Retour sur ce que j'ai lu ou survolé, jeune ou vieux

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Sammael99
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Re: Retour sur ce que j'ai lu ou survolé, jeune ou vieux

Message par Sammael99 » mer. janv. 31, 2018 9:12 am

la_loutre a écrit :
mer. janv. 31, 2018 8:42 am
Orfeo² a écrit :
mer. janv. 31, 2018 8:33 am
Serait-ce la naïveté des illustrations qui provoque ça ?

Je pense que c'est ça

Je sais que @paradoks n'est pas forcément d'accord avec moi, mais je pense que des joueurs enfants perdraient une partie du sel de Summercamp. Pour moi le jeu propose un regard sur l'enfance qui a plus de profondeur si on en est plus un soi-même. Ca ne veut pas dire qu'on ne peut pas jouer avec des enfants, mais ça serait beaucoup plus premier degré.

Je sais que pour ma part c'est pas le truc que je choisirais pour faire jouer des enfants, même si rien ne l'empêche (il n'y a pas de propos cachés sur la pédophilie ou la séquestration comme dans Little Fears).
Mozart n'a pas écrit que le Boléro de Ravel. Mais aussi plein d'autres trucs beaucoup moins connus (comme le canon de Pachelbel). - Le Grümph

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paradoks
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Re: Retour sur ce que j'ai lu ou survolé, jeune ou vieux

Message par paradoks » mar. févr. 06, 2018 5:53 pm

J'avoue que je n'ai pas pensé Summer Camp comme un jeu pour enfant, mais comme un jeu pour adulte qui voudraient retomber en enfance. Il faut dire que certains éléments centraux du jeu (en particulier l'heure des histoires) ne sont pas particulièrement accessibles aux petits. 

En tout cas merci pour les retours, ça fait chaud au coeur. Je suis un peu pris par d'autres trucs, mais les suppléments Classe de neige et Classe de mer sont toujours sur les rails. 

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Mugen
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Re: Retour sur ce que j'ai lu ou survolé, jeune ou vieux

Message par Mugen » ven. févr. 09, 2018 8:40 am

MRZ a écrit :
sam. janv. 06, 2018 9:35 am
C’est une version de l’ancêtre qui représente une sorte de proto-AD&D avec dissociation des races et classes.

En réalité, le race-as-class est une spécificité de la ligne "Basic D&D". En effet, dans OD&D, les notions de classe et race sont bien distinctes. La boîte de base n'a que 3 classes, et n'offre donc que peu de liberté : nains et halflings sont obligatoirement guerriers, et les elfes bi-classés guerrier/mage. Mais dès le premier supplément (Greyhawk, 1975), tout le monde peut être voleur, sans limitation de niveau, même si le paladin reste réservé aux humains.
Sois satisfait des fruit, des fleurs et même des feuilles,
Si c'est dans ton jardin à toi que tu les cueilles.
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sherinford
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Re: Retour sur ce que j'ai lu ou survolé, jeune ou vieux

Message par sherinford » lun. févr. 12, 2018 1:14 pm

Image


1.) Quoi que c'est ?

Star Trek Adventures

2.) Vous en avez entendu parler où pour la première fois ?

Au moment des playtests (ça remonte).

3.) Achat compulsif, impulsif ou réfléchi ?

Compulsif. Kyorou m'a tenté. C'est un vil serpent.

4.) Vous pensiez trouver quoi ?

Une enième trekkerie après les versions LUG et Decipher, mais j'étais curieux du traitement donné par Modiphius à cet univers.

5.) Vous avez trouvé quoi ?

Ma foi, un drôle de truc.

Tout d'abord, c'est très bien fourni en background. Pas que j'en aie grand chose à foutre, dans le sens où j'ai visionné 90% des séries Star Trek: je connais donc assez bien le "lore" de cet univers, comme on dit maintenant... Mais bon, pour le type qui se lance là-dedans, j'imagine que c'est un chouette moyen de se procurer un background minimal (quoique Kyorou semblait penser que c'était insuffisant).

Après, viennent les règles. Oh misère... Je vous avoue que si j'étais tombé là-dessus il y a un an, le jeu aurait très vite rejoint ma pile de trucs à revendre : Modiphius nous offre une usine à gaz plutôt complexe à mettre en oeuvre : pour chaque jet, on lance 2d20, mais on peut acheter des dés en plus de trois façons différentes. On compare les dés lancés avec la somme d'une compétence et d'une caractéristique : si on est en-dessous, on gagne un succès. Si on fait un "1", on gagne deux succès, de même que si on fait un score inférieur à la compétence seule ET que l'on a un focus qui s'applique à la situation...

On compare les succès obtenus avec la difficulté pour savoir si on a réussi ou pas.

Il faut aussi tenir compte des traits (même genre de truc que les descripteurs de FATE) applicables à la situation : ces traits peuvent augmenter la difficulté ou la diminuer...

Et tout ça, c'est pour faire un putain de jet tout simple : je n'ai même pas encore commencé les règles de combat.

Ca fait peur.

Ajoutez à ça un type de dé 6 particulier (c'est à la mode) pour les dommages...

D'un autre côté, le jeu se montre - de façon assez très surprenante - plutôt concis dans certains domaines. La liste des armes, par exemple, est relativement réduite (une toute petite table).

Bref, ce jeu semble avoir le cul entre deux chaises : on a du narrativisme et du simulationnisme qui se mélangent, et le cocktail me semble inutilement compliqué. Si j'étais mauvaise langue, je dirais que les auteurs ont voulu rendre les règles très compliquées pour dissuader les MJ de demander trop de jets de dés...

6.) Allez vous vous en servir ?

Peut-être. Je me tâte à utiliser ça pour le prochain 24 heures de jdr de la Guilde de l'Opale Noire. En tout cas, c'est un défi.

7.) En conseilleriez vous l'achat ??:

Pas dans l'immédiat, en tout cas. Sauf si vous êtes très portés sur les jeux à résolution complexe...

Rosco
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Re: Retour sur ce que j'ai lu ou survolé, jeune ou vieux

Message par Rosco » lun. févr. 19, 2018 10:50 am

1.) Quoi que c'est ?

The Dark Eyes, la version anglaise de l'œil noir 5eme ed

2.) Vous en avez entendu parler où pour la première fois ?
Sur Le forum BBE, suite au KS de la version Française

3.) Achat compulsif, impulsif ou réfléchi ?

Impulsif

4.) Vous pensiez trouver quoi ?

Une madeleine

5.) Vous avez trouvé quoi ?

J'ai retrouvé l'univers de mon premier JDR, avec une nouvelle machine ou on sent encore la première ED.
J'ai aimé le système des compétences basé sur trois carac, avec un jet pour chaque, l'éditeur conseille d'avoir un D20 fixe par carac.
Le jet sa fait face une difficulté, pour réussir une action chaque dés doit être inférieur à la carac liée. En cas d'échec, le joueur peut dépenser un point de compétence(on dispose d'un point par niveau dans la comp) pour abaisser un dés.
Deux 1 font un résultat critique, et la qualité de la réussite dépends du nombre de point restant dans la comp


6.) Allez vous vous en servir ?
Bonne question

7.) En conseilleriez vous l'achat ??:

Pour le coté Madeleine surement pour jouer à voir, mais j'avoue à 20 euros le bundle en anglais, je me suis dis dans le pire des cas ca me fait de la lecture,

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Solaris
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Re: Retour sur ce que j'ai lu ou survolé, jeune ou vieux

Message par Solaris » mar. févr. 20, 2018 8:45 am

1.) Quoi que c'est ?
Notre Tombeau
Image

2.) Vous en avez entendu parler où pour la première fois ?
Je ne sais plus.

3.) Achat compulsif, impulsif ou réfléchi ?
Réfléchi, je cherchais un jdr au format original pour des parties du vendredis soir.
Et comme je joue à Patient 13 et que j'ai testé Macadabre (que j'adore), je me suis penché sur d'autres jeux d'Yno, et entre Rushmore et Notre Tombeau, j'ai d'abord choisi le second.

4.) Vous pensiez trouver quoi ?
Un ovni d'horreur contemporaine adapté à ma façon de maîtriser (pas de scénarios écrits mais des synopsis).

5.) Vous avez trouvé quoi ?
Un format court et que j'adore (le équivalent A5/XII singes).
Une présentation claire et agréable d'un jeu que j'ai lu dans la soirée et que j'ai compris dans son ensemble.
Un univers finalement très accessible contemporain et proche de ce que l'on peut imaginer. C'est surtout son cadre qui est original et attirant : les souterrains parisiens revisités. Rien que l'intro des joueurs risquent de provoquer son effet en jeu et je suis curieux d'en voir le résultat. Comme je ferai jouer les vendredis soirs, avec la chance qu'ils fassent quasi nuit, ça va aider à l'ambiance de la table. J'ai des joueurs attirés par ce type de jeu (la même table que Macadabre et Patient 13).
Les règles sont simples et bien pensées pour faciliter l'histoire et l'ambiance : aucune lourdeur et ça va à l'essentiel, comme j'aime maintenant en jdr. La création de persos est rapide et permet de jouer en 30 mn à peine derrière la créa de perso je pense : suffit juste de répartir 42 points en 12 caractéristiques, le reste c'est juste 1 PV et 4 pts d'adrénaline. Et la fiche de perso reprend les règles pour que les joueurs soient autonomes. Bien vu.
Après, faire jouer la campagne me va, car ça correspond à ce que je veux : 2 pages par chapitre, juste pour résumer et donner les éléments importants. C'est le max que je m'autorise vu que je ne fais que des impros, même en campagne. Donc, ça devrait aller pour faire jouer.
Je ne suis pas fan de ce qui est glauque et Notre Tombeau ne m'attirait pas à sa sortie. Mais en fait, c'est plsu subtil et plus intelligent que cela, et c'est ce qui me plait à la lecture.
Reste donc à voir concrètement ce que cela donne en parties, mais le concept et la lecture sont prometteurs. C'est à la fois très facile à appréhender, et suffisamment étonnant pour changer les habitudes (même si avec Patient 13, on est déjà servis^^).

6.) Allez vous vous en servir ?
J'espère bien, normalement dans 15 jours, je le teste.

7.) En conseilleriez vous l'achat ?
Oui et non.
Oui si vous êtes attirés par des jeux qui sans révolutionner le jdr, offrent un cadre de jeu différent et qui changent un peu nos façons de jouer. Mais il faut des joueurs sérieux capables de rester dans l'ambiance amha.
Non si vous êtes dans la logique d'un univers charpenté et de scénarios écrits de A à Z, et que l'ambiance horrifique voir glauque, ce n'est pas votre truc.
Maintenant, c'est un jeu intéressant et si vous avez l'occasion, essayez-le au moins une fois. En cela, il rejoins Patient 13 et Macadabre.

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Solaris
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Message par Solaris » mar. févr. 20, 2018 9:07 am

1.) Quoi que c'est ?
Tahala, la cité des aigles
Image


2.) Vous en avez entendu parler où pour la première fois ?
Ici, lors du Tipee.

3.) Achat compulsif, impulsif ou réfléchi ?
Compulsif, je le voulais, mais le format Tipee ne me convient pas trop. Alors quand j'ai vu la préco, j'ai foncé sans réfléchir.

4.) Vous pensiez trouver quoi ?
Un artbook qui soit une belle aide de jeu pour servir de cadre medfan.
Un sourcebook visuel d'une cité typée méditerranéenne pour avoir une aide de jeu envers les joueurs.

5.) Vous avez trouvé quoi ?
Déjà, si le 1er opus (artbook 1) était de qualité, à spirales avec des textes inspirants, Tahala est en couverture rigide et ça envoie.
C'est bourré d'illustrations, de textes (lettres, infos, descriptions...), de pnjs... tout ce qu'il faut pour servir de cadre de jeu et y jouer des heures et des heures. Et ça reste assez léger pour ne pas s'y noyer et ne pas être cloisonné sans apporter sa créativité, le juste équilibre pour moi.
Avec peu de difficultés, la cité peut facilement être intégrable dans bp d'univers, y compris des setting plus high fantasy.
Et surtout, c'est beau et lumineux à l'oeil : on y ressent ce côté bassin méditerranéen.
Et il y a en plus des cartes A4  à part sur du papier glacé de qualité, une carte A3 recto (vu du ciel) et verso (plan de la cité) et un gros scénario dans le livre.

6.) Allez vous vous en servir ?
Je devrais m'en servir comme cadre de campagne motorisé par Brigandyne, avec l'artbook 1 du même éditeur.
MAIS..., je vais maintenant attendre la Seigneurie de Borth, (3 opus de l'éditeur) pour mélanger tout ça...

7.) En conseilleriez vous l'achat ?
Ça n'engage que moi évidemment, mais De Architectura (l'éditeur) semble bien parti pour devenir une référence en sourcebook. Certes, pas d'univers officiel rattaché (DD, Warhammer...) mais c'est tellement facile de l'utiliser dans pleins de jeux : Guildes, Antika, BoL... avec peu de réflexion pour l'adapter.
Bref, un 2e ouvrage magnifique que je suis content d'avoir précommander !

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Sama64
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Re: Retour sur ce que j'ai lu ou survolé, jeune ou vieux

Message par Sama64 » dim. févr. 25, 2018 5:37 pm

1.) Quoi que c'est ? 
Les Essarts et le Consulat, pour l'univers du Dodécaèdre de Snorri
Image   Image

2.) Vous en avez entendu parler où pour la première fois ? 
ici et sur LULU, et j'avais déja acheté Aventures fantastiques du même auteur

3.) Achat compulsif, impulsif ou réfléchi ? 
J'ai eu un lot de plusieurs suppléments en couleurs pour pas cher, donc plutôt impulsif (j'avais les pdf auparavant mais je ne les avais que survolés)

4.) Vous pensiez trouver quoi ? 
le descriptif de 2 pays du Dodécaèdre, le Consulat étant d'inspiration italienne/ vénitienne et les Essarts je n'en avais aucune idée. Je pensais trouver des descriptions de lieux, de personnages et des idées de scénarios.

5.) Vous avez trouvé quoi ? 
Ca et bien plus ; Snorri arrive en très peu de pages à donner une ambiance à ces 2 nations, et le choix des illustrations (issus de tableaux classiques) est extrêmement judicieux (et en couleurs ça claque vraiment !).

On voit clairement les influences/ inspirations historiques mais Snorri ajoute suffisamment d'éléments personnels, notamment fantastiques (surtout dans "Les essarts") pour qu'on soit très loin du copié-collé. 
Le Consulat ressemble pas mal à la Ciudalia du Vieux Royaume de Jaworski ; on pourrait donc facilement y transposer des aventures. 
Il y a une partie "historique" qui m'a semblé plus développée que dans "les essarts" et l'ambianc em'a semblée plus picaresque que dans "les essarts". 
Les Essarts sont plus fantastiques (au sens "D&D), avec des forêts profondes, des elfes toujours présents et des petites villes reculées avec chacune leur spécificité et des monstres et créatures plutôt présents . 

Les quelques PNJs (sans stats) sont toujours décrits en quelques lignes mais suffisamment pour avoir une bonne idée de leurs particularités et donc en faciliter l'interprétation. 
De même les modes de vie des habitants, leurs spécificités sont toujours décrtis en quelques lignes mais ajoutent une tonalité et une couleur très agréables.  
La Forêt d'Abondance (dans "les essarts") où vivent les elfes est hyper évocatrice avec pleins d'idées d'aventures par exemple.  

Je suis plus dubitatif sur l'emploi de dieux classiques (apollon, isis, etc...) j'aurais préféré avoir de nouveaux dieux (quitte à renvoyer leur description à  ces dieux classiques) car ça coupe un peu l'immersion. 

De vrais synopsis de scénarios auraient été un vrai plus, mais Snorri mets déja à disposition pas mal de scénars gratuits sur Lulu. 

6.) Allez vous vous en servir ?
Hélas je ne pense pas (en tout cas en tant que tels), j'ai déja pleins d'univers à faire jouer. Mais la lecture de ces suppléments reste un vrai plaisir (le style est excellent, et il y a très peu  de coquilles) et y a pleins d'idées à cannibaliser (par exemple la Forêt d'abondance pour des aventures dans certaines forêts des Royaumes Oubliés ou des intrigues entre cités-états du Consulat à Warhammer dans les principautés frontalières (par exemple)). 

7.) En conseilleriez vous l'achat ??
En pdf c'est gratuit, et en pod sur Lulu c'est une poignée d'euros, donc pour moi c'est un grand OUI
Traductions & relectures pour le http://www.donjondudragon.fr/

En ce moment...Je mène Achtung Cthulhu (SaWo) et AiME au 3°Age 1640
Je lis les "Savage Sword of Conan" et l'intégrale de Clark Ashton Smith

 

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chaviro
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Re: Retour sur ce que j'ai lu ou survolé, jeune ou vieux

Message par chaviro » lun. févr. 26, 2018 9:53 am

1.) Quoi que c'est ?
Les Offrandes Calcinées, un module Pathfinder acclamé par les critiques, encensé par l'Internet, vanté ici-même, juteusement traduit par Black Bouc.
Burnt Offerings won three ENnie Awards in 2008—two Golds for Best Adventure and Best Cover Art and a Silver for Best Interior Art quand même.
Image

2.) Vous en avez entendu parler où pour la première fois ?
Partout, les oreilles m'en sifflaient jusqu'à l'insupportable. Depuis dix ans.

3.) Achat compulsif, impulsif ou réfléchi ?
Bien malgré moi.

4.) Vous pensiez trouver quoi ?
Une daube à la PF, une suite de bastons vaguement reliées par un prétexte cousu de fil blanc. Bien illustré en raison des prix reçus.

5.) Vous avez trouvé quoi ?
Un gros coup de vieux. Sur le fond, je ne suis pas surpris, PF n'est absolument pas dans mes goûts esthétiques, avec son univers d'anime japonais (rien de péjoratif) à la Final Fantasy qui n'a qu'un lointain rapport avec le médiéval-fantaisiste. Toutes ces couleurs me piquent les yeux, surtout parce qu'elles ne font que recouvrir un monde complètement noir et blanc : il y a les héros, et les autres (les figurants qui ne sont là que pour les mettre en valeur) ; les bons et les méchants.
Bon, le constat est fait que le truc ne me convient pas, fondamentalement. Puis-je néanmoins garder la tête froide et en dire quelque chose d'utile pour ceux qui en apprécient les prémisses ? Pas sûr.

Non, je ne peux pas. Il y a déjà un choc culturel difficile à dépasser. Les offrandes calcinées : le terme est biblique, il renvoie à l'Ancien Testament, et le terme français (pour burnt offerings) est « holocauste ». Je pense que ça a dû en défriser plus d'un, d'où une traduction plus Googlesque. Les auteurs nous déversent par-dessus un salmigondis théologique indigeste : au cœur du scénario, on retrouve aussi des dieux assyriens (Lamashtu) et une magie ancienne qui carbure aux sept pêchés capitaux, mais avec des runes (pitié pour les vikings !). Tout ça n'a aucun sens pour moi. Ce n'est pas une question de religion, c'est juste comme si on me parlait tout naturellement de moteur à combustion et de minitel dans une aventure se déroulant au temps des Pharaons. Avoir des références communes, plus ou moins explicites, sur lesquelles construire un récit, d'accord. Tout mélanger dans un hachoir et faire comme si la bouillie obtenue était solide comme du béton, non. Ça me fait le même effet que si le dragon que mon PJ est censé affronter s'appellait Jacques Chirac. Jacques Chirac le dragon, ben oui, quoi, c'est un scénario dans lequel les personnages vont récupérer des pièces d'or jaune volées par le dragon avec la complicité des électeurs morts-vivants des catacombes, il me fallait un nom, pourquoi pas celui-là ? Pour les élèves de ma cousine, pour qui Léoard de Vinci est le célèbre constructeur de parking et d'autoroutes qui a peint La Joconde (anecdote aussi authentique qu'affligeante), je comprends (et je déplore) que cela puisse être avalé sans difficulté, mais pour une activité ludique me demandant de m'impliquer et de me plonger dedans, l'immersion en prend un coup fatal.

Oublions donc toute prétention à trouver du sens dans les références, considérons qu'il ne s'agit que de mots n'ayant qu'une consistance sonore, destinés à l'imprimeur et non au lecteur, et voyons le cœur du sujet. De toutes façons, comme on nous le dit à la fin du scénario, en guise de conclusion, au fait, les fameux seigneurs runiques endormis ne jouent aucun rôle dans cette mise en bouche de la campagne épique. Non, le présent scénario est bien plus terre-à-terre, il nous parle avant tout de l'enfance maltraitée et de l'incompréhension entre les générations, du drame adolescent mal digéré. En effet, la méchante de l'histoire, voyez-vous, est une « Aasimar amère » (dixit la VF). De gentille orpheline céleste destinée par son papa à devenir bonne-sœur (je n'invente rien), la pauvrette a souffert à l'école des avanies de ses camarades (je n'invente toujours rien), a perdu sa chasteté avec un voyou (saloperie de soixante-huitard), a été grondée par son père, fait une fausse couche, et a donc décidé, plutôt que de devenir émo ou végan comme tout le monde dans ce genre de situation, d'être un nouveau Dark Vador (plus précisions à venir). Non, mais, franchement, c'est quoi ce phoque ? (comme disent les jeunes).
Oui, c'est vraiment le syndrôme Dark Vador : avant, dans D&D, les méchants étaient juste méchant, à cause de leur alignement. Depuis l'épisode III de Star Wars, sorti quelques années avant l'écriture de cet ouvrage, il est de bon ton d'expliquer pourquoi les très méchants étaient parfois avant très gentils, et que ça n'est pas forcément leur faute, même si on s'en fiche, ils meurent à la fin, bien fait pour eux et merci pour les XP. De toutes façons, l'histoire de l'orpheline, les PJ n'ont aucune raison de la savoir ni de l'apprendre, et puis ils s'en fichent en général (et merci pour les XP). Revenons au présent.

Le scénario commence donc avec un festival papillonant à l'occasion de l'inauguration de la cathédrale reconstruite. Oui, Sandpoint, 1240 habitants, se permet d'avoir une cathédrale, parce qu'une chapelle, ça faisait sans doute trop bouseux, et comme elle a brûlé, autant en profiter. Heureusement pour eux, les PJ n'ont pas eu à financer avec leurs impôts ce pharaonique projet, ils arrivent pour profiter des victuailles gratuites qui seront proposées. À moins que l'un d'entre eux soit collectionneur de lépidoptères (mais c'est plus rare).
Je vous passe les détails, des gobelins débarquent au milieu de la cérémonie et les PJ sont là pour les exterminer, mais ça gâche la fête. Dès lors, les PJ sont des héros et tout le monde les aime bien. Plus guimauve tu meurs, si vous voulez mon avis (sinon, vous ne seriez pas en train de me lire, tient). Normalement, dans ce genre de situation, la population râle contre les autorités qui ont chipoté sur le budget de la sécurité mais pas sur celui des petits fours, etc. Ici, même le shériff et le maire, pris en flagrant délit d'incompétence, se félicitent de la présence des « héros » au lieu de sanctionner leurs pitoyables subalternes.
Au passage, on apprend que le cimetierre a été profané. Voyez-vous qu'on a volé les restes du « bien-aimé » père Tobyn, celui qui avait brûlé dans la chapelle. Et quoi le phoque ? Rien, c'est juste un truc pour le MJ, et encore. Je vous explique : la méchante est revenue voler ces restes pour les brûler une seconde fois. Rien de plus normal. Elle avait déjà tué son amant indélicat et brûlé son père et sa chapelle, mais il faut croire que ça ne suffit pas. Deux fois, c'est plus sûr. Moi, je dis, c'est plus un holocauste, c'est un biscuit. Petite leçon de sociologie au passage : tout le monde pleure le « bien-aimé » père Tobyn, on lui reconstruit sa chapelle aux frais du contribuable, mais c'est quand même (si je lis bien ce que je lis), le mauvais père qui nous a foutu dans ce pétrin en martyrisant sa fille. Bref, votre gentil voisin peut être un tyran domestique, vous paierez les dégâts à la génération suivante. Il mérite bien, après tout, de repasser à la casserole. Mais ça, encore, les PJ n'en sauront rien.

Sur considérations, la suite.

Arrive sur la scène, Shalelu la forestière. En voici le portrait, tiré de ce scénario qui, je le rappelle, a obtenu des prix pour la qualité de ses illustrations intérieures.
Image
Shalelu, quand elle tourne la tête, mieux vaut ne pas être à côté. On aurait pu l'appeler Dumbo, mais ça ne fait pas très elfe et elle n'a pas le nez assez long. Quand je vois un elfe dessiné comme ça, je cherche, mais je ne comprends pas. J'imagine que le type doit dessiner des hobbits avec des pieds palmés ; cela nous sera épargné, merci. Shalelu, donc, vient apprendre au shériff (qui a convié les PJ, parce que ce sont des héros et qu'aucun de ses douzes gardes ni de ses 62 miliciens (que personne n'a mobilisé, après tout) ne semble disponible) que les tribus de gobelins ont été réunifiées. Ah ah, dit-elle en elfique.

Mais avant de résoudre ce mystère, une pâtissière au nom typiquement médiéval-fantastique, Ameiko Kaijitsu, a disparu. Son frère, Tsuto Kaijitsu, est lui aussi la preuve que les pères de Pointesable ne savent décidémment pas y faire. Tsuto est un demi-elfe parce que sa mère a eu des relations sexuelles avec quelqu'un d'autre que son mari devant les dieux. Papa Kaijitsu s'est fâché et a exilé son fils ; lequel était amoureux de la fille, Nualia, de l'autre paternel raté (vous suivez ?). Je cite : « [Lorsqu'] il apprit par la suite que les plans de Nualia impliquaient de brûler son village natal […] Tsuto n'en fut que plus excité […] à la perspective de se venger de la ville qu'il considère responsable de son enfance amère et sans joie. » Bref, une « Aasimar amère » et un demi-elfe à l'enfance qui ne l'est pas moins se sont donc retrouvés dans la pyromanie vengeresse, ou plutôt, dans le #balancetonpère. Les PJ iront donc taper sur Tsuto Kaijitsu pour lui apprendre à fricoter avec les gobelins et avoir tué son père d'une façon que la psychanalyse orthodoxe réprouve (le père voulant aussi tuer le fils, qui le faisait chanter, c'est incroyable à quoi ressemble la chaleur des foyers dans un village étiqueté « Neutre Bon » ; je n'ose imaginer ce qui se passe dans les vestiaires du club de natation hobbit dans un hameau chaotique neutre…). Les pulsions refoulées ne sont toutefois pas entièrement absentes de cette histoire, puisque les auteurs prennent bien le soin de nous apprendre que « le journal de Tsuto […] contient deux douzaines de pages de parchemin et Tsuto en a couvert la plupart de cartes de Pointesable et de dessins érotiques du Nualia. » Las ! Le scénario n'ayant pas fait l'objet d'un foulancement participatif à 5 chiffres, aucun fac-similé du « petit carnet de cuir » n'est fourni pour les joueurs ; vous n'aurez droit qu'à des extraits de lettres minables de Tsuto à sa sœur, sans une once d'érotisme. Si Zak Smith avait pu contribuer à ce scénario, je suis sûr qu'il aurait reçu un prix de plus…

Voici venu le moment de terminer le scénario. Les PJ sont donc envoyés nettoyer le repaire des gobelins, Pic-Chardon. C'est un îlot vaguement fortifié, relié au continent par un pont de corde. Faites un jet de Stratégie (DD10). Raté. Rassurez-vous, les auteurs du scénario n'ont pas fait mieux que vous. Je veux dire, pourquoi ne pas simplement détruire la passerelle, faire le siège devant en regardant les gobelins mourir de faim ou se noyer ? Les gobelins eux-mêmes ont compris le problème (« À l'origine, les gobelins avaient conçu [un] piège de façon à ce que le pont tombe entièrement dans l'eau mais […] ils le testèrent et réalisèrent qu'ils venaient de s'isoler sur l'île »), mais il n'est pas prévu que les PJ le fasse. À vrai dire, il existe des tunnels secrets reliant l'îlot au continent, mais quelques chiens de chasse ou une bonne dose de terre font aussi partie de la poliorcétique élémentaire. Mais si les PJ avaient suivi leurs cours correctement à l'école, ils ne seraient pas aventuriers non plus. Ils doivent donc faire le nettoyage à la main.
Je vous épargne la description de Nualia, miss Dark Vador en version chainmail bikini, que les auteurs prennent le soin de justifier : si son armure moule ses jambes (deux fois longues comme le reste du corps, respect des règles anatomiques asiatiques oblige) et son torse (façon Mecha), elle ne protège pas son ventre nu, censé être une marque de dévotion. Lamentable Lamashtu, déesse de la césarienne ?
J'arrête ma dissection ici, c'est suffisamment poisseux pour moi. Je reconnais néanmoins qu'au milieu de tout ce fatras, il y a des idées et un soin intelligent apporté au détail qui mérite d'être reconnu. Il y a clairement un effort apporté au caractère des gobelins et aux motivations de certains PNJ, mais trahis par des incohérences ou des clichés qui en minent la vraisemblance.

6.) Allez vous vous en servir ?
Hé, tu t'as vu quand t'as lu ? Qui joue à PF sur ce forum ? Ici, c'est un mouroir à VCI, pas le forum Skyrock du JDR (quoique…).
Maintenant, je remercie les auteurs, qui m'ont fait comprendre que le plus important, dans la « fantaisie héroïque », c'est le fantaisiste ; pas au sens féérique du terme, mais pour dire qu'il ne faut pas trop se préoccuper du phoque et qu'une mauvaise histoire fait toujours un bon scénario de JDR.

7.) En conseilleriez vous l'achat ?
Faites ce que vous voulez avec votre argent, si vous en avez.
 
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Re: Retour sur ce que j'ai lu ou survolé, jeune ou vieux

Message par Ravortel » lun. févr. 26, 2018 10:49 am

:D :bravo: :yes:

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Re: Retour sur ce que j'ai lu ou survolé, jeune ou vieux

Message par Ego' » lun. févr. 26, 2018 11:32 am

Le pire c'est que c'est exactement ça... :cry:
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Re: Retour sur ce que j'ai lu ou survolé, jeune ou vieux

Message par Sammael99 » lun. févr. 26, 2018 11:47 am

Sérieux, @chaviro , si tu montes un patréon pour financer tes textes, je paie de suite.

Merci.
Mozart n'a pas écrit que le Boléro de Ravel. Mais aussi plein d'autres trucs beaucoup moins connus (comme le canon de Pachelbel). - Le Grümph

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Re: Retour sur ce que j'ai lu ou survolé, jeune ou vieux

Message par oneyed jack » lun. févr. 26, 2018 11:51 am

Je pensais être le seul à ne pas avoir accroché à cette campagne..! :)
Rien que le coup de la cathédrale et des noms japonais dans le village ça m'avait refroidi.
Brigandyne, le site: du med-fan "chair et sang", mais pas que.
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Re: Retour sur ce que j'ai lu ou survolé, jeune ou vieux

Message par Najael » lun. févr. 26, 2018 11:54 am

Ca manque de sang par ici je trouve.
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Re: Retour sur ce que j'ai lu ou survolé, jeune ou vieux

Message par sherinford » lun. févr. 26, 2018 12:01 pm

Ego' a écrit :
lun. févr. 26, 2018 11:32 am
Le pire c'est que c'est exactement ça... :cry:

J'ai aussi beaucoup ri à la lecture de ce retour...

Je dois dire que je suis chaque fois étonné de lire, çà et là, que cette première campagne pour Pathfinder serait un must incontournable, et même une des meilleures campagnes pathfinder, selon certains. J'avais lu le premier fascicule et essayé de le maîtriser, et ça ne donnait pas grand chose : j'ai jeté l'éponge assez vite.

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