[CR] 7e Mer - L'Éternel menteur

Critiques de Jeu, Comptes rendus et retour d'expérience
Veccini
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Re: [CR] 7e Mer - L'Éternel menteur

Message par Veccini » ven. sept. 28, 2018 11:45 am

Moi qui n'était pas du tout fan des règles de 7th sea en V2, je dois dire que ce CR me donne envie de redonner une chance et pourquoi pas relancer une table (j'avais maitriser une campagne sur la V1).

Merci encore, j'attends la suite de l'aventure avec impatience. 

En attendant la suite, je vais peut être me relire le bouquin de base et essayer de m'y projeter un peu plus.

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Cédric Ferrand
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Re: [CR] 7e Mer - L'Éternel menteur

Message par Cédric Ferrand » ven. sept. 28, 2018 3:26 pm

Or donc, tout indiquait que Birgit, la folle de l'hospice vaticinal, avait laissé des preuves dans un la banque Dragmar de Vendel. Mais pour y accéder, il faut détenir un mot de passe que les PJ ignorent. Le Montaginois a donc décidé d'aller ouvrir un compte à cette banque en prenant une fausse identité. Accompagné du Highlander (qui se fait passer pour son garde-du-corps), ils souhaitent mesurer la faisabilité d'un cambriolage. Surprise : la banque est étrange, architecturalement parlant. C'est une ancien réseau de catacombes (à la Skyrim) dont les niches ont été vidées de leurs occupant pour être dotée de couvercle en bois afin de créer autant de coffres personnels. Pour accéder au contenu, il faut effectivement fournir un mot de passe, en l'écrivant sur un petit bout de carton qui est par la suite comparé au mot de passe original indiqué lors de la création du compte. Il y a tout un cérémonial de sécurité autour de cette comparaison : un clerc apporte le mot de passe soumis par le client, un autre amène le mot de passe d'origine, mais ces deux clercs n'entrent jamais en contact : seul Snorri l'Authentificateur voit les deux cartons simultanément et peut donner le feu vert. Il est un peu inquiétant, le Snorri : son visage est constellé de points d'encre, et la rumeur prétend qu,il se fait tatouer un point à chaque fois qu'il déjoue une arnaque. De plus, la famille Dragmar a une réputation tenace : quand quelqu'un leur vole un bien, ils mettent tout en jeu pour récupérer la chose dérobée. Ils sont capables de débarquer en drakkar avec 20 vikings pour récupérer quelques piécettes indûment acquises : il en va de leur réputation.

Les PJ tergiversent un peu avec la méthode à adopter : faut-il tenter une infiltration de nuit ? Subtiliser le mot de passe dans les archives ? Et si on envoyait une autre équipe de bras-cassés pour faire diversion ? Snorri est trop impressionnant, ils ne pensent pas pouvoir le soudoyer ou l'intimider. Finalement, le Castillan et le Sarmatien se présentent sous de fausses identités et demandent à avoir accès au coffre de Birgit Gustafson. Ils présentent un mot de passe de leur cru et attendent en croisant les doigts.

Et là, flashback, on voit le Highlander, quelques heures plus tôt, en train d'isoler le clerc qui travaille aux archives de la banque. Il lui fait "subtilement" comprendre que s'il ne substitue pas le mot de passe original avec le nouveau qu'il lui fournit, des choses horribles vont commencer à arriver dans sa vie de petit clerc.

Retour au présent dans la banque : on amène le contenu du coffre, qui est décevant : un long tube en cuir qui contient une peinture rouleée et un livre de comptabilité codé. Tout ça pour ça ? Sauf que c'est à ce moment là que l'inquisiteur Bernado débarque dans la banque pour faire reconnaître ses lettres de créance. Il remarque le Castillan et les deux hommes se saluent fort civilement. L'inquisiteur utilise toutefois le vrai nom du Castillan, à la grande surprise des employés de banque, qui commencent à soupçonner une arnaque. Le Castillan s'est sort in extremis en expliquant à la cantonade que la coutume castillanne est d'avoir un nom à rallonge (on se rappelle que le nom complet de Picasso est Pablo, Diego, José, Francisco de Paula, Juan Nepomuceno, María de los Remedios, Crispín Cipriano de la Santísima Trinidad Ruiz y Picasso), il s'agit donc d'une méprise, il n'a tout simplement pas employé son patronyme au complet. Ouf. Le Castillan et le Sarmatien prennent vite congé de l'inquisiteur et sortent de la banque, mais repèrent vite qu'ils sont suivis. Ils évitent de justesse un guet-apens dans une ruelle, boxent deux malandrins et retrouvent leurs deux autres compagnons. Les PJ n'ont pas confiance, ils se savent suivi par l'inquisiteur, alors ils décident d'aller se cacher dans le cimetière à bateaux des Gustafson. Ils passent la nuit sous une coque retournée, mais avant de s'endormir, ils déroulent le tableau qui dépeint une orgie. C’est l’équivalent sexuel d’un tableau de Jérôme Bosch. Toutes les positions possibles, toutes les combinaisons imaginables. Manfred Sandberg apparaît distinctement ainsi que le père du Montaginois. La scène occupe l’immense salon d’un manoir aux allures montaginoises. Évidemment, le Montaginois est très surpris de voir son père sur le tableau, mais les PJ se souviennent alors que son rôle il y a 10 ans était d'infiltré le culte. Mais comme son père est le frère bâtard du roi de Montaigne, le Montaginois décide de gratter la peinture du tableau pour que son père soit désormais méconnaissable.
Et comme, en plus, c'est un espion, le Montaginois y passe une nuit blanche mais finit par décrypter le code secret du livre de comptabilité. Il comprend que :
- plusieurs vendeurs (Bec-de-lièvre, P’tit Pierrot, N’a-qu’un-oeil…) distribuaient à des clients anonymes ;
- le produit est du N. et qu’il doit être liquide car il se vend dans de petites fioles.;
- les ventes ont débuté 2 ans avant le rituel (soit en 1656) ;
- l’opération était dirigée par “le Castillan” et “la Capitaine”.
- le nom du comptable est Séverin Farblantier (car tel un faussaire égotique, il n'a pas résisté à la tentation de laisser son nom sur son "oeuvre".

Notre Castillan voit soudainement rouge : son père est-il le Castillan du livre de comptabilité ? Est-ce à dire que son père était... un cultiste ? Le Sarmatien se demande alors si la Capitaine ne serait pas sa mère...
Ils partent pour Buché, en Montaigne, mais ont tous le coeur lourd et craignent un peu ce qu'ils vont découvrir là-bas. D'autant que Buché, c'est la cité où a grandi notre Montaginois.

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C'était une petite séance de 2 heures.
Ils ont commencé par monter un plan détaillé comme ont tendance le faire les rôlistes, en planifiant des étapes et en voulant dessiner un plan des lieux. Mais on connait tous cette méthode : 3 plombes pour monter un plan, qui foire au premier jet de dés. Donc on a joué ça de manière plus abstraite en y injectant une petite dose d'Ocean's Eleven.
Les révélations vont bon train, les spéculations aussi. Tout mène à Buché, le premier bac-à-sable de la campagne.
Jusqu'ici, tout va bien,. Jusqu'ici, tout va bien. Jusqu'ici...

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Cédric Ferrand
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Message par Cédric Ferrand » ven. oct. 05, 2018 3:29 pm

Or donc, Buché.
C'est une cité dans les contreforts montagneux qui tire son commerce des cures thermales. On y trouve donc beaucoup de riches malades venus y prendre les eaux et donc un tripotée de charlatans qui essayent de soutirer de l'or à qui mieux mieux.
C'est également la cité où l'on délocalise les bâtards du roi, car elle est loin de Charousse. C'est donc là que notre Montaginois est né et a grandi.
Quand il retrouve le manoir de son enfance, les lieux sont en piteux état : sa nourrice d'antan (Iphigénie) tient la boutique comme elle peut avec une vieille rente royale qui ne permet pas de faire des miracles.
Notre fils prodigue fouille la maison de fond en comble à la recherche d'indice laissé par son père. Il trouve :
- à l'endos d'un portrait du roi, un tableau représentant son père et sa mère dans une position olé-olé. Et contre toute attente, il décide de ne pas détruire ce oeuvre pornographique (sans doute parce que c'est le seul souvenir concret qu'il a de ses parents)
- sous le lit de feu sa mère, des fioles vides ayant contenu du N.
Et évidemment, le Montaginois goûte un fond de fiole, car il est curieux : il est envahi de frissons divins, une jouissance le saisi, il jouit comme il ne l'a jamais fait, et de plaisir, il se chie dessus (Trainspotting, quelqu'un ?). J'annonce un peu plus tard à la joueuse que le Montaginois est accro à ce produit, mais surprise, elle me rétorque que son perso est immunisé aux poisons. Grrr.
Sur les fioles laissées par sa mère, il trouve le poinçon du maître verrier qui fabrique les fioles. Et en interrogeant Iphigénie, il apprend qu'après la mort de son père, sa mère recevait quotidiennement la visite fugace d'un certain Jacquet, un bon-à-rien du quartier.

Pendant ce temps, le Sarmatien s'emploi à aller poser des questions à l'université sur Barnabas Vosgarichian, l'universitaire qui a autrefois mis en contact Manfred et Esteban de Maloya. Mais Vosgarichian n'est connu d'aucun étudiant. En posant des questions à l'administration, le Sarmatien tombe sur Armance, une ancienne élève de Vosgarichian qui a pris son poste quand il est parti il y a 10 ans pour aller faire des fouilles en Vodacce, à Caligari. En fouillant les affaires qu'il a laissé à l'université, le Sarmatien apprend également :
- qu'à Caligari, Vosgarichian est en contact avec un archéologue du nom de Bartolo Acuna ;
- que selon Vosgarichian, Gol-Goroth est aussi révéré sous le nom du Pêcheur lointain mais qu’il n’a rien à voir avec le Menteur de l’Au-delà. il qualifie Gol-Goroth de bouffon cosmique. Il soupçonne Esteban de Maloya de révérer Gol-Goroth devant ses disciples mais de vouer un culte au Menteur de l’Au-delà en secret ;
- que Vosgarichian ne manque à personne à l'université car il était unanimement détesté, même dans son département de théologie.

De son côté, le Castillan fait le tour des hospices à la recherche de victimes du fameux N. Mais comme c'est une drogue qui semble coûteuse, elle n'affecte pas les pauvres, il fait donc chou blanc. Il entend toutefois parler du curé Vianney, un prêtre qui est surnommé "l'avare de dieu" car il est très rapaces avec les riches de la cité, pour le bien de ses oeuvres de bienfaisance. Il accompagne effectivement les fils et filles de bonne famille qui sont victimes de ce poison mais se fait payer très cher pour que ça ne s'évente pas. Et tout l'or qu'il gagne ainsi est redistribué dans les rues de Buché. Entre prêtre vaticinins, le père Vianney y va d'une confidence : même l’évêque de Buché est accro au N, c'est dire...

Le Highlander est sur une toute autre piste : il veut retrouver les vendeurs de N dont le nom apparaissait dans le livre de comptes décrypté par le Montaginois. Mais la pègre, ça va, ça vient, et ces gaillards ont tous disparu de la circulation. Il trouve tout de même le fameux Jacquet, qu'il coince dans une ruelle et à qui il fait cracher :
- qu'il distribue bien du N, qui est est en fait du Nectar ;
- qu'il s'approvisionne au manoir de Percout ;
- qu'il travaille pour la Capitaine, Isabeau de Mongier de son vrai nom.
Par la suite, le Highlander décide de remonter la piste du comptable, Séverin Farblantier, qui est un retraité vivant paisiblement, s'occupant de son jardin et de ses petits enfants. La rencontre est cordiale, les menaces du Highlander sont subtiles mais efficaces :
- Esteban de Maloya était le leader d’une sorte d'église. Ils priaient un dieu de l’ancien temps qu’ils appelaient Gol-Goroth. C’était très… druidique ;
- Esteban de Maloya organisait des orgies. C’était leur manière à eux de rendre grâce à leur dieu. Ils utilisaient tous une drogue qu’ils appelaient le Nectar et qui valait son pesant en or. Les disciples en achetaient ainsi que quelques personnes extérieures à leur congrégation. Des nobles, essentiellement ;
- Esteban de Maloya avait hérité d’une petite fortune, mais c’est la vente de cette drogue qui assurait la plus grosse part de ses revenus ;
- après la fameuse nuit de massacre, Percout et la Capitaine ont repris les affaires d'Esteban de Maloya. Mais comme le comptable n'avait aucune confiance en Percout, il a préféré se retirer et vendre son étude.
En échange de ces aveux, le comptable demande au Highlander de détruire le livre de comptes.

Alors qu'il revient de l'université pour rejoindre ses compagnons, le Sarmatien tombe dans une embuscade menée par des gardes de la cité. Il défend cher sa peau, mais ils sont nombreux (une dizaine) et reçoivent l'appui d'un mystérieux tireur d'arbalète. Le Sarmatien réussit à repousser les gardes, mais pas ce Scélérat qui boite et qui le met hors-jeu. Alors qu'il inflige au Sarmatien une blessure à la jambe pour qu'il boite comme lui, le mystérieux Scélérat lui glisse ce message "Toi et tes amis, déguerpissez de Buché, sinon la prochaine fois, il y aura mort d'homme". Quand il se réveille, le Sarmatien n'a plus son or ni les preuves qu'il avait trouvé à l'université.

Le lendemain, le groupe ne se sépare plus. Ils se rendent sur les lieux du massacre qui a eu lieu il y a 10 ans. C'était autrefois une grange, qui a brûlé ce soir-là, il n'y a donc rien à voir sur place, si ce n'est que des militaires qui érigent une muraille externe pour protéger la cité ont visiblement arrêté les travaux. En discutant avec eux, c'est parce que plusieurs ouvriers ont été mordus par des serpents.
En allant poser des questions sur la fameuse nuit du massacre aux fermiers voisin de l'ancienne grange (la famille Guibesier), ils apprennent :
- que les paysans se souviennent bien de la nuit tragique : des explosions, un incendie, des coups de feu. Les gardes de la cité avaient fini par rappliquer ;
- qu'ils ont essayé de louer le terrain mais personne ne sait vraiment à qui appartient la parcelle, désormais. Ils ne sont plus intéressés par ces terres : il y 3 ans, ils y ont mis une vache et son veau en pâture sans demander la permission à personne, mais des loups ont tué le petit veau sans même sembler manger sa viande. Même les corbeaux ne sont pas venus manger les restes ;
- le soir du massacre, ils ont hébergé un des survivants. Un certain Manfred, une brute du nord. Il est parti au petit matin sans dire merci mais en leur piquant le peu d’or qu’ils avaient mis de côté.

Prochain épisode : le manoir Percout.

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Une séance très productive, donc.
Une question soulevée est intéressante : qui peint ces mystérieux tableaux pornographiques ? Je ne m'étais pas posé la question, il y a donc de la place pour une intrigue secondaire, si besoin est.
La raclée du Sarmatien a remis les pendules à l'heure : ensemble, ils sont puissants, mais isolés, ils peuvent facilement se faire déborder. Mais certains joueurs ont vraiment cru que le Sarmatien allait crever la gueule ouverte dans cette ruelle. Le duel de revanche devrait donner une belle scène.
Ils ont un indice pour une autre destination en Vodacce, mais le manoir Percout devrait leur réserver de belles surprises.
Vont-ils essayer de s'y infiltrer (comme le fit feu le père du Montaginois), de mener un assaut en règles ou bien vont-ils improviser ? Ça risque d'être sportif, comme séance.

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Re: [CR] 7e Mer - L'Éternel menteur

Message par Orion » lun. oct. 08, 2018 3:16 pm

J'attends la suite avec une certaine impatience la suite. Au vu des comptes rendu, je vais moi aussi reprendre cette adaptation pour monter une table.
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Message par Cédric Ferrand » lun. oct. 08, 2018 10:14 pm

Orion a écrit :
lun. oct. 08, 2018 3:16 pm
J'attends la suite avec une certaine impatience la suite. Au vu des comptes rendu, je vais moi aussi reprendre cette adaptation pour monter une table.

Cool, ça sera marrant de voir les différences d'adaptation.

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Re: [CR] 7e Mer - L'Éternel menteur

Message par Orion » mar. oct. 09, 2018 5:54 pm

Je vais monter la table d'ici le mois prochain en me bossant sur vos retours et mes joueurs.
Je trouve l'idée très séduisante.
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Re: [CR] 7e Mer - L'Éternel menteur

Message par Cédric Ferrand » ven. oct. 12, 2018 3:42 pm

Ça m'arrive de faire pareil quand je joue à un jeu vidéo, donc je ne suis pas tant surpris que ça, mais hier soir, au lieu de s'attaquer franchement au manoir de Percout pour le final de ce chapitre, les joueurs ont fait un petit refus d'obstacle et ont plutôt décidé de compléter toutes les quêtes annexes pour retarder la confrontation finale.

Or donc, ils ont décidé de passer une nuit blanche sur les ruines de la grange qui a brûlé il y a 10 ans. Ils ont monté un feu de camp et ont attendu qu'il se passe quelque chose. Ce qui est arrivé, c'est qu'un détachement de mousquetaires s'est promptement déplacé pour voir qui était les cinglés qui osaient allumer un feu de la sorte à la périphérie de la cité. Le Montaginois a joué de son statut de fils du bâtard du roi pour calmer la situation, et les PJ ont pu passer la nuit sur place. Le Sarmatien a dormi du sommeil du juste, mais le Highlander et le Castillan ont passé une nuit de mauvais sommeil à cause de puces leur suçant le sang et les démangeant. Pire, les chevaux des PJ étaient très nerveux, et pour cause : des sangsues étaient accrochées à leur flanc (alors qu'il n'y a pas d'eau à proximité de la scène). Le Montaginois a lui passé une nuit de cauchemar : il a rêvé qu'une bouche était apparue sur son ventre et qu'elle imitait sa voix pour parler dans une langue qui lui est inconnu. Sa propre bouche et son nez étaient obstrués, il était en train de s'étouffer quand il s'est réveillé. En répétant les mots étranges que sa bouche ventrale prononçait, le Sarmatien (qui est un expert en langue vivante et morte) n'a pas été en mesure d'identifier le langage, mais il lui a semblé que le message était "A beau mentir qui vient de loin".

Le lendemain matin, les PJ s'en retourne au manoir de Bourbonnais pour se reposer après cette nuit étrange. Iphigénie en profite pour prendre le Montaginois a part et lui exprimer ses craintes : il est en train de suivre le même chemin de mensonge que feu son père. Il rentre tard la nuit, ses compagnons sont blessés, mais quand Iphigénie pose des questions, les PJ lui mentent. Le Montaginois en profite pour lui poser des questions sur son père. La vieille nourrice lui raconte comment il prétendait rentrer tard ou s'absenter des nuits entières alors qu'à la vérité, il menait une vie de débauche et de dissimulation. Iphigénie lui raconte au passage que pour revenir dans les graces du roi, le père du Montaginois a une fois envoyé à Charrousse une pleine caisse de fioles remplies d'un drôle d'élixir...

Le Castillan et le Sarmatien décident de retourner à l'université pour poser des questions sur Esteban de Maloya, en particulier sur les livres qu'il lisait à l'époque. C'était bien un élève il y a 10 ans, mais le responsable de la bibliothèque de l'université est formel : il n'empruntait aucun livre, il avait une collection personnelle, qu'il serait prêt à racheter, si les PJ mettaient la main dessus. Les héros se rejoignent tous à l'ancienne adresse d'Esteban de Maloya : un appartement privé. En interrogeant la concierge, ils apprennent que c'était un élève discret, capable de passer des jours entiers enfermés entre 4 murs pour lire ses livres les volets clos. Puis soudaine, il organisait une fête folle qui durait 2 jours complets, avant de retomber dans un une phase d'isolement méditative.
L'actuel propriétaire des lieux est Maître Lavigne, un commissaire-priseur qui a eu la charge de vendre l'héritage de Maloya après la tragédie. Le Montaginois comprend que Maître Lavigne a vendu l'appartement à sa propre femme, ce qui est illégal, et fait donc pression sur le le commissaire-priseur pour savoir qui a racheté la fameuse collection de livres d'Esteban : c'est le sieur de Percout.

La nuit suivante, le Montaginois décide donc de surveiller le manoir de Percout pour tâter le terrain. Il est témoin de plusieurs scènes étranges :
- en soirée, un homme nu se promène dans le jardin à la montaginoise et semble humer l'air sans se soucier de sa nudité.
- 3 couples débarquent en carrosse au manoir, le visage des femmes vaguement caché par de large capeline de qualité. Et un peu plus tard, 3 autres couples sortent du manoir à leur tour. Ça donne l'impression d'avoir assisté à une relève...
- au petit matin, un homme utilise une porte dérobée pour faire sortir un cadavre, le déposer dans une brouette et le porter vers la rivière pour s'en débarrasser après avoir lesté le corps. Évidemment, le Montaginois attend que l'homme reparte pour aller sortir le corps de l'eau et l'observer : c'est un drapier de la cité qu'il connaît de vue. L'homme semble être mort d'épuisement (ses muscles sont tétanisés).

Le hic, c'est que depuis l'attaque du scélérat qui boite, les PJ craignent de tomber dans un traquenard. Donc quand le Montaginois ne réapparaît pas de la nuit, les 3 autres héros s'imaginent qu'il a été fait prisonnier et emmené au manoir Percout. Ils se lancent donc vers le manoir dans l'idée de le prendre d'assaut. Pendant ce temps, le Montaginois rentre chez lui, trouve la maison vide... et le corps inanimé d'Iphigénie, qui a été égorgée dans la cuisine. En panique, il file au manoir de Percout, mais en route, il tombe dans une embuscade : le mystérieux scélérat qui boite essaye de le coincer avec la complicité de quelques gardes corrompus. Le Montaginois échappe de peu à la tentative d'assassinat en se battant dans le marché. Ses camarades le rejoignent.

C'est maintenant sûr : il faut pénétrer dans le manoir de Percout. Mais la question est : comment ?

-----------------------

Il s'est quand même passé des choses, ce n'était pas une séance pour rien, mais j'ai bien senti que c'est l'incertitude de ce qui va se passer dans le manoir qui a poussé les PJ à renâcler. Ils ne peuvent pas tous se faufiler discrètement dedans, mais ils savent qu'isolés, ils sont à la merci de leurs adversaires. Attaquer frontalement serait suicidaire, mais au moins ils seraient ensemble. Le Highlander a un pouvoir qui lui permet de s'infiltrer où il veut en amenant un compagnon avec lui. On va voir comment ça tourne, cette histoire...
La mort d'Iphigénie était sensée être un moment poignant, je l'avais précédemment campée en matrone aimante... mais la découverte de son corps a été ponctué de rires, sans doute pour désarmer la tension. L'inaction des PJ a eu un prix, c'est là le principal.

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Re: [CR] 7e Mer - L'Éternel menteur

Message par Le moine errant » lun. oct. 15, 2018 11:00 am

Merci pour ces CR qui sont toujours aussi sympas et donnent envie de s'y mettre.
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Re: [CR] 7e Mer - L'Éternel menteur

Message par Cédric Ferrand » ven. oct. 19, 2018 3:18 pm

Or donc, les PJ rentrent au manoir de Bourbonnais pour pour faire le point, mais ils tombent sur des mousquetaires, à qui on a signalé la mort indigne d'Iphigénie. Le petit personnel de la maison a vraisemblablement dit aux mousquetaires que les PJ font des trucs pas très vaticinaux, donc ils posent des questions de plus en plus insistantes. Le Montaginois, de nature très colérique, s'indigne et en bon fils du bâtard du roi se met à hurler "Ma personne est sacrée ! La Montaigne, c'est moi !" : les mousquetaires ne peuvent que céder et partir. Mais avant de s'éclipser le Montaginois obtient un renseignement clé : le nom de l'employé de maison qui a fait les accusations les plus véhémentes à son encontre : il s'agit d'Éléonore, la blanchisseuse.


Le Highlander (qui ne parle pas le Montaginois) se met en furie et hurle la recette du haggis de sa grand-mère pendant que le Montaginois fait croire à la blanchisseuse que ce sont d’authentiques menaces de mort. La jeune femme craque : oui, elle connaît Boitillon, à qui elle raconte tout ce qui se passe au manoir.

Les PJ vont donc de nuit au manoir de Percout en espérant que Boitillon en sorte, mais le bougre semble sur la défensive et reste à l'intérieur. Nos héros pénètrent donc dans le garde-manger du bâtiment en passant par un soupirail. Ils progressent lentement et discrètement à l'intérieur surprennent deux vendeurs de nectar dans une pièce. Un peu plus loin, ils entendent le son d'un clavecin essayant de jouer une sinistre musique gothique. Ils déboulent dans la pièce les armes au poing et tombent... sur une orgie. Comme dans le tableau qu'ils ont trouvé dans la banque. Ça baise à tout va, des gens poudrés portant des perruques, un évêque, dans toutes les positions, toutes les combinaisons. Tout le monde est dans un état second, tout cela est finalement mécanique. Les PJ évoluent dans ce salon un peu interloqué. Surtout que contre un mur, une bouche de 2m de large (décrite comme les lèvres sexy de Mick Jagger, mais en plus monstrueuses) semble sortir d'une fente menant à une autre réalité. La bouche est dotée d'une longue langue qui participe aux ébats en cours dans la plus grande tradition du hanteï. Et de la bouche dégouline une salive infecte, qu'un employé récupère pour mettre dans des petits flacons : les PJ comprennent soudain l'origine du Nectar ! Rodolphe Percout , qu'ils soupçonnent être le chef du culte, est là, en robe de chambre, le zigouigoui à l'air, et ne réagit pas à la présence des PJ, trop occupé à honorer ses invités.

Les PJ passent à l'attaque contre la bouche. Isabeau de Mongier, le bras droit de Percout, apparaît alors à un balcon dominant le salon. Des hommes de main envahissent la pièce : c'est le moment de la grosse baston des familles. Isabeau de Mongier est défaite, les hommes de main sont repoussés, mais la bouche sait se défendre en crachant du Nectar et en usant de sa langue comme d'une arme. Le Castillan finit par tomber au combat (c'est Percout qui le plante avec sa canne-épée). La bouche préfère se retirer dans son monde d'origine et disparaît en faisant un drôle de bruit de succion. Le fente dans la réalité existe toujours mais semble se refermer progressivement. De colère, le Highlander et le Montaginois y précipitent Percout, qui disparaît, aspiré par cet ailleurs énigmatique.

Des gardes de la cité sont appelés à l'aide par des témoins, les PJ foncent dans le bureau particulier de Percout pour se saisir de tout ce qui peut être un indice, avant de fuir dans la nuit par une fenêtre...

------------------

Drôle de soirée. Les PJ avaient l'initiative, mais ne voulaient pas se commettre. Ils ont beaucoup tergiversé, mais ont fini par aller au charbon. Mais là encore, une fois la confrontation avec la de Mongier et Percout terminée, ils étaient perdu : ils ont passé la séance précédente à se préoccuper des livres d'Esteban de Maloya et ont appris qu'ils étaient chez Percout, mais une fois dans le manoir, ils se sont complètement désintéressés des fameux bouquins. Pire, en balançant Percout dans un portail, ils se sont privés d'une source précieuse de renseignements. J'ai fini par filer un point de Vilenie au Highlander et au Montaginois car je considère que ce qu'ils ont fait à l'hédoniste en chef était gratuit et malsain, pour des Héros. Ils ont fait leur jet de d10 pour voir s'ils perdaient leur perso pour de bon, j'étais prêt à aller au bout des conséquences si l'un d'eux faisait un 1 sur son jet.

Bref, ils ont été trop prudents, donc j'étais impatient, du coup ils ont agi de travers et oublié ce qui les motivait. J'ai mal géré la frustration générale. C'est pas dramatique, mais il faut que je fasse gaffe à cet aspect des choses. C'est le problème avec les scénarios aussi scripté : j'ai tendance à me crisper sur mon histoire pré-écrite en voulant placer mes scènes au lieu  de réagir de manière plus fluide.  Le hasard du calendrier font qu'on a une pause de 2 semaines, on aura tous eu le temps de digérer ça quand on reprendra en novembre.
Dernière modification par Cédric Ferrand le ven. oct. 19, 2018 3:31 pm, modifié 1 fois.

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Re: [CR] 7e Mer - L'Éternel menteur

Message par nonolimitus » ven. oct. 19, 2018 3:25 pm

"Le hasard du calendrier font qu'on a une pause de 2 semaines, on aura tous eu le temps de digérer ça quand on reprendra en novembre."

Tu veux dire qu'on sera 2 semaines sans CR !!!

Naaaaaaaaaaaaaaaannnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnn !!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!
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Le moine errant
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Re: [CR] 7e Mer - L'Éternel menteur

Message par Le moine errant » ven. oct. 19, 2018 4:21 pm

Jean-Luc Mélenchon dans Eyes Wide Shut !!! C’est totalement non-euclidien cette vision d’horreur !
Plus sérieusement, c’est toujours aussi bon à suivre. Les pauses devraient être interdites.
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Orion
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Re: [CR] 7e Mer - L'Éternel menteur

Message par Orion » ven. oct. 19, 2018 4:29 pm

Cédric Ferrand a écrit :
ven. oct. 19, 2018 3:18 pm
[... mais la bouche sait se défendre en crachant du Nectar et en usant de sa langue comme d'une arme.
Du coup comment as-tu géré techniquement cet aspect  ? Comme un Sbire, un Scélérat ?
Le crachat de Nectar avait quel effet ? Hallucinations, dés de malus...
Merci d'avance.

Sinon, j'ai beaucoup aimer le collage à l'actualité. :D
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Cédric Ferrand
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Re: [CR] 7e Mer - L'Éternel menteur

Message par Cédric Ferrand » ven. oct. 19, 2018 4:53 pm

Orion a écrit :
ven. oct. 19, 2018 4:29 pm
Du coup comment as-tu géré techniquement cet aspect  ? Comme un Sbire, un Scélérat ?

Alors, la bouche avait l'aspect Peur a 3 et se battait un peu de manière bâtarde.
J'ai refusé que les duellistes utilisent leurs techniques dessus car ce n'est pas un combat très formel.
Du coup elle balançait ses 10 dés et avait 20 PdV comme un PJ.
Le Castillan a même pu esquiver un crachat de Nectar, ce qui lui a été salutaire, car sinon il aurait pu devenir accro.

Orion a écrit :
ven. oct. 19, 2018 4:29 pm
Le crachat de Nectar avait quel effet ? Hallucinations, dés de malus...

L'attaque n'ayant pas porté, je ne me suis pas posé la question.
J'aurais sans doute fait en sorte que le PJ se joigne à l'orgie (ce qui dans le cas du Castillan aurait été top, puisque c'est un prêtre).

Comme le Montaginois a déjà goûté le Nectar mais qu'il est immunisé aux poisons, j'ai mis en scène un effet hypnotique qui l'a forcé à se rapprocher de la bouche lors d'un round.

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Re: [CR] 7e Mer - L'Éternel menteur

Message par Orion » ven. oct. 19, 2018 5:01 pm

Super merci.
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Re: [CR] 7e Mer - L'Éternel menteur

Message par Sakagnôle » ven. oct. 19, 2018 5:48 pm

Cédric Ferrand a écrit :
ven. oct. 19, 2018 3:18 pm
la plus grande tradition du hanteï

C'est un crossover avec L5R  :charmeur  ?

Sinon c'est très plaisant au point que je me replonge dedans et que je pense avoir une solution simple pour gérer les Duellistes... merci à toi et @Ego'  pour m'avoir poussé dans mes retranchements !

Bonne pause et vivement la suite !

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