[Into The Odd] Les 5 supplices revisités

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Re: [Into The Odd] Les 5 supplices revisités

Message par Carfax » jeu. mai 09, 2019 8:52 am

AsgardOdin a écrit :
jeu. avr. 25, 2019 3:57 pm
Carfax a écrit :
jeu. avr. 25, 2019 3:43 pm
Nulle réponse, celle-ci reste close.
Les joueurs en haleine sans nul doute, mais les lecteurs aussi  :yes:
Je me suis aperçu que j'avais omis de te remercier pour ces nouveaux encouragements... :bierre:  

Edit : ajout des documents manquants au post précédant
 
Un billet sur Un surnom vaut mieux que deux tu le sauras  est toujours un petit plus sympa !

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Re: [Into The Odd] Les 5 supplices revisités

Message par AsgardOdin » jeu. mai 09, 2019 8:17 pm

Carfax a écrit :
jeu. mai 09, 2019 8:52 am
Je me suis aperçu que j'avais omis de te remercier pour ces nouveaux encouragements... :bierre:  
Inutile de me remercier, continue juste ton histoire, que je puisse la suivre avec autant d'intérêt que j'ai suivi le début, c'est à dire beaucoup ! :runaway
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Re: [Into The Odd] Les 5 supplices revisités

Message par Carfax » dim. mai 12, 2019 2:19 pm

 
Grande aérogare impériale de Bastion
Première après-midi de l'été


En ce milieu d’après-midi, sur la vaste esplanade qui s’étend devant la Grande Aérogare Impériale, Ian joue des coudes et des épaules pour s’extirper de la foule dense qui afflue à contre sens. Il est pressé, très pressé. Enfin, après moult efforts, il atteint la large avenue qui borde l'immense esplanade. Levant un bras, il hèle le premier cab qui passe et, se glissant à bord, lance au cocher « Au manoir Hamilton, 222B Green Hill Street, Quartier des hauts. Vite, le plus que vous puissiez ! ». Le cocher s’exécute et son cab file désormais à vive allure sur les avenues pavées de Bastion. « Diantre, pourvu qu’il ne soit déjà trop tard… ». Perdu dans ses pensées, Ian se remémore cette étrange après-midi...

Ce n’est qu’après déjeuner qu’il était arrivé en compagnie de ses deux comparses devant la grande aérogare. Juste à temps pour qu'ils puissent tous trois admirer l’envol du gigantesque cerf-volant mandchoudien devant un parterre d'officiels. Celui-ci représentait un magnifique dragon asidien irisé de couleurs vives. Il s'éleva sans mal au-dessus de l’édifice sous les applaudissements de la foule amassée en ce lieu pour l’occasion.
 
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L’architecte avait réalisé une œuvre majeure sans nul doute. La façade du bâtiment, tout de verre et d’acier, apportait une touche de modernité surprenante qui tranchait fortement avec le style impérial néo-classique de Bastion. A l’approche du cordon de sécurité qui filtrait les invités des badauds, il avait tout de suite aperçu James Gueding. Placé quelque peu en retrait, l’agent impérial surveillait les visiteurs admis à pénétrer dans le nouvel édifice. Une fois le cordon franchi, il s’était empressé de l’interpeller pour lui présenter ses amis et échanger sur les nouveaux éléments découverts – sans toutefois trop en dévoiler – au sujet du vol du heurtoir mandchoudien. James Gueding avait semblé fort intéressé mais ses obligations avaient bien vite écourté la rencontre ; ce dernier leur avait néanmoins promis de les retrouver rapidement.
 
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La vision du hall de l’aérogare était stupéfiante. Les larges ouvertures vitrées de la façade inondaient de lumière cette salle aux dimensions titanesques. Il s’était cru lilliputien en foulant son sol marbré. Le hall formait une gigantesque demi-lune. Derrière d’immenses portes disposées régulièrement tout du long de son arc de cercle, il distribuait les quais. Long tunnel entièrement recouvert de verrières, chaque quai se déployait linéairement tel un rayon lumineux. Disposée en tête de chaque quai, une haute tour – véritable flèche verticale – œuvrait comme bite d’amarrage pour le zeppelin qui s’y accrochait mais servait aussi de passerelle d’appontage. Tout visiteur ne pouvait être qu’admiratif devant une telle splendeur architecturale et technologique.

Toutefois, sur la droite du vaste hall, il n'avait pu ignorer le superbe pavillon mandchoudien. Construit de toute pièce pour l’événement inaugural, il accueillait une incroyable collection d'antiquités exotiques. Peint tout en nuance de rouges, le bâtiment trônait tel un rubis dans son écrin. Un large escalier de quelques marches permettait l’accès à ses deux portes monumentales et magnifiquement ornées. Mais rejoindre le pavillon n'avait pas été une sinécure. A peine son pied dans le hall, Richard avait honoré son rendez-vous professionnel avec M Kellerman, l’administrateur de la Black Star Line. Celui-ci l’avait attendu avec impatience dans le hall. Dès lors, son ami avait été in extenso accaparé par la délégation officielle. M Kellerman lui avait présenté Lord Cooke, haut-commissaire aux transports de Sa Majesté. S’il avait trouvé un charisme indéniable à M Kellerman, il n'avait pu en dire autant du haut-commissaire. Son physique adipeux et son ton mielleux avec les puissants mais dédaigneux envers les autres lui avait immédiatement déplu. De plus, intarissable rhéteur et suffisant dans ses propos, il avait trouvé le politicien définitivement antipathique. Malgré tout, mètre par mètre d’un parcours interminable, ils avaient atteint enfin le pavillon et ses salles d’exposition.
 
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Meï Fang était resplendissante. Il en avait été subjugué. Le sourire qu’elle lui avait esquissé lorsque leurs regards s'étaient croisés avait été un chavirement. Un de plus. Elle patientait débout dans le hall d'entrée du pavillon. Vêtue d’un magnifique tailleur blanc, sa tenue contrastait avec le rouge profond des tapisseries mandchoudiennes qui ornaient les murs de la pièce. Elle attirait immanquablement le regard sur elle. 

Professionnelle, elle avait accueilli poliment la délégation officielle, remerciant chaque dignitaire de leur présence. Tout en distribuant à chacun le petit catalogue de l’exposition, elle avait initié la visite par un laïus sur les œuvres majeures exposées. Puis, soudainement, elle avait blêmi et il avait immédiatement compris. L'homme était entré dans le hall du pavillon suivi de ses sbires. D'âge mûr, le visage dur et émacié, il imposait immédiatement une aura puissante. Vêtu d’une tenue manchoudienne traditionnelle - un long manteau de peaux sur une épaisse tunique de laine ocre - , il était grand mais semblait relativement maigre, voir chétif. Et pourtant, une crainte avait naquis en chacun en sa présence. Il était accompagné à sa droite par un homme d’une toute autre carrure, imposante et osseuse. Muni d’un immense sabre cérémonial et revêtu d'un épais manteau de cuir rehaussé de fourrures, il ne faisait aucun doute qu’il s’agissait d’un garde du corps fort et expérimenté. Il se souvint même que le courageux Thomas avait esquissé un pas de recul à sa vue. Six hommes de main vêtus de tuniques de toile noire plus simples complétaient cette ambassade. Lord Cooke lui-même fit les présentations mais, jamais, non jamais, Fong Lee – tel était le nom que l'on lui avait donné – ne prononça la moindre parole. Il s'était contenté de saluer chacun par une légère flexion du buste tout en gardant un visage impassible et froid. Cette posture eut même raison de l'exubérant haut-commissaire. Ce dernier s'était renfermé dans un mutisme dont il aurait pu se réjouir si un long frisson de crainte n’avait parcouru son échine lorsque le mandchoudien l' avait salué à son tour.    
  
D’une voix chevrotante, Meï avait alors invités ses visiteurs à la suivre de salle en salle. Elle avait exposé succinctement certaines pièces de la collection pour s’attarder plus longuement sur d’autres. Toutes étaient la propriété de M Landasles, un richissime collectionneur d’antiquité de Bastion dont elle avait justifié l'absence - à regret - du fait d'une santé trop fragile. La visite s’était écoulée ainsi de salle en salle. Puis, brusquement, dans celle des bronzes, la dernière, Fong Lee, courroucé, avait fait volte-face. D’un pas prompt et vigoureux, sans prononcer une parole, il avait quitté précipitamment le pavillon avec sa clique. Si les officiels furent décontenancés par ce comportement, Meï en avait été pétrifiée. La visite avait ainsi pris fin. 

Les officiels partis, il avait enfin échangé ses premiers mots avec Meï. Celle-ci s'était confondu d'excuses pour son absence au théâtre des ombres. Elle était restée interloquée sur ce qu’elle avait appris les événements périlleux de la veille. Il lui avait présenté enfin ses deux amis et tous les quatre avaient conversé de bon cœur sur les antiquités exposées et la délégation mandchoudienne. Mais, au cours de cette conversation, la jeune femme leur avait paru bien éreintée mais surtout très troublée ; il avait même discerné qu'elle n'avait cessé de se toucher négligemment son épaule droite ; un comportement bien étrange qui ne lui ressemblait pas. Interrogée sur Fong Lee, elle avait confirmé qu'il s'agissait bien du chef de la délégation mandchoudienne présente ici pour l'inauguration. Mais, de fait, elle avait écourté bien vite la conversation prétextant d'un travail conséquent. Comprenant les obligations professionnelles de la jeune femme, Richard lui avait proposé de se retrouver chez lui, plus au calme en sa demeure, dès la fin de cette première journée inaugurale ; une invitation qu'elle avait accepté avec plaisir mais à la seule condition qu'elle puisse s'y rende en compagnie du major. Une condition sur laquelle il avait cédé sans grande difficulté. Rendez-vous avait été fixé et les trois hommes avaient pris congés.

C'est en sortant, sur les marches du pavillon qu'il avait aperçu le marchand. S'extirpant de la foule bigarrée, perdu au milieu des vendeurs ambulants disposés ça et là dans le hall de l'aérogare, il s'était directement dirigé d'un pas souple vers les trois compagnons. Nul autre n'avait semblé lui prêter attention. Habillé d'un kimono raffiné aux larges manches, couvert d'un chef conique en paille tressée, son visage était masqué par un fil voile de lin. Il portait en équilibre sur une de ses épaules une longue tige de bambou. A chacune de ses extrémités, deux plateaux en osier emplis de friandises pendaient. Sa vision de le veille se réalisait sous ses yeux. Il en était resté pétrifié. Mais il n'était pas seul à ne plus bouger. Ces deux amis, mis dans la confidence le matin même de cette divination, étaient tout autant statufiés. Arrivé à leurs côtés, le marchand les avait invités à déguster une de ses friandises. Comme hypnotisés, les trois hommes s'était exécutés.

Sucrée, délicieusement fondante, la pâtisserie avait enivré tous ses sens gustatifs jusqu'à l'étourdir. C'est alors qu'il avait entendu une voix se répéter dans sa tête. Chaque mot était distinctement prononcé. Puis cela s'était tu et il avait rouvert ses yeux. Entre temps, le marchand avait rebroussé chemin et s'était éclipsé comme il était apparu. Croisant leur regard, tous trois avaient compris qu'ils avaient vécu la même expérience. Chacun avait échangé ses mystérieuses phrases. Autant les deux premières pouvaient prendre sens - « l'arcane brisé ne dissimule plus la captive », « Guang Ying mourant rejoindra les ombres » -, autant la dernière restait incompréhensible « là ! là ! Cthulhu fbtagn ! ». Les trois amis s'était alors interrogé sur le devenir de leurs actions. Poursuivre la visite ? Rentrer au manoir pour retrouver Liu Chen ? Était-elle toujours en danger ? Quel était le rôle joué par ce Guang Ying
 
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Mais ils n'avaient point eu le temps de répondre à ses interrogations. Toujours perchés sur les marches du pavillon, encore hébété, le goût sucré du biscuit persistant en bouche, ils étaient restés de nouveau incrédules allant de surprise en surprise. Non loin, au beau milieu des très nombreux badauds présents dans le hall de l'aérogare, un jeune homme au visage familier leurs avait fait signe de s'approcher. Le marionnettiste Riu Ru agissait aussi discrètement qu'il pouvait en jetant son regard de droite et de gauche pour s'assurer que personne d'autres ne faisait cas de lui. Ils avaient descendu les dernières marches à sa rencontre. « Enfin je vous retrouve ! Vite, messieurs, il faut réparer ce que nous avons brisé hier. Suivez moi, vite ! ». Richard avait immédiatement modéré l'empressement du jeune homme. « Doucement, doucement, Riu. Vous suivre mais où ? Et pourquoi ? Que doit-on réparer ? ». Toujours avec autant d'empressement, Riu que suite à l'incendie de la veille et la libération de la jeune captive, des membres de la communauté mandchoudienne de Bastion souhaitaient les rencontrer. « Vous n'avez rien à craindre, mais il faut les écouter. Mais pas ici, trop dangereux. Suivez moi, vite ! ». Richard avait alors scruté la grande horloge trônant au centre du hall « Je n'irai nulle part maintenant mon cher Riu Ru et surtout pas précipitamment. On m'attend dans quelques minutes pour la visite officielle du « Colossus" et je ne peux m'y déroger ainsi que Thomas. Après peut-être ? ». Richard et Thomas avaient pris congés et s'étaient dirigés vers le quai du « Colossus ». 

Resté seul avec Riu Ru, il s'était interrogé : « Que faire ? Le suivre ? Seul de plus ». Le marionnettiste lui avait récidivé sa requête puis s'était mis en route d'un pas rapide vers le fond du hall en longeant ses hauts murs. Il lui avait emboîté le pas « Riu attendez...où allons nous ? Qui veut nous rencontrer ? ». Le jeune asidien s'était contenté de répondre « Vite ! Vite ! » puis avait ajouté, toujours en pressant son pas , « Nous sommes repérés. On nous suit. ». Il avait alors tourné sa tête et constaté en effet que James Gueding, non loin, fendait la foule dans leur direction. Il avait pris sa décision. Était-elle la bonne ? Il ne savait à cet instant mais il avait cessé de suivre l'asidien et attendu l'agent impérial. Les deux hommes avaient eu un échange pour le moins surprenant. Constatant que Ian conversait avec un mandchoudien, James Gueding avait proposé au major de renforcer ce lien. Il cherchait en effet à mieux connaître les motivations des mandchoudiens qu'ils soient de Bastion ou d'ailleurs. Dernièrement, un meurtre avait été commis dans le quartier asidien et une peur palpable au sein de cette communauté se ressentait. Craignait-elle la visite de leurs ressortissants ? Et si oui pourquoi ?

Bien évidemment, après les salutations de James Gueding, le marionnettiste n'était plus visible depuis longtemps. Il avait pris une décision. Inutile de le chercher en vain cette foule si dense ou perdre un précieux temps à l'attendre ici. Non, ces deux amis comprendraient. Il se devait de retourner au manoir du lord. Et fissa. Liu Chen était peut-être en grand danger...

Le cab stoppa. « Nous y sommes monsieur. 222B Green Hill Street ». Ian descendit et paya généreusement sa course au cocher. Alors que le cab s'éloignait déjà, il se tourna vers les deux hautes grilles qui marquaient l'entrée de la propriété du manoir Hamilton. Celles-ci étaient entrouvertes. « Bien inhabituel » s'inquiéta-t-il en remontant au pas de course l'allée de graviers blancs qui menait au manoir...

à suivre...

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Petit livret sur l'exposition du pavillon asidien fourni aux joueurs
Spoiler:
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Dernière modification par Carfax le jeu. mai 16, 2019 9:27 am, modifié 3 fois.
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Message par Carfax » lun. mai 13, 2019 2:02 pm

Quai du Colossus - Grande aérogare impériale de Bastion
Fin d'après-midi du premier jour de l'été


Le Colossus porte bien son nom. Gigantesque, titanesque, autant de qualificatifs qui lui siéraient aussi à merveille. Richard et Thomas sont bouches bées en découvrant le vaisseau accosté au quai. Ce zeppelin est infiniment long. Sous les verrières du quai, son nom écrit en immenses lettres d’or brille de mille feux sur sa voilure. L'appareil de la Black Star Line est véritablement majestueux.
 
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Les deux hommes s'empresse de rejoindre le groupe des officiels qui s’apprête à visiter l’intérieur de ce monstre volant. En s'approchant, ils entendent Lord Cooke pestait auprès de ses collaborateurs. « Ma patience n'est point infinie. Ce Fong Lee prend trop ses aises et nous fait poiroter plus que de raison. Il se moque de nous. Je nous voudrais pas devenir colérique mais il a bien de la chance que Sa Majesté souhaite une entente cordiale entre nos nations. ». En effet, non loin d'eux, le mandchoudien est affairé. Il discute avec deux étranges personnages. « Ainsi cet homme a une langue... » songe Richard qui soudain tressaillit en identifiant l’un des deux hommes. Mais si le lord tressaute, Thomas manque lui de s’étrangler en reconnaissant également le deuxième. Le premier homme n’est autre que l’inconnu qui les avait suivi en Afridi - jusqu'à leur hôtel de Bingerville - mais aussi malmené après leur visite chez le neveu de Ma Majunga dans le quartier afridien de Bastion. Un triste sire de mauvaise augure. Le deuxième est un visage intime pour Thomas. Son oncle Batang Moussaf, un nain machiavélique. Un lien familial peu recommandable qu’il avait brisé juste avant de rencontrer son Richard et retrouver un droit chemin. Un passé sulfureux qu’il ne souhaite guère raviver. Puis Fong Lee cessa sa conversation et se joint au groupe pour entamer la visite du Colossus. Ses deux inquiétants interlocuteurs, eux, s'éclipsent rapidement. 

C’est donc très troublés que les deux hommes traversent la passerelle d’appontage pour visiter les entrailles du vaisseau amiral de la Black Star Line. Accompagné de son garde du corps et fidèle à ses habitudes, Fong Lee ne pipe mot durant toute la visite. Une visite qu’il écourte une nouvelle fois lorsque l'un de ses sbires - venu le retrouver - lui murmure des propos dans le creux de son oreille. Lui et son garde du corps abandonnent alors promptement leurs hôtes, sans explication ni excuse. Pour autant, dans leur précipitation, Thomas aperçoit ce qu’il guette depuis un long moment. Le garde du corps du mandchoudien porte bel et bien un large tatouage sur ses avant-bras. D'abord troublé par la carrure et le visage de cet homme, il s'est persuadé peu à peu d’être en présence de son terrible agresseur du quartier asidien. 

La visite se poursuivit néanmoins - le luxe des cabines et des salons du zeppelin est resplendissant, les coursives immenses et la machinerie très impressionnante, tout est superlatif sur ce vaisseau - mais le deux amis sont soulagés d’en finir avec toutes ces mondanités lorsque celle-ci se termine. Préoccupés qu'ils sont par les récents événements vécus et sans nouvelles de Ian, ils cherchent à quitter rapidement les lieux. C'est sans compter avec le jeune Riu Ru qui les aborde de nouveau. Et cette fois, les deux hommes acceptent de rencontrer ces mystérieux mandchoudiens mais selon leurs conditions et dans un lieu choisi par eux deux.
 
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C’est au fond d’un pub proche de l’esplanade de l’aérogare, dans une salle à l’écart, que Richard et Thomas écoutent avec grande attention la requête pressante des Gardiens du dernier sacrilège. Cinq hommes, tous asidiens et vêtus sobrement, se présentent comme tels, comme derniers membres d’une société secrète mandchoudienne. Ils expliquent que si l’incendie de la veille a entraîné la destruction du théâtre des ombres, un lieu de rituel a été découvert mais surtout profané pour porter secours à une jeune fille. « En faisant cela vous l’avez mise en grand danger car nous savons que c'est vous qui lui avez porté secours. Cette jeune asidienne est la petite fille d’un maître tatoueur mandchoudien qui refuse d’aider Fong Lee. Ce terrible sorcier utilise sa magie pour la retrouver et l’enlever, afin de la soumettre à un chantage. Liu Chen avait donc accepté d'être placée dans l’Arcane des Cinq Supplices afin qu’il ne puisse jamais la localiser. En brisant le rituel, vous avez offert au sorcier la possibilité de retrouver sa trace. Il faut impérativement rétablir l’Arcane pour qu’elle puisse à nouveau s’y cacher. Pour cela nous sommes prêts, nous cinq, à subir les Cinq Supplices. Liu Chen a été recueillie chez vous et Fong Lee ne tardera pas à s’y inviter. Nous devons faire vite. Le seul homme capable de lancer le rituel de l’Arcane se nomme Guang Ying. Le théâtre lui appartient et Riu Ru est son disciple comme vous le savez déjà. Il vous conduira à son échoppe. Il vous faudra l’avertir de la gravité des faits. De peur de le mettre en danger, nous ne pouvons nous y rendre nous mêmes pour le cas où nous serions suivis. Informez le des événements et il sera agir en conséquence mais aussi nous retrouver. Vous pouvez demander de l’aide à Mei Fang la conservatrice de l'exposition, mais ne lui dite pas qui vous envoie. Il faut réparer ce qui a été détruit. »  Les gardiens évitent d’apporter d’autres détails et s’en vont un par un. 

Lorsque le lord et son ami sortent du pub, Riu Ru les attend patiemment devant. Mais il ne les guide pas chez son maître, du moins pas tout de suite. Non un présentement prenant les fait se diriger vers la demeure du lord. « Rentrons vite ! », lâche celui-ci. 

à suivre...

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Dernière modification par Carfax le lun. mai 13, 2019 4:19 pm, modifié 1 fois.
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Re: [Into The Odd] Les 5 supplices revisités

Message par Carfax » lun. mai 13, 2019 3:08 pm

Manoir Hamilton - Bastion
Fin d'après midi du premier jour d'été


Ian entre à bout de souffle dans le hall. « Georges ? Georges ? » crie-y-il. Nulle réponse. Il dégaine son pistolet de service puis, deux à deux, gravit les marches du grand escalier menant à l'étage. Débouchant sur le long couloir qui mène aux chambres du manoir, il fonce à grandes enjambées vers celle de Liu Chen

Elle est toujours là. Assise sur son li, elle est soutenue sous les bras par deux asidiens vêtus de tenue sombre ; un troisième lui fait boire un verre contenant une mixture qu’il ne peut identifier. In media res, il braque son arme pour abattre un premier homme. Mais son tir se perd. Dans son dos, un bras le saisit sous son menton. Il se dégage d’un violent coup de coude puis se retourne. Deux autres asidiens lui font face armés d'un couteau. Si l'un deux se tient le ventre du fait de son coup de coude, l'autre tente de lui transpercer le ventre d’un geste vif de sa lame. Il esquive d'un réflexe inespéré et d’un tir habile à bout portant explose la tête de son assaillant.

Fuir ? Oui. Bousculant son deuxième assaillant amoindri sur le pas de la porte, il s’engouffre à toute vitesse dans le couloir pour rejoindre et descendre l’escalier précédemment emprunté. Il lui faut chercher du secours. Nul autre choix.

Il s’engage à toute vitesse dans les marches. Aïe, deux nouveaux sbires montent à sa rencontre. Derrière lui, il entend un cavalcade. Le voilà cerné, en bien mauvaise posture. Sa seule chance, sauter par dessus la rambarde de l'escalier et se réceptionner dans le hall pour fuir le manoir. Mais il joue de malchance lors de son saut. Pris pas sa propre vitesse, il s’embroche aux barreaux de la balustrade. Un contre temps qui permet à ses poursuivants de le saisir. Il se débat, lutte âprement, mais un coup derrière la nuque l’assomme.

On le tient avec poigne. Allongé sur le ventre de tout son long, il est maintenu fermement sur la grande table de la cuisine du manoir. On lui a retiré sa chemise. Une main ferme lui écrase le visage sur la table. Son champ de vision est des plus restreint. On dépose devant ses yeux une jolie boîte en bois laqués finement ornementée. Il lève les yeux autant qu'il puisse et son regard se fige : Fong Lee est devant lui. Lentement, très lentement, le sorcier ouvre la boîte et en extrait une fine et longue aiguille ainsi qu'un petit pot d'encre. Une odeur acre émane du pot. Une puissante envie de vomir le saisit. 
 
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« J’aurais pu vous tuer aujourd’hui, mais vous allez vivre en vous rappelant ce jour et jamais plus ne vous opposerez à moi ! ».
 
L'emprise sur chacun de ses membres se resserre ; à peine arrive-t-il à respirer. Le sorcier trempe son aiguille dans l'encre et, soudain, une vive douleur. L'aiguille pénètre la chair de son épaule puis se retire. Il étouffe un cri. A nouveau, cette douleur. L'aiguille reprend sa danse. Interminable danse. Et sa souffrance emporte tout. Dans un dernier cri, il sombre. 

à suivre...
Dernière modification par Carfax le lun. mai 13, 2019 4:27 pm, modifié 2 fois.
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Re: [Into The Odd] Les 5 supplices revisités

Message par AsgardOdin » lun. mai 13, 2019 3:15 pm

Carfax a écrit :
lun. mai 13, 2019 3:08 pm
à suivre
Une suite attendue de mon côté avec impatience ! 
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Message par Carfax » lun. mai 13, 2019 3:45 pm

AsgardOdin a écrit :
lun. mai 13, 2019 3:15 pm
 Une suite attendue de mon côté avec impatience ! 
Je m'y attelle  :geek  
 
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Re: [Into The Odd] Les 5 supplices revisités

Message par Carfax » mar. mai 14, 2019 11:59 am

Bureau de Miss Fang - Pavillon asidien du hall de la Grande Aérogare Impériale
Début de soirée du premier jour d'été

 
« NON ! ». Meï est horrifiée, terrorisée. Le visage crispé, elle ne peut réprimer un mouvement de recul. Les mains posées devant sa bouche, elle bafoue « Mais…comment ? Ian ? C’est terrible… non… pas vous ! ». Délicatement, le Major réajuste sa chemise masquant le tatouage rouge vif sur son épaule qui meurtri encore sa chair. Richard s’approche doucement d’elle « Miss Fang, Vous aussi êtes marqué de ce sceau. Il faut nous aider, nous en dire plus. ». Désespérée, la jeune femme choit sur la chaise placée derrière elle. Doucement, elle relève la tête. Des larmes noient son visage… 
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A peine plus tôt en cette fin d’après-midi, de retour au manoir Hamilton, Richard, Thomas et Riu Ru avaient découvert Ian inanimé dans la cuisine. Il régnait dans la pièce une odeur âcre très désagréable. Allongé torse nu sur la table, le dos de l’officier était marqué d’un tatouage rouge représentant un dragon asidien cerclé d’un anneau. Très travaillé, le dessin ne devait pas excéder les dix centimètres. La peau du major était encore contusionnée par les piqûres récentes de l’aiguille. Ils l’avaient réanimé et ce dernier, une fois ses esprits retrouvés, avait narré son histoire : l’enlèvement de Lui Chen, sa course poursuite puis sa chute dans les escaliers, les sévices de Fong Lee. Les gens du lord avaient été retrouvés bâillonnés et ligotés dans la buanderie mais sains et saufs. Le manoir avait subi l’assaut de nombreux hommes, tous asidiens ; tout était allé très vite. Mais nul temps de s’atermoyer, décision fut prise de retrouver Missï Fang au pavillon chinois de peur qu’elle soit menacée par le sorcier mais aussi pour en apprendre plus sur ses liens avec celui-ci.

Ian tend affectueusement son mouchoir à Meï afin qu’elle sèche ses larmes. Fragile, elle se confie aux trois hommes. « M Landasle est un collectionneur d’antiquités asidiennes dont une partie est exposée ici. Il a fait fortune en Asidi. Je suis entrée à son service lors de son long séjour en Mandchoudie pour ses affaires et où il a toujours une demeure. M Landasle est âgé et souffrant – il a contracté une mauvaise fièvre en Asidie dont il n’arrive pas à se défaire – et il souhaitait une collaboratrice pour s’occuper de sa collection. C’est Fong Lee qui lui a suggérée ma candidature. Malheureusement, par une erreur de jeunesse, j’avais accepté ce même tatouage. J’ai appris plus tard qu’il s’agissait du « Sceau du Dragon » et qu’il nous lie à Fong Lee telle la marque d’un esclave à son maître. Je sais que celui-ci est venu en Bastion pour rechercher une jeune asidienne captive d’une société secrète mais aussi pour dérober des antiquités appartenant à mon employeur ; il m’a fait menacer par ses hommes si je refusais de l’aidé. Cette aide consistait à établir une simple liste détaillée des antiquités possédés par M Landasle. Je sais qu’il recherche un dernier objet, mais j’ignore lequel ». Interrogée par Thomas sur l'énigmatique Guang Ying - mais qui s’abstint néanmoins d’évoquer les Gardiens du Dernier Sacrilège -, elle cède « Il s’agît du propriétaire du théâtre d’ombres brûlé hier soir. Il est estimé par la communauté asidienne de Bastion. Je crois aussi qu’il est propriétaire d’une échoppe d’import dans le quartier asidien de Bastion, mais je ne connais pas son adresse ». Nulle inquiétude ! Richard lui précise qu’ils comptent tous trois s’y rendre au plus vite et qu’ils ont un guide pour ce faire. Mais surtout l’adjoint désormais de les accompagner pour sa propre sécurité.

A suivre…

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Message par AsgardOdin » mar. mai 14, 2019 2:19 pm

:yes:
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Message par Carfax » mer. mai 15, 2019 9:23 am

Bordure du quartier asidien de Bastion
Soirée du premier jour d'été

L’échoppe est toujours ouverte malgré l’heure tardive. Lorsque Thomas entrouvre sa porte, le carillon accroché au-dessus du chambranle tintinnabule troublant l'inquiétant silence du lieu. Aucune lumière n’éclaire l’intérieur du magasin, cependant, la faible clarté filtrant à travers les rideaux de la vitrine dévoile la présence d’innombrables étagères emplies de bibelots de toutes sortes. L’endroit est désert. Derrière le comptoir situé au fond de la boutique, une porte est entrouverte. Le petit groupe s’y dirige discrètement, leurs sens aux aguets.

La porte ouvre sur une petite cuisine. Sur la table, une préparation culinaire est abandonnée. Le cuisinier semble avoir interrompu sa tâche précipitamment. Mais ce n’est pas la singularité la plus marquante. Non, c’est l’odeur tenace en ce lieu qui trouble le plus les investigateurs car elle leurs remémore un bien mauvais souvenir olfactif. Une odeur âcre et persistante, telle celle d’une graisse animale qui brûle. Suivant cette piste, Thomas rejoint un petit couloir adjacent à la cuisine où un passage mène au sous-sol d'où semble émaner cette effluve nauséabonde. « Descendons tous les trois. Miss Fang et Riu, restez ici en arrière et criez en cas de danger ! ».

Toute en longueur, la cave est plongée dans le noir, à l'exception d'une très faible lueur provenant de derrière quelques caisses posées plus loin à même le sol. Ses murs sont habillés d'innombrables rangées d’étagères toutes emplies de marchandises exotiques en provenance de lointaines contrées asidiennes. Suivi de ses deux compagnons, Thomas progresse prudemment dans ce méandre obscur, sa canne-sagaie à la main prête à frapper. Après quelques pas, il aperçoit la source lumineuse qui n'est rien d'autre qu'une étrange petite chandelle. C’est également elle qui répand l’odeur en se consumant. Elle est posée à côté d’une horrible figurine poulpesque d’une vingtaine de centimètres de hauteur. Curieusement, celle-ci ne projette aucune ombre. Il s'en approche prudemment afin de l'examiner de plus prêt mais s'en recule aussitôt quelques peu apeuré ; la statuette semble prendre vie. Alors qu'il se questionne sur cette étrangeté, il entend des borborygmes incompréhensibles psalmodiés plus avant depuis le fond de la cave. Un vieillard aveugle manchoudien est assis en tailleur au centre d'un petit cercle de cendres. Parfaitement immobile, seules ses lèvres frémissent. Richard interpelle l'homme. « Guang Ying ? ». Lentement, tout en continuant ses murmures, l'aveugle redresse sa tête et les fixe tous trois de ses yeux sans vie.
 
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La douleur est fulgurante, insoutenable. Il chancelle. Une morsure déchire violemment les chairs de son mollet gauche. Horrifié, il porte son regard sur sa jambe meurtrie. Nulle blessure, nulle déchirure, nul sang, son mollet est intact. Ahuri, dans sa chute et alors qu'il lève la tête vers ses deux compagnons pantois, il voit son ombre projetée sur le mur opposé : son mollet gauche est entièrement déchiqueté. Il sombre au sol. Voile noire.

Fin de la deuxième partie de l'acte 1
Dernière modification par Carfax le lun. mai 20, 2019 9:26 am, modifié 4 fois.
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Re: [Into The Odd] Les 5 supplices revisités

Message par Carfax » mer. mai 15, 2019 9:43 am

Un petit mot sur cette deuxième séance.
Spoiler:
Nous avons joué 5 heures de rang. De fait cela nous a permis de bien avancer sur l'acte 1 que nous devrions conclure ce vendredi soir. Il est toujours aussi aisé de maîtriser avec ItO qui se prête particulièrement bien avec ma façon de faire mais aussi au côté narratif de cette campagne. La légèreté de la mécanique est parfaite et s'efface avec facilité pour laisser place à l'histoire. Pour le moment, c'est parfait. 

Je ne suis pas de facto - vous l'avez compris  ;) - la trame proposée par la campagne. Des personnages comme des objets apparaissent - ou réapparaissent - en plus. C'est le cas de l'oncle nain du personnage Thomas Deventon par exemple ou du heurtoir. Je développe en // une trame personnelle à chacun et il me manquait matière pour Thomas. Nous verrons bien où cela nous mène. J'ai également remplacé la statuette en cuir du scénario par celle poulpesque plus à même d'effrayer mes joueurs. Le combat à venir dans la cave va être acharné, du moins je l'espère. 

Pour finir, il est des moments où un MJ se creuse la tête pour trouver une manière élégante de coincer ses joueurs. Ici, il est mentionné dans la campagne qu'il est préférable de tatouer les PJ du sceau du dragon. Comment le faire sans que cela ne soit trop grossièrement amené ? Eh bien, laissez agir vous joueurs ! Je m'étais cassé la tête en me disant "s'ils font cela alors, sinon ce sera comme ça, etc" pour rien. Ian s'est précipité de lui même, seul, dans mes griffes. J'avais une opposition de 1/4 au manoir pour l’enlèvement de Liu Chen. Y arrivant seul, l'opposition fut forte. Le joueur tenta de faire échapper son PJ - bonne initiative - mais son saut par dessus la balustrade de l'escalier lui valu un bel échec critique. Hop, à moi le tatouage. Idem pour Thomas dans la cave. Sur la première agression de l'ombre, il encaisse pas trop mal les dégâts mais qui épuise son souffle. Et avec ItO, lorsque son souffle est épuisé, on tente de rester debout en réussissant un jet sous son corps amoindri. Ce qu'il manqua. Parfait pour le cliffhanger de fin de séance  :mrgreen: !

EDIT : j'ai rajouté en fin de ce précédent post le livret sur l'exposition du pavillon asidien fourni aux joueurs. 
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Re: [Into The Odd] Les 5 supplices revisités

Message par Carfax » lun. mai 20, 2019 1:36 pm

Échoppe de Guang Ying - Quartier asidien de Bastion
Soirée du premier jour de l'été

 
La canne-sagaie roule au sol et vient s’échouer contre une caisse. « Thomas ! ». Dans la pénombre de l’entrepôt, accroupi, Richard secoue son ami étendu à ses côtés. « Thomas ! ». Derrière eux, Ian jette un regard circulaire. Il cherche dans le fatras du sous-sol une couverture ou toutes autres étoffes susceptibles d’étouffer la flamme. Là, à quelques pas derrière lui, il aperçoit des découpes de tissus.

Thomas reprend force. Chancelant, il se redresse avec peine malgré l’aide de son ami. Richard interpelle une nouvelle fois l’aveugle « Guang Ying, si tel est votre nom, nous ne sommes pas vos ennemis. Les gardiens du Dernier Sacrilège nous ont mandés ! Aidez-nous, agissez ! ». Mais, imperturbable, l’aveugle poursuit ses borborygmes. Au-dessus d’eux une ombre tentaculaire s’anime et brasse la surface voutée du plafond de l’entrepôt. 

Ian se saisit d’un carré de tissu qui n’est autre qu’un foulard de soie à l’imprimé soigné. Dubitatif sur les possibilités d'action de sa saisie, il entend grincé les marches en bois de l’escalier menant à l’entrepôt . « Ian, tout va bien ? » chevrote une Miss Fang inquiète. « Meï ? Bon dieu, restez-en haut je vous en… ». Mais il ne peut finir sa phrase. L’ombre octopussienne se déchaîne.

Ses tentacules claquent et frappent les ombres des trois investigateurs qui se projettent sur les murs du sous-sol. L’attaque est violente. Saisi par la tête, étranglé, le major suffoque lorsqu’il entend le cri d’épouvante de Meï dans son dos. Obnubilé par le vieillard et alors que Richard fonce sur lui pour pénétrer le cercle qui l’entoure, son dos est brutalement lacéré le stoppant net dans son élan. Toujours vacillant, Thomas est une nouvelle fois fauché aux jambes lorsqu’il se baisse pour reprendre sa canne-sagaie. Il tombe au sol.

Le petit groupe est en grand péril. Leur fin semble proche. Les trois hommes luttent contre une entité qui dépasse leur entendement. Néanmoins, dans un dernier effort, Thomas saisie sa canne-sagaie restée à portée de main. D’un geste vif et précis, il la lance sur la chandelle qui voltige dans les airs sur l’impact. Le temps se fige. Après quelques arabesques dans les airs, la frêle chandelle s’écrase sur sa mèche, soufflant sa flamme. Une obscurité profonde envahie l’entrepôt. Les borborygmes cessent et seuls les halètements saccadés de l’officier reprenant son souffle brisent le silence des lieux.    
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Re: [Into The Odd] Les 5 supplices revisités

Message par AsgardOdin » lun. mai 20, 2019 1:44 pm

Carfax a écrit :
lun. mai 20, 2019 1:36 pm
D’un geste vif et précis, il la lance sur la chandelle qui voltige dans les airs sur l’impact. Le temps se fige. Après quelques arabesques dans les airs, la frêle chandelle s’écrase sur sa mèche, soufflant sa flamme.
ça c'est de l'idée ! Les joueurs avaient-ils conscience dès le début et jouaient-ils leurs personnages ou est-ce les joueurs qui ont compris "au dernier moment" ?
Seul ♭ : Le CR est trop court. Au travail Monsieur @Carfax  :charmeur
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Message par Carfax » lun. mai 20, 2019 2:01 pm

Deux de mes joueurs sont expérimentés. Ils ont vite compris que la chandelle était la clé surtout du fait que je précisait bien que leur blessure ne laissaient aucune trace corporelle (pas de contusion, pas de saignement, etc.). De fait, m'en doutant, j'ai gonflée fortement les attaques de l'ombre qui, chaque tour, leur faisait très très mal (1d10 !!!). Sur le résumé, j’abrège quelque peu le combat qui dura quand même quelques tours. D'ailleurs, au moment du lancé de canne  :D, deux d'entre eux étaient déjà en très mauvaise posture. Sur ce lancé, le joueur fait une réussite critique - c'est marrant le jeu de rôle, souvent les critiques bons ou mauvais sortent lors de moments "critiques" :mrgreen:  - et du coup je lui offre le souffle de la flamme. Sinon, elle serait restée allumée et il lui aurait fallu un deuxième round pour l'éteindre.
AsgardOdin a écrit :
lun. mai 20, 2019 1:44 pm
Le CR est trop court.
ça vient ça vient... :geek
 
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Re: [Into The Odd] Les 5 supplices revisités

Message par Carfax » mar. mai 21, 2019 9:25 am

Le major revisse sa fiasque de Brandy. Décidément, chaque gorgée de ce précieux breuvage est un réconfortant et le voilà requinqué. Et, s’il en juge le visage de ses amis qui viennent aussi d’y goûter, il ne semble pas le seul à profiter de cet effet. Chacun se tait depuis un moment et seule la mastication du vieil homme résonne dans la petite cuisine de l’échoppe.

En effet, tous sont désormais dans la cuisine et entourent l’aveugle qui s’y restaure et auquel ils ont poliment décliné l'invitation de se joindre à lui. Chacun attend patiemment que l’homme reprenne la parole. Après l’affrontement contre l’ombre au sous-sol et pour rejoindre le rez-de-chaussée de son échoppe, l’aveugle avait requis l’aide de Richard qui ne cessait de le questionner notamment sur les raisons de son inaction. De prime abord, le vieux mandchoudien s’était enquit de l’indenté de ses visiteurs et de leurs motivations en restant à l’abri de son cercle de cendres. Richard avait présenté chacun d’entre eux puis brièvement résumé les raisons de leur venue. Remerciant ses sauveurs, l’homme s’était déplié avec grâce puis indiqué qu’il était bien Guang Ying, mais aussi le chef de la société secrète des Gardiens du Dernier Sacrilège de Bastion. Puis, sans s’étendre plus et la faim le tiraillant, il avait laconiquement demandé qu’on le guide avec bienveillance jusqu’à sa cuisine pour qu’il puisse y finir son repas. Richard s’était patiemment exécuté.

Posant ses baguettes sur la table à laquelle il est seul attablé, Guang Ying s’explique. « Ce qui a été détruit doit en effet être réparé. Fong Lee est l’un des plus méconnus et l’un des plus puissants sorciers mandchoudiens. Il est le conseiller du maréchal Zhang, un seigneur de la guerre de Mandchoudie. Les histoires les plus folles courent à son encontre. Certains affirment avoir vu d’étranges créatures se prosterner à ses pieds, d’autres disent qu’il est capable de commander aux démons de la terre et des vents. On dit de lui qu’il fut capable de duper l’horoscope en retardant l’heure de sa naissance. Il tua ainsi sa propre mère, mais devint natif du dragon, considéré comme le plus puissant des signes. Il est initié aux secrets les plus obscurs. Il sourit à l’écoute de récits qui feraient vaciller la raison du plus aguerri d’entre nous. Fong Lee est venu ici chercher des artefacts dont il a besoin pour conduire ses projets en Mandchourie. Des projets qui peuvent conduire le monde à sa ruine. ». Il avale une lampé du breuvage posé devant lui puis glisse deux mots à l’oreille de Riu Ru qui, quelque peu réticent, redescend dans l’entrepôt. Enfin, le vieux sage reprend « La jeune fille qui était protégée par l’Arcane des Cinq Supplices s’appelle Liu Chen comme vous le savez. Elle est ma filleule et la petite-fille d’un maître tatoueur mandchoudien. Fong Lee recherche cette jeune fille pour soumettre le maître tatoueur à un chantage. Il faut la retrouver et la protéger à nouveau. Mais il recherche également un artefact très rare, dont on dit qu’il est magique. Il représente un genre de portail et c’est sa rareté qui le rend précieux. C’est M Lansdale qui possède cet objet et il ne faut pas que le sorcier parvienne à lui faire dire où il l’a dissimulé. ».

Tout en silence, chacun prend conscience de ces révélations. Puis Ian le rompt. « Miss Fang et moi-même portons un même tatouage… ». L’officier fait glisser sa chemise pour montrer son épaule mais avant même qu’il termine son geste, Guang Ying l’interrompt d’un geste de sa main « Je connais Miss Fang et nul besoin officier…il s’agit du Sceau du Dragon. Je l’ai déjà perçu en tous les deux. Si Fong Lee réussit son entreprise, vous serez alors ses serviteurs corps et âme comme tous ceux et celles marqués de ce sceau. ». Richard questionne « Et cette ombre ? Qu’était-ce ? ». « De la sorcellerie mandchoudienne, jeune lord ! La figurine fait apparaître son ombre qui attaque d’autres ombres. Pour cela, le sorcier doit brûler la graisse d’une créature de la nuit, une créature qui n’est pas de notre monde. ». Richard bout. « Vous mettez en garde et dressez un portrait fort inquiétant et cruel de Fong Lee mais, vous-même ne l’êtes-vous pas tout autant ? N’est-ce pas chez vous sur nous avons trouvé cinq suppliciés souffrant d’atroces tortures ? Et Liu Chen, que vous prétendez volontaire pour le rituel, nous est apparue bien tourmentée et affaiblie une fois libérée ? ». Le vieillard garde toute sa sagesse et calmement répond « Il est des actes douloureux je le concède. Mais l’Arcane est la source d’un immense pouvoir qui en exige de tels. Les hommes qui ont offert leur vie au lancement de ce rituel étaient tous volontaires. J’ai créé l’Arcane et je lui ai confié ma propre filleule afin qu’elle soit hors d’atteinte de Fong Lee. Croyez bien que cela a meurtri mon cœur. ».

Soudainement marqué, Guang Ying fait une pause. « Il nous faut urgemment recréer ce qui a été détruit. Il nous faut retrouver ma nièce mais aussi avertir le collectionneur des risques qu’il encourt. Je vous propose d’agir de concert. ». Son plan est simple. Les investigateurs se rendront chez Lansdales et lui-même, accompagné de son disciple, regroupera ses hommes et entreprendra les préparatifs du rituel. Les deux groupes se retrouveront à l’aérogare impériale pour 22h. Richard questionne « Ce Fong Lee semble puissant. Toute aide ésotérique serait un plus pour le combattre. Vous semblez pourvu de tels pouvoirs en sorcellerie asidienne et… ». Interrompant Richard et tout en s’excusant, Riu Ru revenant du sous-sol remet à son maître deux lampes torches. « Lord, vous me questionnez sur l’aide que je peux apporter. Voici deux armes précieuses pour lutter contre les ombres… ».

à suivre...
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