[CR] [Trône de fer - Chroniques de Barrowlands]

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le Zakhan Noir
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Re: [CR] [Trône de fer - Chroniques de Barrowlands]

Message par le Zakhan Noir »

Du sang, des larmes, une trahison,  je crois que le cahier des charges made in GOT est à jour, hin hin
Expliquer une blague, c'est comme disséquer une grenouille. On comprend le mécanisme, mais elle n'y survit pas (Mark Twain, un peu modifié)

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Taho
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Re: [CR] [Trône de fer - Chroniques de Barrowlands]

Message par Taho »

Yep. C'était assez intense. 😈

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Taho
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Re: [CR] [Trône de fer - Chroniques de Barrowlands]

Message par Taho »

Et hop, voici la suite, de la plume de lady Illirya. Prochaine partie dans la semaine.
 
Chapitre 9 – Les liens invisibles (Illirya)
 
Une vague d’espoir et de soulagement parcourt la foule des réfugiés : nous voici enfin en vue de Moat Cailin. Ce n’est qu’une étape sur notre voyage, mais c’est la perspective d’un ravitaillement et d’une pause dans la marche forcée à laquelle nous nous livrons depuis dix jours.
Quant à moi, me voici enfin débarrassée de la présence de Lyanna et de son ombre Goldrick. Cette fouine me met décidément mal à l’aise : il ne manque jamais une occasion de nous espionner, Ferrego et moi, et s’empresse de rapporter la moindre bribe d’information à sa maîtresse tel un chien bien dressé !
Quand je pense que je l’ai laissé nous accompagner lors du triste pèlerinage sur la tombe de mon pauvre enfant... J’espérais qu’une fois à distance de la régente il se libérerait quelque peu de son aveuglement et que je pourrais gagner sa sympathie, mais c’était peine perdue, il est resté froid comme le marbre.
 
Mon soulagement n’est pas moindre à l’idée du départ de Lyanna, quoique pour d’autres raisons. Même si elle déploie de grands efforts pour faire bonne figure, je vois bien qu’elle est bouleversée par la mort de Torgo et, malgré toutes nos rivalités, je ne peux m’empêcher d’être touchée par son deuil, d’autant que les récents événements ont réveillé ma propre douleur.
 
Mais comment pourrions-nous communier dans la perte de nos êtres chers, alors que tant de choses nous opposent ? Il est donc préférable que nous poursuivions chacune notre route...
 
Lorsque nous arrivons au fort, une surprise de taille nous attend : nous apprenons que l’Immortel, Main de la Reine, vient lui-même d’y poser ses malles, de retour d’une mission diplomatique dans le sud, dont on murmure d’ailleurs qu’elle s’est soldée par un échec.
Cette perspective inattendue me réchauffe quelque peu le cœur : malgré nos différences, Edrick et moi sommes liés de manière indéfectible. Il sait ce qu’il me doit et a toujours tenu ses promesses à mon égard, y compris après la perte de mes facultés magiques. Un moins finaud que lui m’aurait peut-être alors écartée comme quantité négligeable, quand il n’aurait pas cherché à éliminer la porteuse d’un encombrant secret.
Mais contrairement à ce que certains ont murmuré à l’époque, je suis convaincue que ce n’est pas par faiblesse ou excès de sentiments qu’Edrick m’a élevée à la position où je me trouve : il a besoin de pouvoir compter sur une alliée fidèle à Deathwatch. Et il a vu juste, car jamais je n’aurais la bêtise de le trahir.
 
Edrick est donc présent lorsque notre délégation est introduite auprès du commandant de Moat Cailin, le général Lars Cassel, afin de rapporter les événements dont nous avons été témoins à White Harbour.
Notre récit est accueilli avec autant de choc que d’incrédulité. Visiblement, les espions de la reine n’étaient pas mieux informés que les nôtres : nul ne soupçonnait les projets expansionnistes de Braavos. Quant au Temple rouge, il semblait s’être depuis longtemps désintéressé du Royaume du Nord.
La situation gagne encore en confusion lorsque je comprends qu’Edrick n’est au courant d’aucun des événements qui ont secoué Deathwatch ces derniers mois, puisque le corbeau que j’avais pris soin de lui adresser est arrivé après son départ de Winterfell.  
Nous nous isolons donc rapidement en conseil restreint, autour de la famille Blacksword, afin de discuter plus librement.
Jeor et moi prenons la parole à tour de rôle afin de relater l’ensemble des événements depuis le tournoi, de la tentative de meurtre sur l’héritier Tully par un banneret aveuglé par les flammes, à la rencontre avec les Enfants de la forêt, en passant par les Ombres et leurs maléfices.
Même si Edrick garde son sang froid, je vois bien que l’idée que nous aurions tous perdu la raison dans la chute de White Harbour lui traverse l’esprit plus d’une fois.
Le moment paraît mal choisi pour évoquer l’existence de Lady Ashera. Je ne peux pourtant pas prendre le risque qu’Edrick croise sa route sans y être préparé.
Ma tâche est ingrate et cette fois je ne peux pas compter sur la collaboration de Jeor : celui-ci n’a de cesse de me couper la parole pour m’empêcher d’aborder le sujet. Je finis néanmoins par réussir à confier à Edrick l’histoire de la venue de cette mystérieuse jeune femme, qui ressemble trait pour trait à son épouse, feu Lady Astreïa, assassinée le soir même de son mariage.
Je suis un peu inquiète car je ne sais pas quel sera l’impact sur l’Immortel à l’évocation de ce souvenir dont nous savons tous qu’il n’est pas cicatrisé.
Mais le seigneur ne perd pas de temps à tergiverser : il exige que l’intéressée soit immédiatement convoquée dans ses appartements. Toutefois, au soulagement de tous, il ne demande pas à la voir seule : son fidèle porte-épée Brand et moi-même serons présents à l’entrevue.
Avant l’arrivée de la jeune femme, Edrick me demande ouvertement mon avis sur l’affaire, et je lui réponds de manière tout aussi directe : non, Ferrego n’a pu détecter aucun signe d’envoûtement ou d’illusion magique autour de sa personne. Certes, un groupe de sorciers très puissants pourraient rendre un tel sort indétectable, mais ce n’est pas le plus probable. Oui, son frère Jeor en est très épris, et une relation semble d’ores et déjà s’être nouée entre eux... Un renvoi sans appel de la nouvelle venue aurait indubitablement des conséquences sur la relation qu’Edrick entretient avec son cadet. 
 
La jeune femme se présente bientôt timidement à la porte... escortée par Jeor. Le jeune homme ne faisant pas mine de s’effacer, c’est Edrick qui doit le congédier ouvertement.
La jeune femme est ensuite invitée à raconter une fois de plus son histoire. A nouveau, elle fait part de son souhait mystérieux de rester coûte que coûte à Deathwatch car, dit-elle, « elle s’y sent à sa place »... Elle répète cela à l’envi depuis son arrivée, mais sans jamais fournir d’explication cohérente à ce désir irrépressible de vivre auprès d’une famille qu’elle ne connaît pas et qui – en dehors d’un Jeor immédiatement séduit – l’a accueillie fraîchement.
Edrick écoute ses explications puis s’adresse à elle sans fioritures. S’il ne l’incrimine pas de cette ressemblance dont elle n’est pas responsable, il ne peut garantir qu’il pourra supporter de la croiser à nouveau, et il ne souhaite pas en prendre le risque. Il lui laisse néanmoins le choix : repartir, avec des recommandations qui lui permettront de trouver une place enviable ailleurs, ou rester, mais dans l’ombre, en s’assurant qu’Edrick ne s’aperçoive même pas de sa présence.
La jeune femme assure être certaine de son choix : il n’est pas envisageable pour elle de partir, mais elle est prête à rejoindre dès à présent le camp des réfugiés afin de ne pas risquer d’importuner Edrick en résidant dans le fort.
 
L’Immortel est tout de même résolu à rester vigilant : il me charge personnellement d’organiser la surveillance des allées et venues de la jeune femme.
Je profite de cette entrevue pour lui faire part, de manière plus détaillée et personnelle, de ma version des récents événements et de mes inquiétudes.
Il s’assurera que je dispose des crédits nécessaires pour pouvoir mener mes enquêtes sans avoir à en référer à Lyanna.
 
Cette affaire étant réglée, il est temps de revenir aux affaires du monde. Un conseil est à nouveau convoqué le lendemain pour décider de la conduite à tenir face à l’invasion. Il est rapidement décidé qu’Edrick, en tant que Main, est le mieux placé pour mener une mission diplomatique afin de discuter des exigences de l’envahisseur Braavosi. Jeor l’accompagnera : Edrick estime en effet qu’il est temps pour son frère d’être davantage impliqué dans les décisions politiques qu’il pourrait avoir à prendre seul un jour.
L’Immortel souhaite en parallèle qu’une mission d’infiltration soit menée dans la ville occupée, afin d’observer le nombre de troupes, leur armement, leur organisation, et de glaner des informations sur leurs plans.
Je me porte immédiatement volontaire pour cette mission : lors de nos années d’exil passées à nous cacher du Temple, j’ai appris à déjouer leurs pièges et à me rendre indétectable, sans avoir besoin d’user pour cela de magie.
Ferrego ne tarde pas à annoncer qu’il m’accompagnera. Je refuse immédiatement : ce serait se jeter dans la gueule du loup ! Le Temple n’a eu de cesse de traquer Ferrego pendant des années, nous ne pouvons pas prendre le risque de l’amener au milieu de ses ennemis, alors que toute utilisation de ses pouvoirs sera immédiatement détectée.
Mais Ferrego insiste : il parle braavosi et saura se fondre dans la masse, il ne fera pas usage de ses pouvoirs à moins que la situation ne soit désespérée, et dans cette hypothèse ses talents pourraient nous sauver tous les deux. Jeor et Edrick se laissent facilement convaincre. Je finis moi-même par céder, mais non sans avoir obtenu de mon fils la promesse qu’en cas de danger, il sauvera sa vie avant la mienne.
 
Le conseil est interrompu par une nouvelle qui vient un peu plus semer la confusion dans une situation politique déjà tendue au-delà du raisonnable. Le roi Bran est mort. La récente nouvelle est arrivée par corbeau. Le décès serait naturel...
La situation est complexe car aucun prétendant ne se démarque réellement dans des royaumes encore exsangues de la guerre. Gendry, de la maison Baratheon, pourrait être le plus consensuel, mais il semble qu’Edmure Tully ait également des vues sur le trône, sans disposer pour autant de soutiens à la hauteur de ses ambitions. L’enjeu pour le Nord sera de conserver son indépendance au milieu de tous ces bouleversements.
 
Nous nous mettons en route tous les quatre après une dernière nuit passée à Moat Cailin. Fidèle à ma parole, j’ai déjà commencé la surveillance de Lady Ashera au sein de son campement. Malheureusement, la jeune femme est d’une discrétion désespérante : elle ne parle à sa dame de compagnie pour rien d’autre que des consignes sur la cuisine ou l’organisation de ses affaires et passe le plus clair de son temps seule à lire. Le seul événement notable est la visite discrète de Jeor, venu lui annoncer son départ. Malheureusement, aucun de mes hommes n’a pu voir ou entendre le détail de l’entrevue.
Bien entendu, je m’assure que la surveillance se poursuive en mon absence.
Toutefois, il s’agit plutôt d’un principe de prudence : rien n’indique que la jeune femme romanesque ait des intentions malveillantes, et je doute de plus en plus qu’elle détienne la clé de nos préoccupations actuelles.
 
Quelques jours plus tard, nous voici à nouveau en vue de White Harbour. Ferrego et moi nous sommes séparés du groupe un peu plus tôt. Nous allons laisser nos chevaux un peu à l’écart de la ville et revêtir nos costumes de serviteurs braavosis.
A la nuit tombée, nous nous infiltrons par la côte en profitant de la marée basse. Les rochers sont escarpés mais nous nous en sortons sans trop d’encombres, même si j’ai peur pour Ferrego plus d’une fois.
A l’arrivée, nos vêtements sont un peu tachés par le sable et l’eau... mais rien de trop suspect.
Nous attendons l’aube pour nous mêler au ballet des serviteurs et des servantes qui s’occupent de décharger les bateaux.
A mon grand soulagement, ils sont suffisamment nombreux pour que personne ne repère la présence d’inconnus, d’autant que nos costumes constitués à la va-vite d’après ma mémoire font tout à fait illusion.
Je m’approche pour écouter les conversations mais hélas je n’apprends pas grand chose : ces pauvres gens ne savent guère ce qu’ils sont venus faire dans ces contrées froides, et expriment surtout leur impatience de repartir... sans avoir aucune idée de l’échéance.
Je commence à repérer les lieux afin d’identifier les bâtiments les plus intéressants, tout en gardant un œil discret sur Ferrego. Des groupes d’Immaculés circulent un peu partout, le visage impassible.
 
Deux heures plus tard, nous n’avons pas beaucoup plus d’informations mais nous avons pris nos marques pour aller plus avant dans l’infiltration.
Soudainement, mon sang se glace alors qu’un murmure parcourt les immaculés : « Il est ici... nous devons le trouver... »
Ce « il » est forcément Ferrego. Comment ont-ils bien pu savoir ! Il est improbable qu’il ait été reconnu tant d’années après, dans la foule des anonymes, avec sa capuche couvrant à moitié son visage... Et il n’a à aucun moment fait usage de sa magie...
Mais il n’est pas temps de se poser des questions. Une seule chose importe : fuir au plus vite !
Heureusement, je vois que Ferrego a lui aussi compris la situation et, d’un accord tacite, nous commençons à nous replier vers la plage en rasant les murs.
La marée a commencé à remonter, mais il est peut-être encore temps.
C’est la confusion : les Immaculés fondent sur les serviteurs, leur arrachant leurs capuches et leurs foulards pour les examiner sans ménagement, certains se retrouvent même jetés au sol.
Alors que nous sommes près du but, un soldat nous hèle. Nous faisons mine de ne pas entendre et accélérons le pas, mais il fonce droit sur nous.
Ferrego saisit ma main : je comprends qu’il va tenter d’user de sa magie afin de nous sortir tous deux de l’enceinte de la ville. Il faut gagner du temps. Je me retourne donc vers le soldat pour lui crier, de la manière la plus convaincante possible, qu’il se trompe totalement sur notre compte.
L’Immaculé marque un moment d’hésitation... avant de se reprendre et de nous viser à nouveau avec sa lance.
C’est in extremis que nous disparaissons sous ses yeux pour nous retrouver à l’extérieur de la ville.
Nous courons vers nos chevaux et nous enfuyons à travers un chemin de traverse.
Ce n’est que plus tard que nous rejoignons la route et apercevons la délégation menée par Edrick, apparemment saine et sauve.
Il semble que nous soyons suffisamment loin pour ne plus être poursuivis. Nous pouvons enfin reprendre nos esprits.
 
Hélas, le soulagement est de courte durée. Le récit par Edrick et Jeor de leur entrevue avec le général braavosi me fait l’effet d’un coup de massue.
Les envahisseurs ont lancé un ultimatum : ils exigent que Ferrego et les Enfants de la forêt leurs soient tous livrés, d’ici quarante jours. Sans quoi, les Immaculés déferleront sur le Nord.
Bien sûr, Edrick n’a pas cédé. Jouant au niais, il a affirmé n’être au courant de rien. Mais bien sûr, le général n’est pas dupe.
Très sûr de lui, il s’est d’ailleurs offert le luxe de se montrer particulièrement grossier et arrogant à l’égard du représentant de la reine.
Heureusement, Edrick ne tergiverse pas un instant : pour lui il est hors de question de livrer qui que ce soit. Les armées du Nord ne sont pas sans ressources, et elles ont l’avantage de la connaissance du terrain. Et l’Immortel se fait fort de présenter son rapport à la reine sans l’encombrer de détails inutiles. Après tout, qui dans le Nord sait où trouver le peuple légendaire des Enfants la forêt ? Qui pourrait même attester qu’il existe réellement ? A la lumière de ces remarques de bon sens, l’ultimatum du général ressemble fort à un simple prétexte pour envahir le Nord en fixant des exigences impossibles.
 
Nous voici de retour à Moat Cailin. Nous nous apprêtons à reprendre la route avec le convoi, tandis qu’Edrick va repartir de son côté pour tenter de s’assurer des alliances en vue de la période troublée qui s’annonce.
Mais le seigneur souhaite accomplir un dernier geste avant de nous quitter. Durant ces quelques jours, il a pu observer l’attitude de Jeor. Son frère cadet est désormais un homme, et il l’estime prêt à exercer pleinement ses responsabilités.
En son absence, c’est désormais Jeor qui exercera le pouvoir dans les Barrow Lands. Ce dernier se voit d’ailleurs confier sans attendre la Noire Epée, symbole ancestrale du pouvoir de l’Immortel.
Edrick a-t-il définitivement renoncé à concevoir lui-même un héritier ? Sans doute sait-il qu’il ne pourra jamais se défaire de la vision terrible de sa bien-aimée, morte dans ses bras à l’orée de la nuit de noces. Peut-être la vision de son double, en la personne d’Ashera, n’est-elle pas étrangère à la fermeté de cette décision.
A propos d’Ashera justement... Edrick rappelle son jeune frère à ses responsabilités. Il est libre d’avoir les relations qu’il veut... tant que cela ne l’engage pas trop. Car le moment venu, comme tous les nobles, il devra contracter un mariage politique, dans le choix duquel les élans du cœur n’auront que peu de place. Une jeune fille d’un rang aussi inférieur, aussi charmante soit-elle, ne pourra jamais occuper le titre de Dame de Deathwatch.
Nous acquiesçons tous, sans que nul ne juge utile de rappeler à l’Immortel que lui-même a fait le choix politiquement contesté de ne pas se remarier... Ou que Ferrego n’est après tout que le bâtard légitimé de Volken Blacksword et d’une orpheline...
 
Voilà qui va profondément modifier les équilibres à Deathwatch. Autant d’opportunités pour moi d’assurer encore mieux ma position. Car si je n’envisagerais jamais de trahir Edrick, je n’oublie pas qu’il peut disparaître. Jeor est jeune, mais volontaire. La mainmise de sa mère finira vite par lui peser, d’autant qu’il est peu probable que Lyanna accepte d’abandonner si facilement son statut.
Mais dans sa volonté d’indépendance, il aura besoin de conseils expérimentés. Et de s’appuyer sur ses amis, au premier rang desquels se trouvera Ferrego.
En cette période de crise, le jeune homme a tout à prouver, mais nous avons tous intérêt à ce qu’il réussisse.
 
Quel lien invisible lie les mystérieux Enfants de la forêt et le redoutable culte de R’hllor ? Quelle est ma place dans tout cela ? Ferrego est-il la clé de toutes ces questions ? Et mon pauvre petit bébé... est-il perdu pour toujours ?
L’espace d’un instant, je me surprends à penser à Volken. J’aimerais avoir encore la capacité de lui envoyer mes pensées à travers les mers et les continents. J’aimerais qu’il sache pour notre enfant et que nous puissions à nouveau pleurer ensemble. J’aimerais qu’il tienne sa place de père auprès de Ferrego, qui ne parle jamais de lui qu’à travers des sarcasmes.
Mais je dois me reprendre.
A présent, toutes mes forces doivent être dédiées à protéger Ferrego, et ces mystérieux enfants arbres auxquels nous sommes tant liés. J’aurai besoin de toutes mes ressources et ne peux pas me permettre de faiblir.
 
La nuit tombe sur le camp des réfugiés. Parmi ces hommes et ces femmes qui ont tout perdu, entassés dans les conditions les plus sommaires, les bruits et les rumeurs enflent.
 

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le Zakhan Noir
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Re: [CR] [Trône de fer - Chroniques de Barrowlands]

Message par le Zakhan Noir »

Ca chie bien dans le Nord dites moi...
Et c'est un coup bas les dernières lignes je trouve...  c'est un rajout du MJ?  
Expliquer une blague, c'est comme disséquer une grenouille. On comprend le mécanisme, mais elle n'y survit pas (Mark Twain, un peu modifié)

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Taho
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Re: [CR] [Trône de fer - Chroniques de Barrowlands]

Message par Taho »

Même pas ! C'est du Illirya dans le texte, 100% pur jus sans édulcorant.

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Re: [CR] [Trône de fer - Chroniques de Barrowlands]

Message par Taho »

Voilà le dernier CR de vendredi dernier, et on rejoue demain soir, ça enchaîne !
 
Chapitre 10
 
Partie I - Funérailles
 
Journal de Jorren Blacksword
 
Notre maigre contingent, composé de ma mère, Goldrick, moi-même et une vingtaine de soldats, rentre à Deathwatch la queue entre les jambes ; une sensation nouvelle en ce qui me concerne. Nous trouvons la cité aux aguets, et sous nos murs campe déjà un contingent de soldats Ryswell : deux cents fantassins et cent cavaliers, menés par l’Aigle, et cent hommes à pied de Sky Tower menés par Roose Ryswell.
Malheureusement, les bonnes nouvelles s’arrêtent là. Dès notre arrivée, nous apprenons que la suite de Saharon Taptis, le marchand braavosi envoyé d’Illiryo Mopatis, a disparu avant même que Stillgar ait reçu les ordres de les mettre aux fers. Les battues autour du château n’ont rien donné. Cela constitue une preuve que, sinon lui, au moins l’un de ses suivants est mouillé dans cette affaire.
Et ce n’est que le début. Maintenant nous devons porter à Estian Ironwolf la nouvelle du décès de son unique fils. Nous nous en chargeons, ma mère et moi, pendant que Goldrick s’entretient avec le général Stillgar de l’état de nos troupes. Lorsqu’Estian nous voit arriver, la mine déconfite, prêts à subir la tempête, elle comprend le message. Son hurlement de désespoir me touche comme une flèche en plein cœur. Il lui vient des entrailles, là où Harrow a pris vie il y a dix-sept ans, et lui déchire la gorge comme des lames de rasoir. Elle me tire des larmes qui noient les mots de réconfort que j’avais préparés, sur la bravoure de Harrow et son sacrifice pour permettre de sauver Wylla Manderly, son fils, et le reste de notre groupe.
Elle n’aurait pas été en état de l’entendre. Tombée à genoux dans la boue sous la pluie battante, elle commence à s’arracher les cheveux et à se griffer le visage, et maudit notre nom. Elle nous accuse de l’avoir assassiné et d’avoir jeté son corps dans un fossé ; que c’était là ce qu’on souhaitait depuis le début. Le chagrin a chassé toute trace de bon sens. Heureusement, notre peuple intervient. Ils viennent couvrir la pauvre femme d’un manteau et l’empêchent de s’arracher le visage. Elle se laisse mener telle une aveugle jusque sa maison, et nous jugeons plus sage de nous effacer. Après tout, nous avons notre propre deuil à faire.
En l’honneur de Torgo, nous organisons de brèves funérailles Dothraki. Nous n’avons pas le temps de nous y attarder. Dès le lendemain, nos hommes doivent reprendre la route. Stillgar et Goldrick ont assemblé les troupes : trois-cent cinquante soldats, cent cavaliers, quarante des éclaireurs de Goldrick et les cent premiers conscrits assemblés par Stillgar.
Cela me laisse seulement une cinquantaine d’hommes et une dizaine d’éclaireurs, mais notre banneret Arnel Greycloak va se charger de la conscription pour repeupler nos murailles. C’est lui qui prendra la charge de nos troupes en l’absence du général, et c’est moi-même qui prendrai la tête de la cité. Je saurai me montrer digne de cette lourde responsabilité, même si, bien malgré moi, elle me tiendra éloigné du front. J’endosse également la responsabilité de sauver Estian Ironwolf de son deuil, et j’userai pour cela de tous les talents que les dieux ont fait miens.
Stillgar mène nos troupes aux côtés de l’Aigle, de Roose et de Marck Flint, arrivé lui aussi en renfort avec quatre-vingt fantassins. Pendant ce temps, Goldrick et ma mère prennent le bateau jusqu’à Ash Harbour pour remonter la Saltspear et la Fever River pour atteindre Moat Cailin le plus vite possible.
Sur les quais, je serre ma mère contre mon cœur, peut-être pour la dernière fois. Je lui demande de dire à Jeor, Dacey et Ferrego que je les aime. Elle me répond que je pourrai le leur dire moi-même à leur retour, mais qui sait de quoi demain sera fait ?
 
Partie II - Bas les masques
 
Journal de Dacey Blacksword
 
Nos palabres s’éternisent mais ne mènent à rien. Nous tentons, jour après jour, de gérer la logistique d’une forteresse et d’un camp de réfugiés face à un hiver de plus en plus présent. Nourrir tout le monde en gardant suffisamment pour la guerre qui approche est un véritable casse-tête.
Cette nuit-là, alors que nous discutons stratégie pour la énième fois, Ferrego nous intime soudain d’écouter. Un cor sonne l’alerte au loin. Nous nous ruons à la fenêtre et voyons des flèches incandescentes fendre la nuit. Elles attirent notre attention vers une troupe à pied qui vient de l’ouest. Ils fondent vers le camp de réfugiés, qui constitue une cible facile.
Nous nous précipitons vers la muraille pour en apprendre davantage. Nous craignons d’abord une traîtrise des Braavosi, mais il n’en est rien ! Ce sont des Fer-nés qui essaient de profiter de la situation. Aux côtés de Jeor, Baldwin Brand, porte-bannière de Deathwatch, tend à son seigneur la poignée de la Noire-épée. Mon frère la brandit pour la première fois, et il mène lui-même les hommes hors des murs pour défendre les réfugiés. Nos soldats sont galvanisés par la présence de l’épée légendaire et se battent avec rage. Les Fer-nés tombent comme des mouches. Nous tenons la ligne contre un ennemi d’abord supérieur en nombre, mais, au fur et à mesure que nos renforts rejoignent la mêlée, les Fer-nés finissent par se retrouver débordés. Lorsque le pillage facile se transforme en déroute, ils se rendent. Mon frère et Lars Cassel n’ont pas les moyens de nourrir une centaine de prisonniers fer-nés et ne peuvent se permettre de les voir errer dans la campagne. Ils les font donc tous passer au fil de l’épée, et je vois bien que mes suppliques n’y changeront rien.
Avant de les tuer, nous avons tout de même le bon sens de les interroger. Il semble qu’ils aient eu vent de la situation précaire de Moat Cailin et de son camp de réfugiés, et qu’ils aient décidé d’en profiter. Leur but était d’emporter des esclaves et de voler ce qui pouvait l’être avant de repartir avant même que la garde n’ait quitté le château. Leur couardise est bien digne des Fer-nés, mais ce qui nous inquiète, c’est la source de leur information. Les grouillots que nous interrogeons ne savent pas nous dire d’où viennent les ordres, et quelque chose me dit que nous ne l’apprendrons que trop tard.
Nous retrouvons avec joie Goldrick et ma mère, à qui nous devons les coups de cor et les flèches enflammées grâce auxquels nous avons pu protéger le campement à temps. Voir la Noire-épée brandie par son fils fait un drôle d’effet à Lyanna. Malgré la fierté de voir ainsi son aîné goûter au destin qu’elle pressentait pour lui, elle comprend du même coup que sa propre autorité risque d’être remise en question.
« Mère ! lui annonce Jeor fièrement. Mon frère Edrick m’a confié la régence de Deathwatch.
— Comment ça ? répond notre mère. Tu veux dire qu’il a abdiqué ?
— Non, il a compris mon potentiel et m’a confié la régence, ainsi que la Noire-épée.
— Mais… Mais c’est moi, la régente !
— Ah non, intervient Illirya, je vous assure, c’est bien lui maintenant. »
Avant que les deux femmes ne s’étripent au beau milieu des viscères fer-nés, nous rapatrions notre discussion à l’intérieur. Illirya reste auprès des réfugiés pour organiser un dispensaire où traiter nos blessés. Cela nous donne le temps d’apaiser un peu notre pauvre maman. Jeor lui assure que, malgré les nouvelles fonctions qu’il a reçues, il a toujours besoin de ses conseils et de sa présence à ses côtés. Lady Lyanna parvient à retrouver un peu de sa superbe et met en garde Jeor contre l’influence d’Illirya ; elle soupçonne la dame d’Ash Harbour d’essayer de l’atteindre, elle, à travers Jeor. Décidément, ces deux-là ne parviendront jamais à se remettre de leurs rancœurs de jeunesse. Si mon père avait été en vie, peut-être que leurs différends n’auraient jamais existé, et nous aurions pu échapper aux scènes de ménage de ces deux ladies, mais nous ne le saurons jamais.
Nous parvenons enfin à mettre tout le monde au lit et nous nous retrouvons le lendemain matin pour un conseil de guerre au petit-déjeuner. Lars Cassel est des nôtres, et il est impatient de savoir combien de soldats sont en route pour le front. Ma mère nous informe que la coalition des Blacksword, des Ryswell et des Flint de Flint’s Finger s’élève à près de neuf cents hommes à pied et deux cents cavaliers. Avec les troupes de Cassel et celles de Wylla Manderly, le total montera à mille trois cents fantassins et deux cents chevaux. Nous espérons que le contingent de la reine comptera au moins autant, mais trois mille hommes du Nord contre deux mille Immaculés retranchés dans une forteresse, nous savons tous que c’est du suicide. Notre unique chance est de les affronter sur le champ de bataille hors de la cité, en espérant qu’aucun renfort ne leur soit parvenu d’ici là. Et même là, nous n’avons aucune certitude de l’emporter ; tout se jouera sur un jet de dé.
Lars Cassel revient sur l’ultimatum d’Alecto Serrel, le général Braavosi. Il est très intrigué par cette histoire d’enfants de la forêt, mais il se heurte au silence de notre groupe. Lorsqu’il nous demande de but en blanc : « Savez-vous où les trouver ? » et que personne ne répond par l’affirmative, Goldrick ne peut s’empêcher de s’éclaircir la gorge. Ce bon Goldrick, toujours aussi honnête ! Cela suffit à Lars pour exiger des explications. Je crois un instant qu’Illirya va manger Goldrick tout cru. Elle semble croire que révéler ce que nous savons sur les enfants de la forêt équivaut à livrer Ferrego à l’ennemi. Elle semble ignorer que Ferrego est comme un frère pour nous, Jeor, Jorren et moi-même, et que jamais nos alliés n’oseraient le mettre en danger.
Cassel semble satisfait de savoir que nous savons où les trouver, car c’est une information qu’il souhaite transmettre à la reine afin qu’elle ait toutes les cartes en main. Mais cela met Edrick, mon grand frère, en bien mauvaise posture, car il est lui-même allé au devant de la reine en prétendant ne rien savoir de leur emplacement ni même de leur existence. Malheureusement, ni ma mère ni Goldrick n’ont été mis au courant de ces développements, et on ne peut pas leur en vouloir de ne pas avoir suivi la partition d’Edrick.
Une fois seuls, Jeor nous exhorte à accorder nos violons à l’avenir, et à ne pas nous contredire ouvertement en cas de doute pour éviter de perdre la face une fois de plus. Je sens le clivage qui s’installe de plus en plus entre d’un côté ma mère et Goldrick et de l’autre Illirya et Ferrego. Il faut absolument que nous apaisions la situation si l’on ne veut pas que notre front s’effondre avant même d’avoir été dressé. Au moins, nous pouvons remercier les Immaculés pour cela : rien de tel pour oublier les vieilles rancunes que de faire face à un ennemi commun. Au moins, ma mère et Illirya s’accordent sur un point : Alecto Serrel et ses suppôts du temple rouge doivent mordre la poussière.
Nous commençons nos préparatifs. Avant le départ, je retrouve une fois de plus Ashera pour sa leçon d’escrime matinale. Je retrouve en elle la diligence que j’ai eu moi-même lorsque j’ai pris les armes pour la première fois. Elle prend son rôle de « Bouclier de Jeor » très au sérieux, mais elle a pu voir lors de la fuite de White Harbour que le courage ne fait pas tout. Elle sait qu’elle a eu de la chance d’en sortir vivante.
Elle me confie entre deux passes d’armes que Ferrego est venu lui parler pour entendre son avis. Je crois que mon cousin voulait savoir sur quel pied danser avec cette étrange inconnue. Ashera a tenté de le rassurer, et je suis sûre qu’elle a su jouer de l’aura écrasante qui la caractérise pour lui faire voir les choses à sa façon. Tant mieux, lui ai-je dit, car nous avons besoin de Ferrego à nos côtés. Outre le fait que je ne pourrais me résoudre à perdre un autre membre de notre clique, lui seul a les compétences pour nous protéger contre les maléfices de R’hllor.
Les progrès d’Ashera sont fulgurants, mais ils me permettent aussi de constater le chemin que j’ai moi-même parcouru. Je n’ai plus à rougir ni de ma jeunesse ni de mon manque d’expérience.
Au terme de notre session, elle me fait à nouveau promettre de n’en rien dire à Jeor, car il se ferait du souci pour elle. Elle a raison ; j’ai vu comment il la regarde. L’aveuglement qui a d’abord été le sien la première fois s’est mué en un sentiment plus vrai, plus profond. On ne séparera pas ces deux-là de sitôt.
 
Enfin, nous quittons Moat Cailin, à la tête de l’armée la plus imposante qu’il m’ait été donné de voir. Les bannières du Nord ont fière allure dans le vent cinglant du matin. Sans crainte des premiers flocons qui poudrent l’horizon d’un léger voile blanc, nous marchons fièrement, et les chants ancestraux de notre royaume résonnent dans la plaine au pas de nos bottes et de nos sabots, des hampes de nos lances sur la terre gelée.
Après deux jours de marche, nous voyons flotter le grand loup sable de Winterfell sur son lit d’argent, au dessus d’un campement qui doit compter mille hommes, me disent les membres de l’état-major autour de moi. J’ignore si nous serons assez nombreux pour l’emporter, mais voir cette armée du Nord si vaste et si fière me donne à croire que nous pourrions renverser des montagnes.
Le conseil de guerre est dressé immédiatement. Jeor et ma mère sont aux premières loges avec les autres bannerets. Nous sommes relégués avec les chefs des maisons inférieures, mais nous entendons assez bien les débats. Ashera à mes côtés fixe intensément Jeor, comme si elle pouvait lui insuffler à travers son regard toute sa force de caractère.
La reine est encore plus grande que ce qu’on m’en a dit, froide comme la glace. Ses trois généraux, dont Lars Cassel, ont la place d’honneur. Sansa écoute les rapports de ses bannerets puis annonce qu’elle souhaite provoquer Alecto Serrel. Elle compte sur sa réputation de querelleur pour le faire sortir des murs de White Harbour. Tout le monde est d’accord qu’un siège serait vain tant en termes humains que militaires. Les Immaculés seraient indélogeables, et à quoi bon sauver une ville dont les habitants ont été égorgés et jetés dans la baie ? Wylla Manderly est la première à dire que si nous devons intégralement raser sa cité pour en expulser les Braavosi, elle en paierait le prix avec joie.
Pourtant, les doutes émergent immédiatement quant au plan de la reine. Les bannerets murmurent d’abord entre eux, s’attendant à ce que les généraux parlent, mais seul Lars déclare ne pas comprendre où la reine veut en venir. Ma mère et mon frère abondent dans son sens. Alecto est peut-être un querelleur mais il n’est pas stupide. Cependant, la reine demeure inflexible. Elle ne peut laisser l’envahisseur impunément sur ses terres sans au moins aller le défier et lui montrer qu’il n’est pas le bienvenu. Elle annonce que l’armée marchera demain, puis se lève pour clore les débats. De petits groupes se forment pour discuter du plan, et je vois Ferrego quitter notre tribune pour se rapprocher de Jeor. Il lui glisse un morceau de papier dans la main puis s’éloigne. Jeor le lit, et sa mâchoire chute d’une demi-coudée. Je me poste à ses côtés et il me transmet la note. Ferrego y a inscrit :
« La reine n’est pas la reine. »
 
 
 

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Arkham
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Re: [CR] [Trône de fer - Chroniques de Barrowlands]

Message par Arkham »

Excellent ! Vivement la suite !

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Taho
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Re: [CR] [Trône de fer - Chroniques de Barrowlands]

Message par Taho »

Merci Arkham !

J'ai encore une séance à relater sous le coude, mais la suite devra attendre le déconfinement.

Il faudra encore 5 séances en gros pour arriver au bout de la campagne.

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Taho
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Re: [CR] [Trône de fer - Chroniques de Barrowlands]

Message par Taho »

Voici le chapitre 11, et nous jouons la suite en ce moment même !

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 CHAPITRE 11 - La reine sans visage
 
Journal de Dacey Blacksword
 
Branle-bas de combat chez les Blacksword. L’information circule d’un membre à l’autre de notre état-major, mais difficile de se réunir en comité restreint lorsqu’on participe au plus grand mouvement de troupes que le Nord ait connu depuis plus de douze ans. Les oreilles indiscrètes sont nombreuses, notamment celles de l’Aigle, et, même si le bougre ne pense pas à mal, il les a affutées, les oreilles. Nombreux sont les seigneurs qui souhaitent avoir notre avis sur les propositions stratégiquement discutables de la reine, ce qui  nous empêche de formuler notre plan comme nous le souhaiterions.
L’Aigle est d’accord avec nous sur le manque de rationalité de la tactique royale, tandis que Wylla Manderly est plus mesurée ; si le plan de la reine manque de réalisme, il a, à ses yeux, le mérite de proposer une réaction immédiate et violente pour lutter contre l’envahisseur.
« Il sera de notre ressort, proches bannerets de la reine, de gérer l’approche pour ne pas envoyer nos troupes au suicide sous les murs de la ville. Il faut faire sortir l’ennemi pour avoir une chance. »
Lorsque nous réussissons enfin à trouver un instant de paix pour planifier la suite des événements, la zizanie menace notre petit groupe. Ferrego pense que la reine a été remplacée par un imposteur qui l’incarne par le biais de la magie, tout comme ses généraux. Seul Lars Cassel a échappé au sortilège, mais, depuis qu’il s’est rendu dans la tente de commandement, nous n’avons pas pu nous entretenir avec lui, et nous craignons qu’il ne tombe lui aussi dans le piège. Illirya, comme à l’accoutumée, accorde une confiance totale à Ferrego et pense qu’il faut immédiatement éliminer la reine et son état-major. Ma mère est cependant plus mesurée et se demande quelle est la probabilité que des sorciers rouges aient trompé les sens de Ferrego pour que nous nous entredéchirions. Car si la stratégie actuelle de la reine semble nous mener à notre perte, un régicide, qui entraînerait immédiatement une purge sanglante, voire une guerre civile, serait tout autant à leur goût.
Comme souvent dans nos discussions, deux camps se dessinent, avec d’un côté ma mère et Goldrick, décidés à défendre leur théorie, et de l’autre, Illirya, convaincue de la véracité des visions de Ferrego, lui-même plus prêt à admettre les limites de ses pouvoirs que sa mère, mais qui demeure tout de même de son côté. Et au milieu, comme toujours, mon grand-frère et moi, tiraillés pas la loyauté entre notre mère et notre ami de toujours, qui est comme un frère pour nous.
Après d’âpres négociations, ma mère et Goldrick finissent par admettre qu’il faut agir, et tenter quelque chose pour faire éclater le secret au grand jour. Il faut révéler à tous la supercherie, et pour ce faire, nous ne voyons d’autre solution qu’un assassinat. Mais là encore, les cibles nous séparent. Ma mère veut attaquer les généraux, pour que, en cas d’erreur, la reine soit épargnée. Illirya n’a pas ces scrupules et souhaite cibler la reine, plus facile à abattre car elle ne porte pas de casque pendant les déplacements de l’armée. A force d’empoignades verbales, chuchotées pour ne pas être repérées, nous en avons tous le larynx qui saigne, et lorsque nous allons nous coucher, je ne suis même pas sûre de qui va tuer qui. J’en retiens que Goldrick et Illirya vont s’embusquer sur l’itinéraire de l’armée et tirer sur l’état-major pour démasquer les conspirateurs.
Le lendemain, nous nous mettons en route, l’air aussi neutre que possible pour ne pas attirer l’attention sur notre plan. Ferrego remarque que Lars Cassel a lui aussi été remplacé ou possédé par nos ennemis, et nous savons que nous ne pourrons pas compter sur son soutien.
Au moment voulu, deux flèches s’abattent sur le cortège royal.
La reine, blessée à mort, s’effondre. L’un des généraux est touché au visage, révélant sous un masque de peau des traits complètement différents. Sous les yeux stupéfaits de la garde royale, les généraux survivants tentent de s’enfuir, mais c’était sans compter sur notre intervention. Ma mère, Jeor et moi-même les attendions de pied ferme. Les fuyards nous attaquent à l’épée pour se frayer un passage. Ma mère fait face à Lars Cassel, ou plutôt ce qu’il en reste, tandis que nous nous chargeons d’un autre général. Le combat est rude, et, sans le soutien de nos archers embusqués, nous aurions peut-être été tués. Finalement, les usurpateurs sont tous occis, et le chef de la garde royale ordonne à tous de baisser les armes. Il découvre avec horreur que la reine a été remplacée par un assassin sans visage du dieu de la mort de Braavos, de même que ses trois généraux. Dans l’un des coffres contenant les effets de la reine, la garde trouve le corps de Lars Cassel, égorgé comme un pourceau.
Ma mère ne perd pas une seconde. Puisqu’Edrick Blacksword est la main de la reine, elle exige le passage de l’autorité de l’armée à notre famille, et elle en prendrait elle-même le commandement, Jeor ayant déjà en charge nos propres soldats. Le chef de la garde ne nie pas ce droit hiérarchique mais utilise sa propre autorité pour faire stopper l’armée afin de discuter de l’avenir du Nord. Un conseil d’état-major se monte de toute urgence ; de nos décisions dépendra notre survie à tous.

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le Zakhan Noir
Dieu mais tant pis
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Re: [CR] [Trône de fer - Chroniques de Barrowlands]

Message par le Zakhan Noir »

ah ben c'est con j'étais dispo cet aprem...
Expliquer une blague, c'est comme disséquer une grenouille. On comprend le mécanisme, mais elle n'y survit pas (Mark Twain, un peu modifié)

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