[CR] - Le donj du vendredi soir présente:D&D 5 dans le dodé!

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Orlov
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[CR] - Le donj du vendredi soir présente:D&D 5 dans le dodé!

Message par Orlov » sam. sept. 06, 2014 9:15 pm

Bon, ben je me lance.

C'est notre campagne test pour D&D 5 après plus de 10 ans de 3.X (Greyhawk et Ptolus pendant presque quatre ans). J'ai choisi de maîtriser dans le monde du Dodécaèdre, le monde du génial Snorri.

Le Cast (les personnages sont en gras)

Le Baron Johanes-John De Meel, prêtre et aristocrate (Empire, principauté de Ligen). Homme de compromis et de belle figure, il est le principal diplomate du groupe. Il paraît également être le moins apte au combat. Avec une belle constance, il a tenu l'ennemi sous le feu de ses sorts. Il a eu l'idée de ramener à Orgeval (désormais seul point accessible, le col étant toujours fermé) le cadavre de dame Sebald pour lui donner une sépulture décente et prévenir son mari. Il a convaincu les autres de le suivre, promettant une récompense. Il a évité à tous un interrogatoire long et pénible après l'affaire Baldo et Waldo Il a réussi à convaincre les habitants d'Orgeval d'abandonner leur ville Il a ramené Sara du camp des orques, sans qu'on sache comment S'est lié avec Wystania, la chef des Tradi de Skardorf. A été reconnu comme le chef du groupe. S'est illustré dans l'affaire de succession de Ligen. Veut la paix entre la Gallicorne et l'Empire et a obtenu que des discussions aient lieu à la fin de l'été. A conduit le groupe de nouveau en Ligen.

Le chevalier de Belgothen, paladin de Saint Dougall originaire de l'est de l'empire. Même s'il est de notoriété publique que l'ordre de Saint Dougall (un ordre de chevalerie associé à la religion melrosienne) autorise, voire encourage, l'utilisation de l'arc, les autres personnages se méfient d'un Paladin qui n'a jamais sorti son épée. A failli tuer l'homme-dragon, a abattu des orques et des kobolds.
.Il a évité à tous un interrogatoire long et pénible après l'affaire Baldo et Waldo.Il supporte parfois mal le borgne et sa haine sociale. Il met Kartrine sous pression parce qu'il pense qu'elle est la "vraie dame Sebald". Il a mené l'enquête sur l'affaire du voleur de relique Il a exploré les cryptes du temple d'Orgeval, , A eu des mots avec la bête de la Rivière Blonde, amoureux de Kartrine, il lui a écrit et elle lui a répondu !. Se fait désormais appeler par son vrai nom, Iago.. Le Baron sur Belgothen; "Il est bizarre, il est farfelu, il est maladroit ... mais c'est notre ami".

Le Moine (nom inconnu), prétend être une légende locale dans un pays dont personne n'a jamais entendu parler.Si, comme l'a fait remarquer un de ses compagnons "il est menteur comme tous ceux de sa race", le Moine se caractérise surtout par son état d'ébriété presque permanent. A perdu le concours de bière contre un nain, ce qui est plus qu'honorable. S'est battu ivre. Décédé face à l'homme-dragon lors de l'attaque de l'auberge du Rollenberg. Rebondissement: grâce à l'alcool, il a survécu et ses compagnons le retrouvent à Orgeval, a vu "ce qui s'est passé entre Waldo et Baldo" .Il a courageusement résisté au dragon il a perdu le duel contre le capitaine Balthasar qu'il avait insulté sans le reconnaître, Pêcheur émérite, il a tenté de tuer la bête de la rivière blonde. Tient un registre des auberges des villes. S'est lié avec le Prévot, un poète soldat, religieux érudit et soulard comme lui.

Cas, le guetteur, origine inconnue. Cet homme toujours encapuchonné se tient volontiers loin du groupe. Solitaire, il est plus que taciturne et ses rares paroles ne sont relatives qu'à ce qu'il observe grâce à ses sens affutés. Il n'est pas rare qu'il détecte espions et embuscades avant tout le monde. On l'entend parfois grommeler dans une langue inconnue. A repéré et dénombré la horde des méchants lors de l'attaque de Rollenberg. En a tiré les conclusions adéquates.
. Il a vu "ce qui s'est passé entre Waldo et Baldo" Il connaît le secret de dame Kartrine et les intentions du BorgneIl a repéré l'armée des orques et des kolbolds qui marche sur Orgeval Semble chercher un elfe mystérieux. Il a exploré les cryptes du temple d'OrgevalIl a pillé le repère du rat et de son pote

Le Borgne, guerrier originaire de Schielde. D'une nature individualiste, il présente d' importantes difficultés de comportement dont il aurait hérité du fait de son passé d'enfant miséreux et humilié. Ces problèmes ne semblent pas réglés bien qu'il ait plus de quarante ans et se manifestent par une méfiance morbide. Il n'aime pas les riches mais idolâtre l'argent. Il jure et crache facilement par terre. S'est lié financièrement avec Baldo, l'aubergiste. A manifesté un grand sens de l'opportunisme.. il sait "ce qui s'est passé entre Waldo et Baldo" . il est le copropriétaire de l'auberge de Waldo. Il s'est attaché à Sara.Il s'inquiète de savoir où elle est passéeIl a touché le dragon Il a exploré les cryptes du temple d'Orgeval A tué le pote du rat (lâchement)Il a perdu en duel contre le capitaine Balthasar qu'il avait défiéIl a pillé le repère du rat et de son pote

Cylenzara, guerrier originaire de l'île de Bruigh, mercenaire ayant servi dans les marches orientales de l'Empire. Il est peut être le plus équilibré des guerriers du groupe. A la fois prudent et décidé, il est très préoccupé par la qualité de son sommeil mais se tient prêt à tout. A fait son boulot de guerrier et a tué des ennemis en mêlée. A tenu tête à l'homme dragon au corps à corps. Il a courageusement résisté au dragon. Professionnel, il fait attention à ses temps de repos et à l'entretien maniaque de son matériel .Il a touché le dragon a été remarqué favorablement par le capitaine Balthasar, Pêcheur émérite, il a tenté de tuer la bête de la rivière blonde. A appris à manier les armes à feu auprès des Artificiers Galicornéens, Ami du colporteur Unsal

Delvin Grossreutz, nain, barbare (chasseur de monstres) originaire des marches orientales de l'Empire. Ce nain prétend être le dernier de son clan et fait preuve, en toutes circonstances, d'assurance et de ténacité. Il aime raconter ses propres exploits ainsi que ceux de ses ancêtres. Comme il est l'un des plus forts du groupe, les autres l'écoutent poliment. A triomphé dans le concours de bière. S'est vaillamment battu contre l'homme-dragon. A failli mourrir, mais a échappé à la mort pour se défaire de l'homme Dragon.a courageusement résisté au dragona été remarqué favorablement par le capitaine Balthasar, Pêcheur émérite, il a tenté de tuer la bête de la rivière blonde. A appris à manier les armes à feu auprès des Artificiers Galicornéens, Ami du colporteur Unsal


L'Etranger
. Origine invérifiable. Parlant avec un accent tranchant, l'Etranger utilise un arc en os d'origine inconnue et des hachettes à cognée en silex. Il porte sur lui une peau de loup et prétend venir du nouveau monde, de l'autre côté de l'océan. Il parle pourtant la langue, avec un accent galicornéen.Il n'a pas participé à la bataille du Rollenberg copropriétaire de l'auberge de Waldo sait "ce qui s'est passé entre Waldo et Baldo" a courageusement résisté au dragons'est occupé du corps du Flamine ConvexeIl a exploré les cryptes du temple d'OrgevalIl a pillé le repère du rat et de son pote

Le Grand costaud avec un marteau. Enième rencontre d'auberge des PJ. Celui-ci s'est avéré plus durable et plus compétent que la plupart des ivrognes avec lesquels les PJ traînent depuis le début de la campagne. Il a été engagé par Dame Kartrine pour guider les PJ par la route de Percemailles en évitant le plus possible des rencontres dangereuses. Jusque là, il a plutôt fait parler ses muscles. A tué le Rat.,Connaît ugern, le ranger du Veneur,A vendu ses compagnons aux autorités galicornéennes de Skardorf.

Seconds rôles (en italique)
Baldo: aubergiste très près de ses sous à la fois affable, flagorneur et méfiant. Il s'enfuit avec le groupe après l'attaque de son auberge. Il s'entretue avec son frère Waldo dans un "tragique accident domestique"
Sara: jeune adolescente aidant son oncle à l'auberge. Son père, Waldo dirige une auberge cossue dans la ville d'Orgeval. Disparue lors de l'attaque du Rollenberg. Devenue orpheline, elle perd au même moment son oncle dans un "tragique accident domestique".
Dame Sebald: dame aristocrate, sosie d'Alice Sapritch. Elle est l'épouse du sénéchal d'empire Günther Sebald qui organise à Skaldorf une nouvelle armée pour le front de Belgalide. Battue à mort par deux orques commandés par un homme-dragon.
Kartrine: dame de compagnie de dame Sebald. De nombreux personnages soupçonnent que cette jolie et intelligente jeune femme pourrait être la réelle épouse du sénéchal Sebald et que Dame Sebald, surnommée "le tonneau" ou "le tromblon" serait sa dame de compagnie. Cette substitution s'expliquerait par la volonté de ne pas attirer les bandits ou encore par une impérieuse mission d'espionage. Elle s'enfuit avec le groupe après l'attaque de Rollenberg.
Les quatre mercenaires: ces soudards moustachus ont été embauchés dans les essarts par dame Sebald, lassée des mauvaises manières de ses précédents gardes. Ont pris la fuite lors de l'attaque du Rollenberg.
L'homme-dragon: redoutable guerrier qui faillit tuer deux membres du groupe. Il s'est servi à bon escient de son second souffle, mais n'a pas pu faire grand chose contre les dieux de la chance. Tué en action par le Nain.
Les kobolds et les orques: humanoïdes enragés et cancaniers, têtes à claque.
Le verrat: innocente victime porcine d'un conflit qui le dépasse. Aucun personnage n'a même songé à le sauver, voire à faire amitié animale sur lui.
Waldo: aubergiste peu accueillant à Orgeval. possède l'auberge du Pont, un très bel établissement mais qu'il ne fait rien pour égayer. Il se méfie du moine qui va lui vider son fond. Il s'entretue avec son frère Waldo dans ce qui passe pour un "tragique accident domestique"
Le sergent moustachu : chef dévoué dans la milice civique orgevalienne. Honnête mais n'aimant pas les histoires compliquées, surtout quand elles impliquent les coquins.
Deux gardes: deux miliciens moins honnêtes que leur patron, mais bien moins nuisibles.
Un garde: humain, sensible, touché par la douleur de Sara.
Le sénéchal Sebald: l'Arlésienne des deux premières parties. On en parle tout le temps mais il n'est pas là. Une grande partie des plans des personnages est liée au fait qu'ils ne les soupçonne pas d'avoir assassiné son épouse et qu'il veuille payer quelque chose pour récupérer le corps de sa chère et tendre.
Le flamine convexe: haut prêtre de Jupiter dans son temple d'Orgeval. Un anneau d'électrum rappelle son pouvoir. Tué par le dragon bleu.
Le flamine novice Benjamin: un jeune novice qui accepte de guider l'Etranger dans les mystères du culte jovien.
Le prêtre indistinct numéro 1, le prêtre indistinct numéro 2: deux prêtres encapuchonnés dont les PJ ont bien du mal à reconnaitre les traits. L'un d'eux (le numéro 1) fait des signes étranges à Cas et au Moine. Le second ouvre la scella au Flamine Convexe, à Kartrine, au chevalier de Belgothen et au Baron. C'est lui qui annonce la disparition de la relique
Les deux costauds: individus patibulaires qui rôdent sur l'esplanade devant le temple.
Un terrifiant dragon bleu Courageux, mais pas téméraire.
Le capitaine. Courageux et téméraire, il s'oppose aux PJ qui veulent, pour la plupart, éviter d'avoir à défendre le temple de Jupiter à Orgeval.
Dame Malève. Une propriétaire d'auberge d'Orgeval qui a vu et connu beaucoup de monde dont Volendil et feu le Roi Henri de Galicorne.
Volendil. Un elfe voyageur que semble chercher Cas.
Le prêtre d'Arès. Un hôte irascible qui a accueilli les PJ lors de leur séjour dans le Val des Vignes.
Les Maraudeurs. De mystérieux agresseurs nocturnes qui semblent en vouloir au groupe.
Le capitaine Balthassar. Chef mercenaire haut en couleur dont les PJ n'avaient pas entendu que du bien. Ce que le Moine a répété de manière un peu légère, provoquant la colère dudit capitaine et un duel avec le Borgne.
Le Rat et son pote. Criminels de Percemaille qui ont tenté d'attaquer le groupe à l'auberge. Ils ont tous les deux perdu la vie. Ils affirment avoir agi pour Joris Long-Nez. Le pote du rat s'est fait tuer d'un coup de marteau par le Grand Costaud, le rat a été assassiné froidement par le Borgne qui voulait son manteau.
Joris Long Nez. Un personnage redoutable selon le Rat et son pote. Et cela doit être vrai car le groupe a pris la fuite plutôt que d'aller lui poser des questions.
Le seigneur Blème. Seigneur de Percemailles. Les plus folles rumeurs courent sur son compte. L'aubergiste leur a dit qu'il chassait avec ses chiens et qu'il valait mieux éviter de tomber sur lui.
Les mercenaires orques. Déserteurs de l'armée impériale battue au Pont de la Rivière Blinde, ils se sont retirés dans les Essarts où ils se sont faits bandits de grands chemins. Ils ont appris aux personnages que la guerre ne tournait pas bien pour l'empire et que le sénéchal Sebald avait quitté Skardorf. La conversation pourrait avoir été moins civile que ce que laisse entendre ce texte.
La bête de la rivière Blonde. Un énorme poisson carnivore avec lequel les PJ ont eu des mots.
Ungern. Collègue du Grand Costaud et guide comme lui. Il travaille pour le Veneur.
Le Veneur. Personnage légendaire que les PJ ont rencontré. C'est un demi-orque qui prétend tuer tout ce qu'on peut chasser. Il s'occupe actuellement de montrer le monde à de jeunes aristocrates.
Le prince-héritier Alexandre de Ligen. Elegant et cynique aristocrate, actuellement en compagnie du Veneur.
Le baron Hugolin. Héritier de Sire Hugues, l'influent conseiller impérial. Le Borgne l'a reconnu comme celui à cause de qui on lui a arraché son oeil.
Les Tradi. Une guilde de voleurs impériale présente à Skardorf.
Les "chiens". Une autre guilde de voleurs non alignée.
Dame Rilga. Manieuse d'argent et courtière en informations. Elle dirigerait la guilde des "chiens".
Dame Odylia. Maîtresse de la guilde des voleurs.
Milyas. Herboriste de Skardorf. Il connaît un remède contre la fièvre des Marais.
Markus. Erudit de Skardorf, il a tenté de souler le moine pour lui prendre son livre.
Le culte de la Wyverne Mystérieuse organisation qui a agressé une fois le Grand Costaud et Cas à Skardorf et les attendait dans les souterrains. Cas et le Moine font le lien entre cette organisation et les deux prêtres indistincts rencontrés à Orgeval.
Turush. Ancien capitaine de l'armée de la principauté de Ligen. Il est devenu, d'après Le Baron, le chef de l'armée humanoïde qui ravage l'essart d'Orgeval.
Les conseillers hommes-dragons. D'après le Baron et Kartrine, ils conseillent le roi Turush mais semblent aussi le manipuler.



Edit: rajouté origines et détaillé PNJ de la première partie.
Edit 2: rajouté les événements de la partie 1: le sac de Rollenberg.
Edit 3: rajouté quelques exploits et la description des adveraires du sac de Rollenberg.
Edit 4: rajouté des PNJ de la partie 2 (Waldo, sergent moustachu, gardes, garde) et modifié l'histoire de Sara et de Baldo.
Edit 5: rajouté des PNJ de la partie 2 (prêtres du temple de Jupiter et gars louches).
Edit 6: rajouté des PNJ et quelques exploits consécutifs à l'attaque du dragon.
Edit 7: rajouté des PNJ de la partie 4
Edit 8: rajouté un PJ (le grand costaud avec son marteau) et des exploits accomplis à Percemailles.
Edit 8. rajouté des PNJ des parties 5 et 6 et quelques descriptifs.
Edit 9: rajouté des PNJ des parties 7 et 8 et quelques descriptifs.
Edit 10: rajouté des PNJ de la partie 10 et 3 (récit du Baron sur ce qu'il a vu dans le camps des orques).
Edit 11: rajouté des trucs mais j'ai pas fini parce que pas de mise à jour depuis un moment . WIP
Dernière modification par Orlov le sam. avr. 18, 2015 1:43 am, modifié 15 fois.
Johan Scipion a écrit :
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Partie 1: Prologue sur la route.

Message par Orlov » sam. sept. 06, 2014 10:22 pm

Le Lieu: Rollenberg, un petit village situé aux pieds du col du même nom dans les monts de la Vouivre. Le village se trouve sur la route qui mène d'Orgeval dans les Essarts à Skaldorf dans l'empire. Si la route est moins empruntée que la route de Percemailles, elle a l'avantage de dégeler de manière plus précoce et d'éviter la traversée hasardeuse de la Colline des Maraudeurs. Le Village abrite une centaine d'habitants et s'enorgueillit de son auberge, Le relais montagnard tenu par maître Baldo.


Le Moine est arrivé à l'auberge avec son Maître, Zuoken. Depuis trois jours, il y est seul puisse que Zuoken est parti dans les montagnes. En attendant, Le Moine, qui est fauché comme les blés, a obtenu de Baldo de boire à l'oeil en l'échange d'un peu de travail. Cela fait donc près de trois jours qu'il se saoûle au comptoir dès 13 heures, une fois sa matinée de travail accomplie.

Le chevalier de Belgothen est arrivé en fin de matinée. Les villageois lui ayant annoncé que les routes vers le Col sont loin d'avoir dégelé, le chevalier s'apprête à attendre quelques jours à Rollenberg.

Johanes-John De Meel voyage dans la suite d'une dame aristocratique du nom de Dame Sebald, épouse d'un sénéchal d'Empire qu'elle entend rejoindre à Skaldorf. Elle considère en effet que son mari "va séduire de jeunes délurées et engendrer des bâtards" si elle ne se trouve pas à ses côtés pour le surveiller. Le baron De Meel a su s'attirer les bonnes grâces de cette dame masculine, peu attirante et acariâtre. Il s'est également rapproché de Kartrine, jeune fille au service de Dame Sebald. Le groupe est escorté par quatre mercenaires. Cette suite nombreuse arrive en fin d'après-midi.

Dame Sebald exige immédiatement deux chambres, ce qui inclut la chambre du chevalier de Belgothen. Celui-ci accepte, avec mauvaise grâce, de faire place nette et de transbahuter ses affaires en salle commune. Lors d'un échange avec lui, dame Sebald qui a reconnu ses armoiries, lui fait remarquer qu'il est plus petit qu'elle ne l'imaginait, remarque vexante destinée à souligner le manque de bonnes manières du chevalier.

Alors que dame Sebald et sa suite s'installent à l'étage, que le moine commande une autre chopine et que le chevalier de Belgothen discute avec le baron de Meel, le rire tonitruant du Nain se fait entendre sur le pas de la porte. Il arrive avec son compagnon, Cylenzara. Les deux mercenaires sont en effet en route vers Skaldorf où ils doivent s'enrôler dans la compagnie d'Arnott le Décimateur. Les compères étaient jusque là employés dans les marches orientales mais avec les riches perspectives de butin qu'offre la guerre en Belgalide, ils ont mis à profit le rude hiver des Steppes pour traverser l'Empire et rejoindre le front. Très rapidement, le Nain se met à discuter avec le Moine. Un concours de boisson s'engage même entre les deux, tandis que Cylenzara commence à aménager un coin dans la salle commune attenante à la salle à manger.

La salle d'auberge est désormais couverte des rires et des chansons dissonantes du Moine et de son compagnon de beuverie. Tandis que Baldo et la jeune Sara servent nourriture et boisson, les convives s'activent à table et au bar. Personne ne voit entrer Cas qui entre par l'étable et vient s'asseoir près de la cheminée. Surpris, Baldo s'avise de la présence d'un client et lui demande ce qu'il veut. D'un étrange accent, l'homme demande une paillasse dans la chambre commune, un repas et un cruchon d'eau, ce qui fait rire à gorges déployées le Nain et son monacal compagnon .

Enfin, la porte s'ouvre pour laisser passer la carcasse dégingandée et fatiguée d'un guerrier borgne. Equipé de bric et de broc, la poudreuse s'accrochant encore à son surcot dégueulasse et son gros orteil bleui par le froid sortant de sa botte, le Borgne a l'allure d'un loqueteux. Il traverse la salle, sort sa bourse et la secoue. De petites pièces de cuivre s'amoncellent sur le bar et il les divise en trois tas. Puis, le borgne soulève la pièce de cuir qui cache son oeil comme s'il comptait. Il montre un tas à l'aubergiste et demande si cela suffit pour une bière, un repas et une paillasse. L'aubergiste affirme que cela suffit pour un repas et une bière mais que pour le lit, il faudra dormir à l'étable. Le Moine propose de payer sa tournée, ce à quoi Baldo répond qu'il s'est endetté pour un mois avec tout ce qu'il a éclusé aujourd'hui. Finalement, le baron de Meel fait preuve de ses largesses et paye sa tournée ainsi qu'une paillasse pour Le Borgne. D'une manière insolente, le Borgne demande au baron où il dormira. Le noble répond qu'il partagera la salle commune, ce à quoi le Borgne réplique par un claquement de langue.
Johan Scipion a écrit :
lun. janv. 23, 2017 3:52 pm
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Re: [CR] - Le donj du vendredi soir présente:D&D 5 dans le d

Message par pelon » sam. sept. 06, 2014 11:13 pm

j'aime ces personnages :mrgreen:

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Re: [CR] - Le donj du vendredi soir présente:D&D 5 dans le d

Message par Udo Femi » sam. sept. 06, 2014 11:20 pm

Oui, moi qui redoute le high fantasy à la D&D, me voilà rassuré de suite !
On croirait une équipée de DCC :D
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Partie 1 (suite) : du triste état de la société

Message par Orlov » dim. sept. 07, 2014 3:10 pm

Le Borgne et le Baron devisent des inégalités sociales et de ce qu'il convient de faire pour les résoudre. Le Borgne prêche des solutions simples : lesquelles convergent essentiellement vers l'idée que s'il devenait riche, ça serait toujours un pauvre de moins, les autres n'ayant qu'à se débrouiller. Le Baron aimerait se lever et rejoindre l'accorte Kartrine mais il craint de vexer le Borgne qui explique que "s'il aurait pété dans la soie depuis sa naissance il aurait été beau, intelligent et riche comme le baron".

De son côté, le chevalier, qui a posé son équipement près de la cheminée (il ne semble pas résolu à partager la chambre commune) est intrigué par la remarque de dame Sebald sur sa petite taille. Il essaie donc habilement de faire parler deux des mercenaires accompagnant la noble dame. Seul Cas prête attention à la discussion laquelle s'avère tourner en rond. Lorsque le chevalier exprime sa surprise de voir une dame telle que dame Sebald entreprendre un si long voyage (le fief de Sebald étant un fief impérial) avec une escorte aussi réduite, les mercenaires répondent qu'ils s'en fichent tant qu'on les paie.

Le concours de boisson dure. Sous l'oeil amusé de Cylenzara et de la servante Sara, le Nain et le Moine se défient pour savoir qui videra le plus rapidement dix chopes. Le Nain remporte haut la main le concours et en profite pour faire une leçon à Cylenzara sur l'art d'éviter la gueule de bois, citant dix légendes naines (toutes longues et compliquées) que le jeune homme suit avec intérêt. Le Moine se lève de sa chaise , fait tomber le tabouret et se dirige en zig-zag vers la porte de l'étable où il compte se soulager. Cas le suit en se déplaçant latéralement, toujours dans l'ombre. De son côté, l'aubergiste Baldo commence à se demander s'il faut demander maintenant au Baron de payer la tournée qu'il a si noblement commandé.


Il est tard, presque minuit. Dehors, dans Rollenberg endormi, se faufilent des dizaines de petites silhouettes tandis qu'un groupe d'humanoïdes au pas décidé se dirige vers l'auberge. Autour du village, prennent place des groupes de combattants. Il fait sombre et le voile opaque des ténèbres nocturnes recouvre les parois blanches des Pics de la Vouivre derrière laquelle s'est cachée la lune d'argent.
Dernière modification par Orlov le lun. sept. 08, 2014 4:16 am, modifié 1 fois.
Johan Scipion a écrit :
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Re: [CR] - Le donj du vendredi soir présente:D&D 5 dans le d

Message par Snorri » dim. sept. 07, 2014 8:20 pm

Est-ce que tu as joué dd5 by the book ou tu as fait de petites adaptations spécial dodécaèdre ?
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Re: [CR] - Le donj du vendredi soir présente:D&D 5 dans le d

Message par Orlov » dim. sept. 07, 2014 9:17 pm

Snorri a écrit :Est-ce que tu as joué dd5 by the book ou tu as fait de petites adaptations spécial dodécaèdre ?
Comme on est en phase de test de D&D 5, je joue by the book le plus possible. Le reste en mp pour ne pas alourdir le fil.
Johan Scipion a écrit :
lun. janv. 23, 2017 3:52 pm
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Re: [CR] - Le donj du vendredi soir présente:D&D 5 dans le d

Message par Snorri » dim. sept. 07, 2014 10:29 pm

Je me demandaisbsi je tentais une conversion du bestiaire specifique au dodécaèdre - mais je ferais mieux de terminer les trucs pas finis ;)
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Re: [CR] - Partie 1 : du triste état de la société

Message par Ollamh » dim. sept. 07, 2014 10:54 pm

Orlov a écrit :Le Borgne et le Baron devisent des inégalités sociales et de ce qu'il convient de faire pour les résoudre. Le Borgne prêche des solutions simples : lesquelles convergent essentiellement vers l'idée que s'il devenait riche, ça serait toujours un pauvre de moins, les autres n'ayant qu'à se débrouiller. Le Baron aimerait se lever et rejoindre l'accorte Kartrine mais il craint de vexer le Borgne qui explique que "s'il aurait pété dans la soie depuis sa naissance il aurait été beau, intelligent et riche comme le baron".

De son côté, le chevalier, qui a posé son équipement près de la cheminée (il ne semble pas résolu à partager la chambre commune) est intrigué par la remarque de dame Sebald sur sa petite taille. Il essaie donc habilement de faire parler deux des mercenaires accompagnant la noble dame. Seul Cas prête attention à la discussion laquelle s'avère tourner en rond. Lorsque le chevalier exprime sa surprise de voir une dame telle que dame Sebald entreprendre un si long voyage (le fief de Sebald étant un fief impérial) avec une escorte aussi réduite, les mercenaires répondent qu'ils s'en fichent tant qu'on les paie.

Le concours de boisson dure. Sous l'oeil amusé de Cylenzara et de la servante Sara, le Nain et le Moine se défient pour savoir qui videra le plus rapidement dix chopes. Le Nain remporte haut la main le concours et en profite pour faire une leçon à Cylenzara sur l'art d'éviter la gueule de bois, citant dix légendes naines (toutes longues et compliquées) que le jeune homme suit avec intérêt. Le Moine se lève de sa chaise , fait tomber le tabouret et se dirige en zig-zag vers la porte de l'étable où il compte se soulager. Cas le suit en se déplaçant latéralement, toujours dans l'ombre. De son côté, l'aubergiste Baldo commence à se demander s'il faut demander maintenant au Baron de payer la tournée qu'il a si noblement commandé.


Il est tard, presque minuit. Dehors, dans Rollenberg endormi, se faufilent des dizaines de petites silhouettes tandis qu'un groupe d'humanoïdes au pas décidé se dirige vers l'auberge. Autour du village, prennent place des groupes de combattants. Il fait sombre et le voile opaque des ténèbres nocturnes recouvre les parois blanches des Pics de la Vouivre derrière laquelle s'est cachée la lune d'argent.
Excellente ambiance! J'adore les persos et ta façon de raconter :bravo:
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Re: [CR] - Le donj du vendredi soir présente:D&D 5 dans le d

Message par Orlov » lun. sept. 08, 2014 2:24 am

Merci pour les encouragements :oops:
Johan Scipion a écrit :
lun. janv. 23, 2017 3:52 pm
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Partie 1 (suite et fin) : du courage et de la lacheté

Message par Orlov » lun. sept. 08, 2014 4:15 am

Or, donc, alors que la soirée bat son plein à l'auberge, de lourds dangers s'accumulent autour de nos héros comme les nuages sur le Rollenberg un soir d'orage.

Tout commence lorsque la porte s'ouvre et qu'un grand vacarme se fait entendre dans la cuisine. Déchainés comme s'ils sortaient des enfers, de petites créatures d'apparence canine s'infiltrent dans l'auberge.

Un groupe de kobolds prend position devant les deux portes, un autre déboule depuis la cuisine vers le bar. Ils hurlent et aboient en brandissant hachettes et arbalètes. Ayant l'avantage de la surprise, ils tirent sur les clients de l'auberge. Hélas, malgré leur nombre et la hargne considérable investie dans cette première volée, ils visent mal et ne parviennent à toucher personne.

Cas et le Moine tentent de se porter au devant des assaillants qui se tiennent devant la porte. Le Moine qui titube et zigzague n'avance guère, tandis que Cas choisit de se mettre dans une position intermédiaire qui fait qu'il se tient à distance de tout le combat. Il reste néanmoins attentif, persuadé qu'on lui cache quelque chose. Sur le front de la porte d'entrée, seul le Baron fait preuve d'activité. Il crie un oecumènique "Par les Dieux !" et fait jaillir de ses doigts un rayon de givre qui gèle et fend presque en deux un assaillant. Le chevalier de Belgothen, lui, récupère son équipement. Du côté du bar le Nain tue une créature de sa hache de jet. Cylenzara empoigne ses épées dont il ne se sépare jamais et saute par dessus le bar pour pourfendre de la piétaille. Le Borgne, se jette également dans la mêlée mais l'espace étant trop restreint, il se contente surtout d'encourager ses partenaires en agitant son épée.

Une nouvelle salve de projectiles se perd lamentablement dans les boiseries de l'auberge. Déçues, les créatures présentes devant la porte laissent tomber leurs armes de jet, fourbissent doloirs, masses et épissoires et se préparent à charger en s'encourageant par des jappements. Du côté du bar, alors que Baldo est parti se cacher sous l'escalier et que personne ne sait où se trouve Sara, la mêlée fait rage. Très rapidement, les membres survivants du commando d'assaut se replient et filent par la cuisine, talonnés par l'intrépide Borgne qui, pour l'instant, n'est parvenu à toucher personne. Le Nain et Cylenzara se portent alors vers les portes, bien décidés à éclaircir les rangs de leurs pathétiques opposants.

Constatant qu'il est seul, Le Borgne revient dans la salle. Il cherche sous le bar pour voir s'il n'y a pas d'"arme" qu'il pourrait utiliser. Ne trouvant rien, hormis des verres sales et un marteau de boucher, il entreprend de proposer à Baldo de le protéger "des fois que ça tourne mal" et l'emmène dans la cuisine qu'il inspecte méticuleusement pour vérifier que "aucune de ces chieries ne s'est planquée pour nous zigouiller". Son professionnalisme est tel que Baldo, impressionné, promet 25 p.o. s'il survit à cette nuit de cauchemar. L'aubergiste affirme ne pas les avoir à portée, mais les promet pour dans deux semaines. Le Borgne accepte et barricade les portes de la cuisine menant vers la rue.

Pendant ce temps là, le reste du groupe met en pièces les intrus. Le chevalier de Belgothen laisse parler sa technique et n'hésite pas à tirer en mêlée pendant que Cylenzara et le Nain taillent en pièce les rangs adverses. Il n'est pas jusqu'au baron qui ne parvienne à faire quelques victimes grâce ses incantations. Malgré le fracas du combat, Cas parvient à entendre des bruits de combat à l'étage. Communiquant cette information aux autres, il se place en bas l'escalier qui monte vers les chambres. Il voit alors les mercenaires de la garde de dame Sebald reculer devant un danger qu'il distingue mal. C'est ce moment que choisit le Moine pour arriver à son niveau. Toujours ivre, il demande aux mercenaires de se pousser parce qu'il voudrait bien savoir ce qui se passe là haut.

Alors que les Kobolds prennent la fuite et rejoignent leurs congénères qui se sont éparpillés dans le village, que le Borgne sécurise la cuisine pour y rester avec Baldo, tous entendent la cavalcade paniquée des mercenaires qui descendent à toute vitesse les escaliers en criant "Fuyez", bousculant Cas sur leur chemin. Avec l'intrépidité que confère l'alcool, le Moine se faufile entre les gardes et parvient en face d'un homme dragon dont le premier réflexe est d'abattre sa hallebarde sur lui. En un coup, le téméraire alcoolique est terrassé, fendu qu'il est, de haut en bas, à l'oblique. La mort est presque instantanée.

Cas ayant assisté à la scène, monte quelques marches pour mieux voir et aperçoit alors une bien sinistre scène. Un homme-dragon se tient devant lui, la hallebarde à la main, déployée en une position interdisant le passage. Derrière lui, dans le couloir étroit, deux orques passent méthodiquement à tabac Dame Sebald. D'une voix sifflante l'homme dragon déclare "Fffous melez pas de ça ... fffinon fffous allez touff mourir!" avant de cracher dans l'escalier une sorte de décharge électrique qui ne blesse personne. La phrase, en revanche, produit un effet inattendu. Le Nain qui a curieusement l'ouïe bien fine, comprend la menace de l'homme-dragon comme un défi personnel et se précipite derechef vers l'escalier, bousculant Cas au passage.

Rejoint par son fidèle ami Cylenzara qui a directement escaladé l'escalier (ce qui a évité que Cas soit bousculé une troisième fois), le Nain combat son adversaire comme s'il était possédé. Enragé, il frappe de sa hache la créature qui s'avère encore plus résistante et compétente qu'on ne pouvait le craindre. Sire Belgothen agit en soutien, en lançant des dards, tout comme le Baron qui, occasionnellement, parvient à toucher la créature d'un de ses rayons de givre.

Cas, de son côté, est amené à penser que tout cela est une ruse. Il passe donc par l'étable pour tenter d'évaluer la situation. Se faufilant dans la nuit, il parvient à avoir une assez bonne appréciation de la situation: il compte une cinquantaine de kobolds et une dizaine d'orques ainsi que trois hommes-dragons. Ils se sont répartis dans tout le village et l'ont mis à sac, épargnant cependant les habitants qui en sont quitte pour une bonne frayeur. Deux charriots paysans destinés à accueillir le butin constituent le principal point de ralliement des pillards humanoïdes.

De son côté, Le Borgne bien enfermé dans la cuisine avec Baldo propose une partie de dés "en attendant que ça se tasse", mais l'aubergiste ne semble pas vraiment d'humeur, à voir le filet d'urine qui coule de son pantalon. Le Borgne révèle alors l'un de ses plus terribles secrets, à savoir que jusqu'à un âge avancé, il a également souffert d'énurésie. Il promet à Baldo qu'il ne se passera rien et qu'ils s'en sortiront tous les deux. Baldo doit avoir vraiment peur puisse qu'il promet désormais 50 pièces d'or si Le Borgne le ramène à Orgeval où son frère, Waldo, tient une auberge. Magnanime et toujours touché par les histoires de famille, le Borgne accepte.

Dans l'escalier menant au chambre, ce sont les armes qui parlent. Et elles se causent sérieusement, les aciers se heurtent et s'entrechoquent. Alors qu'il pensait être presque venu à bout de son adversaire, le Nain constata avec surprise que l'homme dragon avait encore assez de souffle pour lui asséner un formidable coup de hallebarde. Posant d'abord un genou à terre, le nain tomba, laissant échapper un puissant râle d'agonie. Fou de chagrin, Cylenzara se précipite vers l'homme-dragon pour venger son camarade. Mais celui-ci, qui a anticipé la manoeuvre, se réfugie derrière les deux orques, enjambant au passage, le corps tuméfié de Dame Sebald. Le jeune guerrier engage les deux brutes, en plante un de son épée de main droite et pare l'attaque de l'autre avec sa main gauche. Mais l'homme dragon continue à se reculer vers le trou dans le toit. D'ici peu de temps, il sera enfui. Las, Cylenzara joue de malchance contre l'orque survivant. D'avantage résolu à se défendre qu'à attaquer, il oppose une résistance suffisante pour permettre à son maître de s'échapper.

C'est alors qu'un miracle se produisit. Alors que le chevalier de Belgothen était en train d'ajuster l'homme-dragon, le Nain se releva. Sa main, couverte de sang, s'empara de sa seconde hachette et il la lança dans un effort désespéré. L'arme ne fut pas lancée de pleine force, mais elle parvint à toucher la terrible créature qui avait déjà perdu beaucoup de sang dans le combat. Jetant un regard furieux vers les impudents qui l'avaient défié, prononçant de terribles malédictions dans une langue incompréhensible, l'homme dragon mourut.

Pour un temps très court, l'auberge sembla retrouver un certain calme. Puis, le Baron s'empressa de donner des ordres. Il s'approcha de dame Sebald, s'assura de son état et constata qu'elle était morte. Entendant du bruit, il aperçut Kartrine qui se tenait prostrée dans un coin de sa chambre. Il alla la réconforter et tous deux descendirent le corps de la noble et regrettée dame. Kartrine confia au Baron qu'elle avait entendu les orques et qu'ils ne croyaient pas que dame Sebald était une femme. Au contraire, ils semblaient convaincu que l'épouse du sénéchal était un homme qu'ils semblaient chercher. Intrigué, le Baron tenta d'en savoir plus, mais c'était tout ce que la dame de compagnie avait pu comprenre. Le Baron proposa alors à Cylenzara et au Nain de l'accompagner à Orgeval d'où ils pourraient prévenir le sénéchal que son épouse bien-aimée était décédée. Il offrit même un pécule et convainquit les guerriers qu'une récompense pourrait être versée par le sénéchal en l'échange de la restitution du corps de sa femme. C'est précisément à ce moment que la porte de la cuisine s'ouvrit et que le Borgne déclara tout net "J'en suis !".

Alors que le baron et dame Kartrine tentaient de manipuler doucement le corps de dame Sebald pour le descendre à l'étable et que les autres faisaient leur préparatifs, le chevalier Belgothen partit se poster au niveau de la porte. Equipé de son arc, il se plaça dans l'embrasure de la porte de telle manière à ce qu'il obtienne un emplacement de visée sans être vu. Alors qu'une bande de kobolds et d'orques, tirant par sa longe un vérat récalcitrant, passait devant l'auberge, il en abattit un d'une flèche. Orques et kobolds se précipitèrent alors derrière l'angle d'une maison voisine, leurs sifflements et leurs cris d'alarme étant à peine couverts par les cris stridents du porcidé. Cas, qui observait la scène depuis son abri, comprit immédiatement dans quel pétrin le zèle exterminateur du chevalier avait mis le groupe et fila dare-dare à l'auberge pour prévenir tout le monde. La décision fut rapidement prise, il fallait déguerpir, et vite.

On scella les chevaux de l'étable, récupérant ceux des mercenaires au passage, et l'on se mit en route. Au galop, sur une route de montagne, la nuit. La prise de risque était maximale mais les Dieux devaient sourire à ce groupe héroïque qui avait choisi de porter pieusement le corps d'une dame inconnue vers sa dernière demeure.

Et, alors qu'un beau soleil de Printemps réchauffait déjà les prairies blanchies par le gel et que les ténèbres de cette nuit fatale se dissipaient, nos héros arrivèrent en vue de la majestueuse statue du Jupiter Orgevalien. Un filet de lumière faisait resplendir l'or du Foudre que le Dieu tenait dans sa main puissante.
Johan Scipion a écrit :
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Re: [CR] - Le donj du vendredi soir présente:D&D 5 dans le d

Message par Obiwankenobi91 » lun. sept. 08, 2014 4:43 pm

Très plaisant à lire,surtout quand on pense au travail supplémentaire que cela demande ;-).
Vivement la suite.

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Re: [CR] - Le donj du vendredi soir présente:D&D 5 dans le d

Message par Orlov » lun. sept. 08, 2014 11:45 pm

Obiwankenobi91 a écrit :Très plaisant à lire,surtout quand on pense au travail supplémentaire que cela demande ;-).
Vivement la suite.
Merci. Pour l'instant, c'est un plaisir d'écrire cette aventure.
Johan Scipion a écrit :
lun. janv. 23, 2017 3:52 pm
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Re: [CR] - Le donj du vendredi soir présente:D&D 5 dans le d

Message par Snorri » mar. sept. 09, 2014 12:03 am

J'ai hâte de savoir ce qui va se passer à Orgeval !
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Partie 2: L'orpheline

Message par Orlov » mar. sept. 09, 2014 1:20 am

Vers neuf heures du matin, les personnages entrent dans Orgeval. Aucune muraille ne ceint la ville, seul le Temple de Jupiter apparaissant fortifié. Si les personnages sont impressionnés par la gigantesque statue de Jupiter qu'ils voient de l'autre côté du fleuve traversant le bourg, ils n'accordent pas d'importance au charme des venelles et des murs blanchis à la chaux couverts de vignes.

Dormir, se reposer, récupérer. L'obsession des guerriers. Le Nain rappelle au Baron qu'il a promis non seulement de payer son escorte mais aussi de les soigner. Le Baron promet de s'occuper de cela dès qu'il sera reposé. Tous voient avec satisfaction se profiler au bout de la rue l'enseigne de l'auberge de Waldo, le frèrede Baldo.

Le groupe entre dans la salle qui, malgré l'heure matinale est ouverte. Un homme vide des bières au comptoir, tournant le dos au groupe. Mais rapidement, le baron s'écrie:"mais c'est l'ivrogne!" En effet, l'homme se retourne. Il est salement blessé mais a déjà retrouvé des couleurs. C'est bien le Moine et de l'autre côté du bar, Sara qui dévore du pain et du fromage. Waldo, bien plus grand et costaud que son frère, explique que "ces deux-là ont déboulé il y a à peine une heure et que l'autre est déjà en train de lui vider son fond" en montrant du doigt le Moine.

De confuses explications ont lieu. Le Moine explique qu'il n'était pas mort mais salement amoché. Lorsque les personnages sont partis, Sara l'a relevé et soigné et ils se sont enfuis par un raccourci que la jeune fille connaissait en volant un poney au village. Bien que sceptiques sur ce retour miraculeux depuis les Abîmes d'où personne ne revient, on finit par s'accorder sur le fait que le Moine a eu, vraiment, beaucoup de chances.

Le Nain et Cylenzara demandent immédiatement s'il y a des chambres libres, laissant le Baron régler la soulte. Avant qu'ils ne partent, Waldo fait une référence voilée à l'Etranger qui vit à l'auberge. Il le décrit comme un "sacré sauvage qui porte des peaux de loup". Et il ajoute "évitez de faire du bruit, cela pourrait le mettre en colère. Ces gens là se vexent pour un rien". Tout le monde acquiesce. Les deux compagnons, morts de fatigue et blessés, montent à pas de loup les escaliers et s'installent confortablement sur deux bons lits rustiques. La fenêtre est ouverte sur le fleuve qui coule en contrebas en s'engouffrant dans des rives escarpées.

Le chevalier essaie de s'isoler avec Kartrine pour s'entretenir avec elle. Il la soupçonne en effet d'être la réelle épouse du Sénéchal et tente de lui faire cracher le morceau en multipliant sous-entendus et allusions voilées. Kartrine ne mord cependant pas à l'hameçon et finit par monter se coucher, suivie par le Baron. De guerre lasse, le chevalier monte lui aussi, laissant la salle commune à Cas, Le Borgne, Baldo, Waldo, le Moine et Sara.

Cas mange un peu de verdure avant de monter se coucher à son tour. Pendant ce temps, le Moine remercie chaleureusement Sara et lui promet le mariage lorsqu'elle sera en âge. Cette proposition n'émeut pas l'adolescente. Quant à Waldo, le père de Sara, il rejette vertement le prétendant en annonçant fermement "Sara se mariera avec celui qu'elle aime et elle aimera celui qui paiera la dot que je fixerai". Le Moine ne prend pas trop mal la rebuffade et en profite pour se faire resservir. De son côté, Le Borgne, resté mutique depuis quelques temps, réfléchit. Il se demande pourquoi Baldo ne lui a pas donné d'argent et pourquoi il faudrait attendre deux semaines. Il se convainc qu'il était possible qu'il ne voie jamais la couleur de l'argent et que les deux frères pourraient lui faire un sort pendant son sommeil. Au bout de quelques instants, il décide d'en avoir le coeur net en allant interroger l'aubergiste de Rollenberg. Baldo, terrorisé par les événements, a très soif. Il boit beaucoup, prenant place près du Moine. Sara le sert consciencieusement. Le Borgne profite de l'ivresse de Baldo pour tenter de renégocier son contrat.

Le Borgne et Baldo, devenus de bons amis, continuent leur discussion. Baldo, pensant récompenser son "ami", lui propose d'"essayer" Sara pendant que Waldo est en cuisine. Seul le Moine entend l'odieuse proposition. Le Borgne déclare interessé. Les trois partent vers l'étable. A peine a-t-il poussé la porte qu'il demande à Sara si c'est la première fois que Baldo "lui fait faire ça". La petite servante avoue qu'elle devait aller avec certains clients. Le Borgne met sa main au collet de Baldo, tout en continuant à interroger les petites filles. Le Moine, qui a suivi, les trois, entend toute la discussion et décide d'aller immédiatement reporter l'incident à Waldo. Sans dire un mot, ce dernier prend sa hache et se dirige vers l'étable.

Dans l'étable, cependant, les choses se sont gâtées. Le Borgne, qui a souffert bien des maux dans son enfance, est enragé. Il traite Baldo de "bouilleur d'enfant" et promet de lui faire la peau. L'autre propose de lui donner plus d'argent. Le Borgne explose "Quoi ? de l'argent ? Tu penses que l'argent achète tout ? Tiens, est-ce que ton argent achète ça". Et il plante sa dague dans le cou de Baldo. Le sang jaillit à gros bouillons en faisant des gargouillis immondes. Baldo se tient sa carotide, puis s'effondre. La porte de l'étable s'ouvre. Le Borgne voit arriver Waldo avec sa hache. Alors que le Borgne allait lui expliquer les raisons de son geste, Waldo le frappe directement. Il le rate mais l'insulte. Le Borgne dit à Sara "Sors de là, la môme, ça va pas être joli". La petite se faufile dehors et vient se réfugier derrière le Moine. Le Borgne tente de retenir ses coups, mais Waldo frappe de toutes ses forces. C'est alors que Sara, s'empare de l'épée courte du Moine. Elle fait quelques pas et frappe Waldo dans le dos en criant "Crève, sale porc! Crève". Waldo s'effondre. Un silence. Un silence de mort. Le bruit du tabou.

Sara est secouée de spasmes et répète "Porc!". Le Borgne regarde le Moine d'un air torve et lui intime "T'as rien vu, d'accord". Mais les bruits du combat ont réveillé les autres. A commencer par Cas, qui, sans même enfiler son armure court dans la rue pour voir si des gardes n'ont pas été attirés par le fracas des armes, des insultes et des pleurs. Le Moine regarde au dessus de l'étable et voit par le fenêtre la silhouette massive et le visage tatoué d'un effrayant Sauvage, l'Etranger. Celui-ci a ouvert la fenêtre et le tient sous le feu de son arc. Cylenzara et le Nain commencent à s'équiper. Le Baron s'habille à la hâte. Seul le chevalier continue à dormir du sommeil du juste. Le baron frappe à sa porte, interrompant les rêves mystiques du Preux. Les deux hommes descendent dans l'auberge, dame Kartrine achevant de s'habiller. Ils rejoignent dans la salle l'Etranger qui les dévisage avec agressivité et mépris. Cas émet alors un sifflement annonçant que quelqu'un vient.

Un sergent moustachu, trop gros pour sa cuirasse et son pourpoint arrive en effet avec trois miliciens. Sara prend alors la parole et annonce que son oncle et son père se sont entretués à cause de l'alcool. Les gardes trouvent en effet la dague du Borgne dans la main froide de Waldo et l'épée courte du Moine dans celle, tâchée de sang, de Baldo. Le sergent se montre peu convaincu mais le chevalier vient l'assurer que tout s'est passé ainsi. Le Baron se permet de prendre la parole et, donnant du "Capitaine" au simple sergent, lui explique qu'il s'agit d'une histoire terrible où l'alcool "démon qui pousse l'homme à la faute, aussi sûrement qu'une armure entraîne un noyé vers le fond" joue les premiers rôles. Impressionné par les titres de noblesse du chevalier et du baron ainsi que par la prestance de ce dernier, le sergent se dit que tout cela fait beaucoup de papiers pour deux loustics qu'on n'aimait pas beaucoup au village. Il révéla alors qu'on savait au village que les deux frères étaient deux escrocs, capteurs d'héritages et maîtres chanteurs. Après un interrogatoire purement formel des personnages, le sergent décida que l'affaire était close. Avec deux gardes, il quitta l'auberge, non sans avoir accepté de porter au Temple de Jupiter, la principale autorité de la ville, un message du Baron concernant le décès de Dame Sebald. Le Nain et Cylenzara en profitent pour demander au Baron de demander au Temple de bien vouloir les soigner.

Alors que tous les autres se pressent autour de Sara, celle-ci continue à pleurer. Elle demande dans un sanglot au garde d'aller voir si le croque-mort peut confectionner deux cercueils pour son oncle et son père. Dès que le garde part, elle se lève et demande un pied-de-biche. Sous les yeux furieux du Chevalier et du Baron, elle part dans la cuisine. Le Borgne explique alors que la petite a bien le droit d'hériter, maintenant que c'est une "ch'tiotte orpheline". Il rejoint Sara dans la cuisine, suivi de l'Etranger qui se propose pour essayer de forcer le coffre où Waldo cache son or. Bien que le Borgne voit d'un mauvais oeil (sans jeu de mots) cette aide, Sara accepte et les trois parviennent finalement à ouvrir le coffre où ils trouvent cinq bourses. Sara donne un sac d'or à l'Etranger et deux autres au Borgne. Le Moine, ivre comme de coutume, apparaît sur le pas de la porte et demande une part. Sara le rembarre sans aucune gentillesse, déclarant "Toi, tu sers à rien. Fous nous la paix" même lorsque le Moine rappelle que c'est son épée que Sara a volée pour tuer son père. Sara répond sarcastiquement que ça fait aussi de lui quelqu'un qui n'est même pas capable de faire attention à ses affaires et qu'il devenait dangereux de lui confier de l'or. Lorsque les complices ont partagé l'or, le Borgne demande à Sara ce qu'elle compte faire. Celle-ci répond qu'on peut brûler l'auberge, pour ce que cela lui fait. Elle entend suivre le Borgne, désormais. Elle lui propose d'être sa femme pour pour la vie ou pour cette nuit. Le Borgne, très gêné, lui dit qu'il ne faut plus jamais qu'elle fasse ça. "ça? quoi ça? la pute? pourquoi j'arrêterais? T'aimes pas les femmes?" est sa réponse. Le Borgne essaie alors de convaincre Sara de changer de vie et de profiter de son or pour s'acheter une jolie ferme et se trouver un vrai mari.

Pendant ce temps là, le Baron et le chevalier évaluent la situation. Ils ne savent que penser. S'ils ne croient pas à ce que dit Sara, ils ont du mal à croire que les deux aubergistes soient innocents dans le sort qui les attend. Le Baron a alors une phrase malheureuse sur le fait qu'il ne se sent "bien entouré" qu'avec Cylenzara et le Nain dans les parages. Or, Le Borgne passe à proximité. Il se retourne et demande au Baron ce qu'il entend par "bien entouré". Il demande "j'ai quelque chose que vous n'aimez pas?", "vous n'aimez pas les borgnes ?", "vous aimez les borgnes ? ça vous fait rire que j'ai perdu un oeil". Puis se tournant vers le chevalier, il s'énerve encore plus "vous nous traitez comme de la merde parce qu'on n'est pas noble. Mais qui c'est qui se fait dérouiller dans vos guerres. C'est qui qui porte la cuirasse dans vos armées?". Le Baron laisse parler le Borgne puis utilise sa meilleure rhétorique pour convaincre le soudard que le sénéchal fera de chacun d'entre eux des hommes riches et qu'il n'est nul besoin de s'énerver. L'argument porte et le Borgne marmonne des excuses. S'essuyant sa main sur un surcot crasseux, il la tend au Baron qui la serre du bout des doigts. Le chevalier refuse les excuses du Borgne, ce que le Borgne avoue comprendre "vu" qu'il a "un peu dépassé les bornes".

Après cet incident, tout le monde se rassemble devant l'auberge. La rue commence à s'animer, on vient saluer Sara qui reçoit les condoléances avec beaucoup de dignité, incitant chacun à avoir une pieuse pensée pour son père et son oncle. Le chevalier tente de nouveau d'échanger discrètement avec Kartrine, mais, celle-ci redit pour la énième fois qu'elle n'est pas l'épouse du sénéchal Sebald. Elle finit par l'éconduire, tandis que le garde revient, qui annonce que le croque-mort se chargera de l'inhumation. Le Baron jette une bourse au garde. Très gêné car Kartrine l'impressionne, le Borgne s'approche de la jeune femme et lui demande des conseils sur la manière d'élever Sara. Kartrine révèle alors qu'elle même a eu une jeunesse très difficile à Gebenheim la cité du stupre. Le Borgne lui demande de placer Sara dans une famille noble mais Kartrine dit, franchement, qu'elle ne préfère pas prendre la responsabilité de Sara. Elle affirme "cette petite n'en fera jamais qu'à sa tête. Si je la place, on va me le reprocher. Je ne peux pas me griller, non plus". Derrière eux, Cas entend tout. Il semble avoir un avis sur la question et se garde bien de le communiquer.

Tous montent en selle. Sur le chemin du temple, Sara chante une vieille complainte "Seulette je suis / Sans amis demeurée".
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