Orientaliser Coriolis

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Sammael99
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Re: Orientaliser Coriolis

Message par Sammael99 » ven. avr. 20, 2018 12:48 pm

A l'époque où les ponts étaient encore rares sur le fleuve, Nasreddine travaillait comme passeur. avec sa petite barque, il faisait traverser les gens d'une rive à l'autre contre quelques misérables piécettes.

Un jour, un grand savant, les bras chargés de livres, prit place dans la barque. Nasreddine lui souhaita la bienvenue et parla avec lui de choses et d'autres. Le savant se rendit compte que Nasreddine ne maîtrisait pas bien la grammaire, et que sa façon de parler n'était pas très
recherchée. Il lui demanda:
- Mon ami, n'es-tu jamais allé à l'école?
- Non, lui répondit timidement Nasreddine en continuant de ramer.
- Alors, mon ami, sache que tu as perdu la moitié de ta vie.

Nasreddine fut vexé mais garda le silence.

Lorsque la barque fut parvenue au milieu du fleuve, un courant rapide la renversa, et les deux hommes se retrouvèrent à l'eau, assez loin l'un de l'autre. Nasreddine vit le savant qui se débattait pour ne pas se noyer. Il lui cria:
- Est-ce que tu as appris à nager, maître?
- Non, répondit le savant en continuant à se débattre.
- Alors, mon ami, tu as perdu ta vie toute entière!

Pour s'impregner un peu de cet esprit 1001 Nuits, je recommande vivement la lecture des histoires de Nasreddine. Il y a deux bouquins (visant plutôt les enfants/ados) dans la collection Sagesse et Malices intitulés Nasreddine, le Fou qui Etait Sage et un grosse compilation d'histoires dans la collection Libretto sous le titre Sublimes paroles et idioties de Nasr Eddin Hodja.
Mozart n'a pas écrit que le Boléro de Ravel. Mais aussi plein d'autres trucs beaucoup moins connus (comme le canon de Pachelbel). - Le Grümph

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Wenlock
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Re: Orientaliser Coriolis

Message par Wenlock » ven. avr. 20, 2018 3:23 pm

Ecorce a écrit :
ven. avr. 20, 2018 10:28 am
Tu dois mal l'utiliser, j'utilise cette fonctionnalité personnellement et ça ne me casse rien.
Quand tu crées un brouillon, va dans "Panneau de contrôle de l'utilisateur" puis "Brouillons". N'ouvre pas le brouillon, clique sur le lien "Charger le brouillon", et ainsi tu retrouveras tes chères balises.
S'il t'intéresse d'évaluer quelle expérience les autres utilisateurs peuvent avoir de ces forums, Écorce, deux chiffres te renseigneront (directement sous l'avatar de tes interlocuteurs) : le nombre de messages et la date d'inscription. Toujours est-il qu'après avoir enregistré un assez long brouillon avec sa mise en forme et ses liens, au lieu de cliquer "Charger" comme j'en ai l'habitude, n'ayant qu'une brève mention à ajouter sur le mécénat des Califes, j'ai fait "Consulter et Modifier", puis "Enregistrer" et ça a produit ce genres de choses :
<r>Comme j'ai eu la question en privé, je vais préciser <B><s></s>ce que j'appelle ici "l'Orient"<e></e></B>, soit dans le cadre étroit de ce fil : en fait, je sous-entends le Proche et le Moyen-Orient majoritairement "arabe" (comme relative unité linguistique et culturelle, même si en fait c'est plein de Perses, de Turko-Mongols, d'Indiens...) et très largement musulman.<br/>
Maintenant, je vais devoir tout nettoyer avant de reposter. ;)

@Sammael99 : le Mollah Nasreddin étant sensément un Soufi (en tous cas les Soufis le revendiquent et je ne crois pas que le reste de l'Islam conteste), si ça t'intéresse, il y a pas mal de petits bouquins très accessibles sur le soufisme, que ce soit pour enrichir un space-opera ou pour ton édification personnelle (je recommande "le Face à Face des Cœurs" de Faouzi Skali).
À mes yeux, le soufisme est en tous cas une variante de l'Islam qui se prête extrêmement bien au space-opera façon Coriolis, pour au moins trois raisons :

► c'est encore plus syncrétique que le reste de l'Islam (puisqu'on y retrouve notamment des influences aussi bien hassidiques que hindouistes, zoroastriennes ou des "cultes à mystères"), et la religion « coriolissienne » n'étant semble-t-il identifiée à aucun courant, le soufisme peut être un moyen de la doter d'un cadre religieux à la fois relativement clair, plutôt souple, multiples (ils y a plein d'écoles diverses dans le soufisme) et pas trop compliqué à biter pour des Occidentaux de culture essentiellement chrétienne.

► le soufisme est un "gnosticisme", ce qui veut dire d'abord qu'il est fondé sur l'idée d'une quête personnelle de sagesse : on y cherche Dieu/l'Illumination par la connaissance et, dans un contexte culturel fataliste et relativement passif, ça peut être une base "active" pour des PJ. Par ailleurs, depuis sa fondation, le soufisme s'est montré très "scientiste" puisque son apprentissage implique toujours "d'aller faire des études" (d'autre chose, au choix, pour peu qu'on s'y épanouisse la tête : la plupart des Soufis que j'ai rencontré était plutôt branchés sciences physiques ou biologie, mais on en retrouve en socio, en histoire ou en école d'ingé).

► Et cette incitation à "aller faire des études" implique à nouveau le voyage : étendre ses horizons, rencontrer d'autres gens et d'autres cultures, explorer... De fait, par tradition, beaucoup de Soufis sont même itinérants, ce qui rejoint mon texte (aux balises massacrées :cry: ) sur la civilisation du voyage.
Dernière modification par Wenlock le sam. avr. 21, 2018 1:01 am, modifié 1 fois.
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Re: Orientaliser Coriolis

Message par Wenlock » ven. avr. 20, 2018 11:38 pm

Comme j'ai eu la question en privé, je vais préciser ce que j'appelle ici "l'Orient", soit dans le cadre étroit de ce fil : en fait, je sous-entend le Proche et le Moyen-Orient majoritairement "arabe" (comme relative unité linguistique et culturelle, même si en fait c'est plein de Perses, de Turko-Mongols, d'Indiens...) et très largement musulman.
Si vous attrapez une carte ou que vous vous penchez sur l'histoire de cette immense région, vous vous apercevrez vite que c'est en fait plein de peuples et de cultures très diverses, qui parlent des douzaines de langues différentes. Alors, même si l'Hégire va largement recouvrir tout le secteur de son idée de tawhid, que l'Empire Ottoman va à son tour tâcher d'unifier un peu la région (pendant 600 ans, quand-même) et qu'on verra ressurgir un Pan-Arabisme (alternativement teinté de socialisme ou d'islam) dans la seconde moitié du XX° siècle, n'allez pas non plus vous imaginer que ça forme un ensemble homogène.
Mais considérant qu'on expédie tout ce petit monde à travers l'espace pour tâcher d'en tirer des principes utiles à Coriolis, je préfère prévenir que je vais résumer et généraliser comme un gros goret d'occidental.

2) La caravane stellaire
Dans notre Orient terrien, le voyage et le commerce ont une énorme importance civilisationnelle, avérée depuis l'Âge du Bronze (3000 ans avant notre ère, quand-même). Ensuite, dès l'antiquité, les Perses développent des routes commerciales de l'Afrique Occidentale et de l'Europe (du Sud) au moins jusqu'en Inde, après quoi l'Islam va faire de ce diptyque "voyage & commerce" des valeurs fondatrices de sa culture puisque c'est notamment comme ça que le monde musulman s'étend et reste connecté à ses multiples sous-parties (le pèlerinage vers la Mecque n'est pas qu'un signe de dévotion, c'est aussi un facteur de cohésion culturelle... et ça rapporte du brouzouf à la dynastie "centrale").
C'est ensuite en assurant la plaque tournante entre l'Occident, l'Extrême-Orient et l'Afrique que la civilisation musulmane se développe et atteint un niveau de prospérité, de science et de technologie qui, jusqu'à la Renaissance, va quasiment supplanter le reste du monde.

Pour voyager par mer et par terre (à travers une solide collection de déserts), nos Orientaux très grossièrement Arabes et largement musulmans vont notamment étudier les mathématiques et, surtout, l'astronomie. Ayant accès à une largeur d'horizon alors inégalée ils vont de fait découvrir et baptiser des quantités d'étoiles et de constellation (je vous recommande chaudement le remarquable site "Constellations of Words", qui recense les noms des étoiles dans un paquet de langues, particulièrement l'Arabe, le Chinois et le Grec).
Il faut dire que l'Islam s'appuie sur un calendrier lunaire synodique, réclame de recalculer chaque année la période du Ramadan et de repérer la direction de la Mecque plusieurs fois par jour (fréquemment par delà l'Atlas, l’Hindou-Kouch ou l'Océan Indien), alors nos Arabo-musulmans sont un tout petit peu obligé de s'y mettre. Et comme ils ont absorbé la Perse zoroastrienne et Byzance avant de sophistiquer les astrolabes très au-delà de ce qu'avaient fait les Grecs puis les Perses, et même de s'approprier la numération indienne et les techniques de calcul chinoises pour affiner le bastringue, grâce au (considérable) mécénat des califes qui financent les scientifiques et les observatoires, ils sont même devenus très bons dans la discipline : jetez donc un œil à la page Astronomie arabe de Wikipédia (ce que, à mon sens, les auteurs de Coriolis aurait du faire de plus près).
De fait, la civilisation qui a le plus largement basé son économie, sa culture et sa religion sur le voyage est aussi celle qui regarde le plus vers les étoiles : ils ont donc tout à fait le bagage culturel nécessaire à la conquête spatiale.

Malheureusement, comme la course à l'espace contemporaine s'est en fait largement jouée durant la guerre froide entre Ricains et Russes, alors que le monde arabe était très divisé et qu'il manquait de certaines ressources (c'est franchement pas au pétrole qu'on propulse les fusées), nos Arabo-Musulmans ont un peu raté le départ et pris un certain retard à la fin du XX° siècle.
Néanmoins, entre la richesse de certaines nations arabes (le Koweït, le Qatar, l'Arabie-Saoudite...) et l'entrée récente de plusieurs autres dans l'APSCO, ils ont carrément les moyens de se refaire d'ici peu. C'était en tous cas ma réflexion de départ pour Extrême-Orion (mon space-op' à moi) et, dans le futur lointain de Coriolis, c'est un fait acquis.
_____

Ces bases établies, penchons nous sur la notion de CARAVANE, héritée des Perses puis développée par les Arabes... et vous devriez vite comprendre pourquoi je trouve que ça se prête fort bien au space-opera (au point de l'avoir pas mal employé moi-même).
D'abord un peu de géographie "spatiale" : le vide interstellaire est un terrain fonctionnellement semblable aux déserts "orientaux" (qui sont de fait variés, mais nombreux et vastes, du Maroc à la Chine), c'est à dire qu'il faut traverser des espaces très hostiles et presque complètement inhabités sur d'énormes distances pour finalement atteindre les grandes cités commerçantes (= systèmes planétaires). Et ce en allant non pas au plus court, parce que c'est déjà bien trop long pour l'autonomie des véhicules et la survie du personnel, mais en infléchissant sa route entre les oasis (= relais spatiaux) et les caravansérails (= stations spatiales et astroports).

Ce n'est donc plus du tout de la promenade, vue la somme des connaissances nécessaires pour opérer : non seulement avancer et se démerder du terrain mais naviguer, gérer les ressources donc le ravitaillement, la survie et les bivouacs, piloter les véhicules ou conduire les chameaux, assurer la sécurité du personnel comme des cargaisons, entretenir tout ce petit monde sur de grandes distances, parler un maximum de langues pour négocier le passage et les vivres auprès d'un tas de tribus semi-nomades...
Tout ça pour finalement commercer assez bien pour en tirer un bénéfice qui rentabilise l'opération, ce qui nécessite notamment des investissements importants au départ, et une optimisation constante pour gagner du temps, donc s'économiser des frais (vue le prix des denrées et du matos : voyager dans le désert, ça coûte cher) et s'épargner des risques. Parce que si les ressources vitales s'épuisent avant d'arriver à destination (l'eau, les vivres et le combustible dans les déserts chauds -qui deviennent très froids la nuit, ou le carburant, l'eau encore et l'O² dans les vaisseaux spatiaux), c'est pas seulement un échec ou même la banqueroute de l'entreprise : c'est la mort.

Néanmoins, certaines denrées exotiques de grandes valeurs peuvent justifier tous ces risques, c'est ce qui motive notamment l'établissement de la route de la soie (mais aussi celles du sel, des métaux, des épices, des pierres précieuses comme le jade...) : si un produit peut se revendre 10 ou 30 fois plus cher à des milliers de kilomètres de son lieu de production, au point que les recettes couvrent les énormes frais de transport comme les salaires élevés des caravaniers-spécialistes (primes de risque inclues) et dégagent même un sérieux bénéfice, alors des gens plus aventureux que les autres vont essayer. Et si quelques-uns réussissent plusieurs fois, démontrant par là la viabilité puis la rentabilité du procédé, une route commerciale naît.
Si tout le monde crève durant les premières tentatives, on cherchera une autre route.

Les caravaniers sont donc avant tout des professionnels du voyage, ça devient même un corps de métiers au sein duquel on trouve une foule de spécialités, et la caravane est en elle-même une entreprise relativement autonome, avec le genre de hiérarchie stricte qu'on trouve dans la marine, les armées et les autres professions périlleuses où l'indécision et le manque de coordination peuvent vite tourner au désastre.
Et si je parle de "spécialistes", c'est parce qu'ils sont souvent experts d'UNE route spécifique, vue que ça demande déjà une somme considérables de compétences et d'informations : ils ont cartographié en détails un parcours en particulier (souvent, cet itinéraire est même un "secret industriel" aussi jalousement gardé que les carnets de navigation des pilotes maritimes), ils baragouinent les langues de tous les territoires barbares et peuvent crapahuter parmi les multiples terrains qu'ils devront traverser, ils savent en quelles saisons quels oasis sont à flots et quels gués sont franchissables (parce que les deux varient beaucoup), quelles pistes sont sûres et quelles autres sont périlleuses, où et quand on risque de subir des tempêtes, quels détours il faut faire pour remplacer un chameau estropié dans un accident, où ils peuvent racheter des munitions ou des vivres en cas d'ennui sans déséquilibrer le bilan...
Une caravane est une opération à flux tendu puisque, à nouveau, dès qu'il faut traverser des déserts où se ré-approvisionner est au mieux difficile et cher (voir rédhibitoire) mais souvent tout simplement impossible, il y a un rapport direct entre la quantité de ressources qu'on peut réunir puis transporter (équipement, vivres et consommables...) et la distance qu'on est effectivement capable de parcourir. Dès lors, toute "marge de manœuvre" qu'on peut dégager est également une marge de sécurité vitale, histoire de pas tous crever dès qu'un éboulement ferme un défilé (obligeant à faire un détour qui rallonge le voyage de plusieurs jours) ou qu'une outre d'eau est percée par la lance d'un brigand (oups, on vient de perdre la ration d'eau de 3 personnes : qui est volontaire pour s'en passer, donc mourir ?).

Nos professionnels ne peuvent pas non plus se permettre de miser tout leur chiffre d'affaires sur une seule denrée, sans quoi la moindre fluctuation du marché pourrait les ruiner (voire si ça se trouve, les ruiner très très loin de chez eux) et encore moins de voyager à vide sur la moitié du circuit. Parce que le chameau ou le cargo spatial qui ne génère pas de profit pendant qu'il voyage, il consomme quand-même des ressources !
Je ne vous ferais pas un cours sur la valeur de l'information dans l'économie de la rareté (dont on a complètement perdu l'habitude, à notre époque), mais disons simplement que dans un univers où les communications ne vont pas plus vite que les voyageurs (parce que le courrier est sur le chameau ou que rien ne va plus vite qu'un vaisseau supra-luminique), où les moyens de productions donc la disponibilité des produits sont proportionnellement très instables et où la concurrence est rude, ce serait vraiment con de se cogner 5.000 bornes sur plus de 5 mois et d'y dépenser d'énormes frais pour découvrir à l'arrivée que, pas de bol, l'incendie d'une cité chinoise dans un énième conflit local a amputé la production de soie d'un bon dixième cette année, et que la montée des prix à l'achat vient d'assassiner votre marge bénéficiaire.

Le principe de fonctionnement des "routiers" est alors de concevoir des itinéraires commerciaux assez élaborés : en plus d'être praticables et pas trop périlleux pour le convoi, ils doivent encore permettre de se procurer en chemin diverses autres marchandises "à courts termes", dont le transport et la revente en chemin vont au moins éponger une partie des frais de fonctionnement et générer si besoin cette fameuse marge de sécurité. Mais encore faut-il pour ça connaître assez bien les marchés le long de l'itinéraire pour savoir avec une relative certitude ce qu'on pourrait acheter où et quand, et pour le revendre à qui après avoir parcouru quel chemin. Ajouter des variables comme la péremption des denrées, et ça devient quasiment une science.
Il est donc assez rare qu'une caravane-entreprise parcoure plus d'un itinéraire, surtout lorsqu'il est très long parce que, plus c'est long, plus il y a de risques variés à gérer, de terrains à traverser et donc de connaissances diverses à cumuler. Et, au final, quand on ajoute aux chefs-marchands les guerriers, pisteurs & fourrageurs, chameliers & porteurs, cartographe & interprètes, comptables & apprentis, sans compter toutes les compétences "secondaires" distribuées entre les postes fixes (astronomie, médecine vétérinaire, chant religieux, un peu de forge et d'armurerie, alpinisme, chasse, herboristerie...), la caravane est en fait un village itinérant de 30 à 100 personnes (et autant de chameaux).

Dès lors, une opération de transport à flux tendu dans une économie de la rareté est une véritable aventure commerciale, pleine d'inconnues et de dangers qu'on n'affronte que grâce à son savoir-faire et son audace.
Y compris le talent des négociants, qui n'est plus seulement un paramètre mercantile mais, encore une fois, vital : si Sidi Ahmed est capable de convaincre la tribu turkmène d'accepter seulement 6 fusils en échange des vivres qui vous manquent pour atteindre Antioche (à cause de l'éboulement dans le défilé qui vous a fait perdre 8 jours), alors on peut espérer rentrer à la maison, à Tūnis, sans crever de faim ni dégarnir l'escorte au point de se faire égorger par les prochains brigands. Mais s'il enfreint un des obscurs tabous de leurs superstitions barbares, on risque de tous y passer : ça c'est du bel enjeu ludique pour un PJ "marchand" !
D'où aussi l'importance de la diplomatie, donc des langues et de l'étiquette, et celle de conserver la confiance de vos compagnons. Parce que s'ils ne vous croient plus capable de les ramener tous à Antioche, une poignée de traîtres pourraient être tentés de se tirer nuitamment avec des vivres et des ballots de soie sur une poignée de chameaux, abandonnant tous les autres dans un merdier potentiellement mortel (ce qui arrive beaucoup plus souvent sur terre que lorsqu'on est tous "sur le même bateau" au milieu du Pacifique Sud).

Notons enfin un problème économique récurrent des spécialistes : même si la paye est assez bonne pour prendre des vacances de temps à autres, par définition, ils ne savent vraiment exercer qu'un seul métier, qu'ils ne peuvent réellement rentabiliser que dans un contexte spécifique, et ça veut dire qu'ils vont en fait y passer leur vie. Plus le savoir-faire est long à acquérir, plus l'économie est "tendue" autour du métier et plus chaque engagement (ici le départ pour un autre voyage) les occupera longtemps (la route de la soie, avant les automobiles, c'était presque un an aller-retour), plus une spécialité implique une sorte de "point de non-retour" professionnel.
M'enfin c'est pas non plus une tragédie, puisque dans un monde arabo-musulman justement basé sur le voyage et le commerce, les Bédouins sont une élite à la fois marchande, politique et religieuse, semi-guerrière et assez intellectuelle : caravanier, on se rend pas compte en Occident, mais c'est le multi-classage ultime.
Dans tous les cas, par ces contraintes économiques, la caravane gagne en cohésion ce que ses membres perdent en liberté professionnelle, et ça devient plus qu'un métier...
_____

En plus d'être une profession et une entreprise (risquées), la caravane est donc aussi une communauté hiérarchisée qui, par le nomadisme même de son mode de vie, est largement soudée par différence avec toutes les autres populations, y compris la leur.
D'abord parce qu'ils partagent une culture commune assez particulière, faîte de savoir-faire et de jargon, de l'expérience des grands-espaces, de l'entraide face au danger et de la loyauté envers Sidi Ahmed qui est non seulement leur capitaine, mentor et patron, mais aussi fréquemment leur guide spirituel (car l'autorité communautaire et politique se double donc généralement de l'autorité religieuse : la caravane est pieuse, vaguement mécréante, gentiment prosélyte ou carrément zélote parce que le Sidi l'est lui-même) et, encore plus essentiel car "viscéral", leur père, oncle, cousin ou beau-père (si vous vous souvenez du paragraphe sur les liens familiaux dans le post précédent).
Si ce n'est pas la famille qui organise la caravane, ce sera vite la caravane qui engendre la famille (l'endogamie est fréquente chez les spécialistes) : déjà que, par exemple, les profs occidentaux sont volontiers endogames, imaginez s'ils avaient une religion (les Sunnites c'est l'UNSA, les Chiites la CGT ?), une science et un jargon propres qui leur permettaient de voyager et de combattre ensemble avec un profit qui les place dans une catégorie socio-économique supérieure. Hé ben ils ne vivraient qu'entre caravaniers, ne se marieraient qu'entre caravanes "alliées" (en tous cas pas trop concurrentes) et, souvent, mépriseraient le reste du monde.
La caravane n'est plus seulement une profession, c'est un mode de vie.

Pendant leurs voyages, ils sont aussi souvent (par exemple) les seuls vrais Sunnites à 2.000 bornes à la ronde, et il faut bien se serrer les coudes quand on tombe sur des bandits infidèles ou -pire- sur ces salopards de concurrents chiites (qui, s'ils rentrent eux-mêmes de Chine avec un sévère manque à gagner mais, justement, des chameaux moins chargés et plus frais que les vôtres, pourraient décider de compenser leur pertes en volant votre cargaison).
Ensuite, face aux dangers et aux aléas de la route, j'ai déjà mentionné l'importance de la cohésion et de la hiérarchie, qui se traduit aussi par une grande habitude de fonctionner ensemble : Sidi Ahmed est le chef incontesté, mais on s'en remet à Josué l'interprète hébreu dès qu'on tombe sur un barbare dont on comprend pas le sabir, il suffit d'un hochement de turban de l'ombrageux Abu-Hassan pour que tous les guerriers sachent quelle attitude adopter et quelles positions prendre, même le Sidi écoute les conseils du vieux chamelier dont c'est le 15° voyage vers Chang'an. On se connaît, on s'appuie les uns sur les autres et, parce qu'on est pas chez ces sagouins de roumis, on respecte l'ancienneté, la hiérarchie et la tradition, même si avec le temps ça devient peu à peu la tradition des caravaniers plutôt que vraiment celle de la Tunisie sunnite ou même la culture ottomane dont sont pourtant issus tous ses membres.
On partage une histoire commune, des blagues, des méthodes, des surnoms et des anecdotes dont on abreuve les nouveaux pour les mettre au diapason de la communauté.

Enfin et à l'inverse, une fois rentrés à Tūnis, nos braves caravaniers auront rencontré de multiples autres peuples, acquis leurs langues, leurs idées et leurs équipements tous extrêmement "étrangers" aux habitudes de leurs compatriotes, pour la plupart fellah ou artisans, qui pouvaient bien envier leur mode de vie nomade et périlleux, mais avaient déjà du mal à le comprendre.
Plus le commerce de la caravane sera lucratif et exotique, plus il impliquera des savoirs, des techniques et du matériel "du reste du monde", plus les caravaniers deviennent une élite, mais une élite en partie "étrangère" à sa propre société.
En parallèle, plus leurs voyages seront dangereux et incertains, plus l'effet superstitieux et religieux souvent attaché à la marine va jouer à plein : on s'en remet aux Dieux, aux bénédictions et aux traditions avec d'autant plus de foi et de rigorisme qu'on s'embarque dans une entreprise périlleuse dont on espère de grands profits, à travers un environnement très hostile, complexe et imprévisible où, malgré son importance centrale, la compétence seule pourrait ne pas suffire. En tous cas pas sans la discipline et la cohésion presque aveugles qu'apporte une autorité religieuse et, spécialement dans l'Islam, la volonté d'Allah (qu'on appelle "le Miséricordieux" en espérant très fort qu'il le sera).
Alors, quand on cumule l'élite professionnelle avec la cohésion et la culture internes, le sentiment religieux et l'autorité "divine" qu'il confère à la hiérarchie, on obtient UNE CASTE À PART.
C'est cet aspect de "bédouins de l'espace" que j'espérais le plus trouver dans Coriolis et que les auteurs ont franchement bâclé.

Car, bien sûr, tout ça est aisément adaptable à une flottille de vaisseaux spatiaux, avec ses astronefs éclaireurs et ses chasseurs ou gun-ship voletant autour du gros cargo interstellaire qui est à la fois leur maison, leur camp retranché (mobile) et leur entrepôt plein de trésors.
Toutes les considérations d'itinéraires par les oasis, l'importance vitale du commerce et du ravitaillement, les aléas et les dangers de la route qu'on ne peut amortir que par le transport et la gestion des ressources ("Sidi, y a une naine blanche qu'a explosée en super-nova, mais je sais pas si on a assez de propergol pour faire un détour de 3 jours au-delà du nuage de radiations..."), la spécialisation des caravaniers par rapport aux autres voyageurs spatiaux, l'importance vitale d'optimiser les itinéraires sur des distances astronomiques, la valeur civilisationnelle du commerce et du voyage dans une civilisation fragmentée sur une myriade d'îlots distants... tout ça se transpose sans effort au space-opera.

C'est vraiment pas dur à faire puisque l'une des caractéristiques historique de l'Arabie est aussi, justement, un des thèmes fondateurs du space-opera par cette notion fondatrice de "caravane" : ce qu'elle implique de multiples savoir-faire, les enjeux périlleux du voyage et du commerce au long cours, la culture interne distincte de la société d'origine, la hiérarchie et le sens de la communauté (professionnelle, familiale et religieuse) que tout ça devrait engendrer, non seulement c'est de l'or en barre pour créer un groupe de PJ dans un space-opera oriental et c'est un contexte de campagne tout trouvé...
Ç’aurait pu être la plus grande force du jeu si les "roumis" de chez Fria Ligan y avaient accordé plus d'attention et avait fait leurs devoirs en conséquences. D'autant que c'était pas un grand saut conceptuel : ç'avait déjà été fait avec la Guilde des Navigateurs dans Dune, même les scénaristes de Battlestar Galactica s'étaient aperçus des similitudes (au point d'injecter de la religion et de la musique arabisantes dans le remake de la série) et qu'il y a un certain nombre de jeux vidéos à avoir développé le thème.
Déçu je suis.
Dernière modification par Wenlock le mar. juin 26, 2018 11:00 pm, modifié 5 fois.
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Re: Orientaliser Coriolis

Message par Elijah Shingern » ven. avr. 20, 2018 11:41 pm

Tout ceci est absurdement excellent, @@Wenlock

Comment te dire merci ? ;)
Vous nous voyez parmi les nations
Nous battrons-nous toujours pour la terre charnelle
Ne déposerons-nous sur la table éternelle
Que des cœurs pleins de guerre et de séditions

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Macbesse
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Re: Orientaliser Coriolis

Message par Macbesse » ven. avr. 20, 2018 11:46 pm

Wenlock a écrit :
ven. avr. 20, 2018 3:23 pm
le Mollah Nasreddin étant sensément un Soufi (en tous cas les Soufis le revendiquent et je ne crois pas que le reste de l'Islam conteste)
Juste un truc en passant par ici. Comme Sammael l'a écrit, c'est bien un hodja, c'est-à-dire un maître (au sens d'un enseignant), pas un mollah (certes, dans certains récits c'est un imam). Les soufis les vénèrent et il y a plein de routes de pèlerinage sur les tombeaux des Hodjas en Asie centrale... ce qui aurait pu fournir de la matière à Coriolis.

Ceci était un message de la Direction Spirituelle des Musulmans de Tachkent. Vous pouvez reprendre une activité normale.

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Re: Orientaliser Coriolis

Message par Wenlock » ven. avr. 20, 2018 11:48 pm

Elijah Shingern a écrit :
ven. avr. 20, 2018 11:41 pm
Tout ceci est absurdement excellent, @@Wenlock

Comment te dire merci ? ;)


Je suis graphic- & game-designer "caravanier" (freelance, quoi) : le seul moyen de me remercier sincèrement est donc par mon IBAN. Ou bien alors d'en monter une campagne et de me permettre d'y jouer à Lille ou par table virtuelle.
:smoke
Macbesse a écrit :
ven. avr. 20, 2018 11:46 pm
Juste un truc en passant par ici. Comme Sammael l'a écrit, c'est bien un hodja, c'est-à-dire un maître (au sens d'un enseignant), pas un mollah (certes, dans certains récits c'est un imam). Les soufis les vénèrent et il y a plein de routes de pèlerinage sur les tombeaux des Hodjas en Asie centrale... ce qui aurait pu fournir de la matière à Coriolis.

Ceci était un message de la Direction Spirituelle des Musulmans de Tachkent. Vous pouvez reprendre une activité normale.
Sauf que mon cher Mac', chez les Soufis, on l'appelle justement "Mulay Nasreddine", c'est à dire "Mollah" dans l'orthographe habituelle. Si tu as le droit de considérer que c'est une erreur, elle n'est pas mienne.
Tu veux profiter de ton passage depuis Tachkent pour contribuer un truc constructif à ce sujet que tu dois en effet bien connaître et sur lequel tu revendiques manifestement une expertise, ou bien tu n'avais que le temps de pinailler avant que ton chameau crève de soif ?
 
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Re: Orientaliser Coriolis

Message par Macbesse » ven. avr. 20, 2018 11:55 pm

Non, c'était juste du pinaillage pour t'embêter. :p
C'était un très bon post et j'avais envie de dire du mal, forcément. ^.^

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Re: Orientaliser Coriolis

Message par Wenlock » sam. avr. 21, 2018 12:31 am

Macbesse a écrit :
ven. avr. 20, 2018 11:55 pm
Non, c'était juste du pinaillage pour t'embêter. :p
C'était un très bon post et j'avais envie de dire du mal, forcément. ^.^
Quand tu reviendras de Chang'An chargé de soie, moi et mes Turkmènes on t'attendra à la sortie du Taklamakan : tu l'auras pas volé...
 
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Re: Orientaliser Coriolis

Message par Macbesse » sam. avr. 21, 2018 12:36 am

Caravanier... bandit oui !

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Re: Orientaliser Coriolis

Message par Wenlock » sam. avr. 21, 2018 1:27 am

Macbesse a écrit :
sam. avr. 21, 2018 12:36 am
Caravanier... bandit oui !
Ben c'est à dire que, au risque de perpétuer un vieux cliché raciste que l'Occident a longtemps infligé aux commerçants arabes, quand on considère les risques encourus pour parfois rentrer au bout d'un an rien qu'avec ses yeux pour pleurer, du caravanier "à vide" au caravanier "avide" il n'y qu'un court espace vite franchi (aha : double-calembour rotatif !)... Et de ce dernier au "pirate du désert", puisque le chef de caravane est un maître incontesté, il n'y a que la détermination de Sidi Ahmed à ne pas rentrer à Tūnis ruiné, humilié et rapidement déchu. Vu que dans une culture où l'on risque son statut d'élite économique sur un mauvais voyage et où l'opulence est un signe de la faveur d'Allah, la banqueroute est peut-être une condamnation morale pire que la piraterie. Surtout si cette dernière s'exerce contre des infidèles.
Et ça aussi c'est un bon thème "orientalisant" pour le space-opera...

(En tous cas, si la survie sociale, morale et économique de mes braves Turkmènes récemment convertis au chiisme est en jeu, crois-bien qu'on hésitera pas à plomber tes salauds d'Ouzbèques carrément sunnites : dans le désert, personne ne vous entendra blasphémer !)
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Re: Orientaliser Coriolis

Message par Elijah Shingern » sam. avr. 21, 2018 8:28 am

Wenlock a écrit :
sam. avr. 21, 2018 1:27 am
(En tous cas, si la survie sociale, morale et économique de mes braves Turkmènes récemment convertis au chiisme est en jeu, crois-bien qu'on hésitera pas à plomber tes salauds d'Ouzbèques carrément sunnites : dans le désert, personne ne vous entendra blasphémer !)

Sur le chemin, je fomenterai une hérésie en dissimulant mon visage et en me faisant appeler Al-Muqanna.

Je vois déjà les titres dans les JT de Coriolis : "Les violences qui ont enflammé la ceinture d’astéroïdes du Khwarezm se sont propagées au Néo-Khorassan, sur fond de controverse religieuse". :mrgreen:

EDIT : je viens de penser à une horde-flotille de vaisseaux relativement petits et mobiles dirigée par un certain Timour.
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Re: Orientaliser Coriolis

Message par Wenlock » sam. avr. 21, 2018 9:12 am

Elijah Shingern a écrit :
sam. avr. 21, 2018 8:28 am
Sur le chemin, je fomenterai une hérésie en dissimulant mon visage et en me faisant appeler Al-Muqanna.

Je vois déjà les titres dans les JT de Coriolis : "Les violences qui ont enflammé la ceinture d’astéroïdes du Khwarezm se sont propagées au Néo-Khorassan, sur fond de controverse religieuse". :mrgreen:

EDIT : je viens de penser à une horde-flotille de vaisseaux relativement petits et mobiles dirigée par un certain Timour.
Cool, continue : j'attends ton appel quand il y aura de quoi faire une campagne. :smoke

Avant que j'oublie, les romans Gentlemen of the Road de Michael Chabon (Les Princes Vagabonds en Français : des fois les traducteurs font des trucs curieux) décrivent les (més)aventures d'une paire de mercenaires juifs sur la route de la soie vers 950 et leur implication dans les magouilles de l'Empire Khazar. J'en ai lu qu'un bout mais, historiquement, il semble que ça tienne la route, même si les intrigues sont franchement rocambolesques et que le point de vue est donc beaucoup plus hébraïque que musulman.
 
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Re: Orientaliser Coriolis

Message par Sammael99 » sam. avr. 21, 2018 11:49 am

Wenlock a écrit :
sam. avr. 21, 2018 9:12 am
Avant que j'oublie, les romans Gentlemen of the Road de Michael Chabon (Les Princes Vagabonds en Français : des fois les traducteurs font des trucs curieux) décrivent les (més)aventures d'une paire de mercenaires juifs sur la route de la soie vers 950 et leur implication dans les magouilles de l'Empire Khazar. J'en ai lu qu'un bout mais, historiquement, il semble que ça tienne la route, même si les intrigues sont franchement rocambolesques et que le point de vue est donc beaucoup plus hébraïque que musulman.

En même temps, c'est Chabon, donc pas surprenant. J'en ai de bons souvenirs, même s'ils ne sont pas très précis.

@Cédric Ferrand en avait fait une critique sur hu-mu: http://hu-mu.blogspot.hk/2012/09/les-pr ... bonds.html
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Re: Orientaliser Coriolis

Message par Elijah Shingern » sam. avr. 21, 2018 6:44 pm

Si j'arrive à me sortir les doigts du f..., pour reprendre la charmante expression utilisée avec vigueur par l'un d'entre nous, on se fait un test Coriolis avec double ration de ghormeh-sabzi à HK en mai, @Sammael99 ?
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Re: Orientaliser Coriolis

Message par Sammael99 » dim. avr. 22, 2018 4:17 am

Elijah Shingern a écrit :
sam. avr. 21, 2018 6:44 pm
Si j'arrive à me sortir les doigts du f..., pour reprendre la charmante expression utilisée avec vigueur par l'un d'entre nous, on se fait un test Coriolis avec double ration de ghormeh-sabzi à HK en mai ?

Volontiers, mais tu te sens de maîtriser en Anglais ?

Si tu ne l'as jamais fait, je ne recommande pas. Après, à toi de voir.

Ou alors j'essaie de recruter un groupe de francophones.

Mon, on passe en MP ;-)
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