Film : Les Blockbusters qui (dé)tonnent

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Mugen
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Re: Film : Les Blockbusters qui (dé)tonnent

Message par Mugen »

Guts of Darkness a écrit :
jeu. févr. 06, 2020 9:49 pm
Udo Femi a écrit :
jeu. févr. 06, 2020 9:12 pm
Les Contes de Terremer ! :wub:
Je l'ai vu il y a pas mal d'années (avec le téléfilm La prophétie du sorcier qui est un mélange des tome 1 et 3, mais qui s'en éloigne suffisamment pour avoir été sévèrement critiqué par Le Guin).
L'anime a de bons passages, mais pas mal de longueurs aussi à mon avis.

Il est assez mal considéré en général dans la filmographie Ghibli, et souvent vu comme leur plus mauvais (ce qui est évidemment réducteur...).
C'est l'oeuvre de Gorô Miyazaki, le fils d'Hayao. Ce dernier a eu des mots très durs concernant les talents de son fils (son seul autre film étant la Colline aux Coquelicots, sympa sans plus).

Ne l'ayant pas revu depuis sa sortie, je ne m'en souviens plus beaucoup...
Sois satisfait des fruit, des fleurs et même des feuilles,
Si c'est dans ton jardin à toi que tu les cueilles.
Ne pas monter bien haut peut-être, mais tout seul.

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Tybalt (le retour)
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Re: Film : Les Blockbusters qui (dé)tonnent

Message par Tybalt (le retour) »

J'avais vu le film d'animation avant de commencer à lire les livres. Je l'avais trouvé inhabituellement classique (voire banal) sur le fond, inutilement pessimiste et graphiquement moins soigné que les Ghibli précédents. Le résultat n'est pas mauvais, mais c'est clairement en-dessous du reste de ce qu'a fait le studio.
Quelques années après, j'ai lu A Wizard of Earthsea... et j'ai eu l'impression que ça n'avait rien à voir avec le livre. Mais j'avais déjà oublié le film en bonne partie (et il se peut qu'il s'inspire des tomes suivants, que je n'ai pas encore lus).

Udo Femi a écrit :
jeu. févr. 06, 2020 9:12 pm
Ooooooh !
Il semblerait que Netflix a acquis les droits des films du Studio Ghibli.
Et je découvre des trucs que je ne connaissais pas, du genre Les Contes de Terremer ! :wub:

Au passage, il y a aussi Modest Heroes, les courts-métrages du studio Ponoc, fondé par des anciens de Ghibli, et qui valent le détour.
Mes sites : Kosmos (un jdra sur la mythologie grecque qui a vraiment lu les auteurs antiques pour vous) ; blog de lectures ; site d'écriture.

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Guts of Darkness
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Re: Film : Les Blockbusters qui (dé)tonnent

Message par Guts of Darkness »

En fait, l'anime reprend un peu la trame du tome 3 avec un mage qui fait de l'antimagie (ou de la nécromancie). Il y a beaucoup de longueur car le film se veut poétique, donc il y a beaucoup de discussions abstraites qui ne collent pas avec ce qu'en a fait Le Guin, qui est le récit d'un gars simple et pauvre qui devient archimage, rien de plus (ce qui est déjà pas mal) mais les considérations métaphysiques ne font pas partie des romans.
Donc on attend quelque chose (l'anime dure près de 2h00), mais ça traine. En fait, les discussions sont assez proches de ce que l'on trouve dans l'anime Ghost in The Shell - Stand Alone Complex, mais là il y a un certain sens sur la société, son évolution, la manière dont sont traités les gens différents, etc. et c'est un reflet de la société actuelle transposée dans le future.
La même discussion avec un mec qui ramène les morts dans un contexte de fantasy est déjà beaucoup moins plausible.
Par contre, la 1ère partie est assez agréable et l'ambiance de la cité est bien rendue.
Quand le con pointe du doigt près de quelqu’un, espère-t-il montrer la lune et penser dénicher un fou ou veut-il faire sentir son doigt qu’il s’est récemment mis dans le cul, parce qu’il a lu que cela permettait de deviner la direction du vent ?

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rogre
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Re: Film : Les Blockbusters qui (dé)tonnent

Message par rogre »

Bon, allez, voilà mon 18ème James Bond de suite (à la télé: c'est des pousse-au-crime!): "TMWTGG" (L'Homme au Pistolet d'Or, 1974). Réalisé (correctement) par Guy Hamilton (qui se barre après), musique (bonne) de John Barry. Roger Moore, pas encore blasé, mais déjà, comment disais-je..?: "abject". J'ai un problème pour chroniquer ce film: d'une part je m'en souvenais fort bien, mais j'ai été de nouveau mesmérisé par Christopher Lee Dracu/Dooku/Sarou, le rôle titre (ce qui est rare: juste "Dr No" et "Goldfinger" ont eu cet honneur, puisqu'"Octopussy" est finalement gentille, et que "SPECTRE" est un collectif et un acronyme). Tout le film me semble vraiment porté par Lee, au regard fascinant - en survet', en costard, en slip, à table, en auto-volante à la Fantomas, Frank Scaramanga en impose, emporte tout. Son flingue démontable (étui à cigarettes, stylo en or...) est le seul gadget du film! Et il a toutes les meilleures répliques, qui écrasent le pauvre Moore (qui se contente d'un: "J'ai déjà rencontré des types qui avaient le melon, mais vous, alors.."). Jugez de ceci: Scaramanga raconte qu'il a été élevé dans un cirque (classe, déjà!) et qu'il trouvé sa vocation de tueur en voyant un cruel éleveur d'éléphant achever sa bête d'une balle dans l'oeil (Freud, au secours!); ayant abattu à son tour le dresseur, Lee conclut: "Je croyais que j'aimais les animaux, j'ai découvert que je préférais tuer des hommes". Que dire de plus : c'est la classe intégrale ! Tout le reste est en retrait, et grotesque. Lee est servi/trahi par le personnage à verticalité contrariée TricTrac, joué par Hervé de Villechaise (aka Taboo de "L'île Fantastique"), parce que Piéral était mort, le nain Désir trop X, et Passepartout pas né. Le hobbit est convaincant, vil et sardonique: ce sera le "combat" final du film (risible quand même). Il est aussi aux commandes, tel le perso d'Arcade des X-Men, du "murderland" animatronique (pas convaincant) que Lee a mis (mais pourquoi??) dans les caves de son île secrète en Mer de Chine - là où il concentre à -170° les secrets de l'énergie solaire, qu'il compte rendre rentable en convainquant les pays arabes de le payer pour qu'il la garde secrète... bref, rien compris. Bon, et JB/Moore dans tout ça. Ben on s'en fout. Passé une bonne bagarre contre trois gros dans un cabaret à Beyrouth, où il doit sucer le nombril d'une danseuse du ventre pour récupérer (à l'aide de laxatifs !: "Trouvez-moi une pharmacie") la balle en or de Scaramanga, étant donné le contrat sur sa tête, mais en fait non, vu que... etc. Toute cette histoire a été tirée dans un chapeau! L'essentiel se passe à Bangkok, et est empreinte d'un mépris culturel" incroyable pour notre époque chochotte: doublage à la pelle des "bridés" (ben oui, j'regarde en françouse, quoi!), mélange de toute l'Asie sans vergogne (karaté, taekwondo, kung-fu, sumo, etc..: on s'en fiche, puisque JB leur casse à tous la figure, à coup de boxe, de tatanes, et de coups fourrés), zooms complaisants sur culotte en dentelle des go-go girls (possiblement mineures). Affreux - et on a le "pire combat d'art martiaux de l'histoire du cinéma" (dixit "Première") (entre parenthèses, la notion de "racisme culturel" pâtit complètement au regard du "racisme naturel" de Moore, qui, en bon anglo pâle, dépassant de deux têtes tout le casting asiate, ne leur adresse jamais la parole, ne leur prête jamais attention, et jette même un petit mendiant à l'eau ("quelle ordure"! s'est exclamée mon épouse) - vu qu'il est aimanté par... le beau Scaramanga - et son nain). Une course-poursuite nulle, avec le retour du shériff Pepper de "Live & let die" (WTF), avec bruitages ridicules sur les cascades d'auto ou de bateau nazes. Les JB girls?: encore Maud Adams? Ah, non (voir critique d'"Octopussy")! Elles est pourtant bien, déjà tapée et pathétique, en maîtresse martyrisée du méchant, et qui craint pour sa vie. Elle finit mal: triste. Mais mon goût me fait approuver Britt Ekland (quelle filmo: dans "The Wicker Man", je conseille! - fut l'épouse de Peter Sellers et de Rod Steward), dans l'excellent rôle de la crétine de service, Mary Goodnight ("Bonnenuit" en vf), semi-espionne très peu discrète (blonde, minijupe), qui s'offre à JB, mais celui-ci n'a pas le temps, car il doit se taper tout le reste du casting: "Vous êtes un fameux gaillard!", lui lance-t-elle, frustrée mais admirative. Kidnappée par le méchant, celui-ci en tirera une autre des bonnes répliques du film: "Aaah, j'aime les femmes en bikini"! (ajoutant: "Elles ont moins de chances de cacher des armes sur elles"). Gadgets: 0%. Dénouement: nul, voire bâclé. Chronique idem.

(ajoût: tout le monde sait par ailleurs que Christopher Lee était un cousin de Ian Fleming, qui le pressentait pour jouer le rôle de JB, avant que Sean Connery se voie conférer cette fonction).
"La description d'un Casusien moyen: un expert en tout, une incapacité à communiquer, la légèreté d'un tractopelle et l'empathie d'une brique." :P (glamourous.sam)

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Deimoss
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Re: Film : Les Blockbusters qui (dé)tonnent

Message par Deimoss »

Mise en page, you're doing it wrong 😅
La mort, c'est quand t'as plus de pièces de rechange.

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Guts of Darkness
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Re: Film : Les Blockbusters qui (dé)tonnent

Message par Guts of Darkness »

Brooklyn Affairs est un très bon polar d'Edward Norton. Tiré d'un roman dont l'action se passe en 1999, il a choisi de le transposer dans les années 50 et c'est une belle réussite (détective et jazz vont de pair). Une sombre histoire de construction et de promoteurs à New York dans l'ombre du maire.
C'est quasiment une équipe de joueurs qu'on retrouve puisque le cabinet de détectives comprend 4 membres (en plus du boss, Bruce Willis, mais il est dézingué au début). Je n'ai pas pu m'empêcher de penser à la campagne de Jeux Descartes Nightmare Agency.
Sinon, j'ai pu constater mes talents de mélomane : parmi tous les titres de jazz, j'ai reconnu une chanson de Thom Yorke que je connais à peine mais qui ressemble énormément à la bande son qu'il a signé pour Suspiria.
Quand le con pointe du doigt près de quelqu’un, espère-t-il montrer la lune et penser dénicher un fou ou veut-il faire sentir son doigt qu’il s’est récemment mis dans le cul, parce qu’il a lu que cela permettait de deviner la direction du vent ?

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Re: Film : Les Blockbusters qui (dé)tonnent

Message par rogre »

Deimoss a écrit :
sam. févr. 08, 2020 12:40 am
Mise en page, you're doing it wrong 😅
Non non, car je l'ai regardé comme ça: d'une traite, d'un bloc, et la tête comme une brique! :mrgreen:
 
"La description d'un Casusien moyen: un expert en tout, une incapacité à communiquer, la légèreté d'un tractopelle et l'empathie d'une brique." :P (glamourous.sam)

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Re: Film : Les Blockbusters qui (dé)tonnent

Message par Guts of Darkness »

Miracle à Santa-Anna, film de guerre Spike Lee sur une unité de GI noirs en Toscane à l'automne 1944. Une histoire de trahison, de racisme et de crimes de guerre. En fait, le film commence presque 40 ans plus tard quand un guichetier noir de la poste abat un italo-américain derrière son comptoir. Santa-Anna est le nom d'un village dont les habitants ont été décimés par les SS.
Un film très réaliste (le scénariste est aussi l'auteur du roman sur lequel est basé le film) et c'est aussi une belle histoire.
Quand le con pointe du doigt près de quelqu’un, espère-t-il montrer la lune et penser dénicher un fou ou veut-il faire sentir son doigt qu’il s’est récemment mis dans le cul, parce qu’il a lu que cela permettait de deviner la direction du vent ?

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Re: Film : Les Blockbusters qui (dé)tonnent

Message par Lord Foxhole »

Guts of Darkness a écrit :
sam. févr. 08, 2020 5:17 pm
 Santa-Anna est le nom d'un village dont les habitants ont été décimés par les SS.
Il s'agit du Massacre de Sant'Anna di Stazzema (12 août 1944)....
https://fr.wikipedia.org/wiki/Massacre_ ... i_Stazzema
Dernière modification par Lord Foxhole le dim. févr. 09, 2020 12:00 am, modifié 1 fois.
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Re: Film : Les Blockbusters qui (dé)tonnent

Message par Guts of Darkness »

Lord Foxhole a écrit :
sam. févr. 08, 2020 8:58 pm
Guts of Darkness a écrit :
sam. févr. 08, 2020 5:17 pm
 Santa-Anna est le nom d'un village dont les habitants ont été décimés par les SS.
Il s'agit du massacre du Massacre de Sant'Anna di Stazzema (12 août 1944)....
https://fr.wikipedia.org/wiki/Massacre_ ... i_Stazzema
Certes, mais le film est américain et ça fait un peu long comme titre. Quoi qu'il en soit, une partie de la trame du film est basée là-dessus.
Quand le con pointe du doigt près de quelqu’un, espère-t-il montrer la lune et penser dénicher un fou ou veut-il faire sentir son doigt qu’il s’est récemment mis dans le cul, parce qu’il a lu que cela permettait de deviner la direction du vent ?

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Re: Film : Les Blockbusters qui (dé)tonnent

Message par Rosco »

Krieghund a écrit :
ven. févr. 07, 2020 7:57 am
Fantabulous !!

Je m'étais pas autant éclaté comme un ado devant un film de super culotte depuis les Mystery Men.
ca casse pas trois pattes à une marmotte, y'a pas de réelle surprise, mais ce Birds of Prey (and the fantabulous emancipation of one Harley Quinn) est vraiment sympathique, frais, léger et plaisant !

Et quand on connait le "Lore" de HQ, il y a beaucoup de clins d’œil qui raviront les fans de comics.

Je plussoie
Pas un grand film mais un tres bon moment de cinéma.
Je sais pas si le petsonnage est très fideleaux comics, mais le rôle vas comme un gant à Margot, les variations d'expressions du visage sont impressionnantes.
Vue en vf et la doubleuse fait un tres bon boulot.

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Re: Film : Les Blockbusters qui (dé)tonnent

Message par Ganelon »

@rogre Je n'ai vu de ce film que le passage nautique dans le klong de bangkok où Moore peinard en kimono de judoka balance le petit mendiant grimaçant à l'eau. Je n'en suis toujours pas revenu.
Je suppose que c'est ce gamin qui vient de décimer un centre commercial...
Monsieur de Mitrolles.

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Re: Film : Les Blockbusters qui (dé)tonnent

Message par Rosco »

Vue le film Albator, le corsaire de l'espace sur netflix.
Les images sont belles, le scénario est plein de bonnes idées.
Mais le fimm est sans rythme et ne dégage aucune emotion

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Wlad
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Re: Film : Les Blockbusters qui (dé)tonnent

Message par Wlad »

J'ai vu autant de films ces 15 derniers jours que pendant les années 2018 et 2019, c'est-à-dire 3.

Les traducteurs est une bonne bouse française prétentieuse, à base de plans dans des plans dans des plans, de héros qui savent toujours tout à l'avance (le coup de la photo est à pleurer de rire) et d'enjeux flous. Les acteurs sont très cérémonieux comme il convient et aucun agent de sécurité ne voit d'objection à ce que son client fusille des innocents.

À couteaux tirés, à l'inverse, est un film policier très rigolo qui repose sur le fait que tout le monde accomplit deux ou trois actions très simples en réaction à un problème très clair, mais que la collision entre les mensonges crée un chaos difficile à démêler. Le scénario se permet ainsi de révéler presque tout le mystère dès le premier tiers afin de pouvoir se balader et changer les enjeux à sa guise de façon très punk. Rian Johnson m'avait terriblement déçu sur La Guerre des Étoiles mais m'épate ici dans un style plus personnel.

La voie de la justice est un très beau biopic avec suffisamment de retenue, sur un avocat qui s'empare du dossier de plusieurs condamnés à mort en Alabama, initialement jugés à la va-vite. Le personnage n'est pas présenté comme un homme d'acier armé d'un bon droit infaillible mais comme un jeune homme naïf et sensible, fragile mais courageux. L'épilogue permet d'apprécier l'impressionnant travail de maquillage qui a donné aux acteurs une apparence vraiment identique à celle des vraies personnes. Un seul regret pour moi : le jeu de Michael B. Jordan a beau être très crédible, l'acteur fait à peu près la même moue du début à la fin du film ("allez, mec, c'est dur mais ravale tes émotions et maîtrise-toi").
Y a pot !

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rogre
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Re: Film : Les Blockbusters qui (dé)tonnent

Message par rogre »

Vu Le Lac aux Oies Sauvages, film chinois de Diao Yinan.
C'est une merveille! On pouvait craindre que ce réalisateur, très cultivé en matière de ciné européen/occidental, se contente d'empiler les références, avec un vague prétexte de film de gangsters. Les références sont bien là : films noirs américains + Nouvelle Vague + Antonioni + De Palma +… Mais là, c'est magique !: l'alchimie prend, le total est largement égal voire supérieur à la somme des influences. Pourquoi? Mais parce que c'est archi-chinois, c'est comme si on y était, dans les bas-quartiers, avec les odeurs, les couleurs, les goûts, les textures, et des milliers de chinois populo plus vrais que vrais! La Chine, dans cette "petite" ville balnéaire en chantier, c'est aussi l'Italie des années 50-60 : scooters, petits gangs hargneux de voyous tatoués, prostituées de plage, zoo pouilleux, pâtes et riz, détritus, scopitones… Les héros, eux, tranchent: ils appartiennent à la grande tradition chinoise du monde interlope du "Bord de l'Eau": malfrat ombrageux et d'une beauté aveuglante, pute au grand cœur, marqués par le destin et en fin de course, mais prêts à une dernière échappée, ultime, manquée. Les flics sont partout (et les cameras de surveillance!) - eux-mêmes également héroïques, ridicules et touchants comme de bons serviteurs de l'Empire, pas dupes. Tout le monde a ses raisons. Le film est une immense métaphore de "la Chine" sous tous ses aspects - mais attention, celle de "2012" (le film prétend nous montrer un monde mafieux qui déjà n'existerait plus - voire!). Presque tous les plans, hypertravaillés, magnifiques de lumières dans la nuit, inventent quelque chose!
Le film est moins humain et profond que Les Eternels de Zhang Zimhou - mais il se hausse à mon avis au rang de L'Impasse de De Palma. Surtout, me disais-je avec mon épouse, il ridiculise par sa semi-perfection 90% de ce qui est actuellement essayé et produit au ciné ou dans les séries en Occident. Tiens, c'est à croire qu'il se passe quelque chose en Chine? Mais quoi? Quasi-tous les beaux films de ces derniers temps sont chinois, qu'est-ce à dire?
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