[CR][Into The Odd] Les 5 supplices revisités

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raskal
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Re: [CR][Into The Odd] Les 5 supplices revisités

Message par raskal » mar. nov. 19, 2019 5:46 pm

Carfax a écrit :
mar. nov. 19, 2019 5:43 pm
Et merci à tous trois.

Je pose la photo dans son calque dédié.
Je fais de même pour remplir la fiche.
Le tout est fait avec Paint.

Merci. je ne savais pas que Paint permettait  de gérer les calques :D
>>Blog jeu de rôle : http://theraskalrpg.blogspot.com

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Re: [CR][Into The Odd] Les 5 supplices revisités

Message par Carfax » mar. nov. 19, 2019 6:05 pm

C'est très simple !
Cet outils me suffit largement 

EDIT : fichiers envoyés
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Re: [CR][Into The Odd] Les 5 supplices revisités

Message par AsgardOdin » mer. nov. 20, 2019 8:27 am

Carfax a écrit :
mar. nov. 19, 2019 4:19 pm
Il ne me reste que peu de séances (une voir deux)
Quoi ? 8O :grmbl:

Merci pour les images ! :bierre:
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Re: [CR][Into The Odd] Les 5 supplices revisités

Message par Carfax » jeu. nov. 21, 2019 10:42 am

AsgardOdin a écrit :
mer. nov. 20, 2019 8:27 am
Quoi ? 8O :grmbl:

:D il faut une fin à tout !
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Re: [CR][Into The Odd] Les 5 supplices revisités

Message par Carfax » jeu. nov. 21, 2019 10:57 am

Ecole semi-submergée des Gardiens du Dernier Sacrilège
Île de Zaoshou

 
Image
 
Le faisceau lumineux projeté par le brûloir fige la créature dans sa cage. Comme pétrifiée, celle-ci ne bouge plus, seules ses mandibules s’agitent dans des va-et-vient incessants, comme hypnotiques. Face à elle, agenouillé à la proue de l’esquif, Richard pointe de son bras droit tendu le brûloir qu’il tient d’une main ferme. Sa manipulation n’est pas aisée car, une fois allumé, ce dernier devient extrêmement chaud et seule sa poignée est appropriée à sa saisie. Curieusement, les aléas et la précipitation de leur aventure depuis la prise de haute lutte de cet arcanum avaient écarté son examen attentif par les investigateurs. Ils avaient tout bonnement négligé de s’y intéresser. Face au monstre, comme une intuition, le Lord s’était souvenu des propos confiés par Guang Ying sur la jonque pirate à travers sa dépouille mortuaire « Le brûloir peut « faire couler la source des encres » qui se trouve dans les écoles semi-immergées de Zaoshou ». Une telle créature ne pouvait être qu’une engeance du plan des ombres. Examinant l’objet, Richard avait ouvert la trappe disposée sur sa face arrière. Une odeur âcre s’en était échappée, une odeur immédiatement reconnaissable à ses narines…celle de la graisse brûlée d’une maigre bête de la nuit. Le fond du brûloir contenait encore un dépôt noirâtre de cette graisse. Un frisson parcourra l’échine du Sir lorsqu’il enflamma ce dépôt à l’aide de son zip. La graisse s’embrasa. Le brûloir luisit et émit un large faisceau de lumière depuis l’opercule sur sa face avant que Richard avait préalablement pris soin d’ouvrir.

Éclairé par le brûloir, le corps cartilagineux de la créature suinte. Une mixture huileuse et noire sue de son épiderme. Telle l’huile dans de l’eau, cette substance liquoreuse qui se déverse dans les eaux stagnantes ne s’y mélange pas. Mais aucune ondulation du fait de l’immobilisme de la bête ne propage ces nappes d’encre vers la barque. Il faut s’y résoudre et s’approcher de la cage pour récolter l’encre. Et vite car le Lord ne sait la durée de vie de son faisceau lumineux. La graisse se consume irrémédiablement dans le brûloir. Mais hors de question de prendre le risque d’aborder la bête avec la barque de peur de perdre brutalement leur maîtrise sur la créature. Non, un courageux doit se mettre à l’eau.

A regret, Ian déverse dans l’eau croupissante le peu de l’excellent Brandy que contenait encore sa flasque. Puis, avec prudence, il se met à l’eau. Eliott se joint à la baignade forcée. Tous deux progressent vers le monstre toujours aussi calme sous l’emprise lumineuse. Approchant de la grille, Ian manque de glisser car le sol se dérobe sous ses pieds. Il se doit de nager pour atteindre les barreaux. Resté en retrait, aux aguets, Eliott sort son arme. Il scrute les environs tout comme Thomas le fait depuis la barque. Soudain Richard hèle « Pressons, le faisceau faiblit ! ».

Désormais accroché aux barreaux qu'il vient d'atteindre, Ian tend son bras au travers. Sa flasque frôle la carapace de l’immonde bête et s’emplie du liquide qui y suinte. Sa main comme ses vêtements s’imprègne d’encre. Le major ferme les yeux et n’ose songer aux éventuelles fâcheuses conséquences de ce contact ragoutant.

Après ce qui lui semble être une infinité, sa flasque regorge enfin du sirupeux liquide. Alors qu’il la referme avec minutie, l'officier entend ses acolytes s’égosiller. « Attention ! », « Vite ! », « Ils reviennent ! ». C’est la débandade, cinq golems viennent de surgir des eaux. Espacés à équidistance de la cage, positionnés aux extrémités de ce qui semble être les cinq branches d’un pentacle, ils progressent vers les deux nageurs et la barque. Ces deux derniers s’y précipitent pour remonter à son bord manquant de faire chuter à l’eau le Lord qui vient de couper le faisceau de son brûloir. L’épouvantable crustacé s’ébroue et s’affole, heurtant violemment sa cage et provoquant de dangereux remous. Par bonheur, ceux-ci ralentissent la progression des golems de boue. A la poupe, malgré l’agitation de son esquif, Thomas réussit un maître tir avec sa sagaie, pulvérisant le plus proche assaillant qui menaçait leurs arrières. Cette victoire leur offre une issue salvatrice. A coups de rames rageurs, les quatre hommes s’échappent du guet-apens et fuient cet affreux marécage.  

à suivre...
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Re: [CR][Into The Odd] Les 5 supplices revisités

Message par AsgardOdin » jeu. nov. 21, 2019 2:27 pm

Carfax a écrit :
jeu. nov. 21, 2019 10:57 am
A regret, Ian déverse dans l’eau croupissante le peu de l’excellent Brandy
Les joueurs doivent parfois faire de terribles sacrifices..
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Re: [CR][Into The Odd] Les 5 supplices revisités

Message par Carfax » ven. nov. 22, 2019 4:06 pm

Palais des Reines siamoises
Île de Zaoshou


« Quel est votre cadeau ? » clame la Reine sur son trône. De retour au palais, les quatre investigateurs, éreintés physiquement et psychologiquement par leur périple à travers le marais submergeant l’école abandonnée des Gardiens du Dernier Sacrilège, restent interloqués. Si le cérémonial fut le même en tous points – annonce du chambellan, lente ouverture du rideau masquant sa majesté et questions rituelles –, les sujets présents dans la grande salle diffèrent. Aucun serviteur mais une vaste troupe d’étranges soldats., cette même soldatesque rachitique coiffée de chapeau de paille conique. Peu nombreux à leur arrivée, désormais un grand nombre ceint les quatre occidentaux. Et une forte inquiétude se lit sur leur visage : proche du trône, à sa droite, les deux gardiens laissés en otage sont à présent agenouillés, la tête baissée et les mains ligotées dans le dos. Tout contre, une dizaine de ces soldats malingres les surveillent attentivement.

Situé en contre-bas de la volée de marches qui mènent au trône, Ian déglutit brillamment puis tend son bras pour exhiber à la vue de la Reine sa flasque. Il la débouche et verse une infime quantité d’encre sur le sol. « Magnifique ! Magnifique ! » se réjouie la maîtresse des lieux. « Oui ma sœur, nous avons l’encre. Merveilleux, Merveilleux ! Notre visiteur en sera stupéfié. Assurément. Oui, oh oui ! » poursuit-elle en claquant des mains. Dans le dos des investigateurs, la piétaille s’agite. Une vague de frénésie la parcourt. Elle resserre ses rangs.

Le chambellan descend les marches, rejoint Ian et s’empare de la flasque – jouant de prudence, le major, tout comme ses amis, ne réagit pas – puis dépose ce trésor aux pieds de sa reine. Il s’éclipse alors pour revenir quelques instants plus tard avec le maître tatoueur. C’est cet instant que choisit la reine pour s’exclamer « Nous souhaitons accueillir notre visiteur de marque comme il se doit ! ». Le chambellan s’exécute et replie le paravent masquant jusque là le socle du trône. La vision est horrifique. Les quatre hommes ne peuvent retenir un hoquet de frayeur. Sous la Reine, une créature humanoïde, au corps chétif et au teint albâtre, baigne dans une vasque de verre emplie d’eau. Elle est liée à sa sœur par son bassin. Son étrange visage est mi-humain-mi poisson. Ses yeux sont globuleux, ses rares cheveux filasses et ses joues s’apparentent à des branchies. Ses dents acérées boulottent le membre supérieur d’un homme. Un haut-le-cœur saisit les quatre enquêteurs tout heureux d’avoir leur ventre vide en cet instant.

Mais si cette surprise malsaine est de taille, elle n’est rien comparée à celle de l’entrée en scène du visiteur. De grande taille et de forte stature, l’être avance avec assurance, calmement, posément. Tout en marchant, il jongle de sa main droite avec une pièce de monnaie en bronze. En y regardant de plus près, cette pièce semble percée en son centre. Tournant son visage vers les investigateurs, il scrute ceux-ci de ses yeux démoniaques. Son visage rougeâtre et bouffi, marqué de larges traits veineux, est à peine reconnaissable mais c’est bien le second de Fong Lee qui progresse devant eux vers le trône. Si Thomas reconnait immédiatement les tatouages visibles sur les avant-bras du démon et sent son sang bouillir, Eliott lui reste sidéré, hébété. Cet homme – peut-il encore le qualifier ainsi ? -  n’est autre que celui qui se riait de lui lorsqu’il l’abandonna aux flammes sur le bateau de pêche.

Avançant vers les reines, le démon jette promptement sa pièce vers ses Majestés qui s’en saisissent au vol avec un gémissement de contentement pour l’une et un frétillement d’allégresse pour l’autre. « Enfin ma sœur, enfin ! L’écorcheur céleste ne pourra rien nous refuser ! Cette précieuse pièce de Fortune sera le paiement de notre séparation. » La reine rit, ivre de joie. « Prenez le maître, il est vôtre pour cet inestimable cadeau. » ajoute-t-elle en soulevant la pièce au ciel de ses mains fébriles. Mais alors que le démon, satisfait, empoigne le bras du vieux maître tatoueur, soudainement, tout bascule…  

ImageImage

à suivre...
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Message par Carfax » ven. nov. 22, 2019 6:03 pm

Après avoir discrètement enflammé le brûloir, le lord cible de son faisceau le démon. Ce dernier rugit de douleur et fait un pas en arrière heurtant le socle du trône. La flasque posée en équilibre tombe au sol tout comme la pièce de Fortune qui, sous le choc, s’échappe des mains de la reine humaine en même temps que celle-ci hurle « A moi, à moi ! ». C’est l’hallali. La soldatesque fond sur les quatre hommes. Ian sort son arme et tire. Se frayant un passage, il rejoint rapidement les gardiens restés ligotés proche de lui. Revivifié par le premier coup de feu du major, Elliott dégaine également son pistolet et abat le chambellan d’un tir précis en pleine tête. Celui-ci s’écroule sur les marches du trône. Son corps recouvre la flasque tombée au sol et bloque la folle course de la pièce qui roulait au bas des marches. L’agent connaît ses prochains objectifs. Dans la mêlée, Thomas fait rage avec sa sagaie. Tel un berseker, il empale et taille franc protégeant son ami Lord. Meurtri par le faisceau de lumière, le démon s’emploie à sa protection. Émanant de son avant-bras, un dragon fantomatique se met à tourbillonner autour de lui tel un bouclier protecteur. Entraînant le maître tatouer à sa suite, il fond vers Ian et les deux gardiens.

La bataille s’amplifie. Surgissant dans la salle depuis son entrée, six énormes Shen De frappent dans la masse grouillante de la soldatesque des Reines Siamoises. Ils sont conduits par Tsatoba. Le sorcier est nimbé d’un halo bleuté et est escorté aussi de plusieurs hommes Shen De positionnés en soutien. Cette attaque soudaine détourne l’attention des soldats des deux reines. Un répit pour les investigateurs ?  Pas certain, car les voilà acculés au fond de la salle du trône. Elliott bloquant la ligne de tire du Lord, celui-ci, en jouant de son gant, s’est téléporté avec son ami sur la gauche du trône. De son faisceau, il bombarde le dos du démon dont le bouclier pâli. Un sourire carnassier de satisfaction épouse les lèvres de Richard.

« Libérez le maître Guang Ying ! » ordonne la gardienne lorsque Ian s’approche d’elle. Le major hésite puis se place dans le dos du vieux gardien et s’empresse de défaire ses liens. C’est alors qu’il perçoit le démon fondre sur lui. Plus que quelques mètres et la créature démoniaque sera sur le Major. Pièce et flasque dans ses poches, Elliott tente de s’interposer face au démon. Mais lorsqu’il s’apprête à faire feu, ce dernier lui ordonne d’une voix gutturale de reculer. L’agent s’exécute, sa volonté brisée par cette injonction.

Le combat avec les Shen De fait rage. Les créatures luttent et la mêlée est sanglante, létale. Sur la scène du trône, Lord Hamilton est confiant ; le bouclier va céder même si l’intensité de son faisceau faiblit. Il va terrasser ce démon de malheur. C’est alors qu’il entend un sifflement perçant. Le grondement s’amplifie. Puis une terrible explosion souffle une partie de la salle. Les corps sont déchiquetés, démembrés, écrasés. Un maelstrom de plâtre et de bois de ce qui était auparavant un toit s’écroule en débris. L’île est attaquée au canon. Une telle puissance de frappe ne peut être que celle de la marine nippondienne. Alors tout ce précipite.

Le démon se presse sur la dépouille incarnée par Guang Ying. Espérant contrarié ses plans, Ian, son sabre au clair, transperce de toute sa lame le corps du mort devant les yeux écarquillés de la gardienne. Saisissant l’extrémité de la lame à pleine main, le démon tranche avec une force incommensurable la dépouille dans sa longueur. Le corps s’affale alors que Guang Ying crie dans un dernier râle « Fuyez dans les ombres ! ».

C’est médusé que les trois acolytes du major assistent à la fuite du démon. Le corps du mort est vide de toutes viscères, de toutes chairs et de tous os. L’intérieur du corps est tout peinturluré d’arabesques. Un portail vers les ombres dans lequel plonge le sbire de Fong Lee et le maître tatoueur.

Une deuxième explosion retentit. La salle est presque entièrement détruite. Seule la scène du trône est encore épargnée. La lutte semble perdue pour les soldats des Reines qui s’essoufflent face aux forces de Tsatoba  Celui-ci, protégé de son aura bleuté, progresse désormais vers les investigateurs.

Quian Lan s’écrie « Vite libérez-moi ! ». On s’exécute. Elle fonce vers l’amoncellement de cadeaux éparpillés dans la salle en ruine du trône, se saisit de sa hallebarde et en deux pas revient vers les quatre hommes qui s’atermoient près du portail. « La graisse ! Votre pot de graisse, donnez-le moi, vite ! ». Un sifflement approche. La gardienne arrache le pot des mains du Lord, l’ouvre brutalement et glisse un doigt dedans qu’elle enfourne dans la bouche de Richard. Au-dessus d’eux le sifflement s’intensifie. Sans attendre, elle procède de même avec les trois autres puis, ce rituel accompli, plonge dans le portail. Le grondement de l’obus perçant l’air est intenable. S’enfoncez dans les ombres ou mourir. Le choix est fait. Et lorsque le dernier d’entre eux disparaît par le portail, il n’entend pas les cris de désespoir et d'horreur des Reines Siamoises qui se perdent dans l’explosion destructrice.

« Restez ! Sauver-nous, sauvez vos Majestés ! ».
 
Image
 
Spoiler:
Disparition des Reines Siamoises
Image
 
à suivre...       
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Re: [CR][Into The Odd] Les 5 supplices revisités

Message par LeGros » lun. nov. 25, 2019 10:51 am

Arghl quel suspense !
Vraiment super ! 👏

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Message par AsgardOdin » lun. nov. 25, 2019 12:24 pm

Ah, c'est trop ! Je suis attente, désormais.
Et malgré tout, un petit pincement au coeur pour les Reines..
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Re: [CR][Into The Odd] Les 5 supplices revisités

Message par Carfax » lun. nov. 25, 2019 3:46 pm

Merci à tous deux...
Eh oui @AsgardOdin, on s'y attache à ces petites bêtes... :bierre:

Allez, la suite...
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Re: [CR][Into The Odd] Les 5 supplices revisités

Message par Carfax » lun. nov. 25, 2019 4:30 pm

Empire des Ombres
Le lavoir
 
Le bout du tunnel est gris. Ici tout est gris, nuance de noir et de blanc. Le ciel est éclairé par un halo pâle d’une lune toute noire. Cette clarté laisse discerner les contours grisâtres de ce monde. Mais nul horizon car les ténèbres s’épaississent dans le lointain et interdisent de voir à plus de quelques lieues.

Chacun s’éveille, chacun ouvre ses yeux dans cette pénombre, chacun se redresse sur son céans. Assis dans une herbe grasse, une large prairie s’étend à perte de vue. Un cours d’eau la traverse et épouse ses courbes pour se perdre plus loin en contre-bas du surplomb sur lequel ils se trouvent. Tout est calme et seule les eaux tumultueuses du petit torrent perturbent la quiétude qui règne en ce lieu.

Thomas est déconcerté. Il n’imaginait pas l'Empire des Ombres ainsi. Mais il peut lire sur les visages effarés de chacun de ses amis cette même stupéfaction, seul celui de la gardienne reste inexpressif. Celle-ci regarde au loin.  Dans leur dos, depuis un horizon flouté, une ombre humaine descend la prairie en pente douce dans leur direction. La Gardienne se lève promptement sur ses deux jambes et court à sa rencontre. Interloqués, les quatre investigateurs restent immobiles. C’est alors qu’ils perçoivent des rires. Hauts et forts, ceux-ci proviennent des contre-bas de la colline herbeuse empêchant les quatre hommes d’en voir les sources.

Tout proche, la gardienne enlace l’ombre. Un étreinte longue et passionnée. Les rires s’intensifiant, signe de leurs approches, les investigateurs s’inquiètent. Remontant la pente herbeuse, ils rejoignent la gardienne. Celle-ci, le visage en larme, leur présente son frère Xao. Thomas est estomaqué. Il reste coi. Les traits du jeune homme face à lui, du moins son ombre, lui sont familliés. Il n’est autre que le pauvre asidien mort dans ses bras dans les ruelles de Bastion, la veille de l’incendie du théâtre des Ombres ; l’inconnu qui dans un dernier râle lui avait soufflé l’énigmatique «Teï Tran». Alors que Thomas s’apprête à questionner la fratrie, la gardienne lève une main pour l’interrompre « Plus tard. Maître Ying nous attend non loin. Mon frère va nous y conduire. Malheureusement, il n’est pas porteur de bonnes nouvelles. ».

Après avoir gravi la colline herbeuse, le groupe rejoint rapidement une petite structure en pierre d’où s’échappe le ruisseau qui s’écoule plus bas dans la prairie. Ouverte aux quatre vents, elle est couverte d’un toit de chaume qui repose sur des piliers en bois et qui protège du mauvais temps de grands bacs qui retiennent l’eau. Un lavoir, un banal lavoir sur lequel est assis l’ombre de Guang Ying. Plus loin, en arrière-plan, ce même village qui semble éternellement perdu dans la pénombre de l’horizon.
 
Image
 
« Nous avons perdu l’ouvrage. ». Le maître du des Gardiens est triste. « Fong Lee s’en est emparé. Notre espoir s’amenuise. Le fourbe s’est immiscé dans ce plan à l’aide du portail qu’il détient. Je n’ai malheureusement jamais pu remporter le livre, car il faut être plus qu’une ombre tangible pour y parvenir. J’ai été contrait de quitter ma dépouille lorsqu’elle fut transpercée ne pouvant plus y contenir mon ombre. J’espérais néanmoins vous retrouver ici et vous guider vers l’ouvrage. Mais Xao, qui en avait la garde avec d’autres ombres de dévoués gardiens, m’a annoncé sa perte. Le sorcier le leur a dérobé. ». « Alors la lutte est perdue. Mais comment a-t-il pu savoir où vous l’aviez caché ? » s’offusque Lord Hamilton. « Peu importe ! » s’emporte le maître. « Avez-vous pu récupérer la Carte des portails ? » questionne-t-il d’un ton plus doux. Eliott acquiesce et déroule la carte sous les yeux de tous. Seuls deux points lumineux y apparaissent. Chacun comprend que la disparition du troisième correspond à la destruction de la dépouille par l’explosion de l’obus auquel ils ont échappé en se réfugiant sur ce plan. Mais comment savoir lequel de ces deux points est celui du portail aux mains du sorcier ? En effet, la carte ne représente plus le monde connu mais celui des Ombres. Tête basse, le vieux gardien murmure songeur. « Il nous reste une chance. Oui une maigre chance. Le temps ne se déroule pas ici comme dans notre monde. Les ombres elles-mêmes ne semblent pas connaître pas les cycles de la vie tels que nous les subissons. Un séjour ici n’est pas de même durée que celui du Monde des Hommes ; il obéit à d’autres lois de l’espace et du temps. Il est même possible qu’il aille à l’envers du nôtre et que le voyageur revienne dans son monde plus tôt qu’il ne l’ait quitté. Si nous parvenons à rejoindre rapidement le portail du sorcier, vous pourriez y faire irruption et interrompre l’accomplissement de sa destinée avant qu’elle n’aboutisse, l’empêcher de devenir le Rançonneur…». Tous pèsent ce dernier mot. Le vieux sage reprend « Il n’existe pas de points cardinaux dans l’Empire des Ombres. Tout au moins, les voyageurs peuvent s’orienter grâce au seul point de repère naturel qu’est cette lune noire dont on distingue le halo n’importe où dans ce monde. D’ailleurs, le fait que la lune soit visible en tous points de l’Empire des Ombres me suggère l’idée que ce monde est plat. ». L’ombre soupire « La voûte céleste est en outre percée de cent huit étoiles, mais leurs constellations se meuvent perpétuellement et seul un astrologue averti tel l’Écorcheur céleste les habille de sens. » Il se tait puis regardant chacun des investigateurs, une lueur d’espoir dans les yeux « Mais oui. Le heurtoir. On lui prête cette propriété, il pourrait nous y mener. Il agit ici avec les portails tel un sonar. Avez-vous le heurtoir sur vous ? ». Nul besoin de réponses. Thomas, Richard et Ian se regardent en chiens de faïence. Un silence s’installe alors. Mais Thomas prend sur lui et abonde en montrant l'ombre de Xao « J'ai croisé le jeune Xao en une terrible circonstance. A Bastion. Mourant, il fuyait lorsqu'il me percuta. A mon grand désarrois, moi-même agressé, je n'ai pu rien entreprendre pour le sauver. Mais il me souffla deux mots qui trotte dans ma tête depuis cette folle aventure : «Teï Tran». Que signifient-ils ? ». Avant que quiconque ne s'exprime, Guang Ying intervient « C'est le nom mandchoudien de l'Urne de Jade. Cette urne contient les cendres d'un érudit déifié, un martyre. J'ai déjà évoqué son nom et je le prononce à nouveau avec respect car il s'agit de l’Écorcheur Céleste. Il est souvent vénéré dans les foyers pour son aide et son appui face à la maladie, la misère et la faim. On dit souvent "Payez votre fortune à l’Écorcheur Céleste et il exhaussera votre soin". D'ailleurs, une étoile en ces cieux porte son nom et...». La jeune gardienne interrompt son mentor « Maître, nous avons de la visite. ».

Arrivant en contre bas du lavoir, une troupe de joyeux drilles, tous masqués et vêtus de costumes aux motifs disparates, s'amène.
 
à suivre..
Dernière modification par Carfax le lun. nov. 25, 2019 7:58 pm, modifié 1 fois.
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Re: [CR][Into The Odd] Les 5 supplices revisités

Message par AsgardOdin » lun. nov. 25, 2019 4:33 pm

Carfax a écrit :
lun. nov. 25, 2019 4:30 pm
Arrivant en contre bas du lavoir, une troupe de joyeux drilles, tous masqués et vêtus de costumes aux motifs disparates, s'amène.
Forcément des gens gentils ! :ange:
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Re: [CR][Into The Odd] Les 5 supplices revisités

Message par Carfax » lun. nov. 25, 2019 7:55 pm

Quoi d’autres 😁 ?
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Re: [CR][Into The Odd] Les 5 supplices revisités

Message par Carfax » mar. nov. 26, 2019 11:56 am

Empire des Ombres
Le lavoir


Dans la pénombre ambiante s’élèvent des sons inconnus qui forment des mélodies dérangeantes D’étranges instruments de musiques laissent échapper des mélopées jamais entendues par les quatre investigateurs, mélange subtil de souffles chantés et de sépulcraux cris de gorges. Malgré leur étrangeté, chants et musiques ne sont pas agressifs. Une ombre d’une blancheur spectrale semble guider cette étrange troupe. Vêtu d’un ample costume de soieries ornées de pierres précieuses, elle rit, chante et danse, entraînant les autres à sa suite dans une liesse joyeuse.

L’ombre chantante approche. Elle pirouette autour du groupe et déclame le bonjour en saluant courtoisement et bien bas. Elle se présente : Céleste, le Maître des Arts et guide de cette troupe de saltimbanques. Celle-ci vaque de village en village, divertissant et distrayant le bon peuple. Elle se réjouit de la présence de ce lavoir car ils vont pouvoir s’y rafraichir, faire leurs ablutions et s’y reposer quelques temps. « Et vous, ne souhaitez-vous pas faire de même ? » interroge-t-il. Sur leur garde, les investigateurs répondent par l’affirmatif avec courtoisie et politesse. Par ailleurs, il est bien vrai que le petit groupe fait pâle figure, dépenaillés, sales et éreintés qu’ils sont ; une apparence peu présentable lorsq’ils y regardent de plus près. Ainsi, une étrange conversation s’engage avec ce charismatique personnage. Les investigateurs le questionnent sur son monde et ses légendes. Les points lumineux sur la carte ? Il peut les y guider, il sait s’orienter à l’aide des constellations célestes. L’écorcheur céleste présent en ce monde ? Il élude poliment sa réponse en pointant du doigt une étoile dans les cieux après avoir exécuter quelques arabesques. Mais, peu à peu, au fil de la conversation, il se soucie du bien être de chacun. Il trouve Ian bien fiévreux ne cessant de lui implorer d’ôter sa chemise pour se purifier d’eau clair mais s’effraie aussi à la vue de ses doigts coupés ; il s’inquiète de la claudication de Thomas qui sur ce plan souffre de sa fâcheuse blessure au mollet conséquence d’une âpre lutte contre une ombre chasseresse en Bastion ; il s’alarme de la mélancolie d’Eliott éprouvé par tant de visions horrifiques, reines, monstres et autres étrangetés hantent toujours son esprit ; il se préoccupe du ton ironique voir colérique qu’il perçoit dans chacun des propos de Richard. Bien vite, il confie ses talents de guérisseur aux quatre occidentaux et, conscient qu’un lien de confiance entre un patient et son praticien est essentiel, il prodigue gracieusement quelques soins. Par un simple contact, il chasse la migraine d’Eliott, apaise l’humeur du Lord, requinque Thomas et restaure l’annulaire du major. Puis il s’apitoie de nouveau sur la santé de Ian, le convie une énième fois  de retirer sa chemise pour qu’il juge de la nature de ses bubons qu’il pressent sur son corps. A ses dires, tous les autres s’interrogent. Bubons, quels bubons ? Ian cède et ôte sa chemise. Son torse est parcouru d’horribles protubérances, surtout sous ses aisselles. Alors que Céleste cabriole autour de major empoignant sa chemise pour la jeter dans l’eau d’un bac, Ian s’explique, une profonde tristesse de désarroi dans la voix : sa captivité, son tortionnaire, l’injection du bacille de la peste "jaune". Puis il s’assoie, découragé par son sort, tête basse.

Eliott plonge sa main dans sa poche et extirpe la pièce de fortune. « Soignez mes amis contre cette pièce ! » ose-t-il. L’ombre pâle tournicote, s’approche, s’éloigne, puis revient. Elle saisie la pièce et chante « Contre bonne fortune, bonne santé ! » Puis en riant, elle touche le front de Ian puis celui de Thomas. Leur tête tourne, leur cœur bât la chamade. Soudain plus rien, juste un bien être. Thomas palpe son mollet redevenu intact, Ian soupire de soulagement en constatant ses bubons qui se résorbent pour définitivement disparaître.

Sous l’émotion de cette rencontre bienfaitrice, le petit groupe décide de rester en si bonne compagnie et convainc le maître des Arts de les guider vers le point lumineux le plus au nord sur la carte. Une carte que Céleste trouve définitivement merveilleusement merveilleuse en riant à gorge déployée derrière son masque blanc.

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à suivre..
Dernière modification par Carfax le mar. nov. 26, 2019 2:28 pm, modifié 1 fois.
Un billet sur Un surnom vaut mieux que deux tu le sauras  est toujours un petit plus sympa !

J'ai narré sur CNO Le vent se lève... et poursuis avec Les 5 supplices revisités 
 

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