[CR][Into The Odd] Les 5 supplices revisités

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Re: [CR][Into The Odd] Les 5 supplices revisités

Message par Carfax » mer. sept. 25, 2019 5:46 pm

Dispensaire de Bayuquan
Début de soirée


L’interrogatoire du major est sans fin. Richard et Thomas s’inquiètent. Thomas fait mine de se lever mais leur gardien le menace immédiatement de son fusil et baragouine un charabia qui n’a rien d’amical. Thomas se rassoit et, alors que son surveillant reprend sa position statique, les deux amis sont divertis par l’apparition d’un homme derrière la porte vitrée de leur cellule de fortune. « Non de Dieu ! » peste le lord. « Il ne se peut…la chute ne pouvait être que mortelle ? » renchérit Thomas. Dans un uniforme blanc immaculé d’un officier de haut rang de la marine impériale nippondienne, Tsatoba en personne vient de stopper devant la vitre. Il se retourne sur lui-même mais, par chance, semble accaparé par tout autre chose et ne leur prête nulle attention. Le voilà qu’il hèle quelqu’un. Un nippondien râblé aux cheveux dépenaillés, portant des lunettes et une blouse blanche non boutonnée, se présente à ses côtés. Les deux hommes discutent - mais impossible d’en discerner la teneur pour les deux aventuriers assis où ils sont – puis se quittent sur un geste d’acquiescement réciproque de la tête.

Le capitaine Tobo écrase le plat de sa main sur l’ordre de mission du major Fergusson posé sur la table d’interrogatoire. « Que signifie ça ? Pourquoi vous ici ? » crie l’officier en se levant de sa chaise pour dominer de toute sa hauteur le major assis face à lui. « Pourquoi vous ici ? » répète-t-il en décortiquant chacune de ses syllabes. Ian boue intérieurement. Il collectionne les idioties et celle-ci est de taille. Il n’avait tout bêtement pas pris le soin de détruire cette ordre comme le lui avait conseillé le Haut-Général Roberts. Et comble de tout, il l’avait conservé sur lui. La violente frappe du poing de l’officier sur la table le sort de ses pensées. « Répondez ! » hurle le nippondien ,son visage à quelques centimètres du sien.

Ian n’est pas revenu. Le jeune officier du port, toujours le même, marche devant eux. Accompagné de deux de ses hommes, il les mène à travers les longs couloirs du dispensaire pour déboucher sur sa vaste cour intérieure. Là, d’innombrable gens s’entasse. Les civils de Bayuquan sont retenus dans cette cour. Dans l’urgence, les familles ont emporté le minimum vital et leurs maigres richesses. Valises et sacs s’entassent de part et d’autres à côté d'eux. On traîne aussi ses enfants par la main ou l’on porte les plus petits dans les bras. Pleurs et lamentations résonnent partout couvertes par les invectives des soldats qui trient et examinent chacun des déportés. Manifestement, ils recherchent quelqu’un ou quelque chose. L’officier se tourne vers les deux occidentaux « La ville est la loi martiale. Tous ceux qui tentent de s’évader seront fusillés. Allez ! ». Puis, les deux hommes sont poussés brutalement dans la cour. A peine ont-ils fait un pas à l’extérieur qu’un jeune mandchoudien, les yeux fous et courant vers eux en criant, est projeté à terre par deux soldats qui l’interceptent. Après l’avoir roué de coups, les deux bourreaux s’éloignent, laissant leur victime tenter de se relever. Aucun villageois n’intervient pour l’aider. Richard se précipite alors pour lui prêter secours. Alors qu’il relève le jeune homme meurtri, des coups de klaxon retentissent dans son dos ; trois camions mécanisés de l’armée traversent la foule depuis l’entrée du camp. Des soldats bousculent tous les malheureux qui entravent leur cheminement. Le temps de s’écarter, Richard perd de vue le jeune homme qui profite de l’aubaine pour disparaître dans la foule.

Le convoi mécanisé stoppe non loin d’une large double porte du dispensaire. Des hommes curieusement accoutrés descendent des plateformes des véhicules. Vêtus de combinaisons mêlant cuir et matière synthétique, ils ont rabattu une grande cagoule sombre sur leur tête et enfermés leurs yeux derrière d’épaisses lunettes retenues pas un élastique.  Malgré la lourdeur de leur équipement qui leur impose une démarche saccadée, ils s’empressent de décharger des fûts métalliques qu’ils entreposent à l’intérieur du bâtiment.

« Il ne faut pas rester ici. Suivez-moi. Vite ! ». Un nippondien habillé de fripes aussi vieilles que misérables s’éloigne d’eux en claudiquant vers un attroupement d’aveugles à l’écart des autres civils. Interloqués mais intrigués, Thomas et Richard prennent sa suite. Parvenu près du groupe d’aveugles, ceux-ci les encerclent aussitôt pour les noyer dans leur masse. « Je me nomme Saitô Matsumoto. Oui je suis nippondien mais je suis recherché par mes compatriotes pour trahison. Je fais partie de la société des Gardiens du Dernier Sacrilège et vous attendait à Bayuquan. Nous savons que vous recherchez un tombeau. Je devais vous y guider dès votre arrivée mais j’ai été pris par la raffle perpétrée par les envahisseurs. ». Thomas le coupe « Mais enfin comment savez-vous notre venue ici ? ». « Plus tard les questions, plus tard. Enfilez ça ! » et il leur tend des guenilles pour s’en vêtir. « Les soldats regroupent les pestiférés et les déficients pour les expatrier sur l’île de Zaoshou. C’est le seul moyen de s’échapper d’ici. ». Richard dodine du chef « Impossible, nous ne pouvons abandonner notre ami. Il est retenu dans le bâtiment. ». D’un air attristé, Saitô répond « Alors, nous ne pouvons plus rien pour lui… ». 

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à suivre...
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Message par AsgardOdin » jeu. sept. 26, 2019 7:17 am

C'est pas beau la guerre..
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Message par Carfax » jeu. sept. 26, 2019 10:28 am

AsgardOdin a écrit :
jeu. sept. 26, 2019 7:17 am
C'est pas beau la guerre..
Oui et tu as encore rien vu....comme tu vas pourvoir le lire dans le prochain post  :?
 
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Re: [CR][Into The Odd] Les 5 supplices revisités

Message par Carfax » jeu. sept. 26, 2019 10:55 am

Dispensaire de Bayuquan
En soirée

 
Le dernier hurlement de douleur est terrible. Il tambourine toujours dans sa tête. Là, devant lui, à quelques mètres, le torse dénudé et allongée sur le ventre, Meï vient de perdre connaissance sur la table de dissection de la petite salle d’expérimentation. Son dos est sanguinolent. Le petit homme ricane et se tourne vers le major exposant à sa vue le bout de peau tatoué qu’il vient de dépecer à vif. Ian s’agite, rugit, insulte. Mais l’étau est trop fort. Enserré et ceinturé par deux soldats, il ne peut bondir sur l’infâme médecin nippondien. Celui-ci, un rire machiavélique aux lèvres, s’approche désormais d’un chevalet de bois en forme de X disposé tout proche et sur lequel est entravé un Shen De. En effet, la morphologie et le faciès du supplicié ne trompent guère quant à sa nature. Au son des pas du médecin qui s’avance, celui-ci s’agite violemment tentant vainement de se libérer de ses liens. Lui aussi a le torse dénudé. Lentement, avec précision, l’horrible praticien dépose son trophée sur le torse de son cobaye et entreprend de le coudre méthodiquement.

Après son interrogatoire, Ian avait été directement entraîné dans une cellule aveugle et puante. Sur son sol, on avait renoncé depuis longtemps à ôter les diverses couches de paillasses, tapis et couvertures empilées et imprégnées de crasses et d’urine. La vermine y prospérait. Dans cette cellule, il avait tué le temps avec trois autres prisonniers, des mandchoudiens aux mines patibulaires dont l’accoutrement laissé penser à des marins. Après une infinité d’heures à pourrir dans cette geôle improvisée, Ian, comme les trois mandchoudiens, avait été emmené vers la salle d’expérimentation sous la surveillance zélée de plusieurs soldats. A présent deux le maintenaient ceinturé alors que deux autres tenaient en joue les marins confinés dans un coin de la salle.
 
Son forfait accomplit, le petit médecin inspecte une dernière fois son acte chirurgical. Le Shen De prisonnier de son chevalet, pris de quelques soubresauts, gémit. Son tortionnaire se redresse et zyeute le major, un sourire carnassier aux lèvres. « Alors, comme cela, vous êtes venu m’espionner et voler mes travaux. Et bien, vous allez pouvoir vous rendre compte par vous-même du résultat. Dans quelques minutes, vous allez connaître l’arme la plus redoutable de l’armée impériale. ». Il saisit alors une seringue déposée sur son plan de travail et s’approche d’un fût métallique entreposé non loin de là dans lequel il prélève consciencieusement avec son instrument un épais liquide. La main levée, il se rapproche de Ian. Le major, un rictus de peur sur le visage, les yeux exorbités, louche sur la goutte liquoreuse qui s’écoule le long de la fine aiguille. « Autrefois, cette arme a détruit la moitié de l’Europe. Elle est plus puissante que toutes les armées du monde : la peste ! Même aujourd’hui il n’existe aucun vaccin. Ici il s'agit de sa variante "jaune" dont la souche a été dérobée à Bastion même.» Il rit. Le voilà au contact du major. « Vos médecins rassurent leur population en prétextant que ce bacille est sans effet sur la race blanche. Grâce à votre généreux volontariat, nous allons pouvoir très vite en juger ! ».
 
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D’un geste rapide et violent, le criminel déchire la manche du major et lui injecte le contenu de sa seringue dans le bras. Le petit bourreau est pris d’un rire frénétique puis il précise « Demain, le contenu de ce fût et bien d’autres sera répandu dans toute la ville, afin de vérifier la virulence du bacille et sa capacité d’anéantissement d’une population. Notre empire sera alors en mesure d’imposer ses conditions de victoires à tous ses ennemis. Mais je ne veux pas perdre mes premiers cobayes. Vous allez être exilés sur l’île de la Souffrance, où mon unité prendra régulièrement des nouvelles de votre santé... ». Et son rire reprend. Ian s’écroule. Abattu par son malheur..

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Un mot sur l'unité 731 japonaise.
Durant la guerre sino-japonaise, l’unité 731 était une unité secrète chargée de développer des armes bactériologiques. Elle procéda à des expériences sur des êtres humains et mit en pratique ses découvertes sur les champs de bataille et les populations civiles. Après la guerre, ses chefs échangèrent les résultats de leurs recherches contre leur impunité. Cette unité fut créée en 1931 par Shiro Ishii (cf. image ci-dessus qui est réellement son portrait) et fut démantelée en 1945. Elle était basée près de Harbin, au centre de la Mandchourie, et camouflée en unité de purification de l’eau destinée aux troupes. Elle avait donc pour objectif la recherche bactériologique et les applications militaires possibles des découvertes. Les expérimentations étaient réalisées sur des cobayes humains. Les premiers d’entre eux furent les résistants et les condamnés à mort. Mais rapidement, les camps accueillirent des soldats chinois ou russes, puis des citoyens accusés d’agitation, des femmes et des enfants. Elles produisaient également des armes bactériologiques. Selon les sources, on estime que plus de 10 000 personnes auraient trouvé la mort dans les laboratoires et que près de 600 000 autres seraient mortes à la suite de l’usage des armes bactériologiques par l’armée japonaise.
La barbarie humaine semble sans limite !
Dernière modification par Carfax le ven. nov. 22, 2019 9:40 am, modifié 3 fois.
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Message par Carfax » jeu. sept. 26, 2019 12:08 pm

Sur son chevalet de bois, le supplicié Shen De est pris de convulsions. Il hurle. Sa greffe tatouée rougeoie. Désormais, de cet épicentre, des stries, tels des griffures animales, parcourent son corps et déchirent ses chairs. La scène est insoutenable, cauchemardesque. Dans la petite salle d’expérimentation, les soldats témoins de cette horreur sont saisis. Une opportunité que ne manquent pas leurs trois prisonniers mandchoudiens qui se jettent sur eux. Une lutte s’engage mais rapidement les prisonniers prennent le dessus. L’un deux s’empare du fusil d’un soldat et l’abat d’une balle en pleine tête. Affolé, se sentant menacé, le petit tortionnaire en blouse blanche profite de la confusion et s’enfuit avec précipitation de la salle.

Dans la cour du dispensaire, une troupe bouscule les miséreux parmi lesquels se cachent Thomas et Richard. On les aiguille vers la sortie sans ménagement et très vite une colonne se forme qui passe sous le haut porche de l’entrée du camp. Soudain, une détonation retentit dans le bâtiment. Les soldats se figent. Puis une autre. Dans la cours, des officiers crient des ordres. Les soldats s’agitent, courent, se regroupent, s’élancent vers l’intérieur du dispensaire. L’agitation gagne la foule du camp et très vite des mouvements de cohues naissent. Richard, Thomas et leur guide profitent de cette confusion pour prendre la poudre d’escampette. Dans la nuit, Ils s’éclipsent du camp en catimini.

On le secoue. On lui parle. Il ne comprend pas. On tire. Plusieurs fois. Oui, la piqûre. La salle d’opération. La souffrance de Meï. Meï. Elle est là, toujours inanimée et entravée. Il se lève. Sur sa droite, un homme à la porte tient en respect par ses tirs l’avancée des soldats qui s’amassent dans le couloir menant à eux. C’est un de ses co-prisonniers. Un des deux autres lui tire le bras et l’attire à lui. Il lui fait signe de fuir. Au sol, les quatre soldats nippondiens sont morts. Sur le chevalet le Shen De gît, son corps déchiqueté de toute part. Ian sent la nausée monter. De nouveau, on le tire. Alors tout s’enchaîne. Il délie Meï restée inconsciente. La porte sur son épaule et fuit derrière les mandchoudiens. Leur cavalcade sous le feu ennemi les mène dans un entrepôt où des hommes étrangement accoutrés de masque et de tablier déchargent des fûts d’un camion. Une nouvelle lutte s’engage mais, gêné dans leur mouvement, les fuyards éliminent rapidement cette nouvelle opposition. Un des mandchoudien démasque l’un d’entre eux tombé au sol et pousse un cri de terreur.

Les trois hommes courent dans la nuit. Ils s’éloignent du camp. Soudainement le Lord stoppe et interpelle « Thomas, stoppe ! On ne peut abandonner Ian. Il faut profiter de la confusion pour l’extirper de là. ». Thomas se tourne vers Saitô. « Le dispensaire a certainement une chaudière ? Seriez-vous nous y conduire ? » Saitô acquiesce. « Alors allons ajouter de la confusion à la confusion et faisons confiance au major pour qu’il sache en profiter… » siffle Thomas. Faisant volte-face, tous trois repartent vers le dispensaire.

Aidé par l’un des mandchoudien, Ian dépose Meï sur la plateforme arrière du camion puis y grimpe à son tour. Juste à temps. Dans un vrombissement, le véhicule s’emballe. Piloté par les deux autres fugitifs montés à l’avant, le véhicule traverse la cour à toute allure abandonnant derrière eux le bâtiment d’où s’élèvent à présent de hautes flammes. Sous le tir appuyé de quelques soldats, il traverse le haut porche du dispensaire et pulvérise sa frêle barrière en travers du passage.

La cohue aidant, pénétrer dans le dispensaire par une arrière porte et atteindre la chaudière ne fut pas une tâche difficile. Alimenter cette dernière et bloquer sa tuyauterie pour atteindre une haute pression destructrice non plus. Le résultat est sans appel comme en témoigne la terrible explosion survenue dans leur dos alors qu’ils s’éloignent en courant le long de la route qui mène au bâtiment depuis le port. Au-dessus d’eux le ciel se mire d’une couleur rougeoyante signe de l’embrasement du camp. Ils courent. A perdre haleine. Sur la route, un camion sans feu les dépasse à vive allure. Thomas et Richard croisent le regard d’un homme hagard assis sur sa plateforme arrière et qui tient serré contre son corps celui d’une femme.
 
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Fin de notre sixième partie.
Suite ce soir.

NOTA : cette épisode conclut les deux arcs narratifs que sont le préquel de Lord Hamilton et la mission spéciale du major Fergusson héritée de feu l'agent Gueding.  
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Message par AsgardOdin » jeu. sept. 26, 2019 4:57 pm

:runaway
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Message par Carfax » mar. oct. 29, 2019 5:08 pm

Cimetière de Bayuquan
La nuit tombée

 
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La situation est perdue. Confinés dans ce caveau de malheur, assaillis de toutes parts, les investigateurs luttent pour leur survie. Un énième Shen De, monstrueuse et géante créature des fonds marins, s’extirpe de la galerie creusée de ses mains griffues dans le sol meuble sous la tombe. Dégageant son avant-bras, la créature lève une patte pour l’abattre sur le pauvre Saîto recroquevillé dans un angle du caveau. Tel un frêle bouclier, ce dernier couvre de son corps le cadavre sans âge exhumé voilà peu du fond de ce caveau. Terrifié, Saîto ne peut réprimer le cri qui monte du fond de sa gorge. Dans l’angle opposé, le Major brandit son fusil tel une masse pour asséner avec sa crosse un coup vain sur le monstre. A ses pieds, Mïa est inconsciente. Torturée au camp d’où ils se sont échappés voilà peu, sa blessure s’est enlaidie. Fiévreuse et souffrante, le pansement de fortune posé par Thomas n’a guère amélioré sa situation. Ian avait refusé de la confier aux trois pirates avec lesquels il avait pris la poudre d’escampette du camp. Redevables de son aide dans cette évasion, ceux-ci lui avaient proposés de les recueillir, ses amis et lui-même, mais aussi de s’occuper des soins urgents à prodiguer à sa compagne. En effet, en s’enfuyant à bord du camion militaire nippondien, par un extraordinaire hasard, leur véhicule avait doublé trois hommes courant à bâton rompu au bord de la route, deux n’étaient autres que ses compagnons. Non sans mal, Ian avait fait stopper la course folle du véhicule pour que ses amis montent à son bord. Leur fuite en avant avait repris de plus belle vers le nord, pour s’éloigner quelque peu de la ville et de son camp d’internement, jusqu’à une petite crique cachée dans les renfoncements méandreux des falaises du bord de mer. Mais, tel un défi et sous l’empressement de Saîto pour s’y rendre sans délai, c’est le regard posé sur le vieux cimetière figé tout là-haut sur la falaise qui les dominait qu’il avait refusé l’offre des fugitifs. Amère décision. Toujours le mauvais choix. « Toujours ! » hurla Ian en abattant sa masse de fortune sur la tête du monstre.
 
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A l’entrée du caveau, quelques marches plus haut, sous une pluie de balles, le Lord tire à lui Thomas. Ce dernier, blessé, s’est avachi. Leur tentative vient piteusement d’échouer. Pourtant l’idée leur semblait intelligente. Ouvrir de sa main gantée un portail et faire apparaître Thomas juste à côté de l’infâme Tsatoba afin qu’il le transperce de sa sagaie. Mettre à terre ce vil ennemi. Mais, embusqués une vingtaine de mètre plus loin derrières des pierres tombales, lui et plusieurs de ses hommes leur infligent désormais un déluge de feu.  Oui, la surprise avait été totale. Oui, indéniablement. Mais la sagaie s’était heurtée à une sorte de bouclier protecteur qui enrobait le sorcier nippondien. Thomas avait prestement fait retraite mais n’avait pu éviter le tir de barrage lors de sa réapparition devant le caveau tout près du Lord. Une balle l’avait fauché à l’épaule.

L’assaut de Tsatoba et de ses séides avait été brutale. Cris et tirs contrastaient désormais avec l’atmosphère si calme du cimetière lors de l’arrivée des investigateurs dans le lieu. Saîto les avait guidés vers le haut caveau qui trônait au milieu du cimetière. Ils avaient investi la tombe et découvert la sépulture d’un homme sans âge dans laquelle reposait un curieux objet : un brûloir antique. L’enjeu de l’assaut du sorcier.

Les balles crépitent et heurtent les murs du caveau arrachant des éclats de ciment. La tête baissée, Richard tire à lui Thomas pour l’abriter du déluge de plomb. Éphémère abris. Au cri du Major, il tourne sa tête et s’étrangle de peur. Encore une de ses créatures des abysses ! Quatre gisent déjà dans et aux abords du caveau. Sans arme, affaiblis, blessés, démunis, la fin de leurs aventures est proche.

La patte griffue s’abat sur sa proie. Saîto ferme ses yeux et lève son avant-bras en opposition dans l’espoir fou et idiot de bloquer l’attaque et repousser sa mort venue.
 
Dernière modification par Carfax le mer. oct. 30, 2019 10:12 am, modifié 1 fois.
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Re: [CR][Into The Odd] Les 5 supplices revisités

Message par Carfax » mar. oct. 29, 2019 5:32 pm

Lumineuse, la hallebarde transperce de sa longueur le poitrail du monstre qui s’écroule sans vie. De ses mains agiles, la gardienne retire son arme du corps du monstrueux Shen De. « Vite, suivez-moi ! » exhorte-t-elle en faisant volte-face. Stupéfait, le groupe des investigateurs s’engouffre néanmoins à sa suite dans le souterrain qui s’enfonce sous le caveau. Creusé par les monstres, celui-ci rejoint le bas de la falaise où est jonché le cimetière. Là, un esquif lutte contre le ressac qui frappe le flanc de la falaise. Mais son équipage, aguerri aux tumultes de l’océan, embarque sans mal les fuyards même s’ils rechignent en constatant la présence d’un cadavre à bord.

Les hommes souquent ferme et, dans la nuit, l’esquif s’éloigne sous les tirs sporadiques mais inoffensifs des hommes du sorcier Tsatoba. Dans l'embarcation et bien que tous restent silencieux, les investigateurs ne peuvent s'empêcher de dévisager leur sauveuse, un visage déjà croisé, tel celui de la jeune mendiante sur le port de Bayuquan.


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à suivre...
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Re: [CR][Into The Odd] Les 5 supplices revisités

Message par AsgardOdin » mer. oct. 30, 2019 8:34 pm

C'était moins une :escrime
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Re: [CR][Into The Odd] Les 5 supplices revisités

Message par Carfax » mer. oct. 30, 2019 9:15 pm

En effet ! J’ai écourté la rédaction de l’assaut mais ils ont eu bien des sueurs froides à force de repousser des vagues incessantes de Sven De monstrueux. Confiant au début, ils ont commencé à déchanter lorsque leur munitions se sont réduites à peau de chagrin et les blessures accumulées. Et en plus avec l’échec de leur plan sur le sorcier, la frustration est bien présente. Une envie de lui mettre une belle rouste à leur prochaine rencontre est plus que présente :-)
Suite du résumé demain...
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Re: [CR][Into The Odd] Les 5 supplices revisités

Message par Carfax » jeu. oct. 31, 2019 12:01 pm

Jonque pirate
Mer de Mandchoudie

 
L’eau clapote doucement le long de la coque en bois de la jonque. Au grès des remous, elle recouvre et découvre deux immenses yeux bridés peints sur la proue du navire le long de sa ligne de flottaison. Depuis peu, une pluie fine, grise et froide tombe. L’esquif s’approche et accoste la jonque. Silencieux et prenant garde de ne pas glisser, ses occupants montent à son bord. Sous le regard méfiant de nombreux pirates, chacun marche en file indienne sur le pont mouillé du bateau vers son gaillard d’arrière. Aidant Meï à avancer, les investigateurs suivent les deux gardiens Qian Lan et Saîto qui portent la dépouille exhumée du caveau. Nul ne s’interpose lorsque le groupe s’engouffre dans la descente et emprunte l’escalier de bois qui les mène vers les entrailles du navire.
 
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La cabine est plongée dans la pénombre. Son entrée est obturée par une tenture, simple mais magnifiquement ouvragée, qu’il suffit d’écarter pour la franchir. Le lieu fait moins d’un mètre soixante-dix de hauteur. Au plafond sont suspendus toutes sortes d’ornements et de colifichets qui forcent les plus grands à baisser la tête pour s’y mouvoir. Sur le sol se trouvent étalés des bris de feuilles et de fleurs noircies par le temps. La décomposition des végétaux répand dans l’air le mélange du parfum des fleurs avec un relent de compost. Un vieil homme chauve à barbe blanche assis sur une natte se lève à l’entrée du petit groupe. Il est pauvrement vêtu d’une toge blanchâtre. Il a le visage et les mains décharnées d’un homme vivant reclus et les articulations pétries de rhumatismes. Il ne fait aucun mouvement superflu mais ses traits semblent marquer un soulagement à la vue de la gardienne. Celle-ci échange quelques mots respectueux en mandchoudien puis le vieillard tape des mains. Surgissant derrière la tenture, deux asidiennes s’empressent d’empoigner Meï. Alors que les trois occidentaux s’apprêtent à récriminer cette intrusion, Qian Lan s’exprime « Nul mal ne lui sera fait, seuls des soins et lui seront prodigués et du repos offert ». Puis se tournant vers le vieillard, elle poursuit « Le vieil homme est un Gardien survivant de l’époque où l’île de Zaoshou était encore un sanctuaire des Gardiens du Dernier Sacrilège. Vous n’avez rien à craindre de lui ». Aidé de son acolyte, elle dépose alors la dépouille mortuaire sur un simple tapis de joncs tressés posé à même le sol dans un recoin de la cabine. Se disposant de chaque côté du corps et s’agenouillant, tous deux fredonnent une brève litanie.
 
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Réincarnation mortuaire de Quang Ying
 
D’abord prise de soubresauts, la dépouille se redresse soudainement sur son céans et tourne subitement vers les investigateurs présents un regard aveugle aux yeux cousus. « Bonjour mes amis. Je suis Guang Ying. Vous m’avez vu mourir à Bastion, mais je vous attendais ! ». Interloqués par cette nécromancie, les trois hommes restent cois. La silhouette qui vient de leur adresser la parole ne ressemble en rien à celle du vieillard qu’ils ont vu périr sous leurs yeux dans l’aérogare impérial. L’homme dont l’ombre a disparu, absorbée par le tatouage pectoral du vieux collectionneur. « Avant tout, je vous remercie d’être venus jusqu’ici. Beaucoup de choses sont arrivées, que je vais vous révéler… » et celui qui parle au nom de feu Quang Ying entame ses explications. « Vous êtes venus jusqu’ici pour trouver un aveugle qui saura vous dire où trouver Agaï Chen et je vais vous le dire. Le maître tatoueur est tombé malade. Il se trouve depuis plusieurs mois sur l’île de Zaoshou non loin d’ici au large de Bayouquan. On la nomme également l’île de la Souffrance car c’est en ce lieu que sont envoyés tous les pestiférés ; un flux qui n’a cessé d’augmenter depuis l’invasion nippondienne. Il faut aller là-bas pour le prévenir. Ensuite il viendra à nous pour être caché et protégé par les derniers Gardiens. ». Richard reprenant bravoure questionne « Pourquoi n’avez pas ordonné à vos Gardiens d’avertir eux même le maître tatoueur ? ». Calmement, le mort reprend « Tout d’abord, j’étais incapable de quitter seul mon tombeau. Mais surtout, l’île de Zaoshou est aux mains des trafiquants de chair humaine. Les Gardiens ne sont pas assez nombreux pour s’y faire respecter et ces mêmes trafiquants les vendraient aux nippondiens s’ils en avaient l’occasion. Autrefois, cette île appartenait aux Gardiens et ils y formaient leurs élèves. Mais un jour, une flotte de trafiquants, des malandrins sans pitiés, a débarqué afin d’accaparer leurs pouvoirs. En représailles, les Gardiens ont fait s’abattre de terribles pestilences sur l’île et ont noyé une grande partie des anciennes écoles. Depuis, l’île est infestée de malades, mais est toujours contrôlée par les trafiquants d’êtres humains. Ils pourraient aussi vendre Agaï Chen contre de l’or s’ils apprenaient sa présence par nos recherches. ».
 
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Tenant toujours fermement d’une main le brûloir âprement disputé dans la bataille du cimetière, Thomas intervient « Quel est cet objet présent dans le caveau que convoité tant l’officier Tsatoba et ses ignobles séides en nous y attaquant ? ». L’aveugle répond « C’est le Brûloir de Hu Feng. Un talisman très puissant. Il permet d’affronter la plupart des créatures des trois mondes : le monde des Hommes, celui des Rêves et l’Empire des Ombres. Mais ce n’est pas tout. Hu Feng est également lié aux encres qui permettent de réaliser les tatouages magiques. Ces encres sont investies de pouvoirs et proviennent de sources connues seulement de quelques initiés. Il existe plusieurs moyens d’obtenir des encres, mais Hu Feng a le pouvoir de « faire couler la source des encres ». Cette source se trouve sur l’île de Zaoshou. C’est pour cela que les gardiens y installèrent leur école mais aussi pour cette raison qu’Agaï Chen y est exilé. Cette source est difficile d’accès. Il est peu probable que Fong Lee possède déjà assez d’encres pour réaliser le Tatouage Suprême. Il va certainement tenter d’en obtenir davantage en les prélevant directement à la source. ». Marquant une brève pause, il poursuit « Quant à la présence de Tsatoba ? Je ne sais.  L’Océan Noir est une société secrète infiltrée dans la marine de guerre nippondienne comme vous l’avez chacun amèrement constaté. Elle est commandée par les Shen De, les Poissons qui Marchent et Ils obéissent à ce puissant shaman. Mais nul ne connaît ses plans à ce jour ».

« Voilà qui ne nous avance guère… » souffle Richard puis il interroge « Lors de notre quête, dans un repère de l’Océan Noir, nous avons trouvé trace de cet infâme rituel aux cinq suppliciés que vous aviez vous-même lancé à Bastion. Pourquoi tenter de le reproduire ? » Quang Ying répond « Alors les Shen De tente de percer le secret de l’Arcane des Cinq Supplices. Grâce à lui, ils pourraient contrôler le Messager des Tourmentes et ainsi tempérer les intentions Fong Lee, dans la perspective très probable qu’il devienne Rançonneur de Droit Divin ! Avez-vous remarquer si le shaman Tastoba avait toujours son ombre ? ».

Richard ne sait, il n’a pas prêté attention à ce détail. Dubitatif, il continue « D’ailleurs qu’avez-vous fait du livre dans l’Empire des Ombres ? Croyez-vous qu’il soit en sécurité là où vous l’avez caché ? Pourquoi ne pas l’avoir détruit ? ». Le mort murmure « Je vois que vous avez trouvé des informations concernant le vieux collectionneur. Ce livre contient le moyen de réaliser le Tatouage Suprême, qui permet de devenir Rançonneur de Droit Divin et de commander au Messager des Tourmentes. C’est pour cela que je l’ai caché dans l’unique endroit où Fong Lee ne pouvait aller : l’Empire des Ombres. Mais avec le portail pectoral de Lansdales, le sorcier peut maintenant tenter d’y pénétrer pour voler le livre. Quant à le détruire ? Il faudrait être fou pour supprimer la richesse du savoir qu’il contient. Tout lecteur du recueil ne peut se résoudre à un tel méfait ». Puis se parlant à lui-même, il chuchote « Fong Lee a déjà lancé les nombreux sortilèges permettant d’entrer dans l’Empire des Ombres par le tatouage de Lonsdales, afin de trouver l’ouvrage. Le temps presse car, ensuite, il viendra trouver Agaï Chen et menacera de tuer sa petite fille Liu Chen afin que le maître tatoueur réalise pour lui le Tatouage Suprême. Mais ces étapes obligées nous offrent encore un peu de temps pour agir et le contrer. Si Fong Lee devient Rançonneur de Droit Divin, tous ceux qui sont marqués par le Sceau du Dragon deviendront ses serviteurs inconditionnels. ».

Ian, resté muet jusqu’à présent suggère « Pourquoi ne pas simplement éliminer Agaï Chen ? La vie des autres semble peu vous importer si j’en crois le sacrifice que vous leur demander. Votre jeune élève marionnettiste à Bastion n’a pas survécu… ». L’aveugle s’emporte « Il est des sacrifices inévitables comme dans tous conflits. Pour autant ils n’en sont pas moins douloureux. La mort de mon jeune élève est un poids bien pesant sur mon âme, tout comme celles des suppliciés bien que volontaires pour cela. Mais le maître tatoueur doit survivre aussi longtemps qu’il puisse pour continuer d’enseigner ce qu’il sait aux futures générations et de tatouer les Gardiens de puissants motifs. S’il venait à mourir avant d’avoir transmis son savoir, les Gardiens ne seraient plus en mesure d’affronter leurs ennemis. Il faut donc qu’il ait impérativement la vie sauve ! ».

D’une voie posé Richard s’inquiète « Bien que cela m’effraie, nous aurions peut-être pu courir au plus vite récupérer le manuel avant le sorcier mais nous avons abandonné le seul portail que nous avions trouvé. Enfin si cette porte de bois peinte en est réellement un ? » Thomas réfute « Il est hors de question que j’y mette un pied. Ta compassion te rend-t-elle inconscient ? Libérer et laisser s’envoler une telle… » Mais la dépouille de sa voix d’outre-tombe la coupe « Alors vous avez retrouvé la porte perdue en orient ? Celle qui s’entrouvre sur les Ombres grâce au heurtoir de Yang. Vous êtes plein de surprises. Mais son égarement est inquiétant car en de mauvaises mains… C’est pour cela que nous, Les Gardiens du dernier sacrilège, nous pistons et détruisons ces portails pour éviter que des sorciers comme Fong Lee ne s’en emparent. Mais il en existe encore d’autres tel cette tenture anodine ». Levant sa main décharnée, il montre de l’index le long tissu obstruant l’accès à la cabine. « Sachez qur pour pénétrer un portail sans mal, pour aller et venir dans l’Empire des Ombres, il faut de la graisse provenant de créatures impies. Le vieux gardien ici présent qui gardait ce portail en possède un peu mais peut-être insuffisamment pour nous tous. Sur l’île, du temps lointain de l’école des Gardiens, une carte dessinée sur drapé indiquait la localisation de chacun de ces portails. Peut-être pourrions nous, en le retrouvant, localiser le sorcier Fong Lee et …». Soudainement, l’aveugle se tait. Un pirate richement vêtu vient d’entrer promptement dans la cabine. Il se présente comme second de la flotte. Sa voix raisonne dans la cabinne « Le capitaine souhaite rencontrer ses hôtes. Serpent Jaune vous attend sur le pont et n’est point réputé pour sa patience. Suivez-moi ! ».

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à suivre...
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Re: [CR][Into The Odd] Les 5 supplices revisités

Message par Carfax » jeu. oct. 31, 2019 2:04 pm

La jonque oscille doucement au gré de la faible houle. Tout autour d'elle, ses congénères font de même. Leur nombre affiche toute la puissance de la flottille pirate, une véritable petite armada. Attroupés et alignés en deux colonnes disposées de part et d'autre du pont de la jonque, l'équipage hétéroclite forment une large allée vers le gaillard avant. Un silence pesant règne et seul crépite les gouttes d'eau de la fine pluie qui s'écrasent sur le plancher en bois du navire. Chacun patiente, scrute, dévisage les investigateurs et les Gardiens qui s'avancent dans l'allée improvisée. Au bout de celle-ci, un homme attend les bras croisés. Grand et massif, il a le crâne rasé avec soin à l’exception d’une mèche de cheveux longs à l’arrière. Une barbiche associée à une moustache pointue lui assurent un air austère. Il est vêtu de vêtements de soie amples et luxueux que recouvre un plastron richement orné. A l'approche des occidentaux et des protecteurs du Dernier Sacrilège, un sourire carnassier s'épanouit sur son visage. Une fois ses hôtes à sa hauteur, il s'exclame « Voilà mes passagers ! Un honneur que vous devez à trois de mes hommes. Car si j'en crois leur témoignage, votre aide fut précieuse pour leur liberté retrouvée... J'ai hâte d'entendre votre histoire. Le comment et le pourquoi de votre présence jusqu'ici...». Au loin, au dessus de l'île de Zaoshou, dont la ligne côtière se distingue à peine sur l'horizion, un ciel sombre voile le levé de Lune.

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Fin de notre septième séance.
Celle-ci conclut le livret 4 de la campagne et entame le 5ème.
Suite prévue semaine prochaine. On passera à l'acte V.

PS : j'ai vu que le nombre de vues du fil a franchi les 10000. Un grand merci aux lecteurs qui suivent ce CR et tout particulièrement à @AsgardOdin qui ne manque pas d'y poster régulièrement un encouragement.

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Re: [CR][Into The Odd] Les 5 supplices revisités

Message par AsgardOdin » ven. nov. 01, 2019 8:07 am

:yes:
Comment tes joueurs vivent le flux d'informations ? C'est pas trop lourd ?
Douglas MacArthur : "Les années rident la peau ; renoncer à son idéal ride l’âme."

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Re: [CR][Into The Odd] Les 5 supplices revisités

Message par Carfax » ven. nov. 01, 2019 12:17 pm

C’est en effet un passage délicat. Cependant ce flux de fait conforte les schémas de pensées des joueurs qu’ils ont développé au fil des scénarios enchaînés. En fait il a permis de lier des événements, des protagonistes et des objets entre eux. Il offre aussi de rebondir et confirmer certaines prédictions du marchand ambulant.
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Re: [CR][Into The Odd] Les 5 supplices revisités

Message par Carfax » lun. nov. 04, 2019 5:46 pm

Un nouveau entre dans la danse pour lutter contre les ombres !

Un casussien m'avait contacté avant l'été. Proche géographiquement, il recherchait une table pour reprendre une activité rôliste après un long arrêt. C'est avec plaisir que nous l'avons rencontré avec la tablée pour discuter de nos attentes ludiques. Initialement, nous recherchions un quatrième joueur pour entreprendre la campagne de Mirkwood en Terre du Milieu avec AiME une fois celle-ci terminée. Au fil de notre discussion, nous lui avons proposé d'intégrer celle-ci. Voici donc ma pirouette pour l'arrivée de son personnage. 

Les personnages sont actuellement entre les mains du capitaine pirate "Serpent Jaune". La première idée qui m'est venue est de lui confier la jeune gardienne Qian Lan. Mais cela impliquerait une somme conséquente de connaissances à transmettre au joueur sur les Gardiens du Dernier Sacrilège mais aussi une méfiance des personnages actuels vis à vis d'elle qui sert un Quan Ying qui est loin d'être blanc de blanc. Et intégrer un nouveau joueur avec un personnage qui porte la suspicion sur lui ne m'a pas paru très judicieux pour ce découvrir à la table. Donc out la jeune gardienne.

Je suis donc parti sur un occidental. En relisant mon résumé, je suis tombé sur le CR du Lord auprès des autorités de Shanghaïdi en la présence de son Gouverneur, du général des troupes coloniales qui y sont basées mais aussi de son maître espion. 

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Voilà en quelques mots ce que je vais souffler au joueur...
Ton personnage est l'homme mystérieux dont le gouverneur tait le nom dans cette scène. Celui-ci est au courant de la mission ordonnée au Major Fergusson. Il connaissait aussi l'agent Gueding disparu tragiquement sur le navire nippondien le "Shen De". Cet agent avait pris contact avec tes services coloniaux de surveillance, notamment pour la mise à disposition d'un navire pour se rendre en Mandchoudie avec le Lord et ses amis. Par ailleurs, la fouille minutieuse du navire nippondien (sur lequel a été tué l'agent Gueding) par tes services a validé le témoignage du Lord. Vous avez retrouvé le corps de l'agent, mais aussi un simulacre de magie noire avec des suppliciés et un pentacle dessiné sur le sol d'une des cales. Non loin de celle-ci, une autre cale présenté des chaînes qui devait retenir un étrange prisonnier et tout un tas de pots de graisse à l'odeur atypique pour ne pas dire puante. Sur le pont supérieur, dans la cabine du capitaine, dans un double fond de son bureau, la fouille a dévoilé une petite enveloppe qui contenait une pièce de monnaie qui t'as paru très ancienne. Une simple pièce de bronze percée d'un trou de section carrée en son centre. Une découverte intrigante. Comme vous avez aussi retrouver des objets éparses de la collection d'un célèbre collectionneur d'antiquités asidiennes du nom de Lonsdales dérobés dans sa villa de Shanghaïdi, tu t'es renseigné sur cette collection auprès des antiquaires locaux de la ville. Ceux-ci t'ont aiguillé vers Daïren où vit un spécialiste de l’ère ancienne où furent produites ces pièces de monnaie, un certain M Kang Daï qui réside proche de l'hôtel Yamato. Mais tu sais aussi que ce vieux collectionneur féru d'antiquité a participé à l'exposition mise en place à l'aérogare impérial de la capitale en métropole pour la visite d'une délégation mandchoudienne et qui fut récemment détruit par un terrible incendie. Cet incendie corrobore avec le départ précipité de cette délégation et de son étrange leader dénommé Fong Lee. C'est ce dangereux personnage que pourchasse le Lord et ses amis comme te l'a avoué feu Gueding. Après avoir mené ton enquête, tu as recoupé la présence de pièces de monnaie similaire dans le fascicule de cette exposition (cf Référence Salle des Bronzes dans le livret en balise spoil de cet article. Malheureusement, tu as eu la confirmation des autorités de Bastion - nom de la capitale de l'Empire auquel ton personnage appartient et sert - que toutes les œuvres exposées dans l'aérogare ont bel et bien disparu dans les flammes.

Avec l'aval du gouverneur, tu as suivi ton intuition et parti pour Daïren où tu as rencontré le fameux antiquaire. Celui-ci t'a confirmé l'authenticité de la pièce et t'a même proposé de te la racheter. Après ton refus poli, il n'a pas été simple de quitter la ville qui est dorénavant sous dominance nippondienne depuis leur invasion très récente de la mandchourie ; d'autant plus qu'il te semble être épié et suivi. Néanmoins, tu as pu soudoyé un pécheur local pour caboter jusqu'à Bayuquan, un petit port plus au nord dont tu sais être la destination de l'équipée du Lord et de ses acolytes. L'importance de ta découverte te semble majeur, du moins primordiale, surtout depuis avoir goutté aux délicieuses friandises offertes par un énigmatique marchand ambulant apparu dans les volutes de fumée du port de Daïren. Dès lors, tel un rêve, une prophétie obsessionnelle, tu cherches à les rejoindre coût que coût. Des bribes des messages perçus dans ton esprit restent gravés en toi tel « Donne ta fortune pour payer L’Écorcheur Céleste » ou encore « Une allée pavée de lotus conduit à la source des encres » mais aussi « L’Empereur de Zaoshou se drape dans la carte des portails ». C'est peut-être ce dernier qui te parait le parlant car tu sais que cette ile est située au large de Bayuquan, ta destination.
Malheureusement, tu n'as jamais atteint ce port car vous avez été arraisonné par un navire "pirate" mené par un horrible homme au visage démoniaque.

Spoiler:
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Le pauvre pêcheur fut égorgé sous tes yeux et, torturé, tu as cédé la pièce à ce terrible démon. Le bateau de pêche fut sabordé par le feu avec toi à son bord. Le rire du démon raisonne encore à tes oreilles lorsqu'il t'abandonna à ton sort en jonglant avec la pièce. Par le plus grand des hasards, attiré par la fumée des flammes, tu as été secouru par une jonque alors que tu te noyais transi de froid. Le petit pot de graisse que tu transportais aussi sur toi a intrigué l'équipage qui t'a secouru et, le peu de mandchoudien que tu maîtrises, t'a fait comprendre trois mots sans sens à tes oreilles : capitaine, serpent et jaune...   
La Pièce de Fortune
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