[CR] Millevaux et autres jeux Outsider

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Pikathulhu
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Re: [CR] Millevaux et autres jeux Outsider

Message par Pikathulhu »

L'HEURE DU RÉVEIL

Suite de la campagne À la poursuite de la révolution, où un maelstrom de folie ambiante s'empare de la ville ! Un récit par Gudrun.

(temps de lecture : 18 minutes)

Le jeu : Little Hô-Chi-Minh-Ville, du panasiatique-dystopique-biopunk par Thomas Munier

Joué en août 2020

Image

Jonathan Van Smith, cc-by-nc-nd, sur flickr

À la recherche de la révolution - épisode 2 (voir ici épisode 1)

--->attention si vous êtes sensible vis à vis du gore, du sexe avec les robots et des meurtres gratuits, ceci peut vous mettre mal à l'aise<---

Après avoir donné la chronodrogue au médecin vampire, Cetan se dit qu'il est temps de rendre une visite au boss de « nouilles bien cuites ». Pour ça il faut qu'il trouve l'arbre géant où il se cache.

Il escalade les restes branlants et rouillés d'une vieille grue. De là haut, il peut observer little-hoh avec précision. Une pluie cancérigène s'abat sur les immeubles. Les oiseaux-horlas volent dans la brume toxique au dessus de lui, sous forme de larves stellaires. Et en bordure de la ville, il aperçoit une gigantesque construction à la minecraft : un énorme arbre modélisé par informatique.

Il s'enfonce dans le dédale de ruelles crasseuses de la ville pour atteindre l'arbre. Mais en chemin il tombe sur un type des bras d'aciers avec imper noir et lunettes noires. Le type lui met un coup de pression, il le soupçonne de se rendre en bordure pour quitter la ville. Cetan se casse par une petite ruelle, le type sort un gun et fais un tir laser qui lui traverse l'épaule. Notre techie, mal en point, se ramasse la gueule dans une pente de boîte de conserve périmée et fini dans un genre de fosse pleine de rats. Le bras d'acier le laisse pour mort.

Cetan ressort du trou et se dirige vers l'arbre. Une fois là-bas, il utilise son pouvoir d'altération de la réalité pour générer momentanément un escalier pixellisé. Les blocs de pixels s'entrechoquent et l'escalier se forme. Mais ça a probablement alerté les occupants de l'arbre. Cetan monte des escaliers dans des salles sans éclairage à l'intérieur de l'arbre. En haut d'un escalier, il aperçoit une grosse fougère avec des pattes insectoïdes qui lui parle dans sa tête. 
-qu'est ce que tu fais là Cetan ?
-je suis venu tuer le boss
-Non Cetan. Tu ne pourras pas. Nous sommes trop puissants pour ça. Par contre, tu peux sûrement travailler pour nous
-Non c'est impossible. Nouilles bien cuites a fait trop de mal à ma famille, je ne peux pas. Attend une minute, j'ai une famille moi ? (Cetan a oublié l'existence de ses parents dans l'épisode précédent)
-ta vraie famille maintenant c'est nous.
Le sol, le plafond, les murs et l'escalier, se révèlent alors intégralement couverts de fougères aux pattes insectoïdes. Cetan est pris dans une nuée de horlas. Il se génère un gun avec son altération de la réalité, mais le gun est peu consistant, il freeze et clignote. Le techie tire dans tous les sens sur les fougères. Il se taille un chemin en tirant des rafales de balles et court dans l'escalier, poursuivi par la nuée de fougère insectoïdes.

Il débouche en bas d'une sorte de grand conduit. Autrefois un rayon antigrav permettait de monter tout en haut, mais la commande est bouffée par les ronces. Pendant qu'une fougère lui mord le bras, Cetan fais une réparation express et parvient à relancer le rayon antigrav. Il échappe aux fougères et monte dans les étages suivants. Il arrive dans une sorte de bureau. Au dessus de sa tête un gigantesque crâne de dinosaure avec une échelle qui rentre dans la bouche. Il se dit que s'il était un grand méchant il aurait sûrement un bureau comme ça. Mais c'était un piège ! Une fois qu'il est rentré le crâne se referme sur lui. Il se retrouve coincé dans une petite cavité qui diffuse du gaz, épié par des caméras de surveillance.
-services des ressources humaines de « nouilles bien cuites » bonjour, quelle est votre requête ?
-je suis venu tuer le boss. 
- requête refusée. Mais je vous le passe.
La voix change
-Hey Cetan, salut champion ! Alors comme ça tu es venu me buter... En soi je comprend, c'est bien normal. Mais ça me paraît pas une bonne idée, même pour toi. J'ai une offre à te faire. Elle tient en trois points. Le premier point est plus un point pour t'aider à réfléchir.
Un écran avec l'appart de Chan-po (pote communiste de Cetan) se matérialise.
-L'appartement de ton ami est entièrement dynamité. Je n'ai qu'un clic à faire pour que tout explose. C'est juste pour t'aider à réfléchir. Le deuxième point c'est à propos de ton histoire de communisme. C'est mignon les rêves d'ados comme ça, mais il faut que je te dise quelque chose : le communisme n'est pas exactement ce que tu crois. Quand tu réveilleras Soleil Rouge, sache que cela réveillera du même coup le démon majeur Azatoth. Ce sera peut être le communisme 2 ou 3 minutes, avant qu'Azatoth n'absorbe la ville. Mon troisième point est donc une solution : oublie Soleil Rouge, vient bosser avec moi, dans mon arbre, partage moi toutes les infos que tu as glanées et je te protégerais des autres types avec qui tu as un contrat.
-oh. Hrm. Laissez moi le temps de réfléchir.

Cetan s'assoit au sol. Il va dans son palais mental, une vieille tour médiévale avec des pigeons voyageurs monstrueux sur les créneaux. Il chope un pigeon et s'en sert comme d'un téléphone. Il appelle Hassam. Il lui demande de s'infiltrer en loucedé dans l'appart de chan po avec un ordi et de suivre ses directives à la lettre. 

-Si vous souhaitez réfléchir à mon offre, montez là haut.
Une trappe s'ouvre qui mène vers une autre salle. Cetan y va. Il se retrouve dans une salle pleine de coussins et d'androïdes mâles et femelles complètement nu.e.s. Toutes et tous sont très beaux et l'invitent à venir s'ébattre avec elleux pour réfléchir. Les androïdes déclenchent des sons pornographiques autours de Cetan. Au téléphone hassam entend les bruits
-Mais, cetan, t'es dans un bordel ?
-non non c'est pas ce que tu crois, hrm

Cetan est dans une situation très compliquée, il doit dicter des lignes de codes à hassam alors que des androïdes magnifiques lui font des câlins très torrides. Sur les créneaux du palais mental, le pigeon monstrueux gerbe un asticot qui vomit une mouche, celle-ci sort un minuscule mégaphone et dit « c'est bon » (Hassam lui réclamera le paiement plus tard). La dynamite de l'appart est désactivée. Mais Cetan chope une vérole mentale : à l'intérieur de la tour, il y a pleins de poster avec des filles nues. Et les posters lui parlent.

Cetan crie "JE REFUSE VOTRE OFFRE"

Cetan se met à courir dans le premier couloir venu pour essayer de trouver le bureau du boss. Les androïdes nus deviennent des mélanges entre des gens magnifiques et des énormes tanks. Cetan riposte contre les tanks et fais 12 pile. Quelque chose d'incroyable se produit alors. 

Soudain, les tanks sont des T-34 de l'armée rouge, les androïdes deviennent communistes. 
-nous t'aideront dans ta tâche

Ils débarquent dans le bureau du PDG des nouilles bien cuites. C'est une femme, coréenne, avec une coupe au carrés qui fume des dollars comme des cigares.
-Je suppose que si vous débarquez en arme dans mon bureau c'est que la dynamite chez Chan-po est désactivée. Bon. Je tiens simplement à préciser que j'ai une ogive nucléaire dans le cœur.

Cetan et les tanks-gens-à-poil tirent dans tous les sens et Cetan chope une vérole physique : il fusionne avec les autres, son apparence se modifie. Il a désormais une fille à poil dans le dos et un tank T-34 de l'armée rouge sur le torse. Mais la tête de la PDG explose.
Son corps tombe.
Les filles sur les posters dans son palais mental crient « ATTENTION L'OGIVE VA EXPLOSER ! »

Cetan rattrape la PDG en douceur et tente de désactiver l'ogive. Il se plante et tout explose.

Pendant ce temps, Chan po bouffe des nouilles dans son appart. Il cherche de la sauce soja dans ses placards : il s'aperçoit que ces derniers sont blindés de dynamite. Puis il se retourne et voit un énorme champignon atomique aux abords de la ville.

Il n'y a plus d'arbre. Des pixels jonchent les pentes d'un immense cratère au fond duquel gît le corps de Cetan.

L'esprit de Cetan erre dans la Ruche au milieu des chats qui chient des arc en ciel et des bouches qui crachent des dollars. Il faut qu'il parvienne à entrer dans un palais mental pour demander à quelqu'un.e de venir le ressusciter. Il échoue à entrer dans les palais de Hassam et Chan-po mais parvient à entrer chez Cheza. Son palais mental est un appart jonché de paquet de pizza. Cheza est en train de faire un jeu vidéo. Les explications de la situation sont un peu laborieuses. Cheza demande à Cetan si il veut une tisane, et elle demande aussi à la fille greffée dans son dos. Les deux en veulent. Sous un paquet de pizza elle sort un réchaud de camping et prépare une tisane.

Ensuite Cetan observe Cheza qui va retrouver son corps à travers une vitre crasseuse du palais mental. Elle arpente les rues. Cheza arrive au cratère, des larves stellaires tournent autours du corps de Cetan comme des vautours. Elle en flingue un ou deux et traine le corps en dehors du cratère rapidos. Mais avec la fille + le tank c'est super lourd, et les larves sont pas loin. Il lui faut de l'aide. Un type avec une charrette est en train de ramasser des pixels. Elle le convainc de transporter Cetan jusque chez Hassam et lui promet qu'il sera payé.

Hassam est formel : la seule manière rapide et efficace de le ressusciter c'est de demander aux lazaréens d'en faire un zombi. Leur église est juste à côté. Ensuite une mouette-monstre s'écrase sur la vitre et Cetan ne voit plus rien.

Puis on incante des trucs et Cetan revient sous forme de zombi (toujours avec le tank et la fille greffés à son corps). Il est allongé dans un pentacle au milieu de l'église des lazaréens. Quelque part derrière des colonnades on pratique visiblement des sacrifices humains. Tout le monde est autours du pentacle et réclame des coûts.
Les lazaréens veulent qu'on leur amène le sceptre de St Jean-baptiste avant l'avènement du grand matin rouge. Tant que ce sera pas fait ils auront une petite bougie et il leur suffira de la souffler pour tuer Cetan. Hassam lui chuchote qu'il voudrait avoir le sceptre avant juste quelques minutes pour graver des runes dessus. Le charretier voudrait un poumon. Cheza a juste fait ça par amitié et ne réclame rien en échange.

Cetan a du pain sur la planche.

Il va faire d'une pierre deux coups. Si la femme que Hassam a engrossé ne doit jamais accoucher, autant que ce soit la même qui perde un poumon. Cetan débarque dans un appart avec une énorme flaque de pisse. Au centre, une femme enceinte nue fume une clope allongée au sol.
-vous êtes venu me tuer je suppose.
-oui
-C'est pas très propre comme boulot. Charcuter une fille qui s'est faite violer pour honorer un contrat. C'est franchement dégueulasse non ?
Cetan est très mal à l'aise, c'est effectivement du très sale boulot. Il se dit qu'il va falloir qu'il bute Hassam. Il tire une balle dans la tête de la fille. Il chope une vérole mentale : la fille enceinte s'installe dans son palais mental.

Il prélève un poumon et se casse de l'immeuble.

Il donne le poumon au charretier qui se le greffe sur le champs avec son opinel et quelques câbles électriques. Le charretier repart ensuite dans la rue « PIXEEEL QUI VEUT MES PIXEEEEL ! ». Une crise économique semble s'être déclarée suite à l'explosion du PDG de « nouilles bien cuites ». Les affiches annoncent le grand matin rouge qui vient : on y voit des prolétaires vietnamiens ultra barack avec des marteaux et des faucilles sur l'épaule, au dessus d'eux, un énorme soleil rouge bizarrement stylisé. 

Cetan fait des recherches sur le sceptre de st Jean-baptiste. C'est un sceptre qui sert à bannir Azatoth. Et où est ce qu'il est ? Ce sceptre constitue tout simplement le bras du boss des bras d'acier.
Cetan prend un gros coup de jus et l'ordinateur explose. Ensuite il demande à Cheza si elle a des contacts gnomes. Elle lui dit que les proprios de son appart sont des gnomes. Elle lui refile leur numéro. À partir du numéro, Cetan retrouve l'adresse du repaire des gnomes. Il s'agit d'une sorte de croiseur interstellaire qui vole en cercle au dessus de la ville. Il voit le croiseur dans le ciel et constate qu'une nuée de larves stellaires vole autours.

Il se dit que si le sceptre sert à repousser Azatoth, il vaut mieux le trouver avant de réveiller soleil rouge. Il se dit aussi que si Hassam veut écrire des runes sur le sceptre c'est sans doute pour le désactiver. « Hassam serait-il un cultiste d'Azatoth ? » Des cafards qui jouait au foot à côté de sa chaussure entendent ça « hey les mecs, il paraît que Hassam c'est un cultiste d'azatoth ! ». Les cafards partent plus loin et le disent à des humains qui le disent à d'autres. Puis un type en parle dans un livestream de jeu vidéo avec des milliers de vues. L'égrégore fera le reste : Hassam EST désormais un cultiste d'Azatoth.

Cetan revient dans son palais mental. La fille enceinte a le corps couvert de poster et semble être en train de baiser avec les filles de papier glacé. Elles crient toutes à pleins poumons. Cetan chope le pigeon qui l'a contacté au début du premier épisode. Il farfouille dans ses entrailles, au milieu des câbles électriques et tente de trouver l'adresse du repaire des bras d'aciers. C'est un gymnase souterrain auquel on accède par une poubelle ultra-piégée en bas de son immeuble.

Cetan repasse d'abord chez lui. Il tombe sur ses parents « mais vous êtes qui !? ». C'est le drame, ses parents doivent lui réexpliquer qui ils sont. Et Cetan leur explique rapidement pourquoi il est désormais un zombi avec un tank sur le torse et une fille dans le dos (qui présentement joue sur son téléphone). Il demande aussi à la fille si elle veut pas retrouver sa liberté, mais c'est une communiste : tant qu'il sera sur les traces de soleil rouge, elle veut être aux premières loges. Elle veut rester collé dans son dos.
Cetan va dans la rue pour essayer de trouver à bouffer pour ses parents.
Mais c'est la crise. Tous les vendeurs de nouilles sont au chômage et à part quelques usines collectivisées par le viet-minh la production est interrompue. Tout le monde fait la queue à une soupe populaire tenue par les lazaréens. Ils tentent de recruter des fidèles et disent qu'ils se préparent à la montée du communisme et à l'apocalypse qui s'ensuivra. Cetan va à l'usine de nouilles cachée dans les égoûts pour leur demander des nouilles. Un gamin avec une kalashnikov le reçoit très mal.
-le parti dit que vous êtes un hitléro-trotskiste, partez ou je vais vous abattre.
-Quoi ??? Mais je vous ai aidés... Et en plus je suis anarchiste !
Quand il prononce le mot anarchiste, le gamin devient hystérique « SOCIAL-TRAÎTRE ! » et se met à le canarder à la kalash, Cetan fuit à toute jambe.
Il se retrouve alors à faire la queue à la soupe populaire et récupère une misérable tasse de soupe qu'il va donner à ses parents.

On passe en phase MORT SUBITE

Il arrive vers les poubelles qui donnent sur le repaire des bras d'aciers. Une vieille qui allait jeter un sac plastique est abattue d'un tir de gun par un bras articulé qui sort de la poubelle. Cetan tente de reprogrammer la poubelle mais le gun tire. La balle éborgne sa mère qui arrosait ses fleurs depuis le balcon de sa cellule, l'arrosoir entre les dents. Ensuite Cetan saute dans la poubelle qui est comme un toboggan et tombe dans une chaise en plastique. Il se retrouve dans un immense gymnase, sur une petite chaise en plastique au bout d'une longue table. Autours de la table, des tonnes et des tonnes de mercenaires des bras d'aciers, toutes et tous avec des kalashnikov, des battes de base-ball, des gun et toutes et tous ultra barack. Au bout de la table, un trône fait en récup et le boss des bras d'acier, avec le sceptre de st Jean-baptiste à l'intérieur d'un bras en plaque d'acier avec des vitres.

-Tiens, Cetan. On dirait que ta mission patine non ?
-Je rompt le contrat.

Le tank T-34 tire dans tous les sens et explose les mercenaires les un.e.s après les autres. Le boss tire au bazooka de derrière son trône. Cetan altère la réalité pour retourner le bazooka sur le boss qui explose sur le coup dans une gerbe de sang. Le bras du boss est soufflé par l'explosion, il fait un vol en cloche qui fait pleuvoir du sang sur les corps des mercenaires avant d'être rattrapé par Cetan. Il ressort du gymnase avec le sceptre. 

Il se rend à l'église des lazaréens. Ceux-ci ont l'air en pleins préparatifs de sièges. Des tonnes de zombies avec des kalashnikov gardent les lieux, les prêtres s'activent, font rentrer des fidèles à l'intérieur « venez vous protéger du communisme et d'Azatoth, l'affrontement est imminent ! ». Comme il a le sceptre, on le laisse entrer. Le grand prêtre chope le sceptre et le remercie « merci bien, grâce à vous, nous pourrons sauver le monde du péril rouge et des horreurs cosmiques que nous promet Azatoth ». Maintenant, il faut que Cetan se rende dans le croiseur interstellaire des gnomes. Il monte sur le toit d'un immeuble. Il utilise altérer la réalité pour que l'immeuble se torde et devienne assez haut pour lui permettre d'atteindre le croiseur interstellaire dans les cieux pullulants de larves stellaires. Mais la déformation a des conséquences. Un pixel craque tout en bas de l'immeuble, et d'un coup tout s'effondre comme un château de cartes. Cetan a juste le temps de sauter et de traverser une vitre du croiseur interstellaire. Il se retrouve dans des couloirs qui rappellent ceux de l'étoile noire dans Star Wars. Des dizaines de larves s'infiltre par le trou dans le vitre. Il trace à toutes jambes à la recherche de la réserve, poursuivi par les larves mais aussi par les gnomes, sorte de nains de jardins avec du matos technologique et des blaster laser.

Des larves s'infiltrent dans son palais mental. La meuf enceinte est prévenue par les posters 
-Attention !  Les larves essaient de s'infiltrer dans la tour ! Il faut que tu les repousses ! 
-Mais j'ai pas d'armes !
Cetan se concentre pour essayer de matérialiser une arme. La femme enceinte accouche d'une hallebarde. Alors elle monte sur les créneaux et découpe les larves à la hallebarde les unes après les autres. Le combat est féroce, les larves sont très nombreuses.

Cetan débarque dans une salle pleine de cuves. Dans les cuves, il y a des cerveaux, des aliens, des corps de milliardaires cryogénisés, des droïdes et même le corps de Mickael Jackson. Il check le registre internet et trouve l'emplacement d'une cuve contenant un post-it qui indique où les gnomes ont planqué le self de soleil rouge. Cetan génère des câbles qui font trébucher les gnomes. La cuve de Mickael Jackson se renverse et il se réveille sous forme de zombie. Il se joint à la poursuite. 

Dans le même temps les larves stellaires submergent la meuf enceinte, elle a beau être ultra-efficace à la hallebarde, les larves commencent à la mordre et lui bouffer sa santé mentale. Les posters de filles nues hurlent « IL LUI FAUT DES RENFORTS ! VITE ! »

Cetan fini par atteindre la cuve et prend le post-it en photo avant de briser une fenêtre et de sauter dans le vide. Pendant sa chute, il fait deux choses :
1/ Il se concentre pour essayer de matérialiser un tank T-34 dans son palais mental.

La meuf enceinte est en plein fight, attaquée de toute part par les larves. Quand soudain le ciel devient rouge et un remix tekno-hardcore des cœurs de l'armée rouge retentit. Un énorme T-34 déboule sur la tour, écrase des larves et la meuf enceinte rentre dans le tank. Sur un remix particulièrement survolté de Katyusha, elle terrasse une à une les larves en tirant des missiles au tank.

2/ Il matérialise une pente de glace pour s'aider à atterrir.

Il glisse et se retrouve nez à nez avec une patrouille de Viet-Minh. Les Viet-Minh tirent à vue sur lui. Il se planque dans les égouts. 

Le vendeur de pixel, qui passait par là, lui propose de racheter l'intégralité de son identité mais Cetan refuse. Le charretier part plus loin dans les égouts et essaie de revendre ses pixels à des junkies qui se piquent à l'héro. Cetan regarde la photo du post it.

Le self de soleil rouge est caché dans le jeu vidéo dans le palais mental de Cheza.

Voilà pourquoi il n'est jamais sorti avec Cheza. Si soleil rouge se réveille, elle risque de s'emparer de Cheza. Et Azathoth détruira Little-hoh. Et soleil rouge n'a donc pas de corps matériel. Elle n'en a peut être jamais eu...

Cetan doit se faire soigner, il a pris pas mal de blessures dans la gueule. Il décide de retourner chez Sarkar le noir, le médecin vampire. Des boss se jettent du haut des immeubles, le cours du Schaft a chuté. En chemin, il tombe sur une patrouille du Viet-Minh. Chan-po en fait partie, il est mené par un chef qui a l'air particulièrement stalinien.
-Cetan, vous êtes en état d'arrestation pour anarchisme. Nous devons vous conduire dans notre camps de travail.
-mais je...
S'ensuit une discussion avec Chan-po, qui a du mal à se dire qu'il va conduire son ami dans un camps de travail. Alors la meuf dans le dos de Cetan intervient.
-Vous pouvez pas me mettre dans un camps. Je suis une authentique communiste.
Le bureaucrate stalinien est perplexe ? Sa tête fait de la fumée.
-Hrm... Si j'emprisonne cet homme, je vous emprisonne en même temps, donc j'emprisonne une authentique communiste. Mais si je vous laisse en liberté, je laisse un social-traître en liberté.

La tête du bureaucrate-soviétique-droïde explose.

Les hommes à ses ordres sont comme des cons.
Cetan propose de réparer leur chef. Ils acceptent. Cetan reprogramme discrètement le chef pour qu'il devienne anarchiste. Ensuite Cetan va chez le médecin.

Le médecin-nécromant est en train de faire un strip poker avec son assistante cyborg, et il perd. Il se rhabille rapidement. Il soigne les blessures de Cetan. Il lui propose de décrocher la fille, le tank et de le dézombifier. Mais Cetan s'en fout, et la fille veut rester là tant qu'il a pas trouvé soleil rouge. Le médecin-nécromant demande juste un peu de sang d'Azatoth.

Ensuite il va frapper à la porte de Hassam.

-Salut Cetan. Tu veut me demander quelque chose ?
-...
-Tu viens pour me buter je suppose.
-Hassam. Tu es quelqu'un d'étonnant. Tu joues les vieux charlatans, l'escroc qui brosse les puissants dans le sens du poil. Mais en réalité tu sais tout sur tout le monde dans cette ville. Et nous on sait rien sur toi. Je me trompe ?
-non. Et donc ? 
-Pourquoi tu fais ça ? Je veux juste comprendre... Pourquoi tu cherche à réveiller Azatoth, qu'est ce qui te motive là dedans ?
-Écoute. La vie ici je n'en ferais pas mon livre de chevet. On est prisonniers d'une forêt mutante qui donne corps à nos peurs bouffe nos souvenirs, transforme tout et génère des monstres. On est piégés dans cette ville étroite, condamnés à bouffer des nouilles et à mourir de maladie à cause de l'insalubrité. Et c'est pas ton communisme qui y changera quoi que ce soit. Il faut raser Millevaux, et le seul qui le peut c'est Azatoth. Alors oui, il y aura des sacrifices humains et des horreurs abyssales. Mais cette putain de forêt sera rasée et on pourra rebâtir de grandes cités. Et je me contre-fout qu'il faille violer et tuer pour ça.
-Mais... Tu veux vraiment qu'on soit sous le joug d'une engeance qui finira par tous nous tuer ? Pourquoi on aurait besoin d'une entité supérieure pour nous sauver ? Tu ne penses pas qu'on puisses se sauver nous même ? Gagner notre indépendance ?
-non
-...
-Tu attends que je te fasse une grande révélation de plus qui te convaincrait de ne pas me buter
-oui
-je n'en ai qu'une « tu es libre de me buter ou non » c'est tout. Pour le reste ça ne regarde que toi.
-adieu Hassam

Il lui tire une balle dans la tête.

Pendant que les rats emportent son corps, Cetan se pose dans l'escalier et digère ce qui vient de se passer. Puis il va chez Cheza.

Elle vit dans une minuscule cellule entièrement occupée par un canapé. Le plafond goutte mais elle a fixé un parapluie au canapé. Elle bouffe des nouilles.

Cetan rentre et lui explique.
Il veut juste parler avec soleil rouge avant de trouver un moyen de la réveiller sans que ça possède Cheza.

Elle est interloquée mais le laisse entrer dans son palais mental.

Là, Cetan branche des fils du jeu vidéo vers son torse et rentre dans le jeu vidéo. Il esquive des monstres et rentre dans un snack.

Soleil Rouge est là, en train de boire un jus de fruit.
Elle ressemble à un personnage de mangas qui aurait passé 5 ans à faire de la guerilla dans la montagne.
« c'est l'heure de mon réveil ? »
Cetan discute avec les posters dans sa tête, ils cherchent une solution. Les posters suggèrent d'incarner soleil rouge dans le corps de la communiste qu'il a dans le dos. 

Cetan et soleil rouge traverse les câbles.

Dans son appart, le corps de Cheza irradie de rouge
c'est la lutte finale
elle gerbe Cetan sur le canapé, il a soleil rouge dans le dos
groupons nous et demain
Soleil rouge saute par la fenêtre 
l'internationale
Elle atterris au milieu de la foule
sera le genre humain.
Il y a des milliers de crève-la-faim, des viet-minh, des bureaucrates soviétiques, des lazaréens
elle fait un discours.

La commune est l’unité élémentaire de la réalité partisane. Une montée insurrectionnelle n’est peut-être rien d’autre qu’une multiplication de communes, leur liaison et leur articulation. Selon le cours des événements, les communes se fondent dans des entités de plus grande envergure, ou bien encore se fractionnent. Entre une bande de frères et de sœurs liés «à la vie à la mort » et la réunion d’une multiplicité de groupes, de comités, de bandes pour organiser l’approvisionnement et l’autodéfense d’un quartier, voire d’une région en soulèvement, il n’y a qu’une différence d’échelle, elles sont indistinctement des communes.

L’extension des communes doit pour chacune obéir au souci de ne pas dépasser une certaine taille au-delà de quoi elle perd contact avec elle-même, et suscite presque immanquablement une caste dominante. La commune préférera alors se scinder et de la sorte s’étendre, en même temps qu’elle prévient une issue malheureuse.

Les fragments qui nous constituent, les forces qui nous habitent, les agencements où nous entrons n’ont aucune raison de composer un tout harmonieux, un ensemble fluide, une articulation mobile. L’expérience banale de la vie, de nos jours, est plutôt celle d’une succession de rencontres qui peu à peu nous défont, nous désagrègent, nous dérobent progressivement tout point d’appui certain. Si le communisme a à voir avec le fait de s’organiser collectivement, matériellement, politiquement, c’est dans la mesure exacte où cela signifie aussi s’organiser singulièrement, existentiellement, sensiblement. 
Être en armes. 
Se constituer en communes.


TOUT LE POUVOIR AUX COMMUNES
VIVE LE COMMUNISME


En trois quart d'heure tout Little-hoh est communiste. Les bureaucrates soviétiques sont totalement dépassés et n'arrivent pas à intervenir, il reste complètement buggués dans un coin. Des comités de quartiers s'organisent partout, on fait des assemblées, des cantines populaires, on partage tout. Bref un communisme crasseux et crevard. 

Et le grand matin rouge se produit. Le soleil, rouge sang, éclate dans le ciel. Azatoth se lève.

-MA FILLE, LAISSE MOI PLACE, JE VAIS ABSORBER LITTLE-HOH-CHI-MINH-VILLE 
Cetan demande à Soleil rouge ce qu'on peut faire. « il faut se battre, il faut tuer mon père »

Soleil Rouge se détache de Cetan. Elle va aller parler aux lazaréens. Cetan transforme son tank pour en faire un réacteur et se propulse sur Azatoth, au milieu des larves stellaires.

Cetan court dans des couloirs indescriptibles à l'intérieur de Azatoth poursuivi par des milliers de larves stellaires. « JE VAIS T'ABSORBER MISÉRABLE MORTEL » Il suit les terminaisons nerveuses et gagne le cerveau. Le cerveau de Azatoth est indescriptible avec un langage humain.

Des termes comme odeur, son, lumière, couleur, ne couvrent que 0,5% de la description du cerveau d'Azatoth. Cetan est au milieu de la tempête, et la même tempête envahi son palais mental. La meuf enceinte est sur les créneaux de la tour, avec le tank, au milieu de la tempête cosmique.
On frappe à la porte de la tour.

Une des affiches se décolle du mur et va ouvrir avec l'angle de sa page. Un grand type tout maigre est devant. « bonjour. Je me suis perdu dans l'espace et le temps. Vous pouvez m'héberger ? ». L'affiche de pin-up et le type remontent. Il se met à un bureau et écrit une nouvelle en mangeant un pot de haricots puis une glace à la vanille.

Cetan tente de matérialiser son palais metal pour créer un bug dans le cerveau de Azatoth. Il se retrouve avec la fille enceinte dans le tank sur les créneaux de la tour. Mais ça ne provoque pas le bug recherché. La meuf dans le tank crie
« ON FAIT QUOI MAINTENANT ?! »

Pendant ce temps soleil rouge va voir le chef des lazaréens. Les zombies lèvent le poing sur son passage.
-donnez moi le sceptre 
-Jamais ! Le communisme est contraire à la volonté de Dieu, écarte toi, engeance du démon !
-Écoutez, je connais bien mon père, et je connais bien les dieux, et les grands anciens. Je peux vous dire une chose : votre dieu est mort. Il a été massacré par les grands anciens il y a des éons. Vous vénérez un cadavre. Je vous le jure.
Maintenant donnez moi ce sceptre.

Le prêtre cède, complètement ébranlé.
Nous portons un nouveau monde dans nos cœurs
Elle met le sceptre dans son cœur. Le sceptre passe dans le cœur de Cetan.

« ON FAIT QUOI?! »

Cetan lui passe le sceptre, elle le fout dans le canon et tire dans Azatoth.

Le terme explosion n'est pas suffisant pour décrire ce qui se passe.

Ensuite, tout le monde bouffe des nouilles à la table d'une cantine populaire à ciel ouvert. La meuf enceinte est de nouveau incarné, son tank se comporte comme un genre de clebs et bois dans une gamelle. Elle a récupéré les posters et les a affichés à l'intérieur du tank.

Le charretier refile des nouilles à tous ses pixels attablés.

Cheza avoue à Cetan qu'elle restait très solitaire parce qu'une dette envers les bras d'acier l'y obligeait. Mais que maintenant elle va pouvoir s'amuser.

Ils partent vers un bar.

Le générique défile sur un ciel impressionniste, dans lequel reste la trace d'Azatoth.

-FIN-

 *je précise que le discours de soleil rouge est un mix de plusieurs passages des bouquins du comité invisible, parce que ça constitue la conception la plus mystique et hallucinée du communisme que j'avais sous la main


Commentaires de Thomas Munier :

 
Salut Gudrun !
 A. Un tout grand merci pour ce CR ! C'est totalement raccord avec la folie ambiante décrite dans Little Hô Chi Minh Ville je trouve ! J'ai été super heureux de lire ça !
 B. Allez, si je veux chipoter, je dirais qu'on ne sent pas trop le côté exigu, j'ai l'impression plusieurs fois de visualiser des grands espaces (le ciel, le gymnase, certains palais mentaux) mais c'est un détail.
 C. Combien de temps a duré votre partie ? Je me demandais comment tu avais pu caler autant d'événements durant la phase de mort subite ?
 D. Quelle durée envisages-tu pour ta campagne ? Je pose la question parce que ce deuxième opus est déjà très cataclysmique et reconfigure beaucoup la ville (de fait avec le personnage de Soleil Rouge c'était à prévoir).
 E. Le grand écrivain maigre qui mange des haricots et des glaces, c'est Lovecraft, n'est-ce pas ? :)
 F. J'aime bien que les scènes d'action soient fréquemment entrecroisées avec des scènes plus tranquilles, des scènes de repas notamment.
 G. Hassam qui devient cultiste d'Azathoth à cause de l'égrégore, c'est trop bien :) J'aime d'ailleurs aussi beaucoup la confrontation avec Hassam à la fin.


Gudrun :
 
Hello,
 A : Encore une fois, très content que ça t'ai plu :)
 B: Oui effectivement, j'aime bien les ambiances de révélation mystique à base de personnages perdus dans de très grands espaces, d'où cette petite "trahison" au background
 C : La partie a duré 4 heures, et pour la phase de mort subite on a fait à la louche. On a forcément débordé, tous les évènements qui s'y sont déroulés ne seraient jamais rentrés en 40 minutes. Mais de fait, je n'ai aucune idée de combien de temps ça a duré, j'étais trop concentré sur l'action.
 D : Dans mon premier post, j'avais écris "campagne" parce que je pensais faire 3 parties mais en fait on a utilisé tous les fils narratifs en deux parties. Pour le moment on a convenu qu'on s'arrêtait là. Mais il est possible qu'on y revienne, (et par ailleurs, on pense tester d'autres jeux Millevaux à l'avenir). Si tu as des pistes de suite à suggérer n'hésite pas, ça peux toujours servir...
 E : Oui évidemment. Quand il a fallu générer quelqu'un pour squatter le palais mental, le joueur a suggéré que ce soit lovecraft, et j'ai trouvé ça marrant, donc on est partis là-dessus.
 F : Pareil. Je joue autant pour l'aspect contemplatif que pour la grosse baston avec des bazookas
 G : En lisant les règles au début j'étais dubitatif, mais le fait que les peurs et les rumeurs prennent corps, en fait c'est un ressort assez fun


Thomas :

D. Si tu voulais à tout prix faire un nouvel opus, il faudrait faire quelque chose au sujet du fait que tout le monde est devenu communiste : soit faire une peinture de la vie pendant la dictature populaire de Soleil Rouge, soit jouer une tentative de la renverser.
 
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Re: [CR] Millevaux et autres jeux Outsider

Message par Pikathulhu »

AU PURGATOIRE

La troupe d'exorcistes se rend enfin compte dans quel type de guépier elle est tombée. Retour du roman-feuilleton après trois mois d'interruption !

(temps de lecture : 7 minutes)

Joué / écrit le 28/09/20

Jeu principal utilisé : Écheveuille, un jeu de rôle tout en un pour s’égarer dans l’infini des forêts de Millevaux en solitaire comme à plusieurs.

N.B. : Les personnages et les faits sont fictifs.

Le projet : Dans le mufle des Vosges, u roman-feuilleton Millevaux et une expédition d’exorcisme dans le terroir de l’apocalypse

Précision : ces feuilletons sont des premiers jets, donc beaucoup de coquilles demeurent. Merci pour votre compréhension.

Avertissement : contenu sensible (voir détail après l’image)

Image
Gerrit Burow, cc-by, sur flickr


Contenu sensible : aucun


Passage précédent :

32. L’envoûtement au noir
Pour cette suite du séjour à Xertigny, test de mon projet de bac à sable profond Écheveuille, avec Inflorenza comme système de résolution. Or, les dés ont provoqué une issue des plus tragiques !



L'histoire :

Image
Ancient Lights, par Ancient Lights, du stoner-drone mélodique des plus ritualistes pour une enfoncée enfumée dans les forêts limbiques.

S'ensuivit un silence de plomb qui pesa pendant longtemps. On n'y voyait plus goutte dans la chemine, car au-dehors la presque-nuit étendait ses drapés sur les cimes. Brisant le recueillement, le cri de l'horfraie, l'oiseau-psychopompe, glaça le sang de ceux qui ne l'avaient pas encore assez froid.

"Il faut faire quelque chose des corps.", risqua la Madeleine.
La Sœur Marie-des-Eaux était prostré sur le carrelage, enserrant toujours le corps du corbeau.
"Je veux qu'on enterre Euphrasie.
- Elle n'était ni chrétienne... ni humaine.", souffla le Père Benoît.
Le novice lui décocha un regard où plus rien ne transparaissait de la vertu d'obéissance demandée par sa condition. Le prêtre recula.
"En fait, peu importe vos scrupules, précisa la Madeleine. Il leur faut des rites funéraires menés dans la dignité et dans le respect. Sans quoi... elles reviendront. Si vous voyez ce que je veux dire.
- Je vois que vous ne me laissez pas le choix, conclut le Père Benoît. Dans ce cas, Madeleine, aidez-moi à porter la Mémère. Je vais mettre les restes du Pépère dans ce sac. Nous allons au cimetière."

Ils firent tout le chemin en rasant l'orée de la forêt. Ils n'avaient plus du tout envie de frayer avec les habitants de Xertigny, car les pires conjectures à leur sujet se bousculaient dans leurs têtes.

Là-bas, dans cette nécropole démesurée, la lune gibbeuse leur donna un semblant de réponse. Personne n'entretenait les lieux, l'endroit était la proie des broussailles et des digitales. La Mémère et le Pépère Peutot avaient déjà une tombe à leur nom, et leurs dates de décès était mentionnée.

Ils passèrent un moment à regarder les dates sur les tombes quand la couche de lichen permettait encore de les lire, mais la révélation était si vertigineuse qu'ils finirent par abandonner.

Ils ouvrirent la stèle de la tombe Peutot. Les cercueils étaient ouverts et vides. 

Le Père Benoît célébra une petit messe. La Sœur Marie-des-Eaux était effondré dans la prière. La Madeleine, quant à elle, fixait le prêtre, elle semblait étudier son visage. Les reflets de la ligne soulignaient les écailles et les suppurations sur la face et les mains de la fermière.

De loin en loin, parcourant les allées comme en pays conquis, les fanions grêles des feux-follets.

On remit les époux Peutot dans leurs bières, non sans avoir cloué la Mémère d'un pieu au cœur.

Le Père Benoît creusa un petit trou, où la Sœur Marie-des-Eaux enfouit le corbeau. 
"À défaut de cercueil, il lui faut un nid."
Alors à grands coups d'opinel, il coupa les longs cheveux qui encadraient son visage au supplice. Ils tombèrent en pluie sur le corps de son aimée. Elle remit sa coiffe sur les restes hirsutes de sa toison.
Une dernière larme, une dernière prière, un dernière pelletée, et l'Euphrasie fut en terre.

"Tu ne méritais pas de finir en ces lieux. Pour nous avoir guidés, voilà ce qui t'est arrivé. Quelle malheur de mourir au purgatoire !
- Comment avons-nous pu échouer là ?, s'interrogea le Père Benoît. Elle avait pourtant l'air de savoir ce qu'elle faisait !
- Peut-être que la Mère Truie nous a maléficiés à distance.", conclut la Madeleine.

Un déchirement creva les nuages, quelque chose d'une rumeur de torrent qui roulait à travers les arbres, impossible de savoir si c'était tout proche ou si ça mugissait du fond de l'espace.

"Qu'est-ce qui grolle comme ça ?
- C'est peut-être un orage...
- Moi, ça me rappelle autre chose. Quelque chose de pire que l'orage.
- On peut pas rester dormir à la belle étoile dans ces conditions.
- Mais je refuse qu'on retourne chez les Chassard. Ils me font trop penser à la Mémère Peutot.
- Alors on va trouver abri dans le Château des Brasseurs."

Image
Sleeper, par Daniel Menche, un drone fait de bourdonnement et de résonnance, mélodique et sombre pour se faire happer par un voyage nocturne.

Ils coupèrent à travers bois pour éviter les noctambules et trouvèrent le Château environné d'une brise printanière. Le Père Benoît allait casser la vitre de la porte qui surplombait le double escalier, mais il la trouva ouverte. Quand il ouvrit, il trouva en face de lui un officier militaire dans un uniforme anachronique, assis dans le grand hall auprès d'un guéridon, avec juste une bougie pour révéler son visage, anxieux, regardant de tous côtés. Le carrelage était défoncé, les papiers peints déchirés. Tout indiquait l'abandon. Le soldat les tient aussitôt en respect avec son pistolet de service, mais abaissa son arme au constat qu'ils étaient des écclésiastiques.
"Qu'est-ce que vous faites là ?." Des colonies de verrues constellaient ses mains.
"Je suis le Père Benoît, envoyé du diocèse de Saint-Dié. Nous cherchons asile pour cette femme, Madeleine Soubise.
- Vous êtes mal tombés. Ici, nous sommes en guerre. Je m'appelle R* et je suis chargé d'organiser les défenses."
Visiblement, quelle que fut l'ampleur de sa tâche, il n'était pas à la hauteur. Il était dans un état de confusion nerveuse des plus totales.
- En guerre contre qui ?
- Contre les Allemands, pardi !
- Vous voulez dire contre les prussiens ?
- Les Schleus, les Boches, appelez-les comme vous voulez. La drôle de guerre est en train de tourner au vinaigre. Nous avons placé des pièces d'artillerie mais ils sont légion. 
- Vous voulez dire que Xertigny va se faire encercler ?
- C'est probable. Il n'y a pas trente-six solutions pour fuir. Eventuellement, il faudrait explorer les souterrains du château. Il paraît que le réseau s'étend jusqu'aux limites de la ville. Ça ne vous tente pas ?
- Nâni, pas pour l'instant en tout cas. Nous voulons surtout vous demander le gîte. Peut-on dormir dans la serre que nous avons vu à l'arrière du château ?
- C'est vraiment dommage, j'aurais vraiment voulu savoir si ses souterrains constituaient une option. Mais bon, restez si vous voulez, le château est réquisitionné. Prenez vos aises.
- Une dernière question. Où sont les pièces d'artillerie dont vous parlez ?
- Près des Granges Richard, sur la colline qui surplomble la route de Bains. C'est du moins là que le Lieutenant Warnier les a déplacées.
- Bonne nuit, monsieur R*. Tâchez de trouver le repos.
- Plus personne ne se repose ici. Nous sommes tous en veille."

Le Père Benoît avait choisi la serre pour plusieurs raisons. Il y trouva un tuyau d'arrosage pour se faire une toilette, et ils purent s'y barricader. Aucun n'avait envie d'être trop à portée de R*. Il fallait se méfier de tout le monde désormais.

En plein dans les replis de la grasse-nuit, le prêtre, qui avait pris le premier tour de garde, vit le hochement d'une lumière se vautrer sur les vitres. Il se tapit dans un massif de rosiers dégénérés, et essuya avec le revers de sa soutane pour mieux voir. C'était R*, avec tout son paquetage et quelques objets de valeurs sans doute dérobés au Château. Il s'aventurait dans l'arboretum, lanterne et revolver pointés.
"Je crois que nous avons affaire à un déserteur., murmura le Père Benoît.
- Il nous a appris quelques petites choses importantes avant de jouer la fille de l'air, répondirent les mouches. On dirait que cet endroit agrège plusieurs époques. Cela tend on confirmer que nous sommes au purgatoire. Nous nous rapprochons de notre cible. Demain, tu devras aller à l'église. Des réponses s'y trouveront sans doute.
- Taisez-vous, on va vous entendre."

Il se rapprocha de la Madeleine pour voir si elle dormait encore. À la faveur de la lune percolant à travers la vitre, les croûtes de son visage n'étaient plus si horribles à voir ; une audace impressioniste. 

"Qu'est-ce qui se passe ?, gromella-t-elle sur le ton du réveil impromptu.
- Chut... Laissons la Sœur Marie-des-Eaux dans ses rêves. Il en a besoin. J'ai vu R* déserter, mais nous n'avons pas besoin de lui.
- Vous en faites vraiment beaucoup pour moi.
- C'est normal.
- Je n'en vaux pas la peine.
- Je sais qu'on vous a éduquée à penser ainsi, mais vous avez tort. Vous êtes une belle personne et vous méritez qu'on se batte pour vous, comme vous vous êtes battue pour votre enfant."
Son visage s'était approché du sien. Les odeurs de chair fermentée se mêlaient à la verdure de son haleine.
- Arrêtez. On dirait que vous me donnez le bon Vieux sans confession. Vous vous doutez pourtant à quel point je me suis compromise. Je ne suis pas digne de votre compassion et de votre amour.
- Si, vous l'êtes."
Il était maintenant aussi près de son visage que de la grille d'un confessionnal. Il tendit la langue et sentit le goût salé de la sanie perlant d'un furoncle. Il lécha ses plaies, il se surprit à en aimer le goût.
La Madeleine se laissa faire un temps, son corps parcouru de frissons alors que le prêtre lapait les croûtes de ses joues.

Puis elle le repoussa. Sa tête tournait. 
"Vous ne savez pas ce que vous faites. Je ne veux pas être celle qui vous détournera de la foi."

Il alla se pelotonner dans les buissons de courges sauvages, ne trouvant aucun mot pour dire sa honte.

La Madeleine prit son tour de garde, qui consista plus ou moins à une forme d'atonie, à ruminer tout ce qui leur était arrivé et tout ce qui les attendait de plus horrible et bouleversant, face à quoi elle se sentait sans force et sans utilité, et ce qui lui restait c'était si peu, prendre soin des siens, qui était disparu, qui était gênant, qui était fou.


18 Juin 1940

Le jour les cueillit tôt, dès presqu-aube, et la serre était chaude comme un cocon. Dehors, il faisait beau. Le ciel était d'un bleu qui leur fut rarement, si jamais, donné de contempler. Cette teinte électrique et dense leur rappelait les absides des églises. On grapilla quelques légumes puis on se décida à aller observer la fameuse pièce d'artillerie des Granges Richard. Il fallait comprendre au mieux ce qui se passait à Xertigny pour déterminer si vraiment le lieu présentait des promesses d'asile pour la Madeleine.

Ils trouvèrent une poignée de soldats en casque attroupés autour d'un canon de l'âge d'or, un specimen moderne tels qu'ils n'en avaient jamais vu. Prétextant de bénir les barricades, le Père Benoît fut bien accueilli, et le Lieutenant Jacques Warnier, un cavalier droit dans des bottes, leur expliqua qu'il s'agissait d'une pièce de 75, ce qui ne les avança guère plus.

Warnier caressa son cheval Lutin. "Le pauvre n'est guère résistant, et nous avons parcouru les Vosges dans tous les sens. Il est fourbu."

"J'ai écrit une lettre à mon épouse. Grâce au ciel, elle à l'abri dans le Morbihan. Je ne sais pas si mon courrier va lui parvenir."

"Nous dînons debout, dans le bois, et on mange des conserves."

"Les boches sont partout. Nos défenses sont complètement désorganisées. Mon père, je ne sais pas quoi penser de tout ce qui se passe. R* m'a dit qu'on se retrouverait pour le déjeuner, mais il n'a pas paru. Il aura de la chance s'il échappe au Conseil de Guerre".

C'est alors qu'un raclement sourd stoppa net les conversations.

Ça venait de la route de Bains !





Lexique : 

Le lexique est maintenant centralisé dans un article mis à jour à chaque épisode.


Décompte de mots (pour le récit) : 
Pour cet épisode : 1920
Total :  62622


Système d'écriture

Retrouvez ici mon système d'écriture. Je le mets à jour au fur et à mesure.


Feuilles de personnages / Objectifs des PNJ :

Voir cet article
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Re: [CR] Millevaux et autres jeux Outsider

Message par Pikathulhu »

HIVER NUCLÉAIRE

L'ombre d'Antoine Volodine a plané sur cette session post-soviétique des Sentes placées sous le signe de la tempête et des émotions fortes !

Joué le 15/02/20 à Ambon, à La Ville Albertine

Le jeu : Les Sentes, drames forestiers dans une réalité sorcière (jeu de rôle et GN)

Hiver Nucléaire, la vidéo du GN

Samuel H. a joué le rôle de Mémographe, et compilé certaines réminiscence de nos vagabondages post-totalitaires…
Temps de visionnage : 26 mn. 

(temps de lecture du compte-rendu : 8 minutes)

Image
L’équipe du GN Hiver Nucléaire. Photo : (C) La Ville Albertine

Une nouvelle session hors-saison du GN Les Sentes, un peu ambitieuse puisque nous avons été une vingtaine de personnes. Nous avons joué dans une ambiance post-soviétique autour de thèmes comme la maladie, les persécutions, la mort et la réconciliation, inspirée beaucoup par l'univers du roman Terminus Radieux d'Antoine Volodine. Il y a eu des transes, des zombies, de l'amour, des mariages et des chansons. Une belle session à mon sens que nous avons jouée sous des trombes de pluies et de vent à la lueur d'un feu de camp où le cuisinier de la milice nous a partagé notre pitance.
Notez que le document qui permet de rejouer Hiver Nucléaire est désormais disponible !

Le pitch et le déroulé de la session :
Dans cette session particulière, Hiver Nucléaire, nous avons joué après la chute d’un ancien régime, le Bloc. Personnes maquisardes, exilées, commissaires politiques ou quasi-mortes vont se côtoyer dans une forêt maudite rongée par la radioactivité. Tout le monde combat une même étrange maladie dont le seul remède est un rituel de réconciliation. Une session autour de la rudesse du climat, de l’horreur morte-vivante, de la ruine des anciens idéaux, de la cohabitation entre victimes et bourreaux, et de la beauté d’un vieux café partagé autour d’un feu de camp.

Image
Astrale, Mémographe, Oblitère. Photo : Sei, par courtoisie


LA SITUATION DE DÉPART

PARDON
Au sein du peuple cohabitent les victimes et les bourreaux d’une ancienne tragédie.

GUÉRISON ET RÉCONCILIATION
La maladie affecte le peuple, chaque personne est touchée à sa façon. La seule chance de guérison réside en un rituel collectif. Avant la fin de la résurgence, chaque personne doit dire à une autre qu’elle l’aime et pourquoi, doit remercier une autre et dire pourquoi, doit dire qu’elle est désolée à une autre et pourquoi, et doit demander pardon à une autre et expliquer pourquoi.

PARMI LES VIVANTS
Certaines d’entre nous sont déjà mortes.  Ce périple sera l’occasion de découvrir qui.

Temps fort - 19h : VEILLÉE
Organisons la veillée avec repas, feu, anecdotes et histoires.
                         
Temps fort - 21 h : LES DERNIERS SERONT LES PREMIERS                         
Les personnes habituellement en position de pouvoir se mettent au service des personnes qui leur sont habituellement inféodées (dure une demi-heure).

Image
Caducque (extrait de la vidéo de Samuel H.)


Le dispositif :

Cette session marque ma première collaboration avec l'association La Ville Albertine (expériences bocagères) qui dispose d'un terrain forestier de 20 hectares mis à disposition pour des GN et autres expériences immersives. Après avoir fait une partie des Sentes en effectif réduit, il a été convenu de proposer une première session pour le public, avec un effectif modeste. Je voulais de surcroît jouer hors-saison car, j'étais pressé de jouer, et je trouve que l'expérience est plus immersive en automne et en hiver. Je propose au départ 10 personnes, et Sarah de la Ville Albertine me demande à ce qu'on essaye de monter à 20. Nous avons eu quelques désistements, mais comme nous étions quatre orgas avec des feuilles de personnages à part entière, je considère que nous avons été 19, 22 si j'ajoute les trois enfants qui ont joué des petits rôles sous la supervision du cuisinier, que je remercie au passage pour nous avoir proposer de la nourriture végane cuite au feu de bois : top !


Particularité de cette session :

J'avais proposé des prétirés, ce qui minimisait le temps de préparation pour les joueuses et me permettait une direction artistique plus forte, basée sur la tension entre quatre communautés : la Milice, les Forçâtres (prisonniers politiques), les Assignes (anciens prisonniers) et les Lazares (des nécromanciens chrétiens) et sur un rituel de réconciliation, le Ho'oponopono. J'avais déjà fait un Ho'oponopono Millevaux avec un effectif et une durée réduite et c'était très intense. Ici, le rituel a servi de fil rouge sur tout le jeu.


Mon retour d'expérience :

Comme à chaque fois, il y aurait beaucoup à dire. J'avais prévu un échauffement raccourci (1h30), mais au final j'ai eu peur que ce soit trop court, alors j'ai soumis au vote l'idée de prendre plus notre temps quitte à avoir une session de jeu plus courte. C'est ce qui a été voté, et donc l'échauffement a duré une heure de plus, ce qui fait que la résurgence, au lieu de durer 6 heures, n'en a duré que 5, et au final au débrief l'équipe a trouvé que ça faisait un peu trop court : pas le temps de clôturer l'arc de tous les personnages.
Je vais m'attarder sur une scène, qui résume le rapport que j'ai pu avoir avec une des communautés avec le hasard m'a beaucoup mis en présence : les Assignes. Je montre que je suis malade (c'était facile, j'étais vraiment malade, état grippal), plus que tout le monde ici et je demande à Caducque de me soigner. Puis en hors-jeu je révèle à la joueuse que je suis un malade imaginaire, je veux juste qu'on s'occupe de moi et qu'elle va réaliser la supercherie. Nous rebasculons alors en jeu, et devant témoin, elle commence à me soigner. Elle me transfère alors son énergie vitale et meurt pour soigner ma maladie imaginaire ! C'était un instant-charnière pour mon jeu personnel et je serais très curieux de savoir quelles sont les motivations exactes qui ont poussé la joueuse à me faire cette surprise tragique...

Image
Oblitère, Ascèse, Personne. Photo : Sei, par courtoisie


Retour de joueurs et joueuses :

Compte rendu de Chamagne :
Oblitère, qui oublie tout, était mon jouet, mon réceptacle destinée à recevoir l'esprit des Horlas. Il était un de mes intermédiaires pour communiquer avec l'esprit de la forêt. L'ESPRIT, le Saint Esprit... Mais les Lazares, via leur rituel impie, ont détourné Oblitère du destin que je lui réservais, et en on fait un Revenu. Prenant à témoin Commissaire, je pousse celui-ci à organiser un procès, et je milite pour bannir les Lazares et leur hérésie de la forêt, les condamnant à l'Exil, et les privant ainsi de la communion salvatrice d'avec les Horlas. Mais Astrale, en soignant Commissaire d'une maladie non identifiée, le fait revenir sur sa décision. Plus tard, je découvrirai que Oblitère aura retrouvé la raison, et sous sa nouvelle identité de Messie, prônera la rédemption par le pardon, l'amour, et la réconciliation. J'y verrai un miracle, et la preuve de mes erreurs de croyance. Astrale avait donc raison, et le statue de Revenu pouvait vraiment amener à un état de grâce ( en l’occurrence ce n'est pas le statue de Revenu qui fit revenir Oblitère en Messie, mais Shamagne n'en avait pas conscience ). Je renonce donc à mes intentions de transformer toute la communauté en Horla en vu de les protéger des Limbes, et accepte de communiquer avec l'esprit de mes ancêtres pour en savoir plus sur mes origines. Par le biais d'un rituel, via la voix de Skalde, j'entre en communication avec L'Esprit de ma mère, qui était en fait Caduque, récemment décédée et fraîchement ensevelie, qui me communique, d'une voix glaçante d'outre-tombe : sa souffrance, son amour dévorant pour moi, et le fait que son âme damné ère dans les Limbes. Ayant fait vœu de protéger ma communauté, j'y vois un échec ultime. Je communiquerai donc mon amour à l'esprit de ma mère défunte ( Grâce à Astrale ), me repentirai de mes fausses croyances en la bienfaisance des Horlas, et pardonnerai à Astrale mes erreurs de jugement, et le fait d'avoir voulu les Bannir de la Fôret. Astrale lui fera quitter les Limbes. Mon âme trouvera donc la quiétude, in extrémis, aux portes de la folie. Un homme nouveau sera donc né, et le jouet deviendra le Maître : Oblitère, mon ancien confident et joué de mes expériences, deviendra mon nouveau mentor, incarnation du Vrai Esprit Saint, celui de l'amour et du pardon..
C'était un plaisir.. Bon je me suis très librement réapproprié le Destin de Shamagne, surtout en fonction des opportunités de jeux et de la complicité qu'il y a pu avoir avec certains joueurs / personnages.. Au final ça c'est très bien goupillé, et tout a pris un sens étonnant et vraiment plaisant sur la dernière demi-heure. La mort de Caduque, le message de ma mère, et le retour d'Oblitère, se sont enchaînés très vite et m'ont permis de conclure mes intrigues personnelles d'une manière auquel je ne m'attendais pas. Et ce fut une agréable surprise, car j'aurais peut-être été déçu de ne juste jouer et subir un destin que je me serait prévu à l'avance.. Et je ne voyais pas trop d'autres options que de devenir fou, et de me transformer en horla.. J'ai été sauvé !! J'ai kiffé :D

Retour du joueur d'Ascèse :
Bonjour Thomas, un grand merci pour ce GN, c'était génial et, alors que j'étais dubitatif sur le fait d'y retourner en mai, j'en suis maintenant convaincu.
Deux pistes d'amélioration toutefois, maintenant que j'ai les idées plus fraîches que samedi à 11h00 du soir :
1 - J'ai trouvé que, d'être ainsi étalé dans le temps, le rituel de réconciliation était beaucoup moins intense que quand on l'avait joué en concentré au printemps dernier.
Ma proposition : qu'un ou plusieurs personnages (sans doute un orga, peut-être celui que tu joue) soient conscients du danger et aient comme mission de convaincre tout le monde de s'y prêter, puis qu'il soit joué en communauté entière. Ce pourrait être un temps fort particulièrement intense, qui concluerait le jeu en beauté... et, quand à ceux qui refuseraient de s'y prêter, pourquoi pas, mais ils seraient après coup pris en apparté pour leur signaler les conséquences. Quand à l'explication de la maladie, elle n'est pas trop convaincante : je pencherais plutôt pour une prise de possession de la personne par un horla qui se nourrit du manque de communication entre humains. Qu'en penses-tu ?
2 - Je l'ai déjà dit, j'ai été frustré de ne pas pouvoir jouer mon mariage : je propose que, 1/4h avant la fin, une annonce en mode fouine précise qu'il n'y a plus qu'un 1/4 d'heure de jeu et donc que chacun puisse effectuer ce qu'il lui tient à coeur avant la fin du jeu. S'il y avait eu cette annonce, j'aurais consacré ce 1/4 d'heure à mon mariage et non à la résurection de Caduque (même s'il est vrai que c'était une très belle scène, très émouvante).
Avec toute mon amitié.

Réponse de Thomas :
Je suis très heureux que l'expérience t'ait plu et je te remercie pour tes suggestions ! Elles sont en effet intéressantes et pourraient être à prendre en compte si on refaisait Hiver Nucléaire. Je ne pense pas le faire moi-même mais comme je publierai la liste des personnages et le contexte, tes remarques seront utiles à quelqu'un !

Image
Astrale, Sertie, Cèdre. Photo : Sei, par courtoisie


Retour du joueur d'Oblitère :

Voici un résumé bref de ce dont je me souviens du GN Hiver Nucléaire : 

Physiquement je sortais d'un gros rhume lorsque je suis arrivé sur les lieux, d'où le masque (ainsi qu'un peu de gel hydroalcoolique dans ma poche) car je craignais de refiler la crève à d'autres participants. Par ailleurs, la quasi-totalité des personnes avec qui j'avais des liens étaient absentes.

Le début de la partie a été riche en occasions de placer naturellement mes rituels, trop naturellement peut-être car ceux-ci n'ont amené finalement que peu de rebondissements. Ceci dit j'ai rapidement été sollicité par les rituels d'autres personnages. En particulier d'Astrale et de Chamagne. La première voulant faire de moi un revenu, le second souhaitant me voir possédé par un horla. Les deux conviennent d'exercer leurs rituels simultanément. S'exercera alors une lutte entre les deux personnages pour le destin de mon âme. Finalement c'est en tant que revenu, que je me relevais. Le silence c'est fait tandis que tous attendaient de moi une réaction qui in fine fut la suivante : "Ma." Dès lors je n'exprimais plus que cette morne monosyllabe. Mes gestes étaient maladroits et sans prise d'initiative. J'étais un revenu. Par la suite de nouvelles monosyllabes sont apparues au fur et à mesure que des évènements signifiants se produisaient autour d'Oblitère. Le jeu était de ponctuer, accentuer le sens de tel ou tel parole ou acte par l'emploi ou le réemploie de monosyllabes pouvant être interprétées de différentes manières : "ange", "tère/taire/terre", "blis", etc. Ces nouvelles monosyllabes n'étaient pas monocordes. Ce qui est paradoxal, c'est qu'alors même que mon rôle est très vite devenu passif, j'ai été au centre de l'attention de multiples arcs et de multiples enjeux, ce qui était plutôt amusant de mon point de vu. Il y a eu le procès des Lazares, des échanges avec Gastre qui me considérait comme un enfant, plus tard, Personne et Astrale m'ont enmené en forêt. Personne s'est faite possédée par un Horla et a fait revenir Oblitère sous l'identité de Messie. Mon retour a été bénéfique pour Gastre qui se serait laissé allé à la possession si aucun de ses enfants n'était revenu, mais aussi pour Chamagne. J'ai participé à la résurection de Caducque et à faire pardonner Chamagne par cette dernière. La partie est arrivée à sa fin peu après.

Le ton de ce compte-rendu est plutôt neutre car je viens de le rédiger machinalement en 30 min. J'ai beaucoup apprécié ce GN cependant.


Retour de Sarah, la gérante de La Ville Albertine :

Un grand merci à tous. Du fond du cœur. Vos ombres rôdent toujours dans les bois de La Ville Albertine, vaquant à leurs occupations plus ou moins douteuses et continuent à nous raconter leur histoire quand on s'y promène. ??

[...]

Un lendemain de GN, n'est pas un lendemain qui chante. On se sent un peu vide, un peu seul.e, un peu perdu.e. Et pourtant. Il y a aussi beaucoup d'amour pour les joueur.se.s qui ont partagé nos épreuves, nos rires, nos larmes et nos doutes, et les souvenirs peu à peu ne sont plus des éclats de verre qui nous déchirent l'estomac, mais un baume au coeur pour longtemps.Aux profanes qui s'étonneraient qu'on puisse alors persévérer dans cette discipline, je répondrais simplement : on ne peut pas escompter traverser un Hiver Nucléaire sans dommage, mais le jeu en valait la chandelle. Comme souvent dans la vie, il faut juste attendre que ça passe, en buvant un thé brûlant avec un chat sur les genoux. Jusqu’au prochain voyage.
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Re: [CR] Millevaux et autres jeux Outsider

Message par Pikathulhu »

L'ENFER

Plongée au cœur du Jugement Dernier !

(temps de lecture : 7 minutes)

Joué / écrit le 05/10/2020

Le jeu principal utilisé : Inflorenza, héroïsme, martyre et décadence dans l’enfer forestier de Millevaux

N.B. : Les personnages et les faits sont fictifs.

Le projet : Dans le mufle des Vosges, un roman-feuilleton Millevaux et une expédition d’exorcisme dans le terroir de l’apocalypse

Précision : ces feuilletons sont des premiers jets, donc beaucoup de coquilles demeurent. Merci pour votre compréhension.

Avertissement : contenu sensible (voir détail après l’image)

Image
La pièce de 75 du lieutenant Warnier à Xertigny. Dessin de Georges Mangin (14 ans en 1940), fait de mémoire en 1965

Contenu sensible : guerre, grossophobie, mutilation


Passage précédent :

33. Le Purgatoire
La troupe d'exorcistes se rend enfin compte dans quel type de guépier elle est tombée. Retour du roman-feuilleton après trois mois d'interruption ! (temps de lecture : 7 minutes)


L'histoire :

Image
Créon, par Rorcal. Le métal noir de l’Apocalypse.

Et pour faire écho à ce bruit d'outre-tombe, les cloches de l'église sonnèrent à toute volée. Le Père Benoît et la Sœur Marie-des-Eaux mirent un temps à analyser ces harmonies qu'ils n'avaient jamais entendus auparavant et qui leur faisaient dresser les cheveux sur la tête. 

"Une partie des cloches sonnent le tocsin.", constata le Père Benoît.
"... Et l'autre partie sonne le glas", acheva la Sœur Marie-des-Eaux.

Emergeant du vallon sur la route bitumée, deux engins de métal firent leurs apparitions dans les vrombissements et les pétarades. La Madeleine et le Père Benoît en tombèrent presque le cul par terre à la vue de ces machines du futur. La Sœur Marie-des-Eaux sentit une résonnance avec ses revoyottes, quand il fut l'amant d'un horla, à Douaumont.

"Un side-car et un char d'assaut...", siffla-t-il.

Warnier et sa douzaine d'hommes se désintéressèrent totalement des gens d'église.

"Chargez... Obus !"

La pièce de 75 trembla dans tous les sens. Le prêtre se jetta à terre, se couvrit les oreilles et ferma les yeux.
Les français donnèrent de la mitraillette sans compter les munitions. Frappé de plein fouet, le char s'arrêta net. Noire comme le founet du bouc, une colonne de fumée s'en échappa.

Les hommes de Warnier poussèrent des hurlements de joie. Qui s'étouffa vite dans leur gorge à la vue d'un grand oiseau qui assombrissait le ciel. Un avion allemand.

Et sortant des bois comme surgis de tous ses terriers, les silhouettes noires des fantassins allemands déferlèrent.

La Madeleine vit que cet assaut avait fait basculer Sœur Marie-des-Eaux de religieuse à guerrière. Son visage avait des crispations de gorgone, elle cherchait à troquer sa béquille contre une mitraillette. La Madeleine la tira par le bras : "Fuyons ! Notre place n'est pas ici !

En l'espace de quelques secondes, le roulement de toutes les balles fusant de part et d'autres avait pris une ampleur de jugement dernier. 
Ta-ta-ta-ta-ta-ta-ta-ta-ta-ta !
Le Père Benoît, victime d'un choc existentiel, était cloué au sol. Un servant de la pièce a un hurlement de bête, un tir lui a emporté la moitié du visage ! Un autre s'écroule dans un bruit de pierre !

Warnier se tourne vers eux. Son œil et sa joue sont criblés d'impacts. Il est hébété, hors du monde. La Madeleine voit clairement une balle lui traverser le bras. Le cavalier agit dans un état de conscience automatique. Il se fait un garrot avec la courroie en cuir de son porte-carte.

"On doit rester ! Il faut les protéger de cet enfer !, grolle le novice.
- Il n'y a rien à faire pour eux ! Ils sont déjà morts ! Il n'y a plus que nous ! Sauvons notre peau ! Sauvons-nous les uns les autres !, réplique la fermière.
- Pourquoi on est venus là ? J'aurais dû être plus prudent..., pleure le prêtre.
- Vous êtes venus ici pour moi, vingts rats ! Pour me protéger ! Je refuse que vous mourriez ici à cause de moi ! Vous entendez ? Alors vous allez m'écouter et fuir ! Je vous l'ordonne ! On doit se réfugier à l'église ! C'est là où se trouve le refuge et où se trouvent les réponses !, cria la Madeleine.
- Elle a raison ! C'est à l'église qu'il faut aller ! Alors bouge ton gros cul maintenant !", vrombirent les mouches dans les oreilles du prêtre.

Autour d'eux, il y a une immense variété de bruits, mais on ne perçoit plus que les basses du pillonnage.

Les chevaux trottinent dans les cercles de leurs longes. Ils ont perdu l'esprit. Du sang coule de leurs corps chauds comme la mort.

"Lutin..."

Warnier titubait vers son cheval. Ses forces l'abandonnaient peu à peu alors que la bataille ne faisait que commencer. Les fantassins boches dévalaient des Granges Richard, certains se faisaient faucher, mais les autres se jetaient derrière les rochers ou les arbres et ajustaient de mieux en mieux leurs tirs. La poignée de français qui restait en état de se battre était recroquevillée derrière la barricade, et alors même qu'ils persévéraient dans les rafales et les obus, la défaite était inscrite dans chacun de leurs gestes.

Des feux de paille et de branches volaient tout autour.

Ce fut d'abord en le saisissant à bras-le-corps que la Madeleine parvint à faire reculer la Sœur Marie-des-Eaux. Le Père Benoît rampait. Puis à contre-cœur, le novice prit appui sur sa béquille et suivit le mouvement de retraite.
Le prêtre se releva avec peine, comme d'entre les morts, mais les trajectoires rasantes des balles le poussèrent vite à la course. La Sœur Marie-des-Eaux claudiquait. Derrière eux, une explosion balaya le paysage dans une puanteur de chair et de cordite.

Alors, le prêtre comprit qu'on ne pouvait pas se passer de lui et il empoigna le novice. La Madeleine lui attrappa es pieds et ils emportèrent ainsi le paquet, courant vers le bourg en évitant les rues pour leur préférer le couvert de la lisière.

La fuite vers l'église leur fut lourde de pensées autonomes en grelons dans leur crâne.

La Madeleine :
Je voulais comprendre quelle était ta place. Mais je n'en ai pas. Je me sentais liée à ces deux exorcistes. Mais je causerai leur malheur, il faut que je m'en sépare.

Le Père Benoît :
Pour moi, le diable était mêlé à tout ça. Mais en fait, il n'y a ici que des hommes, qui fabriquent leur propre enfer. Je croyais que j'avais manqué de prudence... Au contraire ! Je suis lâche !

La Sœur Marie-des-Eaux :
Je veux protéger tout le monde... Et je n'arrive à protéger personne ! Quel gâchis ! Essaie au moins d'apprendre quelque chose sur toi dans cet endroit qui cumule tous les passés...


Image
The Divine Punishment, par Diamanda Galas, l’incantation sorcière à son pinacle.

L'opinel du novice vint à bout de la serrure et ils purent entrer dans l'église. Une odeur de suaire en carossait tout l'intérieur. Les huit vitraux à l'effigie des saints vosgiens jouaient une cérémonie de couleurs hors-naturelles. On se sentait ici comme au cœur d'un tronc où s'était agglutiné une résine d'époques. Aucun des sons de l'extérieurs ne parvenait plus jusqu'à eux. Ils étaient seuls au monde. Et pourtant comme observés.

Ils plongèrent les doigts dans le bénitier et se signèrent, non par respect mais par crainte.

Un fil de laine coulait entre les bancs vers l'autel.

"Le fil... C'est ici que Sainte-Walburge a lancé par sa pelote, guidée par le Vieux. Elle a construit l'église là où elle s'est arrêtée, expliqua le Père Benoît.
- Bzzzt... C'est bien ce que nous pensions... Il faut suivre le fil, murmurèrent les mouches.
- Vous avez dit quelque chose ?, demanda la Sœur Marie-des-Eaux.
- Non, rien... Ou plutôt... Les réponses sont au bout de ce fil.
- Alors, allons-y !
- Je n'en ai pas vraiment envie. Je commence à penser que toute vérité n'est pas bonne à connaître.

Vous plaisantez ! On n'a pas fait tout ce chemin pour rien ! Moi aussi je me sens concerné par ce que cet endroit pourrait me dire.
- Non... Non. Quelqu'un nous manipule, qui enquête sur une énigme métaphysique pour le simple plaisir de l'intellect. Mais nous, nous sommes des mortels de chair et de sang et nos crânes ne sont pas assez solides pour supporter toutes les révélations.
- Il a raison, Marie, intervint la Madeleine. Je vous ai attiré dans l'église au sujet de ces questions, mais je voulais avant tout chercher un abri. Mais je sens que cet endroit n'est ni un abri, ni un lieu de sage conseil.
- On était trois personnes formées aux forêts limbiques : comment on a pu se paumer à ce point ?, insista le novice.
- Personne ne possède la carte de soi-même.", conclut le prêtre.

La Sœur Marie-des-Eaux pencha la tête de côté. Le fil descendait dans une trappe ouverte vers la crypte. Une pesanteur des plus extrêmes s'imprima sur sa rétine.

Elle allait faire un pas en avant. Le Père Benoît la pris dans ses bras. Un instant, il devint ce qu'il était au fond de lui. Un ours bienveillant. Et le novice ne savait pas du tout quoi faire dans ces circonstances. Alors, il s'abandonna à l'étreinte, les yeux mouillés.

"Je ne sais pas tout de ce que t'a dit Euphrasie, mais j'en devine assez. Elle savait bien des choses. C'était une mémomancienne et une non-humaine. Elle t'a expliqué des choses sur le monde et sur toi-même que tu n'arrives pas à digérer. Mais si tu crois que tu iras mieux après être descendue là-dedans, tu te trompes. La connaissance n'est pas l'apaisement. Reste avec nous, Marie. J'ai... besoin de toi. Pour me débarasser de ma propre curiosité.

Il lui expliqua ce qu'il attendait d'elle et elle acquiesça.

Le prêtre s'assit sur un banc et la Madeleine s'assit derrière, pour le tenir par les épaules aussi fermement qu'il serait nécessaire. La Sœur Marie-des-Eaux le dévisagea ; il avait l'impression de découvrir une nouvelle personne. Il trempa son opinel dans l'eau du bénitier. Puis passa la lame au feu d'un briquet.

Pour contenir son effroit, la Madeleine ne se contenta pas de serrer les bras du prêtre, elle y enfonça ses ongles jusqu'aux muscles, et elle priait à voix haute :
"Notre Père, qui êtes si vieux,
As-tu vraiment fait de ton mieux ?
Car sur la Terre et dans les cieux,
Tes anges n'aiment pas devenir vieux..."

Le novice savait ce qu'il allait à faire et ne se déroba. Il planta l'opinel dans le bras. Alors que le prêtre boualait comme un cochon le soir de la fête du boudin, le novice entailla et entailla, retirant le carré de peau qu'on lui avait désigné.

De la plaie sanguinolente, trois mouches s'envolèrent.

"Merci..." fit le prêtre à son bourreau.

C'est alors qu'un projectile enflammé éclata un vitrail !


Lexique : 

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Décompte de mots (pour le récit) : 
Pour cet épisode : 1777
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Message par Pikathulhu »

ASKAFROA

Un mélange des jeux de rôle The Witch is Dead et Behind the Fence, Below the Grave pour une escapade viking-germanique-millevalienne d’animaux partis châtier le meurtrier de leur sorcière maîtresse ! Avec en prime un jeu dédié : Au-delà de la palissade, sous l’humus. Un récit et une partie enregistrée par Claude Féry.

(temps de lecture : 3 mn pour le récit + 15 mn pour le jeu / temps de visionnage : 1 partie de 46 mn + 1 partie de 1h28 mn)

Le jeu : Au-delà de la palissade, sous l'humus, horreur folklorique islandaise dans l'univers de Millevaux, par Claude Féry

Joué le 11/05/2019

Image
ghostpatrol, cc-by-nc


Aujourd'hui nous avons joué à Askafroa, une variation libre sur le jeu anglophone Beyond the fence, below the grave et la traduction française de La sorcière est morte de Grant Howitt, transposés au contexte de Millevaux.
Enfin, nous n'avons que déterminé la situation initiale et créé les personnages, avec Xavier, Gabrielet Alexane une amie de Xavier.

En voici le témoignage audio (45').

Bonne écoute

Nous jouerons la fiction samedi après midi. Xavier jouera Whalther Meyer le métayer lièvre de mars, Alexane jouera Cacilia Bauer la vachère pie et Gabriel Horst Shcumacher le crapaud.

Image

Voici la feuille de personnage pour notre session du jour, un mélange entre La sorcière est morte de Grantt Howitt et Beyond the fence, below the grave. Les personnages des trois joueuses sont leur Fylgia (esprit tutélaires) chargés de confondre le meurtrier de leur maîtresse Askafroa (la gardienne du frêne) la sorcière avec pour cela un pouvoir, et le souvenir d'un nom d'homme appartenant à une colonie noroit en forêt noire. Nous avons fixé la situation initiale, présenté les modalités de jeux et nous jouerons l'histoire samedi après midi. Les joueuses sont Xavier qui joue Walther Meyer le métayer lièvre, Alexane, la copine de Xavier, (11 ans), joue Cacilia Bauer, la vachère pie et Gabriel joue Horst Schumacher, le cordonnier crapaud. Nous avons reporté la partie elle même à samedi en raison de la grande fatigue de Gabriel (dix jours d'accueil de son allemand), mais les trois sont très enthousiastes. Le témoignage audio suivra ainsi que les photos, sauf d'Alexane (vie privée).

Image
photo : Claude Féry, par courtoisie


Commentaires de Thomas après écoute :

A. la description d’intro est hyper millevalienne et les lamentations de Walther rajoutent à l’ambiance

B. Sympa de laisser les joueuses décréter que leurs personnages ont vu un homme

C. Pour info les pies volent des objets mémoriels

D. J’ai le sentiment d’un temps de parole de MJ important, sans doute dû à la contrainte de combiner trois univers

E. Pour faire deviner l’essence de l’arbre, tu décris un champignon-cerveau dessus, Xavier suppose que le c’est le cerveau d’Askafroa, du coup tu valides sa spéculation et ajoute que ça indique l’arbre est un frêne : je suppose que les joueuses ne pouvaient pas faire cette déduction directe, mais que tu as récompensé leur acte d’émettre des spéculations.

Image
photo : Claude Féry, par courtoisie

F. La réussite de ce mélange, c’est une ambiance relativement nouvelle par rapport à vos aventures habituelles, ça me rappelle Charogne et Terres de Sang est Millevaux en terme de rupture.

G. « Je t’offre ici ce sacrifice pour que tu ne nous fasses pas de mal. » : la prière de Walther est glaçante, on est vraiment sur la religion de crainte.

H. Moutons à cinq pattes = signe néfaste : ça fait très emprise / L’Empreinte :)

I. Les hommes guettent les naissances d’animaux malformés, signe que l’emprise pourrait être dans la place

J. Monde des morts = forêt limbique


Image
photo : Claude Féry, par courtoisie

Réponse de Claude :

E. Oui tout à fait 



************

Deuxième session :

Ce week-end nous avons joué la suite avec Au-delà de la palissade, sous l'humus

Lire / télécharger la fiction et le bilan (1h28)

Le ressenti autour de la table était voisin de notre expérience avec une année de répit, la frustration en moins 
Sur les quatre joueuses de ma table, seul Xavier était déstabilisé 
Sa copine était enthousiaste et disposée à jouer une suite 

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photo : Claude Féry, par courtoisie
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Message par Pikathulhu »

MILLEVOSGES

Les dés sont tellement cruels !

(temps de lecture : 6 minutes)

Joué / écrit le 12/10/2020

Le jeu principal utilisé : Inflorenza, héroïsme, martyre et décadence dans l’enfer forestier de Millevaux + Écheveuille, un jeu de rôle tout en un pour s’égarer dans l’infini des forêts de Millevaux en solitaire comme à plusieurs.


N.B. : Les personnages et les faits sont fictifs.

Le projet : Dans le mufle des Vosges, u roman-feuilleton Millevaux et une expédition d’exorcisme dans le terroir de l’apocalypse

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Image
Axel Rouvin, cc-by


Contenu sensible : infanticide


Passage précédent :
34. L’Enfer
Plongée au cœur du Jugement Dernier ! (temps de lecture : 7 mn)


L'histoire :

Image
De Mysterii Dom Sathanas, par Mayhem, un album séminal du black metal, brut, liturgique, un hymne à la mort à la fois glacial et martelé. 

Il ne fallut que quelques secondes à l'église pour devenir un holocauste. La charpente s'enflamma d'un seul trait, les vitraux éclatèrent en choeur sous la chaleur et les déflagrations, et des flammes montèrent des bancs comme une forêt infernal.

"Il faut sortir de là !" Cette fois, c'est la Sœur Marie-des-Eaux qui essayait d'extirper ses camarades, malgré ses béquilles et son handicap. Son instinct de protection reprenait le dessus.

Il y avait encore l'opportunité de se réfugier sous la crypte, mais elle avait en tête les avertissements du Père Benoît, et donc elle poussa tout le monde vers une des portes latérales, pressentant que ce serait une erreur de passer par le grand portail. Le prêtre suivit, couvrant la Madeleine de sa soutane. C'était en fait celle qu'il fallait pousser le plus, elle montrait une sorte de réticence à survivre. La Sœur Marie-des-Eaux lui donnait des coups de béquilles aux airs de : "On a pas fait tout ça pour ça !"

BBBBRRVVVVVVVRRRRRRWWWWOUFFFHHH !

La fermière était dehors. Le novice avait suivi.


Et une poutre toute en braises s'était écroulée entre le prêtre et la sortie !

"Non !"

Marie voulut retourner à l'intérieur, mais cette fois, ce fut la Madeleine qui le retint.

"Non ! C'est trop tard ! On peut plus rien faire pour lui !"

Le novice a le visage maculé d'une cire incandescente. C'est la graisse du Père Benoît.

Et autour d'eux, le pandemonium s'était déchaîné.

Une colonne de chars et d'automobiles martèlent la grand'rue de leur poids. Surgis des taillis et des maisons qui sont devenues des ruines fumantes, des centaines de fantassins allemands, rien que dans l'horizon de l'oeil, aussi peut-être sont-il un millier répartis dans la ville, sinon plus. 

Perdu au milieu de bourrasques de fumée, un gars leur fait signe de les suivre. Béret vissé sur la tête, grosses moustaches et un rouleau de ronces passé comme des barbelés sur son épaule.

"Faut pas rester là ! Suivez-moi dans les caves !"

Mais c'est dur de faire confiance aux habitants de Xertigny. L'épisode de la Mémère Peutot est encore vif. Les deux rescapés sont totalement concentrés sur leur survie. Leurs yeux sont brûlants des larmes du Père Benoît disparu à l'instant, mais on gémira plus tard. Chacun doit à l'autre de sauver sa couenne. Il y a cet autochtone et sa proposition de cachette, mais il y a aussi les bois, à portée de sprint, avec peut-être l'espoir de s'échapper du purgatoire.

La Madeleine prend l'initiative. Elle saute du haut de la terrasse sur la grand'rue. La Sœur Marie-des-Eaux lâche ses béquilles et saute à son tour, la fermière la rattrappe. La Madeleine attrappe les bras du novice et le flanque sur son dos. Elle traverse la route aussi vite qu'elle peut, sous le feu des balles perdues. 

Le couvert des bois, cette forêt maudite qui a tout envahie, est accueilli comme le paradis. Elle court encore à travers les broussailles, entre les sapins, jusqu'à ce que le poids du novice la fasse chuter et rouler. Tous deux, ils se cognent contre les pierres et les troncs, ils rient, ils sanglotent.

La ville n'est plus qu'une lointaine rumeur de chaudron, des escarboucles annonçant l'orée. Ils étaient là, à embrasser les lèvres de la terre, simplement étonnés d'être encore en vie.


Image
Diminution, par Leila Abdul-Rauf, un jazz de chambre lunaire, profond et unique pour des forêts hantées par des fantômes vides.

La Madeleine est posée sur un talus, elle se gratte les croûtes. C'est plus fort qu'elle. Elle n'a jamais connu d'autres façons de gérer l'angoisse.

"Du moment que j'ai été une Soubise, on ne m'a jamais permis de me soigner. Pas même d'aller voir un guérisseur. En fait, c'est simple, du moment que mon père a donné ma main, on ne m'a plus rien autorisé du tout. Vous m'avez arraché à ça et pourtant j'ai continué. Je m'autorisais pas à vous aimer."

La Sœur Marie-des-Eaux n'était pas douée pour la consolation, mais elle se demanda ce qu'aurait fait le Père Benoît à sa place. Alors elle s'allongea sur la fermière et la prit dans ses bras. Et ils s'endormirent à peu près comme ça, dans les flambées de la presque-nuit.

C'est à la suite de cette nuit que la notion de cycles solaires et lunaires devint caducque. Il fut dès lors impossible de se situer dans la journée. La forêt aux alentours de Xertigny était plus limbique encore qu'ailleurs. Les deux rescapés erraient, se soutenant l'un l'autre et s'aidant de branches. 

La Sœur Marie-des-Eaux délirait. Elle cherchait Maurice.

Agathe fut la première personne qu'ils virent depuis la bataille.

C'était une communiante tout en blanc, elle souriait comme au jour du ravissement et portait un cierge allumé dans ses mains. La Madeleine et la Sœur Marie-des-Eaux se décidèrent à sortir de leur bosquet pour aller lui parler, il fallait bien se décider à demander son chemin après tout, et la fillette était à mille lieues de l'image qu'on peut se représenter du danger.

C'est alors qu'ils virent un renard émerger derrière lui, à ses trousses, de toute apparence ! La bête pouvait être enragée, il fallait réagir vite, et la Madeleine leva son bâton bien haut.

Le crâne du renard fit un bruit sec, celui d'une noix qu'on casse. La fermière n'avait pas voulu le tuer, mais la peur lui avait soutiré la mesure de ses forces.

Ce que les deux rescapés ne comprirent que bien plus tard, c'est que le renard voulait s'en prendre à des rats qui suivaient la petite. 

Des rats pestiférés.

Ce fut le début d'une ère de survivalisme, à se nourrir de châtaignes, à dormir dans les fossés. Ils ne voulaient plus retourner au bourg. Ils évitaient les promeneurs dans la forêt, suivant juste de loin en loin ce que devenait Agathe.

Quand la fièvre s'empara d'elle.
Quand son cou se chargea de bubons.

Elle errait dans la forêt, dans un état second. C'est sa mère qui dut l'abattre, pour l'empêcher de contaminer des gens.

"Le lac, dont parlait la Frazie, ou crois-tu qu'il est ce lac où je pourrais trouver la paix ?, demandait la Madeleine.
-J'en sais rien.

J'en sais rien.

J'en sais rien..."

Le tonnerre et les éclairs du Jugement Dernier crevaient les frondaisons.

Ce fut par la mère d'Agathe, quand la Sœur Marie-des-Eaux se proposa pour donner les derniers sacrements, qu'ils apprirent que la peste noire était en Xertigny. C'était l'an de grâce 1642.

Le novice parlait souvent tout seul, ou plutôt il parlait à Frazie. Il terminait toutes les conversations qu'ils n'avaient pas eu la chance d'avoir, et parfois il prenait à parti la Madeleine pour lui en confier les conclusions :

"Tu vois, les différentes origines des Vosges cohabitent dans un arbre temporel : comme il y a plusieurs futurs, il y a plusieurs passés, plusieurs causalités qui cohabitent et se ramifient toujours plus avant quand on recule dans le temps."

Ils étaient alors juchés sur le piémont, et la masse brumeuse du massif les surplombait.

"Il y a mille Vosges...", conclut la Madeleine.


Lexique : 

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Décompte de mots (pour le récit) : 
Pour cet épisode : 1332
Total :  65731


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Message par Pikathulhu »

NIHILL

Chasser ou se faire chasser ? Une absurde danse du chat et de la souris. Un récit par Damien Lagauzère

(temps de lecture : 16 minutes)

Le jeu : Bois-Saule, jeu de rôle solo pour vagabonder dans les ténèbres sauvages de Millevaux.  

Joué le 14/02/2019

Image
uncoolbob, cc-by-nc, sur flickr

Pour reprendre la terminologie de Sombre, je dirai que c'est un quickshot car je l'ai voulu exprès court. mais bon, ça aurait pu durer très très longtemps ^^ d'ailleurs, je me disais aussi que ça pouvait servir pour jouer des voyages, en solo ou pas d'ailleurs. dans le cadre d'un campagne sur table, un perso pourrait très bien devoir se rendre seul quelque part, ou rejoindre les autres s'ils ont été séparés. il peut alors jouer le trajet en solo  en tout cas, j'ai eu un bon ressenti en jouant. je sais pas si ça se sent en lisant mais c'était chouette 

MON DESTIN FATAL
    Le Jugement : Devoir sacrifier les siens ; pour un idéal supérieur, une personne sacrifie un être proche.
    La Roue de la Fortune : Pour guérir son amour transformée en hérisson, une personne transforme les membres de sa famille pour en comprendre le processus.

CHASSER ET SE FAIRE CHASSER
    Quelque chose en a après moi. Je ne sais pas ce que c'est. C'est une présence invisible. C'est néfaste. Ça me traque. Ça joue avec moi un jeu malsain du chat et de la souris. 
    Moi aussi, je traque. Je traque les indices. Du plus loin que remonte mes souvenirs, je suis seul. Mais il est impossible que je l'ai toujours été. Je serais mort si personne n'avait pris soin de moi, si personne ne m'avait enseigné à vivre et survivre dans cette forêt. Pourquoi je ne me rappelle de rien ? Cette séparation, cette coupure, n'est pas sans signification. Le destin, ou autre chose, m'a coupé de ceux qui ont pris soin de moi pour une raison bien précise que je ne connais pas. Alors je traque chaque indice qui pourra me révéler quel est mon destin.

UNE QUESTION ET UNE CERTITUDE
    Quel est le sens de ma solitude ? 
    Je suis certain que quelqu'un ou quelque chose préside à ma destinée. On, mais qui et pourquoi ?, veut m'éloigner ou me précipiter vers ce destin qui est le mien. J'ai un rôle à jouer !

UNE CROYANCE
    Je crois en l'existence d'autres mondes. On ne peut pas changer Millevaux, rendre cette forêt meilleure, mais on peut aller... ailleurs.

UNE VERTU ET UN VICE
    Une vertu ? La Tempérance. L'humilité et la modestie sont deux véritables valeurs faisant office de pilier pour moi. La simplicité matérielle est pour moi la garantie d'une richesse intérieure. Cette richesse est partout avec moi. Je n'ai pas besoin de palais ni de coffre pour l'entreposer. Elle est en moi. Cette richesse spirituelle fait de moi un prince où que je sois. Infinie, elle ne pèse rien et me permet de voyager sans me préoccuper de qui pourrait bien me la voler. Cette richesse ne se vole pas. Elle se partage avec plaisir.

    Un vice ? J'avoue pouvoir parfois céder à la colère...

UN SOUVENIR QUI ME HANTE
    J'ai tout oublié de ma vie d'avant la solitude sauf... Ce moment où, retenu captif par un groupe de prédicateurs fous, ces derniers ont cru bon de me défigurer en usant sur moi de leur magie maléfique. La partie gauche de mon corps est couverte d'horribles cicatrices semblables à des brûlures. Mais, pire encore, ils ont fait apparaître un 3ème œil sous mon œil gauche. Il est valide comme les deux autres. Au début, j'ai eu un peu de mal à m'habituer à cette nouvelle vision mais maintenant, je m'y suis fait.

MA QUÊTE
    Ma solitude a un but. Je dois le découvrir. On m'a projeté dans cette solitude car j'ai un rôle à jouer, un rôle important. Lequel ?

MES DEUX SYMBOLES
    1-l'Ermite Platonique.
    2-l’Œil qui comprend le monde.


L'histoire :

    Aujourd'hui, je ne suis pas seul. Un lapin m'accompagne. Je ne sais pas pourquoi il me suit. Je n'ai pas faim. Je pourrais le tuer pour plus tard mais je n'ai pas envie. Je n'en ai pas besoin. Pas encore. J'espère seulement pour lui qu'il ne sera plus là quand j'aurais faim. 
    Mon humeur est à l'image du temps. Il fait doux. Je me sens bien. Je me sens léger. Je regarde ce lapin sautiller autour de moi. Il me fait sourire. C'est peut-être pour ça que je n'ai pas envie de le tuer. C'est horrible ! Est-ce que cela veut dire que je voudrais le tuer quand il ne me fera plus sourire ? Est-ce que sa vie ne tient finalement qu'à ce fil ? Et moi, pourrais-je avoir envie de tuer juste pour cette raison ? Dois-je en vouloir à ce lapin de m'inspirer de telles pensées ? Je le regarde et je ne souris plus. Je pense, et comment puis-je y penser ?, à ces bouffons médiévaux sur lesquels le seigneur avait droit de vie ou de mort. Est-ce là la dimension tragique de toute comédie ? Je ne sais pas.
    Je détourne mon attention du lapin en espérant qu'il se sauve. Je me concentre. Je me laisse guider par mon instinct. Là où mes pas me portent, il y a forcément quelques indices à récolter quant à ma quête. Ce monde n'est pas qu'un simple environnement. Pour un lapin, si, bien sûr, mais pas pour moi. Pour moi, tout a un sens caché que je dois découvrir. Et tous ces sens sont les pièces d'un puzzle que je dois assembler afin de comprendre ce monde et ma place en son sein. 
    Alors, quels signes vais-je pouvoir interpréter aujourd'hui ? Est-ce cet arbre à la forme étrange ? Peut-être ? Allons-voir !

XxXxX

    Cet arbre était encore plus étrange que sa forme ne le laissait à penser. À peine l'ai-je touché que je me suis retrouvé propulsé... ailleurs. Un ailleurs dont je soupçonnais l'existence. Non ! Dont j'étais convaincu de l'existence sans pour autant l'avoir jamais expérimenté. Le seul ailleurs que j'avais expérimenté jusqu'à présent était cette douleur infligée par ces fous qui m'ont défiguré. 
    Je suis toujours dans cette forêt mais plus tout à fait. Le noir est blanc et le blanc est noir maintenant. J'ai l'impression que l’atmosphère autour de moi frissonne. Tout est comme légèrement flou et tremblotant. J'ai l'impression qu'il fait plus chaud aussi. Mais je ne sais pas si cela vient de la température ou de l'appréhension qui s'est emparée de moi. J'ai peur car je ne serais pas étonné que la chose qui me traque soit maintenant tout proche.
    Je ne sais pas si c'est le jour ou la nuit. Avec cette inversion du spectre des couleurs, ce n'est pas seulement ma vision mais ma perception du temps qui se trouble. Il faisait jour quand j'ai touché l'arbre mais le ciel est noir maintenant. Pourtant, j'y vois. 
    Soudain, la température chute. Des trombes d'eau secouées par de violentes bourrasques me tombent dessus et me glacent. J'ai du mal à tenir debout face à cette tempête des plus soudaines. Pourtant, au lieu de chercher un abri, je tente de rester debout, droit, la tête haute. Cet endroit n'est pas l'ailleurs que j'espérais. C'est une métaphore. Cette tempête n'est rien d'autre que la tempête des pensées qui s'agitent en moi. Ces bourrasques tentent de me faire tomber à genoux. Je dois rester maître de mes pensées. Ne pas me laisser aller à la folie. Je suis l'Ermite Platonique, l’Œil qui comprend le monde. En toutes circonstances, je conserve mon calme et ma raison. Ici, je ne suis plus dans la forêt de mon corps. Je suis dans la forêt de mon âme. Je ferme les yeux, mes trois yeux. J'occulte l'un de mes sens et réfléchis afin de trouver le sens de tout cela. Cet arbre étrange m'a conduit ici car il veut me signifier quelque chose. Mais quoi ? Pourquoi me soumet-il à cette tempête ? Est-ce une simple épreuve physique ? Dois-je comprendre quelque chose ? Je tente de rester debout, de marbre, de pierre dans les bois. Des mots émergent dans ma tête. D'où viennent-ils ?

« Chariots à conneries ! J'l'ai pas buté pour la nourriture ! J'l'ai cramé pour qu'personne mette la main dessus. »

    Qu'est-ce que ça veut dire ? Je pense au lapin que je n'ai pas tué. Et si, finalement, je l'avais tué ? Mais pas pour m'en nourrir, juste pour que personne d'autre ne mette la main dessus ? Ne serait-ce pas là le comble de l'égoïsme ? À moins que je ne l'ai tué car je lui en ai voulu des pensées qu'il m'a inspirées ? Ou alors, je l'ai tué pour préserver ceux qui croiseraient sa route de telles pensées ?

    Ai-je tué ce lapin ?

    Une violente bourrasque me projette à terre. Quand j'ouvre les yeux, je suis de retour, au pied de l'arbre étrange. L'air est sec. Je suis trempé. Ces mots résonnent (raisonnent?) encore dans ma tête. « Chariots à conneries ! J'l'ai pas buté pour la nourriture ! J'l'ai cramé pour qu'personne mette la main dessus. » Je cherche le lapin du regard. Aucune trace de lui !
    Je ne sais pas si c'est le matin ou l'après-midi. Que me réserve cette journée ? Ai-je faim ? Oui. Je vais chercher à manger. J'en profiterai pour explorer cet endroit. Je regarde autour de moi et guette un signe de vie. Si ce lapin reparaît devant moi, je le tue, pour la nourriture cette fois ! Je m'éloigne un peu de l'arbre étrange mais avec quand même quelques réticences. Pourquoi ? J'observe la nature autour de moi. J'examine les troncs à la recherche de traces des griffes d'un petit animal qui pourrait me servir de repas. Je reconnais là celles d'un blaireau. Elles ont l'air fraîches. Il est passé par ici, il repassera par là. Il doit nicher non loin d'ici. Je m'allonge derrière un bosquet de roses. Ça sent bon. Juste sous mes yeux passe un scarabée. 
    Le scarabée, symbole solaire, symbole de résurrection. Et si cette forêt à l'intérieur de cet arbre étrange avait eu pour fonction de me confronter à cette tempête ? Cette tempête à l'intérieur de l'arbre, à l'intérieur de moi-même ? Et si cette tempête m'avait transformé, lavé, purifié de la colère issues des mauvaises pensées inspirées par le lapin ? Telle est peut-être la fonction de ce lieu ? Comment puis-je en être sûr ? Dois y retourner pour m'en assurer ? Pas maintenant ! Quoi qu'il en soit, et même en l'absence de certitude, je sais que cet endroit est finalement bon pour moi. Si de nouveau le doute et la colère s'emparent de moi, je reviendrais vers cet arbre.
    Mais pour l'heure, des feuillages s'agitent. Ce n'est pas le blaireau que j'attendais. C'est un faisan. Accompagné de quelques uns des champignons qui poussent là, il sera succulent. 

    Cela aura été une bonne journée pour moi finalement et malgré cette tempête. Je pourrais y rester, quelques temps au moins. Pourtant, même si je sais que je reviendrai, demain je serai ailleurs. Mais où ? Et qu'est-ce qui m'attend là-bas ? 

XxXxX

« Sa vue soulève de honte mon cœur, son odeur broie mon regard.
Je me tourne alors vers celui par lequel les ténèbres arrivent. »

    Je marche sans faire attention à ce qui m'entoure. Mes jambes avancent toutes seules sans que je ne leur donne aucune indication quant à la direction à prendre. Ce n'est que par pur instinct que j'évite les souches et les racines qui pourraient me faire trébucher. Mes pensées sont toutes occupées ailleurs. J'essaye de me rappeler. De me rappeler ce qui s'est passé avant que je ne sois l'objet des folles expériences de ceux à qui je dois mes difformités et mes cicatrices. Je veux aussi me rappeler ce qui s'est passé ensuite. Entre ces tortures et ma solitude. Et si c'était eux qui m'avaient fait sombrer dans l'oubli ? Et si c'était eux qui m'avaient projeté dans cette solitude, cette amnésie ? Pourquoi ? Est-ce encore une expérience ? M'observent-ils ? M'ont-ils fait ça uniquement par cruauté, par jeu ? Dois-je me faire à l'idée que tout cela n'a aucune signification pour eux ? Peut-être n'avaient-ils d'autre but que d'assouvir une pulsion malsaine ? Et ce serait pur orgueil de penser qu'ils m'ont choisi autrement que par hasard... Ils l'ont fait non pour atteindre un quelconque but ésotérique et important. Non, ils l'ont fait parce qu'ils pouvaient le faire. Je dois arrêter de me torturer et songer à passer à autre chose. Ma solitude et l'oubli n'ont peut-être d'autres fonctions que de me permettre de me reconstruire, de devenir autre, de redevenir quelqu'un.
    Quelques grosses gouttes tombent sur mon visage et me tirent de mes pensées. Je lève la tête. Le ciel est gris, presque noir. Les nuages grondent. Le rythme des gouttes s'accélèrent. Le vent se fait plus fort dans les feuillages. Je dois trouver un abri au plus vite. Je me mets à courir. Cette fois, j'ai les yeux grands ouvert et trouve l'entrée d'une grotte. Je m'y précipite.
    J'examine rapidement les lieux. La caverne semble s'enfoncer profondément dans la terre. Je m'en occuperai plus tard, peut-être. Pour l'heure, je suis fasciné par cette tempête aux allures de fin du monde. À quelques minutes près, j'aurais fini trempé. J'aurais pu tomber malade. D'ailleurs, cela me fait penser qu'il serait raisonnable d'allumer un feu. Je cherche parmi les lichens qui recouvrent la roche ceux qui seront assez secs. J'ai de la chance avec les plus éloignés de l'entrée. Mais alors que je m'en vais en recueillir une poignée, j'éprouve une sensation étrange, désagréable. Elle est là. Je le sens. La chose. La créature qui me suit. Elle est là. Je me retourne vers l'entrée de la grotte et essaye de percevoir sa présence. Rien. Elle est au fond de la grotte. Elle était déjà là avant que j'arrive. Elle m'attendait. Et je me suis jeté dans la gueule de ce loup pierreux. La tempête qui m'a purifié hier dans cet autre Millevaux m'a aujourd'hui précipité dans les griffes de mon ennemi invisible. Je sens son influence mais je ne le vois pas. Je reste là, figé. Une partie de moi veut fuir cette grotte. Une autre veut voir cette bête de plus près.
    Je suis pris au piège. Si je sors, la tempête me rendra malade et je pourrais en mourir. Si je reste, c'est la chose qui me tuera. Si je sors, peut-être que je ne tomberais pas malade. Ou peut-être que je survivrais à la maladie. Mais si elle doit me tuer, ce sera long et pénible. Si je reste, la créature me tuera certainement. Mais ce sera bref ! Et là aussi, finalement, j'ai une chance de m'en sortir, que ce soit en réussissant à fuir ou à la tuer. Et si je sors, la bête pourra toujours continuer à me traquer. Je m'empare de mon couteau de chasse et me saisis d'une grosse pierre. J'avance, laissant la tempête derrière moi.
    J'avance dans le noir. Je compte sur les fluctuations de l’Égrégore pour m'indiquer si j'approche de la bête. Cet être est autre. Je ne dois de toute façon pas me laisser abuser par ce qu'elle pourrait me montrer. Non, ce ne serait qu'illusion. Je dois saisir le véritable sens des choses. J'entends un grognement mais je n'arrive pas à déterminer s'il est proche ou loin. Je me fige. Je sais très bien que si, moi, je ne la vois pas, la bête sait précisément où je suis. Elle aussi, elle joue avec moi. A-t-elle un but plus élevé que le seul fait de jouer ? Que de se nourrir de ma peur, puis de se nourrir de ma chair ? Pourquoi moi ? Qu'ai-je fait ? Que lui ai-je fait ? Probablement rien ! Elle ne m'a choisi que par hasard. Je dois m'habituer à cela. Ceux qui s'en prennent à moi ne le font pour aucune autre raison que celle-là : ils souhaitent exercer leur puissance, leur cruauté et... il se trouve que je suis là. Je n'ai pas été mis là pour ça. Ce n'est pas mon destin. Ce n'est que pur hasard. Je vais là où mes pas me portent et il se trouve que partout, car Millevaux est Millevaux, partout il y a des êtres cruels n'attendant qu'une occasion de laisser libre cours à leur cruauté. Cette bête ne fait pas exception. Mais moi, aujourd'hui, je vais faire quelque chose d'exceptionnel.
    Je me concentre. Je veux percevoir les flux de l’Égrégore. Si j'y parviens, je saurais où est la bête. Sinon, c'est elle qui m'attaquera. Dans le noir, je ferme les yeux. Je sens l'air prendre plus de consistance. Dans le noir, dans ma tête, une image se forme. Un... souvenir ? Un homme d'environ mon âge. Je ne me rappelle pas son nom mais je sais que j'ai de l'estime pour lui. Mais l'expression de son visage change, devient dure, menaçante. Il m'en veut. Pourquoi ? Je ne sais pas. Je le vois prononcer des mots que je n'entends pas car cette vision est silencieuse mais je reconnais la Langue Putride. C'est donc lui ? C'est lui qui a envoyé cette chose après moi ? La vision s'efface et tout est sombre et silencieux. Qu'ai-je pu faire ou que croit-il que j'ai fait pour m'en vouloir à se point ? Si je savais qui il est, je pourrais le retrouver et m'expliquer. 
    Pourquoi ce monstre ne m'a-t-il pas encore attaqué ? Fait-il durer le plaisir ? Non ! J'ai compris. Cette créature n'est pas tapie dans l'ombre à m'attendre. Elle EST l'ombre. Elle m'a déjà englouti ! Cette vision qu'elle m'a envoyée n'avait pour but que de me signifier que la lente digestion allait commencer. Mon heure est-elle donc venue ? Vais-je finir ainsi, lentement digéré dans les ombres, par les ombres ? Non ! À moins d'être déjà un fantôme, que je puisse encore penser et ressentir prouve que je ne suis pas mort, pas encore ! Je peux m'enfuir ! Je cours ! Et tout courant, je fends les ténèbres de la lame de mon couteau.
    J'ai l'impression d'avoir couru pendant des heures. Mais maintenant, je suis dehors, à l'air libre... libre. Le vent et la pluie sont toujours aussi violent mais je m'en moque. Je me retourne vers cette gueule qu'est la caverne et je ris. Ce Léviathan de pierre ne m'a pas dévoré finalement. Sous la pluie battante, je tombe à genoux. Je ris maintenant silencieusement, le regard toujours braqué sur l'entrée de la grotte. Il ne se passe rien. Il ne se passe plus rien. Je n'ai plus rien d'intéressant à apprendre ici aujourd'hui. Je me lève et tourne le dos à mon ennemi. La bête sera de nouveau après moi, mais plus aujourd'hui. 
    Je marche sans faire attention à ce qui m'entoure. Mes jambes avancent toutes seules sans que je ne leur donne aucune indication quant à la direction à prendre. Ce n'est que par pur instinct que j'évite les souches et les racines qui pourraient me faire trébucher. Mes pensées sont toutes occupées ailleurs. J'essaye de me rappeler. De me rappeler ce qui s'est passé pour que celui que je considérais comme un ami m'en veuille au point de lancer cette chose après moi...
    La pluie cesse. J'entends de nouveau le chant des oiseaux. Un bruissement dans les fourrés à côté de moi. La tête d'un lapin émerge d'un bosquet.

XxXxX

Nous ne sommes que des enfants. Nous sommes les proies des Horlas qui chassent dans les rêves.
Nous courons dans la forêt de nos cauchemars.

    Et c'est la fin du mois de Messe. Cette ombre, cette tâche dans mon passé, n'est pas reparue. Pour autant, je ne vais pas bien. Je tousse, je crache, je respire mal. Ces jours de tempête m'ont finalement mis à mal. Et je ne m'en remets pas. J'ai fini par manger le petit lapin, pour regagner des forces. Inutile ! J'aurais pu le laisser vivre.
    En ce moment, je voyage de nuit. Je ne sais pas pourquoi mais je me sens moins mal, moins fiévreux la nuit. C'est peut-être parce qu'il fait plus frais. Comme d'habitude, je vais là où mes pas et le vent me porte. Et cette nuit, le vent me pousse jusqu'à un vieux cimetière. Je souris car n'importe quelle âme simple et superstitieuse y verrait un mauvais présage, surtout dans mon état. Une certaine ironie consisterait à prendre du repos allongé là sur une de ces vieilles pierres tombales, mais non. Pas par respect pour une dépouille qui n'est plus là depuis longtemps, juste parce que c'est inutile et que je dois atteindre le but de mon périple avant... 
    Je vais mourir bientôt. Je le sens bien. Cette mauvaise maladie... Je n'ai rien pour la soigner. Le simple repos ne suffira pas et je n'ai nul endroit où me reposer. Cette forêt n'est pas un lieu très reposant. Si seulement j'avais pu retrouver cet étrange Millevaux du mois de Merdier. Peut-être qu'une nouvelle tempête dans cette drôle de forêt me purifierait de mes maux. Ce cimetière est un lieu de repos. Mais ce n'est pas le repos auquel j'aspire. 
    Il y a tant de choses à apprendre, à comprendre. Et le temps qui me reste me paraît si court maintenant. Pour autant, dois-je renoncer ? Non, je ne céderai pas à la tentation de ces tombes. Je ne me reposerai pas. Pas encore. Je quitterai cette forêt oui, mais pas comme ça.
    Je fais reculer la faim de quelques pas en mastiquant quelques glands tombés là au hasard. Je me baisse encore pour en ramasser d'autres et m'approche de ces arbres. Parmi eux, un noyer. Un seul. On dirait que le vent a repoussé les nuages juste pour que la lune puisse l'éclairer. Je l'observe. Peut-on dire qu'il a une forme étrange, comme cet arbre qui m'avait projeté dans cet autre Millevaux ? Non, rien ne le distingue d'un autre arbre. Je fourre quelques noix dans ma besace. Je ferme les yeux. J'en croque une.
    J'ouvre les yeux dans une salle carrelée. Il y a là d'autres hommes, tous nus. Moi, je ne le suis pas. Il y a des Horlas qui les gavent de farine. Je reconnais ces Horlas. Ce sont des Horlacanthes ! Ils attrapent les hommes nus et les accrochent sur une machine-ronce-lame qui les égorge. Leur cadavre est ensuite jeté sur un tapis roulant qui les entraîne dans un tunnel où ils disparaissent. Je réprime un hurlement. Qu'est-ce que ça veut dire ? Quel est ce cauchemar ? Car c'est bien un cauchemar ! Ce n'est pas... une vision ? Une prémonition ? Non ! C'est une hallucination parce que cette noix que j'ai mangé était pourrie ! Ce n'est pas la réalité. Car si c'est la réalité, cette forêt dans laquelle j'erre depuis des mois, qu'est-elle ?
    Et les Horlacanthes continuent d'égorger ces hommes sur leur machine-ronce-lame ! Est-ce cela le destin des hommes ? Est-ce là fin de mon voyage ? Si c'est ça, je ne veux plus être un homme ! Je veux être ailleurs ! Je veux être... autre chose !
    Je suis de nouveau dans la forêt. Le cimetière, la nuit, le noyer. Elles sont tentantes ces tombes. Et si, finalement, j'étais arrivé au bout de mon voyage ? Je ne veux plus être un homme. Je veux être un arbre. 
    Le visage plein de larmes, je pose une main tremblante sur le tronc du noyer. Le vent souffle. Au matin, il y aura deux noyers dans ce petit cimetière. Et je serai en paix.


Commentaires de Thomas :

A. Je suppose que tu as pris deux destins funestes au lieu d'un pour avoir le choix...

B. "Je suis toujours dans cette forêt mais plus tout à fait. Le noir est blanc et le blanc est noir maintenant. " : Je suppose qu'il s'agit des forêts limbiques

C. "Ils l'ont fait non pour atteindre un quelconque but ésotérique et important. Non, ils l'ont fait parce qu'ils pouvaient le faire." : C'est une perspective assez glaçante.

D. "Je suis pris au piège. Si je sors, la tempête me rendra malade et je pourrais en mourir. Si je reste, c'est la chose qui me tuera. Si je sors, peut-être que je ne tomberais pas malade. Ou peut-être que je survivrais à la maladie. Mais si elle doit me tuer, ce sera long et pénible. Si je reste, la créature me tuera certainement. Mais ce sera bref ! Et là aussi, finalement, j'ai une chance de m'en sortir, que ce soit en réussissant à fuir ou à la tuer. Et si je sors, la bête pourra toujours continuer à me traquer. Je m'empare de mon couteau de chasse et me saisis d'une grosse pierre. J'avance, laissant la tempête derrière moi." Là, on voit bien la mécanique d'envisager les conséquences négatives et positives d'un échec.

E. "J'ouvre les yeux dans une salle carrelée. Il y a là d'autres hommes, tous nus. Moi, je ne le suis pas. Il y a des Horlas qui les gavent de farine. Je reconnais ces Horlas. Ce sont des Horlacanthes !" Hop, un petit tour dans un cauchemar de Coelacanthes... :)

F. ça change, d'avoir un format court, de ta part. C'est reposant :)

G. Je vois pas toujours les procédures de Bois-Saule, donc je saurais pas dire si tu les as appliquées à la lettre (je pense quand même que tu n'as pas forcément appliqué chacune d'entre elles chaque journée), mais on retrouve l'effet de texture détaillée qui est recherché normalement avec ce jeu :)


Réponse de Damien :

A- je ne sais plus trop ^^ je pense oui que j'ai dû vouloir avoir le choix ou mixer les 2 si ça devait rendre bien à un moment. 

B-oui, j'aime bien les Forêts Limbiques, même si je ne joue pas assez avec, ni dedans

C-cela m'a été inspiré par une phrase de... Sade qui, à mon sens, résumes là parfaitement une partie de la nature humaine 😳

D-en fait, je me suis retrouvé dans une situation similaire en jouant dans un mix de Millevaux et la Crasse. à ce moment, mon perso s'est retrouvé coincé la main sur la poignée d'une porte à ne pas savoir s'il valait mieux sortir ou rester. l'air de rien, ce fut un grand moment de jeu pour moi et la confirmation que le jeu en solo était vraiment bien 🙂 

E-bah oui, j'aime bien Cœlacanthes aussi, ça fait partie des éléments récurrents de mes parties qui leur donnent finalement à tous une certaine et relative unité. ptete que ça sera encore mieux quand je commencerai à jouer à Mantra et à la Crasse

F-héhé, là je voulais juste "tester" les règles et ne jouer qu'une scène de chaque parmi ce qu'il est possible de jouer. à l'avenir, j'aimerais bien ne plus me laisser forcément embarquer dans des trucs à rallonge mais plutôt enchaîner des 1 shot plus courts qui trouveront leur cohérence grâce au recours à une table d'éléments récurrents et commun à tous mes scenars. 

G-c'est vrai que dans mes CR je me borne à raconter l'histoire et pas à décrire les aspects techniques de la partie. du coup, les mécanismes de jeu n'apparaissent pas forcément. en plus, parfois, au fil de l'histoire, j'ai tendance à me laisser porter par la narration et "oublier" les règles. c'était le cas par exemple dans mon dernier Chthulhu où, au bout d'un moment, je ne respectais plus du tout les règles de Sphynx mais l'histoire avait pris une telle tournure que ça ne s'imposait plus vraiment. et idem pour Lovecraftesque. J'avoue, j'ai du mal à rester by the book ^^
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Pikathulhu
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Re: [CR] Millevaux et autres jeux Outsider

Message par Pikathulhu »

LE LAC

Quand pointe la lumière au bout du tunnel, on se prend à chérir l’obscurité.

(temps de lecture : 6 minutes)

Joué / écrit le 19/10/2020

Le jeu principal utilisé : Inflorenza, héroïsme, martyre et décadence dans l’enfer forestier de Millevaux + Écheveuille, un jeu de rôle tout en un pour s’égarer dans l’infini des forêts de Millevaux en solitaire comme à plusieurs.

N.B. : Les personnages et les faits sont fictifs.

Le projet : Dans le mufle des Vosges, u roman-feuilleton Millevaux et une expédition d’exorcisme dans le terroir de l’apocalypse

Précision : ces feuilletons sont des premiers jets, donc beaucoup de coquilles demeurent. Merci pour votre compréhension.

Avertissement : contenu sensible (voir détail après l’image)

Image
neoproton, cc-by-nc, sur flickr

Contenu sensible : suspicion de suicide


Passage précédent :

35.Millevosges
Les dés sont tellement cruels ! (temps de lecture : 6 mn)


L'histoire :

Image
Hexerei im zwielicht der finsternis, par Aghast, une messe noire dark ambient aux accents de sorcellerie menée par la voix spectrale d'une incantatrice droite venue des forêts limbiques.

La Sœur Marie-des-Eaux tomba malade. On craint d'abord qu'elle ait contracté la peste à son tour, mais c'était autre chose, un de ces mille maux qu'on contracte dans la forêt, hors de la taxonomie des apothicaires et autres faiseurs de potions. En l'occurence, il souffrait d'une sorte de langueur qui lui consumait toutes ses forces.

La bête indomptable que la Madeleine avait connu s'effaça pour laisser place à un animal chétif, qui fondait en larmes. Alors que ses blessures physiques s'acheminaient vers la guérison, il continuait à se traîner sur une branche, ne se lavait plus, ne priait plus, et parlait de plus en plus dans le vague, à Euphrasie, à Champo, à son amant horla, à la Sœur Jacqueline, à la Madone à la Kalach, à Raymond son petit frère... tous les habitants de son passé dont l'existence semblait de plus en plus douteuse à mesure qu'il les ruminait.

La Madeleine, qu'il avait fallu pousser au cul jusqu'à présent, endossait maintenant à elle toute seule la recherche du lac et les soins au novice.

Le temps se distendait.


C'est au cœur d'une de ces nuits blanchâtres, quand la Madeleine traînait son fardeau de novice à la recherche d'un nouvel abri dans les bois, qu'ils virent Agathe.

La petite était en tenue de communiante, un cierge à la main, comme la première fois. Elle marchait sur les sentes, ses pieds ne faisaient aucun bruit dans les feuilles mortes, elle suivait le renard. La bête se retourna vers eux, du sang s'écoulait de son crâne. Agathe avait des yeux sans pupilles et un sourire d'eucharistie.

Au-dessus de leurs têtes, dans les branches et dans le ciel sans couleur, des cierges. Des centaines.

Le renard et la fillette avançaient, tout en les attendant.

La Madeleine siffla : "Ça y est, je sens qu'on est sur le bonne voie. Il faut qu'on les suive."

La Sœur Marie-des-Eaux s'affala sur un tronc : "C'est un piège... Il faut... rebrousser chemin... Retourner aux Voivres...
- Le désespoir vous fait dire n'importe quoi. On ne sait même pas quand retourner aux Voivres. Et je n'y retournerai pas de toute façon. Plus jamais je ne retournerai dans le giron des Soubise."

Les yeux du novice étaient injectés de sang noir.
"Alors nous n'avons plus aucune chance... Il n'y a personne pour nous aider ici. Le Vieux et les hommes sont partis. Il n'y a plus que les spectres.
- Il y a moi et vous qui êtes devenu à ma charge, et tant que j'aurai un souffle, je continuerai à chercher l'issue. Il est temps que je vous déleste de moi car je vous porte malheur, comme j'ai porté malheur à Benoît, à Hippolyte, et à mon autre enfant.
- Alors... Allez-y seule. Moi, je reste là.
- Alors oui ! J'irai seule ! J'ai perdu foi en vous, Marie, j'ai perdu foi en l'humanité, alors je n'ai plus que ce chemin. Voilà, j'ai tout abandonné et je t'abandonne à ton tour. Mais je veux que tu continues à te battre. Ton identité vient de ton histoire, si tu veux choisir qui tu es, choisis ton histoire."

Le visage du novice avait la teinte des sentiments pourris. Il regarda à peine la fermière qui emboîtait le pas à la fillette et son renard sous la voûte étoilée des bougies en lévitation.

Il s'affaissa dans l'humus entre les racines, son cerveau s'agglutinait dans une purée de souvenirs. Sa tête hochait de gauche à droite, la bouche pleine d'écume. La vermine lui courait dessus.

"Et l'Homme... qui survivra à la chute...

à la chute

son esprit... chutera 

à l'intérieur... de lui-même

de lui-même

de lui même

... Sa mémoire ....

... Babylone ....

Son esprit chutera

Babylone spirituelle....

s'effondrera... drera

oubliera....

tout ce qui lui était cher

... l'odeur de l'amandier

... le rire de son enfant...

... et ses péchés...

Amen...

Au nom du Vieux...

Jésus-Cuit tout bouillant...

Et l'Esprit Chou

Pour les siècles...

et les siècles...

et des siècles..."


Une silhouette se balançait au-dessus de lui. C'était enfin le Diable, il venait le chercher ! Ses vêtements et ses cheveux étaient roussis, sa peau portait des brûlures. Ses yeux parlaient de traumatisme.

Il lui tendit la main.

"Marie, enfin je vous retrouve !"

C'était...

Le Père Benoît !

"Quand la poutre est tombée devant moi, je suis passé par la crypte, et elle communiquait avec les souterrains de Xertigny... J'ai débouché dans la forêt et depuis tout ce temps, je vous cherchais. Mais où est Madeleine ?
- Partie... par là..."

Le sang du prêtre ne fit qu'un tour. Sans lui demander son avis, il jeta le novice sur son dos, et il courut vers la piste encore fraîche.

C'est alors qu'ils aperçurent l'orée, et les miroitements sans fin d'une grande surface d'eau.

Ils y étaient donc arrivés.

Toute à la joie de retrouver la Madeleine, il se posait mille questions. Il se demandait quel chemin de vie elle emprunterait dans ce refuge, quelle vie elle se réinventerait après la maternité. Il se voyait même... lui proposer de rester auprès d'elle.

Image
An Eternity of Solitude, par Sorrow Plagues, du black metal dépressif et shoegaze, avec un piano cristallin et un chant black éthéré et lointain, un souffle atmosphérique et forestier.


Mais quand ils arrivèrent sur la berge, il stoppa net dans son élan.

L'étendue bruissait d'un souffle calme. Des troncs glissaient à sa surface. Des lanières de branches et de feuilles s'accumulaient sur la rive.

Deux personnes sur la berge. Léonie, la mère d'Agathe, l'air grave, le vent dans les cheveux, son fusil sur l'épaule.

Et l'homme aux ronces, un air de témoin peint sur le visage.

Agathe et le renard étaient sur une barque, en direction d'un tourbillon.

"Madeleine ? Où est Madeleine ?" demanda le Père Benoît.

"Elle est partie.", répondit Léonie.

"Où ça ? Où ça ?"

Léonie pointa les rides de l'eau.

Le Père Benoît s'enfonça à pleine soutane dans le bord turbide du lac. Il voulait la rejoindre.

La Sœur Marie-des-Eaux se laissa tomber sur un rocher crépi de mousse. Quelque chose tout au fond de lui criait qu'il fallait empêcher le prêtre de couler, mais son corps refusait de l'écouter.

Benoît en était à mi-poitrine. Il fouillait parmi les algues.

"Madeleine ! Madeleine !"

La barque d'Agathe avait disparu dans le tourbillon, sans que ça émeuve sa mère. Cela faisait partie du cycle.

Le prêtre continuait son avancée, son col prenait l'eau, et pour autant une force mentale le retenait en arrière ; tiraillé entre Marie et Madeleine.


Les doigts du novice tremblèrent. Les genoux agités de soubresauts. La mâchoire serrée. Se lever, tendre vers, retenir. Des ordres profonds que son âme cherchait à faire parvenir à ses membres. Être là, dans ce lieu-vortex où tout s'explique et se conclut. Et ne rien pouvoir faire.

Moins qu'un animal. Sans voix et sans volonté.

Le desespoir pour dernière palette émotionnelle.

La pourriture de toute empathie.

Qu'il aille au Diable...

Le Père Benoit avait la tête sous l'eau. Il cherchait la Madeleine des yeux, à travers la chevelure du maquis sous-marin, il l'appelait, des bulles, il boit la tasse.

Sur la berge, une carcasse se traîne, coude après coude, mètre après mètre, elle appelle sans sortir de son.

Il croit voir quelque chose, des étoiles éclatent à la périphérie de son regard, il se sent léger, la douleur des brûlures a disparu. Du bruit s'étale au-dessus de lui.

"Aidez-moooooi nooom de Vieux !"

Et une demi-douzaine de tentacules, ou de branches, s'emparent de lui et le tirent, il se débat pour se soustraire à ce horla, mais la chose est plus forte que lui et le remonte hors de l'eau !

Il reconnaît Léonie et l'homme aux ronces, les manches trempées.

Et la Sœur Marie-des-Eaux, qui crache ses poumons :

"Imbécile..."



Lexique : 

Le lexique est maintenant centralisé dans un article mis à jour à chaque épisode.


Décompte de mots (pour le récit) : 
Pour cet épisode : 1446
Total :  67177


Système d'écriture

Retrouvez ici mon système d'écriture. Je le mets à jour au fur et à mesure.


Feuilles de personnages / Objectifs des PNJ :

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Re: [CR] Millevaux et autres jeux Outsider

Message par Pikathulhu »

COMPTINES INFLORESCENTES

Le GN Millevaux poétique et doloriste par kF organisé par mes soins en ligne et en multicanal. Un récit par nompardéfaut

Le jeu : Comptines Inflorescentes, le GN Millevaux de kF

Joué le 10/05/2020 en ligne en multicanal

(temps de lecture : 5 mn)

Image

cola miki & martin LaBar & dave_iam, cc-by-nc, sur flickr


Commentaire de Thomas :

Pendant le confinement, j'ai fait un certain nombre de GN en ligne en multicanal, et je me suis donc lancé dans ce GN torturé et poétique qu'est Comptines Inflorescentes. Le gameplay est intéressant puisque le rôle de l'orga se borne à recevoir les personnages deux par deux et à leur faire des révélations sur leur passé. J'avais mon canal dédié pour ce faire, et ensuite les joueuses allaient jouer l'impact et régler leurs comptes dans leur coin. Je n'en avais des aperçus que lors de mes entrevues avec elles. 
Le jeu est prévu pour 7 prétirés, mais je n'avais que 5 joueuses. Cela a pourtant bien fonctionné, on a écarté les prétirés les moins riches (Rhyvia et Voyageur). Un joueur était un peu perdu donc je lui ai fait des debriefing internes en étant plus cash sur les révélations mais les autres ont eu l'air assez touchés. Un compte-rendu est à venir.


Le retour de kF, l'auteur de Comptines Inflorescentes :

merci pour ton retour ! C'est amusant de lire ce retour, il y a tellement de choses qui ne collent pas à ma pratique et pourtant ça a l'air d'avoir bien marché. Par exemple, je n'aurais jamais imaginé jouer en ne répartissant pas tous les rôles, qui ont chacun leur place dans l'histoire ; d'ailleurs, j'aurais dit que Voyageur était absolument central, mais c'est vrai qu'il ne manque pas tant que ça en étant enlevé !
C'est intéressant aussi d'adapter en ligne des GNs faits pour être joués en physique. Du coup, ça devient essentiellement du JDR freeform - ou plutôt, ça crée une petite enclave spécifique, dont la possibilité est ouverte par Discord. Ca donne matière à réfléchir. Dans mon club, les gens sont assez puristes et n'auraient certainement pas voulu jouer en ligne, avec l'idée de "jouer le jeu comme il est vraiment censé être joué" ; la mort de l'auteur a encore du progrès à faire... en tout cas merci pour ton CR !


Le récit par nompardéfaut :

L'image que je me suis fait de Lucia est un genre de croisement entre une punk enragée, une cancéreuse métastasée et une templière inspirée.

En ce qui concerne le déroulement de la partie, voici son histoire entrecoupée de mes notes pour chaque contine : 

1.
Avec Acide : 
Je viens d'accoucher blessée je m'évanouie
Lucia assiste à la cérémonie de mariage d'Acide
Lucia découpe Acide en moceaux et la fait cuisiner
UN banquet on sert Acide à manger
Lucia mange la chair d'Acide et pleure en mangeant son foie
Acide une personne horrifiée la tient dans ses mains elle  est un bébé

Lucia croit alors qu'Acide est son enfant et qu'elle a mangé son foie. En sortant de la grotte Acide remue le couteau dans la plaie, Lucia est une boule de nerfs enragée qui renvoie dent pour dent chaque remarque d'Acide. Lorsque Prêtre ressort de la grotte il raconte qu'il est perdu et que de toute façon le passé n'a pas d'importance. Lucia le traite de lâche, qu'il choisi la facilité en refusant de porter le poid du passé. Ils se rendent l'un et l'autre dans la grotte.


2.
avec Prêtre :
Lucia refuse de donner son épée

La comptine de l'espoir
C'est un jour ou Prêtre force quelqu'un à scier son frêre ainé, le bourreau s'évanouit, il est forcé de se remettre à sa tache
Lucia est terrifiée et observe mais a juré de ne pas s'opposer à mon père Samuel qui se fait appeler Prêtre
Lucia reçoit l'épée de son père Samuel ou le Prêtre 
Banquet je mange le corps d'une personne, je mange le foie, je pleure. Samuel a pris part au démembrement de cette personne.
Grande bataille en marge, quelqu'un tente de tuer Prêtre, je m'interpose je le protège, je le sauve.

Lucia redouble de rage. Elle comprends qu'elle a tout fait pour son père, qu'il lui a fait porter le poids de ses horreurs et que maintenant il est prêt à tout laisser derrière lui. Acide est présent, il rappelle à Lucia ce qu'elle a commis également. Sorcier est présent, Lucia n'était pas particulièrement hostile à son égard. Lorsque la grotte se vide, Lucia et Sorcier entrent.

3.
Avec Sorcier :
Lucia propose son épée, Sorcier refuse et donne sa bague.

Sorcier cède sa bague. C'est une bague de l'époque de la cité de Précieuse.
Sorcier erre dans Castelgris, il apercoit Lucia dans une aparition publique majestueuse.
Sorcier dans une grotte, Lucia le réveille.
Sorcier fabrique une potion apaisant les douleurs.
Un temps de paix dans la grotte.
Lucia mariée à quelqu'un portant une étoffe rouge.
Sorcier bénit leur union et leur donne la bénédiction de Précieuse.
Lucia prise dans les affres de l'accouchement, on me retire l'enfant de mon ventre. Sorcier est là, il voit l'enfant. Son visage est horrifié, il commande de le tuer et s'enfuit.

Lucia ne sort pas véritablement changée de la grotte. Cendre (et Acide, je crois) rentrent dans la grotte. Les deux personnages restants partent échanger des mots dans une autre zone. Lucia reste seule un moment. Cendre et la personne qui l'accompagne (Acide, je crois) ressortent. Cendre accuse Lucia d'avoir tué son fils Acide. Lucia perd de sa véhémence et montre de la culpabilité. Elle se retrouve seule à seule avec Cendre. Des phrases assassines entrecoupées de silences pour les digérer. L'épée de Lucia lui pèse de plus en plus et elle est petit à petit prise de faiblesse comme écrasée par ce poid. Quand le moment s'y prête, Cendre s'appuie sur Lucia afin qu'elle s'effondre. Lucia verse alors des larmes, elle est anéantie. 

Prêtre pénètre dans la grotte, accompagnée de Cendre, je crois. On entends ses cris lorsqu'il se fait arracher les yeux. Lorsqu'ils ressortent, Cendre explique à Lucia qu'Acide n'était pas son fils et que c'est le foie de quelqu'un d'autre qu'elle a mangé. Le moment venu, Cendre propose à Lucia de se rendre dans la caverne. Lucia accepte mais elle est incapable de se mouvoir. Cendre la porte.


4.
Avec Cendre : 
Lucia cède son épée.

Cendre est ma mère, souvenirs heureux, Lucia aime Cendre.
Cendre est assaillie de visions prophétiques, Putréfaction. Sa parole gêne, elle doit être internée, je ne peux pas m'y opposer.
Nous étions liées mais c'est défait.

Délestée de l'épée, Lucia est à nouveau capable de marcher faiblement. Elle prend appui sur Cendre.


Les deux derniers protagonistes (Sorcier et Acide, je crois) prennent le relais. On entend les cris de Sorcier qui se fait arracher les jambes. Discussion venimeuse entre Prêtre et Lucia. Prêtre lui annonce qu'elle n'a qu'à s'en aller. Elle s'en va jusqu'à l'église abandonnée. Rejointe un peu plus tard par Cendre. Lucia lui parle des vertus de l'aconit (remède et poison). Elles rejoignent les autres protagonistes.


Finalement les personnages se trouvent à devoir faire un choix pour contrer le retour de Putréfaction. Cendre souhaite se sacrifier mais elle en est incapable. Lucia le fait, pour se racheter, pour donner une leçon de courage à son père, par devoir.
Outsider. Énergie créative. Univers artisanaux.
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