[Livres] De PJ Morgan à la littérature, en passant par Lovercraft

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Re: [Livres] De PJ Morgan à la littérature, en passant par Lovercraft

Message par Tybalt (le retour) » sam. juin 01, 2019 11:20 am

Nébal a écrit :
sam. juin 01, 2019 9:10 am
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Si tu vois une fille qui te ressemble, cours et bas-toi.

Une faute d'orthographe dans le 4e de couverture, c'est toujours bête :neutral:
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Re: [Livres] De PJ Morgan à la littérature, en passant par Lovercraft

Message par Nébal » sam. juin 01, 2019 5:03 pm

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Puis je me suis fait une session Edogawa Ranpo.

D'abord avec Edogawa Ranpo, les méandres du roman policier au Japon, recueil d'articles très intéressant dans l'ensemble, et qui m'a permis de prendre conscience de ce que l'image que nous avons de l'auteur en France diffère probablement de celle qu'il a au Japon ? La composante "ero guro nansensu" y serait moins marquée, là où plusieurs générations de Japonais ont grandi en lisant ses récits policiers pour la jeunesse, plus ou moins Club des Cinq ?
L'ouvrage permet aussi d'envisager la littérature policière au Japon (voire un peu au-delà) à l'époque, et la place d'Edogawa Ranpo dans tout ça, mais sans qu'il en vienne à constituer une sorte d'arbre cachant la forêt.
Ce genre de choses. Une bonne lecture.

Ca m'a donné envie de lire ses deux bouquins chez Wombat - et d'abord le roman Le Démon de l'île solitaire.
C'est un peu un foutoir, on y trouve de tout, sans vrai souci de cohérence j'ai l'impression.
Les éléments proprement policiers, très classiques et référentiels (chambre close, ce genre de choses) sont sympathiques, qui fournissent la première matière du roman, mais, sans surprise, j'en ai surtout apprécié les glauqueries malsaines, perverses et horrifiques qui leur succèdent vers le milieu du roman, et qui pour moi en font tout l'intérêt.
Vers la fin, l'affaire vire cependant à la chasse au trésor (!?), très poesque assurément... mais qui m'a surtout paru bien puérile (et les passages policiers n'étaient pas dépourvus de ce sentiment, en y revenant).
Bizarre. Plus ou moins convaincant selon les moments et les procédés.

Puis il y a eu le recueil de nouvelles Un amour inhumain, assez inégal également.
La nouvelle titre m'a paru ratée, surtout en ce qu'elle pourrait se voir attribuer une critique fréquente pour les mauvaises lovecrafteries : l'auteur nous promet sans cesse quelque chose de vraiment horrible... mais en définitive non.

"L'Apparition d'Osei" m'a davantage convaincu, même en étant cousue de fil blanc.

"Les Canaux de Mars" tranche radicalement, formellement surtout : j'ai eu l'impression d'une attention au style inaccoutumée, et d'un récit au second plan, qui m'a fait l'effet d'une sorte de poème en prose, et ça c'était inattendu - intéressant.

"Les Crimes étranges du docteur Mera" m'a bien plu, un récit policier à l'ambiance fantastique oppressante - ça m'a beaucoup fait penser à "L'Araignée" de Hanns Heinz Ewers, par contre, à tort ou à raison.

"La Grenade" est une longue novella policière plus ou moins convaincante - l'auteur s'amuse avec les attentes et les intuitions du lecteur, en se jouant de son détective, mais, dans son caractère tordu, le problème est que cela demeure globalement très prévisible à partir du moment où on saisit ou l'auteur veut nous emmener.

"L'Abri antiaérien", enfin, déçoit, les tableaux apocalyptiques de la destruction de Tôkyô et le ravissement du narrateur à ce spectacle (ce qui m'a un peu rappelé Le Pavillon d'or de Mishima, qui paraîtrait l'année suivante) virant en définitive un peu à la mauvaise blague.

A boire et à manger, donc - mais rien d'aussi fort que La Proie et l'Ombre ou La Chenille, hélas.
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Re: [Livres] De PJ Morgan à la littérature, en passant par Lovercraft

Message par Trickster » dim. juin 09, 2019 11:32 am

Touch, de Claire North.
 "Je suis Kepler, je pourrais être vous"
Kepler est une entité capable de passer d'hôte humain en hôte humain par un simple toucher. Que ce soit pour 1 minute ou pour 20 ans. Ces moments où vous ne vous souvenez plus ce que vous avez fait, pourquoi vous vous retrouvez dans cet hôtel, cette sensation de fatigue, ce trou noir dans votre emploi du temps sont peut être dû à Kepler, ou a ses semblables. Que vous soyez consentant ou non.
Touch commence au moment ou une hôte de Kepler est assassinée. S'en suit une course poursuite, où le chat devient souris, où une organisation ayant pour but la destruction des entités se dévoile. À moins qu'une entité psychopathe soit derrière tout ça.
J'ai dévoré Touch. Super rythmé, une palette de seconds rôles, de moments de vies, et une intrigue bien menée.
C'est le deuxième roman de Claire North que je lis (après les 15 premières vies d'Harry August) et je ne compte pas m'arrêter là !
Une autrice à suivre donc.
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Re: [Livres] De PJ Morgan à la littérature, en passant par Lovercraft

Message par Trickster » dim. juin 09, 2019 2:09 pm

La soudaine apparition de Hope Garden, de Claire North.
 Hope n’est pas une personne mémorable. Littéralement. Depuis ses 13 ans elle disparaît des mémoires. D’abord ses amis, puis sa famille, puis tout le monde. Il suffit qu’elle quitte la pièce 2 minutes pour que vous l’oubliez.
Cela fait de Hope la voleuse parfaite.
Perfection est l’application à la mode. Avec Perfection vous pouvez devenir la personne la plus parfaite qui soit et devenir célèbre. Une tentation pour Hope...
Bon ce livre est une vraie purge. Je continue parce que je veux connaître le destin de Hope mais, punaise je m’ennuie ferme.
Autant les deux premiers de Claire North que j’ai lu m’ont vraiment emballé, autant là...

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Re: [Livres] De PJ Morgan à la littérature, en passant par Lovercraft

Message par vermer » lun. juin 10, 2019 4:37 pm

Vous allez voir, il y a un certain rapport avec la discussion et les critiques de livres (surtout sur la fin de la video):

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Re: [Livres] De PJ Morgan à la littérature, en passant par Lovercraft

Message par Scap » ven. juin 14, 2019 9:59 pm

Je viens de finir "le rivage des Syrtes", quelle claque, c'est devenu mon top 1 sans le moindre effort.

J'en ai même un peu de mal à embrayer sur autre chose. Par hasard, quelqu'un aurait quelque chose d'équivalent à me conseiller?

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Re: [Livres] De PJ Morgan à la littérature, en passant par Lovercraft

Message par Voltiv » sam. juin 15, 2019 6:55 am

Peut-être les Jardins Statutaires de Jacques Abeille ?

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Re: [Livres] De PJ Morgan à la littérature, en passant par Lovercraft

Message par Scap » sam. juin 15, 2019 10:21 am

Voltiv a écrit :
sam. juin 15, 2019 6:55 am
Peut-être les Jardins Statutaires de Jacques Abeille ?
J'en ai entendu parler. Je garderai un oeil dessus, merci!
 
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Re: [Livres] De PJ Morgan à la littérature, en passant par Lovercraft

Message par vermer » sam. juin 15, 2019 8:04 pm

Voltiv a écrit :
sam. juin 15, 2019 6:55 am
Peut-être les Jardins Statutaires de Jacques Abeille ?
Je vais regarder aussi, merci...
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Re: [Livres] De PJ Morgan à la littérature, en passant par Lovercraft

Message par Voltiv » sam. juin 15, 2019 9:04 pm

Oups mille excuses c'est Jardins Statuaire, et pas statutaire... :oops:
Il vient d'être réédité en poche. C'est un très beau voyage, à mon sens.

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Re: [Livres] De PJ Morgan à la littérature, en passant par Lovercraft

Message par Tybalt (le retour) » dim. juin 16, 2019 10:24 am

Scap a écrit :
ven. juin 14, 2019 9:59 pm
Je viens de finir "le rivage des Syrtes", quelle claque, c'est devenu mon top 1 sans le moindre effort.

J'en ai même un peu de mal à embrayer sur autre chose. Par hasard, quelqu'un aurait quelque chose d'équivalent à me conseiller?

D'autres livres de Gracq, tout bêtement ? Si c'est le mélange d'aventure, de mystère et de belle prose classique un brin romantique qui t'a plu, tu devrais apprécier son premier roman, Au château d'Argol.
Si c'est l'analyse psychologique qui t'a séduit, La Presqu'île est un recueil de nouvelles dont la nouvelle-titre détaille avec beaucoup de finesse les sentiments d'un homme amoureux qui passe la journée à attendre l'arrivée de la femme qu'il aime. (Par contre, c'est sûr que ça n'est pas un récit d'action, mais ce n'est pas le principe.) Le recueil contient aussi La Route, texte inachevé dans l'esprit du Rivage des Syrtes, et une légende préraphaélite, Le Roi Cophetua.
Encore une fois, ça dépend quels sont les aspects du roman qui t'ont particulièrement plu.
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Re: [Livres] De PJ Morgan à la littérature, en passant par Lovercraft

Message par Scap » dim. juin 16, 2019 12:06 pm

Tybalt (le retour) a écrit :
dim. juin 16, 2019 10:24 am
Scap a écrit :
ven. juin 14, 2019 9:59 pm
Je viens de finir "le rivage des Syrtes", quelle claque, c'est devenu mon top 1 sans le moindre effort.

J'en ai même un peu de mal à embrayer sur autre chose. Par hasard, quelqu'un aurait quelque chose d'équivalent à me conseiller?

D'autres livres de Gracq, tout bêtement ? Si c'est le mélange d'aventure, de mystère et de belle prose classique un brin romantique qui t'a plu, tu devrais apprécier son premier roman, Au château d'Argol.
Si c'est l'analyse psychologique qui t'a séduit, La Presqu'île est un recueil de nouvelles dont la nouvelle-titre détaille avec beaucoup de finesse les sentiments d'un homme amoureux qui passe la journée à attendre l'arrivée de la femme qu'il aime. (Par contre, c'est sûr que ça n'est pas un récit d'action, mais ce n'est pas le principe.) Le recueil contient aussi La Route, texte inachevé dans l'esprit du Rivage des Syrtes, et une légende préraphaélite, Le Roi Cophetua.
Encore une fois, ça dépend quels sont les aspects du roman qui t'ont particulièrement plu.
Merci Tybalt,

je suis un homme simple, donc c'est plutôt le 1er style qui m'a séduit  ;) (enfin, essentiellement). Ayant pris le temps de fouiller, j'ai constaté que l'éditeur avait sorti un texte nommé (checks his notes) "les terres du couchant" - dont "la route" serait un extrait, même si le recueil de nouvelles dont fait partie "la route" a été publié avant. Apparemment c'est là aussi le même type de décor que le rivage des Syrtes : royaume imaginaire etc.

Ca et "au château d'Argol" me permettront peut-être de récupérer les ultimes traces de cette convergence qui m'a frappé dans "le rivage..".

Je veux dire : quelles descriptions dans le rivage! Le mec nous pond un setting de jeu de rôle de la main gauche, en s'attardant juste assez pour qu'on ait une idée assez précise du pays tout en laissant assez de flou pour y laisser travailler notre imagination.
Je sais que ce n'est pas l'essentiel du propos du livre, mais le fait qu'il fasse un truc nickel sur cet aspect secondaire en dit long sur le reste de l'ouvrage.

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Re: [Livres] De PJ Morgan à la littérature, en passant par Lovercraft

Message par Tybalt (le retour) » dim. juin 16, 2019 1:49 pm

Le Rivage des Syrtes est un de ces romans qui font guili-guili à la frontière (souvent artificielle) entre les genres de la littérature dite générale et des littératures dites de l'imaginaire : ce que Francis Berthelot appelle les transfictions dans son guide de lecture Bibliothèque de l'Entremonde - où tu pourrais aller jeter un oeil.

Ah, je repense aussi à l'un des romans qui a pu inspirer le Rivage : Sur les Falaises de marbre d'Ernst Jünger (que Berthelot cite dans son guide). Pas lu, mais c'est un classique.
EDIT : Ninjaté par morgalel :) Le Désert des Tartares aborde en partie les mêmes thèmes, mais en moins bien écrit et en moins profond, à mon avis.
EDIT 2 : Sur un thème en partie proche encore, on peut aussi ajouter Un balcon en forêt de Gracq, qui se passe pendant la "drôle de guerre". Un brin vieilli par certains aspects (Gracq n'est pas très calé en matière de personnages féminins), mais avec de très belles pages aussi.

Parmi les livres habituellement classés en littérature générale mais qui ont l'air d'avoir été pondus pour du jeu de rôle, il y a aussi L'Île aux oiseaux de fer, d'André Dhôtel (lien vers Wikipédia), une dystopie écrite à une époque où ce mot n'existait pas encore, et dont le cadre fait penser à une planète d'un album de Valérian et Laureline avec 10 ans d'avance (le roman date de 56, la première BD de 67) et avec le beau style et les très légères réminiscences de romantisme en plus.
Dernière modification par Tybalt (le retour) le dim. juin 16, 2019 1:56 pm, modifié 6 fois.
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Re: [Livres] De PJ Morgan à la littérature, en passant par Lovercraft

Message par morgalel » dim. juin 16, 2019 1:51 pm

Scap a écrit :
ven. juin 14, 2019 9:59 pm
Je viens de finir "le rivage des Syrtes", quelle claque, c'est devenu mon top 1 sans le moindre effort.

J'en ai même un peu de mal à embrayer sur autre chose. Par hasard, quelqu'un aurait quelque chose d'équivalent à me conseiller?

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Sur les falaises de marbre d’Ernst Jünger.
Le désert des tartares de Dino Buzzati.
+1 pour Les jardins statuaires (et ses suites).

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Message par Tosheros » lun. juin 17, 2019 1:50 am

En regardant Love Death + Robots, y'a deux épisodes qui m'ont particulièrement plu dans le lot qui sont issus de nouvelles du même auteur, Alastair Reynolds, qui fait le cycle des inhibiteurs que je lis actuellement. C'est Beyond the Aquila Rift et Zima Blue.

De manière follement originale, ces deux nouvelles sont toutes deux inclues dans deux recueils de nouvelles de l'auteur, bêtement intitulés Beyond the Aquila Rift et Zima Blue... L'effet doublon est étonnant mais bon.

C'est donc le premier que j'ai trouvé en boutique qui aura guidé mon choix.
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Beyond the Aquila Rift, d'Alastair Reynolds donc, est un recueil de 18 nouvelles de hard science de l'auteur anglais derrière l'extraordinaire Revelation Space. Sur ces nouvelles, quatre font partie de l'univers récurent développé dans ces autres livres. J'ai commencé à lire Redemption Arc, officiellement deuxième tome du cycle des inhibiteurs (je dis officiellement vu que la chronologie de tous ces bouquins est spéciale, c'est justement un de ces intérêts) et boudiou que je suis content d'avoir lu les nouvelles reliées de Beyond the Aquila Rift, elles racontent des éléments qui sont balancés "comme acquis" dans les romans qui suivent, ça doit pas faire le même effet de lire ça dans le désordre.

Les autres nouvelles sont de la SF généralement axée un peu space-opéra, mais toujours avec de belles bases scientifiques derrière. Le gars est pas mathématicien pour rien. On oscille entre 30 ans dans le futur et dans des millions d'années, et entre des ambiances optimistes ou pessimistes.

Spoiler:
  • Great Wall of Mars est à priori dans l'ordre chronologique, la toute première œuvre littéraire de l'univers de Revelation Space. On y suit l'émergence de la faction des Conjoiners, humains reliés mentalement par des implants neuronaux qui développent un hive-mind, par l’intermédiaire d'un émissaire envoyé apaiser un conflit sur Mars, dont le projet de terraformation (assez couillu) a été mis à l'arrêt depuis les tensions.
    Elle est géniale, j'ai adoré son développement, et surtout elle donne des bases super utiles pour comprendre le reste des développements de l'univers.
  • Weather se passe quelque siècles plus tard, et concerne toujours la faction des Conjoiners, cette fois avec une fille qui a grandi en permanence dans le hive-mind avant d'en être arrachée et qui peine à interagir avec le personnage principal de l'histoire, un ultranaute (ceux qui connaissent les œuvres connaitront la faction) habitué aux voyages interstellaires malgré les limites imposées par les lois de la physique. Outre une jolie histoire de développement entre les personnages, la nouvelle n'a pas de vraie fin en soit, mais révèle plusieurs des plus gros secrets de l'univers.
  • On est plus dans l'univers de Revelation Space, on bascule sur Beyond the Aquila Rift qui a donné l'excellent épisode du même nom pour Love, Death + Robots, est un chouïa plus développé en amont. C'était assez plaisant de voir le respect de nombreux détails (genre les dessins dans les caissons de cryogénisation) qui ont été bien repris dans l'épisode. La trame est plus développée que dans l'épisode, mais du coup expliquée avec moins de fluidité. Assez intéressant de passer de l'un à l'autre. Le twist final était déjà éventé pour moi, mais j'ai l'impression que c'était mieux dans la série.
  • Minla's flowers est ma nouvelle préférée. Elle fait partie d'un triptyque de nouvelles dans un futur très lointain où la technologie humaine permet des miracles sans précédent, avec le personnage récurent de Merlin. Truc un peu con, les trois nouvelles en question sont visiblement groupées dans le recueil Zima Blue, ici on en a qu'une... Était-ce parce que c'était la meilleure? Je trouve en tous cas l'univers développé vraiment hyper prenant, et le concept m'a rappelé mon tome préféré de la BD pas toujours au point Sillage, mais qui avait eu cet éclair de génie avec son tome Engrenages. Très envie de lire les autres aventures de Merlin après cet excellent texte.
  • Zima Blue enchaîne. De loin l'épisode le plus racé de Love Death + Robots (par le créateur de l'identité visuelle de Gorillaz). Forcément vu l'importance de l'identité visuelle de celui-ci et de son axe sur l'art, on a perdu de la matière si on en reste au format nouvelle papier. Mais la nouvelle est beaucoup plus développée dans sa gestion du background. Dans le dessin animé la journaliste ne sert à rien, ici elle représente la moitié de l'intrigue et c'est la résonance entre elle et Zima qui constitue le fil de la nouvelle. Tous les deux ont un rapport différent à leur mémoire et à la recherche de leurs origines, c'est ça le coeur du texte et l'Art passe au second plan, là où la réflexion sur l'Art est présente tout du long du dessin animé.
  • Fury fait un peu pâle figure après ces cinq premières très bonnes nouvelles. Ah, c'est intéressant sur certains aspects mais on s'attache à aucun personnage, les enjeux laissent froid, le retournement de situation est pas ininteressant mais vite lu, vite oublié.
  • The Star-surgeon apprentice fait pas beaucoup mieux. En fait c'est une nouvelle pour enfant avec des points en mode gothique et cyberpunk trash, le mélange surprend un peu. Drôle de lecture.
  • The sledge-makers daughter fait une transition intéressante. On voit que l'auteur s'est beaucoup investis dans cette nouvelle et l'écriture est vraiment d'un haut niveau. Mais voilà, manque un peu une substance, une vraie histoire, parce que là on a surtout l'impression que l'auteur a voulu poser les base d'une grosse saga sans oser la porter au-delà du prologue.
  • Diamond Dogs, ouf, on remonte en selle avec la plus grosse nouvelle du bouquin. En fait elle existe aussi en dyptique dans un autre bouquin à part entière celle-là. Dans l'univers de Revelation Space, quelques riches excentriques de Chasm City se lancent à l'assaut d'une structutre extra-terrestre qui pose des énigmes mais ne pardonne aucun écart. Le but de l'histoire est le parallèle entre la montée dans cette relique avec la descente aux enfers de la galerie de personnages qui sacrifie son humanité pour mieux progresser. Bien que tout à fait dispensable aux fans de l'univers de Revelation Space car n'apportant rien de bien neuf, elle reste une bonne nouvelle avec des personnages bien développés et une progression qui donne l'impression qu'on va jamais pouvoir lâcher le bouquin.
  • Thousandth Night est du même acabit niveau taille de nouvelle, mais l'ambiance est complètement différente. Là l'humanité s'est transcendée à travers des millions d'années, et on vire dans une science fiction assez optimiste où tout parait possible à l'humanité. Tout, sauf dépasser la vitesse de la lumière. Et oui, ça a son importance. En fait ce paradoxe entre la toute-puissance de ces humains démiurges et ce frein insurmontable est au cœur de cette nouvelle, et c'est ici qu'on voit vraiment le génie d'Alastair Reynolds à l’œuvre quand est dévoilé le grand projet sous-tendu. Après ces révélations magnifiques on bascule sur une fin de l'intrigue hélas fort convenue, et prévisible. C'est dommage de finir ainsi.
  • Troika est une excellente nouvelle située dans un futur pas si lointain. Malgré certains éléments du prémisse de base douteux (la création d'un deuxième Soviet en Russie) si on se laisse prendre au jeu on a une super aventure sur la forme de l'exploration d'une ruine alien démesurée. C'est un trope qui devient récurent dans ce bouquin en fait, mais là il a encore de sa force.
  • Sleepover m'a beaucoup rappelé Oblivion, le film pourtant pas si réussi avec Tom Cruise mais à l'univers si intriguant au départ. Un setting excellent, et quand on nous en donne les clés c'est assez bluffant (quoi que moins crédible). J'ai adoré les réflexions que ça faisait avoir sur l'IA, la plus petite histoire est touchante mais pas exceptionnelle après. Ça ferait un excellent court métrage ceci-étant, et l'univers donne envie de voir d'autre choses se développer à ce sujet.
  • Vainglory reprend une approche sur l'art. Ça fait beaucoup penser à Zima Blue malgré les différences évidentes. Très sympathique.
  • Trauma Pod est la nouvelle la plus faible du bouquin. La première moitié est extraordinairement prévisible, la deuxième essaye de nous surprendre en faisant une évolution qui a à peine du sens.
  • The last log of the Lachrimosa est la quatrième et dernière nouvelle située dans l'univers de Revelation Space. On y suis (encore) un groupe d'ultranautes explorant une structure abandonnée mystérieuse. Apparemment c'est l'oeuvre la plus récente écrite par l'auteur dans cet univers, elle fait des liens avec beaucoup de choses mais pas de révélation hors-normes. Pas vraiment mauvaise, juste que la formule commence à être bien connue.
  • The water thief est une très courte nouvelle que je ne serais pas surpris de voir adaptée dans une prochaine saison de Love, Death + Robots. C'est simple, propre, efficace, mais manque un petit peu de corps. Très belle écriture ceci-étant.
  • The old man and the Martian sea, là on sent que l'auteur a voulu donner le maximum de ce qu'il pouvait niveau écriture. Faut admettre que ça marche, et ça transmet bien la mélancolie ambiante liée à la disparition des premiers efforts de terraformation de Mars. Mais essaye un peu trop fort je crois?
  • In Babelsberg pouvait être super intéressante, sur le thème de l'exploration spatiale et de la place des humains avec l'amélioration des robots. Un thème bien réfléchi et correctement expliqué. Alors pourquoi avoir insisté pour mettre en place des éléments WTF qui n'apportent rien, comme un talk-show tenu par un tyrannosaurus rex? Étrange...

Bref, sur 18 nouvelles, j'en trouve que 2 qui soient faibles, 12 très bonnes, donc à priori 6 bonnes sans plus. Les fans de Revelation Space vont forcément avoir besoin de lire les deux premières, pour le reste c'est quand même un auteur très talentueux. Je recommande à tous ceux qui ont aimé les épisodes précités de Love, Death + Robots
Démolition : Compétence qui vous permet de dissocier utilisation de TNT et suicide.

Shoggoth a mail

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