[CR : Cthulhu Gumshoe] Black Pacific Ocean

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Léonard
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Re: [Black Pacific Ocean] Maintenant, les bombes pleuvent (2)

Message par Léonard »

Episode 8 : Maintenant, les bombes pleuvent (deuxième partie)

Résumé de la précédente partie : Envoyés à Shanghai en pleine guerre sino-japonaise pour faire échouer une opération de l'Océan Noir, les PJ découvrent que celle-ci n'était qu'un leurre lorsque l'un d'eux, George Chen-Wang, est enlevé. Mais ils parviennent toutefois à capturer un espion ennemi dans la Concession française.

Un espion nippon

Après une bonne nuit de sommeil, et tandis que le Lieutenant Packard, passé à tabac au cours du kidnapping de Chen-Wang, se repose à l'hôpital, les PJ se rendent au commissariat de la police française, où est détenu l'espion japonais. L'inspecteur Delmont leur présente Fernand Paquet, un colosse appartenant au Deuxième Bureau (les services de renseignements français), qui leur propose son aide.
Ce personnage avait été créé pour l'occasion par le joueur qui interprète habituellement George Chen-Wang.

L'interrogatoire de l'espion ne donne pas grand chose. Mais le jeune Meo, que les PJ avaient recruté lors de leur précédent voyage à Shanghai, se souvient qu'à ce moment-là, il avait suivi un agent japonais jusqu'à une boîte au lettres morte, dans le cimetière chinois de Fu Yu Tang. Cet endroit se trouve dans le quartier de Hongkou, qu'on appelle "le petit Tokyo", et où se déroulent les combats les plus violents.

Le cimetière de Fu Yu Tang

Sans traîner, les PJ décident de se rendre au cimetière de Fu Yu Tang, en se faisant passer pour des observateurs de la Croix-Rouge. Munis de faux papiers, ils passent les contrôles de l'armée chinoise, et s'enfoncent dans le quartier de Hongkou, ravagé par les bombardements, déserté par sa population, et où résonnent sporadiquement des fusillades.
Le cimetière est occupé par une escouade de soldats chinois, retranchés derrière des sacs de sable. Les PJ les interrogent, et apprennent que depuis quelques jours, des civils asiatiques viennent régulièrement se recueillir dans un carré où des prières, écrites sur des bandes de papier, sont accrochées aux arbres et aux tombes. Ils apprennent aussi que tous les soirs, on entend le son aigrelet d'un instrument à cordes provenir de derrière le mur ouest.
Ce témoignage rappelle des souvenirs angoissants aux PJ, qui avaient été confrontés en Mandchourie à un joueur de shamishen capable d'animer par sa musique de petits origamis, lesquels lui transmettaient oralement des messages. Or, ils ont trouvés sur l'espion capturé des petits morceaux de papiers couverts de plis, mais vierges de toute écriture...

Les PJ comprennent que les agents de l'Océan Noir qui opèrent en ville communiquent avec le joueur de shamishen par l'intermédiaire des origamis. Il leur suffit de parler aux morceaux de papier, avant de les déposer dans le cimetière. Ensuite, le musicien les récupère en jouant un morceau ensorcelé.
Cependant, en fouillant parmi les rubans de prière chinois, les PJ ne trouvent aucun origami suspect. Sans doute que les espions ne sont pas venus en déposer depuis la veille.
Avant de prendre congés des soldats chinois, les PJ les interrogent sur la rumeur de l'homme-singe, qui commettrait des meurtres dans la ville de Shanghai depuis quelques années. L'un des militaires, qui en a entendu parler, leur révèle alors qu'à chaque alerte aérienne, on entend dans le quartier les hurlements d'une bête inconnue, peut-être un grand singe.

En embuscade

Quittant le cimetière par la porte ouest, les PJ essaient de repérer des traces laissées par le joueur de shamishen, et trouvent quelques mégots de cigares japonais au coin d'un bâtiment abandonné. Ils décident de cerner les lieux à la nuit tombée pour tendre un guet-apens au sorcier de l'Océan Noir.
Quelques heures plus tard, alors que les PJ se sont cachés à des points stratégiques, ils voient s'approcher trois silhouettes. Elles s'arrêtent près du mur du cimetière, et l'une d'elle s'allume un cigare, tandis qu'un autre commence à jouer d'un instrument à cordes.
Depuis l'entrée d'une maison où il s'est caché, Fernand Paquet, l'agent français, repère une autre silhouette sur un toit, mais il ne peut prévenir ses compagnons. En revanche, il est remarqué par l'homme au cigare, qui se dirige aussitôt dans sa direction.

C'est là que l'affaire tourne mal. Paquet échoue à maîtriser en douceur l'homme de main japonais, et se prend une balle. Il parvient finalement à l'abattre, et saute par une fenêtre avant que l'autre sbire ne lui tire dessus. Au même moment, le Néerlandais Guus Van Diemen saute d'une fenêtre sur le dos du joueur de shamishen, et le professeur Bolgenstein vient rapidement lui prêter main forte pour mettre leur cible K.O.
De son côté, la belle Emy Carpenter, a réussi à attraper au vol deux petites grues en origami, en utilisant une veste en guise de filet à papillon.

C'est alors qu'une forme massive, et pourtant très athlétique, atterrit dans la rue, à quelques pas de Guus Van Diemen. Les PJ reconnaissent l'homme-singe en redingote, le Batutut de Bornéo asservi par l'Océan Noir. La créature essaie de se jeter sur notre Hollandais, mais Bolgenstein et lui le criblent de balles, épaulés par Emy Carpenter, qui l'aveugle d'un flash d'appareil photo.
Lorsque le professeur Bolgenstein donne le coup de grâce au Batutut, son cœur d'anthropologue se serre : au moment où il découvre le chaînon manquant entre le singe et l'homme, il est obligé de le mettre à mort ! Et il ne peut même pas rapporter son cadavre trop lourd, car les PJ doivent fuir au plus vite, en emportant le joueur de shamishen inerte, avant que d'autres Japonais n'accourent.

Deux interrogatoires

Quelques heures plus tard, au commissariat de police de la Concession française, les PJ interrogent le joueur de shamishen, qui leur révèle son nom : Kintaro Inaba. En bon Japonais, il ne révèle pas grand chose de plus, même face à l'intimidation. Le professeur Bolgenstein parvient toutefois à engager une discussion courtoise avec lui, au cours de laquelle le musicien reconnaît être un onmyoji, pratiquant d'une ancienne magie nipponne.
Mais lorsque le professeur aborde imprudemment le sujet de l'île de Ponape, Kintaro paraît surpris et irrité. Apparemment, malgré tout ce qu'il avait pu apprendre sur les PJ, il ignorait qu'ils étaient au courant des recherches menées par l'Océan Noir sur ce site.
En outre, Kintaro propose un marché aux PJ : sa libération contre celle de George Chen-Wang. Les PJ acceptent, et envoient un message dans ce sens aux autorités japonaises.

Pendant ce temps, dans une cave inconnue, George Chen-Wang est interrogé par un agent de l'Océan Noir. Ses méthodes sont bien plus barbares que celles des PJ, et sous la torture, notre antiquaire donne des informations sur les différentes missions déjà menées par le BSI.
Après cette séance éprouvante, le tortionnaire se montre un peu trop arrogant, et se laisse aller à quelques confidences sur l'Océan Noir. Il révèle que l'organisation a des plans pour s'opposer aux Occidentaux qui dépassent de loin le cadre de la Chine, et que ses vues s'orientent déjà vers un autre théâtre d'opération.
Puis, sans aucune explication, Chen-Wang est tiré de sa cellule, et confié à une belle inconnue qui soigne ses blessures. Enfin, la tête couverte d'une cagoule, il est fourré dans une voiture.

L'échange

Au petit matin, alors que la brume couvre la rivière Suzhou, les PJ conduisent Kintaro Inaba sur un pont qui sépare la Concession internationale du quartier japonais. Là, il est échangé contre un George Chen-Wang affaibli, mais sain et sauf.

Peu de temps après, nos agents du BSI quittent Shanghai, au moment où une flotte japonaise remonte le fleuve, annonçant une contre-attaque massive qui ne devrait pas manquer de faire tomber la résistance chinoise à Shanghai.
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Léonard
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Re: [Black Pacific Ocean] Interlude septembre-novembre 1937

Message par Léonard »

Interlude septembre-novembre 1937

Revenus de leur aventure périlleuse à Shanghai, les agents du BSI ont décidé de développer leurs activités de renseignements pour découvrir ce que la Société de l'Océan Noir manigance à Ponape :

- Le lieutenant-commander Beauregard se met en contact avec l'OP-20-G, service de cryptanalyse de l'US Navy, qui a une section à Manille. Le principal objectif de celle-ci est le décryptage des communications de la marine japonaise. Elle s’engage à rapporter au BSI toute transmission secrète provenant des îles Carolines.
- La navigatrice Emy Carpenter utilise son réseau de connaissances parmi les marins britanniques pour se faire rapporter les histoires de « magie » survenues dans le Pacifique occidental, et pour signaler toute activité japonaise inhabituelle.
- Guus Van Diemen écrit à son fils Peeter, étudiant à Amsterdam, pour qu’il se documente sur l’île de Ponape et le site de Nan Madol. Le jeune homme lui répond un mois plus tard, et rend compte des recherches archéologiques et anthropologiques menées par des scientifiques allemands avant la Grande Guerre.
- Mettant à profit quelques années en poste à Tokyo, le lieutenant Packard a contacté discrètement son ancien professeur de littérature japonaise, Saito Yoichi, qui a toujours eu des opinions libérales et démocrates. Rendez-vous est fixé en pays neutre, au Siam, sous le prétexte d’un faux colloque universitaire.

Début octobre 1937, on retrouve donc le lieutenant Packard à l’aéroport de Bangkok, attendant son vieil ami, tandis que les autres PJ se sont mêlés à la foule pour surveiller l’entrevue. Mais le professeur Saito ne descend pas de l’avion qu’il était sensé prendre.
Un peu décontenancé, Packard sort de l’aéroport. Il est alors abordé par un cornac, qui lui propose une promenade touristique en éléphant, suggérant d’aller voir « la pagode à cinq étages surgissant des arbres nus ». Le lieutenant reconnaît un haïku de Shiki, l’auteur préféré du professeur. Il accepte donc de monter dans la nacelle de l’éléphant, et se laisse conduire dans une direction inconnue.
Les autres PJ, voyant leur compagnon s’éloigner sur la pachyderme, sans en connaître la raison, grimpent dans des rickshaws pour le suivre de loin. Ils voient l’animal s’éloigner de la ville, et emprunter une piste à travers les rizières, avant de s’enfoncer dans la jungle. Abandonnant leurs véhicules, les PJ continuent à pied. Après une heure de marche, ils retrouvent l’éléphant et son cornac arrêtés à proximité des ruines d’un temple thaï. Là, assis sur un banc de pierre, ils découvrent Packard et un petit Asiatique en bras de chemise, en train de partager un thermos de thé.

Packard présente le professeur Saito à ses amis, et, après avoir échangé des nouvelles et bavardé du bon vieux temps, ils en viennent à l’objet de leur rendez-vous. Les PJ informent le professeur des plans sinistres de l’Océan Noir, et des travaux mystérieux qu’il mène à Ponape. Saito, fidèle à l’Empereur, mais hostile au régime militaire qui veut conduire son pays à la guerre, accepte de les aider. Il a entendu parler de recherches secrètes menées outre-mer par des chercheurs de l’Université de Tokyo, et s’engage à s’informer sur ce sujet. Les PJ et lui se mettent d’accord sur un moyen de transmettre des lettres en évitant la censure japonaise, et sur un code à employer pour évoquer certains sujets sensibles. Puis Packard salue le professeur avec affection, le cœur serré en pensant aux risques que son ami s’apprête à prendre pour lui venir en aide.
Dernière modification par Léonard le lun. déc. 21, 2015 6:36 pm, modifié 1 fois.
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Orlov
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Re: [CR : Cthulhu Gumshoe] Black Pacific Ocean

Message par Orlov »

Toujours aussi palpitantes les aventures du BSI !

J'ai une petite question: comment as-tu joué la rencontre avec le Cornac ? est-ce qu'il y a eu jet de dés, par exemple, pour authentifier le haiku de Shiki ?
Johan Scipion a écrit : lun. janv. 23, 2017 3:52 pm Ça va être fun, ça va être jeune, et vous allez tous mourir.
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Léonard
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Re: [CR : Cthulhu Gumshoe] Black Pacific Ocean

Message par Léonard »

Ce passage-là s'est fait pratiquement sans jet de dé, vu qu'il n'y avait pas de danger véritable. Et puis comme on joue avec le système Gumshoe, il n'y a pas de jet pour l'enquête.
Ce que je n'ai pas écrit dans le compte-rendu, c'est que le joueur avait lui-même eu l'idée d'écrire, dans sa fausse invitation de l'université de Bangkok au professeur Saïto, un haïku qu'ils avaient étudié ensemble, pour faire connaître son identité. Donc, en entendant un haïku du même auteur, à Bangkok, c'était naturel que le PJ fasse immédiatement le lien.

Sinon, cet interlude n'était que l'intro d'un scénario assez court, dont je ferai le compte-rendu... incessamment sous peu.
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Sammael99
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Re: [CR : Cthulhu Gumshoe] Black Pacific Ocean

Message par Sammael99 »

Cooooool!

De mon côté je prépare (ou plutôt je pré-prépare) une partie de Godlike où les PJs seraient des Talents Chinois pendant l'attaque de Shanghai en 37, donc c'est dire si ça me parle...
Mozart n'a pas écrit que le Boléro de Ravel. Mais aussi plein d'autres trucs beaucoup moins connus (comme le canon de Pachelbel). - Le Grümph
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Léonard
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[CR : Black Pacific Ocean] Black & White Ocean

Message par Léonard »

Je suis salement en retard dans mes compte-rendu, moi.

Episode 9 : Black & White Ocean

13 novembre 1937.
Les agents du BSI à Manille reçoivent un appel du bureau philippin de l’OP-20-G, le service de cryptanalyse de l’US Navy. Il vient d’intercepter plusieurs messages de la marine impériale japonaise, qui font apparaître une activité inhabituelle de ses bâtiments dans les îles Carolines, au large de Ponape. Les PJ se rendent au siège de l’OP-20-G, où on leur précise que, d’après les messages partiellement décodés, les Japonais se livrent à une vaste opération de recherche en mer, dont l’objet est inconnu.
Les Carolines sont trop loin pour que les PJ puissent s’y rendre rapidement en hydravion, et aucun bâtiment militaire allié ne croise dans le secteur. En revanche, un cargo indépendant, le Brisbane, est localisé en bordure des eaux de Micronésie, sous mandat japonais. Or, il se trouve que Emy Carpenter connaît bien son commandant, le capitaine Peter Hawkins. Elle le contacte donc par radio, et lui demande de faire un petit détour vers le nord, afin de savoir ce que trame la flotte nipponne.

A ce moment-là, les joueurs ont laissé leurs personnages habituels pour incarner une partie de l’équipage du Brisbane :
- Le capitaine Peter Hawkins.
- Bruce, le bosco.
- Samuel, marin et doyen de l’équipage.
- Ieremia, un solide marin micronésien.
- Graham, le mousse.


Le Brisbane, chargé d’une cargaison de phosphate en vrac embarqué dans les îles Gilbert, longe l’équateur en direction de Singapour. A la demande d’Emy Carpenter, il met donc le cap au nord, et plusieurs membres d’équipage montent sur le pont pour scruter l’horizon.
Ces derniers aperçoivent finalement les panaches de fumées de plusieurs navires importants. C’est alors que l’officier radio reçoit un message en morse de la marine impériale, les enjoignant de quitter immédiatement les eaux sous mandat japonais. Le Brisbane est bientôt survolé par deux chasseurs Mitsubishi A5M, qui sillonnent le secteur à basse altitude, comme s’ils cherchaient quelque chose.
Malgré les stratagèmes de l’équipage pour faire croire à une avarie, les messages des navires nippons se font insistants, et le capitaine Hawkins prend la décision prudente de faire demi-tour.

Peu de temps après, les PJ remarquent des nuages noirs qui se forment au loin. A mesure que le temps se gâte, il apparaît que c’est un typhon qui arrive du nord-ouest. Pourtant, la météo ne l’avait pas annoncé, alors que ce genre de phénomène est parfaitement prévisible, habituellement.
Lorsqu’il s’avère que le Brisbane ne pourra pas esquiver la tornade, l’équipage s’empresse de préparer le navire à affronter la tempête : ils fixent tous les éléments mobiles dans les cabines, préparent une ligne de vie sur le pont, et étanchéifient les écoutilles de la cale. Cette dernière précaution est vitale : avec le roulis, la cargaison de phosphate en vrac risque de se déplacer, et de faire gîter dangereusement le navire. Le risque serait encore plus grand si le minerai était mouillé, car il se transformerait en boue qui glisserait encore plus facilement d’un bord à l’autre, et pourrait faire chavirer le cargo en un instant.

Alors qu’il surveille l’avancée du typhon, un guetteur aperçoit une voile par tribord : il s’agit d’une pirogue traditionnelle, avec deux hommes à son bord, qui a bien peu de chance de tenir le choc face à la tempête. Le capitaine Hawkins fait alors mettre une chaloupe à la mer, pour aller porter secours aux inconnus.
Une fois cette délicate opération réussie, les deux occupants de la pirogue grimpent à bord du cargo. Il s’agit de deux pêcheurs micronésiens, qui s’avèrent en bonne santé, mais clignent curieusement des yeux à la lumière du soleil. Ils ne parlent que leur langue natale, mais le marin Ieremia parvient à communiquer avec eux dans son dialecte des îles Gilbert.

Le plus âgé des deux hommes se nomme Haruo, et l’autre est son fils, Kerai. Ils viennent de l’île de Pingelap, dans l’archipel des Carolines, à proximité de Ponape. Comme beaucoup d’habitants de cet atoll, ils souffrent d’achromatopsie, une maladie congénitale qui les empêche de voir les couleurs, et les rend sensibles à la lumière.
Haruo explique que les habitants de Pingelap souffrent depuis plusieurs années sous le joug des « Longues Faces » (les Japonais). Mais jusqu’à l’été dernier, tous ceux qui avaient tenté de fuir l’archipel avaient disparu, attirés par « l’île-brume » qui se déplaçait dans les environs.
En juillet, « l’île-brume » a disparu pour une raison inconnue. Et puis, il y a deux ou trois semaines, les pêcheurs de Pingelap ont commencé à apercevoir, la nuit, « des rêves qui filaient sur la mer comme des bancs de poissons volants ». Il faut dire que leur trouble visuel leur permet de distinguer des choses invisibles aux autres hommes. Persuadés que ces rêves, qui proviennent de Ponape, sont une nouvelle forme de sorcellerie fomentée par les Longues Faces, Haruo a décidé de fuir Pingelap avec son fils, et de signaler le phénomène à d’éventuels alliés.

Pendant que les marins Ieremia et Samuel tenaient cette conversation avec les deux pêcheurs, le typhon s’est abattu sur le Brisbane.
Le capitaine Hawkins fait de son mieux pour diriger le navire au milieu de la mer démontée, et pour éviter qu’une lame ne le fasse chavirer. Et à bord, les marins doivent intervenir plusieurs fois pour réparer des avaries : ils doivent sortir sur le pont pour jeter à la mer un mât de charge qui s’est brisé, et menace d’endommager l’écoutille de la cale. Ils portent secours à l’officier radio, électrocuté par son appareil de transmission détrempé. Enfin, ils descendent en salle des machines pour évacuer le chef mécanicien, blessé par la chute d’une boîte à outils, et pour réparer une voie d’eau.

Après plusieurs heures de lutte contre les éléments, le Brisbane sort de la tempête, mal en point mais toujours à flot. Un navire de la Royal Navy le rejoint, et le remorque jusqu’à Lae, en Nouvelle-Guinée.
C’est là que les agents du BSI retrouvent l’équipage du Brisbane. Ils interrogent Haruo et Kerai, dont le témoignage leur semble très intéressant. D’autant que les deux pêcheurs étaient certainement l’objet des recherches de la flotte japonaise, et que, d’après eux, le typhon imprévu a été lancé par un sorcier pour les noyer. Si c’est le cas, cela signifie que la Société de l’Océan Noir voulait absolument les empêcher de révéler ce qu’ils ont pu voir.
Dernière modification par Léonard le lun. déc. 21, 2015 6:38 pm, modifié 1 fois.
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Re: [CR : Cthulhu Gumshoe] Black Pacific Ocean

Message par Sama64 »

toujours aussi passionnant à lire :)

Petite question : comment se passe la transition entre le groupe de PJs "classique" et les marins ?
as tu expliqué aux joueurs que c'était un intermède, destiné à leur montrer une partie de l'histoire ?
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Léonard
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Re: [CR : Cthulhu Gumshoe] Black Pacific Ocean

Message par Léonard »

A vrai dire, ce n'est pas la première fois que je leur fais un coup dans ce genre-là, alors mes joueurs ont l'habitude de se faire secouer un peu.
Il suffit de mettre une musique d'ambiance, et d'annoncer "Pendant ce temps-là, sur le Brisbane..." tout en disposant sur la table une série de prétirés illustrés par des photos pour que les joueurs rentrent dans le jeu.

Bon, là, il y a juste un joueur qui a eu une grosse frayeur. Il était aux toilettes quand j'ai fait la transition, et quand il est revenu et que sa copine lui a dit : "Tiens, il faut que tu choisisses une fiche", il s'est tourné vers moi en s'écriant : "Quoi ? T'as pas tué mon perso ?" 8O
:mrgreen:


Je trouve que ce genre de changements se fait assez naturellement, et que c'est plutôt rafraichissant pour les joueurs. Ils peuvent se permettre d'interpréter leurs personnages de substitution de façon un peu caricaturale, de se lâcher un peu, sachant qu'ils ne les garderont pas longtemps.
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Re: [CR : Cthulhu Gumshoe] Black Pacific Ocean

Message par nonolimitus »

Tes CR sont une véritable tuerie !!!

Excellente campagne et quelle narration :bravo:

Que j'aimerais faire jouer ce genre de chose avec mes joueurs !!!

Bon, je suis plus Action/Aventure qu'enquête et mes joueurs tiennent plus des "Innommables" que de "Théodore Poussin"...

Vivement la suite :yes:
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Re: [CR : Cthulhu Gumshoe] Black Pacific Ocean

Message par Léonard »

Merci pour les compliments. :oops:

Je suis étonné que certains trouvent mes CR agréables à lire... voire même qu'ils les lisent.
Personnellement, j'ai du mal à accrocher aux CR. Je trouve qu'une bonne partie de jeu de rôle fait rarement une bonne histoire à raconter.
Enfin, ça doit tenir au fait que je cherche la concision, en évitant de raconter les détails et les scènes inutiles, et éventuellement en réorganisant la chronologie des événements pour que l'histoire soit plus facile à comprendre.
Dernière modification par Léonard le sam. déc. 19, 2015 7:52 am, modifié 1 fois.
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Re: [CR : Cthulhu Gumshoe] Black Pacific Ocean

Message par Orlov »

Moi, j'aime bien écrire des CR et j'en consomme beaucoup.
C'est une très bonne manière d'améliorer ses scénarios: piquer des idées à droite et à gauche, envisager comment d'autres MJ gèrent la technique.
Enfin, les joueurs aiment bien qu'on rende hommage à leurs exploits.

En tous les cas, j'adore cette campagne.
Johan Scipion a écrit : lun. janv. 23, 2017 3:52 pm Ça va être fun, ça va être jeune, et vous allez tous mourir.
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Re: [CR : Cthulhu Gumshoe] Black Pacific Ocean

Message par Antharius »

Léonard a écrit :Merci pour les compliments. :oops:

Je suis étonné que certains trouvent mes CR agréables à lire...
C'est un super boulot et vraiment sympa à lire mais si tu préfère je peux dire que j'aime pas ^^
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Re: [CR : Cthulhu Gumshoe] Black Pacific Ocean

Message par Léonard »

Intermède : une lettre du professeur Saito

Décembre 1937.
Les agents du BSI reçoivent une lettre transmise par l'ambassade néerlandaise à Manille, et provenant de son homologue à Tokyo. Ecrite par le Professeur Saito, que les PJ ont réussi à engager comme informateur au Japon, elle détaille les renseignements qu'il a pu obtenir dans le milieu universitaire.
Saito a pu dresser la liste des chercheurs nippons qui ont travaillé sur l'île de Ponape depuis deux ans. Il apparaît que plusieurs campagnes de recherches ont eu lieu, dans des spécialités bien différentes : si les premiers chercheurs étaient des archéologues et des anthropologues (spécialistes des cultures de Pacifique occidental), ils ont été remplacés par un géographe, des psychologues (dont un théoricien de la télépathie), puis des physiciens œuvrant sur les ondes magnétiques et radioélectriques. Aucun compte-rendu de leurs travaux à Ponape n'ont été publiés.

Les PJ commencent à faire le lien entre ces recherches mystérieuses et les rêves que les pêcheurs de Pingelap ont vu courir sur la mer comme des bancs de poissons volants...
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Re: [Black Pacific Ocean] Un Noël à Manille

Message par Léonard »

Un Noël à Manille
Eh oui, comme pour toutes les séries, il fallait un épisode de Noël

24 décembre 1937.
Les agents du BSI, dont le bureau est situé à Manille, sont invités à une réception de Noël par le fameux général MacArthur, leur supérieur le plus élevé, pour les récompenser des résultats discrets mais déterminants accomplis par leur modeste section. La soirée se déroule au dernier étage du luxueux Manilla Hotel, transformé en vaste suite où logent le général et son épouse depuis près de deux ans.

La réception

Les PJ sont accueillis par le général MacArthur et son épouse Jean, enceinte de six mois environ. On leur présente l'état-major du général (notamment le lieutenant-général Dwight Eisenhower), puis ils se mêlent aux invités, hommes d'affaires américains et riches notables locaux (y compris deux membres du gouvernement philippin). Au fond de la salle, un orchestre de jazz enchaîne des standards de Noël américains.

Au cours de la soirée, les PJ remarquent les personnalités suivantes :
- Un homme d'affaire texan, Terry Minck, et sa jeune épouse, une magnifique Philippine nommée Malaya qui s'extasie devant la grossesse de Jean Macarthur, lui touchant le ventre avec tendresse.
- Matias del Rosario, un propriétaire terrien du nord de l'île de Luçon, qui possède une fabrique de cigares renommée, et fournit le général MacArthur et son état-major. Miss Carpenter le rencontre alors qu'il s'est éloigné sur la terrasse. Victime d'une crise de malaria passagère, elle le trouve pâle et transpirant, mais il retrouve vite une contenance.
- Méfiant, le Lieutenant Packard aborde un jeune japonais, Paul Hasegawa, qui se présente comme armateur, et accessoirement conseiller et interprète de MacArthur. Il demande à être présenté à Guus Van Diemen, dont les affaires commerciales l'intéressent.
- A table, les PJ discutent avec le Révérend Edmund Blake, qui se montre critique envers les "papistes fanatiques" que sont les Philippins. Il explique que le mariage de MacArthur, l'année dernière, a fait grincé des dents chez ses amis autochtones, simplement parce que le général est divorcé depuis une dizaine d'années.
- Les PJ sont aussi attablés avec l'aide de camp du général, le Capitaine Davis, et son épouse Margaret. Ils remarquent que le couple est en froid, et que Mrs Davis semble très tendue.
- La cantatrice Atang de la Rama vient prendre place sur scène, et entonne quelques airs de Kundiman, la musique romantique philippine. Sa voix fait sensation auprès de l'assistance. Après sa prestation, elle rejoint son mari, l'écrivain Amado Hernandez, connu pour ses opinions indépendantistes, libérales et égalitaires.

Vers 23 heures, Jean MacArthur prend congé de ses invités, car sa grossesse la fatigue beaucoup, et il lui faut du repos.
Peu de temps après, les convives philippins commencent eux aussi à quitter la réception pour se rendre à la cathédrale, afin de ne pas rater la messe de minuit.

Un cri dans la nuit

Peu de temps après le départ des invités philippins, alors que le général MacArthur et quelques amis fument un cigare sur la terrasse, on entend retentir un cri de femme. Reconnaissant la voix de son épouse, le général se précipite à l'intérieur pour rejoindre sa chambre. Les PJ lui emboîtent le pas, sauf le professeur Bolgenstein, qui préfère contourner l'étage par la terrasse. Lorsqu'il arrive devant la chambre de Mrs MacArthur, il a juste le temps d'apercevoir une forme jaune pâle passer par-dessus le parapet du balcon et s'élancer dans le vide.
Pendant ce temps, les autres PJ ont suivi le général dans la chambre, dont la porte vient d'être ouverte par un garde en faction. Ce dernier n'a vu personne, et pourtant, Jean MacArthur est en proie à une crise de panique. Réconfortée par Miss Carpenter, elle accepte de se confier à elle, en privé : la malheureuse dit avoir senti un contact remonter le long de ses jambes, sous sa chemise de nuit. Miss Carpenter en conclue que quelqu'un ou quelque chose a voulu s'en prendre à son bébé. Elle fait quérir un médecin, pour qu'il examine l'état de Mrs MacArthur.

Ne trouvant aucun indice sur la terrasse ou dans la chambre, les PJ, accompagnés par le général, descendent dans le jardin. Mais ils ne trouvent aucune trace de la chose que le professeur a vu sauter du balcon. Cependant, ils rencontrent le capitaine Davis, qui s'est éloigné sous les arbres pour parler avec un maître d'hôtel. L'officier explique qu'il a raccompagné les invités philippins, et qu'il discutait de questions d'organisation avec l'employé du Manilla Hotel.

Remontant au cinquième étage, les PJ et le général rencontrent le médecin qui a examiné Mrs MacArthur. Il affirme que la dame et son enfant se portent bien. Il pense qu'elle a fait un cauchemar, et lui a donné un somnifère pour la nuit. Apparemment, l'incident est clos.

Pas de jour férié pour le BSI

Le lendemain, jour de Noël, les PJ décident tout de même d'enquêter sur cette affaire.
Le lieutenant Packard, dont les soupçons se portent sur la belle Malaya Minck, à cause de son attitude devant la grossesse de Mrs MacArthur, décide de surveiller discrètement la demeure de l'homme d'affaire texan. Mais il ne remarque rien de suspect, si ce n'est l'arrivée de parents pour le repas de Noël.
Le professeur Bolgenstein, qui connaît bien les Philippines, se plonge dans ses notes et ses livres d'anthropologie, pour savoir ce que dit le folklore local d'une créature qui s'en prendrait aux femmes enceintes. Il apparaît que deux monstres différents sont supposés dévorer les fœtus dans le ventre de leur mère : l'Aswang, un vampire capable de prendre plusieurs formes (chien, oiseau, chauve-souris...), et la Manananggal, une sorcière dont le torse peut se détacher des jambes pour s'envoler avec des ailes de chauve-souris. Notre anthropologue prend rendez-vous avec son mentor à Manille, le professeur Otley Beyer, le spécialiste de l'ethnologie philippine.

Les PJ se réunissent autour d'un repas de Noël, avec les enfants de Guus Van Diemen, que celui-ci a fait venir de Batavia pour les fêtes. Puis ils décident d'aller faire une balade digestive autour du Manilla Hotel, pour chercher des indices à la lumière du jour.
Dans le jardin du palace, ils découvrent les traces d'un grand chien, venant de la route la plus proche. Elles s'arrêtent à une vingtaine de mètres du bâtiment, à un endroit où elles piétinent et se mêlent à des traces plus petites que Guus Van Diemen identifie comme celles d'une grande roussette (une chauve-souris géante des Philippines). Fait étrange, aucune trace n'indique que le chien soit reparti dans une autre direction.

Le soir, Miss Carpenter rend visite à une de ses connaissances, une Anglaise mariée à un officier américain, qui lui rapporte quelques potins concernant les Davis : on raconte que le capitaine aurait une aventure avec une jeune employée philippine du Manilla Hotel.

Le 26 décembre au matin, Guus Van Diemen rencontre Terry Minck, avec qui il a officiellement pris un rendez-vous d'affaire. Le Texan lui parle de ses investissements dans l'importation de matériel industriel, ainsi que son épouse, la belle Malaya. Il raconte comment il est tombé amoureux d'elle après l'avoir engagé comme secrétaire, et comment il l'a rapidement demandé en mariage, malgré les réticences de leurs deux familles (les parents de Malaya tolèrent assez mal que Minck ne soit pas catholique).
N'ayant rien remarqué de suspect dans ses propos, Van Diemen le quitte, non sans avoir envisagé des accords commerciaux entre sa société maritime à Batavia et l'entreprise de Minck.
Le lendemain, Guus Van Diemen prendra un rendez-vous analogue avec le japonais Paul Hasegawa. Lui non plus ne semble pas impliqué dans l'affaire du Manilla Hotel, et il ne semble pas être un espion à la solde de l'Empire du Soleil Levant. Tout comme pour Minck, notre armateur hollandais lui propose un partenariat commercial.

L'ombre de l'Aswang

Le 26 décembre, le professeur Bolgenstein est accueilli dans le bureau de son mentor, Henry Otley Beyer. Ce dernier lui parle du mythe de l'Aswang, qu'il a soigneusement étudié pendant plusieurs années. Même si les variations sont très nombreuses d'une région à l'autre, on retrouve certains traits caractéristiques dans de nombreux récits : l'Aswang, sous forme animale, serait capable d'aller aspirer un fœtus dans le ventre de sa mère en déroulant une langue ou une trompe démesurée, qu'il glisserait entre les lattes en bambou du parquet, dans les maisons traditionnelles.
On dit qu'il existe plusieurs moyens de s'en protéger, comme le sel, l'ail, les symboles religieux, ou un talisman (anting-anting) préparé par un albularyo, un guérisseur. On dit aussi qu'avoir un Aswang dans son quartier est gage de sécurité, car il ne s'en prend pas à ses voisins.
L'Aswang, qui apparaît comme une personne normale le jour, serait doté d'une grande force physique la nuit. Il y aurait peu de moyen de le détruire, mais un albularyo pourrait en dire plus sur le sujet.
Avant qu'ils ne se quittent, le professeur Otley Beyer remet à Bolgenstein un gros dossier qui contient ses relevés d'entretiens concernant l'Aswang. Il lui indique aussi le nom d'un albularyo de sa connaissance.

De son côté, Miss Carpenter rend visite à la cantatrice Atang de la Rama, prétextant d'organiser une réception où elle aimerait la voir chanter. Discutant avec la chanteuse et son mari, Amado Hernandez, l'Anglaise prétend s'intéresser à la culture philippine et à son folklore. Elle évoque le sujet de l'Aswang, mais l'écrivain n'y voit que superstition et obscurantisme religieux, et une manière d'expliquer l'interruption de grossesses non désirées.

Le soir, les PJ se réunissent pour lire les notes du professeur Otley Beyer. Elles font apparaître que depuis une dizaine d'années au moins, des femmes ont prétendu avoir été attaquées par un Aswang, dans des circonstances proches. La plupart des cas ont été relevés dans le nord de l'île de Luçon, mais certaines victimes vivaient à Manille, ou dans d'autres villes de la côte occidentale de l'île. De plus, il s'avère que presque toutes étaient des prostituées ou des filles-mères déshonorées par leur grossesse.
Les PJ se souviennent alors que Matias del Rosario, le producteur de cigares du général MacArthur, vit dans le nord de Luçon, et que ses affaires l'amènent régulièrement à Manille.

Le lendemain, les PJ se renseignent sur les affaires de Matias del Rosario. Il apparaît que celui-ci ne possède que quelques entrepôts à Manille, mais que sa fabrique de cigares se situe à San Quintin, dans la cordillère du nord, où il possède des terres sur lesquelles est cultivé le tabac. Guus Van Diemen cherche à prendre rendez-vous avec lui, mais il apprend qu'il a pris la mer pour rejoindre son domaine dès le 25 décembre.

De son côté, Walter Bolgenstein se rend chez Andrès Kalaw, l'albularyo indiqué par Otley Beyer. Le vieil homme connaît beaucoup de choses sur les Aswang, et se dit capable de fabriquer (contre une forte somme), une huile qui bout lorsqu'on l'approche de l'une de ces créatures, ainsi qu'un fouet en queue de raie, seul moyen de les tuer, avec la décapitation.

Les PJ décident d'attendre quelques jours, le temps que l'albularyo ait terminé de fabriquer les deux objets. Puis ils affréteront leur hydravion pour rejoindre le nord de Luçon, afin de rendre une visite à Matias del Rosario sur ses terres.

A suivre...



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Orlov
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Re: [Black Pacific Ocean] Un Noël à Manille

Message par Orlov »

Léonard a écrit :[...]
Ne trouvant aucun indice sur la terrasse ou dans la chambre, les PJ, accompagnés par le général, descendent dans le jardin. Mais ils ne trouvent aucune trace de la chose que le professeur a vu sauter du balcon. Cependant, ils rencontrent le capitaine Davis, qui s'est éloigné sous les arbres pour parler avec un maître d'hôtel. L'officier explique qu'il a raccompagné les invités philippins, et qu'il discutait de questions d'organisation avec l'employé du Manilla Hotel.
Salut Léo,

Super C/R comme d'hab ... Content de voir ce monstre du Fiend Folio revenir dans sa patrie d'origine !

Comment tu gères ça justement ? les PJ font quand même des dépenses ?
Johan Scipion a écrit : lun. janv. 23, 2017 3:52 pm Ça va être fun, ça va être jeune, et vous allez tous mourir.
Projet JDRA: Grandes Terreurs: Cthulhu chez les Soviets et son C/R
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