[CR][Into The Odd] Les 5 supplices revisités

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Re: [CR][Into The Odd] Les 5 supplices revisités

Message par AsgardOdin » lun. nov. 04, 2019 6:10 pm

Super façon d'intégrer un nouveau personnage !
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Message par Carfax » mar. nov. 05, 2019 8:54 am

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Re: [CR][Into The Odd] Les 5 supplices revisités

Message par AsgardOdin » mar. nov. 05, 2019 10:32 am

Cet homme a un charme certain. Vu le sang et les tripes que tes pauvres victimes courageux sauveurs de l'Humanité sèment un peu partout, impatient de voir comment il va réagir !
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Message par Carfax » mar. nov. 05, 2019 11:13 am

AsgardOdin a écrit :
mar. nov. 05, 2019 10:32 am
...Vu le sang et les tripes que tes pauvres victimes courageux sauveurs de l'Humanité sèment un peu partout...

mais qu'est ce qui te fit dire cela !!!!!!!!!!!!  :D :D :D
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Message par Carfax » jeu. nov. 14, 2019 5:19 pm

Palais des Reines Siamoises
Île de Zaoshou


Combien sont-elles ? Des centaines ? Des milliers ? Est-ce même pensable une telle barbarie ? Suis-je devenu fou ? Ma raison me fuit-elle ? Où ai-je mis les pieds ? Que fais-je sur cette ile maudite ? Pétrifié face à l’horreur du charnier sous ses yeux, l’agent MacAlister s’épouvante. En retrait du groupe, il est le dernier à franchir le seuil du palais des Reines Siamoises. Ornée de deux immenses colonnades qui supportent un toit en pagode aux teintes rouges sein de deux dragons dorés d'or fin, l’entrée de la demeure autrefois majestueuse est des plus macabre. D’innombrables têtes humaines tranchées s’amoncellent le long des deux colonnes formant deux gigantesques cônes morbides. L’odeur est pestilentielle, la vision horrifique, insoutenable. Nimbé de brumes, le palais semble sorti d’outre-tombe.  
 
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Il comprend à présent la réticence manifestée quelques heures plus tôt par les pirates de Serpent Jaune à s’approcher de cette île. Il se souvient des visages crispés et inquiets de ces hommes d’équipage alignés sur le pont de la jonque face à leur capitaine. Frigorifié par un crachin persistant, chacun d’eux scrutait les occidentaux et gardiens, qui étaient monté à bord du navire depuis peu, s’avancer vers leur maître. Si certains restaient silencieux, d’autres pestaient tout bas sur leur sort car ils savaient pertinemment qu’ils lèveraient bientôt l’ancre pour naviguer vers Zaoshou, île de la souffrance.

Reprenant ses esprits et accélérant son pas, MacAlister s’empresse de franchir le seuil du palais pour rattraper le petit groupe qui le devance désormais de quelques mètres. Au-devant, le capitaine Serpent Jaune mène la marche. Chargé d’un petit coffre ouvragé coincé sous son bras gauche, il suit fébrilement un étrange personnage. Richement vêtu d’une élégante tenue brodé et raffinée, ce dernier s’est présenté comme le chambellan des Reines lorsqu’il les a accueillis quelques minutes plus tôt sur la jetée d’appontage. Sans mot dire, s’aidant d’un long bâton qu’il tient fermement de sa main droite, il avance nonchalamment, sans même prêter garde à ces deux atroces monticules.

La petite chaloupe avait quitté la jonque une heure plus tôt avec un équipage hétéroclite : le capitaine Serpent jaune - qui dirigé la manœuvre de quelques-uns de ses marins tirés au sort pour accoster l’île et qui souquaient ferme désormais pour lutter contre un courant contraire - quatre occidentaux et deux gardiens dont un cadavérique. Craignant d’abandonner Maï Fang toujours convalescente aux pirates, le Major Fergusson avait insisté pour que l’un d’entre eux reste à bord à ses côtés. A contre cœur, Saïto avait été désigné à sa place. L’officier n’était pas le premier qu’il avait remarqué. En retrait derrière les premiers rangs de marins placés proches du capitaine, il avait d’abord entraperçu le Lord croisé quelques semaines plus tôt dans la demeure du gouverneur de Shangaïdi. Un concours de circonstance avait œuvré pour qu’il croise enfin la route des investigateurs qu’il recherchait, du moins c’est ce qu’il se forçait à penser tant ces fils du destin lui paraissaient grossier. Son côté cartésien lui interdisait tous raisonnements ésotériques. D’ailleurs, si les hommes de Serpent Jaune ne l’avait pas jeté aux requins c’est pour la présence de cet onguent malodorant dans ses effets personnels. Le capitaine avait consulté un vieillard à ce sujet lorsqu’il avait été repêcher des eaux froides par ses hommes. Le sage occupait une cabine encombrée de bric et de broc sur la jonque. Intrigué par l’onguent, il avait conseillé le capitaine pirate de patienter et d’attendre le retour de la « Gardienne » pour statuer sur le sort de son passager. C’est ainsi qu’il retrouva, à la nuit tombée, ceux qu’ils poursuivaient car la « Gardienne » - une jeune asidienne au cheveux bruns – était arrivée en leur compagnie. Serpent Jaune avait accepté de discuter avec eux car ils avaient contribué à la libération de trois de ses hommes du camp d’internement nippondien de Bayuquan. Adepte de la grandiloquence, Serpent Jaune avait organisé des « retrouvailles » exhibitionnistes. Mais l’assaut d’un assassin caché parmi ses hommes avait grippé le spectacle. Ce dernier avait provoqué un incendie à bord pour, dans la confusion, occire Serpent Jaune. L’opportunité de sauver le capitaine ne fut pas manquée par les investigateurs qui purent ainsi gagner la confiance du pirate, du moins sa reconnaissance. Lorsque le calme fut revenu et le feu maîtrisé, tous furent réunis dans sa cabine pour un jeu maîtrisé de confidences. Située à l’arrière de la jonque amirale, celle-ci était une large pièce aux murs garnis de râteliers d’armes de toutes sortes. Il n’y avait aucun autre mobilier et, de fait, nous assîmes sur des nattes ou des coussins posés sur le sol. Dans un coin de la pièce, quelques instruments de navigation étaient entreposés à côté desquels se trouvait un autel à Bouddha, abondamment décoré et saturé d’offrandes de toutes sortes. Des bâtonnets d’encens se consumaient un peu partout et envahissaient l’atmosphère d’une odeur entêtante propre à libérer la parole. Serpent Jaune confia qu’il vivait du trafic de l’opium - malheureusement, l’invasion nippondienne complique le jeu du chat et de la souris et les navires militaires qui patrouillent interceptent plus que souvent les cargaisons – et qu’il commerçait la drogue avec les Reines Siamoises. Celles-ci en étaient les productrices grâce à la main d’œuvre des pestiférés convoyés sur l’île qui la cultive au détriment du reste de leur misérable existence. Les Reines sont les maîtres de l’île et on leur doit le plus grand respect. Se présenter devant ses majestés sans offrande est une offense à leurs yeux ! Il révéla aussi un tatouage qu’il nomma le « Sceau du Dragon » et, tout en regardant le Major, intima qu’une lutte commune unit les personnes ici présentes « Fong Lee m’a tatoué le sceau après que je lui ai volé l’une de ses jonques. Il espère faire de moi son esclave s’il devient Rançonneur de Droit Divin. Mais je suis un homme libre et je vous aiderai dans votre lutte contre cet infâme sorcier. Je sais que vous recherchez le maître tatoueur. Il est sur l’île et malade mais aux mains des Reines. Il faudra un présent digne de son talent de maître pour qu’elles le laisse partir avec vous. Cette île est leur désormais et non plus celle des Gardiens. Ceux-ci, chassés, l’ont maudite, empoisonnée avec des maladies et ont même noyé leurs propres écoles pour que leurs secrets y soient engloutis. On dit que s’y trouve la Statue de l’Empereur Jaune et la Source des Encres, celles propres aux tatouages puissants. Mais le lieu est surveillé, gardé, dangereux, très dangereux pour qui s’y aventure. ». Mais Il fut interrompu par l’intrusion de son second. Les occidentaux profitèrent de celle-ci pour narrer rapidement leurs épopées. MacAlister confia les raisons pour lesquelles il s’étaient mis en quête de retrouver le lord et ses acolytes. Lorsque le second s’en fut et Serpent Jaune reprit la parole, il annonça une bien triste nouvelle qui fit vaciller Guang Ying. Le vieux gardien avait péri dans les flammes de l’incendie et son portail avec lui. Mac Alister ne prit pas la pleine mesure de ces pertes. Le capitaine maudit ses ennemis « L’infâme assassin. Un sbire de l’Océan Noir a n’en point douté ! Cette société secrète négocie avec les Shen De. Ses chefs veulent ma tête et veulent régner seuls sur les mers. C’est pour cela que nous les tuons sans sommation lorsque nous les attrapons. Quoiqu’il en soit, je vous mènerais sur l’île et demanderait audience à ses Reines. Pour vous y introduire, leur autorisation est absolue. Telle sera mon aide ! ».

Le palais est constitué d’une enfilade de cours et de grandes pièces. Il est bâti en pierres de taille et en bois sculptés. Les toits de tuiles relevées lui donnent un air de pagode. Mais on ne peut se défaire de ce malaise persistant qui étreint quiconque y entre et MacAlister n’y déroge pas. Les murs et les poutres de bois de chaque pièce sont peints en rouge sombre, presque noirci. Cette teinte tranche avec les bannières blanches et le mobilier de cuivre. Ce palais veut se donner des airs de richesse, mais n’en pas visiblement ni les moyens, ni le bon goût. Le chambellan conduit le groupe d’investigateurs à travers les pièces jusqu’à la salle du trône. Celle-ci beigne dans une épaisse brume. De chaque côté de la salle, les serviteurs vaquent à leurs occupations ou patientent en attendant les ordres. Contre un mur, un monticule d’objets issus probablement d’innombrables forfaits : mobilier, tapis, vaisselle, bijoux et autres orfèvreries s’élève. Tout est dépareillé et s’empile à profusion. Devant le trône positionné sur un promontoire de marbre, des vasques laissent échapper des vapeurs d’opium et d’encens qui enfument la pièce. Le chambellan grimpe la volée de trois marche qui mène au trône puis, de trois coups secs, martèle le sol de son bâton. Et alors que deux serviteurs écartent des pans de soieries, il s’écrie :

« Leurs Altesses les Reines de Zaoshou ! »

à suivre...
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Message par AsgardOdin » ven. nov. 15, 2019 9:16 am

Carfax a écrit :
jeu. nov. 14, 2019 5:19 pm
Leurs Altesses les Reines de Zaoshou ! »
:runaway
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Message par Carfax » lun. nov. 18, 2019 10:55 am

Palais des Reines Siamoises
Île de Zaoshou

 
Par un jeu mécanique rudimentaire de cordons, le pan du rideau de soie s’écarte lentement pour une mise en scène qui se veut grandiloquente. Une femme asidienne apparaît. Elle a le regard austère mais n'est nullement siamoise. La reine porte une robe de soie rouge richement ornementée de broderies et une coiffe tout aussi rouge que sa robe qui lui ceint une chevelure épaisse et noire. Elle est assise en tailleur sur plateau lui-même disposé sur ce qui semble être une immense vasque. Mais il est impossible de déterminer la nature exacte de ce trône car celui-ci reste masqué derrière un paravent en bois laqué. A la vue de leur reine, les serviteurs qui s’agitaient dans la salle du trône cessent immédiatement toutes leurs activités et font silence. Au pied des marches, Serpent Jaune se penche avec révérence et tend de ses deux bras vers la Reine le petit coffre qu’il portait avec lui. Puis, d’une voix pateline, il s’exprime « Ô Mes Reines, voici mon présent pour sceller notre accord et le prix de votre production d’opiacés que mes hommes pourront charger sur mes navires ». La Reine élève une voix fluette « Ses Majestés vous remercient Capitaine. Votre ponctualité et votre dévouement vous honorent. » puis elle tape deux fois des mains. Réagissant promptement, le chambellan ordonne d’un geste à un serviteur de débarrasser le pirate de son fardeau. Le laquais s’exécute et, atteignant le monticule de babioles, y déverse le contenu du coffre. Coupes d’argent et autres pièces en or rejoignent l’amas gigantesques d’objets brillants. La reine clame « Nous sommes satisfaites Capitaine mais, dites-nous, quelles sont ces personnes qui vous accompagnent ? ». Serpent Jaune répond « Quatre investigateurs, Ô Majestés. Accompagnés de deux mandchoudiens. Ces personnes requièrent une audience et j’ai pris l’initiative de les introduire auprès de Ses Altesses car je leur étais redevable. Ai-je froissé Ses Majestés ? ». « Nullement, nullement Capitaine. Intriguées nous sommes. Mais dites-moi, Capitaine, ces mandchoudiens nous interrogent. Une aura se dégage de leur être, nous y percevons une âme sacrée. ». « Je ne serai mentir à Mes Reines. Il s’agît là de deux gardiens du Dernier Sacrilège. » La voix de Serpent Jaune reste en suspens. Un silence pesant s’installe mais qu’il s’empresse de rompre « Mes hommes m’attendent, Ô Majestés. Je me dois de coordonner le chargement d’Opium et demande la permission de me retirer ». D’un mouvement de main lasse, la Reine acquiesce à sa requête « Faites Capitaine, faites… » puis, scrutant d’un regard appuyé chacun des investigateurs occidentaux, elle pose trois questions « Qui êtes-vous ?  Que désirez-vous ? Quel est votre cadeau ? ». Richard se racle la gorge, avale sa salive et se lance « Bonsoir Majestés, je suis Lord Hamilton de Bastion » puis il présente ses trois compagnons avant de poursuivre « Nous demandons audience à Ses Majestés car nous requérons leurs permissions. Nous souhaitons rencontrer le maître tatoueur Agaï Chen. Nous le savons malade et présent en votre royaume insulaire. ». La reine reste muette quelques instants puis répète « Quel est votre cadeau ? Le Maître Tatoueur est très demandé. Combien êtes-vous prêt à offrir pour le voir ? ». Le lord hésite. Puis, à regret, il extrait de son veston sa montre à gousset dont la valeur est inestimable, aussi bien sentimentale que marchande, et la tend vers la Reine. Celle-ci claque de mains et le même rituel envoie l’héritage familial séculaire se perdre aussi dans le maelstrom de bric et de broc. D’un nouveau signe de main, la Reine interpelle son chambellan. Ce dernier s’éclipse quelques instants et revient accompagné d’un vieillard mandchoudien claudiquant. Petit et trapu, il porte une barbe blanchie sur un visage plissé et éreinté. Ses mains rabougries sont tâchées d'encre noire. Il parait terriblement affaibli et souffrir d’un mal infectieux. Arrivé proche du trône, le vieil homme reste coi. Sur ce, un sourire malicieux aux lèvres, la Reine réitère « Quel est votre cadeau ? ». L’agent MacAlister intervient « Nous sommes aussi à la recherche de la Source des Encres. On prétend qu’elle s’écoule toujours sur cette île, dans les écoles immergées et abandonnées des Gardiens du Dernier Sacrilège. Ces deux gardiens sont nos guides. ». Elliot montre du doigt la jeune femme et la dépouille aveugle. La reine répond d’un ton sirupeux « Intéressant. Oui, intéressant. Rapporter-nous en une fiole. Oui, une fiole emplie d’encre … et je vous accorderai de converser avec le maitre tatoueur. Telle est notre décision, telle est notre désire ! Mais les deux gardiens resteront en notre compagnie. Prenez cela comme un gage de bonne conduite en notre royaume. » Soudain, sortie de nulle part, une nuée de soldats, créatures malingres et chétives à la démarche simiesque, toutes coiffées d'un chapeau conique en paille, encercle rapidement les deux gardiens. La reine claque alors une dernière fois de ses mains et le rideau de soie se referme lentement sur Ses Majestés.

« L'audience est close ! » clame le chambellan en tapant de son bâton le sol dallé de la salle du trône.     

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Soldats des Reines Siamoises
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à suivre...
Dernière modification par Carfax le mar. nov. 19, 2019 9:11 am, modifié 1 fois.
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Re: [CR][Into The Odd] Les 5 supplices revisités

Message par AsgardOdin » lun. nov. 18, 2019 6:00 pm

En fait elles sont plusieurs mais seule ! :runaway
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Message par Carfax » lun. nov. 18, 2019 6:57 pm

AsgardOdin a écrit :
lun. nov. 18, 2019 6:00 pm
En fait elles sont plusieurs mais seule ! :runaway

Patience... :bierre:
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Re: [CR][Into The Odd] Les 5 supplices revisités

Message par Carfax » mar. nov. 19, 2019 10:25 am

École immergée des Gardiens du Dernier Sacrilège
Île de Zaoshou
 
Sous l’impulsion de légers coups de rames, la barque au fond plat avance lentement. Elle perce l’épais brouillard qui enveloppe le marais dans lequel elle s’enfonce. Les quatre hommes à son bord restent muets. La discrétion est de mise depuis leur départ voilà une bonne heure. Après leur entrevue avec les Reines de l’île, ils ont suivi le chambellan jusqu’à un petit embarcadère en bois pour grimper dans cette frêle embarcation. Aux aguets dans cette purée de pois, c’est muni de deux rames qu’ils progressent sur les terres inondées de l’ancienne école des Gardiens du Dernier Sacrilège. En ces lieux, le sel a tué les plantes. Il n’est pas rare de croiser des troncs pourrissants qui flottent et dérivent avec paresse. Les arbres morts encore debout sont décharnés et tendent leurs bras noirs vers un ciel chargé de nuages bas. Mais, peu à peu, ils s’effacent pour laisser place à de hautes colonnades en enfilade qui supportent un long toit en pagode. Toutes partiellement immergées, elles apparaissent à bâbord et tribord de l’esquif. Nul bruit si ce n’est celui du clapotis des rames qui plongent dans l’eau boueuses et stagnantes. Il règne une odeur de charogne et, dans cet air vicié, nulle présence sinon celle de ces voraces moustiques qui pullulent en ce début de nuit. De temps en temps, l’eau s’agite et une onde s’éloigne pour disparaître sous un talus, sans qu’on sache de quoi il s’agissait.
 
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Noyés dans les eaux et malgré l’ancienneté de l’inondation, la robustesse de l’édifice qui émerge de la brume l’a fait résister aux infiltrations et à la corrosion. La catastrophe déclenchée par les Gardiens n’a pas abattu leur cité mais a surement détruit leurs secrets. L’eau qui circule ici s’est assombrie. Elle monte et descend au grès des marées comme l’atteste les dépôts d’algues accrochés à la base des colonnes. Soudainement, Richard, positionné à la proue avec le brûloir de Hu Feng à ses pieds, s’écrit « là ! ». Face à eux, une haute statue se distingue. Elle est à l’effigie d’un guerrier des temps anciens, le regard fier portant au loin. Un drapé est jeté sur ses épaules. Le reflet des faibles rayons lunaires qui percent vainement la brume ambiante laisse augurer une étoffe soyeuse. A n’en point douter, les quatre compagnons jugent qu’ils ont devant eux la Carte des Portails. Comment une telle étoffe aurait-elle pu résister aux affres du temps sans être un arcanum ?

La prudence est de mise. Thomas et Ian rament avec douceur pour s’approcher lentement de la statue impériale. Assis à la poupe, Elliot la scrute avec attention. « Poc ! », la barque heurte délicatement le piédestal. Richard se redresse mais il lui est impossible d’attraper l’étoffe. Elle reste inaccessible car bien trop haute. Il faut grimper sur la stèle. Il se tourne vers l’agent pour solliciter son aide et, interloqué, blasphème un « Foutre Dieu ! » très inhabituel chez lui. Derrière l’agent, une gigantesque créature boueuse de plus de trois bons mètres lève ses deux bras au ciel. Sans visage, un énorme trou en lieu et place, dégoulinant d’eau saumâtre, elle joint ses deux mains qu’elle s’apprête à abattre telle une massue sur l’agent inattentif. D’un réflexe, le lord s’appuie sur la stèle pour donner une forte impulsion vers l’arrière à l’embarcation. Juste à temps pour éviter que les deux poings ne tuent MacAlister mais ceux-ci frappent durement la poupe de la barque. Surpris, ses occupants valdinguent. Ian ne peut éviter la chute à l’eau lorsqu’il part à la renverse. Le Lord maîtrise son équilibre et aide Thomas qui parvient à rester sur la barque tout comme Eliott qui se raccroche avec force au banc de nage.

Golem de boue
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Un combat acharné s’engage. Ian reprend pied car le niveau de l’eau lui arrive sous la taille. Il s’empresse de remonter dans la barque sans s’apercevoir qu’une autre créature s’érige dans son dos ; Thomas s’empare de sa sagaie qu’il lance sur la première créature ; Richard tire également sur celle-ci mais sa balle semble sans effet sur le montre ; Elliot absorbe son arcanum et, désormais invisible, s’agrippe à la stèle pour y grimper. La première créature recule sur l’impact de la sagaie. Celle-ci reste figée dans son corps. N’écoutant que son courage, Thomas saute sur le golem de boue pour saisir son arme restée figée et, par son élan, le transpercer mortellement. Encore en retrait, le deuxième golem se rapproche dangereusement de l’esquif. Ian sort son arme et tire dessus constatant avec amertume l'inefficacité de son attaque. Richard réfléchit rapidement et se dit que ses gardiens peuvent disparaître s’il se saisit de la carte. Sur ce, il se jette en avant pour attraper la stèle mais se heurte avec incompréhension à un mur invisible. Il chute dans l’eau.

Eliott ressent un choc dans son dos mais, bravant la douleur de l’impact, il tient bon et arrive à grimper sur le piédestal. Il se redresse et d’un geste vif retire l’étoffe de la statue. Autour de lui, l’eau n’est que remous et bouillon. Thomas est éreinté. Il lutte à mort. Enfin, sa sagaie fait merveille et pulvérise le premier golem. Ian est inoffensif avec son arme. Il profite de la lenteur de la deuxième créature pour, d’un coup de rame, s’éloigner avec la barque de ses attaques massives. Hébété par sa chute incompréhensible, Richard s’appuie sur la stèle qu’il contourne pour se cacher du monstre. Mais devant lui l’eau s’agite. Il dégaine son pistolet et braque dans cette direction. Prêt à toute éventualité, son doigt comprime la gâchette de l’arme. Alors qu’il s’apprête à faire feu, Eliott réapparaît dans sa ligne de mire. Il tient la Carte dans ses mains. « Foutre Dieu ! », voilà la deuxième fois que le Lord jure ; il s’est fallu d’un rien qu’il tue son acolyte. Non loin, grâce à la diversion de Ian et positionné dans le dos du golem encore debout, Thomas inflige deux coups létaux avec sa sagaie. L’eau s’assagit. Les quatre hommes sont exténués. Ils s’empressent de remonter dans la barque pour s’éloigner promptement et plus avant de cette maudite statue.

Trempés, tous grelottent dans la barque qui dérive calmement sur les eaux sombres désormais apaisées. « Pop ! ». Ian ôte le bouchon de sa flasque de brandy. Chacun y boit plus que de raison pour retrouver un peu d’aplomb. Désormais quelque peu rasséréné, leur impatience est telle qu’ils déplient la Carte des portails. De taille imposante, elle représente une mappe monde. Trois points lumineux y apparaissent qu’ils localisent immédiatement en Mandchoudie : le premier sur sa côte orientale qu’il attribue à leur porte abandonnée dans leur navire ; le deuxième en plein cœur du pays, certainement le repère du sorcier qui détient le tatouage de feu Lonsdales et le troisième, plus énigmatique, sur cette île maudite ; dans cette école submergée ? Mystère.

Mais nul temps de s’interroger plus avant, il leur faut trouver cette source. Elliot se souvient de ses rêves sucrés délivrés par le Marchand Ambulant « Une allée pavée de lotus conduit à la source des encres ». Mais ici, dans ces ruines putrides, aucune plante ne pousse. Subitement, une idée leurs vient. A l’aide de leurs deux rames, ils remuent précautionneusement le fond vaseux de l’eau à la recherche d’un dallage ornementé de lotus. Bingo ! Dans les remous vaseux, ils aperçoivent des portions décorées de dalles décorées de fleurs blanches. Poursuivant ce fil d’Ariane, le groupe s’enfonce dans les brumes nappant l’immense école immergée des Gardiens du Dernier Sacrilège.

L’allée de lotus débouche sur une immense cour carrée dont tout le pourtour est ceint de grande colonnades supportant ces mêmes toits en pagode. A sec, ce lieu devait être une majestueuse place cérémoniale ou d’apparat à n’en pas douter. En son centre, une cage ferrée émerge. Ses barreaux sont larges et bardés d’épaisses pointes. Bien que rouillée, la structure paraît toujours solide. Les investigateurs, prudents, ralentissent leur embarcation pour rester à distance raisonnable de cette cage. Mais à leur approche, sous celle-ci, l’eau boueuse s’agite, bouillonne.

Brusquement, surgissant de sous les eaux, une créature gigantesque vient heurter avec violence la structure ferrée qui tremble sous le choc. Recouverte d’un genre de carapace de cartilage abritant ses organes internes, elle est recouverte d’algues et de mollusques lui donnant une teinte verdâtre. Elle possède deux immenses pinces capable de sectionner un homme en deux. Celles-ci s’agitent avec frénésie tandis que ses petits yeux noirs observaient les quatre intrus. Ceux-ci manquent de tressaillir à la vue de cette vision horrifique. Et il leur faut plus que du courage pour ne pas fuir dans l’instant.  
 
La créature monstrueuse prisonnière de la cage en fer
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Fin de notre 8ème session de jeu
Dernière modification par Carfax le mer. nov. 20, 2019 10:37 am, modifié 2 fois.
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Message par Carfax » mar. nov. 19, 2019 4:19 pm

Un petit aparté. J'ai lu et beaucoup beaucoup aimé Rats In The Walls de @Kobayashi. Il ne me reste que peu de séances (une voir deux) pour terminer ma campagne et c'est pour cela que je ne bascule pas sur cette mécanique. Mais on m'a gentillement demandé par MP le partage de mes feuilles de personnage pour jouer cette campagne avec ce système de jeu. Bah, du coup, j'ai adapté ma fiche que je partage avec plaisir avec qui cela intéresse. Elle n'est pas figée mais voici son rendu. Un recto verso façon passeport :

le DOS
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La FACE
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Bien sûr si cela ne sied pas au sieur @Kobayashi je la retire fissa !
 
Dernière modification par Carfax le mar. nov. 19, 2019 4:58 pm, modifié 2 fois.
Un billet sur Un surnom vaut mieux que deux tu le sauras  est toujours un petit plus sympa !

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Kobayashi
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Re: [CR][Into The Odd] Les 5 supplices revisités

Message par Kobayashi » mar. nov. 19, 2019 4:35 pm

Merci beaucoup pour ton travail, je ne doute pas que ça servira à quelqu'un ! :bierre:
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Re: [CR][Into The Odd] Les 5 supplices revisités

Message par polki » mar. nov. 19, 2019 5:07 pm

merci carfax
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Re: [CR][Into The Odd] Les 5 supplices revisités

Message par raskal » mar. nov. 19, 2019 5:41 pm

@Carfax Super gentil. Tu remplies la feuille avec un outil de traitement d'images genre GIMP ?
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Re: [CR][Into The Odd] Les 5 supplices revisités

Message par Carfax » mar. nov. 19, 2019 5:43 pm

Et merci à tous trois.

Je pose la photo dans son calque dédié.
Je fais de même pour remplir la fiche.
Le tout est fait avec Paint.
Un billet sur Un surnom vaut mieux que deux tu le sauras  est toujours un petit plus sympa !

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