[CR] 7e Mer - L'Éternel menteur

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Humphrey B
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Re: [CR] 7e Mer - L'Éternel menteur

Message par Humphrey B » sam. oct. 20, 2018 11:59 am

Cette "bouche" est pour moi l'un des aspects les plus problématiques de la campagne originale. Dans un jeu d'horreur cosmique comme Cthulhu, c'est juste ridicule ("et là, tu es attaqué par la pochette du best-of des Rolling Stones"). J'imagine qu'avec le décalage induit par la transposition à 7eme Mer, ça passe mieux - en tout cas ton CR laisse cette impression. Comment ont réagi tes joueurs devant cette créature ?
“Harry, I’m going to let you in on a little secret. Every day, once a day, give yourself a present. Don’t plan it. Don’t wait for it. Just let it happen. It could be a new shirt at the men’s store, a catnap in your office chair, or two cups of good, hot black coffee.” – Agent Dale Cooper

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Cédric Ferrand
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Message par Cédric Ferrand » sam. oct. 20, 2018 12:44 pm

Le build-up en amont a permis de rendre cette révélation réellement surprenante.
Les PJ ne s'imaginaient vraiment pas que ça pouvait être ça qui était à l'origine du Nectar, ils ont été véritablement surpris.
Ma femme m'en a reparlé hier soir en me disant "C'était vraiment glauque, comme scène". C'est la première fois qu'on me dit ça d'un scénario Cthulhu (même si j'en ai limé le numéro de série).
En fait, si j'avais dégainé un monstre lovecraftien classique, ils auraient dit "Ah ouais" car ils auraient été en territoire connu. Là, ça ne correspond à rien qu'ils connaissent, niveau Mythe, alors les joueurs sont au même niveau que les personnages.
Et puis bon, lors des descriptions, j'ai insisté sur un point : ils ne voient que la gueule de quelque chose qu'ils imaginent bien plus gros.
En plus, chaque bouche de la campagne est différente, c'est pas juste un monstre générique.
Bref, au contraire, pour moi la bouche (qu'on surnomme le Bocca) est la clef de voûte de cette campagne, pas son point faible.

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Humphrey B
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Message par Humphrey B » sam. oct. 20, 2018 3:35 pm

Merci pour ce retour. Comme je le disais, pour moi c'est un aspect problématique (et non un point faible) parce que je pense que c'est très facile de ricaner d'un "monstre" comme cela et qu'il est difficile de prédire comment les joueurs vont y réagir. Je suis bien content de voir que c'est bien passé chez toi, parce qu'effectivement, c'est glauque !
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Re: [CR] 7e Mer - L'Éternel menteur

Message par Cédric Ferrand » sam. oct. 20, 2018 6:21 pm

Humphrey B a écrit :
sam. oct. 20, 2018 3:35 pm
c'est très facile de ricaner d'un "monstre" comme cela et qu'il est difficile de prédire comment les joueurs vont y réagir.

Ça dépendra de chaque groupe, mais c'est sûr que pour rendre ça flippant, il faut que toi-même tu y crois.
Dans ton cas, j'ai l'impression que ton idée est faite et que tu auras du mal à vendre ta camelote.

C'est pas juste une bouche : la gueule, c'est la partie émergée de l'iceberg.
Comme je l'ai décrite, il y avait une faille dans le réel et un monstre est arrivé à y glisser sa bouche pour susurrer des mots impossibles à des nobles dégénérés et ainsi provoquer des orgies sans fin. Comme les PJ ne voient pas le monstre dans son ensemble, ils l'imaginent et flippent bien plus que si j'avais décris un Grand Ancien.
Quand tu décris la langue qui participe à la partouze, que tu dis à un PJ qu'elle s'enroule autour de sa jambe et qu'elle essaye de pénétrer à l'intérieur de ses culottes, je peux te dire qu'il ne ricane pas.

Même Percout, que j'ai décrit comme le DSK des Guignols, les faisait rire jaune.

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Message par vaillant672000 » sam. oct. 20, 2018 6:29 pm

Très sympa cette lecture des comptes rendus, merci Cédric.

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Message par Ravachol » sam. oct. 20, 2018 6:33 pm

Cédric Ferrand a écrit :
sam. oct. 20, 2018 6:21 pm
Ça dépendra de chaque groupe [...]
C'est pas juste une bouche : la gueule, c'est la partie émergée de l'iceberg.
Comme je l'ai décrite, il y avait une faille dans le réel [...] 

Ca devrait marcher d'autant plus avec d'anciens joueurs de la V1 qui connaissaient l'existence du Voile et qui devine ce qu'il y a derrière
J'ai Diplomatie comme compétence. Ca fait combien de dommage ?

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Humphrey B
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Re: [CR] 7e Mer - L'Éternel menteur

Message par Humphrey B » sam. oct. 20, 2018 6:45 pm

Cédric Ferrand a écrit :
sam. oct. 20, 2018 6:21 pm
Ça dépendra de chaque groupe, mais c'est sûr que pour rendre ça flippant, il faut que toi-même tu y crois.
Dans ton cas, j'ai l'impression que ton idée est faite et que tu auras du mal à vendre ta camelote.
Oui et non... Ce qui me gênait, c'était le côté "une bouche sur un mur". La façon dont tu présentes les choses me semble beaucoup plus pertinente.
Spoiler:
si mes souvenirs de lecture sont bons, il me semble que les bouches finissent par apparaître sur les gens. Et ce type d'horreur organique à la Cronenberg, je suis carrément client.

Bref, c'est vraiment super ce CR, parce que c'est en train de me débloquer et de me donner envie de maîtriser cette campagne !
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Message par le_gaillard » dim. oct. 21, 2018 2:47 am

C'est la première foi que je suis un CR avec autant d'intérêt, merci de partager, c'est super !

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Message par EDGARRA » dim. nov. 04, 2018 12:15 pm

super ton CR…j'adore l'idée de la bouche … :runaway

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Message par Cédric Ferrand » ven. nov. 09, 2018 3:33 pm

Or donc, les PJ viennent de partir en catastrophe du manoir de Percout après leur opération coup-de-poing. Pensant (à raison) que le manoir de Bourbonnais est surveillé, ils trouvent refuge dans une chambre d'auberge et déballent leurs trouvailles tout en pensant leurs plaies. Dans le bureau particulier de Percout, ils ont pris :
- la collection complète des livres d’Esteban de Maloya (À la dérive dans un ciel déchaîné, Les Sermons de la Langue flottante (volume 2), Le Berceau dans l’océan, Pêcher dans la rivière des Étoiles, Le Regard de Gabéroth, Geheimes Mysterium, Le Dernier des Premiers : La fin des dynasties occultes, Les Graines du Fruit interdit).
- un tableau (sans cadre et enroulé dans un tube en cuire) intitulé La Perspective de l’Observateur, une représentation astronomique de l’espace. Quelques constellations sont reconnaissables selon les connaissances du Castillan, mais il lui est impossible de localiser le point de vue du peintre.
- une partition intitulée “Aria di disaccordo” pour du chant lyrique mais qui semble impossible à chanter, selon le Montaginois, qui touche pourtant sa bille en chant.
- le gros morceau : Le Testament des émanations de la Bouche qui suinte, mélange d’autobiographie, de révélations mystiques et de manuel de perversion. Le manuscrit semble écrit par différents auteurs ou bien par un unique auteur à la psychée fragmentée. En plus de l’écriture chaotique, les pages sont maculées de différents fluides corporels et de nombreux poils. Les écrits confirment que Gol-Goroth n’a jamais été le véritable dieu révéré par le culte.
- des extraits des lettres de MS, qui sous-entend que Rodolphe Percout se méprend sur la nature métaphysique des anciens dieux. Son interlocutrice ne semble pas se considérer comme la subalterne de Rodolphe mais bien comme son égale. Son Montaginois démontre que ce n’est pas sa langue maternelle mais qu’elle a fait des études. Elle invite Rodolphe à la rejoindre à Sieger en Eissen pour participer à leurs combats ritualisés et donne des indications pour se joindre à eux.
- un chapitre est en fait un court traité présentant plusieurs méthodes pour “augmenter le rendement des émanations des plus saints orifices de la Chose”. Ce sont différents actes de dépravation qui pourraient théoriquement faire plaisir à la Chose au Mille Bouches et donc stimuler la production de Nectar. Le texte cite des expérience menées par Alonso de Blasco dans la Cité Vaticine qui démontreraient qu’un sacrifice important permettrait d’augmenter les expectorations divines. Rodolphe Percout semble toutefois sceptique. Mais un rapport chiffré de la production vaticinale de Nectar montre qu’elle a triplé de volume depuis quelques semaines.
- un chapitre inachevé fait des supposition sur la voix de la Bouche. "La voix d'une Grande Bouche a le pouvoir d'enchanter ou d’illuminer.” Il parle en particulier de certaines chansons très puissantes en Avalon, mais les lettres écrites par un certain WB semblent indiquer que les résultats ne sont pas à la hauteur des promesses faites. Dans sa dernière lettre, WB parle de “notre dieu” et de “votre dieu” et n’utilise plus les formules respectueuses habituelles. Il promet toutefois d’améliorer la production grâce à une nouvelle chanson. L’adresse d’un cabaret à Balig est indiquée.

Les PJ comprennent à ce moment-là que le culte qu'ils viennent de vaincre à Buché n'est qu'une des têtes d'une hydre bien implantée à Théah. Ils débattent donc de la prochaine étape à suivre, et pour des raisons de proximité géographique, ils optent pour Balig, en Avalon. Mais tandis qu'ils prennent cette décision aux premières heures de la journée, ils voient passer une procession dans la rue : l'inquisiteur Bernardo Guy et ses hommes débarquent en ville. Les PJ se demandent quel rôle joue l'inquisiteur dans cette histoire et évoquent même l'idée de prendre contact avec lui pour comprendre ses motivations. Mais au final, les PJ envoie un message anonyme à l'inquisiteur pour qu'il puisse trouver le tableau dépeignant l'orgie impliquant plusieurs notables de Buché, dans l'espoir que Bernardo Guy finisse le travail qu'ils ont entamé. Et pendant que l'Inquisition s'active à purger la cité montaginoise, les PJ filent en catimini, direction Balig.

Voyage jusqu'en Avalon dans un bateau de contrebande de cognac. Les PJ sont débarqués dans un petit village côtier au pied d'une falaise de calcaire puis se mettent en route à cheval pour rejoindre Balig, qui est décrite comme une cité très industrieuse car c'est le siège de nombreux ateliers royaux. La reine Élaine a décidé de réarmer son île (son slogan est MAFA : Make Avalon Great Again), et Balig est le lieu de production par excellence. Y convergent des chargements de charbon, des minerais et toute la main-d'oeuvre de la région. C'est sale, il y a de la fumée et les bâtiments sont fait de brique rouge. Bref, ça ressemble méchamment à un épisode de Peaky Blinders.

Les PJ arrivent de nuit et se présentent à l'adresse du cabaret de WB. L'établissement est fermé mais des affiches font la promotion de la chanteuse qui est en résidence : Cordelia. Nos héros mangent dans le restaurant qui est situé en face du cabaret et qui est très content d'avoir des clients car depuis 15 jours que le cabaret a fermé sur ordre royal, les affaires ne vont pas très bien. En discutant aimablement avec Paige, les PJ apprennent :
- qu'avant, c’était un établissement normal, mais quand cette Cordelia s’était mise à y chanter, c’était plus la même chose. Les clients n’étaient plus les mêmes qu’avant. C’était horrible à écouter. Dans la quartier, on la surnommait “Celle qui chante sans voix”. Mais les gens venaient quand même. Et pas pour rire d’elle, hein, ils l’adoraient.

Évidemment, les PJ pénètrent dans le cabaret de nuit en pensant que c'est le quartier général du culte local. Ils ne trouvent pourtant qu'un cabaret vide mais squatté par Fergus, un musicien qui leur explique :
- Qu'il a été engagé parce que le précédent musicien venait de craquer nerveusement. Au début, c’était horrible : Cordelia chantait faux et à contre-temps. C’était impossible de la suivre. Mais il ne sait pas s'il s'y est fait ou si elle s’est améliorée avec le temps, mais Fergus a fini par trouver ça beau, sa manière de chanter. Sauf que sa voix égale à nulle autre a fini par le contaminer, musicalement. Maintenant, les autres patrons de cabaret disent qu'il joue faux et ne veulent plus l’engager. C'est la raison pour laquelle il squatte là.
- Cordelia l’a invité chez elle une fois, pour une fête après un spectacle. Mais la drogue a foutu la merde, et l’ambiance est vite partie en vrille. Cordelia était furieuse contre Warwick pour je-ne-sais-quelle-raison, ils sont allés dans leur chambre pour s’engueuler comme du poisson pourri. Fergus et les autres invités en ont profité pour s’éclipser. Il donne l'adresse aux PJ.
- Cordelia avait clairement son public, ça marchait. Mais les gardes royaux sont venus fermer l’établissement. Le voisinage n’en pouvait plus, la voix de crécelle de Cordelia rendaient tout le monde nerveux. Et puis on racontait que certains clients du cabaret, après le spectacle, devenaient déraisonnables. Les gardes ont dit que c’était un trouble manifeste à l’ordre public. Et vous savez quoi ? Le sergent qui a fait fermer le cabaret… eh ben sa maison a brûlé.

Les PJ dorment dans le cabaret (ils se rendent alors compte que Fergus ronfle de manière inhumaine, sans rythme, arrivant à produire des sons irréels), se rendent le lendemain matin chez Cordelia et trouvent l'endroit vide, Cependant :
- l'appartement a été vidée de ses biens les plus précieux. Ils sont clairement partis en urgence. Un portrait de Cordelia a été lacéré au couteau au niveau de la bouche.
- d'après une voisine, c’est calme, depuis deux semaines. Fini les vocalises qui lui tapaient sur les nerfs. Adieu les gémissements au milieu de la nuit. Cordelia était amoureuse, mais il y a des limites à l’indécence, non ? Ah quand elle a débarqué de sa campagne, elle faisait moins la fière. Elle se rêvait chanteuse mais elle peinait à payer le loyer. Et puis elle est tombée sur ce bonhomme qui a décidé de réaliser son rêve.
- une lettre qui donne l'adresse d'un certain Warwick Boswell

En sortant de chez Cordelia, nos héros posent des questions dans la rue pour localiser la maison de ce WB et tombent sur un jeune garçon qui tient une énorme jarre entre ses bras. Le Montaginois lui prend des mains pour l'aider, mais le poids ne correspond pas à un liquide. Curieux, il ouvre la jarre et sent une odeur de poudre. C'est à ce moment précis qu'un scélérat posté sur un toit tire un coup de mousquet bien placé dans la jarre, qui explose ! La déflagration projette un nuage de poussière, et bientôt de nombreux malandrins passent à l'attaque. Les PJ se tiennent dos-à-dos et rendent coup pour coup. C'est une débauche de violence. Les héros arrivent toutefois à interroger un des agresseurs à la fin du combat : ils appartiennent à des bandes rivales mais étaient en prison. On leur a accordé la liberté à la condition qu'ils s'attaquent conjointement aux PJ.

L'appartement de Warwick Boswell est lui aussi vide, à leur arrivée, de la nourriture en train de pourrir dans la cuisine. Ils fouinent et découvrent :
- quelques fioles de Nectar
- une volière vide où des oiseaux ont été nourris avec de la charogne (des doigts humains) et abreuvés avec du Nectar
- un autel impie caché dans une pièce secrète
- les paroles d’une chanson d’amour (l’amour vole comme un oiseau) avec une partition injouable
- des bougies imprégnées de Nectar
- des dessins de bouches (humaines, animales, monstrueuses)
- un livre sur les anciennes croyances des Highlands, en particulier sur un dieu appelé Aonghasidh (le Pêcheur lointain) qui était révéré dans les îles Shannagary.

Mais surtout, ils trouvent deux lettres inachevées

-----------------------
M.S.

J’espère que tout va bien pour toi à Sieger ou où que tu sois en ce moment. Il n’y a rien de bien nouveau ici, si ce n’est que l’argent commence à manquer. Les affaires vont bien, mais pas aussi bien que sur le continent, visiblement.

Nous avons des buts différents, plus ambitieux, toi et moi. Nous avons ça en commun. Nous allons être reconnus pour ce que nous sommes vraiment quand nos deux projets porteront leurs fruits. Le culte ne nous comprendra certainement pas, mais la Chose qui réside sous la Montagne dévorante saura nous récompenser.

Je suis en train de fignoler une nouvelle chanson. Ma femme m’inspire énormément. Cette nouvelle mélodie a des effets très... surprenant. En particulier sur ceux qui ont mangé du N. C’est profond. Il faudrait vraiment que tu viennes écouter C. chanter. Tu pourrais chanter avec nous.

J’ai envoyé quelques disciples explorer les ruines d’un ancien culte dédié à notre dieu. Je crois que grâce à cet endroit, je vais pouvoir directement m'adresser à la Chose sans devoir passer par RP.

Je ne devrais pas t’en dire plus, du moins pas avant d’être certain que

-----------------------
R.P.

Je sais que tu attends mon rapport. Tu n’es pas satisfait de mes performances. Je suis aussi déçu que toi, à vrai dire. Je constate chaque jour ce que notre dieu peut faire. Et surtout ce qu’il peut défaire. Il me dit chaque nuit ce qu’il attend de moi, et c’est très différent de ce que tu exiges de moi. Ce n’est pas le seul menteur parmi nous et sans doute pas le pire, en fait.

Nous avons cru, au nom du Grand Menteur, que tu nous disais la vérité sur les volontés de notre dieu. Mais je constate que tu te sers de lui comme d’un prétexte pour faire avancer tes propres intérêts. Depuis que j’ai trouvé un moyen de l’entendre directement, je comprends tout. Mais bientôt, j’aurai la possibilité de communiquer en retour avec lui. D’autres peuples plus sages que nous connaissaient autrefois des méthodes pour se faire entendre de lui.

Je crois que tu nous mens pour nous empêcher de comprendre la vérité d’EdM. Tu ne lui arrives même pas à la cheville. Est-ce que le nom Aonghasidh te dit quelque chose ? Et le Pêcheur lointain ? C’est le Menteur de l’Au-delà, je vais le prouver. Et alors, tes menteries éclateront à la face du culte.

Une fois que j’aurais obtenu audience auprès de notre dieu, alors

(fin de la séance)
-----------------------

Une séance bourrée ras-la-gueule d'information. Je ne savais où les PJ iraient après Buché, j'ai donc demandé une pause de 5 minutes pour relire mes notes quand ils ont opté pour Balig, et en avant Guingamp.
Leur réalisation qu'il y avait finalement plusieurs cultes rivaux à combattre dans tout Théah valait son pesant de cacahuètes.
J'ai fini par comprendre pourquoi j'utilise l'Inquisition dans cette histoire : c'est un peu l'équivalent de la Police militaire dans l'Agence Tous Risques : elle débarque à la fin de l'épisode et oblige les PJ à aller de l'avant sans se reposer sur leurs lauriers.
Ça tient toujours la route, on continue.
Dernière modification par Cédric Ferrand le ven. nov. 09, 2018 4:48 pm, modifié 1 fois.

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Message par nonolimitus » ven. nov. 09, 2018 4:43 pm

Raaahhhhhhhhhh, c'est trop bon  :yes:

bon, tu peux me mettre çà en forme et me réécrire la campagne pour du Mousquetaire & Sorcellerie, merci  :lol:
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le MJ avec du gobelin dedans !!!
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Re: [CR] 7e Mer - L'Éternel menteur

Message par Cédric Ferrand » ven. nov. 16, 2018 3:21 pm

Or donc, nos héros se disent qu'ils seraient bon d'en apprendre plus sur le mystérieux cas du sergent de la garde royale dont la maison a brûlé. En parcourant Balig à la recherche du sinistre, le Samartien entend quelqu'un chanter à une fenêtre au second étage d'un bâtiment. La fenêtre est ouverte, il ne parvient pas à savoir qui chante et est même incapable de dire si c'est un homme ou une femme. Au rez-de-chaussée, c'est un sabotier qui tient son échoppe. Les PJ l'interrogent : ils louent l'appartement du dessus à deux hommes qui travaillent de nuit. Non, ils ne sont pas chanteurs, mais ça fait bien une semaine qu'il entend cette chanson lancinante et pas très agréable, il n'en peut plus. Les PJ frappent donc à la porte de l'appartement : pas de réponse. Ils insistent en tambourinant à la porte : le chant cesse puis reprend. Ils crient à la porte, et une voix répond, mais bizarrement. Le Highlander hurle "Y'a quelqu'un ?" et la voix à l'intérieur dit "Quelqu'un ?". Le Montaginois percute alors : ils sont en train de parler avec un perroquet. Ils défoncent la porte, et alors qu'ils déboulent dans l'appartement, ils ont juste le temps de voir un mainate (le Castillan est un spécialiste des sciences naturelles) s'enfuir par la fenêtre. L'appartement est une scène de crime encore toute chaude : un des deux hommes a poignardé de nombreuses fois son compagnon puis s'est tranché lui-même la gorge. Des traces de pattes de mainate ensanglantées sont visibles partout. L'oiseau avait même commencé à s'attaquer aux doigts des cadavres. Sur une table, des pièces d'or et quelques fioles de Nectar semblent indiquer que les deux hommes étaient des dealers.

Le héros reprennent la piste du sergent et finissent par apprendre qu'il est allé vivre chez son frère. Là, ils apprennent qu'il est de service et l'attendent donc à la sortie du bâtiment de la garde royale pour lui parler. Mais chose étrange, quand il quitte son service, il est habillé en civil, alors que le Highlander sait pertinemment que les gardes avaloniens sont particulièrement fiers de leur uniforme et rentrent toujours à la maison en tenue. Les héros décident donc de le suivre. Mais comme ils ne sont pas très discrets, le sergent les remarque et accélère le pas. Le Highlander "réquisitionne" un cheval dans la rue et essaye de rattraper le sergent, qui trouve refuge dans le cabaret où se produisait autrefois Cordelia. L'endroit n'est plus abandonné mais est le siège d'une fiesta improvisée entre nostalgiques de la grande chanteuse. Ils ont installé un tonneau d'alcool sur une table, ça rigole, ça boit, ça s'engueule gentiment. Le Montaginois repère même un vendeur de Nectar. Le Highlander fait comprendre d'un geste au sergent qu'il veut lui parler en privé. Ils se retrouvent devant le cabaret, et le Highlander lui déballe tout ce qu'il sait. C'est un peu décousu, le Highlander est intimidant de nature... Le sergent panique. Là dessus, le Samartien arrive dans son dos et lui pose une main sur l'épaule : le sergent sort un sifflet de sa poche et l'utilise. Aussitôt, plusieurs gardoches en civil qui s'étaient mêlés aux fêtards pour les infiltrer réagissent et se retrouvent devant le cabaret pour porter secours à leur sergent.

Pendant ce temps, le Castillan est au milieu de la fête et ne se rend compte de rien car, paranoïaque, il s'est bouché les oreilles avec de la cire afin de ne pas succomber au chant des mainates. Et comme c'est un prêtre un peu rigoriste, la fête l'emmerde prodigieusement. De plus il ne parle pas la langue locale. Alors il s'emmerde, et par réflexe, regarde le cabaret, en particulier sa charpente : surprise, il remarque un mainate sur une poutre, L'oiseau semble observer la foule et se pourlèche le bec d'une étrange langue pas du tout naturelle. Le Castillan dégaine donc son pistolet et abat le mainate d'un coup bien placé. La balle traverse l'oiseau et fait même voler quelques tuiles du toit, créant un trou. Évidemment, panique dans la fête. Les gardoches et le sergent, qui étaient sur le point d'en venir aux mains avec le Highlander et le Samartien, rappliquent en 4e vitesse dans le cabaret et sautent sur le Castillan. Comme ce dernier ne comprend pas les ordres que lui donnent les gardes, ils se mettent à le cogner et à la désarmer. Mais le Castillan est fier et refuse de se séparer de son épée. C'est sur le point de dégénérer quand une nuée de mainates jaillit par le trou dans la toiture et attaquent PJ et gardoches. Ils sont affamés, leurs plumes sont tranchantes, ils sont nombreux : c'est le chaos. Heureusement, nos deux héros se défendent bec et ongles (haha), mais les gardoches succombent pendant l'assaut. Seul le sergent (et les héros) survit à cette attaque aviaire.

Pendant ce temps, le Montaginois et le Samartien suivent le dealer de Nectar qui fuit le cabaret comme tous les autres fêtards suite au coup de pistolet. Ils le perdent de vue quand il pénètre dans un châtelet en mauvais état. Depuis un soupirail, ils entendant une étrange voix chanter...

Tout le monde se réunit au cabaret. Le sergent comprend que les PJ sont des alliés, mais pense que sa carrière dans la garde royale est foutue. Il met le feu au cabaret pour ne pas à avoir à expliquer son expérience traumatisante avec des mainates. Le Castillan n'est pas d'accord pour laisser le corps des 5 gardes brûler (ils ont le droit à un sépulture digne, que diable !) mais se ravise quand le Highlander lui fait remarquer que les Avaloniens sont des païens révérant le Graal. Le cabaret brûle, tout part en fumée, mais les PJ doivent organiser le contrôle de l'incendie pour éviter que les flammes ne se propagent aux bâtiments voisins. C'est là que la science militaire du Samartien est bien utile.

Au petit matin, alors que les lieux du sinistre produisent encore de la fumée.le sergent et les PJ mettent en commun ce qu'ils savent. En particulier que le Châtelet est en fait une prison privée qui est utilisée quand la prison royale déborde. On y transfert alors des prisonniers sans trop s'occuper de ce qu'ils leur arrivent. Les héros donnent de l'argent au sergent pour qu'il puisse fuir Balig avec sa petite famille. Un assaut en règle sur le Châtelet semble de mise.

------------------------------

C'était n'importe quoi. Mais du beau n'importe quoi. Le coup de feu du Castillan, l'imbroglio avec les gardoches, les mainates qui débarquent comme une nuée de chauve-souris dans Batman... On est loin de l'ambiance Cthulhu, mais c'est pas plus mal. Prochaine étape, le Châtelet. Ça risque d'être sanglant car l'ambiance n,est pas jojo, dans les geôles...

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Message par Cédric Ferrand » ven. nov. 23, 2018 3:32 pm

Or donc, après quelques heures de repos, les PJ font ce qu'ils réussissent le mieux : ils ourdissent. Faut-il essayer de capturer des sbires du culte local pour collecter plus d'information sur le châtelet ? Se faire arrêter pour infiltrer la prison privée ?
En discutant avec les riverains du châtelet, les héros se rendent compte que le chant désagréable qui s'échappe du soupirail agit sur leur santé mentale. Ils rencontrent notamment un homme qui a obtenu une importante promotion qui l'obligerait à déménager à la capitale d'Avalon, mais il se refuse à accepter ce poste car il n'imagine pas quitter ce quartier.
Les PJ se mettent donc à fomenter. En mentant aux habitants, ils leur font croire que le châtelet va bientôt devoir s'agrandir et que donc on va démolir leur maison pour pouvoir construire une plus grosse prison. Le Highlander se fait passer pour un garde du châtelet pour mettre le feu au poudre, le Castillan fabrique un faux document officiel pour appuyer la rumeur, le Montaginois se mêle à la foule pour jouer les agitateur, le Samartien essaye de guider les habitants devenus colériques... Et un peu plus tard, c'est un vrai regroupement qui s'installe devant la lourde porte du châtelet. Les revendications des protestataires sont très variées ("On en a marre de voir le prix du pain qui augmente, qui augmente..."), mais l'ire est là. Certains apportent du bois pour monter un feu, des sympathisants apportent de la nourriture pour les soutenir... Les manifestants obligent les passants à rejoindre leur mouvement en prétextant qu'ils font ça dans l'intérêt général. Et pendant que ça prend de l'ampleur, les PJ se faufilent discrètement le long de la muraille du châtelet pour profiter de la diversion pour escalader les défenses.
Arrivés en haut, ils tombent bien évidemment sur deux sentinelles en train de circuler sur le chemin de garde. Puis ils descendent en fouillant les étages : le bâtiment est vide, désaffecté. Ils finissent par arriver au niveau de la cour intérieure : il n'y a toujours pas trace d'activités. Ils trouvent toutefois un escalier qui descend sous terre et découvre les geôles souterraines. À partir de là, craignant le chant qu'ils ont déjà entendu, les PJ se bouchent tous les oreilles avec de la cire. Il y a de nombreux prisonniers émaciés et hagards, dans la prison, et tous s'excitent en voyant les PJ, car ils pensent qu'ils sont venus les sauver. Mais comme les héros se désintéressent de leur sort, les prisonniers deviennent agressifs et essayent de les attraper quand les PJ passent trop près des cellules. Soudain, toutes les portes des geôles s'ouvrent, et les prisonniers s'échappent. Certains fuient sans demander leur reste mais d'autres ont dans l'idée de récupérer les armes que les PJ tiennent en main. Se battre contre des hommes fatigués et désarmés n'est pas véritablement une épreuve pour les héros, qui atteignent finalement la salle du bas, qui est recouverte de plancher mais ne semble pas avoir d'accès. le Highlander et le Samartien cherchent une issue cachée tandis que le Castillan et le Montaginois reste dans les escaliers, flairant le Piège à Cons. Et PAC il y avait, car quand le Highlander se met à taper du pied sur le plancher pour voir s'il y a quelque chose en-dessous, une immense trappe s'ouvre et précipite les deux héros dans un puis. Ouille. Le temps de trouver de la corde, le Castillan et le Montaginois rejoignent leurs camarades... Là, une Bouche est au centre de la pièce. Elle chante, elle chante... À ses côtés, Cordelia pousse également la chansonnette. Warwick Boswell est également là, une épée à la main. Ils parlent aux PJ, mais comme ils se sont bouchés les oreilles à la cire, ils n'entendent pas un mot de son monologue de grand méchant. Boswell n'est pas le fin escrimeur qu'il pensait être : le Castillan l'élimine en un tour d'une série de bottes bien placées. La gueule de Cordelia est semblable à celle du Predator : elle pousse un étrange chant, et des mainates très agressifs tombent les PJ pendant que la Bouche continue de chanter sans réagir. Le Highlander comprend que Cordelia dirige sans doute les mainates : il laisse les oiseaux le lacérer mais ôte la vie à la chanteuse sans voix avant de perdre connaissance sous les coups de becs frénétiques. Mais avec la mort de Cordelia, les mainates perdent leur agressivité. Puis les PJ se tournent vers la Bouche, et là c'est au tour du Castillan de mordre la poussière. Ce n'est qu'in extremis que le Samartien et le Montaginois arrivent à vaincre la Bouche.
Ils s'enfuient par un souterrain adjacent et ressorte à l'extérieur du châtelet. Là, les manifestants sont en train de se battre avec les prisonniers qui essayent de fuir la prison. Les PJ ne sont pas en état d'intervenir : ils grimpent à bord d'une charrette de foin et fuient Balig. Sur la route, ils croisent le convoi de l'Inquisition, qui arrive en ville...

Prochaine étape : les îles Shannagary, où une expédition a été envoyée par le culte de Balig. C'est le pays d'origine du Highlander. Le Montaginois lui demande donc : "Y'a-t-il quelqu'un qui t'attend là-bas ?" Fergus reste pensif quelques instants avant de répondre "Oui, plusieurs. Pour me tuer."

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Ça a cogné dur.
Boswell est mort très rapidement car j'ai mal dépensé mes mises pendant le combat. Du coup j'ai réservé un chien de ma chienne au Castillan en utilisant peu ou proue la même technique que lui pour mettre son duelliste hors de combat...
À la toute fin, il restait 2 points de vie au Montaginois et 4 ou 5 au Samartien, ça s'est vraiment joué à pas grand chose.
Ils n'ont aucune idée de ce qui se trame à Shannagary, ils risquent de tomber de haut.

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Orion
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Re: [CR] 7e Mer - L'Éternel menteur

Message par Orion » lun. déc. 10, 2018 9:42 am

On a des nouvelles de la suite ?
ON commence a y prendre sérieusement goût. :bravo:
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Cédric Ferrand
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Re: [CR] 7e Mer - L'Éternel menteur

Message par Cédric Ferrand » lun. déc. 10, 2018 12:26 pm

Nous n'avons pas joué pendant deux semaines, nous devons reprendre jeudi soir.

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