[CR] Degenesis - Embargo

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Elijah Shingern
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[CR] Degenesis - Embargo

Message par Elijah Shingern » mer. mai 01, 2019 8:54 am

Profitant de ma (très tardive) découverte de la possibilité de jouer efficacement par Skype, j'ai lancé une campagne de JDR avec mes meilleurs amis - ce que la distance, le travail et les enfants avaient jusque là rendu impossible. On s'est lancé sur Symbaroum et Degenesis. C'est - naturellement - de notre campagne de Degenesis que je vais faire un petit compte-rendu ici.

Je n'ai pas fait dans la dentelle, j'ai pris les scénarios officiels, et je vais les jouer les uns après les autres, en improvisant les transitions si nécessaire ou en rajoutant ce qui me passera par la tête - si quelque chose passe.

Dramatis Personae :

- Le Doktor Wulf, un Spitalier épigénéticien chargé par les Consultants du Spital d'apporter un pli secret à Carmino Ferro, Directeur de l'Infirmerie de Vivaco, en Purgare. Un scientifique brillant, avant-gardiste, à la déontologie quelque fois limite.

- Ratzinger, un Spitalier préserviste, chargé d'accompagner (et de surveiller ?) le Doktor Wulf. Vétéran de plusieurs campagnes contre les Phéromanciens et les Biokinésistes, hanté par les horreurs dont il a été témoin ou victime, et par les massacres qu'il a commis. La tentation de la Brûlure est toujours proche.

- Volpe, un Ferrailleur Purgan, recruté par le Doktor Wulf pour le guider jusqu'à l'Infirmerie de Vivaco. En réalité, il est Trojan, un Fusible du Serveur Central, ayant pour mission de surveiller les allées et venues des Spitaliers en Purgare, mais également de retrouver, pour le compte du Fragment qu'il sert, la trace d'un Occulteur infiltré sur les terres des Anabaptistes à la demande d'un de ses rivaux.

Première Session :

5 mars 2595


Le Doktor Wulf et Ratzinger, guidés par Volpe/Trojan, s'approchent des frontières du Protectorat, et s'apprêtent à entrer dans les terres contrôlées par des Clans hostiles.

Le soir tombant, Volpe propose à ses compagnons de se reposer dans une sorte de hameau appelé "Le Gobelet". Il a entendu dire qu'on y servait un excellent alcool.

Le Doktor Wulf est peu enclin à s'arrêter pour boire, mais plusieurs jours de marche à travers les landes battues par un vent puissant charriant de la poussière de rouille ont eu raison de sa farouche détermination, en contraignant à une quasi-absence d'hygiène.

Ratzinger, dont le visage et le crâne s'ornent désormais d'une barbe rêche et d'un fin duvet, opine du chef.

Le Gobelet est un endroit étrange, comportant deux bâtiments couverts de tôle rouillées, défendus par une tour de garde.

L'un de ces bâtiments semble être une auberge : des bruits de pots et de conversation se font entendre. L'autre est manifestement une Alcôve de Chroniqueur.

En s'approchant, Volpe remarque qu'il y a une silhouette grande et plutôt pataude dans la tour, silhouette qui les braque avec un fusil.

Las, et sans doute désireux de pouvoir enfin se désinfecter au moins partiellement, le Doktor Wulf agite les bras en signe de paix. Quelques grommellements se font entendre alors que la silhouette massive descend de la Tour par une échelle.

L’homme, qui se présente comme étant le Juge de Paix Magnus, semble plutôt limité. Il est accompagné par sa (très) jeune épouse, Merl, dont les yeux paraissent particulièrement rapprochés.

Il invite Wulf, Ratzinger et Volpe à venir se restaurer dans le premier bâtiment. Il ajoute, à plusieurs reprises, « qu’il y a de la viande, aujourd’hui ».

Wulf, Ratzinger et Volpe entrent dans le Gobelet, où ils sont accueillis par une dame aux cheveux gris, qui ressemble terriblement à Merl, et qui se présente comme étant Mama Dacrois.

Il y a, effectivement, une bonne odeur de viande en sauce dans cette pauvre taverne.

Dans la salle principale, poussiéreuse et faiblement illuminée, il n’y a que deux clients qui mangent avidement. Deux types louches, dont le haut du visage, depuis les pommettes jusqu’à la naissance des cheveux, est noirci par de la cendre. Leur crâne est mal rasé : des mèches de cheveux filasse pendent çà et là.

Ratzinger et Wulf imaginent immédiatement qu’il s’agit là de clanistes plus ou moins consanguins, et décident de ne pas leur adresser la parole.

Volpe, quant à lui, reste circonspect, et les surveille du coin de l’œil.

Mama Dacrois sert de son ragoût. Pendant que Ratzinger et Volpe baffrent avec joie, Wulf essaie de déterminer avec son séquenceur si cette nourriture est comestible, et si tel est le cas, de quelle bête est issue la viande.

Le résultat est sans appel, il s’agit de viande de gendo (une sorte de grand chien sauvage commun dans ces contrées). Mama Dacrois précise avec un sourire qu’elle l’a tué elle-même. Malgré la faim, Wulf laisse son assiette de côté.

Alors que Volpe et Ratzinger étaient en train d’absorber un verre d’alcool local, un autre individu, gigantesque, benêt, et ressemblant de façon troublante - toujours ces yeux étrangement rapprochés - à Merl et à Mama Dacrois, surgit.

Il se précipite vers le comptoir en pleurant presque de joie.

Il appelle Mama Dacrois, et lui dit tout de go « qu’il s’est fait des Lettres de Change », avant de déposer, sous le regard éberlué de cette dernière, une liasse de billet sur le comptoir.

Mama Dacrois a à peine le temps de demander « Jatzek, mais comment as-tu fait ? » que le géant, tout à sa joie, lui déclare « qu’il les a gagnés ».

C’est alors que les deux individus au visage couvert de cendres se lèvent et disent à Jatzek que, eux aussi, « ils aimeraient bien savoir comment il a fait », avant de commencer à le torturer de façon répétée avec leurs électrocuteurs.

Jatzek n’arrive qu’à gémir, entre deux décharges, « laissez-moi tranquille », alors que sa mère implore les deux individus d’arrêter.

Volpe, qui a reconnu des Chroniqueurs, reste impassible.

La scène est insupportable pour Wulf, qui se lève. Un des deux Chroniqueurs se tourne vers lui agitant son électrocuteur, et lui dit « d’aller se faire voir, espèce de pervers ».

Sans le laisser terminer, Wulf lui assène un coup de dilacérateur au visage. Le Chroniqueur bat en retraite et s’empare de Mama Dacrois, en menaçant de lui briser la nuque, si le Doktor persiste à vouloir intervenir.

Ratzinger sort son revolver d’un geste nonchalant et abat l’autre Chroniqueur, qui essayait de frapper Wulf à revers. L’homme s’effondre en gémissant.

Voyant son compagnon gisant sur le sol, le dernier Chroniqueur finit par briser les vertèbres de Mama Dacrois, avant de se faire déchiqueter d’un maitre coup de dilacérateur par Wulf.

Volpe, quant à lui, finit de boire son verre d’alcool de grain, avant de mettre la main sur le paquet de lettre de change.

Wulf constate le décès de Mama Dacrois, pendant que Ratzinger tente d’interroger Jatzek, qui ne répond que « J’ai pas volé ! J’ai pas volé ! » alors qu'un homme grand et maigre, arrive en courant, avec le Juge Magnus et Merl, sur place. Il s'effondre en pleurs : il s'agit de Papa Dacrois.
Vous nous voyez parmi les nations
Nous battrons-nous toujours pour la terre charnelle
Ne déposerons-nous sur la table éternelle
Que des cœurs pleins de guerre et de séditions

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