[CR] Warhammer 2: les Mille Trônes

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le Zakhan Noir
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[CR] Warhammer 2: les Mille Trônes

Message par le Zakhan Noir » mer. mars 09, 2011 2:58 pm

Hello everybody
Nous avons commencé une campagne de Warhammer 2, intitulée "les Mille Trônes". J'ai un peu peur, connaissant les loustics, que les CR ne soient pas suivis, mais bon, je tente quand même le coup. J'incarne Rutger Wissendorf, un soldat vétéran ayant connu les horreurs de la guerre et des massacres de villageois...

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Enfin, le départ…
Depuis que ce vieillard hors du commun m’a redonné à moi, Rutger Wissendorf, vétéran meurtri par la folie meurtrière
des hommes, quelques gorgées d’espoir, quelques raisons de croire en la vie, en la justice, j’ai des fourmis dans les
pattes, j’ai hâte de prouver ce que j’ai encore dans le ventre. Et ce n’est pas en somnolant dans des dortoirs miteux
qu’on y parvient…
Mais bon, notre convoi inédit se doit de marquer l’arrêt dans bon nombre de bourgades oubliées de tout et tous, dieux
comme démons…
Et son Excellence Salazar von Urteil traite avec la même ferveur, le même acharnement, la même sévérité implacable
les petits et les grands délits.
Je suis en charge de sa sécurité, et je suis assez honoré d’en être digne, même si le vénérable aveugle me croit sans
doute un peu plus jeune que je ne suis…

Il s’est attaché les services d’un apprenti-bourrel, Oliver Dunkle, jeune, énergique, têtu, méritant souvent des claques
mais qui me rappelle un peu ce que j’ai pu être à son âge. Il a l’air de vouloir grimper 4 à 4 l’escalier de la vie, et son
fléau d’armes respectable doit l’y aider quelque peu.
Il y a aussi Albrecht Schteinhäger, un scribe rouquin grassouillet qui note toutes les décisions du juge, et même plus. Il
adore écrire, tout le temps, même en mangeant. Et il a une belle écriture le salopieau. Ca me laisse perplexe, et il ne
nous sera pas d’une grande utilité quand ça chauffera vraiment, mais parfois, pour donner des nouvelles à mes filles, ça
m’arrange bien…
D’ailleurs, c’est à lui que je suis en train de dicter ces lignes… et il ferait bien de se magner le train
Ces deux-là font un homme à eux deux… l’un n’a toujours pas vu la gueuse, et l’autre ne boit que du jus de citron… ne
me demandez pas lequel, je ne m’en souviens plus (maudite vinasse)
Le dernier, je le surveille toujours du coin de l’oeil. Ferenz Valnik, un cocher plutôt agile et rapide, connaissant pas trop
mal les animaux et les routes cahoteuses. Mais… c’est un Strigani, un voleur de poules, un adepte de pratiques
magiques boueuses et arriérées, un gars aux moeurs forcément pas très nettes.
Il n’a rien fait de répréhensible avec nous, mais je ne suis pas encore totalement confiant. Je n’aime pas la façon dont il
tient son tromblon et encore moins le fait que son Excellence von Urteil lui ait confié les cordons de la bourse.

Nous sommes arrivés il y a deux jours dans un hameau encore plus moisi que les autres… Juste avant, sous une pluie
battante, j’ai rapidement inspecté un champ qui a été utilisé comme camp militaire, de vieux restes de tentes l’attestent.
J’y ai découvert deux cadavres, dont une femme enceinte, sans la moindre blessure apparente. Aucun autre indice ne s’y
trouvait.
Sous ces mauvais auspices j’ai rejoint mes camarades et je ne m’étendrai pas plus sur l’auberge miteuse et ses
propriétaires sortis au mieux du trou du cul de Taal.
L’important est que le juge, pour la première fois, nous demande, ou devrais-je dire, nous ordonne de le quitter et
d’entrer dans la ville surpeuplée voisine de Marienburg. Il est en effet à la recherche d’un receleur du nom de van Toor
mais ne peut s’y rendre officiellement lui-même, sa charge n’ayant pas de valeur juridique dans cette ville franche.
Nous devons donc ramener cet homme, par tous les moyens. Qui est-il vraiment, qu’a-t-il fait, son Excellence ne nous
en dira pas plus…


Nous laissons donc le juge, ainsi que la carriole assortie de sa magnifique cage en fer rouillé, et nous engageons, à pied,
vers l’estuaire du fleuve et la grande cité aux tours étincelantes.
Plus fidèle qu’une hyène enragée, la pluie drue ne nous laisse aucun répit.
Dans la cité, le choc est violent, passer d’un homme au kilomètre carré à douze au mètre carré, ça change les repères…
Nous sommes un peu ballottés par cette foule bigarrée, tumultueuse, qui s’active dans un fracas de roues chariots, de
cris d’animaux, les odeurs de tanneries, de charbon…
Après avoir envisagé de nous établir dans une douillette enseigne, l’Edredon, nos finances misérables nous poussent
plutôt à opter pour la Poterne, dans un des quartiers les plus populaires et… populeux
Nous allons ensuite de taverne en taverne.. j’aimerais profiter de mon moral partiellement retrouvé pour claquer
quelques fesses grasses des charmeuses locales mais Albrecht et surtout Oliver font tout pour me gâcher le plaisir
Des types un peu louches trainent dans ces établissements, et pendant que je plume quelques pigeons au Dicedammon,
Ferenz se lance dans des magouilles aussi complexes que pathétiques avec un borgne qui passe son temps à graver son
nom sur sa table. Il n’ose pas parler directement de van Toor alors l’autre prend l’initiative et tente de lui refourguer des
dents sacrées, des reliques d’un gosse que tout le monde vénère ici, rapport à qu’il serait béni par Sigmar…
On décide de suivre à 2, avec Ferenz en tête de proue ce personnage qui nous amène dans le quartier le plus chaud,
limite morbide, avec toujours cette satanée pluie. , jusqu’à ce qu’il s’engouffre dans une maisonnée
Après une rapide infiltration dans la cave, qui a tourné court à cause des aboiements d’un tout petit chien qui a effrayé
Ferenz, ce dernier, avec mon aide rejoint prestement la rue avec son butin, trouvé dans une caisse : une urne en je ne
sais quelle matière fragile et précieuse.
Bon, ce gars est un receleur, on s’en doutait déjà


Le lendemain, nous en apprenons un peu plus sur l’enfant sacré, à la fois dans la rue, le temple de Sigmar et celui de
Shallya. Orphelin recueilli par les soeurs de Shallya, il aurait reçu sur la poitrine la marque de la comète de Sigmar et
aurait anéanti d’un seul coup de marteau, à 7 ans, trois sectateurs du Chaos qui voulaient l’éliminer…
Il y a donc eu une effervescence religieuse sans pareille et le grand Prêtre de Sigmar aurait invité les gens à partir dans
une grande croisade derrière ce gamin sacré contre les restes délabrés des armées du Chaos du grand Nord. Beaucoup
de personnes, dans toutes les couches sociales, ont répondu à cet appel
Il y a eu beaucoup de débats, et finalement la croisade descend d’abord à Altdorf pour présenter l’enfant à l’Empereur
Karl-Franz (eh oui, toujours lui… il est clairement plus vieux que moi celui-là) avant de partir, avec sans doute de plus
en plus de monde, triomphalement vers le Nord.


Sur la grande place du temple, il y a une cage avec une vieille femme qui y pourrit à l’intérieur, condamnée à crever de
faim et de soif, constamment insultée et bombardée de déchets par les badauds. Elle aurait manigancé un assassinat
contre l’enfant élu avec l’aide de sectateurs…
Elle est peut-être coupable et mérite de mourir mais avoir fréquenté son Excellence von Urteil m’a appris qu’il ne fallait
pas toujours se fier aux apparences… ; la guerre aussi m’a donné cette leçon cruelle, j’ai compris à mes dépens combien
il est facile et commode de se trouver des boucs émissaires.
Aucune folie haineuse ne semblait se dégager de son visage et le traitement qu’elle subissait m’a révolté… J’ai failli en
venir aux mains avec ce jeune idiot de Dunkle qui lui crachait dessus avec véhémence…
A l’orphelinat, nous avons pu discuter avec la Mère Supérieure et constater qu’elle parle de l’enfant avec une émotion à
fleur de peau, complètement subjuguée par sa sainteté et la marque de Sigmar., à tel point qu’elle souhaite la mort de
tous ceux qui voudraient lui nuire ( à commencer par celle qui a tenté de le tuer, qui était en fait l’ancienne mère
supérieure). Ce manque de compassion alors qu’elle vénère Shallya m’a un peu fait tiquer…
Et au moins une autre personne est méfiante à ce sujet car quelqu’un a glissé un mot dans la poche de Ferenz, qui l’a
fait lire à Albrecht : « ne la croyez pas… tout est faux »


Malgré notre intérêt grandissant pour l’histoire de ce gamin (ce n’est pas tous les jours que l’on peut cotoyer un enfant
élu par Sigmar) , nous n’avons pas perdue de vue notre objectif principal.
Après toutes nos tentatives prudente et stériles de contact avec la pègre (Ferenz a d’ailleurs fait jouer la fibre strigani
pour obtenir des infos qui tardent à venir… décidément, tous les mêmes ceux-là), on a juste eu besoin de rencontrer un
bourgeois bavard et pas trop regardant sur notre groupe hétéroclite pour apprendre que van Toor n’était pas du tout un
sombre rat de caniveau inconnu mais un riche marchand très en vue, et très impliqué dans la croisade en préparation, ne
ménageant ni sa peine, ni son argent pour cette cause sacrée. Par contre, nous aurons du mal à le rencontrer car il a
mystérieusement disparu depuis deux semaines… tout le monde le croit désormais mort…

Nous nous sommes rendus à sa demeure, mais cette fois-ci, lassés de nous faire bousculer dans les rues surpeuplées, lassés de voir Ferenz prendre systématiquement la mauvaise direction, nous nous sommes payés un petit trajet en gondole, les canaux étant innombrables en ville, ce qui nous a permis de longer le quartier des Elfes, qui jure par sa végétation et son architecture élancée avec le reste de la ville.


Nous faisant passer pour, je cite : « des personnes expertes pour retrouver d’autres personnes » (ça a beau être une réplique de merde, ce n’est qu’un demi-mensonge après tout), nous avons été reçus par sa femme, que beaucoup appellent déjà « sa veuve ». Elle espère qu’il soit toujours en vie et saute donc sur l’occasion de conforter ses espoirs en nous chargeant de le retrouver. Elle est disposée à payer ce qu’il faudra (ça me changera de ma solde misérable) et nous fournira bientôt tous les documents d’affaires de son mari pour nous aider dans notre enquête. Elle nous assure qu’il avait énormément d’ennemis, dans les affaires bien entendu, mais aussi politiques depuis qu’il avait affiché un soutien sans faille à la croisade de l’enfant béni.

En effet, cette mise en lumière sur Sigmar fait de l’ombre sur les dieux traditionnels de Marienburg, notamment Heinrich, le dieu des échanges et du commerce. Son clergé, très influent ici, grinçait des dents contre van Toor…
En tout cas, on ne peut pas nier que le marchand se soit impliqué dans la croisade. Sa maison est devenue une sorte de musée dédié aux reliques de l’enfant…Des jouets qu’il a eu à l’orphelinat, des bricoles de ci-de là, et, en clou de l’expo, sa tunique, frappée de la colombe…



Couilles de bouc ! Si seulement Son Excellence avait daigné nous en apprendre plus sur cet homme. Est-il vraiment un receleur ? Cela doit aller plus loin car nous n’aurions sans doute pas été envoyés ici pour aller prendre (et pendre ?) un petit poisson…



Cela me fait bizarre de faire des promesses tronquées à cette pauvre femme. Oui, nous allons tout mettre en œuvre pour retrouver son mari, s’il n’est pas déjà mort, mais ce sera sans doute pour le livrer à Son Excellence von Urteil…

Rhha, c’est un rôle trompeur que je n’aime pas jouer !



La nuit, nous sommes allés voir la vieille femme dans sa cage, en profitant du fait que les gardes n’étaient plus en faction.
Très affaiblie, malgré l’eau et le pain que je lui ai apportés, elle nous a supplié de croire qu’elle n’était pas folle, qu’elle n’avait pas vendue son âme au Chaos, et que oui, elle avait voulu tuer l’enfant, mais parce qu’il était maudit, et pas du tout marqué par Sigmar. La comète avait été contrefaite et son exploit avec le marteau serait le résultat d’une horrible mutation chaotique…
Je ne rappelle plus bien ce qui la rendait si sûre d’elle, des visions de Shallya peut-être, mais elle nous a donné une information importante : ses trois complices, considérés comme étant des adorateurs maléfiques, seraient selon elle des Répurgateurs. Et si nous trouvons leur chef, Osric, il confirmerait ses dires…
Elle nous a demandé de reprendre le flambeau, de sauver l’Empire en anéantissant la terrible menace que fait peser sur lui cet enfant ténébreux…
Le retour des gardes nous a empêché de poser les mille questions qui se bousculaient dans nos têtes.
Et le lendemain, elle avait fini par périr, épuisée d’avoir tant lutté…



Nous sommes donc à la croisée des chemins. Il nous faut enquêter sur la disparition de van Thorpe, mettre la main dans ce panier de crabes venimeux qu’est la politique religieuse, et tenter de comprendre qui a raison à propos de cet enfant. Et il faudra faire vite…

Car la croisade est partie depuis plusieurs jours, et elle se rapproche progressivement d’Altdorf et de l’Empereur…

Ah, Excellence, si au moins vous étiez avec nous pour déceler le mensonge et la tromperie !
Adj a écrit :  Quand je parle turc, on dirait du suisse alsacien

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Re: [CR] Warhammer 2: les Mille Trônes

Message par Caine » sam. mars 12, 2011 10:10 am

Bien le CR !
Je n'ai pas encore osé faire jouer cette campagne... Du coup j'attends la suite de tes aventures pour connaître les réactions des PJ.
"Depuis que je suis devenu accroc à ElfQuest, j'ai arrêté de rêver la nuit. Ca m'effraie."
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le Zakhan Noir
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Re: [CR] Warhammer 2: les Mille Trônes

Message par le Zakhan Noir » lun. mars 14, 2011 10:52 am

hé hé merci... on va continuer c'est sûr... Après, j'espère que les CR aussi, et ça c'est jamais gagné d'avance malheureusement
Adj a écrit :  Quand je parle turc, on dirait du suisse alsacien

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Re: [CR] Warhammer 2: les Mille Trônes

Message par le Zakhan Noir » mar. avr. 19, 2011 6:30 pm

Allez, voici le CR de la 2è séance, rédigé par le MJ himself...


Memorabilis de Salazar von Urteil, juge itinérant pour la plus grande gloire de Karl Franz, Graf du Reikland
Rédigée dans l’obscurité de la nuit du 21 Naachexen de l’an 2522



Il aura fallu que ce soit le plus jeune d’entre eux qui revienne me voir. Grand corps de maille fumant et transpirant, usé de son voyage à bride abattue de Marienburg – soit-elle maudite ! Quatre jours après les avoir envoyé au Pays Perdu à la recherche de Ruben van Toor – receleur indélicat rampant sous la vase de ce territoire interdit à la Justice de l’Empereur – c’est donc Rutger qu’ils choisirent pour messager qui aurait à me faire un compte rendu de leurs activités. Je les imagine la veille autour d’un maigre repas (qu’ils auraient eu tout loisir d’améliorer, du reste, si je n’avais confié leurs fonds au strigani Valnik, que je sais économe). Les voici donc à table, tirant à la courte-paille qui d’entre eux affronterait cette journée de chevauchée sous l’incessante pluie qui inonde les paysages, que je devine blafards, de cette région. Voyage presque agréable si on le ramène à sa finalité ; l’audience avec le terrible vieillard.
Notre cavalier eut la convenance d’attendre que je termine mon repas de midi pour en venir à son récit. Or donc ils avaient, comme je l’avais anticipé, fini par découvrir que Ruben van Toor était un homme bien établi dans la ville, administrateur de la Guilde des Marchands et rendu riche au-delà de toute mesure par le lucratif commerce du minerais à l’époque où les forges de Nuln en réclamait tant et plus : durant la Grande Guerre. S’intéressant en toute logique à son entourage (et je ne peux m’empêcher de voir là une initiative du jeune Albrecht ; étudiant attentif de mes enseignements sur les procédés de conduite des investigations), ils découvrirent l’inévitable maitresse du bourgeois ainsi qu’un cousin ; Wilhelm van Toor résident à Altdorf. Ne négligeant pas les liens professionnels ; ils apprirent l’identité de son associé en affaire ; le colérique van Houten. Homme fort méchant auprès de qui ils purent obtenir audience.
Le bourgeois leur confirma ce qu’ils avaient su tirer de la comptabilité de van Toor (nous reviendrons plus longuement là-dessus plus tard); à savoir leur commerce entre la Norsca et l’Empire, leur influence au sein de la Guilde. En revanche, sur un point ils ne se retrouvaient pas ; l’intérêt du receleur pour le sulfureux et l’occulte. Il avait tenté de faire adhérer son compagnon à un salon portant le nom du « Club des Trois Lunes ». Quelle force pousse ainsi un homme à gaspiller son temps et son argent dans ce genre d’association futile ? Le goût pour le déraisonnable, peut-on supposer, assorti sans doute dans le cas de van Toor, par l’espoir que ces occultistes pourraient le défaire de sa maladie.
Voilà un point sur lequel j’ai demandé à Rutger de revenir et d’apporter plus de détails. Le jeune homme est confus dans ses propos et il me semble, si je me fie au bruit de ses intestins, qu’il pensait davantage à son propre déjeuner qu’à me faire un récit cohérent et détaillé. Mais évoquons donc la maladie de Ruben, ce point est important tant il serait inconvenant qu’elle emporte le malheureux dans la tombe avant que le Justice de l’Empereur ait pu s’exprimer. Ils apprirent en interrogeant le personnel de la maison van Toor que l’homme était très affligé dernièrement; se déplaçant à grand peine. La maladie l’avait saisie trois ans auparavant mais - comme l’apprit Valnik des confidences d’un confrère au temple d’Händrich - chose étrange, il avait toujours refusé de faire venir un médecin préférant utiliser des décoctions de sa propre composition. Il avait recruté à cette fin une jeune fille de rien, originaire de l’Ostmuur : Tilde. L’enfant était chargé de faire ses commissions chez un apothicaire de ce même quartier mal famé. Interrogé sans ménagement par Rutger et le sanguin Oliver ; elle ne tarda pas à leur livrer l’adresse du commerçant… ainsi qu’un échantillon des remèdes qu’elle avait détourné pour elle-même. Le crime est décidément exercé par tous et je me félicite que mes protégés ne se soit pas laissé abusé par ce visage innocent.
Alors que les deux hommes d’armes menait leurs entretiens ; le méthodique Albrecht fit d’autres découvertes d’importance en se plongeant dans la comptabilité de la maison van Toor… Primo, dans un livre de comptes tenu séparé des autres (et dissimulé dans un traité de géographie) il découvrit des opérations portant sur un montant important versé dans un premier temps au débit puis, un mois après, ce même montant versé au crédit. Que cache donc cette somme ? Pourquoi la dissimuler ? Deusio, dans cette comptabilité - si pudique qu’aucun nom n’apparait - une entrée faisait exception ; le versement d’une poignée de guilders au profit de « HB – Le Gai Bateleur »… Voilà qui méritait enquête. Ils ne tardèrent pas à apprendre que cela se rapportait à une taverne de sinistre réputation dans l’épouvantable quartier du Doodkanaal… Lieu qui servirait de quartier général à une bande de malfrats dénommés « Les Molosses ». Pris de panique à l’évocation de ces dangers, ils décidèrent d’ajourner leur visite.
Là je fus pris d’une juste colère, l’Empereur me le pardonne. Saisissant mon bol en grès je l’abattis de mes maigres forces sur cette tête vide de Rutger. Cette dérobade risquerait bien de tout faire échouer ; le temps est compté et les choses se savent très vite. A qui ont-ils pu parler de ce lieu et de son rapport avec Ruben van Toor ? Quelle occasion manquée ! Je le congédiais immédiatement et l’enjoignais d’amener ses compagnons dans cette taverne sans plus tarder ; après tout notre gibier est gravement malade.
Bredouillant je ne sais quelle excuse ; il me parla, tout en harnachant son cheval, de la Croisade menée au nom du jeune Karl. Un enfant que la foule et les autorités religieuses locales ont dûment authentifié comme étant le divin Sigmar réincarné. Etrange hasard, le convoi nous passa pour ainsi dire sous le nez alors que nous étions en route vers Marienburg pendant que ce dernier avançait en direction de la capitale afin de demander audience auprès de l’Empereur dans le but, peut-on supposer, de faire reconnaitre l’enfant. Ils n’y seront probablement pas avant deux semaines si tant est que la foi de ces va-nu-pieds ne s’érode. Un second fait concerne notre affaire plus directement. Un fait qui ne saurait se faire passer pour coïncidence. Il se trouve que le bourgeois van Toor avait embrassé sans réserve la cause des adorateurs de Karl. A tel point qu’il l’aurait financé pour une large part ; on sait l’homme fort pieux. N’est-ce d’ailleurs pas sous le masque de la piété qu’il s’est rendu coupable du recel de l’incunable « La Vie de Sigmar » dérobé en la cathédrale d’Altdorf ? Chose notable toutefois van Toor aurait disparu avant le départ de la Croisade de l’Enfant. Après tout s’il avait voulu la rejoindre pourquoi inventer le subterfuge d’une disparition ?
Les pistes menant à van Toor sont donc plurielles, les emprunter toutes serait une perte de temps. Répondre à ces questions devrait y mener ; quel est ce club des Trois Lunes ? Quelles affaires van Toor menait-il avec la pègre au Gai Bateleur ? Quel genre de soin requiert les office d’un apothicaire des bas-quartiers en place d’un médécin savant ?
Sur cette croisade, je ne vois là rien de très urgent. Notre route devrait de toutes les manières nous la faire rattraper. Nous verrons bien alors si les mises en garde de la vieille Maida en rapport avec l’Enfant étaient à prendre au sérieux. La personnalité de Karl en revanche m’interpelle; en apprendre davantage à son sujet pourrait se révéler utile s’il avait là-dessous une conspiration à démasquer. Pour cela quoi de mieux qu’un entretien avec celui qui le premier le révéla ; le répurgateur Osric ?
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Re: [CR] Warhammer 2: les Mille Trônes

Message par le Zakhan Noir » lun. avr. 25, 2011 7:51 pm

Voici le compte rendu de la 3è séance, rédigé par le MJ qui prend le point de vue d'un des PJs, trop feignant pour pondre le CR lui-même

Les riches heures de Ferenz Valnik, convoyeur de son Excellence von Urteil
Rédigée sous la dictée le 22 Naachexen de l’an 2522


On raconte de nous autres striganis que nous nous défions de l’écriture et que c’est pour la cause qu’elle fixe sur le parchemin les promesses que nous ne savons tenir, et tous les serments qu’on n’honorera jamais. Voilà très justement que disent tous les weiβe et encore beaucoup d’autres vilaines choses. Ainsi donc, moi , Ferenz Valnik, par la main de mon frère Albrecht Steinhäger, je m’en vais leur montrer par la présente qu’ils sont erratiques et forts méchants.
L'histoire que nous devons assembler pour le bon Juge Urteil, où qu'on y apprend les mystères du marchand van Toor, est devenue plus tortueuse qu'une mauvaise piste. Or bien, c'est pour y voir plus clair et me faire mon idée là-dessus que je demande à Albrecht d'anoter mes pensées. L'autre cause est que si malheur nous arrivait, ma lettre sera fort commode au juge pour ses investigations qui'il aime plus que Verena, encore ! Je commencerais le récit au cinquième jour de notre enquête, le matin même où le vieux Rutger rusa et obtint une monture et galopa pour raconter à l’Excellence quoi qu’on avait fait jusqu’ici.
Or donc, au matin de ce cinquième, voilà que celle que la Dame van Toor nous demande un récit à nous autres. On pourra tergiverser là-dessus ; mais m’est avis qu’elle s’inquiète surement de quelle façon qu’on dépense son or ! Le vieux est pas là pour lui jouer sa pièce alors c’est Albrecht qui déclame. Et le voilà qui minaude et qui tourne tant autour du pot que la Dame en a les esprits tout retournés, et si bien encore, qu’elle nous laisse partir sans qu’on lui ait dit quoique ce soit de valable ! C’est qu’en vérité on a tant de ficelles dans les mains qu’on sait plus sur laquelle tirer : un drôle qu’on dit mutant d’un côté et qu’on prend pour Sigmar de l’autre, un marchand malade qui quand il ne siège pas à la guilde conspire avec les Molosses du Doodkanaal, des sœurs de Shallya qui envoie leur mère abbesse au supplice... C’est comme que si tous les acteurs du spectacle s’étaient entendu pour nous faire tourner bourrique !
On s’accorde pour remonter une piste qu’on avait commencé à fouler du pied et qui est celle du couvent de Shallya. Notre bourrel Oliver, comme on se rappelle, avait fait si bonne impression à une novice qu’elle lui avait donné un message contenant moult mise en garde en ce qu’il faudrait qu’on se méfie. On a pour idée de retrouver la drôlesse afin qu’elle nous éclaire un peu sur ses pensées. Elle fait une bien vilaine tête en nous revoyant et nous raconte que ce qu’on sait déjà ; que la vieille Maida n’était point folle et que le répurgateur Osric n’était point mort malgré qu’il a été bien corrigé par la foule qui venait assister au sacrement de Karl. Làs, notre discours est rompu par des sœurs envoyées par l’abbesse qui nous enlève notre novice. Nous voilà obligé et contraints de repartir sous la pluie.
Par la suite, il me vint en idée de retourner voir mes frères striganis que j’avais rencontré la veille dans une auberge qui se patronyme « la Roulotte ». Comme grand malheur, Oliver et Albrecht , qui raisonnent pas si vite que moi, s’accrochent à mes chausses et me voilà ainsi, bien forcé de les amener à ma suite. C’est bien fâcheux car on redoute fort les weiβe dans ce genre d’endroit. Tout de suite on me harponne sur la visite nocturne que j’ai comploté de faire dans les entrepôts van Toor . Et que tout le monde veux être du coup, et se partager le butin et me réclamer encore en avance vingt gilders d’or ! Je me fâche tout rouge et leur demande plutôt de me causer du gars Osric qui est très fameux. A la très bonne intuition ! C’est justement un de chez nous qui l’a dissimulé aux yeux de la population colérique parce qu’Osric s’est répandu en méchanceté sur le compte du gamin Karl ! Il est tout esquinté mais vivant dans une auberge du Suidock qui s‘interpelle « le Lotus Doré » et que c’est un endroit très comme il faut, où qu’on rentre que si on a une contremarque de bois et que mon frère strigani me cède pour un gilder. Les autres ne sont plus là pour constater mes investigations, en ce qu’après avoir taquiné la serveuse qui est d’un bon caractère, se sont carapaté en dehors.
Pendant ce temps, donc, les gars Albrecht et l’Oliver sont allé voir l’apothicaire où que le marchand van Toor allait prendre sa médecine. Ils y apprennent que ce genre de remède ça peut ralentir qu’une seule de maladie et qui s’appelle la pourriture de neiglish. Le scribe Steinhäger qui sachant lire les livres, part à la bibliothèque pour devenir savant sur ce mal-là. Notre bourrel qui est bien moins savant et fort bagarreur lui vient une de ses idée en tête et il file dans son coin. On se retrouve sans lui chez notre Dame où qu’il fait bien chaud et où on déjeune très bien et où une surprise nous y attend : le soldat Rutger qui est trempé comme un vieux chien et de bien méchante humeur. Il nous dit ce qu’il a raconté à son Excellence et décide, maintenant qu’il n’est plus peureux, qu’on ira ce soir même au « Gai Bateleur » et qu’on présentera bien nos hommages aux Molosses et à ceux du « club des Trois Lunes » !
Il n'y a pas de temps à perdre, sitôt qu'on y arrive, on retrouve notre bourrel en vilaine posture avec les Molosses qui viennent de trancher tout net la gorge du tenancier de „La Poterne“ pour une raison qui m'échappe. On arrange l'affaire comme on peut et on demande qui de l'assemblée a commercé avec le marchand van Toor. Un jeune Hugo, il lève la main et nous raconte bien gentiment toute son histoire ; qu'il se rendait de temps en temps chez le marchand et chez un autre qu'il apelle Jurgen et qu'il croit bien qu'ils appartiennent à la même société. Et qu'une fois il a fait transité un paquet bien encombrant qui aurait pu être un livre tout comme celui que le van Toor a recelé ! Nous voilà forts ravis, sauf Oliver qui est tout pâle et qui a comme un air de quelqu'un qui leur prépare un mauvais coup aux molosses.
On se carapate avec l'adresse du nommé Jurgen qui habite au Doodkanaal. Comme on s'approche il y a une odeur de pestilence – pire encore qu'un champ de bataille – et Albrecht qui est très fragile reste au dehors. Rutger lui, a les conduits des naseaux si anciens qu'il sent plus rien, alors il mène la marche. On retrouve l'acolyte de van Toor tout alité et fort malade. Il murmure rien que de l'incompréhensible et pendant que je me rapproche, il me mord l'oreille ! Après ce méchant coup, le voilà qui s'arrête d'expirer, et que Rutger lui appuie si fort sur la poitrine qu' il passe au travers ! Le gars n'a plus que sa tête d'humain parce que tout le reste c'est une gelée verte qui à l'air très ecoeurante... Vile maladie ! Sombre rejeton qu'on s'écrie. On cherche comme le juge nous l'a appris dans sa cabance qu'on y retrouve un bout de parchemin qui indique un plan et qui était astiucieusement dissimulé dans l'âtre..
Je propose aux autres de retrouver l'endroit qu'est designé par le morceau de papier, les voilà qui se moquent et qui me houspillent que je ne suis pas du coin et que je le retrouverais jamais quoi que ce plan indique. Alors on rentre. Mais moi je leur dis que j'ai à faire et je leur remet la contremarque en bois parcequ'il est dans leur intention de visiter le “Lotus Doré“ pour se présenter à Osric. Je me retrouve seul à „La Roulotte“ mais j'ai la bien mauvaise surprise de voir moult soldatesque malemener les miens et fermer leur boutique. Je me fais discret et je me sauve rejoindre mes compagnons au Suidock, dans cet endroit où qu'on fûme les épices qui viennent de l'Orient. Et là, nouveau malheur, le répurgateur est mort depuis plusieurs heures et tout est à recommencer.
En fait de piste, voilà ce qu’il nous reste en main :
· Quoi qu’un bon pieu comme van Toor commerçait avec ce vile Jurgen ?
· A quoi que ce plan parcheminé nous mènera ?
· Qui saura ce que le répurgateur Osric et ses acolytes virent la nuit où qu’il ramena Karl au couvent de Shallya ?
· Et puis il y a les striganis qui ont été méchamment traités par la milice de Vassili ; est-ce moi qui à corps défendant leur ai causé dommage ?
Pour rajouter aux difficultés, on s’aperçoit adroitement, qu’on est épié par beaucoup. Un capitaine des Chapeaux Noirs - qui forment comme une milice par ici - et qui se dénomme Vassili , s’intéresse à nos faits et à nos gestes. Les molosses qui ont si durement traités notre aubergiste et savaient assurément où qu’on logeait et qui à présent ont très envie de converser. Le majordome de la Dame van Toor qui s’interesse à nos papiers. Celui là après qu’Oliver l’ai bien secoué nous semble mi-blanc , mi-noir, tant qu’on ne sait plus s’il est fidèle à sa maitresse ou bien pas… Pauvres de nous, Excellence !
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Re: [CR] Warhammer 2: les Mille Trônes

Message par le Zakhan Noir » mar. mai 31, 2011 7:11 pm

Bon, on a enfin réussi à arracher un CR de la dernière séance, vue du point de vue du PJ Olivedr Dunkle, geôlier et apprenti bourrel de son état
Humide jusqu'au sein des os, fatigué autant de ma situation présente que de la notre depuis une semaine, mon corps balançait d'avant en arrière, incapable que j'étais d'anticiper les remous infernaux de cette diligence qui nous emmenait je ne sait où. Les pavés malodorants et irréguliers de ce quartier pourri du Duutkanal marquaient à chaque tour de roue mon corps d'un tressaillement désagréable qui me faisait sursauter , autant que mes comparses, à m'en donner des eaux le coeur. L'odeur nauséabonde des égouts semblaient vouloir nous rejoindre dans cette danse pénible. Si l'on rajoute à cela les horribles souvenirs de cette soirée, le sentiment de désenchantement, de trahison et de bêtise, je n'étais pas loin de rendre au milieu de la voiture le peu de ce qu'il me restait dans l'estomac. Qu'avais-je d'ailleurs souper à notre dernier repas? je ne me souvenais pas. Les pustules immondes de ce cadavre à moitié mort que nous avions découvert en dessous ne cessaient de hanter ma mémoire. J'avais beau essayer de me souvenir, je ne voyais que ce corps décharné, ces bubons informes et les étrons, immondes offrandes des habitants du dessus à la secte d'en bas. Il eut fallu que ma tête, ballotté par le pavement informe frappe à plusieurs reprises les bords de la calèches pour que je me remémore les événements qui nous avaient conduit dans ces conduits.
Je crois me rappeler que j'étais arrivé un peu après mes camarades dans cette auberge qui nous servait désormais de cantine. Aux débuts, si je n'avais que peu de sympathie pour ce bouge, il me semble aujourd'hui un lieu de plaisance fort agréable. Je me rappelle l'odeur de saucisse qui flottait dans l'air, celle du vin rouge renversé sur le sol, les chandelles brûlantes qui illuminaient la salle et la trogne de mes camarades, assis tous les trois, à cette petite table en bois. Ils discutaient calmement au milieu du fatras de la salle encombrée par la clientèle fameuse et habituée de l'endroit. Mille bribes de conversations s'entrecroisaient et s'entrechoquaient, toutes perceptibles et aucune compréhensibles. La femme de celui-ci lui donnait du fil à retordre, tel magasin avait fermé dans les quartiers nord, le petit Ulrich avait pris une raclée, le fleuve semblait bien marron aujourd'hui, sans parler du fait que tel représentant de l'empire, affecté au finance avait été inculpé de viol sur une strigani locale. Un certain Ditter Strauss je ne sais plus quoi. Viol, une strigani... Il n'y avait qu'à regarder la tête de Ferenz pour comprendre que ce peuple n'était rempli que de brigands, d'assassins et que tous étaient menteurs comme des arracheurs de dents. Même l'oeil pourtant si habituellement peu avisé de Rutger ne s'en laissait pas conter. Je le voyais assis en face de Ferenz, écoutant avec une lassitude apparente les propos de ce dernier. Je ne pouvais évidemment pas, et Dieu m'en garde entendre la prose inventive de notre ami dans le foutoir environnant. Je m'assîs à leur table, en face d'Albrecht qui lui seul semblait calme et bienveillant au milieu de la cohue. Mon arrivée avait du être salutaire, car profitant du silence qu'avait occasionné mon arrivé, Rutger se dépêcha de conclure qu'il était temps de rentrer chez Mm von toor. J'eus à peine le temps, avant que les autres ne se lève d'avaler mon bol de... Et bien non, je ne me rappelle toujours pas. Quoiqu'il en soit, nous partîmes dans la nuit tombante chez von Toor.
Arrivé chez Von Toor, une bande de brigands nous attendaient! Avec à leur tête cette enflure de Wassili. Evidemment nous ne pouvions pas savoir encore à cette heure ce que cette enflure nous réservait. Et si j'eus bien l'intelligence de me garder de me faire prendre en arrivant chez les Toor, ce ne fut pas le cas de mes camarades qui n'eurent que le choix de suivre cet escroc de Wassili dans ces requêtes dont le sens me restait difficilement perceptible. Rutger a bien eu l'obligeance de me raconter fièrement que son "ami" Wassili nous demandaient de mettre un terme à sa place aux activités des Trois lunes, je ne comprenais pas en quoi cette quête nous incombait, puisque de toutes façons le Von Toor était probablement mort depuis belle lurette! Meme Albrecht si ordinairement avisé se moqua de mes doutes et du fait que j'étais resté caché durant tout le temps de l'entretient avec Wassili. Quant à Ferenz, bien qu'il est bien fait remarquer qu'il valait mieux demander l'appuie de ces frères strigani, ne manqua pas de suivre l'avis du reste de la troupe. Et c'est ainsi, qu'en plein milieu de la nuit, nous nous retrouvâmes tous les quatre, Wassili s'étant bien entendu au dernier moment fait la malle, dans les égouts sombres du Duutkanal.

Heureusement que nous possédions la carte de ces souterrains putrides, car je pense que sans, nous serions maintenant en train de déglutir dans un dernier râle, nos corps immergés et sans vie au fond de l'eau saumâtre, les étrons de la ville.
De la merde, on en aura bouffé! Si les autres motivés comme jamais avançaient en chantant dans la cuvette de Marienbourg, il faut bien reconnaître que ma témérité n'avait d'égale que ma motivation. Et lorsque derrière les autres, en retrait, je me fis attaqué par cette bête sans nom, je compris rapidement que la merde n'était pas ce qu'il y avait de plus répugnant dans ces canaux.
Grâce aux autres, je dois bien l'admettre je réussi à m'en sortir. Au même titre que grâce aux autres Ferenz s'en sorti alors qu'il décidait intelligemment d'aller prélever quelque bout d'étoffe d'une statue qui n'avait rien à faire dans ces égouts. A juste titre, puisqu'à peine eu t'il eut le temps de découper le précieux tissu, que cette "statue" qui n'en était pas une lui fondit dessus, le lacérant d'une lame qu'elle tenait dans sa main. Si Rutger qui semblait être familier de tel créature ne semblait pas être plus impressionner que cela, moi qui n'avait mis à mort, jusqu'à présent en tout cas, que mes semblables, j'étais horrifié par ce spectacle. Le pauvre Ferenz hurlait de douleur, tandis que nous faisions tout en notre pouvoir pour le dégager de cette créature. Même Albrecht tenta de s'interposer. En vain. Ce n'est qu'après beaucoup d'effort que ce monstre fut anéanti et que nous pûmes continuer notre exploration souterraine. L'eau qui nous entourait ne faisait que monter à une vitesse vertigineuse, et nous dûmes courir pour ne pas être noyé.
Noyés...quelle horreur...et pour rien.
A nouveau alors que la calèche continue de nous bringuebaler dans la nuit noir de Marienbourg, je revois la scène. Arrivés au bout du tunnel, cette cavité, et dans cette cavité...Toor. Ou plutôt, l'ombre de Toor. Toujours ces furoncles, ces bubons et ces plaies! Je voudrais que cette image cesse de me tourmenter à présent.
Nous l'avions trouvé enfin de compte. il était là, au milieu des égouts, à moitié décomposé. Il n'eut rien le temps de nous dire. A peine chuchota t'il un mot ou deux: des fées, des femmes?, je ne me rappelle plus. Quoiqu'il en soit, nous n'avons eu le temps que de nous enfuir par une plaque d'égout avant que l'eau boueuse n'ensevelisse ces horreurs et le corps de ce malheureux Toor. Si grâce au majordome, (qui l'eut cru) nous avons pu trouvé refuge dans ce carrosse qui maintenant bouscule et répète ses souvenirs dans nos têtes fatigués, si grace à lui, nous pouvons peut être échapper aux menaces qui pèsent sur nous ou nous venger, si grace aux striganis nous pouvons quitter cette ville maudite et si grâce à Rutger, Ferenz et Albrecht nous pouvons rejoindre sains et saufs notre bien aimé von Urteil ou mettre fin aux activités de ce maudit Wassili, en revanche ce malheureux Toor lui, livide et immobile, embaumé de la lie de ces concitoyens, l'oeil fixe sur un futur qui n'est plus, goûte dans une solitude accablante la mort dans son cercueil intestinal.
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Re: [CR] Warhammer 2: les Mille Trônes

Message par le Zakhan Noir » mer. juin 15, 2011 7:29 pm

Allez, séance 6, avec un CR que je trouve pour ma part très réussi, écrit par le joueur qui interprète Albrecht, le scribe (le seul autorisé à écrire justement, nyarf)
Des égouts de Marienbourg la rebelle nous sortîmes certes trahis, meurtris et crottés mais forts de plusieurs victoires :

la première, professionnelle, concernant strictement la mission que son Excellence Von Urteil nous avait fait l'honneur de nous confier; le recelleur corrompu Van Toor n'était plus.
Non content d'avoir, suite à une enquête toute en finesse et intuitions, mis la main sur ce brigand vêtu de soie et dentelles au moment de son agonie, nous avions également collecté des preuves de cet aboutissement, réquisitionné des indices qui multipliaient ses crimes, glané des objets plus inattendus ainsi ce fort volume sauvé de la fange et qui m'intrigue au plus au point tant je bute à présent sur son ancienne écriture.
La seconde, plus intellectuelle : à partir de ce qui devait être la conclusion d'une simple extradition judiciaire, nous fûmes portés à toucher du doigt une affaire mêlant politique du pays perdu, cultes obscènes, la personne auguste de l'empereur et cette fameuse marche de l'enfant vers la capitale.
La tierce, plus spirituelle, fut d'avoir affronté le danger et d'y avoir survécu comme un seul homme même si les balafres qui se dessineront sur le visage de monsieur Valnik ne sauraient concerner quiconque d'autre que lui et menacent d'amoindrir encore un peu plus un pouvoir de séduction déjà fortement compromis par son appartenance tribale.

Le synode n'eut nul besoin d'être convoqué de longue date pour se réunir; dans la nuit de la fuite, à même le sol de la roulotte salvatrice, nos esprits n'eurent point le temps de refroidir, envisageant à brûle-pourpoint la stratégie à tenir pour la suite. L'urgence dictant sa loi, les débats furent vifs mais brefs : je me rangeais à l'avis général et nous décidâmes de nous faire conduire au plus vite hors les murs. C'est dans une auberge-relais discrète que nous pûmes nous décrasser et panser nos plaies. L'ordre du bain répondit si strictement à la hiérarchie de l'âge que l'eau dont pu bénéficier monsieur Dunkel le ramena cruellement aux cauchemars de la nuit passée.
Un médecin croisé là par hasard proposa des soins pour monsieur Valnik à un prix si exorbitant que je dus jouer sur la corde sensible des souvenirs universitaires du vieux carabin pour adoucir ses prétentions. Si nous ne pouvons préjuger de la qualité des soins dispensés, nous apprécions certainement sur l'instant leur gratuité.

La visite surprise du « majordome de madame » donnera raison à mes camarades quant à l'option qu'ils prirent de fuir la ville au plus pressé. Après une âpre négociation nous parvînmes à l'accord suivant : un coursier nous livrera une lettre de change portant mention du paiement de cent couronnes d'or contre remise de la chevalière familiale des Van Toor au cousin dénommé Wilfried établi à Altdorf. Sur mon extrême insistance, il nous fournira également le manuscrit inachevé du traité de géographie impériale, oeuvre de la vie de Ruben; si mes compagnons semblent dubitatifs à cette requête c'est qu'ils ne mesurent pas le prix d'un tel travail ni les gains potentiels en subsides mais surtout en notoriété que pourrait nous procurer l'édition d'un beau volume de description complète et imagée de notre monde.


Pour l'heure, pas de temps pour l'étude ou la composition. C'est que, sans qu'il consente à l'avouer, Monsieur Wissendorf n'a qu'une hâte: revoir notre bonne Excellence qui a sû par sa confiance et ses idéaux lui redonner une seconde jeunesse. Quelle n'est pas sa surprise lorsque nous retrouvons notre mentor sous la garde d'une fratrie qui vient contester à notre hallebardier taciturne sa place de cadet dans notre tribunal ambulant. Si notre absence s'est faite longue le juge Von Urteil a sû y parer en s’attachant les services de Till et Agnette; petit garçon aux yeux aussi grands que sa curiosité et sa petite sœur, douce domestique du vieil homme. Le jeune Till prétend avoir quatorze ans et il n'y a bien que monsieur Dunkel et son cœur généreux pour le croire.

La soirée de retrouvailles qui avait semblé s'annoncer sous les meilleures auspices prit un tour plus sportif quand, pour une querelle sans doute ontologique les traditionnelles railleries entre Messieurs Wissendorf et Dunkel dégénérèrent subitement en un pugilat de taverne sans aucune règle. Monsieur Valnik ne put contenir un cri de joie quand la chope de monsieur Wissendorf vint s'abattre au sommet du crâne de monsieur Dunkel, sellant le combat d'une grosse bosse qui rapportât une pistole à l'intuitif strigani.


C'est d'ailleurs notre compagnon qui semble être à la source de la motivation de son excellence de nous conduire vers Altdorf, où tous deux désirent régler une affaire mystérieuse...
Etre à la suite de cette pseudo-croisade, revoir la capitale, avoir quelques loisirs pour l'étude hardie de ce grimoire impénétrable et obsédant n'est finalement pas pour me déplaire.

Malgré l'extrême carrossabilité de cette belle route impériale, il devait survenir un contre-temps des plus facheux au moment où nous nous engagions dans la forêt: un essieu serait sur le point de lâcher risquant à tout moment de nous jeter dans l'ornière. Suite à ce diagnostique implacable, son excellence trancha: nous ferons halte dans le bourg proche de Pfeifeldorf afin d'y réparer notre voiture de justice.

Lors que Monsieur Dunkel s'en fût allé soulager quelque impérieuse nécessite physiologique en croyant rencontrer quelques êtres fabuleux, résultat funeste à n'en pas douter du choc de son occiput avec une chope de belle facture, nous entendîmes le cri de rage et de douleur de notre vétéran aventuré dans la forêt. Je m'y jetais sans réfléchir pour retrouver la petit Agnette en état de choc m'assurant qu'ils avaient été tous deux assaillis par un ours avec de très grandes dents. Je retrouvais le valeureux Wissendorf touché, couché, entaillé, humilié par la charge d'un fauve qui s'il avait perdu de sa taille originelle n'avait rien perdu de sa férocité en l'aspect du plus humble sanglier.
Aussitôt un éclat métallique attirait mon regard sur la rive opposé du ru au bord duquel gisait le garde du corps de son excellence. N'ayant pour ma part ni reçu de choc récent à la tête ni goûté de cette mauvaise bière dont mes compagnons raffolent tant, je pris tout de même quelques instants pour me persuader que je n'étais pas victime des même illusions que mon cher bourrel. Un corps d'elfe, que dis-je, un cadavre; de cette race si puissante, immortelle, dont l'existence et la magie sont nimbés du plus fort des mystères.
Voilà une découverte qui nous fit relativiser immédiatement la blessure du mélancolique monsieur Wissendorf. Après un moment d'indécision sur les hommages à rendre au défunt et une salutaire intervention du juge, nous enterrâmes l'être fabuleux avec modestie et sincérité le laissant à sa dernière et sylvestre demeure sur la sentence définitive du vétéran:
« il n'est pas un homme celui qui laisse une fillette se faire charger par un sanglier ».

Et c'est à ce héraut touché dans sa chair et son orgueil qu'il revint d'annoncer l'entrée de la justice au « Pipeau Mouillé », taverne paisible du bourg de Pfeifeldorf. Loin de susciter des scènes de liesses, c'est une dissolution, calme mais déterminée de l'assemblée présente qui présidât à l'arrivée de son Excellence dans l'établissement. Après un repas frugal, chacun de nous brûlait en secret de retrouver son activité favorite :
A Monsieur Valnik, d'obscures négociations nocturnes concernant notre problème de roue et d'autres curiosités locales ; à Monsieur Wissendorf, le commerce charnel avec l'unique servante de l'auberge, à Monsieur Dunkel la rumination de sa revanche sur le vieux soldat, à moi-même, l'étude de ce livre si hermétique qui semble mieux me parler en rêve qu'à la lecture.

De quoi demain sera-t-il fait ?
Son Excellence voudra-t-elle se rendre auprès du seigneur Von Speier, baron local ? Une occasion se présentera-t-elle de rendre la justice ? Les réparations sur notre voiture sauront-elles se faire rapidement pour ne pas prendre un retard trop important sur la « croisade de l'enfant » ?
Pourrais-je enfin au calme de ces lieux, percer le secret de ma trouvaille ? Monsieur Wissendorf aura-t-il profité de cette nuit d'amour pour remettre un peu d'ordre dans son corps qui semble de plus en plus trahir son âge ?
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Re: [CR] Warhammer 2: les Mille Trônes

Message par le Zakhan Noir » mar. juil. 19, 2011 3:49 pm

allez, séance 7, pour les deux au fond qui dorment. C'est le point de vue de mon perso, Rutger Wissendorf, le vétéran.

Argh, au moins une chose est sûre, la bière ici est moins tiédasse que cette bave de lézard qu’ils pissaient à Marienburg. Alors que le soleil débute à peine sa marche forcée, je profite d’un repos bien mérité après ma folle nuit avec Grita, la tigresse du Pipeau mouillé.
Je sais pas pourquoi je vous dis tout ça, d’ailleurs je ne suis pas en train de parler, et encore moins d’écrire puisque seul Albrecht le grassouillet en est capable. Donc vous êtes tous en train de lire dans mes pensées bordel ! Et Arrêtez ça tout de suite, ou au moins faites vous discrets ! Vous avez de la chance que je sois de bonne humeur tiens, sinon je vous aurais décroché la mâchoire, foi de Rutger Wissendorf !

Après avoir réveillé ce feignant de Valnik comme on sait le faire dans les armées du Reikland, je m’assure que Til et surtout petite Agnette vont bien. Ils mettent vraiment de la gaieté dans notre troupe un peu lugubre par moments. Même son Excellence semble moins disposée à nous rabrouer vertement ces derniers temps, et les rides de son visage se muent de plus en plus souvent en sourire. Il n’en oublie pas moins de nous confier nos tâches pour la journée : enquêter sur ce cadavre elfique découvert à l’orée de la forêt, découvrir quelles traces et indices a pu laisser le passage de la croisade de l’enfant-dieu. Premier constat évident : une partie non négligeable de la population a tout abandonné pour suivre la foule des pèlerins.

Til part au château transmettre à qui de droit la demande d’entrevue de son Excellence. Ferenz trouve laborieusement un cheval pour partir à quelques lieues d’ici rejoindre un camp de bûcherons où il espère trouver un menuisier assez habile pour réparer l’essieu de notre carriole. Poussé par son obsession éternelle, il soutire à son Excellence le versement de nos soldes ainsi qu’une somme rondelette pour les besoins des réparations. La cupidité légendaire de Valnik le pousse à engraisser les factures potentielles,, mais son Excellence n’est pas née de la dernière pluie. Ceci dit, il faut reconnaître que Valnik ne s’est pas trop tro mal débrouillé cette fois. Espérons qu’il en sera de même avec les bûcherons (soupir…)


Nous sortons à la rencontre de la population de Pfeifeldorf. Oliver monte l’échaf… l’estrade sur la place principale, qui n’est pas spécialement au centre du bourg d’ailleurs. En effet, une large rangée de champs sépare les bicoques des pauvres gens et les maisonnées cossues des notables, avec en contrebas le château seigneurial des Von Speier. Le contraste est saisissant. Etrange de voir un fossé social aussi marqué dans une modeste bourgade comme celle-ci

Pendant qu’Albrecht se chauffe les cordes vocales, je vais sonner du cor et toquer aux portes pour convoquer la foule sur la place et annoncer que son Excellence va rendre la justice et prendre en compte les doléances de chacun, même du plus humble. Tous sont invités à s’exprimer sans peur ni retenue sur toute injustice dont ils estimeraient être victimes.
Les volontaires ne se bousculent pas d’emblée au portillon, une méfiance mêlée de crainte suinte de chacun de leurs gestes. Le spectacle d’Oliver qui ne cesse de parler de potence, de crimes, de coupables, de cajôler son fléau d’armes et de scruter chaque personne avec son regard noir ne doit rien arranger, mais le principal problème est ce Neits, le bailli local, qui pérore que tout est en ordre ici grâce à ses bons offices et qui semble défier quiconque ici de se plaindre.
Je me sens obligé d’intervenir et joue avec succès sur son penchant pour le houblon. Pendant que je le flatte un peu et vide quelques godets plus loin, les langues peuvent se délier peu à peu sur l’estrade. Avant que je ne finisse par vexer le bailli par une remarque malheureuse, il me confie que la croisade a vraiment bouleversé la vie de la bourgade, le flot de miséreux ayant entrainé vols, maladies, rixes et autres problèmes, sans compter la fascination exercée sur ceux qui ont fini par rejoindre cette horde. Il parait également que le baron von Speier est très malade, et que son fils, qui doit lui succéder, n’a pas la réputation d’être un enfant de chœur.

Sur l’estrade, Albrecht et plus encore Oliver, dont la patience n’a d’égale que son manque d’expérience, ne peuvent réprimer quelques baillements. Il faut dire que le défilé des plaintes pour un trou dans la clôture, un prunier qui envahit le jardin voisin ou le lait de la vache qui a tourné à cause d’un vol de carottes ne ressemble pas trop à l’idée de la justice noble, implacable et flamboyante qu’ils idéalisent tous deux. On est plus près des enquêtes du constable Derrick (assez connu dans les hospices de vieillards à Bogenhafen) que de celles de ce cher Loke Holmz (un détective à la mode à Middenheim)
La belle écriture déliée d’Albrecht faiblit d’ailleurs sur la fin, avec des pâtés et des ratures dont il est peu coutumier, signe que la fatigue est intense.
Pour vous dire à quel point cela doit être barbant, les deux requêtes qu’il ont jugées le plus digne d’intérêt sont
- le vol de 5 poules à la vindicative et fort bruyante Dame Gertrud, dont 3 ont été dévorées par les croisés. Quel terrible destin a pu s’abattre sur les deux autres ? Quelle machination diabolique est en œuvre ici ? Et vu qu’elle en avait 12, combien lui en reste-il ? Diable, ça fait froid dans le dos… (en tout cas, ça ne peut pas être Ferenz le coupable, nous cheminions encore loin du bourg au moment des faits)

- la jurisprudence pour savoir si l’on doit verser une pension à une veuve dont le boulanger de mari s’est pendu suite au départ de la croisade qu’il voulait tant rejoindre…

Le jeune Til revient de son expédition au château, accompagné d’un huluberlu en dentelles noires et jabot ridicule, que je classe tout de suite dans la catégorie des « heu-heu-heu », lié au son produit quand il rit ( et très différente de la catégorie des « HO HA HA HO HO HO HAH AH HA ! » à laquelle j’appartiens) Il se présente sous le nom d’Arnold Ewillistranz, ou quelque chose comme ça, un géologue botaniste apparemment. Me demandez pas ce que c’est, sûrement une manière biscornue de désigner les planqués qui gardent le stock de pain la guerre… C’est une des rares personnes que la croisade laisse indifférent, il préfère s’extasier (tout seul) sur la géographie et l’histoire des lieux. Pfeifeldorf aurait en effet été très prisée il y a 15 ans, par des savants un peu barjos et très « prout prout dentelle » qui auraient de ce lieu une sorte de laboratoire géant pour toutes sortes d’expériences dont je ne veux même pas entendre parler
A l’inverse, les joues généreuses d’Albrecht rosissent de plaisir à l’idée de converser avec un homme si raffiné, ce qui le change, même s’il n’ose l’avouer trop fort, des culs terreux qu’il vient de se farcir à la queue leu leu au nom de son Excellence. L’homme apporte pourtant de tristes nouvelles : un de ses bons amis, Friedriech von Handenberg est mort en trois nuits, foudroyé par une maladie dont les symptômes sommairement décrits nous rappellent l’ignoble pourriture de Neiglich à laquelle nous avons été confrontés par deux fois. Comme pour acquiescer, ma poitrine se soulève et je suis pris d’une quinte de toux nerveuse. Ironie des dieux, ce lettré auteur de poèmes était célèbre (pas chez moi en tout cas) pour l’un d’entre eux, die Drei Nachte. A croire qu’il a rencontré son destin… ou ses assassins, car il était l’un des rares à s’être élevé contre cette croisade miséreuse qui détournait le peuple de sa vocation première, sacrée : le labeur ! L’enterrement du malheureux aura lieu en fin d’après midi

Pendant ce temps, Ferenz Valnik, flanqué d’un palfrenier chargé de surveiller le cheval qu’on lui a prêté contre espèces sonnantes et trébuchantes (bien fol celui qui abandonnerait sa monture à un Strigani en toute confiance) finit par atteindre le camp des bûcherons.
Là-bas, comme ailleurs, comme partout, on se méfie du peuple des roulottes, et c’est donc une assemblée rustre, intimidante et très très musclée qui le reçoit. Son amour dévorant des pièces brillantes lui tord la colonne vertébrale quand il se rend compte que le prix demandé est de 17 couronnes. Sa proposition de descendre à « 2 » ne fait pas rire grand monde. Après avoir compris que ni la négociation serrée, ni la force (un gringalet contre une dizaine de colosses) ne pourraient faire descendre le prix en dessous de 15, il décide de revenir avec un rustaud enjoué à l’idée de vider la bourse de son Excellence


Au plus fort de l’après midi, nous nous retrouvons tous au Pipeau mouillé pour rapporter à son Excellence toutes nos informations. Une passe d’armes réthorique s’engage sur le degré d’importance du vol de poules dans l’immense échelle des méfaits condamnables
Son Excellence ne perd pas de temps et nous renvoie de suite à nos chères études. Munis d’une injonction officielle, Ferenz et moi devrons examiner le cadavre pour s’assurer qu’il est bien mort, comme nous le soupçonnons, de la pourriture déjà rencontrée à Marienburg. Un programme odorant qui a de quoi nous réjouir !
Til, Oliver et Albrecht, de leur côté, devront remonter les pistes du vol de poules et du boulanger suicidé, avec un égal empressement !

Ils rendent d’ailleurs visite à Dame Gertrud qui n’a rien perdu de sa vindicte et se permet un presque blasphématoire « Il n’est pas Empereur celui qui laisserait une pauvre femme se laisser déposséder de ses poules sans réagir ». Par acquis de conscience, ils fouillent un peu le poulailler du crime et découvrent un terrier manifestement creusé par une main humaine, dans lequel Til se glisse sans problème et débouche rapidement sur une ruelle de l’autre côté de la palissade, vers un lavoir en briques. La thèse de l’affabulation ou de l’[insérer ici un procès d'intention - au mieux - que la modération reprouve] à la justice impériale prend donc du plomb dans l’aile si je puis dire…
Oliver passe donc à l’étape « j’interroge les voisins en montrant le moins possible les dents » et il obtient des rumeurs tenaces qui font état d’une bande de sorciers sans morale et sans honneur qui kidnapperaient dans un ordre indéterminé des poules et des jeunes vierges pour des pratiques immorales, et un culte chaotique sanglant. Réalité macabre dans un monde qui n’en finit plus de se corrompre ou superstition de bouseux limité ?
Interrogée à nouveau, Dame Gertrud devient plus hésitante, timorée. Elle a manifestement peur de parler, de dénoncer…
Albrecht approche alors son visage rouquin constellé de grains de beauté, pose sa main sur le bras de la vieille femme et lui susurre dans un bruissement de feuilles de parchemin la maxime que l’on gravera sûrement un jour sur sa tombe : « Madame, la délation n’est pas un crime pour la justice de l’Empereur, c’est un devoir sacré »
L’argument fait mouche, et la vérité sort enfin de sa gorge décrépie : un noble fortuné et bien en cour serait impliqué dans ces maléfices sanglants. La secte qu’il fréquente aurait survécu au passage de la Croisade qui n’a pourtant pas manqué de griller au bûcher quelques sorciers ou du moins réputés comme tels.
Evidemment, même si la tête de la bête immonde nous importe , nous devons surveiller aussi son corps qui se tortille dans l’ombre. Et parmi les petites gens, Kaspar Schmidt, le boulanger, avait une réputation sulfureuse . La brusque augmentation de la qualité de son pain à un niveau jamais égalé nourrit les principaux soupçons de Gertrud à son encontre. Tout ce que j’en sais pour ma part, c’est que j’aurais bien aimé comparer car je ne donnerais même pas au cheval de mon pire ennemi le bloc de rocher farineux qu’on nous sert aujourd’hui.
Tout cela laisse planer le doute sur sa pendaison. Suicide ou punition de ses frères ignobles ?

La transition est toute trouvée pour interroger la pauvre veuve de Kaspar. Effarouchée, celle-ci nie, toute implication de son défunt mari dans quelque activité malveillante que ce soit.
Elle reconnaît juste qu’il était subjugué par la présence de l’enfant sauveur et de tout ce qu’il représentait dans ces temps obscurs. Un poème à sa gloire est d’ailleurs toujours encadré dans sa chambre
Elle avait essayé de le ramener à la raison et culpabilisait que le fait qu’il se soit peut-être pendu de dépit en voyant la croisade repartir sans lui.
Mais elle a noté un fait intéressant, il se serait violemment disputé avec le cadet des von Speier, Lucas
Pendant que les adultes écoutent la veuve éplorée, le petit Til prend l’initiative de fouiller un secrétaire et y trouve une lettre qu’Albrecht s’empresse de lire. Signée d’un certain Wendel Ott, elle est assez confuse. On y parle de Lenhart, l’héritier des von Speier, d’une bibliothèque et d’un homme mystérieux : Hollenbart.
L’instinct de nos enquêteurs leur picote l’échine : ils sont persuadés d’avoir mis à jour les premières pièces d’un puzzle macabre qui nous mènera Sigmar sait où.

En revenant faire leur rapport à son Excellence, ils laissent Til partir de son côté, déclarant devoir faire une rapide cueillette de fleurs à l’orée du bois pour sa sœur


Pendant tout ce temps, Ferenz et moi nous sommes rendus au château des von Speier pour examiner le corps de ce Friedrich

Deux gardes montent… la garde après le dernier champ, le long d’un petit muret qui nous sépare de la grande cour.
Goguenards, ils nous lorgnent avec leurs yeux de marcassins mal lavés et se permettent quelques réflexions du genre très désagréables. Qu’ils se méfient ou se moquent du Strigani, bon, ça je peux le comprendre, mais qu’ils viennent chier dans mes bottes et m’insulter, moi et son Excellence, ça ne passe pas. Des merdeux dans leur genre, j’en ai rossé une tripotée dans l’armée du West Reikland. Ni une, ni deux, je lâche ma hallebarde et décoche un crochet foudroyant en plein milieu du visage du premier. Je sens clairement le cartilage nasal se pulvériser contre mes phalanges et le sang quitter brusquement sa face de pet mouillé. Je retire mon poing, et l’homme tombe comme un sac de patates, évanoui sous l’effet de la douleur. Putain, je pensais pas que je frapperais si fort, mais y’a des jours où faut pas me faire chier ! Et y’a des jours tous les jours…
L’autre ferme enfin son clapet et nous indique la direction des écuries où l’on garde à l’écart le corps malodorant avant son enterrement imminent.

Sur place, le spectacle est exactement celui auquel nous nous attendions. Un corps horrible, flasque, presque gélatineux, des boursouflures vertes, une odeur bien pire qu’un charnier d’orcs femelles. Même Ferenz est bouleversé jusqu’à oublier de lui faire les poches
Je n’y touche pas moi-même, mais toutes les sensations me rappellent cette substance immonde avec laquelle j’avais été aspergé dans les catacombes de Marienburg. C’est plus fort que moi, ma poitrine se soulève et j’essaie de rendre, mais rien ne vient. Une quinte de toux me terrasse, et c’est presque à quatre pattes que je quitte ce nid de pourriture. La toux a du mal à passer, et je crache quelques trainées de sang…
Gottferdöm, Himmelstrunz ! il faut absolument brûler le corps, pas l’enterrer et prendre le risque de voir ce poison se répandre !

Malheureusement, je suis encore en train de me contorsionner quand un constable vient vers nous et s’enquiert de la situation. Je ne peux donc empêcher Ferenz d’endosser le rôle du médecin de fortune (lui qui sait à peine retirer une épine du sabot de son cheval !!!). Il bafouille et baragouine un diagnostic à la mords moi le nœud, à base de « le cadavre est mort », ou « on peut constater une mollosité extrême des os ». Il conclut à une maladie fatale (non… pas possible…) et demander de hâter l’enterrement. Argh, mais quel empafé ! Il faut le brûler dis-je, le brûler !! Mais ma voix rauque et faiblarde ne porte pas comme elle devrait…

Je vais un peu mieux quand le cortège mortuaire approche, mais je n’arrive pas à convaincre le prêtre de Morr qui ne dérogera pas aux traditions funéraires. Nous assistons donc à la mise en terre de ce poète que nous ne connaitrons jamais, entourés de pleureuses, notamment Archibald qui sanglote sans retenue…
Nous sommes conviés à une lecture de ses plus beaux poèmes en forme d’hommage. Comme j’ai cru saisir l’étrange coïncidence entre sa mort en trois nuits et l’un de ses poèmes, je me dis qu’Albrecht ou son Excellence ne seraient pas de trop pour saisir d’éventuels indices dans ces textes pour demoiselles sensibles. Et puis, ça les intéressera aussi d’apprendre que Friedrich avait eu une violente querelle avec le prêtre local de Sigmar, Otto von Klaschpenberg, sur le mode « pour ou contre cette grande croisade »

Nous revenons donc faire notre rapport et tombons à peu près en même temps que l’autre groupe.

Concernant l’existence possible d’une secte chaotique sanglante, son Excellence reste très dubitative. Il est persuadé que ces rumeurs sont souvent liées à des superstitions encouragées et relayées par des hommes crapuleux qui en profitent pour détourner le glaive de la Justice de leurs véritables exactions, fort terrestres la plupart du temps. Ce qui l'étonne le plus, lui, c'est cette espèce de laboratoire social géant que fut Pfeifeldorf avec les pauvres gens comme cobayes, se disant que ce genre d'attitude insultante pourrait créer de grosses tensions. Ceci dit, il nous laissera enquêter sur chaque piste évoquée.

Le fait d’apprendre que l’horrible pourriture de Neiglich nous ait sans doute suivi ici le trouble sans doute plus, même si son grand âge et sa volonté d’acier n’en laissent rien paraître.
Il nous donne à tous des consignes quant à nos priorités une fois rendus à la réception puis au dîner organisés par les von Speier en son honneur. Nous devrons être vigilants, alertes, à l’écoute de chaque indice…
Nous prenons d’ailleurs un peu de retard sur l’horaire prévu car il nous faut attendre le retour de Til qui a mis une éternité à cueillir ses soi-disant fleurs dans la forêt… Nous nous sommes tous fait un sang d’encre et je fulmine un peu devant ses réponses évasives. Nous tirerons tout cela au clair demain matin… en attendant, en route pour le château, et malheur à celui qui osera ne serait-ce qu’imaginer porter la main sur Son Excellence !
Adj a écrit :  Quand je parle turc, on dirait du suisse alsacien

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Re: [CR] Warhammer 2: les Mille Trônes

Message par hellgheast97 » mar. juil. 19, 2011 5:11 pm

J'ai lu tout le rapport et que dire a part... Excellent,Voir même épique ! Par l'Empereur Vivement la suite !
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Re: [CR] Warhammer 2: les Mille Trônes

Message par le Zakhan Noir » mar. juil. 19, 2011 5:28 pm

hé hé merci... on continuera, pas de soucis, mais je sens confusément que la prochaine séance sera à la rentrée

Après, épique, épique, certainement pas CE dernier CR, mais dans certains autres, y'a un peu de ça effectivement
Et je rappelle à un éventuel chien de guerre trainant dans le coin que le MJ c'est un certain Erwan...R.
Adj a écrit :  Quand je parle turc, on dirait du suisse alsacien

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Re: [CR] Warhammer 2: les Mille Trônes

Message par le Zakhan Noir » lun. oct. 03, 2011 1:20 pm

Allez, voici le CR de l'épisode de la semaine dernière, rédigé par le MJ, selon le point de vue d'un PNJ important, puis d'un des PJ


L’exposé du Juge Salazar von
Urteil

Dialogue intérieur au sortir du bal du baron von
Speier la nuit du 27 Nachexen, de l’année 2522


Mû par une impatience, forte incompatible avec sa
charge, le magistrat Schnee ne fût pas long à
transformer le dîner qui devait nous mener au bal en
réquisitoire de tribunal. Vociférant les griefs
accumulés à l'encontre du cruel aîné von Speier
d'une part et les suspicions autour du supposé Culte
du Sang de l'autre, il jeta à un auditoire, par avance
acquis à sa cause, une association, qu'il me mis au
défi de dénouer. Mieux encore ! En rappelant à la
tablée, la passation de pouvoir qui était imminente, il
ne manqua pas de souligner que le changement de
statut juridique du suspect – lequel une fois devenu
Baron ne pourrait être jugé que par ses pairs au sein
d'un tribunal d'exception – serait des plus
préjudiciable aux victimes et ôterait, dans ce
territoire au moins, toute probité à la Justice de
l'Empereur.
Quel démon piqua donc le magistrat ? Pourquoi
précipiter son coup sur un échiquier qu'il avait, selon
toute vraisemblance, mis des mois à agencer ? Du
triste état de santé de notre hôte le baron, ou de
notre passage dans son bourg, qu'elle était
l'étincelle qui embrasa le Manoir ?
Nul orgueil, que Verena m'en soit témoin, m'amena
à relever le gant, car à dire vrai, son pari me rendait
davantage de service qu'il ne me saurait me causer
de tort. En précipitant les événements, ainsi que je
le lui laissa croire, il amènerait les acteurs de cette
pièce à réagir et me donnerait, par ailleurs, ce
surcroît d'autorité qui fait hélas souvent défaut aux
enquêtes menées au Nom de Sa Majesté. Maître du
château, adoubé si l'on veut par leur propre
procureur, il ne me faudra pas plus que la nuit pour
confirmer la culpabilité de Lennhardt ou a contrario,
déjouer ce drame provincial et juger les
comploteurs.
Je sommais mes hommes de mettre Lennhardt aux
arrêts d'ici au procès et de réunir toutes preuves et
témoignages qu'ils estimeraient pertinents, alors que
je me retirais dans l'auberge sise dans le bas-
Pfeifeldorf, me préparant au procès qui aurait lieu au
matin.


Les riches Heures de Ferenz
Valnik (Vol. II)

(Où l’astucieux cocher démêle l’écheveau des
intrigues de la maison von Speier durant la nuit
du 27 Nachexen, de l’année 2522)

A force de belles discussions que mes auditeurs en
furent tout estourbis où je les éclairais sur la très
fameuse université de la route où qu'on apprend sur
des bancs faits de bûches et des rives des
ruisseaux de bien beaux enseignements. Voilà notre
bon juge Salazar qui sonne la chasse comme un
Veneur ! Ah la belle autorité ! Que tout le monde se
tasse pour nous faire place et aussi à cause de la
mine de Rutger qui est bien sévère et plus encore
qu'à l'habitude et qui s'en va ramener avec le savant
Steinhäger, son Excellence au Pipeau Mouillé.
Voilà, alors, comment les choses se sont alors
déroulées ; moi et notre bourrel on galope comme
des lièvres dans le terrier du Baron, et cela parce
que s'il crevait avant terme, l’héritier hériterait, ce qui
ne ferait pas notre affaire, ainsi que nous l'a dit notre
bon Juge. Pour prendre sa défense il y avait aussi le
soldat qui s'était fait esquinter tantôt par Wissendorf
et aussi le drôle d'écureuil qui se nomme Till, et
qu'avait déjà tout chapardé dans la chambre. Ah ! Le
bon petit que j’eus aimé qu'il soit le mien ! En qualité
de médecin je tâte le malade qui est bien mal en
point et je lui commande derechef un solide potage
sans trop d'épices en ce que ça lui atteindrait les
bronches et provoquerait des complications.
Le temps que je sauve le baron, le petit Till a
amassé tout un tas de parchemins et voilà qu'il n'en
a point encore assez et qu'il frappe à la porte d'à
coté qui est celle de la chambre du cadet Lucas von
Speier qui le plaisante et le taquine et que notre
écureuil se prend au jeu, et joue un drôle de tour
alors qu'il escalade quatre a quatre les étagères de
la bibliothèque que le Lucas lui indiquait et qu'il
subtilise sous leurs yeux un livre avec toute une
comptabilité inscrite au-dedans ! Les bougres,
mauvais perdants, veulent le récupérer mais que
c'est bien trop tard parce que le gamin s'est réfugié
dans la chambre du Baron entre le pattes de Dunkle
qui fait tournoyer son fléau et que je leur sors d'un
coup mon tromblon qui tonne comme les enfers !
Voilà qu'on en a profité pour se mémoriser ceux là
qui avait pris le parti de Lucas et qu'ils se
dénomment Wendel Ott, Arnolt Schade et aussi
Zecharius Lauer qu'est rien de moins que le
régisseur du bourg.
Le temps de ce remue ménage Rutger et Albrecht
sont rentrés ; au premier de mettre au arrêts
Lennhardt qui avait l'air mal en point de l'estomac et
d'humeur mauvaise et à Albrecht de discuter avec
Dwali qu'est... un Nain, et tout extraordinaire encore,
ainsi qu'il mesure pas plus haut que notre Till !
Ce Nain qui est scribe a mangé à la même gamelle
que l'héritier parce qu'il est tout aussi mal
embouché. Notre savant apprend qu'il travaille pour
Lennhardt à toutes sortes d'enquêtes. Ensemble ils
s'en vont retrouver son employeur d'héritier avant
que Wissendorf le mette au fer. Alors voilà qu'ils
recherchent dans ses livres où qu'on parle
d'Hollenbach (qui est bien le nom qu'on a trouvé
manuscrit sur un document chez la veuve du
boulanger Caspar Schmidt). Il prend note d'un
feuillet qui atteste que les Hollenbach, ils sont une
famille impériale du Nordland qu'existe même plus,
et le voilà qu'il rejoint dans la chambre du Baron. Là
Till il lui demande lecture du registre et des lettres
empruntées au Baron. Ainsi elles causent de la
soeur du Baron qui habite Nuln - qui est une bien
jolie ville que dit-on, et où sait griller de célèbres
gratons. Notre Steinhäger il sait plus où donner de la
tête parce que voilà que Dwali lui parle de Johannes
Gephart, un fameux arithméticien, qui a une
bibliothèque très fameuse aussi. Et que les voilà
reparti, mais attendez ! On parlera de cela plus tard.
Permettez maintenant de narrer une idée qu'on a
alors avec le bourrel ; voilà qu'on aimerait bien
d'entendre un peu ce que le Baron à raconter sur
toute cette histoire. Alors qu'on demande la venue
d'un confrère apothicaire qui connaît la recette d'une
potion qui fait danser jusqu'à l'aube. On doit le
bousculer pour que le carabin accepte est sitôt bue,
le vieux von Speier se redresse et qu'on lui
demande qui qu'est donc l'héritier que lui il nous dit
« Lennhardt » et qu'il s'écroule, mort pour de bon !
En regardant au dehors on voit que le jour n'est pas
encore levé et que ce trépas fait pas nos affaires.
Alors l'Oliver il secoue le médecin dans tout les sens
en lui faisant mille menaces et que celui là promet
de garder le silence.
Johannes Gephart il était bien ami de Friedrich von
Handeberg le poète que j'ai ausculté tantôt que j'en
ai conclu à sa mort par la pourriture de Neiglich. Et il
s'entendait bien aussi avec un autre de trépassé et
qui se patronyme Djalil ibn Kifhr qui était un peu
poète aussi et Mage par dessus le marché. Il sait
rien sur Hollenbach, mais son ami l'arabien s'y était
intéressé. Et qu’ensuite il était mort vidé de son
sang et que son corps repose en forêt. Alors qu'il n'y
a qu'a inspecter ce corps parce que l'étranger il lui a
dit que même mort, il serait jamais trop tard pour lui
poser des questions. Alors, que voilà là un bien
grand prodige !
Je laisse Herr Dunkle et Till s'occuper du baron qu'a
désormais la bouche grande ouverte et je rejoins le
Rutger qui aimerait sûrement rejouer de sa
hallebarde avec la Francine Arrouët, qui est bien
meugnonne servante au « Pipeau ». Je secoue le
grand zig et lui dit qu'il n'est point l'heure de folâtrer,
mais peut être bien que si finalement puisque le
Juge qui loge dans sa chambre refuse de nous
accorder l'audience. Je raconte que j'ai les sens
tout retournés de savoir que Lucas von Speier et
ses gars, ils se sont attablés au rez-de-chaussée de
cette même enseigne qu'est la nôtre. C'est qu'à
Pefeifeldorf comme à Marienburg, on se fait jouer
tant de tours pendards qu'on ne sait plus qui croire
sinon le bon Salazar.
On se trouve alors dans la situation qui est comme
je l'ai dite :
• l'Oliver et Till avec leur cadavre qu'on doit faire
passer pour vivant.
• Moi qu'a rejoint le Rutger au « Pipeau
Mouillé » .
• Et notre bon lettré avec toute une pile de
choses à lire et qui en plus de ça doit parler à un
mort en pleine forêt !
Mais, un instant ! Voici alors l'aube qui s'approche...!
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Re: [CR] Warhammer 2: les Mille Trônes

Message par le Zakhan Noir » lun. nov. 28, 2011 1:13 pm

voici le CR de la dernière séance, rédigé par Ferenz Valnik et corrigé par le MJ suprême. On a fini le volet "Pfeifeldorf" de la campagne, non sans mal d'ailleurs. Mon Rutger a failli y laisser plus que des plumes...
Où le Narrateur reprend la plume
Et s’en va conter l’extraordinaire matinée du 28 Nachexen de l’année 2522
Nous avions laissé nos aventuriers dans une situation assez désordonnée à quelques heures du procès et sans pouvoir se mettre sous la dent la moindre preuve concrète de la culpabilité de qui que ce soit dans cette sombre histoire d’accusation proférée à l’égard de Leenhardt von Speier, l’héritier du baron, accusé d’appartenir à une soi-disant secte maléfique. Secte qui serait responsable aussi de plusieurs meurtres dans le village, dont celui du boulanger et de l’elfe des bois.
En effet, alors que le temps presse maintenant que le baron est mort, que peut être d’autres victimes sont à attendre, que je ne sais quel complot est en train de s’ourdir à Altdorf, Oliver et Ferenc, ayant administré une « potion » fatale au Baron, Till toujours aussi louche et insaisissable, Rutger provoquant des bagarres à tous les coins du village, Albrecht dans une épopée studieuse à laquelle personne ne comprend rien à rien, nos compagnons donc sauront-ils se rassembler et unir leurs forces pour solutionner cette énigme ? Le juge Salazar, par son autorité morale, par son caractère souvent explosif, ses ordres avisés, réussira-t-il à remettre ses troupes sur le droit chemin ?
Il semble, à cette heure déjà tardive de la nuit, qu’un plan d’action un peu plus structuré se dessine à l’abri réconfortant du « Pipeau Mouillé ». Rutger repart enfermer Leenhardt dans les geôles du Château, il s’assure que des gardes sont postés pour veiller au grain. Albrecht rejoint ses comparses à l’auberge pour étudier attentivement tous les documents rassemblés. Oliver, lui, finit par enfermer le baron à clef dans sa chambre et poste un garde à la porte ; il rejoint les autres. On informe le juge des différentes informations importantes, et notamment de la mort du baron. En vrac, chacun vide son sac :
• Lucas (le deuxième fils du baron), aurait prêté des sommes importantes à certains débiteurs au Nordland, et notamment à un certain comte Von Rokoff.
• D’autre part, les deux héritiers, Lucas et Leenhardt, ne sont pas du même lit, Leenhardt est le fils de la première femme du baron, avec qui il n’est resté que 3 ans. Le baron a eu ensuite une deuxième femme de qui Lucas est né. Quelles sont les conséquences juridiques pour la succession du baron ?
• Fait étrange : il existerait une sorte de pyramide de pierre dans les bois non loin de l’endroit où on a découvert l’elfe mort. Plus encore, nous pourrions nous y entretenir avec un arabien mort du nom de Djalil Ibn Kifhr !
Alors que le billot est dressé sur la place du village, les équipiers du juge s’engouffrent dans la forêt, guidés par Till, où les attend une scène irréelle et magique : Au dessus d’une pyramide de pierre de petite taille au beau milieu d’une clairière dans la forêt, le corps d’un homme aux traits arabiens, habillé d’un drap blanc, est allongé. Une lumière blanche nimbe le curieux monticule et impose le respect. On remarque au passage que la personne d’Albrecht se met à s’illuminer aussi. On avait remarqué cette lumière blanche sur ce même Albrecht à l’interaction d’une bague « récupérée » par Till. Ce dernier ne serait donc pas le seul à faire des cachotteries ? Muni de la bague, Albrecht s’approche et pose sa main sur le corps étendu. Celui-ci se met à se réchauffer, on sent même un souffle s’en échapper…Il reprend vie pour entamer un long monologue : « Moi, Djalil... »
Ce mage arabien a en effet enquêté sur les troubles du village, et ceci est son témoignage ! Djalil a bien identifié l’existence du Culte du sang, qu’il appelle aussi La BlausBlutt, les fils de la Noblesse, « au sang bleu ». Ceux-ci sont d’après lui bien les meurtriers du boulanger et de l’elfe, qui se serait confié à lui avant sa mort. Le culte est aussi le responsable de ces sacrifices d’animaux, vidés de leur sang.
S’engage alors une rixe entre Albrecht au sujet de la bague. Rutger tente de s’interposer. Le groupe s’éclate à nouveau. De retour au village, le crieur public annonce que la justice de l’empereur va être rendue. Ferenc va voir le collègue du bûcheron Olafsson Vonburg. Il y apprend que ce dernier a vu Wendell Ott (un des sbires de Lucas Von Speier) traverser le gué qui mène au cimetière en compagnie d’un boeuf : louche, dans le but de le sacrifier au culte du sang ?
Tout le monde finit par se retrouver à nouveau sur la place du village, le procès commence. L’accusation est la suivante : Leenhardt est accusé par le magistrat Schnee de la mort de Kaspar Schmidt le boulanger. La veuve Schmidt est là pour témoigner : chaque détail est étudié, les éléments matériels de l’enquête sont analysés. Albrecht brandit une lettre de Wendell Ott, il accuse ce dernier de conduire du bétail pour des raisons de sacrifice à la secte du sang.
Pendant ce temps, Ferenz et Till, qui avaient choisi d’aller enquêter directement au cimetière sur les agissements de Wendell Ott, suivent une piste qui les mène devant un caveau. Ils en ouvrent la grille, mais les deux amis sont vite repoussés par une nuée de chauve-souris qui sort des entrailles du caveau à n’en plus finir. La nuée de chauve-souris grossit et se propage rapidement jusqu’à obscurcir le ciel lui-même, les gens du village se sentent alors vite menacés devant la progression de ces créatures de la nuit. C’est alors que le reste du groupe des aventuriers se décide alors de rejoindre Till et Ferenz, attirés malgré eux par le grabuge venant du cimetière. Le groupe, comme un seul homme, décide d’aller voir ce qui se cache dans ce caveau...
Mais alors qu’ils franchissent à peine le seuil du caveau, ils découvrent que celui-ci n’est pas habité que par des chauve-souris. En effet, une créature des enfers, imposante par la taille et par l’arme qu’elle brandit déjà, repoussante par ses traits de mort-vivant et sa mâchoire monstrueuse, entend bien défendre son territoire ! Le combat s’engage, tandis que Till s’engouffre par derrière dans le caveau. Oliver arme son coup avant de prendre part à la bataille, Ferenz dégaine son tromblon, et Rutger charge déjà à la hallebarde, infligeant un coup sérieux à la créature, qui semble malheureusement l’encaisser sereinement. Elle réplique instantanément et administre un coup furieux au rugissant Rutger, qu’elle semble prendre comme cible privilégiée pas même l’ample moulinet du fléau de l’apprenti bourreau ne semble lui faire lacher prise. Ferenz, voyant que son tir n’a eu qu’un effet mitigé, décide de passer à la vitesse supérieure. D’un geste majestueux, il dégaine alors une épée dont la beauté se révèle à tous en irradiant de lumière ce cimetière lugubre. Mais la lueur présente dans les yeux des combattants à la vision de l’épée elfique doit vite laisser sa place à l’inquiétude et à la douleur, car le combat fait rage. Ferenz, galvanisé par sa nouvelle arme, se rue sur la bête et lui assène un coup puissant. La bête rugit mais continue à distribuer ses coups à Rutger, et maintenant à Ferenz. Combien de temps vont-ils tenir ?
C’est du fonds du caveau que vient leur salut ; un tir spectaculaire du jeune Till, transfiguré par une mine grave et déterminée. La pierre semble accélérer sa course et mue par la destinée vint se loger dans l’encolure du monstre alors que celui ci s'apprêtait à faire un festin d’un vieux soldat à bout de forces. A l’impact, c’est le Temps lui même qui semble figer sa course. Le bruit sourd du corps de Rutger tombant au sol fait comprendre à tous, que la bataille vient de connaître un tournant. La créature s’effondre sur elle même en se contorsionnant tant et si bien qu’elle disparait dans son armure écarlate. Une nuée de vermines abjectes s’y échappe ; et semble chassée jusqu’à l’orée de la Drakwald par les rayons d’un soleil triomphant...
Tandis que l’hallebardier Wissendorf est conduit à sa chambre et laissé aux bons soins du dévoué personnel du “Pipeau”, après que le docteur Valnik ait rassuré tout le monde sur son état de santé, le procès reprend.
Les incidents de la matinée sont tous naturellement versés au dossier de la défense qui se mua rapidement en accusation. Le cadet von Speier assume dignement son crime et, après avoir été invité à le faire par la Cour, fait le récit de toute l’histoire :
“Tandis que vous voyagions de nuit depuis Marienburg - ce fait là se déroule en ce début de Nachhexen - nous découvrîmes Caspar et moi le corps qu’on aurait pu croire sans vie d’un soldat dont la livrée nous était inconnue. Notre proximité du Manoir (notre découverte eu lieu à la clairière aux marcassins, si cela peut éclairer la Cour) nous incita à ramener ce corps à l’abris afin qu’enquête puisse être diligentée. Làs ! Que j’eu aimé à présent que le cadavre ne se releva point. C’est pourtant ce qu’il fit ; froid comme la Mort, la créature nous supplia de ne point la livrer mais bien au contraire de lui permettre de trouver discret refuge le temps que ses forces se reconstituassent...
Vous connaissiez notre bon boulanger ; vous saviez son âme juste et compatissante...“ - pleurs au troisième rang - “... Il n’eut point le coeur de l’abandonner là et sût trouver les mots pour que j’acceptasses de la faire se reposer ... au caveau familial ! “ Cris. Indignations. “La créature, qui se nommait Willhelm von Hollenbach, se nourrissait du sang des bêtes que ceux d’entre nous dans la confidence lui amenions. Son esprit était d’une vivacité stupéfiante ; on aurait dit, votre Excellence, qu’elle avait des yeux et des oreilles dans tout Pfeifeldorf à tel point q’elle comprit vite la situation ; la succession qui allait porter à la tête de la baronnie un homme honni de ses sujets ; mon frère.”
Brouhaha dans la foule qui commence à se diviser entre légitimistes et radicaux. La milice reprend la situation en main. Lennhardt semble savourer une victoire qu’il devine proche, et dévisage méchamment le malheureux procureur Schnee qui n’en fini pas de s’éponger les jointures.
“Elle me proposa alors de rembourser sa dette en m’aidant à prolonger suffisamment la vie du Baron pour que l’héritier passa directement à la génération d’après. Je mesurais l’ampleur de la proposition et ne perdais pas de vue son indéniable coté condamnable. Aussi décidais-je d’évoquer le sujet en des termes dissimulés à notre prêtre de Sigmar . De ces entretiens, j’acquis la certitude que tout valait mieux qu’une ère de cruauté et un interminable règne dans le sang”.
“La croisade est naturellement venu contrarier vos plans, n’est ce pas ?”
“En effet, votre Excellence. La croisade à réduit mes plans à néant. Il y eu la veille, l’attitude agitée de Hollenbach, qui malgré sa convalescence, décida de quitter le village quelques temps. Il revint dès que les derniers flagellants eurent quitté notre bourg, non sans avoir trainé à leur suite la moitié de nos concitoyens et avoir provoqué la mort de mon ami Caspar. J’enrageais alors que je constatais que la créature avait profité de son escapade pour livrer bataille et s’affaiblir encore un peu plus ; elle avait besoin de davantage de temps encore pour délivrer à mon père, son remède. Au village le désespoir était à son comble ; nombres de pères de familles avaient pris la route, les bras manquaient pour travailler aux champs et pire que tout : la maladie commençait a frapper les esprits les plus nobles. Je compris qu’il s’agissait là du châtiment que m’infligeait Sigmar pour nous punir de mon indécision. Alors que je livrais mes états d’âme à notre procureur, celui-ci me conseilla d’évincer Lennhardt par le truchement d’accusations excessives devant un tribunal. Cela tombait extrêmement bien, ajouta-t-il ; un tribunal itinérant avait été aperçu sur la grande route...”
“Fripouille ! Calomnie ! Racontes leur plutôt comment sans moi tu allais livrer ton innocent de frère en pâture à ton monstre !”
Une pagaille sans nom agite à présent la Cour elle même ! L’accusation se déchire tandis les alliances volent en éclats. Les amis d’hier se jettent au visage des invectives qui sont autant de révélations fracassantes qui n’échappent pas à la vigilance du greffier Steinhäger. Le Juge, courroucé par ce désordre, annonce la fin de l’audience et ordonne la mise au cachot d’une part respectable des notables du bourg et cela, sous les regards gourmands des habitants du bas-Pfeiffeldorf...
Alors que le Juge se retire, Oliver aidé de Ferenz répand au sol la sciure destiné à laisser la place du village immaculée après son office. Vérifiant une dernière fois ses instruments, l’apprenti bourrel, se remémore les gestes maitrisés de son père. Les coups précis, efficaces et dénués de méchanceté. On pouvait voir dans les pupilles des suppliciés, raconte-t-on encore aujourd’hui à Bogenhafen, le regard à jamais figé de la reconnaissance.
Notre homme resta concentré sur sa tâche pendant toute la proclamation du verdict. Il demeura tellement absorbé que ce n’est que bien plus tard qu’il apprit quels chefs prestigieux il venait de décolleté. Les noms de Lucas von Speier, Walter Schnee ou Wendell Ott ne lui firent finalement pas plus d’effet qu’un ragout tiède. Il lui suffisait comme seul souper de ce souvenir de ceci : “Ces trois là... et en une seule fois, encore !”
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le Zakhan Noir
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Re: [CR] Warhammer 2: les Mille Trônes

Message par le Zakhan Noir » mar. févr. 21, 2012 1:25 pm

CR de la dernière séance (qui date un peu...)

Il y a d'abord le point de vue d'Oliver Dunkle, le bourreau du groupe, qui apprend à peine à écrire, et qui a donc pris le style adéquat, nyarf... c'est complété par le MJ, du point de vue d'une elfe croisée dans une auberge désolée...


Mon Komba (Vol. I)
par O. Dunkle

Je mapel Oliver é je sui un gran bouro.
Com se bandi de « Val Nique » se préten Médeucin,
é ben moi écrivin. Alors G chippé un stilai à Sieur Al
Brèche é jeu vé ecrir mes aventures.
Chapit 1: le depar
Ce matin, nou avon pri laroute. Till étè enretar. Y
faisai bo é on étai conten.
Apres, Val Nique a essayé de lafaire à not bon juge
en essayan de gardé pour sa geul léPé elfe quil avai
golé sur un cadav. Il a éTé obliG de red léPé mè il
étè faché. Lc ciel était bo mais la tombe de l'elf étè
vide. Et çà, C pa très bien.
Ensuite il fai zai bo é on étai sur laroute quan y'a u
un gran arbre ki nou barai la route. Sur l'arbre y'avé
de la plui, é pi du san. É Rude geur a trouvé un
couto. Tou sa è étrange.

Chap 2: l'auberg
on arrive apre un long rout à l'oberje « La pèye du
moi sonneur » èlè vide.
Ona mang, pui Val Nique a soigné Rude Geur ki étè
blessé a cauz dela bataye contre le vampir é aussi
un peu a cauz du marc à seins.
On a mangé sou la lune, yavé plu rien à boir dan
l'oberje du cou on a dormi.

Chap3. L'elf
G été révéyé par de la maji. c?eté une elfe. Apre
lavoi metrizé g reveyé le otre ki son venu lui parlé.
Moi ge sui allé en ba pour fere le gay. C la ke jé pri
le crayon de Al Brèche è ke je sui devenu écrivin en
utilisan lé lettre.
Ensuit dé gen son venu dan la nui noir. Le père Zay
Botte é Ernst é Kloss. Le pèr Zay Botte è un
interogater de Sigmar, une sorte d'inquisiter ki fai 1
travail entre moi é le juge pour des gen ki fon mal la
religion.
Tou le mond a parlé é è parti secouché.
Mai la pendan ke je fai l'ècrivin y'a dé corbo dan le
ciel é de zombi arriv, ou dè vampir elf malfaisan. On
a tou cloitré é etin tou, alor gé pu de lumier é jé mal
au doi, alors j'aret mé mémoir.
faim

là, on change de narrateur... ça se sent dans le style hin hin


Thingol nef Ithil
Songeries d’une mage elfe traduits de l’Eltharin
pour nos rustres lecteurs Impériaux. Imprimé la
nuit du 28 Nachexen de l’année 2522


Comme le flux du ghyran me délaisse emportant
avec lui mes souvenirs et mes espérance,
s'égrènent les secondes. Eussions nous pu
surprendre le drake, plutôt qu’il ne nous choisis pour
cible. Ce prédateur qui pris la vie de l’un des nôtres
n’était il pas retourné dans sa tanière ? Dans cette
colonie humaine où il semble se repaitre des
victimes qu’on lui amène. Il aura été sans doute été
chassé par ces milliers de pèlerins qui sèment le
désordre dans leur sillon depuis Maar en Selem, la
cité sur la mer.

Tandis que Lorinoc a conduit les guerriers sur la
piste du monstre, je m’inquiète de voir s’estomper
notre seule alliée. Oh ! Mère Isha puisses tu
repousser les ténèbres aussi longtemps que tes
enfants l’imploreront. Car il n’est d’arme plus
mortelles pour cette race.
Du bruit. Un vacarme. Des humains. Me glisser
silencieusement là où peut être on ne pensera pas à
chercher. Trop de douleur...

Combien de temps s’est écoulé ? Oh Isha ! Voilà la
nuit ! Mes hôtes sont toujours là, ils s’invectivent.
Mais... je ressens... la douce bénédiction de l’hysh.
C’est un sorcier qui doit commander cette troupe
indisciplinée. Ce pourrait il qu’il se remémore le
voeux de Téclis ? Si prompts sont les humains à
oublier. Mais quelle autre issue ? Oh Lorenoc,
reviens moi...
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Re: [CR] Warhammer 2: les Mille Trônes

Message par Ackinty » jeu. févr. 23, 2012 12:49 am

Superbes CR, félicitations !
Je viens de les découvrir, et j'en suis déjà fan. Je suis moyennement friand du côté glaiseux de Warhammer, mais je dois avouer que tes récits me donnent bien envie de lire les milles trônes (qui traînent dans mes étagères).

Merci pour ton partage.
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Re: [CR] Warhammer 2: les Mille Trônes

Message par le Zakhan Noir » jeu. févr. 23, 2012 9:10 am

hé hé merci, ça fait toujours plaisir. Je transmettrai ce retour positif à ceux qui se sont succédés pour écrire les CR (moi j'en ai fait que deux)
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