devient une activité comme une autre doit respecter le calendrier.

Un autre. Sur ce qui n'est plus un plaisir. C'est quand la gestion d'un groupe de joueurs devient lourde. En effet Il est tout à fait évident que le maître du jeu n'a pas du tout ni le même plaisir ni le même rôle que le joueur qui vient juste mettre en scène son personnage. Dans une aventure qu'il ne connaît pas. Le MJ lui par contre est dans un exercice Comme un chirurgien ou comme un professeur constamment à l'affût de ce qui se passe en face de lui et devant réagir immédiatement à toute situation.

Le plaisir du maître du jeu et le plaisir du joueur sont totalement différent.

Pour éviter ce genre d' avanie. Pour ma part j'espace correctement les séances Et je me pose souvent la question de savoir ce que je veux faire avec les joueurs, je suis peut-être de ce point de vue très directif mais d'un autre côté concilier les volonté de 4 ou 5 personnes qui ne vont pas forcément vouloir abonder l'aventure dans le sens que je voulais donner reste très compliqué.

Bien sûr, il faut éviter l'écueil de faire du théâtre et plus du jeu de rôle. Mais laisser le pouvoir uniquement aux joueurs c'est passer du maître du jeu dans ce cas-là l'ordinateur et quelque chose de tout à fait satisfaisant.

Le problème que je rencontre très souvent en tant que maître. Ce que j'ai e envie de jouer quelque chose de particulier, je lance l'aventure la campagne, je plante le décor et la difficulté, c'est dans la longueur; il faut revenir et rester sur ce qu'on voulait faire au départ et ne pas commencer a créer un autre monde à l'intérieur même de celui qu'on vient de faire.

Nous sommes alors des victimes pures et simples de notre société où la concentration portée à ce que nous faisons est minimale et l'investissement réduit à sa plus simple expression; si nous voulons créer quelque chose de consistant et de qualité ça demande du temps, ça demande de la réflexion, ça demande de l'investissement.

Or tout est inconstance, buzz, hype.

La culpabilité du MJ est facile a créer.

Les joueurs attendent.quelque chose ? Ok qu'ils proposent et qu'ils ne soient pas vexés ni supris.de la forme retenue par le MJ.

Comme un manager ou un chef, la solitude du MJ est une réalité.

Ce n'est que mon point de vue . Il est assumé et je le défendrai devant ceux qui le trouverait excessif.

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Dany40
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Re: Burn-out roliste - témoignages

Message par Dany40 »

Bon courage pour traiter ce sujet particulièrement intéressant et marquant dans notre loisir ...
Je me demande dans quelle proportion les vieux rolistes revenant au JDR aujourd’hui sont dans une résilience par rapport à un arrêt de pratique causé par ce type de burn out ...
« Les hommes doués intellectuellement savent qu’il n’y a pas de différence nette entre le réel et l’irréel, que les choses ne nous apparaissent qu’à travers la délicate synthèse physique et mentale qui s’opère subjectivement en chacun de nous. » HP Lovecraft

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Re: Burn-out roliste - témoignages

Message par Yusei »

Je ne sais pas si les réponses négatives t'intéressent pour ton intervention, mais pour ma part je n'ai (pour l'instant) pas connu ce burn out. Je l'attribue au fait que, progressivement, j'ai arrêté de me sentir seul responsable de la qualité des parties. Il m'est arrivé de me lasser de certaines campagnes ou de certains univers, mais pas du fait d'être MJ.

(C'est sans doute lié à mon groupe, aussi, qui est capable de gérer la partie tout seul quand j'ai un coup de mou)

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Re: Burn-out roliste - témoignages

Message par Fingolfin »

Guylène a écrit :
dim. févr. 16, 2020 7:05 pm

Avis aux intéressés, et merci !

Guylène


Je n'ai pas véritablement vécu de Burn-out, car j'ai eu la chance de trouver des outils ludiques qui m'ont évité de continuer à subir les responsabilités du "MJ traditionnel".

J'ai d'ailleurs récemment maîtrisé avec ma "table historique" pour leur faire plaisir, ce qui m'a fait revivre pendant quelques heures la pénibilité de ce fonctionnement.

Je pense qu'une bonne proportion d'abandon du jdr trouve sa source dans ces Burn-out…

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Re: Burn-out roliste - témoignages

Message par Belphégor »

J'ai complètement Burn Out lors de ma campagne Chronicles of Darkness. Déjà première erreur je m'étais mis en tête de lire absolument tous les livres de la gamme, le premier clou dans le cercueil. Ensuite la rigidité du lore de l'univers (Eh ouais même CofD !) fait que l'univers était plus une camisole qu'une source d'inspiration pour moi dans l'élaboration de mes scénarios. La qualité de mes scénarios a pris un sacré coup dans la gueule et mes joueurs l'ont sentis, on a décidés d’arrêter les frais avant de faire plus de dégâts. Je n'ai depuis plus jamais fait jouer de JDR à grosse gamme genre D&D, L5A et compagnie et j'ai plu tendance à faire jouer des univers "persos".

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Sammael99
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Re: Burn-out roliste - témoignages

Message par Sammael99 »

Je ne sais pas si par "burn-out" tu entends le fait d'arrêter complètement. Si c'est le cas, ça ne m'est jamais arrivé.

Par contre, cette sensation de tirer derrière soi un traineau dans lequel les joueurs sont assis, oui, j'en ai fait l'expérience et je la fais même souvent. Ca a pu m'amener à mettre fin à des campagnes prématurément, ou à continuer malgré moi sans aucun plaisir.

Le JdR est un drogue, je ne peux pas m'en passer, c'est avéré. Mais ça ne veut pas dire que chaque dose à la même saveur.

L'analyse que j'en fait aujourd'hui, c'est que ce qui me pèse le plus c'est la différence de degrés d'engagement. J'ai sans doute ma part de responsabilité là-dedans (j'ai tendance à aller dans les choses à fond, un peu trop à fond diraient certains). Mais le fait est que quand je prépare des choses qui ont demandé beaucoup de temps et d'investissement pour des joueurs qui viennent plus pour les chips que pour la partie, c'est dur de garder le cap.

Je me rends compte aujourd'hui que j'en attends sans doute trop de mes joueurs, mais que le fait qu'ils ne soient pas là où je les attends me frustre néanmoins. Avec les joueurs que j'ai autour de moi ici, je sais qu'il y a plein de choses que je ne peux pas proposer parce que la différence d'engagement sera trop marquée et je finirais frustré. Unknown Armies 3 est sagement sur mon étagère parce qu'à la troisième tentative de monter une partie avec des joueurs pas assez engagés j'ai abandonné.

Je suppose que c'est comme ça que je gère, du coup. Je me force à m'engager moins, ce qui est une certaine frustration, mais moins que de m'engager trop et de finir déprimé.

Je ne sais pas si je réponds vraiment à ta question...
Mozart n'a pas écrit que le Boléro de Ravel. Mais aussi plein d'autres trucs beaucoup moins connus (comme le canon de Pachelbel). - Le Grümph

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thamartin
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Re: Burn-out roliste - témoignages

Message par thamartin »

Bonjour,

hors périodes de vie complexes, demandant à puiser dans l'énergie que l'on consacre habituellement à se faire plaisir. Deux types de rencontre "ras-le-bol", directement en lien avec la perte du plaisir consacré au loisir, me viennent à l'esprit.

- En temps que meneur : Avoir une équipe qu'il faut pousser en permanence, constituée de joueurs manquant de motivations et/ou aux souhaits trop divergents (MJ compris).

Solutions: Échanger, chercher à faire exprimer les attentes de chacun sur le jeu et son organisation pour trouver des consensus, puiser à différentes sources pour s'informer et essayer de comprendre ce qui peut échapper dans la situation (forum, podcast, livres...), essayer d'adapter sa manière de mener aux attentes, changer de jeu... Si au bout du compte rien ne bouge ou que les informations recueillies ne permettent pas d'envisager de jouer sereinement, changer l'équipe.

- En temps que joueur: Ne pas être à sa place avec une partie d'un groupe ou avec un système de jeu.
Solutions: Même parcours.

Parfois, il ne sert à rien de s'épuiser. Si la motivation n'est plus là, ce n'est peut-être pas le plaisir de jouer qui s'étiole. La cause peut simplement être l'exercice qui se réalise dans un contexte inapproprié à nos attentes.

Il faut accepter l'idée que le plaisir est multiple et que tout le monde ne peut pas tout faire ensemble. Il est possible de passer de très bons moments avec des amis autour d'un type de loisir et être dans une impasse en ce qui concerne le jdr.

Chercher à aller contre est une source d'épuisement que personne ne souhaite dans ce qui reste avant tout un loisir à multiple facettes. Chacun doit pouvoir y trouver son compte pour être en mesure de donner et de vivre les aléas d'une pratique dans le temps. Lorsque les choses sont fluides, elles deviennent plaisantes. L'investissement regagne en valeur de plaisir, en même temps qu'il perd en sensation de contrainte.
 

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Vorghyrn
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Re: Burn-out roliste - témoignages

Message par Vorghyrn »

Ok, je suis un peu comme @Yusei et @Fingolfin : je n'ai pas eu de réel burn-out mais, comme tout le monde probablement, j'ai eu des coup de mou sur des campagnes ou des périodes où j'avais moins envie de jouer. Si ça t'intéresse aussi (ce qui s'est passé, comment j'y ai remédié), n'hésite pas à le dire.
Mes CR solos en cours :

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Monsieur L'ourson
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Re: Burn-out roliste - témoignages

Message par Monsieur L'ourson »

Je dirai que ce n'est pas peut être pas un Burn-out. Mais il y a un peu plus de 2 ans, j'ai du me séparer (déménagement) d'un groupe d'amis avec lesquels j'adore jouer (je parle au présent car je joue avec certains encore en ligne). Avant de partir, on s'était rencontré (pour la majorité) et fais un peu plus d'un an sur une de mes campagnes perso star wars.

Depuis j'ai toujours envies et idées sur mes jdr, mais pu le courage pour trouvé une nouvelle table étant que MJ....
Par exemple : J'ai eu l'occaz l'an dernier, de monté un nouveau groupe pour une campagne star wars que j'avais vraiment envie de faire jouer et ça ne l'as pas fait. Aucun fautifs à proprement parler juste que y a pas eu le feeling autour de la table. Mais après coup, je pense que j'ai pas du me montrer super motivé face à eux et ça a du un peu torpillé le truc....

La seule partie faite derrière l'écran avec que des nouvelles têtes était lors d'une soirée initiation jeu (à mon arrivé dans ma nouvelle ville). Et ça s'était super bien passé. (dommage que les joueurs n'ont pas voulu plus)

Par contre aucun soucis de faire du jdr avec une fiche de perso en main :). Sauf que je m'amuse vraiment dans le rôle MJ
Dernière modification par Monsieur L'ourson le lun. févr. 17, 2020 10:36 am, modifié 5 fois.
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Mugen
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Re: Burn-out roliste - témoignages

Message par Mugen »

J'ai connu, et j'y suis encore en grande partie.
En gros, il y a eu une période où tout ce que j'entreprenais en tant que MJ tombait à plat, parceque ça n'intéressait pas les joueurs que je rencontrais. Il y a même eu des sabotages de campagne par un joueur qui n'avait vraiment pas envie de jouer à ce que je proposais.
Et j'ai mis leur manque d'intérêt sur le compte de mes capacités de MJ ou de créateur d'histoires en général. Et pour moi qui joue essentiellement pour mettre en scène mes créations, ça a été brutal.
Sois satisfait des fruit, des fleurs et même des feuilles,
Si c'est dans ton jardin à toi que tu les cueilles.
Ne pas monter bien haut peut-être, mais tout seul.

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Re: Burn-out roliste - témoignages

Message par moldfries »

Ce que j'ai vécu qui s'approchait le plus d'un burn-out est une période où mes joueurs ne s'intéressaient qu'au medieval fantastique. Pendant quasiment deux ans je n'ai eu l'occasion de mener des parties que dans un contexte med fan (D&D et les RO principalement), et j'en avais vraiment marre.
On était étudiant à l'époque, alors on tournait à une ou deux parties par semaine, sur deux ans ça fait beaucoup beaucoup de séances et même si j'adorais jouer avec eux, ça devenait de plus en plus difficile de proposer une expérience satisfaisante de mon côté, j'avais l'impression de tourner en rond et vraiment, c'était très difficile de me motiver à jouer.

La solution a été simple : dégager les RO et D&D3.5 au passage et s'essayer à d'autres trucs :rock: J'ai du batailler pour convaincre mes joueurs mais au final on s'est éclaté sur COPS, Cthulhu et bien d'autres jeux et je crois qu'ils ne m'en ont jamais voulu d'avoir fait cet effort  :P Le fait que c'était aussi mes meilleurs amis de longue date a aidé, ça aurait été un autre groupe j'aurais tout simplement quitté sans demander mon reste. 

Sam Spade
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Re: Burn-out roliste - témoignages

Message par Sam Spade »

Est-ce que le terme "burn out" n'est pas un peu excessif dans le cadre d'un loisirs ?

Il serait sans doute bon par commencer à définir le terme par rapport au cadre. Pour moi, le burn out est une maladie professionnelle. Il faut donc être dans le cadre du travail pour subir un burn out. N'état pas professionnel de l'édition de jdr, je ne peux pas avoir de burn out.

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Yusei
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Re: Burn-out roliste - témoignages

Message par Yusei »

Sam Spade a écrit :
lun. févr. 17, 2020 11:22 am
Il serait sans doute bon par commencer à définir le terme par rapport au cadre.

Je trouve que le deuxième paragraphe de Guylène définit bien de quoi elle parle, non ?

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Talisker
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Re: Burn-out roliste - témoignages

Message par Talisker »

Mugen a écrit :
lun. févr. 17, 2020 10:23 am
J'ai connu, et j'y suis encore en grande partie.
En gros, il y a eu une période où tout ce que j'entreprenais en tant que MJ tombait à plat, parceque ça n'intéressait pas les joueurs que je rencontrais. Il y a même eu des sabotages de campagne par un joueur qui n'avait vraiment pas envie de jouer à ce que je proposais.
Et j'ai mis leur manque d'intérêt sur le compte de mes capacités de MJ ou de créateur d'histoires en général. Et pour moi qui joue essentiellement pour mettre en scène mes créations, ça a été brutal.

Je connais ce sentiment.

C’est exactement ce qui m'est arrivé aussi. J'ai tendance à papillonner en tant que MJ, et à ne pas faire jouer de campagnes longues car j'y perds assez vite la motivation : maximum une quinzaine de sessions. De plus, j'avais envie d'essayer des trucs plus light et avec plus de partage de narration, comme Fate ou Anarchy. Enfin, j'avais régulièrement des campagnes avortées au bout de quelques scénarios, la plupart du temps par perte de motivation ou d'intérêt d'un ou plusieurs joueurs. Et à chaque fois, je me disais que c'était ma faute, que j'avais mal expliqué, mal maîtrisé tel scénario, mal arbitré autour de la table... Je prenais pour moi des choses qui relevaient souvent (pas toujours, hein, je suis loin d'être parfait en tant que MJ) de la responsabilité collective.

Cependant, les exigences des autres joueurs de la table étaient différentes, car ils préféraient d'une part les campagnes au long cours, d'autre part rester sur des systèmes de jeu connus (on jouait sur un système générique maison), et enfin jouer "down to earth", c'est-à-dire pas franchement héroïque (sans tomber dans le gritty non plus). Donc après avoir terminé de maîtriser ma campagne Shadowrun, j'ai proposé plusieurs fois des trucs différents et, il faut l'avouer, assez éloignés de notre pratique habituelle. A chaque fois, j'ai eu droit à un semblant d'intérêt poli au mieux lors de la présentation du jeu, et au cours de la première et dernière partie de test sur Fate, à une engueulade homérique qui s'est envenimée au point que l'un d'eux a fait mine de quitter la maison...

Bref, au bout d'un moment, je me suis rendu compte que je mettais beaucoup d'efforts, de temps et d'énergie dans quelque chose qui n'intéressait que moyennement les gens à qui je le proposais. Et qu'ils ne faisaient même pas l'effort d'essayer de comprendre et de jouer le jeu de ce que je proposais.
Et j'ai réalisé qu'en fait, ça faisait des années que je jouais avec des gens qui n'attendaient pas du tout la même chose que moi autour de la table, et que j'y allais de plus en plus avec la boule au ventre. J'ai donc pris du recul et arrêté le jeu de rôle avec ces gens. Je les côtoie toujours (bien obligé, ma femme en fait partie !), mais je ne fais plus de jeu de rôle avec eux depuis trois ans maintenant, et ça va beaucoup mieux. J'ai trouvé un autre groupe plus compatible avec mes attentes, et j'ai recommencé à maîtriser l'année dernière.
Il en va des librairies comme du whisky: ce sont des passions auxquelles il vaut mieux s'adonner seul. Pendant qu'on boit un single malt de quarante ans d'âge, ce serait dommage de se déconcentrer en bavardant avec quelqu'un. - François Weyergans

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