[CR] Les masques de Nyarl

Critiques de Jeu, Comptes rendus et retour d'expérience
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[CR] Les masques de Nyarl

Message par Grumbledook » mar. févr. 05, 2019 1:30 pm

Bonjour à tous,

Je créée un forum, pour, comme son nom l'indique, stocker les CR de la campagne des Masques de Nyarlathotep que je masterise.
Quelques mots de présentation:

Le groupe:
En plus du gardien des arcanes (votre serviteur), 3 joueurs expérimentés voire très expérimentés, et une joueuse à peu près débutante (mais motivée!). De mon coté j'ai une longue expérience de joueur mais je suis un Gardien débutant - en fait j'ai repris le flambeau quand on a tous compris que notre Gardien en titre n'avait pas le temps ou l'énergie de tenir le truc ; il a donc basculé du coté des joueurs avant le lancement de la campagne

Les persos, par ordre alphabétique:

- Fergus McDunn, le Truand: ancien boxeur reconverti comme coach, a trainé ses guêtres un peu partout, et notamment du coté de la pègre - très utile pour le groupe grâce à ses contacts dans différents milieux, et aussi parce que c'est le seul à savoir se battre à peu près correctement... Ecossais d'origine, habite NY. Extrêmement méfiant de nature.

- Ian Mcallan, le Binoclard: autre écossais (les hasards de la création de perso séparée), bibliothécaire à Arkham; l'érudit de la bande. Très curieux de nature, porté sur l'occulte (c'est aussi lui qui s'y colle pour les rituels et les choses comme ça). Une histoire personnelle qui l'a mis en contact (lointain) avec quelques profonds, cherche à en savoir plus. En revanche, ni courageux ni téméraire. Beaucoup de difficultés aussi avec la gent féminine..

- Stanley Pritchard, le Survivant: ancien du Bureau of Investigation, reconverti en privé. Beaucoup de compétences scientifiques et très bon enquêteur, a moins misé sur le combat. D'habitude assez prudent, surtout depuis son premier scénar (qui lui a valu son surnom)

- Esther Goldenberg, la Rousse flamboyante: journaliste new yorkaise free - lance. Féministe notoire, toujours à la pointe de la mode, le type même de la "flapper girl" des années 20. Beaucoup de contacts dans la bonne société, des talents d'investigation mais pas grand chose en cas de combat - sans parler de son début de paranoïa.

Bref un groupe sympathique mais pas super équilibré, avec de grosses lacunes en combat (ils s'en sont aperçus et ils y travaillent...), et surtout un peu trop de paranoïaques; on fait avec.

La façon de jouer
- on joue en physique; une grosse séance une fois par mois, ce qui fait qu'on ne va pas très vite.
- on utilise surtout les règles de la v2, en ajoutant des morceaux de v6 et en réglant pas mal de trucs a la mano. Je n'aime pas les règles compliquées et les joueurs ne sont pas très à cheval la-dessus, du coup on fait simple.
- faible mortalité jusqu'ici, passé le premier scénar qui a tourné à la boucherie (c'était un one shot, et je voulais aussi peut être marquer le coup...). Les joueurs se sont pas mal investis dans leur persos, et personne n'a envie d'en recréer 2 par séance. Mais je ne voudrais pas non plus tomber dans l’excès inverse
- le style de jeu est "investigation occulte". je n'aime pas le pulp trop prononcé, mais j'essaie de varier les ambiances d'une partie sur l'autre, entre le légèrement pulp et l'horreur, en essayant de rendre le truc le plus immersif possible



 

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Re: [CR] Les masques de Nyarl

Message par Dox » mar. févr. 05, 2019 1:33 pm

Sympa ! Tu maîtrises quelle version des Masques ?
Le JDR : le poids des mots, le choc des dés ! :bierre:

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Re: [CR] Les masques de Nyarl

Message par Grumbledook » mer. févr. 06, 2019 10:33 am

Sans Détour. Le Gardien-devenu-joueur avait le coffret, et à peu près tous les suppléments de la gamme SD

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Re: [CR] Les masques de Nyarl

Message par Antharius » jeu. févr. 07, 2019 7:37 pm

Bon courage pour la suite ^^

Je vais suivre ta façon de faire jouer cette campagne canonique avec plaisir.

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Re: [CR] Les masques de Nyarl

Message par Grumbledook » ven. févr. 08, 2019 2:47 pm

Un deuxième post pour lister les scénars d'intro/pré-Masques
 
The Call of Duty - mai 1921
PJs:
- Tommy Woodworth: mort - une balle de fusil de chasse dans la tête
- Julia Wilson: morte - asphyxiée sur une planète étrange
- Harry Callahan: mort - asphyxié sur une planète étrange
- Stanley Prichard, dit le Survivant
Une équipe du Bureau of Investigation est envoyée dans un petit village du Maine pour enquêter sur un trafic d'alcool, organisé par des cultistes de Yog-Sothoth grâce à un portail dimensionnel. Scénar très sympa de type sandbox, avec un passage obligé chez des trappeurs consanguins de Colombie-britannique via le fameux portail - je me suis même permis une petite boucle temporelle avec les PJs qui se croisent eux-même au retour. En revanche grosse hécatombe, les joueurs ayant voulu poursuivre un peu trop loin le boss de fin de niveau (avatar de Nyarlathotep à ses heures perdues, mais chut).

In the Shadow of Death - juillet 1923
PJs: Esther Goldenberg, Fergus McDunn, Ian McAllan, Jackson Elias (interprété par un des joueurs)
Un vieil ami parti s'installer dans le sud profond dans la plantation dont il a hérité appelle les PJs à l'aide: il y'a quelque chose de pourri au royaume de Louisiane . Huis clos dans le bayou sur fonds de malédiction familiale - une alliance avec un Grand Ancien mineur qui a mal tourné, résultat tous les ancêtres sont toujours là, et pas du genre commode.

Yacht, Rafiots et Liqueurs d'algues - mai-juin 1924
PJs: PJs: Esther Goldenberg, Fergus McDunn, Ian McAllan, Stanley Prichard
Mini-campagne en 3 scénarios: une croisière/murder party à bord d'un yacht (un peu façon Agatha Christie), suivi par une tempête et un naufrage qui amène les PJS à bord d'un rafiot où sévit le Dévoreur (ambiance Alien fait du bateau). Une fois revenu à terre, les PJs suivent la trace d'une mystérieuse liqueur d'algues jusque dans un village farci de profonds (ambiance lovecraftienne plus classique, façon Cauchemar à  Innsmouth). Très sympa

Conclusion: en fait c'était sans doute pas la peine de faire une intro aussi longue, mais ça leur a fait voir du pays et permis d'accumuler une collection de PNJs alliés (ou pas) utile pour la suite - à commencer par ce pauvre Jackson...

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Re: [CR] Les masques de Nyarl

Message par Grumbledook » ven. févr. 08, 2019 2:49 pm

Antharius a écrit :
jeu. févr. 07, 2019 7:37 pm
Bon courage pour la suite ^^

Merci!
C'est vrai qu'il faut un peu de courage; c'est quand même un (très) gros morceau!

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Re: [CR] Les masques de Nyarl

Message par Grumbledook » ven. févr. 08, 2019 3:24 pm

Et maintenant les CR eux-mêmes. Ils sont écrits par un des joueurs qui aime bien faire ça et qui le fait plutôt bien, comme ça tout le monde y gagne.

New-York, première partie - lever de rideau

 "Enfin un peu de temps pour mettre à jour ce journal. À nouveau, le danger s’est précipité sur moi comme les balles anglaises sur les highlanders à Culloden, c’est à peine si j’ai eu le temps de terminer « L’origine des espèces » depuis le début de cette aventure. 
Ah, Jackson. Jackson Elias. Adieu, camarade par qui arrivait l’aventure, enquêteur, écrivain et globe-trotter qui dénichait scoops et affaires étranges. La dernière fut celle de trop.
Jackson avait trouvé des informations « incroyables! » sur l’affaire Carlyle, et voulait nous rencontrer à New York. Nous c’est à dire : le robuste Fergus, dont j’ignore toujours le métier réel, et qui se pique maintenant de littérature ; le perspicace Stanley, qui a quitté le FBI pour se mettre à son compte ; et la flamboyante Esther, journaliste au remarquable entregent.
Pendant que la flamboyante feuilletait les magasines de mode, j’ai mené quelques investigations à la bibliothèque. L’affaire Carlyle, c’est cette expédition égyptologique menée en 1919 par Roger Carlyle, le fameux financier-dandy, associé à la fondation Penhew pour l’occasion. Disparus lors d’un mystérieux safari dans la vallée du grand Rift, on apprit plus tard qu’ils avaient été massacrés par la tribu des Nandi, bien que les corps des participants blancs de l’expédition n’aient pas été retrouvés dans le charnier. Certains spéculent qu’ils cherchaient les Mines du Roi Salomon, et que le séjour égyptien n’était qu’un prétexte. La sœur de Roger Carlyle, venue en Afrique à sa recherche, est repartie les mains vides, pendant que la justice locale jugeait et exécutait prestement les supposés coupables.
J’ai partagé ces faits avec mes compagnons, et nous sommes préparés à ébouriffantes révélations. Hélas, trois fois hélas, un drame s’est produit : Jackson, agité et inquiet, a changé de plan en dernière minute pour nous donner rendez-vous à son hôtel, mais à notre arrivée il était déjà éventré et scarifié sur son lit, tandis que d’affreux inconnus (un blanc et deux noirs) nous attaquaient — j’ai failli me faire égorger, et la cicatrice me cause encore une atroce douleur. J’en garde comme un tremblement dans tous les membres. Heureusement, mes intrépides amis ont estourbi ou mis en fuite les assassins.
Ces tueurs, nous apprit la police, étaient liés à une série de morts toutes aussi atroces les unes que les autres. 9 meurtres au total, en comptant notre pauvre Jackson, tous dans New York et ses environs, commis sur des personnes de toutes races et extractions. Comprenant à demi-mots que le « coupable » désigné au début de l’affaire n’était qu’un bouc émissaire, nous avons cherché à en savoir plus. 
Nous nous sommes donc divisé la tâche, Fergus et Stan écumant les bas-fonds en connaisseurs, pendant qu’Esther et moi allions nous enivrer de savoir dans les temples ethérés de la Connaissance (ça, on en a lu, des bouquins). Nous avons appris bien des choses :
Une carte de visite trouvée dans la chambre de Jackson (trois fois hélas ! Ô destin funeste !) nous amenés à une société d’import-export des quais, où notre défunt ami s’était enquis des trafics entre le Kenya et une boutique de Harlem spécialisée dans l’art Africain, le Djoudjou (qui signifie « pouvoir » dans une de ces langues hideuses) ou un truc comme ça. Le nom imprononçable griffonné sur la carte, Silas N’kwame, est celui du propriétaire de cette boutique, un inquiétant vieillard.
Le condamné, un vétéran de la Grande Guerre en Europe qui attendait son tour dans le couloir de la mort à Sing Sing, avait eu maille à partir avec une sorte de mafia kenyane, aux débuts des meurtres sacrificatoires. Il nous a recommandé quelques amis à lui, le genre sur qui compter en cas de coup dur. Mes compagnons lui ont promis, peut être un peu à la légère, de tout faire pour l’innocenter. Apparemment, les kenyans qui tournent autour de la boutique sont redoutables : le premier mort était un des amis dockers du condamné, qui aurait eu des mots – et plus – avec un de ces colosses africains.
Un courrier de la bibliothécaire de Harvard, trouvé dans la chambre du mort, nous a orientés vers un livre sur les cultes secrets africains. Il avait disparu avant que Jackson ne puisse le lire, mais nous en avons trouvé un autre exemplaire à new-York (je suis sûr que celui d’Arkham est mieux conservé). Quelque part avant, nous avions trouvé mention de la Langue Sanglante, et le livre la décrivait comme une secte très ancienne, venue d’Egypte et réfugiée dans les profondeurs du continent noir où elle a pris une place à part au sein les cultes de mort : ses membres semblent les plus violents et mystérieux de tous, ce qui n’est pas peu dire.
Ce bon Jonah Kensington – la peste soit des éditeurs ! notre récit méritait mieux qu’un refus aussi désagréable – a fini par nous fournir les notes et les carnets de Jackson. Ce dernier avait mené ses recherches sur plusieurs continents, et prétendait avoir rencontré l’un des membres blancs de l’expédition, vivant, à Hong-Kong. Après un passage à Londres (siège de la Penhew Foundation – pas une coïncidence selon moi !) son esprit commença à basculer dans l’obsession et la folie. Il nous laissait une lettre posthume où il nous passait le flambeau et exprimait l’urgence d’agir avant que des choses terribles ne se produisent. Démence, ou prescience fatale ?
Tous les signes pointaient vers la mystérieuse boutique d’art, où nous avons fait une première visite de reconnaissance. Nous n’y avons rien vu de spécial, et pour passer le temps Esther a exprimé – avec son intrépidité de toujours – le désir d’acheter un Pangra, le couteau caractéristique des assassins de Jackson. Le propriétaire lui a dit de repasser plus tard, le temps d’en commander un ; mais nous n’attendrons pas que la boutique ouvre. Stan a repris contact avec une connaissance rencontrée lors d’une funeste croisière, qui saura nous ouvrir cette porte dans le coeur glacé de la nuit. Il ne reste plus qu’à passer à l’action. Si nous ne trouvons rien, la fondation Penhew sera sans doute la suivante sur la liste.
Sur une de mes idées brillantes, nous avons essayé de contacter Erica Carlyle, la sœur du disparu, pour en savoir plus. Mais on n’approche pas aussi facilement une personnalité de cette classe sociale, et Esther a eu l’idée d’un stratagème pour la rencontrer, qui suppose de se déguiser en serveurs pour participer à un gala de charité qui aura lieu, je crois, samedi prochain. Je pensais qu’il suffirait à une journaliste chevronnée comme elle de se présenter avec sa carte de presse, mais apparemment on n’y entre que sur invitation et les listes d’invités sont vérifiées. Même si on n’y trouve rien, voilà une plaisante distraction dans cette affaire morbide, et ça nous changera de Harlem et des quais. Et puis… Je me demande à quel point la sœur pourrait être de mèche avec son frère.
Tous ces sacrifices humains ne sont pas sans m’évoquer mes cauchemars précolombiens, mais pour l’instant je peine à établir le lien. Il existe, c’est sûr, il doit sûrement se trouver quelque part sous mes yeux… L’Afrique noire, les Mayas, où est la corrélation ?"

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Re: [CR] Les masques de Nyarl

Message par Grumbledook » ven. févr. 08, 2019 3:32 pm

New-York, deuxième partie - journal de Ian Macallan

New York, 22 Janvier 1925
Il y a quelque chose de pourri dans cette histoire, et je commence à comprendre pourquoi ce pauvre Jackson Elias a perdu la raison. À moins qu’il n’ait été le plus lucide d’entre nous.
Tant de choses sont arrivées le soir fatidique où nous nous sommes introduits dans cette boutique infernale… Je n’ai pas, heureusement, été à nouveau blessé dans ma chair, mais mon esprit a été mis à rude épreuve. Si seulement je pouvais empêcher mes mains de trembler.
Esther, récemment indisposée, avait réussi à nous arranger une invitation pour une soirée de bienfaisance chez Erica Carlyle à la fin de la semaine. J’espère qu’il ne lui est rien arrivé de grave ; en attendant, l’action nous appelait.
Nous avons retrouvé Louise, notre associée cambrioleuse, dans un rade sordide où Stan a ses habitudes. Pour achever de la mettre à l’aise, nous avions aussi donné rendez-vous à trois gros bras de Harlem avec qui Fergus et Stan s’étaient acoquinés. Nous leur avons expliqué notre plan, c’est à dire que nous avons partagé avec eux toutes nos lacunes : pas de surveillance des lieux pour connaitre les habitudes de notre cible, aucune idée sur le mode opératoire, sur qui entre et qui reste dehors… Nous faisons de piètres malfaiteurs en vérité.
Avec la ruse du renard, nous avons laissé nos trois costauds battre la semelle dans la neige pendant que Louise nous ouvrait la porte du Djoudjou. Si seulement nous avions su ce que nous allions y trouver… La boutique elle-même était bien inquiétante dans la lumière de nos lampes, mais finalement nous n’y avons pas trouvé grand chose à part des livres de comptes incriminant l’officier de police censé surveiller le quartier (voilà qui aurait pu arranger le cas de notre condamné de Sing-Sing, tiens) — le patron lui verse régulièrement de l’argent. Il y avait aussi un bout de papier où N’kwane prévoyait pour Esther et moi un passage aux mains de l’immonde Mukunga. Visiblement, nous n’avions pas fait illusion lors de la visite où nous avions joué les collectionneurs.
Stan a fini par trouver une trappe ; comme un seul homme, nous nous y sommes précipités, Stan, Fergus, Louise et moi. Idiots que nous étions. Au sous-sol, nous avons trouvé les restes de cérémonies barbares, marqués du même signe de la secte de la langue sanglante que l’on avait tatoué sur Jackson (Ah, Elias, pauvre de toi !). Liens, traces de sang, et aussi les photos d’Esther et moi ; sommes-nous les prochains attendus dans ce lieu d’atrocités sans nom ? J’en frissonne encore…
Sur un trône barbare, un personnage mystérieux devait présider aux tortures ; nous avons raflé quelques objets, nos photos, un exemplaire plus complet du livre sur les sectes africaines (celui d’Harvard, qui avait disparu !), et surtout les griffes d’une créature préhistorique, encore marquées du sang de hideuses cérémonies. Dans un coin, sous une trappe bloquée par de puissantes barres de métal, s’agitait quelque chose
Il y avait aussi ce que nous avons pris pour des cadavres. Quand Fergus, saisi d’une curiosité malsaine, a tripoté l’un d’entre eux, nous avons réalisé - horreur ! - qu’il n’était pas mort malgré son état de décomposition. Il nous a rappelé les abominations que nous avions affrontées dans le caveau de cette famille maudite, en Louisiane… Et d’ailleurs il fallu se battre. Le mort-vivant semblait peu affecté par nos balles, sauf quand elles touchaient une articulation. Nous nous en sommes sortis sans l’avoir tué, juste cloué au sol, mais Fergus a été salement touché d’un coup de griffes. Pendant ce temps, Louise était remontée dans la boutique, et elle avait trouvé dans un double fond une impressionnante collection de leurs poignards sacrificiels, les « prangas », dont nous avons prélevé un exemplaire. Nous sommes partis en refermant derrière nous ; dehors, nos renforts inutiles piétinaient toujours, agacés d’avoir raté toute l’action. J’aurais volontiers échangé ma place contre la leur. Quant à Louise, elle faisait moins la fière, pas sûr qu’on la revoie tout de suite.
Nous avons fait soigner Fergus aux urgences et sommes rentrés. Entre temps, quelques enquêtes à la bibliothèque m’en ont appris plus sur sir Aubrey Penhew, qui s’est spécialisé dans l’Egypte de la période intermédiaire. Coïncidence ? Les premières traces de la secte de la Langue Sanglante sont apparues à la même époque…
J’ai commencé à potasser les chapitres supplémentaires du livre trouvé dans le souterrain de la maudite boutique. Et puis, j’ai commencé à faire ces rêves. « Nul ne regarde impunément », me disent-ils tous, de leurs yeux morts, de leurs bouches dentues et squameuses… Regarde quoi ? 
Il y a quelque chose dont je n’arrive pas à me souvenir. Quelque chose d’important, qui devrait peut-être rester oublié.
 
24 Janvier 1925
Quelle soirée ! Quelle horreur. Je me réveille au petit matin, hanté de cauchemars et par les souvenirs des événements d’hier soir. Je ne sais lesquels sont les plus atroces.
La résidence d’Erica était protégée par de nombreux gardes lourdement armés ; de récentes tentatives de cambriolages, nous a -t-on dit. Mais nos invitations ont fait merveille, et nous avons pu accéder à ce rendez-vous de la beauté et de la fortune. Nous avions belle allure avec nos pansements !
Je ne m’y sentais pas très à l’aise, mais Stan, plus mondain, a rapidement lié conversation avec la capiteuse Victoria Post, amie proche d’Erica Carlyle, devant l’œuvre obscène d’un artiste européen dégénéré. Pendant ce temps, l’adversité se déchaînait : j’affrontais vaillamment un cuistre amateur de Rachmaninov, et Fergus et moi étions témoin du manège étrange de certains extras qui s’intéressaient de très près à la bibliothèque. Et j’allais oublier, un serveur nous a glissé une note manuscrite : « Rentrez chez vous si vous tené à la vie »… Champagne et menaces de mort ; la routine.
La nouvelle amie de Stan nous a présentés à Erica, resplendissante mais glaciale. Notre première discussion n’a pas été très convaincante, mais Victoria nous a obligeamment aiguillés, et nous avons lâché la nouvelle : d’après Jackson Elias, ils sont tous vivants ! (Tous les blancs de l’expedition, pour être exact). John Cooper, l’administrateur des entreprises Carlyle, a souhaité alors nous parler dans son bureau ; la survie de Roger Carlyle lui posait un problème - la sœur semble bien plus populaire côté business. Il s’intéressait beaucoup aux documents qui pourraient prouver notre assertion, et j’ai prétendu que les notes de Jackson (Ô Jackson ! Perte inestimable ! Tu étais comme un frère trop tôt disparu) avaient été volées, pour éviter qu’il ne nous les réclame. Erica est alors arrivée ; elle n’avait rien à nous apprendre, semblait se contenter de la certitude de la mort de son frère. J’ai réalisé que mes soupçons sur elle étaient infondés. Par contre elle était prête à financer notre enquête, sous condition que tout ce que nous apprenons soit partagé avec elle seule en premier lieu. Nous avons peut-être passé un pacte avec le diable : comment ferons nous quand le moment sera venu de faire éclater la vérité, ou de publier un livre à succès ?
La soirée tirait à sa fin, et nous avons pris congé. Au passage j’ai noté que le majordome qui avait crié sur les extras se sentait mal. Heureusement que nous avions signalé leur manège à Bradley, le garde du corps d’Erica – quel privilège de garder un tel corps ! Mais je m’égare. 
Sur le chemin du retour, en passant par la forêt, une créature que je crois surgie de l’Hudson nous a attaqués, et a lacéré de ses griffes terrifiantes la carrosserie de la Ford T de location et nos tuxedos du même métal. J’anticipe quelques frais pour madame Carlyle. Elle (la créature (l’inhumaine, pas Erica – bref)) a fini par reculer sous nos balles, et a replongé dans l’Hudson. Un animal mystérieux et répugnant, qui m’a évoqué un ptéranodon en état de décomposition ; peut-être est-ce la chose qui réside sous la trappe barrée d’acier, dans la sinistre cave du Djoudjou.
Nous sommes rentrés en stop, et je me suis endormi aux petites heure de la nuit. Hélas, les cauchemars sont revenus, plus pénibles et angoissants qu’auparavant. Mais cette fois, au réveil je savais où j’avais déjà rencontré leurs propos absurdes. « Nul ne regarde impunément… »
J’ai retrouvé dans mes affaires le carnet de Jacquard, le marin dément que nous avions affronté lors de la croisière dramatique de l’an dernier : cachés dans des pages de galimatias et de délires d’un fou, les mots étaient là, comme s’ils m’attendaient.
NUL NE REGARDE IMPUNÉMENT SOUS LES MASQUES DE NYARLATOTHEP !
Aucun homme, aucune abomination squameuse, ni même celui qui rêve et sommeille sous la mer. (Je paraphrase.)
Je crains que nous n’affrontions un ennemi bien plus redoutable qu’un simple culte de la mort… Pour notre survie, et pour faire enfin avancer cette enquête, il est temps de quitter New-York.

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Re: [CR] Les masques de Nyarl

Message par Grumbledook » mar. mars 05, 2019 2:23 pm

New-York, troisième partie - journal de Ian Macallan

 1er Février 1925
Quel chaos, quelle violence ! Mais pour le moment nous avons résolu nos problèmes les plus pressants, et je peux à nouveau m’endormir sans trembler.
 
Après la soirée chez Carlyle et surtout son after, nous avons eu besoin de temps pour récupérer. Fergus avait été salement touché, et j’espérais un répit dans mes rêves morbides des nuits précédentes. En réalité, nous n’en étions qu’au début.
 
Esther nous a rejoints, rétablie de son malaise, mais elle aussi poursuivie par des cauchemars atroces. Les miens avaient repris de plus belle. En plus de cela, nous savions que nos ennemis nous cherchaient ; à tout moment une nouvelle attaque pouvait nous mettre en danger de mort.
 
Nos recherches ont porté de maigres fruits. J’ai reçu des informations complémentaires sur Edward Gavigan, actuel directeur de la fondation Penhew : il a publié brièvement sur une période de l’Antiquité égyptienne qui nous intéresse. L´inspecteur de police que nous avions rencontré après le meurtre de Jackson Elias (Oh, Jackson, mort trop tôt dans la fleur de l’âge !) nous a recontactés pour en savoir plus au sujet de la voiture de location que nous avions abandonnée en forêt, trouée comme une passoire et déchirée par les griffes de la créature volante. Stan a préféré ne pas lui en dire plus, mais je me demande si on pourrait le sonder ; peut-être a-t-il connaissance d’autres événements anormaux ou occultes survenus ces dernières années ?
 
Suivant les notes de Jackson, nous avons remonté la piste psychanalytique : le dossier de Roger Carlyle chez Robert Hudson. Quelques séances insoutenables chez la remplaçante du psy disparu (quelle horrible femme, toujours à me parler de sexe!) ne nous ont guère avancé. Mais en passant par Victoria Post et Erica Carlyle, nous avons pu enfin accéder au dossier. Il en ressort deux choses :
- Carlyle était sujet à des rêves tout aussi envahissants que les miens, mais plutôt exaltants, le promettant à un grand destin. 
- Une femme mystérieuse avait acquis de l’emprise sur lui. Il l’appelait M’Weru, Anastasia, ma Prêtresse... Hudson la voyait comme une rivale. Il semblerait d’ailleurs que le psy lui-même avait des projets pour Roger Carlyle. 
 
Plus j’en apprends, plus cette histoire ressemble à un nid de serpents. Nous ne savons rien de cette femme, et je soupçonne qu’elle sera notre ennemie la plus redoutable.
 
En étudiant les passages supplémentaires du livre sur les Sectes Secrètes d’Afrique trouvé dans les sous-sols du Djoudjou, j’ai découvert les instructions pour réaliser des [raturé] sortes d’envoûtements, malheureusement trop familiers:
« Envahir les rêves », pour envoyer à la victime des suggestions pendant son sommeil. Il n’y a aucun doute que cette technique, ou cette magie (que croire ? Tout devient étrange, même les livres autrefois familiers deviennent un territoire inconnu et menaçant) est utilisée contre Esther et moi, et qu’il a aussi été employé — différemment — pour manipuler Roger Carlyle. Pour le réaliser, le sorcier doit faire usage de son propre sang et d’un bol étrange pour se rendre dans un lieu lointain, métaphore occulte ou pays de fous : le royaume de Mandeb. Le contresort exige que la victime s’y rende pour affronter le sorcier, au besoin avec l’aide de compagnons. 
L’autre sort est censé ranimer un mort. De préférence quelqu’un que l’on a tué soi-même ! Quelle bonne blague, j’en ris encore... Nous en avons déjà rencontré plusieurs fois les résultats, en Louisiane et dans la cave du Djoudjou. J’aurais dû m’intéresser au contresort, mais les cauchemars de plus en plus éprouvants faisaient vaciller ma raison. Telle sera donc mon excuse pour ne pas y avoir pensé.
 
Poussés par les bons conseils de notre éditeur et l’envie d’en découdre, nous avons décidé d’affronter les menaces matérielles et spirituelles qui nous encerclaient, et par la même occasion de venger Elias (repose en paix, vieux compagnon !). De toute manière, un affrontement plus ou moins magique dans le Royaume de Mandeb n’allait pas faire disparaître les monstres bien matériels qui nous poursuivaient. Nous étions résolus à écraser une fois pour toutes ce noeud de vipères, à vider l’abcès, à en finir avec ces nè[illisible]. 
 
Stan a contacté les gars de la mafia des docks, qui avaient justement une dent contre les Kenyans, en vue monter une expédition punitive dans la cave du Djoudjou un soir de cérémonie. De notre côté, nous avons rassemblé les vétérans de Harlem pour nous prêter main forte. Après avoir échafaudé toutes sortes de plans, nous sommes descendus directement à la cave, Fergus avec un fusil de sniper tiré d’on ne sait où, nous avec de gros calibres. Là, trois choses inattendues ont fait la différence. 
 
D’abord, j’ai admiré l’efficacité des vétérans de la Grande Guerre, équipés de grenades et d’armes automatiques – ils ont fait un vrai carnage dans ce lieu clos.
 
Ensuite, alors que nous avions renoncé à les voir arriver, les gars du syndicat ont attaqué par les soupiraux ; leur copieux mitraillage a bien parachevé la besogne.
 
Mais le moment clef de la bataille fut l’œuvre du brave Ian Macallan. Oui, parfaitement, c’est le bibliothécaire à lunettes, le gars timide venu de sa province, le petit puceau effarouché qui a sauvé la situation. De mon 9mm, je cherchais l’ignoble Mukunga, qui avait surgi en tenue de cérémonie pour sacrifier deux malheureux, et s’était mis à psalmodier de manière menaçante à notre encontre. Soudain l’un des cadavres animés qui bloquaient la vue s’est écarté, me laissant un intervalle pour tirer. L’œil, la main et la balle n’ont fait qu’un, et j’ai logé un pruneau entre les yeux de ce [raturé] de [raturé] de fils de pute.
 
[long paragraphe raturé
 
Où en étais-je ?
 
Les condés arrivaient, on a dû trisser, laissant derrière nous une scène de massacre ; il y a eu des coups de feu mais je crois que personne ne nous a reconnus. Encore une voiture de location trouée par balle, celle-là on l’a faite réparer chez un gars qui ne pose pas de questions.
 
La nuit qui a suivi, nos cauchemars se sont enfin arrêtés. C’est donc une victoire, mais la vision du charnier ne me quittera pas de sitôt. Me voici devenu un tueur, un as du revolver au sang de reptile, un [illisible]. Je ne devrais sans doute pas écrire toutes ces choses. Mais bon, on s’en fout.
 
Désormais, je suppose qu’il n’y a plus qu’à prendre le bateau vers le vieux continent. S’éloigner de New-York nous fera du bien.
 
Je me demande encore ce qu’était cette chose sous la trappe, corps monstrueux portant des faces humaines, qui semblait si affamée. J’ai vu trop de [raturé] choses qu’on ne devrait jamais voir. Mes mains tremblent moins et je me remets doucement de ma blessure au cou, mais mon esprit a souffert. Dans le feu de l’action, j’ai parfois l’impression de me voir agir de l’extérieur, comme si j’étais devenu étranger à moi-même.
 
Les autres aussi sont affectés par les événements, même si tous essayent de faire bonne figure. Si jamais nous sortons vivants de cette affaire, nous ne serons plus jamais les mêmes.

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Grumbledook
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Re: [CR] Les masques de Nyarl

Message par Grumbledook » ven. avr. 19, 2019 10:36 pm

On avance pas vite, mais on avance: voici le CR de Londres 1ère partie:
nb: non, je n'ai pas changé les noms des pnjs ("Lasheia" pour "Yalesha"), mais soit j'ai un pb de prononciation, soit c'est mes joueurs qui ont des problèmes d'audition...
 
Journal de Ian Macallan
Vendredi 13 février 1925. 
 
Une date funeste, mais pour le moment je touche du bois. Le sentiment de menace omniprésente qui nous environnait s’est levé ; les rêves déments se sont arrêtés, au grand soulagement de la flamboyante Esther et moi-même. Malgré les dernières atrocités, je me sens désormais plus serein, comme si le feu et le sang avaient purgé provisoirement l’infection qui envahissait mon âme.
 
Nous avons fait quelques préparatifs avant de partir à Londres. J’ai contacté John Cooper, le fondé de pouvoir de madame Carlyle, pour en savoir plus sur les livres qui se trouvaient dans le coffre et dont parlait Jackson Elias (pauvre de lui!) dans son journal. Finalement c’est Stan qui m’a montré comment procéder avec ce genre de rond de cuir. Il s’avère que le coffre en question se trouvait dans la bibliothèque ; comme on pouvait le craindre, les livres n’y sont plus, sûrement depuis la fameuse soirée où des extras suspects tournaient autour. Il y avait notamment « Morceaux Choisis du livre d’Yvon », dans une traduction de Caspar du Nord, un sorcier du 13e siècle, et d’autres livres aux noms bizarres, dont je n’avais jamais entendu parler.
 
Par chance (ou bien pour des raisons moins avouables), Erica Carlyle avait sorti un des livres du coffre au moment du cambriolage. Cooper me l’a envoyé, et j’ai passé un peu de temps à déchiffrer cette écriture archaïque. Un passage en particulier a attiré mon attention ; il était question des délires d’un fou, d’angles étranges, d’une transformation divine. Tout ça semble bien peu chrétien.
 
J’ai feuilleté autrefois des codex Maya qui ressemblaient à cela, mais je peine à établir un lien avec l’étrange mythologie que nous ne cessons d’exhumer depuis le début de cette affaire. À moins que les [illisible]
 
De son côté, Fergus avait quelques soucis avec les braves gens de son quartier. Peut-être en lien avec un gars venu faire le coup de feu au Djoudjou, et qui y a laissé sa peau. Il était temps de voguer vers d’autres horizons, et de laisser derrière nous ces sombres pensées.
 
Erica Carlyle a accepté de financer notre voyage à Londres, ce qui nous a valu des places en première sur un paquebot de la Cunhard et des chambres au Savoy de Londres. So far, so good. La croisière proposait nombre d’activités, et j’ai été surpris de retrouver mes compagnons autour du goût des belles lettres. Les cours d’arabe littéraire de ce bon M. Youssef nous seront d’une grande utilité une fois arrivés dans l’orient mystérieux.
 
Une fois à bon port, nous avons tout benoîtement déclaré notre arsenal à la douane de Plymouth, et sommes arrivés à Londres aussi inoffensifs que des nouveaux nés. Au moins, nous sommes en règle… Mais au vu des événements et des rumeurs qui courent, je me demande si nous ne sommes pas arrivés dans nid de frelons, encore pire que New York.
 
L’Angleterre est un pays étrange, très civilisé mais parfois bien décevant, je pense par exemple à notre hôtel de luxe et à son étrange archaïsme. Les gens du cru n’apprécient pas tellement notre accent ni nos manières, en particulier les serveurs de restaurant.
 
Arthur Westerdale, l’ami aristocrate d’Esther aux fortunes changeantes, avait rédigé une petite recommandation à l'intention d'un flic de sa connaissance pour aplanir les questions de port d’armes. Mais il avait omis de mentionner qu’Esther aurait trois compagnons. Nous attendrons donc que les processus administratifs suivent leur cours, les mains vides au milieu des dangers. Peut-être faudrait-il nous procurer des armes de chasse, plus puissantes et moins réglementées.
 
Notre éditeur favori nous avait recommandé Eddy Maloney, un journaliste basé sur Fleet Street. Ce brave irlandais nous a renseignés sur les événements récents à Londres : une vague de disparitions frappant en particulier les Égyptiens, avec des histoires de vampirisme et de corps retrouvés tout blancs… Fait des plus suspects, les corps des victimes ont disparu de la morgue et les enquêtes ont été arrêtées. Je soupçonne qu’une influence malfaisante a pris racine dans cette cité, et qu’elle est déjà capable d’actionner les leviers secrets du pouvoir. Après enquête chez les clochards et passage à la morgue, tous les indices pointaient vers un lieu : la Pyramide Bleue, club de danse du ventre fréquenté par des Égyptiens.
 
De mon côté j’ai fait la planque devant la fondation Penhew, puis j’en ai visité les collections ouvertes au public en compagnie de la flamboyante, sans rien déceler de suspect. Sur le chemin qui mène au dernier étage où se trouvent les collections, j’ai noté plusieurs locaux privés, portes fermées qui semblent m'appeler. Il faudra penser à rendre à cette fondation une visite plus discrète…
 
Venus passer une soirée à la Pyramide Bleue, Stan, Fergus et moi avons observé une ambiance tendue, inquiète. Des danseuses reprochaient au patron des disparitions multiples de personnel. Lasheia, une jeune femme pleine de vie, a bien voulu nous en dire plus après son travail. Elle a raconté comment un videur du club, son ancien boyfriend, était devenu “bizarre” et participait aux activités arrangées par le patron du club, jusqu’au jour où il a tout bonnement disparu. Tout ça sent à plein nez les cultes impies que nous avons déjà affrontés à New York. Après lui avoir expliqué notre sympathie pour sa cause, nous avons convenu d’un plan pour le soir suivant. Elle a obtenu la clef du bureau du patron, où nous sommes entrés pendant qu’il était occupé ailleurs. Nous en avons ramené un butin qu’il nous reste à étudier.
 
J’espère que notre audace n’aura pas de conséquences néfastes pour cette belle jeune femme.

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