[CR] [Trône de fer - Chroniques de Barrowlands]

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Re: [CR] [Trône de fer - Chroniques de Barrowlands]

Message par Ravortel » dim. oct. 12, 2014 10:20 am

Mais non, on est suspendu à la suite !

Faut juste qu'on s'adapte au nouveau setting. Mêmes joueurs et nouveaux persos ?

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pelon
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Re: [CR] [Trône de fer - Chroniques de Barrowlands]

Message par pelon » dim. oct. 12, 2014 4:50 pm

si j'ai bien suivi,
il n'y a que la joueuse de lady lyanna de la campagne, les autres sont des guest

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le Zakhan Noir
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Re: [CR] [Trône de fer - Chroniques de Barrowlands]

Message par le Zakhan Noir » dim. oct. 12, 2014 6:15 pm

Voilà c'était un coup de projecteur sur les aventures de Lady Lyanna dans sa mission diplomatique dans les marais du Neck qui était relatée ici. Tous les autres PJ, dont le narrateur étaient joués par des Nantais, hors du cercle habituel.

Le prochain CR, chapitre 39, sera de la plume de Volken et sera la suite du chapitre 37, retour à la trame principale quoi...
Expliquer une blague, c'est comme disséquer une grenouille. On comprend le mécanisme, mais elle n'y survit pas (Mark Twain, un peu modifié)

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le Zakhan Noir
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Re: [CR] [Trône de fer - Chroniques de Barrowlands]

Message par le Zakhan Noir » mar. oct. 14, 2014 10:00 am

Et voilà, hop, comme on joue ce soir, je poste le CR de la dernière séance, sous la plume indécente de Volken. Ca spoile un peu les événements à venir des tomes 13,14,15, et ça suggère vers la fin les événements au nord du nord du tome 9. Mais bon, je sens que l'uchronie va devenir une réalité de plus en plus tangible... à voir... (y'a déjà quelques variations)

Comme toujours, si vous ou l'un de vos proches était capturé et disait avoir lu le pavé en 2 minutes, nous nierons avoir eu connaissance de cet énorme mensonge...


CHAPITRE 39 : LE VERROU DOIT TENIR

L’enfoiré ! Le fils de sconse ! M’envoyer moi, son cousin aîné, me geler les couilles au nord du bois des Loups pour aller enrôler quelques montagnards dégénérés à cornemuse, c’est insultant !
Je le vois encore pérorer :

- Non non Volken, comprenez bien. Les clans parmi lesquels j’ai passé une partie de mon enfance sont attachés au nom des Blacksword. Je ne peux y envoyer un vulgaire messager, mais quelqu’un de mon prestige, quelqu’un de mon sang !

« Mon sang », mon cul ouais ! Enrôler des mercenaires, c’est à la portée du premier conseiller venu…
Quand je pense que Lady Lyanna se débat seule dans les marais puants avec nos enfants ou que Windom le croulant se pavane dans les territoires de l’Est avec de vrais objectifs, j’enrage encore plus. Est-ce ainsi qu’on traite le fin limier qui pressentit la trahison de Goodbrother, le Terrasseur de l’Espadon, le libérateur d’Ash Harbour, le Fléau de Robb Stark aux Jumeaux ? Ce souvenir en appelle un autre, bien moins plaisant, et assombrit encore plus mon humeur

Non seulement l’enjeu est ridicule et de piètre consistance, mais de plus l’environnement convient très mal à mes qualités. Je me voyais déjà briller à la joute, pulvérisant les boucliers sous les acclamations des pucelles rousses enivrées, mais ces bourricots se contentent de monter des poneys poilus et ne connaissent que le gourdin! Quant à leurs déesses de beauté, elles auraient fière allure au concours de Miss Ecurie !

Mon guide dans cette charmante contrée est un ami d’enfance d’Edrick, Kreyn. Question intelligence, vivacité dans l’œil, c’est un peu Christophe Lambert dans Vercingetorix (oui oui sa réputation a atteint Westeros…) Quand il n’est pas trop occupé à tresser sa barbe constamment barbouillée d’hydromel, il explique que de mémoire d’homme, on n’avait jamais vu des bourrasques de vent si mordantes, du givre plus dur que le roc. En même temps, sa mémoire d’homme à lui, c’est un peu celle de mon poisson rouge…
L’avantage, c’est que ça peut pousser pas mal de chasseurs et fermiers (deux fois plus baraqués que Kevan en moyenne) à venir plus au sud tromper l’ennui, se couvrir de gloire et de ragoûts brûlants… Alors pour montrer ma force, essentielle pour être entendu par ces barbares, j’ai dû me plier aux coutumes locales. Adieu les tournois, bienvenue le concours de lancer de tronc ou de roc ! Et je vous le donne en mille, ma rapidité, ma souplesse, ma précision mortelle n’ont pas tellement ému le morceau de bois stupide qui n’a pas volé bien loin. Non vraiment Edrick, il va falloir te racheter. Cher. Très cher.

Heureusement, je ne suis jamais pris au dépourvu et à force de ripailles animées (à ma grande surprise, la panse de brebis farcie et l’orge fermentée c’est excellent !) , de blagues bien placées, de discours ciselés et de monnaie bien dorée, j’ai pu réunir 35 mercenaires de type chasseurs rednecks. Ils n’ont pas inventé le fil à couper l’eau chaude, mais ils ont plus facilement mal que peur. Et il est hors de question que je m’éternise ici de toute façon : les Flint, les Wull, les Norroit, les Lideuil, les Knott, les Harclay et les Burley, j’en ai ma claque ! En outre, deux grippes et trois débuts de pneumonie, ça motive pas des masses… les Stark ont fini par avoir raison, l’hiver raboule. Il faudrait qu’Illyria me fasse revisiter Braavos tiens ! Là-bas on peut faire la sieste torse nu…
Et comme la peste se ballade rarement sans le choléra ; pendant trois semaines, je me suis coltiné… ma chère maman qu’Edrick avait gracieusement expédiée ici il y a plusieurs mois (y-a-t-il preuve plus éclatante qu’il s’est bien foutu de ma gueule en m’envoyant la rejoindre??) Toujours solidement charpentée sur ses 90 kg de chair Frey, elle s’est collée à mes basques comme une sangsue. Enfin un croisement entre une sangsue et une harpie. Toujours là se plaindre, à médire, à râler, faisant fuir les trop rares demoiselles locales n’étant pas nées du viol d’un banc de thons… (même si bien entendu je n’aurais pas poussé mon avantage, fidélité oblige).
Heureusement, son attitude a radicalement changé quand j’ai susurré à plusieurs reprises que je pouvais la ramener avec moi à Deathwatch, et à plus long terme, aux Jumeaux. Je crois même qu’elle m’a proposé un soir de me cuisiner une tourte de saumon ! Malgré ses défauts, son aptitude à me pourrir la vie, elle n’est pas mon ennemie, elle est surtout un peu paumée dans ce monde qui va trop vite pour elle et puis bon, sans elle, je serais officiellement orphelin. Je sais qu’au fond, elle aussi est attristée par la mort de mon père…
J’ai quand même laissé un petit comptoir avec un stagiaire marchand que je ne peux m’empêcher de regarder avec compassion le dernier jour. J’espère qu’il aime le bois et la fourrure, il va en bouffer ! Le voyage retour se déroule sans encombre et par un hasard divin de type « ta gueulus, c’est magicus », Lyanna, Windom et moi revenons à peu près en même temps de nos expéditions respectives.


Après avoir rendu visite à mes enfants et à leurs charmantes mamans (misère, j’ai fécondé les deux… comment pourrai-je choisir désormais ?? il va falloir que je soumette à mon cousin un projet de réforme matrimoniale…), il est temps de mettre mon poing dans la gueule d’Ed…. de faire mon rapport au Conseil restreint.
Ma mère n’y passe pas inaperçue, mais regagne vite ses appartements, le temps de pisser un peu sur l’ego de Windom (glop), et de considérer Illyria comme à peine mieux qu’une catin (pas glop). Mais ses remarques perfides ne peuvent cacher son allégresse, Edrick la laissera rejoindre les Jumeaux, sous bonne escorte.

J’assure à mon cousin le renfort de 35 valeureux hommes des clans, dont 28 sont des champions, le genre à avoir une mâchoire carrée, le torse nu et une épée à deux mains fixée dans le dos. Des Cimerriens de Westeros quoi… Je sais bien qu’il se rendra vite compte qu’ils ressemblent plus à des chasseurs de daims qu’à des égorgeurs de sanglier, mais ça lui fera les pieds ; et puis, le voir boire mes paroles comme un enfant de 5 ans, c’est assez plaisant. De toute façon, pour la modique somme de 8 dragons par mois, il n’aura pas mieux.
Je ne prends pas de gants pour lui signifier devant les autres qu’il ferait bien de ne pas me réattribuer une ambassade aussi ridicule la prochaine fois… Westeros ne manque pas d’opportunités pour les nobles conquérants ni Deathwatch de grouillots pour les tâches subalternes.


Sur place, mon cousin n’a pas chômé. Il devait agir devant l’escalade de violences religieuses contre le culte rouge ou les sept. Il a chargé sa digne ministre des Bonnes œuvres et des Anciens Combattants, Illyria, d’enquêter sur chaque événement.
Après quelques jours de cachot, la mère et son fils responsables des graffitis haineux ont récolté ce qu’ils sont semé et ont été évangélisés à grands coups de bâton. Petit bonus : des visites médicales obligatoires chez le mestre, qui après quelques saignées n’a pu déterminer l’origine de la rage fiévreuse qui les saisit parfois. Illyria les fait surveiller et semble troublée par l’origine de ce mal. Si ce n’est pas une drogue ou un poison, c’est donc quelque chose de plus sombre. Une malédiction divine, peuh, c’est inconcevable, mais voir ma petite prêtresse rouge troublée a de quoi inquiéter, quand on sait de quoi elle est capable.

Cette même rage habitait les violeurs des septonnes. Mais eux n’auront pas besoin d’être surveillés à l’avenir. Ils ne causeront plus jamais de tort à personne, Edrick ayant ordonné leur exécution, à la fois par conviction et parce que seule cette sentence pouvait calmer une populace de plus en plus agitée. Cela ne me choque pas ; il existe une centaine de façons de parvenir à basculer une femme dans son lit, et ceux qui choisissent la seule qui soit abjecte sont trop pitoyables ou désespérés pour apprécier la vie, autant leur rendre service en l’écourtant.
Par contre ce qui me fait tiquer, c’est la manière. Ils ont été brûlés vifs sur la place du Donjon et leurs carcasses calcinées ont été livrées aux corbeaux. Ce ne sont pas les dieux qui rendent justice chez nous, ce sont les hommes, libres de penser par eux-mêmes au lieu de suivre un dogme abrutissant. Illyria s’est fendue pour l’occasion d’un discours enflammé qui crépite comme une menace contre ceux qui voudront s’opposer au nouvel ordre qui s’installe mais suffisamment subtil pour ne pas braquer la foule. Lord Estermont a dû apprécier. Les bastonneurs du prêtre, pas encore retrouvés, doivent aussi numéroter leurs abattis… Et mine de rien, si les adeptes de l’ancienne foi voulaient gagner la bataille des cœurs, c’est raté. Les hospices tenus par les septonnes ou les nouveaux fidèles de Rhlo’rr sont de plus en plus populaires.

Une fois de plus, mon cousin a fait preuve de fermeté et nul ne peut affirmer que nous nous laissons provoquer sans réagir. Mais comme pour l’assassinat d’Astreya, nous jugeons, nous tranchons, désormais nous cramons, mais nous ne dénichons jamais (sauf moi qui des nichons beaucoup !) la cause première et/ou les responsables de nos tourments.

Qu’il me parait loin le temps où Illyria me présentait Ferrego, timide, penaude, remerciant à l’excès tous ceux qui lui permettaient de rester entre nos murs… Edrick lui a donné de plus en plus de responsabilités et elle entend s’y investir au maximum, arpentant les quartiers pauvres, quittant parfois l’orphelinat à des heures indues, complètement épuisée. Son nom est de plus en plus connu, et risque de rivaliser dans le cœur des braves gens avec celui de Lyanna. C’est vrai que ça manquait une rivalité de plus…
C’est elle aussi qui alerte mon cousin sur une réalité tangible : Deathwatch est pleine à craquer. Les recrues, les vétérans, les conscrits, les alliés qui restent un peu faire du tourisme et l’afflux de réfugiés venus du Nord, si ça continue comme ça les murailles vont finir par péter comme des poires trop mûres. Les bagarres sanglantes se multiplient déjà… Même en partageant un peu la charge avec Ash Harbour, nous n’y couperons pas, les charpentiers et les maçons vont devoir construire un nouveau quartier. Ca ouvrira de nouvelles perspectives pour mon petit Solmyr ça, faudra qu’on en discute…


Lyanna prend la parole et nous narre son voyage au pays des moustiques…
A part pour admirer la narratrice, ce n’est guère passionnant. Je suis bien aise d’apprendre que la Cour du seigneur Reed est plus divisée et bien plus glauque que la nôtre depuis par la mort des héritiers directs lors du sac de Winterfell . Je me doutais qu’on ne pourrait pas tellement faire pression sur eux tellement leur enfer végétal les protège de toute invasion. Pas de « bâton » donc , et pour la carotte c’est inenvisageable, ils ne se laisseraient séduire que par des beaux mariages, et les seuls qui ont de la valeur marchande, c’est Lyanna elle-même et moi. Or, comme chacun sait, nous allons bientôt nous marier, dès qu’elle formulera sa réponse (qui tarde un chouilla).
Là où je sors de ma torpeur par contre, c’est quand elle relate l’enlèvement de Jorren , son fils, notre fils ! Peu me chaut de savoir quelles intrigues compliquées sous tendent cet acte, j’avais raison, elle n’a pas pu s’empêcher de prendre des risques et mettre sa vie et celle des petits en danger… Heureusement que cela s’est bien terminé, sinon j’étais bon pour une nouvelle vendetta


Au tour de Windom Wyatt, muré jusque-là dans un silence qui lui va si bien, de présenter son rapport.
Trois grandes étapes ont jalonné son parcours : Blancport, les environs de Fort Terreur et la lointaine Karhold.
A Blancport, il a réussi à ne pas se faire embastiller, bravo ! Il a même pu obtenir une brève entrevue avec le seigneur Triton, Wyman Manderly, l’un des seuls vassaux Stark à disposer encore de troupes importantes. Ce n’est guère réjouissant… Manderly n’a qu’une estime très modérée pour les Blacksword et Windom a bien senti l’ambiance plutôt fraiche dans la salle du trône malgré le grand feu de cheminée… Le fait qu’Edrick Sr l’ait à plusieurs reprises traité de « sale porc dégueulasse » , dénigré sa famille et refusé tout accord commercial pendant des années y est peut-être pour quelque chose. Ah la diplomatie des Tertres, réputée sur tout le continent…
Comme pour d’autres, la conclusion de l’épopée du Jeune Loup a laissé des cicatrices encore visibles, que ce soit en termes de profits commerciaux ou d’hommes valides
Notre chance réside dans le fait qu’il ne porte pas plus les Bolton ou les Frey dans son cœur. Mon cousin a l’ouverture d’esprit nécessaire pour combler le fossé creusé par son père, avec comme atout maitre leur passion commune pour les flottes de pêche…
Sauf que… (Windom prend le temps de se resservir un godet de prune fermentée), il est pieds et poings liés par la présence aux Jumeaux de son fils, Wilys Manderly, en qualité « d’invité permanent » de ser Walder Frey. En admettant qu’on puisse nouer des liens avec lui, ce sera de toute façon impossible tant que cette épée de Damoclès menacera son héritier.

Tout au bout de son périple, il a pu aussi trimballer ses rhumatismes à Karhold où les rares Karstak restants gèrent tant bien que mal leurs terres. Arnolf, l’oncle de feu Rickard (exécuté à Vivesaigues par le jeune Loup) est enthousiaste à l’idée d’avoir un Nord libre, et promet de souscrire à n’importe quelle initiative. Preuve de son investissement, il laisse à dispostion de Windom son… arrière petit cousin par alliance, Allistair Hawthorne, whhaaaaa…. quel sacrifice. Encore un lâche qui attend de voir de quel côté le vent souffle…

Entre ces deux places fortes, Wyman est allé sonder les bouseux qui vivent près de Fort Terreur, capitale de l’Ecorché. Deux sentiments principaux les animent : la crainte de déplaire à Roose Bolton, et la peur panique à l’idée d’ennuyer son bâtard Ramsay. La bannière de la famille n’est pas qu’une figure de style apparemment.
Selon lui, il a pu, via de savants déguisements, obtenir suffisamment d’échos pour envisager un coup fumant : provoquer des émeutes et retourner le peuple contre son suzerain. L’idée serait de jouer les détrousseurs de convois pour redistribuer monnaie et denrées aux pécors. Il sollicite l’autorisation de mon cousin pour avoir carte blanche, notamment financière. Connaissant la pingrerie de ce dernier je souris en imaginant la volée de bois vert qui va suivre, mais, interloqué, j’entends Edrick acquiescer.

- Très bien Wyndom. Vous me noterez ce qu’il vous faut
Quoi ??? Vite, il faut que je réagisse !
- Wyndom, pour être efficace cette rebellion ne doit jamais remonter jusqu’à nous et doit être gérée sur place je suppose ?
- Vous supposez bien Volken
- Pour sélectionner les bonnes personnes, il faut donc une confiance ABSOLUE et une certaine compétence.
- Oui, et ?
- Et ne le prenez pas trop mal Wyndom, mais tout ce que nous savons vraiment de vous, hormis quelques vagues souvenirs d’enfance, c’est que vous vous êtes fait prendre en quelques jours lors de votre mission à Torrhen’s square. De plus, vous vous êtes contentés de vagues principes « y’a qu’à », « faut qu’on ». Enfin, mon cousin insiste souvent sur le fait qu’il n’a confiance que dans sa famille proche. Avec un tel enjeu, il est indispensable que quelqu’un d’autre puisse au moins contrôler ce que vous faites.
- Ah, mais ne soyez pas modeste Volken. Vous pensez clairement être ce quelqu’un ?
- Eh bien…
- (Edrick) Bonne idée, mais moi je pensais plutôt à ma chère belle-mère. Lady Lyanna serait parfaite dans ce rôle. N’est-ce pas ma chère ?
- ????? Que vous passe-t-il par la tête Edrick ? Je n’ai absolument pas l’intention de tremper là-dedans


Le débat restera en suspens car Lyanna nous rappelle, un tantinet irritée que nous ferions mieux de nous concentrer sur les nouvelles qui indiquent que Roose Bolton remonte lentement, mais sûrement vers le Nord avec ses 5000 hommes ou plus. Avant de foutre la pagaille à Fort Terreur il va d’abord falloir songer à ne pas perdre Deathwatch. Plus personne ne propose de revirement, d’allégeance. Nous raisonnons en ennemis de Bolton, et vaincrons ou mourrons comme tels.

Belle ironie, ce sont les quelques centaines de Fer-nés vaincus et désabusés qui nous protègent , par leur position avantageuse contre toute armée venant du Sud. Dans cette configuration, il faut être au moins à 10 contre 1 pour espérer l’emporter.
Les visages sont fermés, concentrés, on n’entend que la bise hurler alors que nous contemplons les cartes de la région. Nous pouvons réunir, avec notre coalition Ryswell/Blacksword/Flint/Tallhart pas loin de 2000 hommes, mais en vidant vraiment les garnisons. Nous pourrions donc attaquer Moat Caitlin et résister mieux que les Fer-nés, mais cela va faire beaucoup de combats indécis, éprouvants, et surtout, les Dustin de Barrowtown pourront attaquer nos villes à loisir.

Barrowtown… cette épine dans notre pied, idéalement placée sur la route Royale, complique les calculs. Nous pourrions les attaquer eux, mais là aussi, le siège sera compliqué.
C’est quand j’entends Edrick proposer de ravitailler discrètement les Fer-nés pour leur permettre de tenir plus longtemps que je mesure la gravité de la situation. Lui qui les hait plus que tout, il doit sacrément avoir peur de Bolton pour en arriver à une telle extrémité…
Alors que nous hésitons toujours, la situation se simplifie brusquement. Le commandant Stillgar vient informer le Conseil de sa voix désagréable qu’un éclaireur a fait son rapport : une armée combinée de Dustin et de Bolton (de Fort Terreur à priori), environ 1500 hommes (à la louche) vient de quitter Barrowtown en direction du Sud. En direction de Moat Caitlin.
La stratégie est limpide, ils vont attaquer la forteresse par son côté faible et permettre à Bolton de raser ce qui reste. Si les deux armées font leur jonction (dans trois mois, vu la lenteur de l’Ecorché), plus de 6500 hommes hostiles frôleront nos terres. On peut toujours se rassurer en se disant qu’avec la rudesse croissante du climat, la fatigue d’une année de batailles, ils voudront surtout rentrer au bercail, mais à long terme, au mieux, ce sera désastreux.

Nous pouvons suivre les Dustin, attendre, et attaquer au plus fort de leur assaut contre les Poiscaille. Ce serait le siège des 3 armées… Mais notre supériorité numérique n’est pas assez grande pour éviter de lourdes pertes. Il nous faut vraiment un allié de plus

- Et si nous allions faire évader Wilys Manderly des Jumeaux ? Ce geste persuaderait peut-être son père de nous prêter main forte. Blancport n’est pas bien loin de Moat Caitlin, il pourrait intervenir rapidement
Damned, Wyman joue bien son rôle de conseiller, il faut lui reconnaitre ça.
- J’étais aux Jumeaux Wyman, vous avez oublié ? A l’occasion d’un certain mariage. On ne s’échappe pas facilement de ces tours.
- Vous ne m’avez pas habitué à de telles crises de pessimisme Volken.
- (Edrick) : c’est vrai, d’autant plus que je croyais qu’il vous fallait une mission digne de vos talents. En plus, vous avez le prétexte tout trouvé : ramener votre mère dans son nid douillet.
- Ah vous comptez m’y envoyer mon cousin ? Ah oui, là ça devient une mission audacieuse et bien calibrée. Je ramènerai l’otage.
- Vous pouvez prendre Wyman avec vous, après tout c’est son idée..
- Ma foi, pourquoi pas. Après tout, il s’agit de libérer un prisonnier, et un docteur es-cachots y a toute sa place… Et je pense qu’Illyria pourrait être utile également.
- (Lyanna) : Et moi ? je reste ici faire des points de croix ?
- Nous en discuterons en privé my Lady si vous le voulez bien


Le vote est unanime, en faveur de cette option plutôt que l’offensive militaire brute. Je sors, regonflé à bloc. Chaque étoile dans le ciel nocturne semble m’encourager dans cette folle entreprise.
Dans la chambre aux tentures ocres et vermillon, je trouve Illyria pensive, près du lit de Ferrego. Elle caresse machinalement une de ses babioles favorites de Braavos, un morceau d’ambre dans lequel on aperçoit un vilain scorpion figé. Son regard mélancolique vaut tous les discours , elle voudrait que je lui redonne une chance, ça ne peut pas être la fin, elle m’aime encore…

- Illyria, vous êtes encore pâle comme d’habitude. Vous travaillez beaucoup trop au sein des hospices
- Non Volken, je n’en ferai jamais assez pour remercier votre cousin . Et cette fatigue-là est bien peu…
- … comparée à celle qui vous détruit quand vous sollicitez les terribles miracles de votre Dieu ?
- … je ne veux pas en parler Volken. Vous comprendrez un jour, je le sais, je l’ai vu.
- Ce que je comprends ce soir ma chère, c’est que vous avez un don rare pour vous rendre indispensable. Et même si ce n’est pas demain la veille que vous me verrez à la messe, je vais avoir besoin de vous et de vos miracles pour mener à bien une mission difficile, un sauvetage qui pourrait nous apporter un avantage décisif contre lord Bolton. Ce sera dangereux, mais excitant. Puis-je compter sur vous ?

Elle s’avance et me saisit les mains. Tout proche d’elle, je devine son corps parfait sous sa robe pourpre et mon dieu, son parfum, toujours aussi redoutable…
- Volken, vous ai-je déjà fait défaut ? Je serai à vos côtés si vous en avez besoin, et nous sauverons Wyllis Manderly.
- ? Comment savez-vous qu’il s’agit de lui ? Non, ne dites rien, je ne préfère pas savoir…

Un sourire mutin éclaire un instant son visage.
- J’irai, n’ayez crainte. Cependant…
- Cependant ?
- Je pense que vous vous trompez de combat. Tous. Bolton est un problème, mais le véritable péril est ailleurs. Au Nord, par-delà le Mur…
- Les sauvageons ? Les tuniques noires s’en occupent , ils sont là pour ça
- Non Volken. Les sauvageons, les corbeaux, tous sont démunis contre ce qui se prépare.
- Ma chère, vous apprendrez vite que la Garde de nuit a toujours besoin de renforts, et qu’elle est prête à affoler les braves gens pour obtenir des recrues.
- N’avez-vous pas des légendes qui parlent des morts qui se relèvent ?
- Vous voulez dire quand vous les ramenez à la vie avec vos flammes ?
- Non, ça c’est une bénédiction. Je parle de maléfices gelés, de corps sans âme qui dévorent les vivants
- Oui, pour persuader les gamins de manger leur soupe. Les marcheurs blancs je crois… je n’y connais pas grand-chose, et j’ai toujours refusé de manger ma soupe, sauf quand ma jolie nourrice me montrait quelque chose…
- Ne plaisantez pas Volken c’est sérieux. L’hiver s’annonce terrible, le plus long depuis des décennies. C’est un signe
- C’est un signe qu’il faut faire vite provision de bois et de gibier ?
- Rhlo’rr m’a montré l’avenir Volken. L’hiver éternel, le désert de glace, les cadavres qui marchent par milliers… C’est l’œuvre du Malin que combat notre maitre. Ceci est LA guerre qu’il ne faut pas perdre
- ???
- Réfléchissez ! Pourquoi croyez-vous que les sauvageons fuient vers le Sud ? Ils ont peur du froid peut-être ? N’avez-vous pas vu leurs tentes misérables près de la porte Ouest ? Ils sont au moins cinquante, et continuent d’arriver…
- Aahh, maintenant que vous le dites, c’est vrai qu’il y en a. J’ai dû les confondre avec les clans des montagnes, faut dire qu’il y a de quoi…
- A mon tour de compter sur vous Volken. Me promettez-vous de prendre cette menace au sérieux, de mobiliser nos forces, de convaincre Edrick ? Souhaitez-vous que la mort blanche nous balaie tous, que les flammes de la vie s’éteignent pour toujours, que l’Obscurité étouffe nos cris d’agonie ? C’est un destin qui vous plait pour Ferrego ?
- Oh là comme vous y allez. Non je ne souhaite rien de tout cela, mais rassurez-vous, si un bonhomme de neige géant nous attaque, je saurai vous protéger !
- Volken…
- Que voulez-vous que je réponde ? Ce genre de créatures n’existe pas !
- Qui aurait pu affirmer que les dragons existaient avant que les Targaryen ne les chevauchent ?
- Bon, écoutez-vous, je préfère ne rien promettre depuis… enfin, vous savez… mais je verrai ce que je peux faire. Mais vous risquez d’être déçue : la fuite des sauvageons est probablement due à des guerres internes plus meurtrières que d’habitude, et les vaincus se carapatent pour survivre. Essayez d’oublier ces visions et de faire de beaux rêves.
- Vous ne restez pas ?

- Hmmmmm (essaie de reprojeter le sang vers le cerveau) : non, ce ne serait pas correct.

Je m’apprête à quitter la chambre en maudissant mes résolutions
- Volken, une dernière chose
- Oui ?
- Veillez sur votre cousin. J’ai fait des rêves, très confus, sans véritable logique, mais il m’a semblé entouré d’ombres terrifiantes. Quelqu’un doit lui en vouloir et se prépare à agir. Quelqu’un, ou… quelque chose…


Gottferdom ! Ca c’est déjà beaucoup plus plausible…

- Je… très bien Illyria, j’en tiendrai compte

Après cette entrevue, le ciel n’a plus le même aspect joyeux. L’éclat laiteux des étoiles semble drainer la chaleur de ceux qui les contemplent…
Expliquer une blague, c'est comme disséquer une grenouille. On comprend le mécanisme, mais elle n'y survit pas (Mark Twain, un peu modifié)

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Re: [CR] [Trône de fer - Chroniques de Barrowlands]

Message par pelon » mar. oct. 14, 2014 12:42 pm

je vais me répéter,
j'aime beaucoup :charmeur

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Re: [CR] [Trône de fer - Chroniques de Barrowlands]

Message par le Zakhan Noir » mar. oct. 14, 2014 1:33 pm

hé hé merci. Volken aussi s'aime bien (et ça se voit)
Expliquer une blague, c'est comme disséquer une grenouille. On comprend le mécanisme, mais elle n'y survit pas (Mark Twain, un peu modifié)

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Re: [CR] [Trône de fer - Chroniques de Barrowlands]

Message par Ravortel » mar. oct. 14, 2014 10:27 pm

pelon a écrit :je vais me répéter,
j'aime beaucoup :charmeur
Moi aussi et moi aussi. :)

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Re: [CR] [Trône de fer - Chroniques de Barrowlands]

Message par Elyandel » mer. oct. 15, 2014 1:15 pm

Toujours aussi sympa à lire.

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Re: [CR] [Trône de fer - Chroniques de Barrowlands]

Message par le Zakhan Noir » mer. oct. 15, 2014 1:27 pm

thank you people...
Hier on a joué... on a lancé ce fameux plan subtil et audacieux... Et....
Euh...
mmm....
y'en a un qui se marre en ce moment, et c'est pas un PJ...
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Re: [CR] [Trône de fer - Chroniques de Barrowlands]

Message par pelon » mer. oct. 15, 2014 1:53 pm

ha... ça aurait donc un peu foiré... :rock

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le Zakhan Noir
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Re: [CR] [Trône de fer - Chroniques de Barrowlands]

Message par le Zakhan Noir » mer. oct. 15, 2014 2:00 pm

ben...
non, pas encore...
on est pas grillé...
mais disons que... le Mj n'a pas échoué non plus... et lui, on peut même dire qu'il a réussi...

je laisserai Illyria vous raconter tout ça, c'est elle qui va rédiger le CR
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Re: [CR] [Trône de fer - Chroniques de Barrowlands]

Message par Taho » ven. oct. 17, 2014 2:20 pm

le Zakhan Noir a écrit :y'en a un qui se marre en ce moment, et c'est pas un PJ...
Hi hi hi :lol:

Je leur ai mis la misère ! :twisted:

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Re: [CR] [Trône de fer - Chroniques de Barrowlands]

Message par le Zakhan Noir » mer. oct. 22, 2014 10:23 am

allez, voici le CR promis et livré dans des temps records par Illyria, la sulfureuse prêtresse rouge. Il relate le début de notre expédition aux Jumeaux... Prenez le temps si vous voulez le lire


EDIT: si entre le dernier CR et celui-ci vous croyez reconnaitre les paroles d'un groupe soi-disant de hard rock bien pourri, sachez que je n'assume pas du tout les goûts musicaux d'Illyria...

CHAPITRE 40 : SEJOUR TOUT FREY PAYE

Une grande étendue d'eau n'annonce jamais rien de bon, je le sais mieux que personne.
Du temps, il faut du temps pour regagner ton amour. Je serai là. Je serai là.
On dit que le chant apporte du courage, mais ce n'est que faiblement que je réussis à fredonner cet air traditionnel braavien dont les paroles prennent aujourd'hui une coloration particulière.
Je suis là. Blottie dans les bras de Volken, qui semble enfin retrouver une étincelle d'intérêt pour mon existence. J'étais si transparente à ses yeux ces derniers temps... Il a eu peur, et puis il s'est détourné. Pour l'autre... Il ne voit plus qu'elle.
J'ai envie de lui chanter : « Oui j'ai blessé ta fierté et je sais ce par quoi tu es passé. Mais tu devrais me laisser une chance, cela ne peut pas être la fin ». Hélas, je ne suis pas en état d'articuler quoi que ce soit. J'ai un peu honte, mais cette faiblesse qui semble paradoxalement me regagner une parcelle de son affection, cette terreur qui me fait paraître plus pâle que la cire, elle n'est pas feinte.
De l'eau, à perte de vue. Et nous, sur cette embarcation minuscule, ballottés au gré des vagues et des vents. Cela fait, paraît-il deux semaine que nous sommes partis. J'aurais plutôt dit des années, une vie, tant le temps semble suspendu.
Les premiers jours, je suis restée dans ma cabine, évitant à tout prix la vue de ce désert liquide, et trouvant même une distraction dans le souvenir des récents événements. Le dernier Conseil, où la décision de cette malheureuse expédition a été prise. A la vérité, je ne voyais pas les choses de manière si sombre à ce moment-là.
L'idée me paraissait même plutôt bonne. Jane Frey, membre de l'abondante progéniture du Tardif, épouse du malheureux avant d'être feu Jorren Blacksword et mère de Volken, demandait à rentrer au bercail. Cette initiative était déjà en soi une bonne idée. Mais le plan, bien sûr, ne se résumait pas à cela. Jane Frey se rendrait aux Jumeaux accompagnée d'une large suite, destinée à assurer sa sécurité durant ce voyage, et surtout à rendre les honneurs à son père, le vieux seigneur Walder.

Une fois loin de Deathwatch, Volken aurait les mains libres : il confierait à son aïeul l'ampleur de ses ambitions. Il s'ouvrirait à lui de toute sa désapprobation envers les orientations politiques folles d'Edrick, qui prétend résister à Bolton au nom d'un Nord (soi-disant) uni alors que l'armée de l'Ecorché avance droit sur nous. Il saurait saisir sa chance, son heure, pour devenir à son tour l'Immortel, porteur d'un ordre nouveau, à sa place véritable, aux côtés de ceux qui l'aidèrent à venger son père. Avec leur aide, il terrasserait Edrick, son cousin autrefois aimé, mais qui prend trop de pouvoir, et le partage si peu et si mal. Edrick, qui a osé l'envoyer s'humilier dans les Clans pour un médiocre recrutement de mercenaires, pendant que Wyndom Wyatt allait traîner sa silhouette voutée dans toutes les cours de Westeros. Alors qu'il y avait tellement mieux à faire.
Il est tant que cela cesse, Volken l'a bien compris. Et je serai à ses côtés dans cette ascension. Je n'ai pas eu à tergiverser longtemps : quel destin pour mon fils, notre fils unique, qui devient chaque jour plus fort et plus digne de marcher sur les traces de son père !

Y avez-vous cru, cher lecteur ? Vous qui en savez autant, peut-être, que nous tous réunis, avez-vous au moins un instant douté ? Je l'espère. Car il nous faudra nous montrer convaincants.
La vieille fouine n'est sans doute pas si bien informée que vous, fidèle lecteur, mais elle n'est pas née de la dernière pluie.
Volken non plus ne manque pas de talents dans l'art de la persuasion, et c'est non sans un sourire que je l'imagine déjà, plus vrai que nature, vitupérant Edrick à la face de son grand-père, pendant que j'explore les geôles à la recherche de l'héritier Manderly. Car c'est là le plan véritable. Face à la menace qui se profile, Deathwatch a besoin d'alliés, et d'alliés puissants.
Les relations entre feu Edrick Sr (R'hllor accueille son âme qu'Il a si miséricordieusement voulu appeler à lui) et le seigneur Manderly n'étaient pas au beau fixe – on murmure que le premier surnommait le second « le gros porc » en raison de son physique potelé.
Mais il est temps d'oublier les vieilles querelles. Nul doute que le nouvel Immortel, au nom d'une politique moderne, sera prompt à considérer que l'embonpoint est signe de santé quand il est suivi de quelques centaines de soldats frais et dispos prêts à se battre à nos côtés.
Une belle santé qui menace fort de déserter le jeune Wylis Manderly, qui croupit dans un cachot depuis les Noces pourpres. Libérer cet otage et s'en tirer vivant, c'est une alliance assurée en plus d'un remarquable coup d'éclat pour Deathwatch. Le risque est élevé, mais le jeu en vaut la chandelle. C'est du moins ce dont a réussi à me convaincre Volken...



Il faut dire que j'ai eu peu de temps pour y réfléchir. Le Conseil était à peine clos que nous devions déjà préparer nos bagages. Pourtant, j'ai un peu veillé ce soir-là. Je savais que la moindre information pourrait sauver une vie, et décider de la réussite ou de l'échec de la mission. Alors, je Lui ai demandé de m'emmener aux Jumeaux à travers les flammes. Jusque dans les cachots. Hélas, je dois dire que ce que j'ai vu donne tous les signes de l'urgence la plus pressante. Les prisonniers faisaient tous peine à voir mais l'un d'eux, surtout, paraissait plus mort que vif. Un homme plutôt jeune, dont la corpulence remarquable semblait quelque peu entamée par les privations. Un teint cireux, une respiration encombrée, bien perceptible malgré le flou de la vision. Une plaie mal soignée au niveau du ventre (son assaillant avait-il pour conviction que l'on doit périr par où l'on a péché ?) n'était sans doute pas étrangère à son état. Hélas, il y avait peu de doute, de tous les prisonniers il ne pouvait s'agir que de Wylis Manderly.

Mais rien n'est perdu, si R'hllor le veut. Sa puissance pourra refermer cette plaie, réparer ces tissus, insuffler un peu d'énergie dans ce corps affaibli. Il pourra poser sur ce visage un masque qui le rendra méconnaissable tandis que nous l'exfiltrerons de la forteresse.
S'Il le veut... et si nous arrivons à temps.


Je suis tirée de mes rêveries par l'entrée de mes deux dames de compagnie qui, à peine la porte de la cabine refermée, relèvent leurs jupes et... se lancent dans un concours de musculation, feignant de me prendre à partie comme juge.
Je ne suis pas en train de rêver – hélas, et je n'ai pas non plus perdu la raison, même si quelques semaines encore de ce traitement pourraient bien la faire vaciller.
Mes deux charmantes suivantes sont en fait... des Oursonnes, dont Lyanna a tenu à nous affubler, pour contribuer à notre sécurité et marquer ainsi son soutien à notre mission. Contrairement aux gardes missionnés par Edrick, elles voyagent incognito, à mes côtés bien sûr...
J'ai eu beau protester que je saurais parfaitement me défendre seule, j'ai bien dû céder. Je ne sais si Lyanna espère ainsi me surveiller, mais si tel est le cas les nouvelles de mon nouveau rapprochement avec Volken risquent de ne pas lui plaire.
Quoi qu'il en soit, je dois admettre que les bougresses ne semblent pas mal intentionnées, et suivent de leur mieux les consignes que je leur donne. Le problème étant qu'elles ressemblent davantage à des charretières qu'à des Amazones. J'ai beau savoir qu'il ne s'agit pas d'une véritable visite diplomatique et que seule l'issue de la mission importe, je me sens un peu humiliée de me présenter avec, comme compagnie officielle, de telles guenons déguisées.
Leur origine paysanne n'excuse rien à mes yeux : je suis bien placée pour savoir que l'on peut être, littéralement, née dans la rue, et ne manquer ni d'élégance ni de subtilité, sans pour autant être une de ces femmes de cour frivoles et sans cervelle.


Ainsi passent les jours et les nuits. A bord de ce navire, les uns comme les autres paraissent également sombres et pleins de terreurs. Seule la présence attentive de Volken amène quelque clarté dans cette traversée.
J'échange aussi quelques mots avec Wyndom Wyatt. Un homme étrange. Par des allusions, je comprends qu'il est au courant de ma foi. Il n'y semble pas hostile. J'évite toutefois de m'étendre sur le sujet, le moment – s'il doit venir – n'est pas encore propice.
Mais derrière un abord discret, il pourrait bien y avoir plus en lui qu'il n'y paraît. En bien ou en mal, c'est ce que nous verrons. Je suis pour l'instant tranquille : Edrick ne lui fait pas encore suffisamment confiance pour lui confier les secrets que nous partageons.
Peut-être cette mission sera-t-elle l'occasion de mieux nous connaître ? Pour l'instant, je laisse à Volken le soin de la coordination, en espérant qu'il saura lui en dire suffisamment pour que les compétences de chacun soient utilisées au mieux, sans pour autant en révéler plus qu'il n'est souhaitable.

Un matin, j'entends crier. J'ose à peine le croire mais ça y est, Seagard est en vue ! Plus morte que vive, je monte sur le pont. La côte est bien là, à l'horizon. Le pavillon Frey est hissé. L'insigne des Blacksword restera quant à elle sagement pliée en soute. C'est sans doute plus sage. Depuis notre dernière visite, nous sommes persona non grata en territoire Mallister.

Nous accostons. Ah, quel bonheur de sentir la terre ferme sous mes pieds !
J'observe le paysage, les bâtiments autour de moi, l'animation à cette heure matinale. Tout est à la fois semblable et si différent. Je suis déjà venue ici, d'une certaine manière, lorsque j'ai accompagné Volken en esprit lors du sanglant voyage. Ce mode de transport était bien plus confortable. Mon corps physique, du moins, demeurait confortablement installé dans mon lit à Deathwatch. Je me prends à me demander – comme tant de fois durant ce voyage – si je n'aurais pas dû faire de même cette fois-ci. Hélas, je connais la réponse. Il n'y avait pas d'autre choix. J'aurai besoin de toute mon énergie, de toute ma concentration pour canaliser le pouvoir de R'hllor durant cette mission. Pour cela, je dois être présente, en chair et en os.

Et puis, je me sens si fatiguée en ce moment. J'ai beau chercher à aller de l'avant, à rassembler mes forces par la méditation et la prière, je sens bien que quelque chose a changé en moi. Depuis cette nuit terrible.
Quelques jours plus tôt, R'hllor m'avait, une fois de plus, comblée de Ses bienfaits en me permettant de voir ce qui serait. Et quelle perspective ! J'avais vu Son Cœur enflammé flottant sur Deathwatch prospère. Mais dans ce futur-là, Edrick n'était plus. Notre Seigneur pouvait-il avoir ainsi oublié Son serviteur, Edrick qui s'était donné à lui et l'avait depuis servi avec conscience, le jeune Immortel que j'avais moi-même baptisé dans notre foi, et à qui je devais tant ?
Si telle était Sa volonté, je n'étais rien pour m'y opposer. Mais j'ai appris qu'Il ne montre que des chemins possibles et qu'il sait aussi entendre, dans Sa bonté, les supplications de ses serviteurs.
Peut-être en m'envoyant cette vision voulait-Il simplement mettre le jeune seigneur de Deathwatch à l'épreuve, tester sa foi, sa résolution et son habileté ? Aussi suis-je allée voir Edrick dès le lendemain et, sans lui en dire plus, je lui ai confié qu'un grand danger le menaçait. Pour en apprendre davantage, il me fallait une fiole de son sang. Il me l'a remise sans discuter.
Forte de cette offrande, j'ai de nouveau sollicité Sa Lumière lors d'un long rituel. Et Il a entendu ma prière. Dans Sa miséricorde, Il m'a permis d'entrevoir une image qui nous permettra peut-être de renverser le cours du futur. Edrick y était menacé par deux ombres. Deux femmes...
C'est alors que cela est arrivé. Alors que je cherchais à m'emplir davantage de la Lumière de R'hllor pour préciser la vision de ces silhouettes, que je sentais Sa douce chaleur se répandre en moi, Sa clarté toucher mes yeux... ce fut la douleur. Un feu terrible, avide, qui s'engouffrait au plus profond de moi, dévorant mon sang, mes os, mes entrailles, m'arrachant un hurlement silencieux. Et puis le néant. Lorsque j'ai ouvert les yeux, l'âtre s'était éteint. Il ne restait que la nuit et le froid.
R'hllor avait-Il pu ainsi m'abandonner, me trahir, alors que je m'en remettais à Lui, moi Son humble servante ? De quoi avait-Il pu vouloir me punir ? Alors que je reprenais peu à peu mes esprits, la vérité se fit jour dans mon esprit. Cette violence, cette cruauté, ce n'était pas Lui.
Ces brûlures que je ressens lorsque je pousse trop loin mes forces, lorsque j'ai l'imprudence de vouloir manier davantage de Son énergie que mon corps n'en est capable, si elles sont pénibles, n'ont rien de commun avec ce déchaînement de haine, ce feu destructeur qui m'a frappée cette nuit-là.
Qui donc peut à la fois me vouloir tant de mal, et détenir la puissance nécessaire pour mettre ce projet à exécution ?
Encore sous le choc, je me suis ouverte à Mestre Dreck, à mots couverts, de ce tragique événement. Je sais que la redoutable Melisandre l'a pris sous son aile, il y a fort longtemps, et qu'elle consent parfois à répondre à ses sollicitations. Si quelqu'un dispose de toute l'expertise sur le sujet, c'est sûrement elle. Peut-être sa réponse pourra-t-elle m'aider. Et si par un destin malheureux elle se trouvait dans un camp opposé au mien, sans doute Dreck ne lui apprendra-t-il de toute façon pas grand chose qu'elle ne sache déjà.
Mais ce n'est pas sur elle que repose mon plus grand espoir. Je n'ai de cesse de supplier R'hllor de tourner vers moi le regard de mes sœurs du Temple. Elles sauront sans doute m'éclairer, m'apprendre comment me protéger... et comment riposter. Comme elles me manquent parfois... La vie était simple alors, à Braavos.
Depuis cette nuit, je prie R'hllor et j'attends de leurs nouvelles. J'espère...


Ces pensées me font frissonner. L'un des soldats semble le remarquer, et me propose gauchement son manteau de fourrure... du moins le présente-t-il ainsi, car le vêtement me fait davantage penser à un animal en décomposition. Toutefois, tant de spontanéité me fait sourire de la part de ce vétéran, qui tient en outre à m'expliquer que cette pelisse me permettra de voyager en toute discrétion. J'apprends qu'il se nomme Alder, dit « le Borgne » depuis la perte aussi glorieuse que malencontreuse de sa symétrie oculaire. Il semble qu'il fut l'auteur de bien des faits d'armes, il aurait même sauvé – hélas provisoirement – la vie de feu Jorren Blacksword lors d'une bataille. Certains murmurent que l'âge et le handicap l'ont grandement diminué depuis – à tort, selon lui, bien sûr.
J'avoue que ces questions me préoccupent peu : je doute que la réussite ou l'échec de notre mission repose sur la valeur martiale de nos quelques gardes, une fois que nous serons aux Jumeaux. Si du moins ils nous permettent d'y arriver entiers, ils auront accompli tout ce que nous pouvons attendre d'eux.
Ce qui m'inquiète, en revanche, c'est la disparition de Volken. Il est apparemment parti acheter une calèche, pour transporter la carcasse délicate de Madame sa mère.
Mais il me semble bien long à revenir. J'espère qu'il n'est pas allé commettre quelque imprudence. Lors du dernier Conseil, juste avant notre départ, il m'a grandement inquiétée en parlant – devant nous tous – à Lyanna d'un « projet » secret qu'il compterait mener à bien durant ce voyage. Comme si nous n'avions pas assez à faire avec la mission qui nous occupe ! Son évocation d'un désir de vengeance – n'apprendra-t-il jamais ! – n'a rien fait pour me rassurer.


Je dois dire que, pour une fois, Lyanna et moi avons parlé d'une seule voix pour dénoncer cette idée folle et tenter de le dissuader. Mais il semble que tous ses serments envers elle trouvent mieux à s'appliquer lorsqu'il s'agit de me traiter avec une indifférence injuste et lâche que lorsqu'il est question de suivre un avis sensé : Lyanna a eu beau lui dire ouvertement qu'il ne devait pas espérer gagner son estime par un geste inconsidéré qui nous mettrait tous en danger, je crains qu'il n'aie rien écouté de ses arguments.
Quoi qu'il en soit, le revoici ! Avec la calèche. Et ce que je craignais se produit : pendant que les hommes monteront à cheval, suivis par les gardes à pieds, je vais devoir partager la voiture de la Fouine-mère, flanquée de mes deux gracieuses dames de compagnie. Le soulagement de fouler enfin la terre ferme aura été de courte durée, voilà déjà un autre voyage qui s'annonce long.
Fort heureusement, Jane Frey semble peu soucieuse de causer avec moi. C'est bien simple, lorsque je suis à ses côtés, j'en viens parfois à me demander si je ne me suis pas rendue invisible sans m'en rendre compte, tant elle met de soin à ne tenir aucun compte de ma présence. Sans doute espère-t-elle ainsi faire sentir le poids de son mépris pour la compagne illégitime de son fils. Pour ma part, je prends plutôt ce dédain pour une bénédiction, étant donné l'agrément bien connu de sa conversation.

Pour passer le temps, j'observe notre attelage qui nous entraîne sur la route des Jumeaux. Et malgré mon peu d'expérience en la matière, il me semble bien constater une anomalie : le cocher semble ne rien entendre à la conduite, si bien que c'est plutôt l'assistant installé à ses côtés qui mène véritablement les bêtes. Pourquoi cette bizarrerie ? Soudain je le reconnais ! Ce n'est pas un cocher, mais Windom Wyatt. Je dois dire que s'il avait eu le bon goût d'apprendre au moins les bases du métier qu'il prétend incarner, je ne me serais doutée de rien tant son déguisement est habile. D'ailleurs, je suis certaine que la vieille n'a rien remarqué.
Nous cheminons ainsi jusqu'à la nuit, dans un silence de mort. « Sans bannières, mais avec armes apparentes », ainsi que l'on nous l'a conseillé au départ du port.
C'est que rôde toujours, semble-t-il, cette mystérieuse Fraternité sans bannières, qui nous pense alliés des Bolton, et n'hésitera pas à donner l'assaut si nous sommes reconnus. Entre eux et les Mallister, nous ne sommes donc pas en terre très accueillante. J'avoue pourtant que la curiosité me pousse un peu à souhaiter croiser le chemin du fameux Thoros de Myr... Mais je crois qu'il faut que j'apprenne à me méfier même de ceux qui affichent notre foi.


Le soir tombe, et nous voici à l'auberge. Elle non plus n'a pas beaucoup changé, même si elle semble afficher une « réalité » toute nouvelle.
Volken et moi nous installons à l'étage. Dans la même chambre. Mes deux charretières coucheront dans l'antichambre.
Enfin nous allons pouvoir nous rafraîchir, prendre un peu de repos. Mais c'était compter sans l'acharnement puéril de Volken, qui prétend dormir à même le sol. C'en est trop. Après avoir subi ce voyage éreintant, cette traversée infinie, été ballottée toute la journée entre une vieille fouine et deux oursonnes malodorantes, j'espérais au moins avoir ce juste réconfort. Les larmes me montent aux yeux.
« Sommes-nous devenus si étrangers l'un à l'autre pour que vous me fuyiez ainsi ? Ne me considérez-vous plus que comme une arme à utiliser pour servir vos fins, et dont vous daignez partager la chambre seulement pour préserver les apparences ? Ne suis-je plus que cela à vos yeux ? ».
Comme toujours, il est embarrassé, tente de fuir mon regard. Il marmonne : « Il ne s'agit pas de cela... vous le savez... j'ai fait un vœu, une demande, je me suis engagé... »
Il ne prend donc plus de gants avec moi, me parlant ouvertement de son projet ridicule d'épouser Lyanna comme si cela ne devait pas m'affecter. Mais qu'importe. Lorsque j'ai appris la nouvelle, par des bruits de couloir, cela m'a d'abord fait l'effet d'un coup de massue. Puis, je me suis tournée vers R'hllor, comme toujours dans les moments les plus difficiles de ma vie. Et Il m'a, comme chaque fois, apporté le calme et le recul nécessaire pour considérer cette demande pour ce qu'elle est: un enfantillage. Volken ne veut épouser Lyanna que parce qu'elle lui résiste. Il ne supporte pas de perdre, et ce trophée lui a échappé. Mais nul ne peut les imaginer menant une vie conjugale heureuse. A peine mariés, ils seraient déjà lassés l'un de l'autre, courant chacun de leur côté qui la première lavandière, qui le premier garde venu pour tromper leur ennui. Lyanna, d'ailleurs, doit en avoir quelque peu conscience, si j'en crois son empressement à répondre à la demande.
Quant à Volken... s'il était si sûr de lui, pourquoi prendre autant de soin à me tenir à distance ?
« Me craignez-vous tant que vous n'oserez même pas me regarder dans les yeux ? »
Le défi. Cela fonctionne toujours avec lui.


Il relève la tête. Je plonge mon regard dans le sien. Ah si seulement il pouvait me prendre à nouveau dans ses bras, sans débat, sans questions, comme autrefois... Ma main frôle la sienne. Il la saisit. Ah mon bonheur n'a jamais été aussi proche ! Nous voilà enfin seuls, ici dans cette petite chambre. Son visage se rapproche du mien... et c'est la douceur de ses lèvres, la chaleur de sa langue, le contact un peu rugueux de sa joue sur ma peau. Sa main glisse autour de ma taille, cherchant mon laçage tandis que je sens son corps puissant plaqué contre le mien... Il semble hésiter un instant, ses gestes deviennent plus timides, mais je suis bien décidée à ne pas laisser ce réconfort tant attendu m'échapper et je l'enlace à mon tour de plus belle.
Lorsque soudain... que R'hllor aie pitié de moi! Quelle est cette douleur atroce qui déchire mes entrailles ? Un coup de poignard ! Sommes-nous attaqués ? Qui a pu entrer ? Ma robe est trempée de sang, tout autour de moi devient rouge, tout n'est plus que douleur.
Des cris, la voix de Volken dans le lointain, on appelle à l'aide... Je suis à nouveau dans ce bateau maudit, il vogue sur une mer couleur de sang, une eau d'un rouge sombre à perte de vue, la tête me tourne et j'ai si mal, si mal...

Il n'y a plus de sang quand je me réveille. Seulement la grisaille d'une petite chambre d'auberge, faiblement éclairée par des chandelles, et la lune que j'aperçois par la fenêtre. Plus vraiment de douleur, mais un vide terrible, vertigineux, au plus profond de moi. Je parviens à remuer, à articuler quelques mots. L'oursonne qui somnolait à côté de mon lit et que je n'avais pas remarquée se relève brusquement.
« Il est perdu Madame, vous avez perdu le bébé ». Je réalise peu à peu... Elle continue, pragmatique : « Mais on a fait le nécessaire, je m'y connais moi, j'en ai vu d'autres des comme ça, même si je manie mieux l'épée que le linge, si vous me permettez l'expression, au village on a l'habitude hein. Alors vous savez quand le seigneur Volken nous a envoyé chercher, oh il était pas fier, moi j'ai dit, sortez et laissez-moi faire ! Et j'ai fait tout le nécessaire, vous êtes hors de danger maintenant. »
Je voudrais qu'elle cesse de m'assommer de ses paroles... qu'elle me laisse tranquille. Il n'y a qu'une personne que j'aie envie de trouver à mes côtés en cet instant. « Allez chercher le seigneur Volken ! »
Je la regarde s'éloigner, non sans l'avoir entendu marmonner que « ça ne va pas être facile, fait comme il est ». Un malheur n'arrive jamais seul...
Mais, même alcoolisée, sa présence me réconforte quelque peu. Je lui suis reconnaissante d'accepter, sans trop de discussions cette fois, de dormir à mes côtés. De toute façon, l'heure n'est pas à l'amusement. Les larmes me viennent alors que je réalise, petit à petit, tout ce qui vient de se passer. Et c'est épuisée que je finis par m'endormir pour quelques heures d'oubli.
Nous nous levons à l'aube. Je ne veux pas partir sans avoir accompli mon terrible devoir. L'oursonne m'a dit qu'elle avait enterré le pauvre petit corps, mais il ne s'agit pas là d'une sépulture digne.
Volken m'accompagne sans broncher sur les lieux. Ce deuil, il le sait, est aussi le sien. A ma demande, il se tient en retrait tandis que je retire doucement la terre qui recouvre le minuscule cadavre. Il est inutile que nous soyons deux à voir cela. A sa vue, je suis prise de frissons. La petite chose n'a pas plus de quelques semaines mais sa forme est déjà bien esquissée, comme un rappel terrible et grotesque de toute cette vie qui ne sera pas. Et sa peau, oh sa pauvre petite peau... couverte d'atroces tâches noires, victime d'une étrange maladie.
Que R'hllor accueille dans Sa lumière ce petit être innocent ! La flamme crépite, s'envole vers le ciel en un dernier hommage, tandis que Volken et moi prions côte-à-côte, main dans la main, moi avec toute ma foi et lui, je l'espère, de tout son cœur, quels que puissent être en cet instant les dieux qu'il vénère ou méprise.

Nous arrivons dans la journée aux Jumeaux. La vieille fouine a fini par m'adresser la parole, pour immédiatement me rembarrer. Qu'importe, je vois mal ce qui pourrait empirer ma souffrance.
J'ai passé le voyage à me recueillir et à tenter de rassembler mes forces pour faire bonne figure autant que possible. Je mets une jolie robe, un peu de fard pour cacher ma pâleur.

Aux portes de la forteresse, notre troupe est accueillie sans ménagement par deux hommes à l'allure martiale. Je reconnais l'un d'eux, Black Walder, avec qui Volken avait échangé quelques passes d'armes « amicales » lors de son dernier séjour. J'apprends que le second se nomme Eamon Rivers, et qu'il passe ici pour une fine lame. Autant dire une brute. Après avoir examiné un peu rudement notre calèche, il nous installe dans nos appartements.

J'ai réussi à donner le change tant que nous étions en public mais, une fois seule avec Volken, je ne parviens plus à me contrôler. Perdant toute retenue, je lui avoue combien j'ai souffert ces derniers mois de son indifférence. Comme j'aurais aimé lui donner cet enfant ! Agrandir notre famille, donner un compagnon de jeu à Ferrego...
D'abord il ne répond pas, gêné par tant d'effusion. Mais lorsqu'il ouvre enfin la bouche, je crois rêver. « Vous aurez d'autres enfants, Illirya, j'en suis certain, une famille telle que vous la souhaitez... avec un mari aimant et digne de vous. Votre statut à Deathwatch est assuré, bien des hommes de valeur seraient disposés à vous offrir ce que je ne puis vous donner. »
Comment ose-t-il m'insulter ainsi ? A-t-il perdu la raison ?
Mes lèvres tremblent alors que je prononce ces mots. « Volken, si vos sentiments sont aussi inconstants que l'eau maudite que nous avons traversé pour venir en ces terres funestes, ne vous donnez pas bonne conscience à peu de frais en supposant qu'il en est de même pour moi. Peut-être ne suis-je aux yeux de tous, et à vos yeux même, qu'une concubine aux mœurs légères, mais pourtant, pourtant... » Ma voix se brise en sanglots et c'est dans un murmure que je parviens à articuler : « Je n'a jamais connu que vous Volken, vous, le père de mon fils unique, vous qui auriez été le père de cet enfant que j'aurais tant chéri... Et il n'y aura jamais que vous. Peu m'importent les honneurs ou les apparences, je n'épouserai personne d'autre, fut-il le roi des Sept Couronnes en personne ! »
Un silence, et puis... « Dormirez-vous avec moi cette nuit, Volken, ou fuirez-vous une fois de plus ? » Il n'a pas fui.
Cette nuit fut belle. Une nuit de retrouvailles sur fond de douleur, où le temps a semblé s'arrêter, une parenthèse de chaleur et de lumière avant de retrouver le froid et l'obscurité du monde.

Ce répit a été bien trop court. Dès le réveil, la mine de Volken était renfermée et son attitude à mon égard était redevenue plus distante. Je n'ai pas insisté, sachant qu'une longue journée l'attendait. Il devait sans tarder se rendre auprès de son grand-père pour s'ouvrir à lui de ses prétendues ambitions.
Pour ma part, j'étais bien résolue à profiter de ce temps libre pour mener mes propres projets. Rester dans ma chambre à ressasser les mêmes pensées ne pourrait me faire aucun bien.

Je n'avais pas eu à beaucoup me renseigner pour apprendre que les Jumeaux recelaient en leur sein une bibliothèque plus conséquente que celle de Deathwatch (ce qui n'est pas, il est vrai, une grande prouesse) et il y avait de nombreuses recherches que je brûlais depuis longtemps de mener. Ma requête ne paraîtrait certainement pas suspecte : je serais cataloguée parmi les nombreuses dames de cour se piquant d'érudition, avec plus ou moins de fondement.
Le sésame n'a d'ailleurs pas été difficile à obtenir : il suffisait pour contenter le mestre de savoir lire la phrase en valyrien qui orne l'entrée de la bibliothèque. Une citation pompeuse sur la connaissance et le mérite. La formation reçue au Temple m'a permis de m'acquitter de ma tâche en bonne élève et le mestre m'a assignée une place.
Cela faisait bien longtemps que je n'avais pas été entourée d'autant de livres et cette odeur, cette atmosphère particulière, m'ont apporté un certain plaisir, d'autant que les lieux étaient quasi déserts.

Un bref coup d’œil m'a permis de me repérer dans les rayonnages et je me suis orientée vers les légendes et l'occultisme. Depuis des mois, je n'ai pu faire complètement taire l'inquiétude qui me taraude quant au comportement de Ferrego. J'ai beau tenter de me convaincre qu'il s'agit sans doute d'un jeu, je préfèrerais en avoir le cœur net. Mon fils de trois ans dit « parler aux arbres »... Une affirmation qui serait sans conséquence de la part d'un enfant de son âge, s'il n'avait été retrouvé en pleine nuit dans le bois sacré, où il s'était rendu seul. S'il n'avait pas d'étranges visions, comme cette prémonition sur les jumeaux de Lyanna. Si cette passion, loin de retomber avec le temps, ne semblait pas prendre une ampleur plus grande au fil du temps... Malgré nos efforts, ni Volken ni moi n'avions réussi à faire sortir notre fils du mutisme où l'avait plongé notre première réaction horrifiée.
Volken m'avait parlé de légendes du Nord, d'hommes ayant une affinité si forte avec certains animaux qu'ils pouvaient voir à travers leurs yeux, parler leur langage. C'est donc vers cela que j'ai orienté mes recherches. Peut-être trouverais-je une description d'un cas similaire avec des plantes ? Des indications sur la conduite à tenir, les dangers à éviter, la source d'un tel pouvoir ?
J'étais si absorbée dans ces pensées, que j'ai été prise de court lorsque le mestre a surgi derrière moi, le regard peu amène.
« - Vous me faites regretter de vous avoir accordé l'accès à ce lieu de connaissance. Vous m'aviez semblé une personne de goût, je vois que je me suis trompé ! Ce n'est pas dans ces légendes de bonne femme que vous trouverai l'érudition que vous dites rechercher. Vous ne croyez tout de même pas à ces inepties ?
- Euh... C'est-à-dire... Je suis bien désolée de vous inspirer de tels sentiments... Mais soyez rassuré, je n'accorde pas de crédit à ces légendes. C'est simplement que... eh bien... lors de mes heures de solitude, j'ai développé le loisir d'écrire, et ces mythes sont pour moi une source d'inspiration !
- Je vois que non contente de vous emplir la tête de bêtises, vous aggravez votre cas en prétendant vous-même en produire... Je ne vous en félicite pas.
- Oh pardonnez-moi, c'est bien innocemment que je me suis laissée diriger par mon goût féminin pour les histoires... Je n'ai pas eu la chance de recevoir une éducation complète, mais je ne demande que vos lumières pour m'orienter vers des ouvrages plus respectables.
- L'histoire, la géographie, voilà des sciences dignes d'intérêt ! Mais sans doute cela vous paraît-il moins romanesque...
- C'est-à-dire que je ne demande qu'à...
- Dites-moi, dans quelle foi avez-vous été élevée ?
- Eh bien... je n'ai pas eu la chance d'être éduquée dans une foi particulière... mais... à Deathwatch j'ai eu l'honneur de faire la connaissance des Septa et j'ai beaucoup appris auprès d'elles... Je passe d'ailleurs beaucoup de temps à leurs côtés, dans le cadre du développement de l'orphelinat, qui me tient grandement à cœur, et...
- Eh bien, vous feriez mieux de les écouter et de suivre leurs sages préceptes !»


Quelle malchance ! Ce vieux fourbe m'a vraiment prise au dépourvu... J'espère tout de même m'en être sortie honorablement vu les circonstances et être apparue plus stupide que dangereuse. Faire l'idiote, voilà bien un art que toute femme devrait cultiver et qui peut sortir de bien des situations délicates.
Mais si ma performance dramatique m'a – j'espère – évité le pire, tout ne se déroule pas comme prévu. Loin de là. Simple coïncidence ou pas, l'un des sbires du mestre s'est installé à une table voisine, et il jette régulièrement sur moi un regard soupçonneux. Il ne me reste plus qu'à donner le change en faisant mine d'étudier docilement histoire et géographie... Quelle perte de temps ! Je vais d'un rayonnage à l'autre, prenant toutes sortes de livres dont le sérieux devrait contenter mon garde-chiourme. J'y glisse d'un air détaché un traité de médecine illustré. L'image de mon tout petit enfant mort-né me hante... Si je pouvais trouver dans cette ouvrage la description d'une maladie bien tangible, bien connue, qui explique la présence de ces tâches sur son pauvre corps, il me semble que mon esprit en serait un peu apaisé. Que je pourrais écarter la pire, la plus terrible des causes possibles.
Hélas, les images d'affections et de difformités diverses, des plus banales aux plus monstrueuses, se succèdent sous mes yeux sans que je trouve rien de ressemblant.
Et l'heure arrive déjà de regagner mes appartements. La joie de retrouver Volken adoucit un peu ce sentiment d'échec qui me tenaille. Un peu seulement.

Au détour d'un couloir, le visage d'un serviteur Frey en livrée attire mon attention. Un instant, j'ai l'impression qu'il s'agit de Windom Wyatt ! J'ai à peine le temps de me poser la question qu'il a disparu. Décidément, depuis que je l'ai identifié sous les traits du cocher je crois voir ce pauvre Wyatt partout.

Un réconfort inespéré m'attend dans mes appartements. Non seulement Volken est là, mais un bon bain chaud a été préparé pour que nous puissions nous délasser avant le repas. Voilà qui ne sera pas du luxe après ces semaines de voyage.
Hélas, rien ne peut jamais être simple, semble-t-il. Volken a retrouvé sa froideur et son embarras à mon encontre... Cette si belle nuit semble n'avoir jamais existé. Ai-je été assez stupide pour prendre mes désirs pour des réalités ? A quoi joue-t-il ? Lui qui était si passionné il y a encore quelques heures, joue maintenant les vierges effarouchées et s'offusque à l'idée de partager mon bain !
Étaler ma détresse serait indigne et contre-productif. Mieux vaut faire usage des charmes que la nature m'a donnée. Je dénoue mes cheveux, fais glisser doucement ma robe sur le sol, et c'est d'un ton joyeux que je l'invite à m'accompagner « en tout bien tout honneur » pour me raconter sa journée. Il finit par céder, et me rejoint dans l'eau bien chaude, prenant toutefois la peine de s'installer aussi loin de moi que la baignoire le permet.


Pour lui, le bilan est en demi-teinte. Il n'a pu entrevoir Walder Frey que brièvement, lors de l'audience publique. C'est donc au mestre qu'il a dû servir son boniment : son « ambition », ses « griefs » contre Edrick, son « plan ». L'accueil n'a, semble-t-il, pas été trop chaleureux. Il faut dire que depuis les derniers événements, les ambitieux de tous bords se disputent l'oreille du Tardif tels des chiens affamés une carcasse juteuse.
Toutefois, les perspectives ne sont pas mauvaises, puisque Volken a obtenu une audience avec son grand-père dès le lendemain. Il faut dire que les Jumeaux, par les temps qui courent, n'est pas le premier menu fretin venu, et le vieux est assez fin pour s'en rendre compte !

En attendant, il est temps de s'habiller pour la soirée. Et il faut que je briefe un peu mes « dames de compagnie », si je ne veux pas qu'elles attirent sur moi une attention défavorable...

Mais on frappe à la porte. Qui cela peut-il bien être ? Je m'empresse d'enfiler une robe. Il était temps. C'est Eamon Rivers, et son visage n'est pas du genre porteur d'une invitation à dîner. Ses paroles non plus. « Considérez-vous à présent otages du Seigneur Walder », assène-t-il d'une voix sèche comme un coup de trique.
Sans attendre, des gardes s'engouffrent dans la pièce, et engagent une fouille minutieuse tandis que les protestations de Volken restent sans effet. Vite, il faut réagir ! Qu'ils ne trouvent rien de suspect ou nous sommes perdus... L'esprit me revient in extremis. La fiole ! La fiole de feu grégeois qu'Edrick m'a convaincue de glisser dans mes bagages, « en cas de besoin ». Bien employée, elle pourra nous sauver la vie... à moins qu'elle ne l'abrège immédiatement.
Le regard dans le vague, j'implore silencieusement R'hllor. Qu'Il couvre notre arme de Son voile et la soustraie aux regards ! Je sens Son énergie affluer en moi... un peu trop vite, un peu trop fort. Poussée par la hâte, je n'ai pas pris le temps de me concentrer suffisamment pour en sortir indemne. Mais qu'importe, me dis-je alors que je sombre inconsciente, le pire est évité. Les soldats ressortiront sans avoir rien trouvé de suspect.

Nous voici donc assignés à résidence, Volken et moi, ainsi que mes deux « dames de compagnie » qui ont, contre toute attente, suffisamment bien joué leur rôle pour que personne n'aie l'idée de chercher les épées cachées dans leurs jarretières.

Tout n'est donc pas perdu. Mais je me sens si lasse. Mes pensées vont vers Ferrego, mon fils chéri. Mon unique enfant. Le verrai-je un jour, devenu jeune homme, marchant fièrement derrière l'Immortel, portant la noire épée, ainsi que R'hllor me l'a fait entre-apercevoir ? Ou ne le reverrai-je jamais ?
Pour combien de temps encore est-il en sûreté à Deathwatch ?
Edrick m'a promis de veiller sur lui. Mais personne ne veille sur Edrick.

Alors qu'une nouvelle nuit apporte son lot d'obscurité et de terreurs, un vent de changement souffle sur Westeros. Et je crains que ce ne soit un vent glacé.
Dernière modification par le Zakhan Noir le jeu. oct. 23, 2014 12:51 am, modifié 1 fois.
Expliquer une blague, c'est comme disséquer une grenouille. On comprend le mécanisme, mais elle n'y survit pas (Mark Twain, un peu modifié)

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Re: [CR] [Trône de fer - Chroniques de Barrowlands]

Message par pelon » mer. oct. 22, 2014 5:58 pm

je suis curieux de connaitre ce qui les a fait passer otage

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le Zakhan Noir
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Re: [CR] [Trône de fer - Chroniques de Barrowlands]

Message par le Zakhan Noir » mer. oct. 22, 2014 6:57 pm

ah ben c'est assez simple, les Frey et les Bolton sont alliés, Bolton a exigé des bannerets du Nord de lui livrer chacun un otage pour bien commencer les nouvelles relations (sic), ce qu'Edrick a refusé (enfin, n'a pas répondu...) il y a quelques séances déjà
Du coup, Walder Frey, qui n'a strictement rien à foutre que Volken soit son petit-fils a vu là une bonne occasion de pousser un avantage, et soyons honnêtes, de profiter de l'extrême naiveté de notre troupe, qui aurait dû se douter que ça se passerait ainsi.

En fait, on s'en doutait, mais, on a eu le syndrome classique du PJ: "allez, y'a une petite chance que ça se passe pas comme on le craint, tentons le coup" et blam, la réalité nous a vite rattrapé.
Quelqu'un écrivait ici que c'était pas toujours réaliste que les nobles aillent tenter eux-même des missions dangereuses... c'est vrai. Même si, dans le cas de Volken, c'est moins illogique (car c'est une bonne tête brûlée...)


Voilà voilà, quoi, cet épisode c"était un peu "les sous doués partent pour libérer un otage" hi hi

mais bon, hier soir on a rejoués, et et et... y'a du bon et du moins bon. Mais il s'est passé des choses....

C'est le joueur d'Edrick, mais qui cette fois incarnait un PNJ vétéran borgne de notre troupe, qui racontera tout ça lors du prochain CR...
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