[CR : Cthulhu Gumshoe] Black Pacific Ocean

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Léonard
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Re: [Black Pacific Ocean] Un Noël à Manille

Message par Léonard »

Orlov a écrit :
Léonard a écrit :[...]
Ne trouvant aucun indice sur la terrasse ou dans la chambre, les PJ, accompagnés par le général, descendent dans le jardin. Mais ils ne trouvent aucune trace de la chose que le professeur a vu sauter du balcon. Cependant, ils rencontrent le capitaine Davis, qui s'est éloigné sous les arbres pour parler avec un maître d'hôtel. L'officier explique qu'il a raccompagné les invités philippins, et qu'il discutait de questions d'organisation avec l'employé du Manilla Hotel.
Salut Léo,

Super C/R comme d'hab ... Content de voir ce monstre du Fiend Folio revenir dans sa patrie d'origine !

Comment tu gères ça justement ? les PJ font quand même des dépenses ?
Avec le système Gumshoe, je limite demande peu de dépenses de points d'investigation. Pour l'exemple que tu cites, il n'y a aucune dépense, puisqu'aucun indice n'a été trouvé. Les PJ ont juste aperçu le capitaine et le maître d'hôtel. Ils auraient peut-être pu demander à dépenser un point un Psychologie, et j'aurais alors annoncé qu'ils remarquaient l'air préoccupé et agacé du capitaine, ou l'air satisfait du maître d'hôtel.

Dans cette partie, il y a eu pas mal de dépenses de points. Par exemple :
- Les PJ remarquent des traces de chiens mêlées à des traces griffues plus petites, qu'ils ne devraient pas identifier. Mais Van Diemen, qui connaît bien la jungle indonésienne, dépense un point en Connaissance de la Nature, et reconnaît les traces d'une chauve-souris géante.
- Bolgenstein a utilisé un point en Anthropologie pour obtenir des renseignements précis sur l'Aswang par son mentor (j'aurais pu demander 2 points sur ce coup-là, mais comme il est noté dans l'historique du PJ qu'il a étudié la culture des Philippines avec l'authentique spécialiste de ce pays, je lui devais bien ça).
- Miss Carpenter, en bonne aristocrate, dépense un point en Niveau de Vie pour se faire inviter par une épouse d'officier qui lui raconte les derniers potins. Elle aurait pu se contenter d'apprendre que le capitaine Davis trompait sa femme, mais je lui ai proposé de claquer un point en Histoire Orale, et je lui ai révélé que la maîtresse appartenait au personnel du Manilla Hotel.
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Léonard
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Re: [Black Pacific Ocean] Un Noël à Manille

Message par Léonard »

Suite de l'épisode Un Noël à Manille

Un vol pour le Nord

Décidés à retrouver le propriétaire terrien Matias del Rosario, qu'ils soupçonnent d'être un Aswang, les PJ retournent au bout de quelques jours chez l'albularyo Andrès Kalaw. Ce dernier leur a préparé une fiole d'huile qui doit bouillir quand on l'approche d'un Aswang, ainsi qu'une cravache faite à partir d'une queue de raie, seule arme efficace contre le monstre. Enfin, il leur remet un talisman (anting-anting) pour s'en protéger, mais destiné avant tout aux femmes enceintes.

Ainsi parés à affronter l'Aswang, le Lieutenant-Commander Packard, le professeur Bolgenstein et Guus Van Diemen embarquent à bord de leur Martin M-130, en direction du nord de l'île de Luçon. Après quelques heures de vol, ils amerrissent en baie de Vigan, le port le plus proche de San Quintin, où vit Rosario.

A Vigan

Vigan est une vieille ville paisible, au charme hispanique désuet. Les PJ y passent la soirée, dînant dans un restaurant du port où on leur parle de l'excellente réputation de la fabrique de cigares Rosario.
A la nuit tombée, ils se rendent dans le quartier du port, où le professeur Bolgenstein retrouve un de ses contacts peu recommandables, un employé de taverne nommé Ignacio. Ils lui demandent de les mettre en relation avec une prostituée, Lucilia, dont le témoignage a été consigné par l'anthropologue Henri Otley Beyer, en tant que victime d'un Aswang.

Les PJ sont conduits chez Lucilia, une femme d'âge mûr, désormais, qui les accueille dans sa cuisine, et propose à Packard les services de l'une de ses nièces. Ayant dissipé le malentendu, le pudique officier l'encourage à raconter son histoire. Elle fait le récit de l'expérience traumatisante que fut la perte de son enfant, et explique que d'autres prostituées de la ville ont subi le même sort au cours des dernières années. La dernière a été frappée au mois de mars 1937, et certaines sont même mortes des suites de l'hémorragie.

Dès le lendemain, les PJ envoient un télégramme à Matias del Rosario, pour demander à le rencontrer, sous le prétexte de possibles accords commerciaux avec la société d'import-export de Guus Van Diemen. Ils louent ensuite une voiture avec chauffeur, pour se rendre au village de San Quintin.

La route de San Quintin

Sur la longue route cahotante qui les conduit vers la montagne, les PJ ont tout le temps de discuter avec Uberto, leur chauffeur. Celui-ci leur parle de Matia del Rosario, un homme bon et généreux, qui fait vivre une grande partie des habitants de San Quintin et des paysans des environs avec sa fabrique de cigares. Il leur offre des salaires très corrects, les aide en cas de difficulté, et tout le monde semble l’apprécier.

Alors que la voiture traverse une forêt, Uberto coupe soudain le moteur. Il a repéré, un peu plus loin, au bord de la route, un petit groupe de chasseurs à l’affut. Ce sont des Tinguians, une peuplade traditionnelle et animiste. Uberto explique qu’une tribu vit sur les hautes terres proches de San Quintin. Aujourd’hui, ils sont pacifiques, mais ils étaient encore considérés comme des chasseurs de tête il y a une dizaine d’années. Quoiqu’il en soit, le chauffeur préfère éviter de les mettre en colère en troublant leur chasse.
Poussé par son instinct d’anthropologue, le professeur Bolgenstein descend de la voiture pour rejoindre les Tinguians alors qu’ils s’enfoncent dans la forêt. Connaissant quelques rudiments de leur dialecte, il se présente en ami. Il leur dit aussi qu’il est venu détruire un Aswang, et qu’il lui faudrait de l’aide pour y parvenir.
Le jeune homme qui dirige le groupe de chasseur, Bagbagak, paraît intéressé, car sa tribu est aussi victime de l’Aswang. Il propose à Bolgenstein de venir dans les prochains jours dans son village, pour rencontrer le chef Bayanai, qui est aussi son beau-père, afin de discuter de ce sujet avec lui. Le professeur accepte la proposition, et rejoint ses amis.

Chez Matias del Rosario

Après avoir quitté la forêt, la voiture traverse les champs de tabac de la Cordillère Centrale, et atteint le petit village de San Quintin. Mais les PJ ne s’y arrêtent pas, et se rendent directement à la propriété Rosario. Ils sont reçus par une vieille servante, qui les fait entrer dans la magnifique hacienda.
Le maître des lieux les reçoit aimablement. S’il ne cache pas sa surprise de leur visite impromptue, il se dit ravi de les accueillir, et prêt à discuter de transactions commerciales.

Au souper, Matias del Rosario présente aux PJ son neveu, Adrian de la Cruz. Veuf et sans enfant, Rosario a choisi le jeune homme comme héritier, et a entrepris de le former à sa succession.
A table, la discussion est très cordiale. Guus Van Diemen envisage avec son hôte un partenariat, afin d’exporter une petite quantité de cigares Rosario, en tant que produits de luxe, aux Indes néerlandaises, ou même jusqu’aux Pays-Bas.

Après le repas, les PJ accompagnent Matias del Rosario à San Quintin, pour assister à un bal populaire, pour la nuit de la Saint-Sylvestre. Ils constatent l’attachement de la population locale au propriétaire terrien, qui se montre très aimable avec eux.
Le lendemain matin, ils vérifieront la bonne réputation de Rosario en le voyant participer à une procession, au cours de laquelle il porte un lourd brancard surmonté d’une statue de la Sainte-Vierge, attestant ainsi de sa ferveur religieuse.

Malgré cette image sans tache de Matias del Rosario, les PJ ont pu s’assurer pendant la nuit, en approchant la fiole d’huile enchantée de la porte de sa chambre, qu’il était bien l’Aswang.
Jonathan Packard et Guus Van Diemen se posent donc un cas de conscience : doivent-ils s’attaquer à cet homme honorable et aimé de tous le jour, mais qui se comporte certaines nuits en monstre sanguinaire ?

Le village tinguian

De son côté, le professeur Bolgenstein reste inflexible. Au matin, il trouve un paysan local pour le guider, et part à pied vers les hautes terres, pour rejoindre le village tinguian.

Après plusieurs heures de marche harassante, il est accueilli sans hostilité par les indigènes. Le jeune Bagbagak le conduit jusqu’à la hutte du chef Bayanai, qui accepte de recevoir l’anthropologue. Ce dernier rencontre aussi la belle Marikit, fille du chef et épouse de Bagbagak, et constate qu’elle est enceinte de plusieurs mois.
Cette grossesse explique certainement que Bayanai soit sensible à la demande d’aide de Bolgenstein. En effet, l’Aswang, qui semble choisir ses victimes parmi les pécheresses étrangères à San Quintin, n’hésite pas à s’en prendre aussi aux Tinguians animistes. Bayanai s’inquiète donc logiquement pour sa fille, mais il reste prudent : il est hors de question que ses guerriers aillent tuer Matias del Rosario sur ses terres, ou puissent être soupçonnés d’être mêlés à sa mort, car il sait que les représailles sur sa tribu seraient terribles.
Bolgenstein propose alors d’attirer l’Aswang au village, pour le tuer avant qu’il n’agresse la fille du chef. Bayanai hésite, mais la courageuse Marikit le convainc d’accepter, afin que leur tribu soit définitivement débarrassée de cette menace.

Bolgenstein donne donc rendez-vous aux Tinguians dans deux jours, puis reprend le chemin de San-Quintin.

Le piège

Le 3 janvier, les PJ prennent congé de Matias del Rosario, non sans que Bolgenstein ait habilement glissé une allusion à la grossesse de la fille du chef Bayanai.
Reprenant la route avec leur chauffeur Uberto, les PJ se font déposer en pleine forêt, et continuent à pied jusqu’au village tinguian.

Une fois sur place, les PJ préparent leur plan avec leurs nouveaux amis. Ils remettent à Marikit le talisman pour se protéger de l’Aswang, et le flacon d’huile pour qu’elle puisse signaler son arrivée, tandis que Bagbagak reçoit le fouet en queue de raie qui servira à le tuer. La jeune femme est placée dans une hutte en hauteur au centre du village. Les guerriers et les PJ se cachent aux alentours, prêts à se précipiter sur l’Aswang dès qu’il arrivera.

Une fois le piège tendu, le groupe attend pendant une partie de la nuit, à l’affût du moindre bruit. C’est à l’heure la plus sombre que la silhouette d’une grande roussette vient se poser sous la hutte de Marikit. Un instant après, c’est un grand chien jaune qui se tient au même endroit, pointant son museau vers le plancher de bambou.
Un cri d’alarme retentit, et les PJ, accompagnés des chasseurs tinguians, se précipitent sur la bête. Le professeur Bolgenstein parvient à s’emparer de la langue démesurée que l’Aswang est en train d’étirer. Il le retient tandis que ses compagnons criblent la créature de balles, et que Bagbagak le frappe à coups de cravache.
Au bout de quelques instants, le chien éreinté change à nouveau de forme : les PJ découvrent Matias del Rosario, nu, agenouillé et les mains jointes, en train de réciter un pater noster. Bagbagak lève alors sa machette, et lui coupe la tête.
En examinant le corps, les PJ remarquent que son dos est strié de cicatrices anciennes. Ce sont les coups de discipline que Rosario, en fervent catholique, s’est infligé tout au long de sa vie en pénitence de ses crimes.

Les Tinguians se réjouissent de la mort de l’Aswang, et remercient chaleureusement les PJ (notamment Bolgenstein). Puis ils brûlent le corps de Rosario, s’accordant pour que personne ne parle de l’événement. Nul ne devra savoir comment le propriétaire terrien a pu disparaître au beau milieu de la nuit, sans laisser de trace.
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Orlov
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Re: [CR : Cthulhu Gumshoe] Black Pacific Ocean

Message par Orlov »

Toujours aussi bon !
Et en plus, on sent bien la dimension psychologique de l'histoire et les dilemmes et discussions que cela a du engendrer.
Vraiment excellent, cet épisode.
Johan Scipion a écrit : lun. janv. 23, 2017 3:52 pm Ça va être fun, ça va être jeune, et vous allez tous mourir.
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Léonard
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Re: [CR : Cthulhu Gumshoe] Black Pacific Ocean

Message par Léonard »

En effet, j'ai été ravi sur cette partie d'arriver à produire un vrai dilemme chez les joueurs. Ils se sont vraiment demandés s'ils devaient tuer Rosario ou non.
D'ailleurs, la fin était assez ouverte, et d'autres options auraient été possible. Mais je crois qu'ils ont choisi la plus satisfaisante.
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Re: [CR : Cthulhu Gumshoe] Black Pacific Ocean

Message par Orlov »

Ce qui serait intéressant là, ce serait de gérer les retombées de la mort de Rosario dans la population côtière et auprès de son fiston adoptif ...
Johan Scipion a écrit : lun. janv. 23, 2017 3:52 pm Ça va être fun, ça va être jeune, et vous allez tous mourir.
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Re: [Black Pacific Ocean] Un mystérieux jeu de go

Message par Léonard »

Dernièrement, deux joueurs ont quitté la campagne, par manque de disponibilité : celui qui interprétait le Lieutenant-Commander Beauregard, qui dirigeait le groupe, et celui de George Chen-Wang, notre antiquaire-ésotériste hongkangais.
J’ai fait passer leur départ en douceur : le premier est promu capitaine, et obtient le commandement d’un sous-marin en Californie. On peut supposer qu’il s’est aussi rapproché de la clinique où Amelia Earhart est soignée en secret, et donc que ses sentiments pour elle sont plus fortes qu’on ne pouvait le croire.
Quant au second, après avoir été capturé et torturé à Shanghai, il a pris la décision de voyager seul en Chine, pour mettre en place un réseau de renseignement, et développer ses connaissances ésotériques, afin de contrecarrer les plans de la Société de l’Océan Noir.


Un mystérieux jeu de go

Quelques semaines après leur excursion dans le nord des Philippines, les agents du BSI reçoivent une lettre de George Chen-Wang. Ce dernier rend compte des dernières défaites chinoises, et se dit tellement préoccupé par le sort de son pays qu’il renonce à servir activement le BSI pour lutter à sa manière contre l’invasion.
Mais George Chen-Wang fait aussi une révélation importante : il raconte à mots couverts qu’il a organisé, avec les membres d’une société secrète, la destruction du Tung Wen College, à Shanghai. Cette institution, créée par l’Océan Noir, formait des espions au service du Japon.
Au cours du raid, les assaillants ont pu prendre une photo d’un objet très intéressant : il s’agit d’un plateau de go dont la disposition des pions laisse à penser qu’ils ne représentent pas une simple partie. Il pourrait receler une importance stratégique pour la Société de l’Océan Noir.

Image

Je vous laisse un peu vous creuser la tête là-dessus avant de vous donner les déductions des joueurs ou de leurs personnages.
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Re: [CR : Cthulhu Gumshoe] Black Pacific Ocean

Message par Fabien_Lyraud »

C'est sans doute une carte, mais de quel lieu ?
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Re: [CR : Cthulhu Gumshoe] Black Pacific Ocean

Message par Orlov »

Ou un 4/4/2 dans un match truqué ...
Je HAIS les énigmes. :escrime

Heureusement que la majeure partie des joueurs sont des gens patients ;)
Johan Scipion a écrit : lun. janv. 23, 2017 3:52 pm Ça va être fun, ça va être jeune, et vous allez tous mourir.
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Re: [CR : Cthulhu Gumshoe] Black Pacific Ocean

Message par Léonard »

Fabien_Lyraud a écrit :C'est sans doute une carte, mais de quel lieu ?
Bien vu. Il faut voir grand. ;)
Orlov a écrit : Je HAIS les énigmes. :escrime
Je suis pas fan non plus, en tout cas quand ça tombe au milieu d'une partie de jeu de rôleet que ça vient la plomber.
Là, l'idée n'est pas tellement de faire cogiter les joueurs pendant des heures, mais plutôt de les ouvrir vers d'autres perspectives. C'est pourquoi j'ai vite fait de leur lâcher des infos que leurs PJ ont pu déduire (en fonction de leurs Compétences d'investigation), même si les joueurs n'y parviennent pas.

Infos que je vous livrerai quand j'aurai un peu plus de temps. ;)
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Re: [CR : Cthulhu Gumshoe] Black Pacific Ocean

Message par Fabien_Lyraud »

Bien vu. Il faut voir grand. ;)
Une carte du Pacifique avec en noir les îles où les Japonais ont des agents.
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Re: [Black Pacific Ocean] Un mystérieux jeu de go

Message par Léonard »

Image

Le plateau est bien une carte du Pacifique, avec les possessions occidentales en blanc, et les possessions japonaises en noir. Mais sa disposition est plus une représentation symbolique que géographique, qui peut s'interpréter à travers les règles du go.

Malgré le handicap donné aux blancs (comme s’ils avaient commencé à jouer en avance), leur stratégie n’est pas très efficace : les pions sont trop dispersés, et forment relativement peu de territoires.
En revanche, les pions noirs sont groupés de façon plus cohérente, ce qui leur donne la possibilité d’étendre leurs territoires en s’appuyant sur une base solide. Ils peuvent notamment s'emparer de nombreux pions blancs dispersés en Océanie, en partant de leur position au centre du plateau (qui correspond aux îles Carolines).

Sur un plan plus ésotérique, on peut voir les lignes et les diagonales du plateau comme des axes forts, un peu comme dans le Feng Shui ou en acupuncture.
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Re: [CR : Cthulhu Gumshoe] Black Pacific Ocean

Message par Orlov »

Je pense que Super Fab qui avait tout deviné, mériterait de jouer dans ta campagne !
Johan Scipion a écrit : lun. janv. 23, 2017 3:52 pm Ça va être fun, ça va être jeune, et vous allez tous mourir.
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Re: [CR : Cthulhu Gumshoe] Black Pacific Ocean

Message par Léonard »

Orlov a écrit :Je pense que Super Fab qui avait tout deviné, mériterait de jouer dans ta campagne !
Il peut pas, il a donné les idées de départ d'une bonne partie des scénarios ! :mrgreen:
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Re: [CR : Cthulhu Gumshoe] Black Pacific Ocean

Message par Fabien_Lyraud »

Léonard, tu as de véritable qualité de showrunner dans la manière tu mets en scène ta campagne.
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Re: [Black Pacific Ocean] La Brume sur le Fleuve Rouge

Message par Léonard »

Épisode 11 : La brume sur le Fleuve Rouge

Haiphong, Tonkin (Indochine française), 20 février 1938.

Le cargo disparu

Les inspecteurs de police Barthélémy Saunier et Marcel Floriot, accompagnée de leur interprète, la jeune Trinh Lan Minh, se rendent sur les docks, pour enquêter sur la disparition d'un cargo allemand, le Sigrùn, survenue pendant la nuit. Amarré dans le port depuis le 17 février, le bateau était chargé d'une cargaison d'armes qu'il n'avait pas pu débarquer pour cause de tracasseries administratives.
Les policiers sont rejoints par deux agents du IIème Bureau (les services de renseignement de l'armée française), Fernand Paquet et Alexandre Granier de Beaujeu. Ils ont été envoyés en renfort, étant donné le caractère très sensible de cette affaire : l’Allemagne fournit des armes à la République de Chine depuis les années 1920, et c’est bien à elle que la cargaison du Sigrùn était destinée. Mais très dernièrement, le Reich a infléchi sa politique en faveur du Japon, et il s’apprête à mettre fin à ses accords militaires avec la Chine. De plus, on s’inquiète de la possibilité que les armes aient été volées par les communistes indochinois.

Le Sigrùn était ancré dans le port, à distance des quais. Personne n’a remarqué sa disparition pendant la nuit. Il faut dire que le brouillard était très épais. Quoiqu’il en soit, le bateau n’a pas eu d’autres solutions que de descendre le fleuve, à la faveur de la marée haute.
Sur les docks, les PJ retrouvent le capitaine Horst von Uelzen, qui commande le Sigrùn, et son second. Le capitaine est très remonté contre les autorités françaises, coupables de ne pas avoir assuré la sécurité de son navire. Il explique que cinq marins se trouvaient à bord, ainsi qu’un passager. Ce dernier, nommé Hermann Brandt, est un écrivain qui a fait le voyage depuis Hambourg, avec l’intention de mieux connaître la vie à bord d’un bateau de la marine marchande.
Les PJ trouvent ce passager plutôt suspect, et s’informent auprès du IIème Bureau à son sujet. Mais aucune fiche des services de renseignements ne concerne un certain Hermann Brandt.

Sur le fleuve, à proximité de l’endroit où était ancré le Sigrùn, les PJ découvrent deux sampangs échoués contre un autre cargo. Ils sont vides, et d’après les témoins, ils n’étaient pas là la veille. Par la suite, des autochtones affirmeront les avoir vus remonter le fleuve à la rame, la veille au soir. Flottant entre les deux embarcations, Fernand Paquet trouve un foulard rouge noué. Les motifs qu’il porte sont plutôt chinois que vietnamiens.
Une heure plus tard, en aval, des pêcheurs ramènent à terre le corps de l’un des marins du Sigrùn, qui s’était pris dans un filet. Il a été égorgé sans avoir pu se défendre.

Enquête à Haiphong

Les PJ font le tour de leurs informateurs en ville : ils interrogent un ouvrier vietnamien appartenant au milieu indépendantiste, qui affirme que personne dans son entourage n’est à l’origine du vol. Puis ils parlent avec un trafiquant chinois qui n’en sait pas plus sur la cargaison d’armes, mais qui identifie le foulard rouge : il ressemble à ceux que portent les hommes de Lai Choi San, la fameuse « reine des pirates » de Macao.

Cherchant en ville les traces de Chinois qui se seraient intéressés au Sigrùn, les PJ apprennent qu’un Asiatique en costume de flanelle blanc, qui ne parlait pas vietnamien, s’est présenté à plusieurs reprises à la capitainerie du port la semaine dernière, pour connaître la date prévue de l’arrivée du cargo allemand. Un conducteur de pousse-pousse se souvient de l’avoir emmené jusque là depuis les bureaux de la compagnie de navigation Yamashita.
Le directeur local de cette compagnie japonaise se montre très aimable, mais il n’a jamais entendu parler du Sigrùn ou de sa cargaison. En revanche, il identifie l’homme au costume blanc : il s’agit de Keisho Hikage, un cadre de la société Yamashita envoyé depuis son siège à Yokohama, probablement pour évaluer les employés de la succursale de Haiphong. Il est reparti hier pour le Japon, sans qu’on sache exactement quel travail il avait accompli.
Les PJ visitent son bureau, où il avait fait installer une ligne téléphonique et une grande carte de la Mer de Chine. Cette dernière porte de minuscules traces d’épingles, qui semblent suivre le trajet accompli par le Sigrùn.
En interrogeant les P&T, les PJ apprennent que Keisho Hikage a passé des coups de fil à Saigon, Tokyo et Macao.

Une excursion à Macao

Le lendemain matin, les PJ décident de prendre un bateau de croisière pour Macao. Cela leur permet d’admirer au passage la magnifique baie d’Along. Au cours d’une escale, ils apprennent qu’une chaloupe transportant des marins européens aurait été recueillie dans un petit port voisin. Laissant le reste du groupe continuer vers Macao, les inspecteurs Saunier et Floriot trouvent un pêcheur qui les emmène à bord de son sampang pour rencontrer ces marins.
Comme ils s’en doutaient, il s’agit des quatre marins qui se trouvaient à bord du Sigrùn lors de sa disparition. Le deuxième lieutenant, Hugo Danne, explique que le navire a été assailli par surprise par une douzaine de pirates chinois, qui ont égorgé le marin de quart. Le reste de l’équipage s’est rendu, et a été mis à fond de cale après avoir été forcé de mettre en route les moteurs. Cependant, ils n’ont plus revu Hermann Brandt, le passager, qui était resté dans sa cabine pendant l’assaut.
Au matin, les pirates ont libéré les quatre marins allemands, en les laissant partir en mer à bord d’une chaloupe.

De leur côté, Fernand Paquet, Alexandre Granier de Beaujeu et Trinh Lan Minh arrivent à Macao après deux jours de voyage. Dans le port, ils ne trouvent aucune trace du Sigrùn. Et en se renseignant sur Lai Choi San, ils apprennent que c’est une personnalité incontournable de la ville : elle dirige une flotte d’une douzaine de jonques, et d’une centaine d’hommes, et elle ne craint ni les bandes rivales, ni les autorités portugaises. On peut souvent la voir, le soir, au casino Tai Xin, fréquenté par les Chinois.
Image

Dans la soirée, les PJ se rendent donc au casino, vêtus de costumes typiques des truands marseillais. Granier de Beaujeu, joueur émérite, s’installe à la table de baccara de Lai Choi San. Il emporte brillamment la partie, mais permet à son adversaire de sauver la face en récupérant une bonne partie de ses gains.
Après ce premier contact, la chef pirate accepte de discuter avec les PJ dans une alcôve. Ils se disent intéressés par un partenariat commercial pour des marchandises « récupérées en mer par les pêcheurs » de Lai Choi San. Parlant par allusions et par métaphores halieutiques, elle laisse entendre que le vol du Sigrùn était une commande, passée par une organisation japonaise. Le bateau, son passager et la cargaison d’armes ont déjà été livrés, et sont partis pour une destination inconnue.

Le passager mystérieux

Rentrant à Haiphong sans avoir pu retrouver le Sigrùn, les PJ continuent à se poser des questions sur l’énigmatique Hermann Brandt. Ils interrogent donc l’équipage du cargo allemand qui leur révèle quelques détails sur le personnage : il aurait combattu dans l’armée coloniale allemande pendant la Grande Guerre, et aurait obtenu la Croix de guerre. Il aurait voyagé dans les îles, mais probablement pas en Asie. Le coq du navire croit même se souvenir d’avoir vu sa photo en uniforme il y a quelques années, peut-être dans un livre…

Nos PJ français n’en sauront pas plus sur cette affaire. Mais Fernand Paquet se hâte d’en faire part à ses amis du BSI (qu’il avait rencontré lors de leur voyage à Shanghai, l’année dernière).
Guus Van Diemen écrit donc une lettre à son fils, étudiant à Amsterdam, pour qu’il essaie de découvrir la véritable identité de Hermann Brandt.
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