[CR] La Colère des Justes - Journal de campagne

Critiques de Jeu, Comptes rendus et retour d'expérience
RING3R
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Re: [CR] La Colère des Justes - Journal de campagne

Message par RING3R » lun. août 05, 2019 12:01 pm

II.4 - LA CHAPELLE OUBLIÉE (par Orkamania)

Spoiler:
Notes du MJ :
Cette séance est jouée plutôt by the book, j’ai juste ajouté un événement pour motiver les joueurs à aller voir cet endroit autrement que par curiosité (ils n’y seraient pas allés sinon). Ce n’était pas un passage obligatoire, mais les joueurs prennent leur rôle de leader assez au sérieux pour vouloir sauver leurs troupes.
Vrai spoiler pour ceux qui n'ont pas lu la campagne :
Spoiler:
J’ai aussi et surtout décidé que Arueshalae (pour ceux qui ont lu le module) était passé par là après sa fuite de Drézen, et en ai profité pour semer des indices pour deux de mes PJ…
Nous avions levé le camp aux aurores. Nos troupes ont été prêtes très rapidement, elles avaient envie d'en finir au plus vite avec ce trajet, mais après cinq heures de marche, des créatures volantes ont attaqué le convoi par endroits et ont enlevé un membre de chaque régiment, comme si elles en voulaient un échantillon ! Les paladins avaient réussi à en blesser une, mais ce n'est pas suffisant, car l'un des leurs avait aussi été enlevé. Irabeth et Nurah nous expliquaient que ces créatures semblaient être parties en direction d’une ancienne chapelle de Desna située à une heure de route d'ici, et nous décidions de faire un détour pour aller inspecter les lieux. En nous préparant, nous nous rendions compte que Kaptra avait envie de salir son marteau de guerre avec le sang de nos ennemis, et nous lui proposions de venir.
Spoiler:
Notes du MJ :
Un nouveau joueur est arrivé à ce moment de notre campagne, et a décidé d’incarner un PNJ préexistant plutôt que de créer un personnage de toute pièce : Kaptra devient donc un PJ !
Juste avant de partir, je suis allé voir avec Lann pour lui demander s'il pouvait me prêter sa fronde, car je ne possédais aucun moyen d'attaquer les créatures volantes hors de portée de mes armes. Il acquiesça mais semblait dubitatif sur l'intérêt de la chose, car malgré toutes les attaques des bâtards sur la créature qui avait enlevé l’un des leurs, pas une égratignure engendrée… Je suspectais de mon côté un manque d’agilité de leur part, mais j’étais bien meilleur viseur qu’eux !

Nous nous sommes ainsi dirigés vers une falaise au sommet de laquelle était perchée une vielle bâtisse. Il fallait grimper visiblement, mais sur le chemin, nous constations la présence de statues brisées, certains hérissées de flèches de cristal… Torkemada semblait intrigué par ces flèches, je ne savais pas pourquoi. Il en ramassait autant que possible avant de poursuivre sa route.
Spoiler:
Notes du MJ :
Torkemada avait déjà vu ces flèches quelque-part… Dans un rêve, ou un souvenir de l’archère qui l’avait sauvé étant enfant…
Nous entamions l’ascension par une sorte de corniche longeant la falaise en montant, parfois pourvue de marches. Le chemin se faisait de plus en plus raide et je proposais à mes compagnons qu'on s'attache les uns aux autres avec des cordes pour éviter les chutes. Par précaution je bu mon extrait de charge de la fourmi et, quand j’ai vu Sorana tomber lors de son escalade et peser moins d'une brindille, je remerciais mon dernier maître pour m’avoir appris cette formule.
Nous poursuivions l’ascension et avancions avec la plus grande précaution, mais nous avons été tout de même pris en tenaille par deux créatures qui sont tout bonnement sorties de la paroi ! Je reconnaissais ces monstres sans grande difficulté : des gargouilles. Je comprenais alors les paroles de Lann, ces créatures magiques ne subissaient qu'un fragment des dégâts des armes qui ne l’étaient pas. Mais nous étions prêts à nous défendre et tout juste celle de derrière à l’air libre, l’ensorceleuse la terrifia d’un regard, et la créature prit la fuite. La seconde parvint à mordre Volgar qui se gaussait de cette égratignure, et en contrepartie abattit contre elle sa hache, la forçant à se retirer elle aussi.
Nous arrivions au sommet et je nous ai détachés. Les portes qui ouvraient autrefois sur cette petite cour étaient défoncées et leurs restes éparpillés dans les hautes herbes qui poussaient parmi les gravats. À l’est, deux grandes bâtisses se faisaient face, séparées par une unique allée. La plus petite des deux était, semblait-il, une écurie, tandis que l’autre, bien plus imposante, avec ses portes et ses fenêtres à vitraux, ressemblait à une chapelle, à en juger par les statues pieuses qui bordaient le toit. Le temps d’observer les environs, nous avons entendu un cri qui déchira le silence pesant. Volgar bondit dans cette direction, suivi du groupe, mais c’était une embuscade ! Quatre gargouilles, dont celle blessée par Volgar, nous assaillaient. J'essayais tant bien que mal d'éloigner leurs crocs et griffes de mes alliés, mais ces créatures trop rapides parvenaient à passer nos défenses. Avec Volgar et Torkemada, nous sommes parvenus à mettre hors de combat deux d'entre elles en moins d'une minute, obligeant les dernières à fuir en vitesse.
Nous prenions quelques instants pour soigner nos blessures alors que les cris continuaient en direction de la plus grande bâtisse. Nous avancions plus prudemment cette fois et, grâce à Kaptra capable de voir un bref instant à travers la pierre, nous avons pu prévoir l'embuscade que nous préparaient une demi-douzaine de goules, des créatures mort-vivantes capables de paralyser leurs adversaires d'une simple morsure. Il n'en fallait pas plus pour que notre oracle établisse une stratégie certes risquée, mais ô combien efficace.
J'ouvrais les portes avec Volgar alors que Torkemada décocha une salve de flèches en couverture, pendant que Kaptra se ruait dans l'église. Elle fut rapidement encerclée de goules, mais était suivi de l'incarnation astrale de Sorana. J’essayais d'arrêter certaines attaques contre mes alliées, mais le gros des coups était de toute façon stoppé par l'armure de la naine. Toujours curieux de nouvelles expériences, je décidais de gouter ces créatures en y plantant me crocs, mais le goût était plutôt infecte, et je n’étais pas sûr d'en reprendre une prochaine fois. Du côté de Sorana et Kaptra, les canalisations d’énergie positive jaillissaient et les goules n'ont pas eu le temps de fuir le destin d'une mort certaine. Pendant ce temps, deux pentacles sont apparus comme par magie, encerclant les bancs de l'église, desquels sortaient des démons de sang.
Je distinguais au loin deux créatures pourvues d’une aura que je n'avais jamais vue et, étrangement, j'avais l'impression d'être le seul à les voir. Je m'approchais d'eux en enjambant les bancs un à un est comprenais que cette aura venait du fait que ces créatures étaient invisibles ! J’étais seul capable de les distinguer, grâce à la nouvelle formule de mon sang de démon. En criant l'information je me retournais et j’ai vu un monstre gigantesque brandissant la hache de Volgar s'élancer en direction d'un démon de sang pour en découper un morceau. S’il s’agissait de notre ami barbare, je ne l’avais jamais vu si imposant et… monstrueux ! J'avais comme l'impression qu’il nous cachait des choses. Je me léchais les babines sans m'en rendre compte, il me fallait son sang pour mes expériences ! En revanche, les créatures invisibles m’avaient entendu crier et m'attaquaient avec leur magie, dévoilant à tous leur présence. Je continuais mon avancée en sautant par-dessus les bancs vers les deux chefs-goules, qui me ciblaient sans vergogne. J’étais heureusement couvert par la magie d’Hécate et par les flèches de Torkemada qui, sûrement perturbé par la vision de l'énorme démon à la hache, n'arrivais pas à viser correctement. Un de mes opposants invoqua un fléau translucide pour ralentir ma progression mais j'avais confiance en ma défense et m'approchais tout près d’elle en la contournant pour le prendre en tenaille avec Torkemada. Il avait beau être un putain de parano, pendant les combats notre coopération semblait sans faille. Je l’occupais d’un côté, permettant à Torkemada de l'achever d'un grand coup de morgenstern. La dernière goule et les deux démons de sang furent rapidement mis hors combat par les autres membres du groupe, et le calme revenait dans cet ancien temple.

Au fond de la chapelle, un barbare gisait sur l’autel, les boyaux à l'air. Je m’approchais et l’homme me regarda d'un air supplicateur. Son regard me rappelait celui de Longue-Ombre. Il était faible et je distinguais tout juste les mots qu’il peinait à prononcer mais j’en étais certain, il me demandait de l'achever. Je jetais un œil à ses blessures, et je ne savais même pas comment il pouvait être encore en vie… Je sortis ma dague et l'acheva sans ciller. Volgar, qui est redevenu l'homme qu’il était, me hurlait dessus pour ce geste, mais constata bien rapidement qu'on n’aurait rien pu faire pour lui. La pièce était alors remplie de cadavres et il nous restait avec un peu de chance encore quatre otages à libérer.
Spoiler:
Notes du MJ :
5 otages avaient été enlevés, et les PJ devaient se dépêcher pour TOUS les sauver. Ils n’ont pas (trop) traîné et auraient pu en sauver plusieurs, mais celui-ci est mort juste après avoir dit "pitié, tu…" :p Ce ne sera pas la dernière fois qu’Orkamania achève un PNJ en quelques secondes !
Nous nous sommes dirigés vers la porte de derrière : elle me semblait froide au toucher et on entendait des petits bruits de l’autre côté. Pas de temps à perdre ! Nous ouvrions les portes et arrivions dans une salle à manger réaménagée en salle de torture... récemment utilisée. Le froid s'engouffrait dans la pièce depuis une autre salle qui ressemble à une chambre froide. Sur nos gardes, nous nous y dirigions : elle était remplie de viande, d’humain ou d’animaux. Un bâtard y était démembré, chacune des partis qui composent sont corps de chimère était séparée et pendue sur des crochets. Il n’y avait plus rien à faire pour lui, et j’allais devoir annoncer la triste nouvelle à Lili et Lann. La viande accrochée à un des crochets remuait et faisait encore du bruit, il s'agissait d'un tieffelin qui nous recommandait de fuir avant que la "créature" ne revienne. Avant de perdre connaissance, il nous a révélé que les derniers otages étaient retenus plus loin et peut-être encore en vie. Nous partions dans la direction indiquée pour nous retrouver bien vite face à une créature abyssale, accompagnée de quelques nouvelles goules. Ce monstre m’intriguait car même si je sentais sa nature démoniaque, il ne semblait pas… "complet". Mais peu importait, il était clairement notre ennemi !

Ce demi-démon prétendait que nous avions tué ses enfants. J'avais presque envie de lui répondre qu’il allait bientôt les rejoindre, mais la bataille fut lancée avant. Hécate invoqua une fosse dimensionnelle pour bloquer l'arrivée des goules dans la pièce où nous étions. Dommage, aucune n’était tombée, mais l’obstacle nous donnait du répit. Le démon invoqua lui aussi un fléau astral qui commençait à se diriger vers nous, mais Hécate incanta un contre-sort pour interrompre net l'invocation. Une goule sauta par-dessus le trou, mais se retrouva nez-à-nez avec un Volgar peut-être encore fatigué mais toujours aussi vigoureux, et une Sorana en frénésie. La goule n’a pas fait long feu et j’en avais été tellement surpris que j'attaqua par accident Torkemada qui me regardait d'un air mauvais, mais pensait à l'urgence de la situation concernant les otages et repartait au combat. Je restais d'ailleurs avec lui en couverture pour bloquer les goules au cas où elles décidaient de passer par-dessus le trou, et surtout pour surveiller le demi-démon. Pendant ce temps, le reste du groupe sortait par une porte latérale pour se retrouver dans la cour.
Le démon semblait se nommer Nulkineth, et possédait une paire d’ailes qui lui permettait de les rejoindre rapidement, bientôt suivi du reste des goules. Le combat était intense : Volgar se transforma de nouveau en démon gigantesque pour terrasser notre ennemi, mais ce dernier s’envola vers un toit pour nous narguer en nous hurlant que "son maître allait nous dévorer et remplacer ses enfants avec nos cadavres" ! Ses menaces furent bien vite interrompues par Volgar qui avait escaladé le bâtiment pour le rejoindre. Avec Torkemada et grâce à la fronde de Lann, nous empêchions le démon de reprendre son envol en le harcelant à distance, pour que Volgar le tranche le plus rapidement possible. Nulkineth invoqua un autre fléau, mais le barbare ne s’en préoccupait pas : il chargea le demi-démon est le trancha en deux, mettant un terme à l’affrontement.

Pendant ce temps Kaptra et Sorana avaient trouvé les derniers otages, attachés, mais encore en vie. Elles essayaient de les libérer en tapant sur les serrures, en vain, jusqu’à ce que je vienne les aider. Le paladin semblait bien mal en point, mais avant que je puisse inspecter ses blessures, je sentis une odeur désagréable que je reconnaissais trop bien. Un démon arrivait, et il sentait vraiment fort. Je n’écoutai que mon instinct, il fallait que je récupère mes armes laissées pendant la bataille pour le tuer et récupérer son sang. Je passais par derrière tout en buvant une potion d'invisibilité, et entendis des bruits de combat et des cris dehors. Quelques secondes : c'est le temps qu'il m’a fallu pour retourner dans la cour. Pendant ce laps de temps, Torkemada s’était fait paralyser, et Volgar presque terrassé par un rayon magique, qui tentait de se réfugier dans la salle des otages ! Hécate fouillait dans son sac pour dénicher un parchemin de restauration, si bien que l'oracle et la naine étaient les dernières capables de combattre ce monstre. Il ressemblait au premier, mais celui-ci était "entier" ! Un nabasu, je compris la provenance de ces goules. Invisible, je me faufilais dans le dos du démon en buvant une dernière potion de coup au but, mais il me repéra, et mon attaque fut beaucoup moins efficace que prévue. Torkemada se réveillait enfin et essaya d’incanter une zone de silence pour bloquer les sorts du nabasu, mais il n’y parvint pas. Le démon son rayon d’énergie négative sur moi, mais mon anneau de chance me sauva la vie une fois de plus. Nous l’encerclions alors, la fuite était sa seule solution ! Dommage pour lui, Torkemada était bien réveillé : il l’acheva d'une flèche en plein vol.
Spoiler:
Notes du MJ :
Maugla le nabasu devait arriver au hasard. Il avait été prévenu par une des gargouilles qui s’était échappée, mais les PJ ont eu le temps de nettoyer la zone avant qu’il n’arrive. Par chance, car le nabasu était très fort même contre 5 PJ ! Chaque attaque pouvait tuer un joueur, mais bien qu’ils aient eu peur avec un Volgar au bord du gouffre et un Torkemada hors combat dès l’engagement, ils s’en sont bien sortis.
Les environs étaient enfin sécurisés, et le calme était revenu. Nous avons pu libérer le dernier otage et décidions d’inspecter plus en détail les lieux. Nous avons ainsi découvert une petite pièce dans laquelle Orkamania, Torkemada et moi-même sommes entrés. Là, nous avons eu chacun une vision : certains points de nos visions respectives se recoupaient, comme des ombres mouvantes ressemblant à l'inquisiteur et l’oracle en train de prier ensemble au pied d'un autel... Puis ces ombres ont formé des choses différentes selon la personne qui les avait vu. Étrange, mais cela ne m’intéressait pas le moins du monde, contrairement à mes deux comparses. Torkemada et Sorana ont donc tenté de prier dans cette pièce, histoire de voir si ça déclenchait quelque chose, mais rien ne s'est passé.
Spoiler:
Notes du MJ :
Dans cette pièce, les PJ ont vu une scène du passé, de manière assez mystique. Ils avaient 3 jets à réussir pour voir la véritable scène au complet (sauf un d’entre eux qui ne pouvait pas comprendre une chose), mais aucun n’ayant tout réussi, ils n’ont eu qu’une vision partielle, qu’ils devaient mettre en commun pour tout comprendre (mais même en mettant en commun, ils en ont tirés de mauvaises conclusions). Voici grosso modo ce qu’ils ont vu, "au global" :
Spoiler:
Deux auras sont proches de l’autel. Ceux qui connaissent – et reconnaissent – ces auras les voient prendre la forme de Torkemada et Sorana (2 jets à réussir ici, réussite auto pour se reconnaître soi-même). Ces auras se meuvent et finalement se mêlent pour former une troisième aura (3ème jet que Orkamania ne pouvait pas réussir) : un démon, une succube. Elle prie, mais finalement se retourne, bande son arc et tire des flèches de cristal en se ruant vers la sortie.
Est venue à un moment donné la question du tieffelin qui était suspendu à un crochet dans la chambre froide. Si nous le délivrions, allait-il survivre ? Après un examen minutieux de ses plaies, Sorana et moi en avons déduit qu'il pourrait survivre si on le décrochait, à condition qu'on ne le bouge pas de la nuit. Soit. Après avoir terminé la fouille du bâtiment, nous avons donc envoyé Hécate raccompagner au camp les deux autres otages libérés, afin de prévenir nos amis de notre décision de dormir au temple de Desna cette nuit-là.
Spoiler:
Notes du MJ :
Cette nuit hors du camp a sauvé la vie d'un tieffelin, mais va provoquer un événement qui risque de poser des problème à la compagnie !
En parallèle, Torkemada a purifié le temple, et nous avons trouvé au niveau de l'autel une cache contenant des armes et des potions. Notre alchimiste a usé de son talent pour répartir les potions de soin de manière à ce qu'elles puissent servir à l'une de nos armées en cas de besoin, et nous avons sécurisé les lieux pour notre première nuit au cœur de la Plaie du monde…

Spoiler:
Notes du MJ :
Bonne séance, plutôt accès combat même s’il y a eu quelques intrigues à dénouer et des décisions à prendre.
La prochaine fois, les PJ devront gérer les tensions grandissantes au sein du camp, recruteront un nouveau PJ et arriverons finalement en vue de Drézen !
La suite, bientôt !

RING3R
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Re: [CR] La Colère des Justes - Journal de campagne

Message par RING3R » ven. août 09, 2019 4:16 pm

II.5 - ARRIVÉE À DRÉZEN (par Sorana)

Spoiler:
Notes du MJ :
Cette séance s’est déroulée de manière assez libre, avec des événements imprévus et plusieurs apartés entre moi et certains joueurs, qui pour au moins un aura déboucher sur une grosse surprise lors de la prochaine session !
Normalement, l’arrivée à Drézen comporte son lot de "bataille d’armées" mais comme je l’ai évoqué plus tôt, ce sous-système n’a pas vraiment convaincu mes joueurs, nous l’avions donc laissé tomber. Du coup, je suis parti du principe que les combats d’armées se feraient en toile de fond, et les PJ auraient à gérer les "escarmouches" prévues par le module, ainsi que des combats "leaders contre leaders". Le temps que leur victoire prendrait influerait sur les dégâts que subiraient chacune de leurs armées.
Nous revenions enfin au camp pour finalement tomber sur un nouveau problème, au sein même de nos rangs cette fois-ci : les barbares des Lions du Sarkaris avaient encerclé l'armée des tieffelins et menaçait de les tuer jusqu'au dernier. Je me suis interposée afin de connaître la raison de ces envies de meurtre, et c’est Jesker Holten, le prêtre de la Foi Verte qui servait de porte-parole aux barbares qui m’a expliqué la source du problème. Visiblement, les tieffelins avaient été surpris en train de prier les Seigneurs-Démons qui les dirigeaient autrefois. Voulant connaitre le fin mot de cette histoire, j'ai convoqué dans la tente des commandants ce prêtre de la Foi Verte ainsi que Qulin Longue-Ombre afin d'avoir les deux sons de cloche. Et interdiction de s'entre-tuer pendant ce temps-là.
Longue-Ombre nous a confirmé que certains des siens, à l’en croire tout au plus une dizaine sur les près de deux cents tieffelins que comptait ses troupes, avaient effectivement prié pour leur salut les anciens Seigneurs-Démons. "Sans penser à mal" précisait-il. Orkamania a accusé d’emblée Selka d'avoir forcé la main aux tieffelins, et Longue-Ombre a confirmé qu'en effet, c'était bien elle qui leur avait dit qu'ils pouvaient s’ils n’avaient rien d’autre vers quoi se tourner. Il nous a ainsi semblé logique de confronter Selka. Après des palabres bien trop longues, nous avons réussi à calmer les barbares, et nous avons fait venir Selka dans la tente. Elle a bien confirmé avoir parlé aux tieffelins, et s'est justifiée tant bien que mal : le moral était selon elle primordial et les vieilles habitudes sont parfois tenaces. De son côté, Qulin prétendait que son peuple était toujours mal perçu, dénigré et mal considéré malgré leurs batailles, leurs victoires et leurs victimes. Les tieffelins avaient peur de combattre leurs maîtres, mais le faisaient, et pour se rassurer, ils n’avaient aucun appui. Certains en ont trouvé là où ils pouvaient. leurs explications tenaient la route, pourtant je sentais bien qu'il y avait quelque chose entre Orkamania et Selka, une animosité dont je ne comprenais pas encore l'origine. Je devais en discuter avec l'orc dès que l’occasion se présentait.
Une fois la situation désamorcée et tout le monde calmé – pour le moment – nous avons décidé d'aller dormir, pour démonter le camp à l’aube et arriver au plus vite à Drézen.
Spoiler:
Notes du MJ :
Un passage un peu tendu où certains ont fait preuve de toute leur "diplomatie" pour calmer une situation qui aurait facilement pu tourner au drame. Les joueurs ont bien géré ces premières tensions !
Dès le lever du jour – ou plutôt à l’heure à laquelle le soleil est censé se lever, ce qui n’était visiblement pas tout à fait le cas dans cette partie du monde – nous avons démonté le campement et avons commencé à nous mettre en route. Le trajet au creux du lit asséché de l’Ahari se déroulait plutôt bien, les parois rocheuses nous abritaient des tempêtes étranges que nous pouvions voir au loin. C’était un bon choix que d’éviter de couper par le plateau tout compte fait. Mais au bout de plusieurs heures, nous avons pu noter une grande agitation parmi les troupes, et nous avons rapidement appris qu'il y avait eu un mort parmi les soldats. Et en regardant au loin, nous avons pu voir un démon déserter en courant. Il ressemblait à un singe ailé, alors pourquoi est-ce qu'il n'utilisait pas ses ailes ? Peu importait, nous avons courageusement décidé de le poursuivre et de le pourfendre.
En nous lançant à sa poursuite dans le canyon, nous avons malheureusement fini par le perdre. Mais bientôt en face de nous s'étalèrent des dizaines de grandes cavités dans le sol, grouillantes de bestioles volantes. Qu'est-ce que c'était que ces trous béants ? Que pouvaient-ils bien cacher ? Etait-ce un énième piège démoniaque qui nous était tendu ? Nous n'avons hélas pas eu le temps d'approfondir la question, car c'est à ce moment-là qu'est arrivé un homme encapuchonné. Il semblait venir de derrière nous, ce qui m’avait semblé étrange car nous n'avions pas été suivis, et d'ailleurs je ne l'avais jamais croisé sur le camp.
Forcément, son arrivée juste au moment où nous venions de perdre de vue le démon ailé nous a rempli de suspicion. Alors nous l'avons harcelé de questions : hors de question d'amener au campement un ennemi potentiel. Nous avions besoin de réponses, mais les siennes étaient décousues, et Torkemada et moi sentions qu'il n'était pas entièrement franc. Au final, nous avons appris qu'il s'appelait Klavak, prêtre combattant d'Asmodeus, et qu'il était rescapé d'un groupe venu rejoindre nos armées depuis Isger, afin nous donner un artefact "assez puissant pour enfermer une divinité en son sein". De biens grands mots, difficiles à croire… Il nous a aussi annoncé que l'armée de son pays allait nous rejoindre sous peu. Une armée de 5 000 hommes ! Pouvions-nous réellement croire ce miracle ? Les mensonges que nous avions détectés au cours de notre longue discussion m'ont fait fortement douter de lui, mais s'il disait la vérité, alors c’était la victoire assurée !
En fin de compte, nous avons rebroussé chemin en direction du camp, accompagnés par cet énigmatique Klavak. Nous avons fini son interrogatoire dans la tente des commandants, apprenant alors qu'il était en réalité un tieffelin déguisé en humain pour pouvoir circuler librement. Une raison de plus de se méfier ? Possible, mais tous les tieffelins ne sont pas des félons.
Spoiler:
Notes du MJ :
Klavak est le personne d’un nouveau joueur ! Et comme si les doutes et suspicions sur Orkamania, Qulin, Nurah et Selka (et sans doute d’autres) ne suffisaient pas, ce joueur a décidé de jouer un fourbe tieffelin déguisé en homme. Sa prétendue armée et son artefact n’était qu’un moyen de se faire accepter, et il a raté et réussi suffisamment de jets de bluff pour qu’il soit mis en doute, sans paraitre trop mauvais.
Son but en tout cas est clair : occire le plus de démon possible (son background en révèlera d’avantage).
Après de nouvelles discussions, nous avons pris la décision, puisque Drézen n'était plus très loin, de rester ici pour la fin de journée et d'envoyer des éclaireurs sur place afin de lister les forces en présence. Et pendant que les éclaireurs partaient pour notre cible, j'ai proposé que nous allions explorer ces trous qui jonchaient le fond du canyon et qui représentaient selon moi un danger potentiel pour nos troupes. Nous avions appris qu'il s'agissait de "la Fournaise", une ouverture vers les Abysses d'où s'échappaient habituellement des centaines de nuées d'insectes démoniaques, connus sous le nom de "vescavores", capables de dévorer l'équipement d'une armée en quelques minutes à peine. Mieux valait nettoyer cette zone avant d'y envoyer nos hommes. Selon nos sources, ces insectes bien que démoniaque étaient sans doute régi par les mêmes règles que les nôtres : une créature faisant office de reine devait exister pour les unir en un même essaim. Nous espérions ainsi trouver cette créature afin de disperser les nuées sans avoir à les détruire une par une…
Le groupe qui devait s’en charger était composé de Torkemada, Orkamania, Volgar, Klavak, Kaptra et moi. Une fois à la hauteur d'un des trous, j’ai entendu un bourdonnement. Un essaim de bestioles démoniaques sort du trou et nous prenait pour cible ! Bien sûr, les armes étaient inefficaces contre de si petites créatures, mais Kaptra et moi avons réussi à les défaire grâce à nos sorts. La voie était libre vers les sous-sols, et notre cible : la reine des nuées.
Nous décidions d'entrer par petits groupes dans différents trous, et avons donc formé pour cela trois groupes de deux, pour nous rendre rapidement compte que les tunnels étaient parfaitement vides, si l'on mettait de côté les cadavres plus ou moins frais qu'on avait pu croiser et quelques nuées par-ci par-là. En tout cas, pas de reine, mais un fin fond d’un tunnel nous avons mis à jour une fissure qui semblait comme déchirer la paroi, menant visiblement vers un autre plan.
Tout juste certains d’entre nous avaient pénétré dans la cavité, qu’un démon sortait de la faille : une espèce de créature ailée à la tête d'aigle, un démon appelé Vrok. Nous avons réussi tant bien que mal à nous en débarrasser, après avoir vu Klavak se transformer en démon à six bras à son tour. Il m'avait prévenue en aparté lorsque nous explorions les tunnels, ainsi j'ai été un peu moins surprise que les autres, certainement. Mais sa forme démoniaque n'a rien à envier à celle de Volgar, et devait à tout prix rester hors de vue de nos troupes. Quelle troupe étrange nous formons...
Après avoir défait le Vrok, nous avons cherché un moyen de condamner cette faille. Pour ça, Kaptra a usé de son pouvoir pour façonner la pierre de manière à bloquer le plus possible l'accès à notre plan. Si cela n'arrêtera pas les démons, ça aura au moins le mérite de les ralentir. Nous n’avions pas trouvé notre but, la reine, mais avons au moins trouvé un moyen d’obstruer une sortie des Abysses ! En revanche, les tieffelins qui connaissaient de nom cette "Fournaise" avaient parlé de millions d’individus… nous n’en avions croisé qu’une poignée et, sans reine, nous ne pouvions que suspecter qu’ils avaient fait leur nid ailleurs… Nous pouvions de toute façon repartir vers le camp.
Spoiler:
Notes du MJ :
Pas de reine ? Ceux qui ont lu le module devait s’attendre à la trouver ici, mais il était plus sympa de la délocaliser. On va la retrouver très bientôt. Mon but ici était donc de prévenir sur ce qui pourrait arriver aux PJ (même si factuellement, de toute façon, ce n’est jamais utile car mes joueurs se retrouvent toujours pris au dépourvu et ne pense jamais aux indices que je tente de semer :p)
Au matin, les éclaireurs étaient de retour et ont pu nous en apprendre un peu plus sur les armées de démons qui nous attendaient à Drézen. Nous avons indiqué tout ça sur la table d'état-major, aidé par Kaptra qui pouvait nous dresser une carte assez précise des alentours : à l’est sur la "colline du Paradis", nous allons trouver des tieffelins, principalement, archers et combattants. Une zone à prendre en priorité, puisqu'elle est composée de fortifications : il s’agissait d’un lieu stratégique parfait pour y établir notre campement par la suite. De plus, notre avancée était couverte par le lit du fleuve par lequel nous progressions, et donnait en premier lieu sur cette zone.
Ensuite, sur la rive Sud de l’Ahari, des armées de tieffelins, dretchs et fanatiques nous attendaient. Nous allions leur montrer ce que les combattants du Mendev avaient dans le ventre ! A côté il y avait un pont permettant d’accéder à la citadelle, protégé par des tieffelins. Dans le canyon en contrebas, au niveau des piliers soutenant le lourd pont de pierre, les éclaireurs nous ont rapporté avoir vu des aurochs enchaînés. Certainement pour détruire l’accès dans le cas où des ennemis voudraient passer dessus. Il faudra prendre ce pont rapidement.
Près de la rive Sud, il y avait un vaste cimetière où des morts-vivants avaient été repérés. Enfin, bien sûr, il y avait les remparts et la citadelle elle-même. Quatre des sept tours semblaient pourvues de catapultes, que nous espérions pouvoir saboter pour que l'armée puisse passer sans se faire canarder. Ensuite seulement nous pourrions pénétrer dans la citadelle.
Nous établissions une stratégie qui nous semblait la bonne : pendant qu'un groupe allait rester au sein des armées pour diriger le gros de l'attaque sur la Colline du Paradis, un petit groupe d'élite aller rejoindre discrètement au niveau du pont reliant la rive Sud au bastion, avec pour mission de le sécuriser. Pour ce faire, Orkamania et Torkemada se portaient volontaires. C’étaient les plus discrets de notre groupe. Y étaient adjoints Lann, Selka, Aravashnial et Narwenn. Je leur faisais pleinement confiance pour arriver à se débarrasser des tieffelins qui gardaient le pont, et des aurochs dans le canyon.

Bientôt, les armées étaient rassemblées, le campement démonté, et tout le monde était prêt à partir pour la mission qui lui a été assignée. Pendant que le groupe d’assaut s'occupait du pont, Kaptra, Shack, Klavak, Irabeth, Volgar et moi-même étions restés avec les armées afin de défaire les généraux ennemis. Nous arrivions par le lit de la rivière, sous couvert des parois et de la brume, si bien que notre arrivée n’a été visiblement détectée que trop tard ! Nous avions décidé de concentrer notre attaque sur la Colline du Paradis. Le plan était risqué car nous prenions le risque de nous retrouver encerclés par la suite, mais en mettant toutes nos troupes dans une même bataille sans nous diviser, nous nous assurions de préserver nos forces et d’assurer notre position pour faciliter les affrontements suivants.
Quand nous sommes arrivés sur les armées ennemis, c’était déjà trop tard pour elles. Les quelques centaines de tieffelins et de dretchs ne faisaient pas le poids face aux hommes en armure lourde montés ou aux barbares enragés. Alors que le gros des troupes s’affrontait dans un bain d’ichor noir, mes cinq compagnons restés et moi prenions les devants dans le but de couper la tête du serpent : nous nous dirigions vers les généraux de l’armée de la Colline du Paradis pour un combat singulier que nous avons remporté haut la main ! Une fois les têtes des généraux adverses tombées, leurs troupes ont été rapidement mises en déroute, et nous avons pu récupérer la Colline du Paradis et ses fortifications.
Bientôt, ceux en reconnaissance au pont revenaient et Lann faisait son rapport : « On a avancé avec prudence, enveloppés d'un brouillard créé par le magicien elfe, jusqu'à arriver à proximité des aurochs, dans le canyon. Ces créatures n'étaient pas des animaux normaux mais des bêtes démoniaques, les tuer était le plus charitable. Il a été décidé que Narwenn et moi-même montions sur le pont par l'un des côtés, histoire de nous débarrasser rapidement du tieffelin qui nous semblait être le plus dangereux, visiblement un utilisateur de magie profane. Les ennemis étaient nombreux, mais nous étions vaillants et sûrs de notre victoire. Notre groupe s'est donc séparé en trois : Narwenn et moi d'un côté, mon ami l'orc, le magicien et l'inquisiteur d'un autre, et Selka devait nous rejoindre en volant sur le pont. Orkamania se méfie d'elle, pourtant c'est elle qui nous a tous sauvés. Mais j'y reviendrai. Mais les gardes du pont étaient encore plus nombreux que nous ne le pensions. Une bonne dizaine, incluant archers, combattants, et le sorcier ! Tout ne s'est pas passé comme prévu, et malgré le renfort de Torkemada et Aravashnial, nous avons bien failli y passer. Heureusement, Selka a fini de tuer les ennemis et nous a soigné alors que nous étions tous au sol. Seul Orkamania était resté en bas à achever les aurochs démoniaques, encore attachés et incapables de faire le moindre mal. Quand il nous a rejoint, tout était déjà terminé. »

Nous avions rempli nos deux missions avec succès, et nous décidions de fouiller les ruines. Au bout d’une bonne heure pendant laquelle nous préparions la suite de l’assaut, nos hommes ont trouvé d'anciens soldats qui avaient été visiblement faits prisonniers par les démons et tieffelins. Nous les avons libérés, et alors que nous les interrogions, l'un d'eux a évoqué le nom d'Akiron, ce qui a fait aussitôt tiquer Orkamania. Au milieu d’une discussion qui n’avait guère de sens, le vieil homme s'est soudain ouvert le ventre devant nous pour en sortir une fiole ! Son sang jaillissait par terre et, au bord de l’inconscience, il nous implora de boire tous une gorgée du contenu. Seuls trois d'entre nous eurent le courage, ou l'inconscience, de le faire : Orkamania, Volgar et moi-même.
Ce breuvage déclencha en chacun d’entre nous une sorte de vision, semblable à celle que nous avions eu au Gué de Vilareth, mais cette fois, nous ne la partagions pas, nous vivions chacun la nôtre. J'étais seule, au milieu d'une armée mendevienne en Plaie du Monde. J'y ai vu un petit groupe de combattants animés au milieu des soldats concentrés. Parmi ces combattants, j'ai reconnu ma mère d'après son nom que lançait un de ses compagnons. Elle parlait avec un eux d'aller "casser du démon", ce qui m'avait fait sourire, ne me rappelant pas d’elle comme ça. Ils avaient évoqué le fait qu'ils étaient venus ici, en Plaie du Monde, pour récupérer quelque chose capable d'arrêter les croisades une bonne fois pour toute. Était ensuite arrivé un petit groupe de mages, et une a fait comprendre aux soldats de se taire, une mage qui me disait quelque chose, dont j'avais croisé le portrait je ne sais plus où... Puis soudain, cette magicienne s’est tournée vers moi et avait soudain changé de voix, comme possédée, pour me dire de "ne pas les laisser trouver son enfant, elle est la clé du Paradoxe", ainsi que de "terminer ce qu'ils avaient commencés". Qu'avait-elle voulu dire par là ? Que c'était à nous de retrouver cet artefact ? C'était la seconde fois que j'entendais parler du Paradoxe.
Nous avons donc mis nos visions en commun, comprenant ce que nous pouvions, spéculant la plupart du temps sur telle ou telle chose. Mais pas le temps de nous reposer, nous devions encore prendre la rive Sud avant la tombée de la nuit.
Spoiler:
Notes du MJ :
Pour info, les joueurs ont pu comprendre (partiellement) que "le vieil homme à la fiole" était sous l’influence d’un sort de "mission" depuis de nombreuses années ! Il était mandaté par Akiron pour délivrer cette fiole… le reste est un mystère.
J’avais ici préparé une vision individuelle pour chaque PJ, mais certains ont préféré ne pas boire de cette fiole. Voici le détail des visions qu’ont eu mes trois joueurs, telles que je les ai présentées (pour info, ils pouvaient interagir comme bon leur semblait, mais je n’ai indiqué ici que très sommairement ce qu’ils y avaient fait) :
Spoiler:
Orkamania : Tu te retrouves dans un bâtiment aux allures primitives, semblables aux constructions sarkariennes. L'endroit ressemblerait plus à une gigantesque salle de banquet vu sa configuration, mais les piles d'équipement et les lits de camp font penser que celle-ci sert maintenant de dortoir de fortune. Plusieurs personnes sont là, parmi lesquels Kluly, physiquement tel qu'Orkamania l'a toujours connu, mais portant sur son visage une expression inédite, joviale. Quelques croisés l'accompagnent ainsi que deux sarkariennes. Une allongée par terre caresse Kluly alors que l'autre boit du vin sur les genoux d'un de ses voisins. Kluly rit à gorge déployée : « Ne t'inquiète pas, Shala ! Je te l'ai dit, dès que cette ennuyeuse expédition sera achevée, je t'amène toi et ta sœur Jerribeth à Kénabres pour monter une nouvelle expédition afin de retrouver ton peuple ! » L'autre femme rétorque d'une voix étrangement envoûtante et puissante « Mais que cherchent les autres dans les ruines ? Ils ne doivent pas réveiller les anciens esprits, c'est très dangereux ! » Marekai lui tapote les hanches avant de l'embrasser « Ne t'en fait pas, le commandant Drogaloth et cet Anartii savent ce qu'ils font, et puis ta sœur Shala pourra les transpercer d'une de ses flèches si des esprits s'en prennent à nous ! Je le jure femme, je n'ai jamais vu un tir comme les tiens ! » finit-il en s'esclaffant, pendant que Shala se relève pour empoigner son arc.

Après t'avoir invité à les rejoindre et répondu à quelques questions, Kluly se relève subitement en laissant choir sa chope qui se fracasse par terre. Ses yeux se révulsent et sa voix n'a désormais plus rien à voir avec celle qu'il avait jusqu’alors « Enfants du Paradoxe ! Terendelev était là, elle savait ! Elle vous a reconnus et vous a sauvés pour que puissiez accomplir votre destinée ! »
Spoiler:
Sorana : Tu te retrouves soudainement en Plaie du Monde, au milieu d'une immense troupe de croisés aux armures frappées du blason de Iomédae, Sarenrae ou d'autres Dieux des croisades. Le cortège est en marche, et tu peux voir un grand nombre de chariots remplis de provisions et de matériel qui laissent supposer plus qu'un simple aller-retour : il y a de quoi installer un campement pour plusieurs années. Parmi les soldats au regard sérieux et inquiet sous un ciel jaune orangé de la plaie du Monde, un petit groupe de joyeux drilles semble d'humeur plus joviale. En entendant des bribes de leur conversation, tu entends le nom de "Kyra", une croisée frappée du blason de la Déesse de la Rédemption : « Hey, Borosus ! Ca a trop duré ! Quand diable va-t-on enfin casser du démon ?? Donne-moi un Balor que je te montre un peu comment Sarenrae s'occupe des démons ! ». L'autre lui répond « Pff tu sais bien que ce n'est pas l'objectif, ils cherchent quelque chose qui pourrait mettre un terme à cette guerre... tu y crois toi ? » Soudain un trio de mages en robe s'interpose « Hey ! on ne parle pas de tels sujets ». Tu as déjà croisé le portait d'un des mages : une femme.

Alors que tu écoutes les conversations pour comprendre ce qu'il se passe, les mages passent désormais devant toi. La magicienne s'arrête brusquement et se tourne vers toi. Tu peux voir ses yeux révulsés, et elle parle en ta direction avec une étrange voix d'homme : « Vous devez terminer ce que nous avons commencé ! Ne les laissez pas trouver mon enfant, elle est la clef du Paradoxe ! »
Spoiler:
Volgar : Tu te retrouves dans un camp temporaire, semble-t-il en Plaie du Monde mais pas parmi vos propres armées. Autour de toi n'est visible que le désert du pays, tu n'es vraisemblablement plus à Drézen. Il y a de l'agitation dans le camp alors qu'un groupe d'une cinquantaine d'humains aux habits primitifs, semblables à des sarkariens, semble entrer dans le camp. Ce sont des réfugiés. La grande majorité est composée de femmes et d'enfants, menés par une elfe et une archère. Un des rares hommes que vous pouvez voir accompagne une femme, enceinte. Il te semble très familier : « Ne traîne pas, femme ! Nous serons en sécurité ici. Jerribeth et Shala nous indiqueront où nous pourrons nous installer ».

Après avoir compris que l'homme n'était autre que Skalkir, plus jeune de nombreuses années, il répond à certaines de tes questions. Mais alors qu'il s'apprête à repartir, il s’arrête soudain. Ses yeux sont maintenant révulsés et sa voix n'a plus rien de semblable avec celle qu'il avait il y a encore quelques secondes : « Vous êtes tous liés ! Tous les 6 ! Votre destinée, comme notre fin, ne font qu'un ! »
La bataille de la rive Sud s’était plutôt bien déroulé, la chance et les Dieux étaient sans doute avec nous ! Bien que les démons avaient alors conscience de notre présence, nous contrôlions le pont de l’Ahari et les démons ne s’étaient pas risqué à envoyer des renforts par là. Notre armée quasiment intacte depuis notre arrivée à Drézen rasait nos opposants, et nous remportions une victoire facile.
Mais le pire allait arriver : alors que la nuit était tombée sur notre campement de la Colline du Paradis, l’alerte sonna ! Nous étions pris en tenaille par le sud, d’où des hordes de squelettes animés et autres mort-vivants submergeaient nos hommes, et par le nord d’où d'invraisemblables nuées d’insectes gros comme des poings dévoraient tout sur leur passage ! Des vescavores ! Pas étonnant que les tunnels sous la Fournaise étaient vides… La reine devait être dans les parages et avait dû mener ses nuées vers notre camp ! Alors que les commandants se mettaient sur le pied de guerre pour nous diriger vers les zones de conflit, trois des nôtres manquaient à l’appel : Orkamania, Selka et Nurah étaient introuvables ! Ils avaient bien choisi leur moment, et les seules informations que nous avions pu prendre rapidement indiquaient que Nurah avait été vue quitter le camp par la porte Sud, et Orkamania faire de même par la porte Nord, le tout pendant la nuit. En revanche, personne n’avait vu Selka.
La reine des vescavores nous avait donné du fil à retordre, et les nuages d’insectes dans lesquels nous combattions nous rendait la tâche encore plus compliquée. Nous y avons laissé quelques plumes mais finalement, le coup qui terrassa ce monstre provoqua la dispersion des nuées ! Sans elles, nos hommes ont pu contrer les mort-vivants bien plus facilement, mais le campement avait subi de sérieux dommages, et nos troupes avait payé un lourd tribu… Les prochaines batailles allaient être bien plus difficiles, et sans doutes fatales à nombre de nos hommes !
En revanche, les trois disparus n’avaient pas refait surface de toute la confrontation, et leur absence ne présageait que de mauvaises choses…

Spoiler:
Notes du MJ :
Un sérieux événement a eu lieu dans l’ombre des joueurs, en aparté avec Orkamania. Il arrivera bientôt, mais pour le moment, il va avoir des conséquences assez surprenantes et plutôt sympathiques sur la suite de l’histoire !
Entre trahison et piège, la suite promets de bonnes choses…
La suite, bientôt !
Dernière modification par RING3R le mer. oct. 02, 2019 11:01 am, modifié 1 fois.

RING3R
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Re: [CR] La Colère des Justes - Journal de campagne

Message par RING3R » mar. août 13, 2019 6:29 pm

II.6 - TRAHISONS (par Sorana)

Dès la fin de l’assaut, nous souhaitions nous occuper de nos compagnons disparus. Nurah, Orkamania et Selka manquaient à l’appel, et cela n’avait rien de normal. Que c'était-il passé dans la nuit ? Nous devions tirer ça au clair. Torkemada et moi sommes allés à la tente de Nurah, et n’avons trouvé aucune trace d'elle. Pire, ses affaires avaient disparu, comme si elle avait soigneusement planifié son départ. Cela n'augurait rien de bon, et je sentais que mon instinct ne m'avait pas trompé sur elle. Depuis le départ, je ne lui faisais pas confiance, même si je ne m’en rendais pas tout à fait compte. Une partie de moi la trouvait suspecte, tout comme ses intentions. Je prenais au départ ses mises en garde pour de sages conseils, venant de quelqu’un qui avait plus d’expérience dans cette guerre que nous, mais je comprenais alors qu’elle nous avait manipulés. Elle nous poussait depuis le départ à nous méfier des tactiques "fourbes et insidieuses" des démons, à nous méfier de nos ennemis, alors qu’en réalité, elle instillait le doute en nous. Ce n’était plus de nos ennemis que nous nous méfiions, mais de tout le monde, y compris nos propres compagnons. Selon elle, tout le monde avait quelque chose de suspicieux, Orkamania ou Irabeth pour leur ascendance orque ; Selka ou Torkemada pour leurs crimes passés ; Volgar ou Hécate pour leurs traits étranges ; Qulin et ses tieffelins pour leurs anciennes allégeances ; ou encore Aravashnial pour les secrets qui entouraient son ordre, voire Kaptra pour avoir côtoyé de bien trop près la trahison… Elle prétendait que les démons nous pousseraient les uns contre les autres, et c’est ce qu’elle faisait pendant ce même temps. Comment n’avons-nous pas pu voir ça ? Nous aurions dû faire quelque chose contre elle tant que nous le pouvions encore.
Spoiler:
Notes du MJ :
Ceux qui ont lu la campagne savent qu’effectivement, Nurah est une traître à la solde de Baphomet. Les joueurs m’ont vraiment étonné sur "l’affaire Nurah". Dès le départ, ils se sont méfié d’elle, d’ailleurs au début sans véritable raison. Au gré des discussions en tête à tête, notamment avec Orkamania – j’ai voulu jouer le côté fourbe du personnage et tenté effectivement de médire un peu sur tout le monde. Ça aurait pu être obvious, ça a renforcé certaines suspicions, mais rien de plus. Il y a eu des sabotages pendant le voyage, des choses qui disparaissaient etc. Puis la lettre d’Exorius mentionnant "une alliée". Malgré les doutes qui prenaient de l’importance, les joueurs n’ont jamais rien fait contre elle. Rien. Jusqu’à ce que ses plans arrivent à terme…
Quant à la tente de Selka, elle était vide aussi, mais ses affaires étaient encore là, tout comme chez l’orc. Mais là, une surprise nous attendait : en lieu et place d'Orkamania, Klavak avait trouvé une autre personne : Kluly, l'ami d'enfance d'Orkamania. De son vrai nom Legato MacDowel.
Devant une telle situation, le pauvre chevalier a été interrogé en long, en large et en travers, face à un Klavak qui ne pouvait pas s'empêcher de critiquer notre indulgence, et d'accuser Legato de tout et n'importe quoi. Nous devions comprendre, et notre seule piste était cet homme, à l’air bien plus jeune que ce que j’avais compris en écoutant Orkamania parler de lui, son aîné. Lui seul pouvait nous éclairer sur la situation, et nous lui avons demandé de nous raconter ce qu’il savait, il commençait par son histoire.

Legato s’était engagé dans les croisades mendevienne en tant que simple soldat, après la troisième croisade. Cela nous ramenait il y a plus de vingt ans ! Il devait être un enfant à cette époque, mais avant de le contredire, nous le laissions continuer son récit. La dernière mission à laquelle il avait participé consistait en une expédition teintée de secrets, ni lui ni aucun de ses camarades ne savait où elle les menait, ni dans quel but. Tout ce qu’il disait savoir, c’est qu’ils étaient partis pour plusieurs mois au cœur de la Plaie du Monde… Cela me rappelait quelque chose, mais là non plus je n’ai pas interrompu le jeune homme. Au bout de longues semaines de campagne, les troupes étaient tombées sur des réfugiés sarkariens : sauf exception, il n’y avait que femmes et enfants, les hommes étant restés se battre – et sans doute mourir – pour couvrir la fuite de la tribu. Ces rescapés étaient menés notamment par deux femmes, ou plutôt une femme et une elfe du nom de Jerribeth et Shala. Dont Legato disait s’être… "rapproché" à en croire ses paroles. Les sarkariens avaient ainsi rejoint l’expédition.
Il indiquait que, de nombreux jours de voyage plus tard, ils avaient fini par monter un camp plus durable, et qu’il suspectait que l’expédition était finalement arrivée à destination. Le camp avait été installé dans un ancien village sarkarien alors abandonné, à proximité d’un de ces arbres dont ce peuple se servait parfois pour y installer leur laboratoire ou leur prison, un arbre thane. Il ne s’était plus rien passé les jours suivants, si ce n’est devoir porter des caisses de matériel à l’entrée de l’arbre, où visiblement les mages et leaders de l’expédition passaient leurs journées. D’après Légato, les soldats ne croisaient même pas un démon, chose qui me paraissait étrange en un tel lieu.
Mais au bout d’un certain temps, une nuit, tout bascula. Legato disait dormir dans la tente de Jerribeth et Shala quand il fut réveillé par des bruits, des cris, de l’agitation : sans doute une invasion de démons. Ses deux amies n’étaient pas là, et il eut à peine le temps de se préparer au combat quand deux monstres surgissaient dans la tente. Le soldat avoua avoir reconnu, sous des traits clairement démoniaques, deux de ses compagnons d’armes ! Leurs visages étaient familiers, mais pas leurs yeux injectés de sang, ni leur masse musculaire qui avait doublé de volume, encore moins les protubérances osseuses qui déchiraient par endroit leur peau. Il se résignait à les défaire et, craignant pour la vie de Jerribeth et Shala, fit abstraction du chaos qui semblait avoir pris tout le campement pour partir les retrouver. Il se dirigea finalement vers l’arbre thane, car elles lui auraient avoué s’y rendre de temps en temps en compagnie d’un Gardien des Failles qui, lui, en avait l’autorisation. Legato pénétra dans ces lieux et après avoir traversé d’étranges salles, tomba sur un spectacle qui le faisait trembler à l’idée même de le raconter. Il était tombé nez-à-nez avec Akiron, un des meneurs de l’expédition, qui combattait des démons aux côtés de son commandant, Andrew Drogaloth, de l’héroïne Yaniel ainsi que d’une Gardienne des Failles et une prêtresse de Sarenrae. Cette dernière était en pleine incantation, semblait-il au milieu d’un cercle d’invocation. Mais en face d’eux se dressaient, menaçantes, ses amies Jerribeth et Shala, accompagnées du Gardien des Failles dont elles parlaient parfois, et surtout d’un démon aux allures féminine mais dépourvu d’yeux, en lieu et place desquels sortaient des sortent de cornes. Cette description me faisait penser à Minagho bien sûr, mais quel rapport pouvait-il y avoir ? Autre chose attira son attention cependant, une ombre noire comme la nuit dotée d’yeux rouges qui scintillaient lorsqu’ils croisèrent le regard du jeune soldat. L’ombre fonçait vers lui et, lorsqu’elle était à portée de bras, Akiron se serait tourné vers lui en lui disant une phrase qu’il n’oublierait jamais : « Ne m’en veux pas soldat, mais tu tombes bien », avant d’incanter quelques paroles magiques, et dirigeant une main vers lui et une vers l’ombre. Legato racontait avoir senti à ce moment-là une douleur si vive qu’il sombra dans l’inconscience.
Après cet événement, le jeune homme ne se rappelait plus rien jusqu’à son réveil dans la demeure du vieil Akiron, qui allait être sa maison durant plusieurs années, sans jamais pouvoir parler de ce qu’il s’était passé. Quelques années plus tard, le mage adoptait un jeune orc, Singed, à qui il enseignait l’art de l’alchimie. Je savais qu’il parlait d’Orkamania, même si nous ne l’appelions de notre côté jamais comme ça. Akrion lui interdit à nouveau de parler de son histoire, et Legato avoua qu’il n’en avait pas d’autres séquelles que de fugaces et ponctuelles pertes de mémoire. Sa vie fut alors calme jusqu’à une nouvelle et bien plus sévère perte de mémoire, qui le ramenait au matin même. Tout ce qu’il pouvait nous dire de ce moment était d’avoir cru apparoir la silhouette de son ami Singed, "bien plus vieux que dans ses souvenirs" précisait-il. Il décrivait aussi une jeune et petite femme, probablement halfeline, aux cheveux longs tressés. Il s’agissait sans nul doute de Nurah ! Enfin, il avait entendu, une fois les deux sortis de la tente dans laquelle il se trouvait par deux issues différentes, la voix d’une femme suivie de bruits de combat. Je me disais que, peut-être, Selka était aussi mêlée à cette histoire.
Spoiler:
Notes du MJ :
Orkamania ne fait plus partie des PJ, et son joueur contrôle désormais Legato, ou "Kluly" pour Orkamania. Techniquement, il s’agit d’un Chevalier Champion audacieux. Il faisait donc partie de la fameuse expédition dont commencent à beaucoup entendre parler les joueurs. D’après ses connaissances, il a pu mettre en ordre les infos qu’étaient censés avoir les joueurs suite aux différentes "visions", et y ajouter l’histoire du combat entre les leaders et les deux étranges femme/elfe, accompagnées de démons…
L’histoire du nouvel arrivant était pleine de révélations, mais le plus urgent consistait à comprendre ce qu’il en était d’Orkamania, Nurah et Selka. Nous avons parlé un moment entre nous pour tenter de mettre à plat ce que nous savions et comprendre ce qu’il pouvait s’être passé. J'ai finalement vendu la mèche concernant le mot qu'avait trouvé Aravashnial quand nous étions au Gué de Vilareth. Ce fameux message parlait d'un ou d’une demi-orc qui allait servir aux démons, et d'une traîtresse dans nos rangs, une femme à leur solde. D'après ce que nous pouvions en déduire, l'orc était Orkamania, et la traîtresse Nurah. Volgar a très mal pris le fait que Hécate et moi avions souhaité cacher cette information, et il a encore plus désapprouvé le fait que j'en avait parlé quelques jours plus tôt à Torkemada. J'imagine qu'il s'est senti lésé, et je pouvais le comprendre. Mais moins nous étions dans la confidence, moins nos investigations risquaient de se faire remarquer. J'avais fini par le lui faire comprendre, mais je croyais que sa rancœur était aussi tenace que l'odeur de ses pieds.

Quoi qu’il en était, Legato nous semblait tout à fait sérieux et honnête dans ses réponses, et nous avons décidé de le mettre à l'épreuve en l'emmenant au cimetière, la direction où des gardes avaient vu Nurah se diriger, accompagnée d'une grosse partie de notre armée. D’ailleurs, Irabeth nous apprenait à ce moment-là que Radiance – l’épée de Yaniel que nous avions sauvée des griffes de Minagho à Kénabres – avait elle aussi disparu. Difficile de croire à une coïncidence compte tenu de l’importance que l’arme semblait revêtir pour les sbires de Baphomet !
Pendant ce temps, Hécate et Kaptra était parties à la recherche de Selka, autour de la tente de l’orc. Elles l’avaient finalement trouvée assassinée, à moitié dissimulée à la va-vite dans un buisson proche de la tente. Elle présentait semblait-il des marques de griffes : cela disculpait Orkamania, mais vu leurs relations, difficiles à croire que tout cela ne soit qu’une coïncidence. Les deux femmes décidaient de profiter du pouvoir de la prêtresse pour tenter d’en savoir plus, en communiquant avec l’esprit de Selka. Hécate avait confiance en Selka et l’avait protégée notamment des attaques verbales de l’orc, elle tenait à comprendre qui était le traître. D’après ce qu’elles ont rapporté de cette étrange entrevue, la communication était difficile, et les paroles peu claires. L’esprit trop faible ne pouvait faire des réponses construites aux trois questions que Kaptra put poser, et il fallait décrypter certains passages qu’elle consigna soigneusement : A la question "Qui t’as tuée ?" l’esprit répondit : « … l’orque… c’est, l’orque… je l’ai combattu… l’ai terrassé… mais son ombre s’en est détachée… trop forte… puissante… rien pu faire… » Ensuite, Kaptra demanda si elle savait pourquoi, ce à quoi l’esprit ajouta : « … trahi… j’ai surpris l’orque… l’halfeline… il l’a écouté… accepté… il a bu… embrassé les ombres… je voulais empêcher… fuite… » Enfin, la prêtresse voulu des détails concernant cette "ombre" : « … l’ombre… le démon… l’invidiak… plus fort… plus puissant que les autres… quelque chose l’a changé… prenez garde… ».
Hécate, perturbée par cette scène, fini par révéler que l’esprit semblait comme s’accrocher, alors que la prêtresse ne parvenait plus à maintenir la connexion, et, avant de rejoindre l’au-delà pour de bon, Selka ajoutait une dernière et non moins cryptique phrase : « … Arueshalae… la succube… je la chassais… pour racheter ma liberté aux Abysses… Arueshalae… s’est détourné de la Horde de Sauterelles… pour le Machaon… peut-être... plus utile à vous… vivante… désormais… … … »
Spoiler:
Notes du MJ :
Forte scène, notamment car Hécate avait pris Selka sous son aile. Elle avait peur que celle-ci l’ait trahi, mais à la suite de cette discussion d’outre-tombe, Hécate était persuadée que ce n’était pas le cas : Orkamania semblait être le traître ! Mais peut-être n’était-il pas seul ?
Comme je l’avais rapidement mentionné plus tôt, j’avais des plans pour Selka, mais elle est morte avant que les joueurs puissent en apprendre plus. Elle recherchait (pour des raisons qui n’ont plus d’importance maintenant^^) une succube du nom d’Arueshalae (pour ceux qui ont lu le module 3, à l’instar de la guenaude Jaruunicka). J’ai donc profité de cette conversation pour lancer cette piste…
Nous étions partis de notre côté vers le cimetière. En chemin, j'ai décidé de discuter un peu avec Legato, déjà pour lui montrer que nous n'étions pas tous des sauvages dépourvus de sympathie, mais aussi pour tenter d'en apprendre un peu plus sur lui. Et pourquoi pas sur Orkamania, ou Singed, comme il l'appelait, au passage. Mais si ce n’est l’existence d’une relation pour le moins ambiguë entre les deux…. frères d’adoption, je n’apprenais pas grand-chose susceptible de m’éclairer.
Une fois au cimetière, accompagnés de ce qu'il restait de nos armées, nous avons pris à revers les troupes de goules qui nous avaient attaqués la veille. Parmi eux se trouvait une connaissance de Torkemada et Volgar : un incube nommé Exorius, qui avait déjà eu affaire à eux vers le Canyon du Gardien. C’est lui qui était venu saboter notre engin de siège ! Mais ce jour-là, face à nous tous, il n’était pas de taille. Alors que nous pensions devoir ruser pour défaire un tel ennemi, nous n’en avons fait qu’une bouchée après que Torkemada ait réussi à l’immobiliser par magie ! Ce n’étaient pas ses quelques sbires qui pouvaient nous empêcher de le terrasser, et malgré sa futile tentative de fuite, il finissait sa misérable existence tranché en deux par la hache de Volgar. A ses côtés se tenait une sorte de spectre aux ailes de chauve-souris qu’il fut plus difficile à contrer, d’autant qu’il rabâchait que nous devions retrouver son "apparence charnelle" afin qu’il puisse nous exterminer… Nous ne prêtions pas attention à ses propos fantasques et finissions par dissiper cet esprit étrange grâce à ma magie divine.
A proximité de là se dressait un large tombeau, seul endroit où aurait pu se cacher cette infâme halfeline. Une énergie mauvaise en émanait, comme une aura maléfique pesante. Alors que nos troupes ratissaient le vaste cimetière en affrontant des centaines de goules, sans peur nous pénétrions dans la bâtisse pour tomber sur un ancien caveau d’où sortaient des squelettes embrasés qui se jetaient sur nous. Ils n’étaient cependant pas seuls, puisque nous avons là retrouvé l’esprit que nous avions combattu à l’extérieur, sous sa véritable apparence ! Un berbalang hantaient le tombeau, et dirigeaient vraisemblablement les goules du cimetière. Nous avons pu l’éliminer et rejoignions la sortie pour nous apprêter à sanctifier les lieux lorsqu’un coup de théâtre eut lieu : Nurah était là, à bonne distance mais face à moi, flanquée de plusieurs soldats à nous qu'elle avait visiblement converti à sa cause.

« Nurah... Tu vas payer ta trahison ! » lui lançai-je d'un ton de défi.
"Elle n'avait trahi personne" selon ce qu’elle répondit. Forcément, de son point de vue elle était contre nous depuis le début...

Spoiler:
Notes du MJ :
Au niveau de l’assaut sur Drézen, cette partie signe le contrôle de toute la ville à l’exception de la citadelle. Mais il reste un adversaire de taille, qui apparaîtra très vite dans le prochain compte rendu !
L’arrivée de Kluly et surtout la disparition d’Orkamania a surpris tout le monde (sauf le joueur qui était dans la confidence, nous avions vu ça ensemble car je n’aurais jamais imposé à un joueur ce genre de retournement). La perspective qu’un PJ puisse trahir les autres a fait son effet, même si de nombreuses questions demeurent, notamment au sujet de "cette ombre" dont parle l’esprit de Selka…
La suite, bientôt !

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wyatt
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Re: [CR] La Colère des Justes - Journal de campagne

Message par wyatt » mar. août 27, 2019 4:05 pm

Merci @RING3R pour ce journal de campagne très détaillé !  :bierre:

L'AP de la Colère des Justes m'a toujours fait envie, entre son cadre de campagne et son côté épique, mais la mauvaise réputation des règles mythiques de Pathfinder m'avait décourager de la faire jouer.

Je suis content, en te lisant, de comprendre que l'on peut la faire jouer dans un mode "non mythique" en proposant des pouvoirs supplémentaires aux PJ.

Deux questions pour toi
  1. est-ce que gérer des combats de masse avec les règles de Pathfinder et 6 ou 7 PJ n'est pas trop compliqué ? comment t'y es tu pris pour que chaque combat de masse ne prenne pas toute une session de jeu ?
  2. pourquoi avez-vous fait le choix, en cours de campagne, de passer de Pathfinder à DD5 ? est-ce que la conversion des monstres et PNJ de l'AP en DD5 n'a pas été trop compliquée ?

RING3R
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Re: [CR] La Colère des Justes - Journal de campagne

Message par RING3R » lun. sept. 02, 2019 2:27 pm

Salut et merci pour ton retour !

La campagne peut être jouée sans les règles mythiques en tant que telles, et les modules proposent mêmes quelques pistes (une montée en niveau plus rapide, plus de joueurs, des points de carac supérieurs, nerf des derniers adversaires).
Pour ma part j'ai donc opté pour un mix, avec des capacités spéciales pour donner un aspect unique à ces personnages, quelques points de carac en plus et davantage de PJ.

Pour répondre à tes questions :
1. les combats de masse se sont déroulés dans l'ensemble comme des combats classiques puisque chaque joueur dirigeait un régiment. Les mécaniques son assez semblables, mais l'aspect "déplacement tactique" d'un combat classique de Pathfinder était bien moins présent (les ennemis occupaient quasiment à chaque fois une position stratégique, et les joueurs ont peu souvent eu à se désengager d'une mêlée). Mais comme je l'ai dit, cela n'a pas convaincu mes joueurs donc nous n'avons au final fait que 2 séances de combat de masse si je me souviens bien... Ceci dit, je ne vois pas pourquoi ce serait plus long qu'un combat classique (tout du moins avec les règles utilisées et considérant mon groupe de joueurs)
2. le passage vers DD5 est devenu évident pour moi au moment où j'ai eu le livre de règles entre les mains^^ Nous étions à ce moment niveau 8/9 il me semble, et les ennemis étaient déjà bcp plus fort (et donc complexes) que ce que j'avais eu l'occasion de gérer jusque là. Cela devenait compliqué de mon côté de l'écran, ainsi que de l'autre (pour rappel mes joueurs étaient pour la plupart de nouveaux rolistes, et je n'avais pas bcp de parties à mon actif non plus). Le système PF commençait à me fatiguer avec ses bonus à n'en plus finir, ses exceptions, ses myriades de dons etc. Les règles DD5 semblait me convenir davantage et j'étais persuadé que ce serait le cas de mes joueurs aussi (la majorité tout du moins^^). A posteriori, je ne regrette pas ce choix et si j'avais pu je l'aurais fait plus tôt !
Après pour ce qui est de la conversion, oui c'était compliqué. Essayer de trouver un équivalent pour chaque monstre est impossible quand la campagne s'appuie sur 4 bestiaires et DD5 1 seul (un peu plus en prenant en compte ce qui n'est pas traduit), mais la création de monstres est bien plus simple je trouve, et j'ai vite compris comment ajouter (en m'appuyant sur l'existant) ce dont j'avais besoin.
Les PNJ (antagonistes majeurs disons) ont nécessité un statblock créé de toute pièce, et si le résultat est loin d'être publiable, je pense m'en être sortit pas trop mal :p
J'ajoute qu'il existe des outils en ligne pour convertir des statblock mais perso, aucun résultat ne m'a convaincu...

J'étais en congés 15j, d'où cette pause dans les logs, mais la suite arrive normalement très bientôt :)

RING3R
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Re: [CR] La Colère des Justes - Journal de campagne

Message par RING3R » mar. sept. 03, 2019 11:43 am

II.7 - LA BÊTE DE DRÉZEN (par Legato)

Spoiler:
Notes du MJ :
Petite pause dans le log pour cause de congés, mais je reprends avec un combat épique et qui aurait très bien pu mal tourner ! J’avais pris la précaution de faire un playtest en solo de ce combat, et c’était jouable, mais si la chance s’acharnait d’un côté, le TPK pouvait arriver à tout moment… Les joueurs devraient se débrouiller pour s’en sortir !

Ce comte-rendu est le premier de Legato, le nouveau personnage du joueur d’Orkamania. Ces deux personnages sont étroitement liés : le but d’Orkamania était de retrouver ce Legato (qu’il surnomme Kluly), et ce dernier, malgré lui, est la cause de certains travers et problèmes de l’orc…
Je ne sais pas si tout a été bien compréhensible, mais pour bien comprendre voici un petit topo sur les indices qui auraient dû faire comprendre "ce qu’est vraiment" Legato :
Spoiler:
Legato a en fait été l’hôte (malgré lui) d’un Démon des Ombres (Eustoriax pour ceux qui ont lu le module) qu’Akiron avait scellé en lui. Ce démon avait réussi à prendre de temps en temps le contrôle de son hôte et faisait boire de son sang (du Sang d’Ombre donc) au jeune orc avec qui il cohabitait, le rendant dépendant à cette drogue, et pouvant l’influencer pour ses propres desseins… C’est grâce à ce lien qu’Eustoriax a pu quitter le corps de Legato pour posséder celui de Orkamania dans le précédent épisode ! Mais quant à savoir pourquoi…
C’est parti pour la suite !
Après le nettoyage du mausolée avec mes nouveaux compagnons, nous avons entendu Sorana discuter à haute voix avec une personne : dehors, comme pour nous accueillir, une halfeline du nom de Nurah accompagnée de traîtres de l'armée nous attendaient. À sa ceinture était accrochée l'épée de Yaniel, l'objet qui nous avait poussé à rentrer dans ce maudit cimetière. Ils se tenaient à plusieurs dizaines de mètres de nous, mais la tension était palpable : Nurah prit un cor en bouche pour souffler dedans, et comme en écho retentit un hurlement démoniaque au loin, en provenance de la citadelle…

J’étais prêt au combat et m’étais avancé quand celui qui ressemblait à un de nos paladins changea soudainement de camp en se plaçant entre nos ennemis et nous. Il n’était plus une menace aux yeux de notre groupe.
Spoiler:
Notes du MJ :
Comme je l’avais il me semble déjà évoqué, nous jouons avec des "plot twist card" ou « cartes de rebondissement" (une par joueur par niveau) et ici, une a été jouée pour renverser le rapport de force, et retourner un des traitres vers son camp d’origine !
Pendant mon avancée je prodiguais quelques conseils stratégiques à mes équipiers afin d'attaquer les points faibles de nos adversaires, et j’apercevais du coin de l’œil Torkemada se préparer à incanter. A ce moment, les rires de la halfeline se sont soudainement tus et ni elle ni ses hommes ne semblaient plus faire le moindre bruit tout à coup. Ce silence imposé par l’inquisiteur n’a cependant pas pu empêcher le tieffelin de s'éloigner de la zone pour faire tomber du ciel des milliers de pierres sur mes alliés. La plupart arrivait à éviter les plus gros blocs de roche mais se trouvaient ralentis par le terrain désormais accidenté.
L'ennemi qui ressemblait le plus à un homme-bête, sans doute un bâtard, ainsi qu’une ancienne barbare des Lions du Sarkaris ont chacun engloutit une potion alors que le paladin se retournait vers nous pour nous faire profiter d’une bénédiction. Je prenais pour cible Nurah afin la neutraliser avant que le sortilège de Torkemada ne fasse plus effet, pendant que ce dernier couvrait mon avancée par une volée de flèches. Malgré le silence forcé, les cris de Nurah pouvaient se lire sur son visage alors que je punissais chacun de ses mouvements et action qu’elle entreprenait pour avoir trahi mes alliés de la sorte. Je me retournai pour demander à Sorana si je devais achever ma cible ou la laisser vivre, oubliant que la magie de l’inquisiteur l’empêchait de m’entendre.
De son côté, Volgar accompagné de Klavak et Kaptra affrontaient la barbare enragée. Le tieffelin me prenait pour cible avec des rayons arcaniques qui lui sortaient des mains, mais la chance était avec moi : un reflet de ma targe l'éblouit au moment il s’apprêtait à incanter un nouveau rayon, et par sa maladresse, se transperça de part en part par sa propre magie. Le bâtard quant à lui, probablement perturbé par le silence ou par notre charge sauvage, prit pour cible son compagnon barbare, qui malgré la rage encaissa le coup.

Mais soudain, des battements d'ailes se sont fait entendre juste derrière nous : une créature qui ressemblait à une chimère démoniaque atterrit sur le toit du mausolée et nous faisait face, et des flammes s’échappaient de l'une de ses trois têtes.
Spoiler:
Notes du MJ :
Ceux qui connaissent le module auront reconnu Soltengrebbe ! En réalité, j’avais de tout autres plans pour lui : j’avais prévu qu’il attaque le campement et que les PJs soient obligé de se retrancher (ou de faire un choix) pour le contrer avant qu’il ne soit trop tard (j’avais mis en place tout un système pour traverser la cité, le temps que les armées en l’état dans lequelle elles étaient à ce moment là pouvait tenir etc.).
Mais il se trouve que le combat contre Nurah et ses sbires a été expédié bien plus rapidement que prévu ! La chimère a donc finalement fait demi-tour pour venir soutenir sa maitresse… Les PJ ont ainsi économisé des armées et des ressources en ayant bien géré cette première partie de rencontre !
La bête sauta alors au sol pour aussitôt cracher une gerbe monumentale de flammes bleutées. Elle ne semblait pas faire cas de ses alliés en prenant pour cible tous ceux qui se trouvent par mégarde devant elle, amis comme ennemis. La plupart de mes compagnons furent touchés mais Klavak était celui qui avait subi les pires dommages, et se retrouvait transpercé par des véritables lances de glace avant de perdre connaissance. Il avait beau être considéré comme un menteur, sa mort aura un impact important sur notre moral… Mais au moment où je le voyais mettre un genou à terre, et avant de chuter, il prononce une phrase inattendue « Laissez-le moi ! » pour finalement se relever miraculeusement.
Spoiler:
Notes du MJ :
Un souffle d’une créature mythique suivit d’un jet de dégâts largement au-dessus de la moyenne aurait pu engendrer un TPK, mais en tout cas un des personnages, qui plus est non mythique (Klavak n’avait pas connu "l’ascension" encore, contrairement aux autres), s’est retrouvé tué sur le coup. Une nouvelle carte de rebondissement l’a sauvé in-extremis ! Il a ensuite eu droit à une petite cut-scene qui a finalement fait de lui un personnage mythique ! (je ne l’avais pas noté et je m’en souviens trop vaguement pour la partager).
Mais du coup, je me rends compte que je n’ai pas partagé les premières visions qu’Asmodeus à donné à Klavak qui ont lancé sa "quête personnelle", les voici :
Spoiler:
Tu es dans la peau d’un nouveau-né et même si tu ne te reconnais pas, tu te rends compte assez rapidement qu’il s’agit bien de toi-même, enfant. Une sensation indescriptible te laisse penser que ce que tu vois se passe il y a quelques 20 ans, et tu te trouves dans un lieu inconnu, au milieu d'une petite salle au plafond haut, au cœur d'une sorte d'ancien temple. Une marque au sol a été dessinée tout autour de toi et des voix sont perceptibles, des incantations dirait-on, mais à chaque nouveau mot est associée une douleur extraordinaire au plus profond de ton corps. Au fil des secondes, ton apparence de bébé humain se tord et se déforme pour laisser la place à de nouveaux appendices démoniaques : tes doigts s’allongent et tes ongles deviennent noirs et semblables à des lames, ton menton se déchire pour laisser apparaître une barbe d’os pointus et des cornes commencent à déformer ton front.

Lorsque la douleur s’estompe, tu peux enfin regarder aux alentours : à quelques pas semble gésir une femme humaine, défigurée et lacérée, et un sentiment familial fort te pousse à comprendre qu’il s’agissait de ta propre mère. Tu devines la silhouette de deux femmes qui se tiennent debout devant toi, une elfe aux yeux de jade portant un bâton à la tête de serpent recourbé sur elle-même, et une autre dont l’arc dans le dos semble d’un éclat aveuglant alors le reste n’est qu’ombres floues. Au bout d’un instant, elle se tournent l’une vers l’autre et cette fois, les voix ne font plus mal :
- « Nous n’en ferons rien ? »
- « Non Jerribeth, il faut qu’ils naissent comme ça, je te l’avais dit. Passons à mon plan maintenant, Anartii me semble fin prêt. Quant à celui-ci, il servira à la guerre… s’il survit. »
- « Mmhh, il n’est finalement rien d’autre qu’un tieffelin, mais ne le traitons pas différemment d’eux : son âme me servira à Alushinyrra. Bien, voyons ce que tu proposes pour notre projet. »
Spoiler:
Ton rêve est mouvementé, des flashs rouges sang brouillent ton esprit, mêlés de cris et de bruits de combat. La guerre est en toile de fond, mais tu te trouves au nord, à l’extrême nord d’un pays déchiré par une guerre de démons. Ton esprit pénètre un bâtiment gigantesque, creusé à flanc de montagne. Un long couloir mène à un vaste dédale de salles vides et poussiéreuses, semble-t-il abandonnées. Tu sembles maintenant descendre aussi profond que l’Ombreterre, mais le décor de vieux château reste le même. L’odeur du feu et de l’acier se fait de plus en plus présente alors que tu te retrouves sur une petite terrasse intérieure surplombant une salle aux dimensions hors-norme, dont les murs semblent rougeoyer sous l’effet d’une température extrême. Des vagues de chaleur font trembler l’air et des volutes de vapeur s’échappent de temps à autres du sol et des murs. En contrebas, au centre de la salle, se trouve une forge imposante faite dans un métal noir et rouge.

Tu reconnais une des trois silhouettes présentes en bas : entre la petite créature trapue dissimulée sous une armure lourde, et celle plus élancée aux longs cheveux blancs masquant à peine des cornes rachitiques et portant une cape faite de voiles semblables à des ailes tombantes, tu reconnais l’ombre de l’elfe qu’Asmodeus t’avais déjà montrée. Elle tient dans ses bras une créature grande de quelques dizaines de centimètres, immonde et déformée mais aux caractéristiques pourtant humanoïdes, et la dépose au centre d’un symbole impie dessiné sur le sol : « Ce n’est pas n’importe quelle âme que je te demande d’extraire, celle-ci me sera précieuse ». Un instant plus tard, la forme en armure retire de la forge une pierre d’un noir si intense que tu en vois le contour parmi les ombres, pendant que la troisième entame une série d’incantations en posant la pierre sur l’enfant.

La pierre luit maintenant, noire toujours, mais semblant déborder d’une énergie maléfique. Tu crois entendre un hurlement alors que personne ne réagit autour de toi, tu reconnais dans ce cri le son de ta propre voix, qui semble provenir de la pierre elle-même. Tu te réveilles en sueur.
Le paladin n'avait pas eu autant de chance et se retrouvait congelé sur place, puis réduit en mille morceaux en se fracassant au sol. Sa mort ne sera pas oubliée car il avait retrouvé le droit chemin à temps. J'attaquais de nouveau la halfeline, la peur se lisait dans ses yeux et malgré ses supplications muettes, je continuais de la frapper d’estoc sans relâche. La bête se jetait finalement à son secours pour atterrir à quelques pas de moi. Elle me prit pour cible mais le destin semblait toujours de mon côté : la tête de chèvre entrava malencontreusement les actions de la tête de dragon sur le point de m’atteindre. Nurah essayait d'en profiter pour prendre la fuite, mais c'était bien mal me connaitre ! Je n’hésitai pas une seconde et profitais de cette opportunité pour l'attaquer. Elle hurla de douleur aussi silencieusement que l'autorisait la magie de Torkemada. Sa mort aussi insonore que lamentable pour un barde était à la mesure de sa taille infime. Je ne la connaissais pas, mais elle était une ennemie de la Croisade. Elle avait retourné les croisés les uns contre les autres, et son châtiment fut une mort sans gloire. Mais même partie, elle pouvait continuer à nous opposer des obstacles : elle allait garder ses secrets avec elle dans la tombe...

Pendant ce temps, mes alliés avaient réussi à achever la barbare, alors que le bâtard préféra la fuite à la mort. La bête était désormais notre dernier adversaire, et c’est moi que ses trois têtes prenaient pour cible : j’étais totalement pris au dépourvu par les deux premières, tandis que la troisième – visiblement la moins maligne – se mordait la langue stupidement.
Spoiler:
Notes du MJ :
Comme pour compenser le one shot de Klavak, le destin a voulu que Soltengrebbe enchaîne les fumble… la tête de chèvre est vraiment passée pour un boulet ^_^
Mais les deux puissantes mâchoires du monstre me tenaient fermement et tentaient de me déchirer en deux pour venger sa maîtresse : je sentais la vie me quitter derrière une douleur trop intense pour la ressentir pleinement et, au moment où mon corps s’apprêtait à céder, un dernier réflexe inespéré me sauva la vie. Je me suis tout de même retrouvé projeté au sol par la tête de tigre, et ferma les yeux en attendant le coup final qui allait mettre fin à mon court périple au sein de cette croisade… Les secondes passaient et j'entendais toujours l'affrontement.
La bête devait me croire mort, ou penser que je n’étais plus une menace. J'entendis une nouvelle créature, que l'ensorceleuse avait invoquée pour nous aider, essayer de mordre la bête, et Kaptra hurler en la défiant par magie, bientôt imitée par Sorana. Volgar quant à lui entra dans une rage dont il avait le secret en assenant ses plus violents coups de hache tandis que la bête s'éloignait de lui, mais ce qui m’avait fait finalement rouvrir les yeux furent les cris mêlés de chacune des têtes de la chimère après avoir gouté aux griffes de Klavak. Il n'avait pas menti : frôler ainsi la mort l’avait rendu beaucoup plus fort ! Torkemada tendit la main pour faire tomber la bête avec ses pouvoirs, mais ne réussit qu’à la faire trébucher. C’est alors qu’un nouveau coup du destin frappa, et, toujours à cause de la tête de chèvre, la bête s’écroulait au sol. Elle fut immédiatement retenue au sol par un sortilège de l'ensorceleuse, et Klavak s’avançait pour la frapper de ses griffes, encore et encore, de plus en plus fort, comme excité par les cris d’agonie que cela provoquait. Des litres de sang maculaient le sol. La rage de Klavak perdura jusqu'à l'instant où il finit par arracher la tête de dragon pour la brandir au-dessus de lui, et se laisser recouvrir de son sang !
Cette scène d’une rare violence semblait ne choquer personne, alors que Sorana s'approchait de moi pour me prodiguer les premiers soins. J'avais un peu honte de lui avoir montré une si mauvaise prestation et j'espérais me rattraper le lendemain. Pendant ce temps je voyais Kaptra comme envoutée par je-ne-sais-quoi s'approcher du petit corps perforé de Nurah : elle sortit une paire de gants du sac de la halfeline, et se saisit de l'épée de Yaniel. Ces yeux se sont alors révulsés, et je sentais en elle tout à coup une énergie semblable à celle que j’avais ressenti en moi après m’être réveillé ici, et que mes compagnons recelaient aussi en eux. Quelque chose de puissant… d’aucun de dire divin...
Spoiler:
Notes du MJ :
Au tour de Kaptra de passer mythique, avec sa propre cut-scene :
Spoiler:
Au moment où tu empoignes Radiance, les gants de Yaniel et son ancienne épée semblent entrer en résonnance : une lueur vive illumine la lame et, soudain, une explosion de lumière en jaillit, t'aveuglant un bref instant.

Quand tu rouvres les yeux, tu te trouves dans un lieu immaculé semble-t-il en dehors de l'espace et du temps. Une femme se tient debout devant toi, et te tend la main comme pour t'aider à te relever. Brune aux cheveux court, et vêtue d'une armure complète, elle porte une épée longue qui - tu le sais - est la même que celle que tu tenais dans tes mains il y a quelques secondes à peine. « Tu as commencé à rassembler mon équipement, je t'en remercie. Je te prête le pouvoir que Iomédae m'a jadis confié : utilises-le pour compléter mon armure. Mon esprit est enfermé et, de là où je suis, je ne puis rien de plus pour toi. Mais retrouve moi ensuite, et je réveillerai les pleins pouvoirs de mes armes pour que tu chasses les ténèbres de ce monde. »

Lorsque tu reprends connaissance, tes compagnons penchés au-dessus de toi, tu te sens une nouvelle personne. Un pouvoir inouï grandit en toi à mesure que tu respires, et tu sens qu'il est étroitement lié à l'arme que tu tiens.
J’avais déjà laissé entendre que les gants de Yaniel étaient conservés comme relique à Nerosyan, là où la halfeline était en mission avant Drézen… Elle tentait visiblement de réunir l’équipement de l’ancienne paladine !
A peine remis, nous sommes retournés vers le camp sans trop discuter. Une fois arrivés, il était temps de préparer une stratégie afin de récupérer la Citadelle de Drézen. Mes compagnons entraient les uns après les autres dans la tente des généraux et, au moment où je m'approchais de l’entrée, Hécate m’en barra l’accès pour me demander de ne pas me joindre à eux. J'avais envie de lui rappeler que j'avais failli mourir pour lui montrer ma valeur en tant que croisé, mais je voyais dans ses yeux qu’elle ne souhaitait pas que j'entende la conversation qui allait avoir lieu. Une conversation surement en rapport avec celui qu'ils appellent ici "Orkamania". Elle avait sans doute peur que je réagisse mal. Je n'insistais pas, elle était malgré tout plus gradée que moi, et je n'avais pas envie de me faire mal voir auprès de mes nouveaux alliés.

Je partais donc en direction de la tente de Singed, certains de ses équipements étaient toujours sur place : une corde nouée sans doute pour faciliter l’escalade, ainsi que des potions d'invisibilités, mais plus important encore, je retrouvais là son journal intime. A priori il y en avait d'autres mais ils avaient disparu lors de la destruction de Kénabres. Il y racontait tout ce qu'il avait vécu de là jusqu'à la veille. Il y avait beaucoup d'annotations concernant certaines formules à base de sang de démon pour améliorer la défense naturelle, la résistance aux éléments et même la capacité de voir l'invisible : des choses qui lui avaient bien servi pendant ses aventures… Il avait l'air prêt à toutes les expériences pour me retrouver.
De nombreuses autres notes concernent ses – et dorénavant mes – compagnons de route. Il semblait assez proche de Torkemada même si c’était de l'amour vache : il avait l'air de faire le maximum pour le maintenir en vie. Il prenait visiblement Sorana pour une fiole de soin, Hécate pour une pondeuse d'aigles, Kaptra pour une alcoolique marrante et Klavak pour un mythomane qui vendait du rêve. Il considérait Aravashnial comme un boulet, et malgré une flèche reçue dans le postérieur de la part de Narwenn, il ne semblait pas lui en tenir rigueur – du moment qu'il n’était pas devant elle quand elle bandait son arc. Sa relation avec Shakh était très mauvaise pour une sombre histoire de vol, et trouvait Lann sympathique car plus moche que lui. Pour lui, Nurah était une traitre : il indiquait en avoir parlé a Torkemada pour qu'il fasse son travail d'inquisiteur mais cela n’avait visiblement rien donné. Il détestait plus que tout Selka et il précisait même qu’à de nombreuses reprises il a eu envie de la supprimer la nuit, mais que les conséquences auraient été trop lourdes à assumer. Étrangement, dans les dernières lignes il raconte qu'il préférait l’éviter car sa rancœur envers elle n'avait pas d'intérêt… comme s’il lui avait pardonné.
D'après ce que je lisais dans ces lignes, Singed avait plutôt mal tourné avec le temps, et était devenu une personne qui jouait beaucoup de la manipulation, et il regrettait de ne pas savoir mentir. Il était devenu ainsi par ma faute et surtout à cause d'Akiron... Avec le sang que j'ai dans les veines je suis sûr de pouvoir reproduire la formule qu'il utilisait, mais j’étais totalement contre l'utilisation de ce sang maudit. Ce sang qui l’avait rendu aussi perfide. Un passage évoquait même son désir de donner du sang de démon au barbare de son groupe afin de le rendre encore plus puissant. J’allais devoir le corriger pour le remettre dans le droit chemin quand je l’aurais retrouvé.

J'avais cru comprendre qu’il avait ébauché un plan consistant à désactiver les catapultes de la citadelle, et qu’il comptait sur Klavak pour l’amener là-haut pendant que lui-même devait saboter les engins. Je ne connais pas les talents de Singed en la matière, mais je pensais être capable de le faire. Quand bien plus tard on me résumait la stratégie pour récupérer Drézen, j’apprenais que Kaptra avait réussi à dessiner de mémoire l'intérieur de la citadele et que Klavak avait déjà fait le tour des remparts en les survolant afin de repérer les dernières défenses adversaires. Presque un millier de créatures s’y étaient retranchées : dretchs, fanatiques, tieffelins et hommes-boucs. D’autre part, Klavak avait pu remarquer des sortes de cristaux qui semblaient magiques et qui intriguaient beaucoup Hécate... Nous avions un but : récupérer Drézen.

Spoiler:
Notes du MJ :
Pas grand chose à dire sur ce comte-rendu, si ce n'est que la proportion de combat raconté ici et vécu en vrai n'est pas représentative ! Le joueur de Legato aime bien détailler les combats, beaucoup moins les moments RP (discussion avec Nurah, scènes des visions, discussions des généraux à la fin de la partie etc.).

La prochaine séance verra l'assaut sur la forteresse et l'éradication des dernières défenses extérieures, pour y entrer seulement dans le compte rendu suivant.
La suite, bientôt !

RING3R
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Re: [CR] La Colère des Justes - Journal de campagne

Message par RING3R » ven. sept. 06, 2019 11:57 am

II.8 - LE SIÈGE DE LA CITADELLE (par Legato)

Spoiler:
Notes du MJ :
Forcément pas mal de combat ici aussi, le contexte s’y prêtre particulièrement depuis l’arrivée à Drézen. Comme je l’ai dit, pas de combat de masse. J’ai donc géré l’affrontement en toile de fond en fonction des actions des joueurs. Le décompte final se fera après la prise de la forteresse (une dernière surprise attend mes joueurs).

D’ailleurs je n’en ai pas parlé mais j’ai repris l’idée (plus ou moins modifiée à ma sauce) des "points de siège" proposée par le module d’origine pour gérer le moral des troupes (qui, au lieu de jouer sur les statistiques de chaque amées, joue sur leur chance de survie). Les PJ ont été de bons commandants et le moral a toujours été assez haut ! (même si jamais au plus haut)
Je m’étais porté volontaire pour accompagner Klavak saboter les armes de siège qui pouvaient bloquer l’avancée de nos armées. Klavak s’est transformé en un genre de gorille aillé, une créature que je n'avais jamais vue, avant de nous attacher l'un à l'autre pour ne pas nous perdre de vue et quitter plus rapidement les lieux en cas de défense adversaire. Hécate se concentrait pour nous rendre invisibles par magie : elle dû payer un tribut de sang pour le bien de notre mission et, même si elle ne me faisait pas entièrement confiance, elle semblait capable de voir plus loin que sa méfiance personnelle. De ce que nous savions d’après nos premiers repérages, chaque tour était protégée par un démon : un brimorak gardait chacune des catapultes. Nous devions détruire ces engins sans risquer la confrontation car, à deux seulement, nous ne pouvions garantir d’avoir le dessus.
La première manœuvre se déroulait sans problème : j'ai atterri au sommet de la tour plus délicatement qu'un chat et, malgré mon manque de technique, je parvenais à mon objectif en quelques dizaines de secondes. J’ai tiré deux coups sur la corde pour indiquer que j'en avais terminé, et Klavak s'envola plus haut me forçant à suivre le mouvement tant bien que mal. Le second sabotage ne fut qu’une nouvelle formalité pour moi, mais le démon en poste semblait avoir entendu quelque chose. Par chance il ne pouvait pas voir Klavak, et un pigeon – chose très rare à Drézen – nous sauva la mise en passant juste à côté à e moment précis, attirant son attention. Cependant, il semblait davantage sur ses gardes…
Je m’étais occupé de la troisième catapulte en un temps record : seulement 10 secondes m’avaient suffi, alors que j’avais compris leur principe de fonctionnement. Mais soudain, Klavak s’était fait repéré de son côté : dès le premier son suspect, le démon qui gardait cette tour en appela d’autres, surement par télépathie. Trois de ses congénères se sont ainsi téléportés à proximité mais, pour le bien de la mission et surtout pour ne pas que je sois dérangé, Klavak décida de les attirer de l’autre côté. Chacun des démons lança aussitôt une boule de feu, et une parvint à toucher sa cible encore invisible, mais désormais révélée par les flammes qui embrasaient ses vêtements ! J'hésitai à me montrer pour éliminer ces adversaires mais le retour risquait d’être bien plus délicat si nous étions visibles et, surtout, notre stratagème serait dévoilé, laissant le champ libre aux forces adverses pour réparer les dégâts que nous avions causés. Les flammes qui brûlaient mon compagnon semblaient s’éteindre et j’en avais fini de mon côté : j’ai tiré sur la corde afin que Klavak décolle, et je ne pouvais alors qu’espérer que nos opposants n'aient pas un odorat très poussé car le tieffelin émettait désormais une odeur de chair roussie...
Nous revenions au camp avec un grand sourire : notre mission fut une réussite et le moral des troupes était désormais au sommet !
Spoiler:
Notes du MJ :
Chose assez rare pour le signaler : un plan "non bourrin" du groupe s’est soldé par une totale réussite !
Nous n'avions pas de temps à perdre, nos forces étaient prêtes au combat. Je vérifiais que ma targe était bien accrochée à mon bras gauche, que ma rapière était toujours aussi perforante, et que j'avais bien une dague prête à être dégainée si les démons se trouvaient hors de portée. J’étais fin prêt à en découdre, et j’observais mes nouveaux compagnons : je voyais Sorana s'attacher le cimeterre à son poignet de peur qu’elle le ne lâche par inadvertance, comme ça lui arrivait si souvent ; Volgar aiguisait sa lame ; Hécate révisait quelques sorts avec un elfe, surement celui qui se nommait Aravashnial ; Torkemada remettait son bandeau en place et rechargeait son carquois ; Kaptra me semblait la plus motivée à reprendre Drézen et nous enjoignait de nous hâter ; Mais c’est en regardant Klavak que je voyais la définition même de l'impatience : il n'avait qu’une envie, récupérer "ce qu'il lui avait été dérobé" comme il le rabâchait depuis notre arrivée ici. Nous nous hâtions donc, accompagnés du reste de l'armée qui, il y avait peu, comptait plus de 700 hommes et femmes prêts à tout pour la croisade qui les avait amenés jusqu'aux portes de Drézen. Finalement, ces dernières s'ouvraient sur des centaines d'ennemis.
Une voix résonna dans toute la Citadelle : Kaptra réagit instantanément en reconnaissant celle du nain Staunton Vhane ! Ce n’était pas la voix d’un seul homme qui parlait à ses troupes, on aurait dit une voix amplifiée plus de mille fois, et semblait venir de ces étranges pierres rondes aux quatre coins du champ de bataille… Il haranguait les troupes démoniaques, pour les encourager à nous rosser. Ils semblaient prêts à massacrer chacun d'entre nous.
Spoiler:
Notes du MJ :
L’idée ici est de montrer Staunton Vhane de manière inhabituelle : ce n’est pas juste un homme qui parle à ses troupes, mais une sorte d’image de lui. C’était censé interpeller les joueurs et se demander où il était, et qu’est-ce que cette mise en scène voulait dire…
Les 4 pierres qui "retransmettait" les ordres de Staunton étaient là pour maintenir le moral des troupes. Les détruire auraient affaiblit les armées adverses et cela aurait pu provoquer une fuite anticipée en cas de défaite. Mécaniquement, plus il restait de pierre, plus les armées alliées allaient subir de lourdes pertes…
Alors que l‘assaut était donné, l’ensemble de nos troupes restantes s’engouffraient par les larges portes à l’intérieur de la cour pour confronter les centaines de démons et fanatiques présents, la boucherie commençait… Notre groupe d'élite arrivait à se faufiler à l'intérieur de l’enceinte, car nous étions couverts par notre engin de siège qui pulvérisait des dizaines de serviteurs du Mal tandis que leurs catapultes perchées sur les tours défensives se disloquaient selon notre plan.

Les forces ennemies étaient composées de plus de deux cent humains, une centaine de dretchs et autant de tieffelins et de démons à tête de bouc. Nos reconnaissances préalables nous servaient bien, mais ce à quoi nous ne nous étions pas attendu étaient les créatures translucides et presque immatérielles qui déferlèrent tout à coup sur nous ! Des nains fantomatiques par dizaines semblaient émerger sans cesse du toit d'un bâtiment proche. Nos hommes combattaient vaillamment les troupes tangibles, mais ils ne pouvaient presque rien faire contre celles-ci car dès qu’un spectre tombait, un autre venait le remplacer. Il nous fallait arrêter ce flux ectoplasmique, mais sur la route nous avons été interceptés par un groupe d’ennemis visiblement gradés. Je voyais Hécate s'éloigner du groupe pour aider à ralentir l'avancée des fantômes contre nos armées, et son mouvement déclencha les hostilités. L'un d’eux me provoqua ouvertement et, malgré tous mes efforts, je ne pus me retenir et me ruais sur lui, contre ma volonté, afin jeter une dague qui le blessa à peine. Mon avancée était soutenue par la magie de Kaptra, alors que Klavak, lui, s’approchait d’un guerrier tieffelin doté d’une rapière crépitante. Je voyais Sorana encerclée d'ennemis et je maudissais ma faible volonté, car à cause de cela mon alliée se trouvait en danger. Cependant, je fus rapidement rassuré quand Volgar se jeta à son secours tandis que Torkemada arrosait de flèches nos adversaires. Kaptra se battait en duel mais malgré les terribles coups qu’elle assenait à son ennemi, celui-ci résistait. Volgar et Sorana étaient toujours en infériorité numérique mais grâce à la tactique que je leur avais dictée avant que la bataille ne commence, la faiblesse du nombre se retrouvait compensée.
De mon côté, je me tenais face à un orc équipé d'une arme d'hast à l’aura magique. Ma seule chance était de l'empêcher d'utiliser son allonge et de rester proche de lui comme son ombre. J'encaissai tant bien que mal sa première attaque et lui en infligeai deux avec ma rapière, il essaya de me contourner, je supposais pour m’atteindre en restant hors de ma portée, mais il préféra finalement m'attaquer à l'aide de son armure hérissée de pics. Par miracle, au moment de son déplacement je parvins à le suivre pour lui assener une nouvelle attaque qui l'affaiblissait un peu plus. Son armure avait beau être perforante, elle m'infligeait moins de dégâts que son arme principale. Je réussi finalement à l'achever pendant que Kaptra se trouvait toujours aux prises d’un fantôme nain. Les adversaires de Sorana et Volgar s’écroulaient les uns après les autres grâce à leurs attaques combinées. Un second fantôme prenait Torkemada pour cible, qui réussit à s'éloigner de lui au bon moment pour lui décocher une flèche particulièrement efficace. Klavak était pris en tenaille par d'un côté un tieffelin armé d'une rapière de foudre, et de l'autre un ariès qui continuait de nous harceler de malédictions, d'intimidations et de provocations.
Klavak réussit à tuer le tieffelin mais il eut juste le temps de faire un sourire victorieux quand il reçut un coup dans le dos d'une puissance extrême. Il tomba, il s’agitait, souffrait de spasmes, du sang coulait de ses oreilles : il était entre la vie est la mort. Ça ne suffisait visiblement pas pour l'ariès qui armait un nouveau coup pour en finir une fois pour toute : emporter l'un de nous était la seule chose qu'il pouvait faire avant d’être inévitablement vaincu. Je m'élançais pour sauver mon allié, mais à ma grande surprise, le temps d’arriver là, le combat était déjà terminé. Ce n’était pas Klavak mais bien le démon qui se retrouvait vaincu : Volgar, d'un élan de rage, avait vu sa taille se décupler et, grâce à sa nouvelle allonge, avait pu éventrer son adversaire d’un premier coup de hache, pour finir par lui trancher la tête d’un second.
Spoiler:
Notes du MJ :
Les critiques x3 ça fait mal : l’aries avec sa hallebarde a fait un critique sur le pauvre Klavak qui se retrouvait quasiment one shot à nouveau (cf. précédent compte-rendu) mais Volgar l’a vengé d’un double critique de sa hache à deux mains !
Nous n’avions pas beaucoup de temps pour nous remettre de cet affrontement sanglant, et Sorana et Kaptra prodiguaient à toute hâte les premiers soins à Klavak pendant que Torkemada mettait en fuite les derniers fantômes. De mon côté, je détruisais les pierres d’où émergeait l’image et la voix de Staunton haranguant ses troupes, et qui garantissaient leur moral. Nous n'avions pas beaucoup de temps pour fouiller nos dernières victimes, mais je n'hésitai pas à échanger ma rapière contre celle du tieffelin. Klavak avait visiblement la mort aux trousses, elle réclamait sa vie depuis quelques jours, mais il avait le courage – ou la folie – de se frotter à elle en chargeant contre les ennemis qui se dressaient devant nous. Il fallait que je garde un œil sur lui pour l'empêcher de se mettre lui-même en danger.

Nous nous dépêchions d'entrer dans le bâtiment duquel s’échappaient sans cesse les fantômes que nous avions combattus, et nous n'avions pas le loisir de jouer la carte de la discrétion. Des murs bloquaient notre avancée, et rapidement nous remarquions que nous étions entrés dans un labyrinthe ! Nous avons rapidement pu entendre des bruits de pas semblables à des sabots et, pour ne pas perdre de temps, nous décidions d’éviter toute rencontre inutile. Malgré nos efforts, arriva le moment où Volgar se retrouva face à face avec un minotaure : celui-ci n'eut pas le temps de rugir qu’il jonchait déjà le sol, tranché en deux par le barbare. Après plusieurs détours, nous avons remarqué une lumière vive ainsi que des incantations audibles non loin de là. Heureusement pour nous, la bête n’avait visiblement pas eu le temps de donner l’alerte.
J’étais accompagné par Torkemada et, cette fois en silence et dissimulés dans l’ombre, nous nous rapprochions du centre du labyrinthe : une salle à ciel ouvert où étaient rassemblées plusieurs créatures à l’aspect intangible pour la plupart. Une seule d’entre elles semblait corporelle, mais d'une blancheur cadavérique et vêtue d'une armure d’ossements. Nous n’avions pas été encore détectés et j’en profitais pour me faufiler et frapper d’estoc la créature à l’armure d’os, espérant en finir d’un seul coup ! J’avais été trop présomptueux et mon attaque n’avait pas suffi, mais je remarquais que son sang, étrangement noir, ne coulait pas normalement : au contraire, il jaillissait sur moi comme s’il avait été animé par la haine de son propriétaire ! Je fus totalement surpris et subissais l'attaque de plein fouet. Pendant ce temps, j'entendais au loin Volgar combattre un autre minotaure et, beaucoup plus proches, mes alliées venir m’assister. J’avais voulu m’approcher de mes ennemis pour attaquer par surprise et me retrouvais désormais encerclé et assailli de tous les côtés par des esprits vengeurs qui en avaient après mon âme !
Kaptra s'élança à mon aide et canalisait de nombreuses fois son énergie positive pour éliminer le plus rapidement possible ces créatures ni vivantes ni mortes, ainsi que leur maîtresse. Celle-ci en profitait pour psalmodier quelques incantations au-delà de ma compréhension, tout en me montrant du doigt. En voyant maintenant le sang qui s’écoulait de mes blessures s’assombrir de plus en plus jusqu’à devenir aussi noir que le sien, je comprenais que c’était de son fait. C’est alors qu’un esprit tenta de se faufiler à côté de moi, estimant que j’étais déjà condamné par le sang noir qui coulait désormais dans mes veines ! Il subit alors mon courroux, il aurait fallu qu'il passe sur mon corps pour atteindre mes alliés. Sa colère était égale à la mienne, ses mains traversaient mon armure et m'infligeaient une douleur intense, ravivant mes blessures trop nombreuses, et inondant le sol de mon sang d’ébène. Pour mettre un terme à ce combat, Kaptra se préparait à châtier les morts-vivants présents autour de nous en canalisant à nouveau l’énergie positive, mais cette fois je subissais de plein fouet la déferlante ! Sorana eut dans un premier temps le réflexe de me soigner, mais préféra cette fois s’abstenir par peur de m'infliger au final d'avantage de souffrances.
Spoiler:
Notes du MJ :
J’ai beaucoup aimé le combat "Oracle du Sang-noir + Fardeau de l’oracle" et ça a vraiment surprit mes joueurs de voir qu’ils pouvaient être affectés par la canalisation d’énergie positive comme s’ils étaient des morts vivants ! Heureusement pour Legato, ils ont compris assez vite qu’un soin allait donner de mauvais résultats… Et encore plus heureusement, Klavak (en prêtre neutre) avait choisi de pouvoir canaliser l’énergie négative !
Par chance Klavak pensait avoir la possibilité de m’aider en canalisant l’énergie négative, ce qu'il n’hésita pas à faire après mon repli stratégique dans sa direction. Je n’étais pas serein de subir ce genre de chose, mais cela s’est avéré fonctionner. J'entendais alors le combat continuer sans moi et je m'en voulais de ne pas pouvoir être aux côtés de mes alliés... Au bout de quelques secondes seulement, je retournais à l’assaut à peine revigoré, mais je n’aurais pas supporté la perte d'un membre de notre expédition. En passant, j'entendais Volgar hurler « Et de 3 ! », et je supposais qu'il parlait de ses victimes-minotaures, s’occupant à lui seul de renforts qui auraient pu nous prendre à revers. Kaptra avait elle aussi subit la malédiction du sang noir mais elle restait prête à tout pour vaincre nos ennemis, et continuait d’user d’énergie positive en sachant qu’elle serait elle aussi touchée… Quelle volonté ! Quel courage !
Mais ce n’était pas encore fini, Torkemada couvrait mon avancée bien que ses attaques n'infligeaient pas les dégâts escomptés aux créatures intangibles qu’il ciblait, mais petit à petit, nos adversaires reculaient. Sorana invoqua une lance faite de lumière qui éradiqua l’un des fantômes, tandis que l’arme magique convoquée par Klavak continuait de harceler notre dernier opposant. Je me précipitai pour le prendre à revers mais j'hésitai à l'attaquer de peur de ne pas supporter de nouvelle giclée de son sang corrosif : si je tombais au combat pour de bon, qui allait tous les protéger ?
Notre adversaire en profita pour lancer un sortilège meurtrier sur ma personne et par un réflexe digne des plus grands bretteurs du Brevoy, je contrai son offensive qui, à en juger sa puissance, aurait pu terrasser n'importe lequel d'entre nous... Un dernier minotaure tombait au loin, une nouvelle fois assassiné par Volgar qui venait de gagner entre nous le titre de "Tueur de Minotaure". Finalement, ce fut Kaptra qui porta le coup de grâce à l’aide de son gigantesque marteau.

Le cristal au centre de la pièce, grâce auquel cette prêtresse du Mal invoquait ses hordes de nains d’un autre temps pour combattre pour elle, était la dernière chose à briser pour en finir avec cette bataille. Nous l’avions reportée, mais à quel prix ? Des centaines d'hommes étaient morts, blessés ou avaient fui. Quant à notre groupe, nous avions subi des blessures qui risquaient d’être difficiles à soigner.

Pendant les deux jours suivants, Kaptra a essayé d'entrer en contact avec Nurah afin de lui soutirer des informations utiles à la suite de notre quête, mais même morte elle restait notre ennemie et refusait toute conversation. La naine avait réussi à soigner la plupart de nos blessures, et j’étais le dernier encore sévèrement affaibli. Pour ma part, j'ai essayé de discuter avec certains des commandants. J’avais peur de ce qu’il comptait faire au sujet de Singed, ou Orkamania comme ils l’appelaient. Il était mon ami, mon frère, mais les avait visiblement trahis. Torkemada s’était montré étonnamment compréhensif et semblait convaincu que Singed était possédé contre sa volonté. Il espérait trouver un moyen de contrer ce Mal, pour récupérer mon ami vivant. Mais au fil de la discussion, c’est vers moi que s’est tourné son intérêt et cela s’est terminé en véritable inquisition. Volgar de son côté en voulait très violemment à Singed, cela semblait clair. Ou peut-être était-ce son seul moyen de cacher sa souffrance ? Mais son agressivité semblait bien réelle et cette conversation à bien failli finir en duel pour l’honneur
J’avais l'impression que la Plaie du Monde les affectait tous autant qu'ils étaient, agressif ou paranoïaque. Ou comme Klavak, que nous étions presque obligés d'attacher pour éviter qu’il ne parte seul afin de récupérer ce qui lui avait été volé… Mais il n’avait plus longtemps à attendre : dès l’aube, nous avions prévu d’entrer dans la forteresse et défaire ce lâche de Vhane qui s’y cachait…
Spoiler:
Notes du MJ :
Fin de la partie aux commande des armées. Celle-ci ont pris un sacré coup dans cet assaut frontal, mais il en reste suffisamment pour la dernière partie de ce que j’ai prévu pour elles…
Basiquement, cette séance était une suite d’escarmouches avec la guerre en toile de fond : destruction des catapultes (comme dans le module), affrontement vs un groupe de leader des armées (pour compenser le fait que les combats de masse ne soient pas joués) et enfin, destruction d’un dispositif qui contrôlait et enrôlait les morts de Drézen (pour rappel, ancienne forteresse naine prise par les démons il y a 100 ans). Ceci est un ajout visant à préparer le groupe à ce qu’ils sont sur le point de trouver dans la forteresse…

En effet, j’en dirais plus dès le prochain compte-rendu, mais ce passage a été modifié en profondeur par rapport au module d’origine, le but étant de faire de Staunton quelque chose de plus qu’un simple général, d'installer une certaine ambiance dans ce "gros donjon" qu'est la forteresse à l'origine (et de ne pas en faire un simple dungeon crawl par la même occasion), et aussi de faire de la "prise de Drézen" un piège tendu par les démons…
La suite, bientôt !

RING3R
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Re: [CR] La Colère des Justes - Journal de campagne

Message par RING3R » mer. sept. 11, 2019 11:25 am

II.9 - PRIS AU PIÈGE – Partie 1 (par Legato)

Spoiler:
Notes du MJ :
Nous y sommes, la fin du chapitre. Bon j’annonce la couleur, ça prendra au moins deux ou trois longs comptes-rendus ! En fait, exceptionnellement, je vais poster à la suite les deux parties d'un long CR que je ne pouvais me résoudre à interrompre au milieu (et que je ne pouvais pas poster en une fois pour cause de longueur trop importante...)

Ceux qui ont lu la campagne d'origine se rendront compte de pas mal de différences, plus ou moins subtiles. Je ne voulais pas jouer le donjon tel quel car finalement ce n'est à l’origine qu'un gros dungeon crawl. J'ai voulu apporter quelque chose d'autre... Vous verrez bien !
Pour rappel, Kaptra - qui avait vécu ici au temps où Drézen était un bastion croisé - a pu dessiner la carte de l'étage principal de la forteresse, ou tout du moins les pièces (ainsi que leur fonction) dont elle avait connaissance. J'ai ainsi fourni un plan aux joueurs, qui savaient donc assez précisément où ils mettaient les pieds.

PS : pour suivre l'avancée des personnages, il vous est possible de faire une recherche google image "Pathfinder Drezen" pour tomber sur le plan de la forteresse. J'y fait parfois référence, même si celui que j'ai utilisé peut différer légèrement.
Il était grand temps d’en finir avec cette mission : nous étions prêts à prendre la route la forteresse pour l'investir enfin et récupérer ce que nous tous – sauf Klavak qui semblait avoir ses motivations propres – étions venus chercher : l’Épée du Courage. En approchant, nous nous attardions devant ces étranges toiles violacées que nous avions déjà remarquées mais pas pris encore le temps d’étudier en détail. Elles enveloppaient complètement l’édifice, et nous avons pu constater assez rapidement que seuls les commandants et moi-même étions capables d’entrer, nous supposions ceux en qui s’était réveillé ce pouvoir étrange. La protection incontestablement magique bloquait le passage à tout autre individu, mais semblait comme s’étirer à notre approche, créant une ouverture qui épousait parfaitement à notre apparence physique pour nous laisser entrer…
Spoiler:
Notes du MJ :
Avec une armée complète de l’autre côté des portes, je ne vois pas comment les auteurs ont pu imaginer des PJ ne proposant pas d’envoyer leurs troupes nettoyer les lieux… Et puis, ça renforce l’idée du piège destiné aux PJ qui est sur le point de se refermer sur eux !
Une fois tous enfin à l’intérieur, un fracassement retentit derrière nous : les portes d’entrée s’étaient fermées violemment, visiblement sans aide extérieur. Face à nous et derrière une herse à moitié relevée, une silhouette d’humanoïde apparut. Elle était munie d’une paires d’immenses ailes de chauve-souris qui semblaient comme brûlées de blessures anciennes et partiellement guéries, et arborait des cornes à peine masquées derrières une chevelure sombre qui retombait jusqu’à ses épaules. Sa robe d’un rouge écarlate contrastait avec une peau pâle, mais laissait outrageusement découverte une poitrine voluptueuse. Nombre de tatouages et d’accessoires décoraient sa peau dénudée, et ses yeux aussi rouges que sa tenue fixaient un point invisible derrière, comme si elle ne d’adressait pas directement à nous : « Héros de Kénabres. Bien que vous ayez réussi votre tâche la dernière fois, cette fois vous ne me prenez aucunement par surprise. Tous les démons ne seraient pas d’accord avec moi mais j’avais prévu les plans de votre Reine, et avec le sacrifice de ce cher Staunton, maître des lieux où vous vous tenez, mon piège s’est déclenché. Vous êtes venus à la recherche de l’Épée du Courage, et maintenant votre destin s’en retrouve scellé ! Appréciez la vue de vos hommes agonisant face au Mal Rouge, et noyez-vous dans l’abîme de désespoir qu’est Drézen ! ». Certains de mes compagnons m’ont précisé avoir déjà croisé cette démone par le passé alors que nous entendions des lamentations et autres cris d'agonie provenant des soldats de notre armée, à l’extérieur. Après quelques secondes l’apparition disparut : mes alliées pensaient que ce qu'il se passait dehors n’était qu'illusion, mais dans le doute nous pressions le pas.
Spoiler:
Notes du MJ :
Ceux qui connaissent la campagne, ou qui se souviennent du début, auront reconnu Areelu Vorlesh – ou tout du moins une projection d’elle. Elle a fait de la forteresse de Drézen un piège, en utilisant Staunton Vhane comme pièce maitresse (plus à ce sujet à venir).
Tout comme à la Garnison Grise (fin du chapitre 1), pas question de prendre la forteresse petit à petit : on entre et un ne sort qu’une fois, et on reprend ses forces à l’intérieur. Cela m’a permis de faire sauter les combats inutiles et me concentrer sur ceux qui ont une vraie valeur ajoutée, et donner une meilleure ambiance.
Mais nous n’étions pas si impressionnables, et défiions la sorcière et son maudit stratagème. Nous savions de quoi nous étions capables, et ni un nain ni un démon ne saurait nous arrêter après avoir reconquis le reste de la cité. Un écho se fit alors entendre à la fois éloigné et tout proche de nous : il semblait venir des murs, du plafond, du sol… L'écho devenait une voix, une voix grave et incisive, mais morne, monotone et aussi froide qu'inexpressive. C’était la voix de Staunton Vhane qui nous parvenait d’on ne savait où, il semblait posséder tout le bâtiment et nous soufflait des menaces en prenant Kaptra à partie : « Vantardises et paroles incessantes. Mais tout cela ne représente rien. Vous êtes maintenant en ma compagnie. Ma bien-aimée Kaptra elle-même vous conduit dans ce qui fut sa propre demeure, elle me trahi comme elle a cru que je l’avais trahi. Aujourd’hui ces murs sont devenus ma prison. Ma tombe. Votre tombe. Notre cimetière, notre fin ». Le terme qu’il avait employé ne plaisait visiblement pas à la naine, et le retournement de rôle la faisant passer pour aussi traîtresse que lui encore moins. Personne ne répondit à ce qui résonnait entre les murs et quelques secondes plus tard, plus rien.
Spoiler:
Notes du MJ :
Une de mes grandes déceptions de cette partie. Je voulais instaurer un "dialogue" entre les PJ et Staunton, sans qu’il soit physiquement là. Mais aucun des joueurs n’a daigné répondre à mes multiples tentatives (elles sont toutes retranscrites plus loin, et systématiquement suivies d’un vent monumental !)
Mon but ici est de donner matière à réfléchir aux PJ : comment Staunton peut-il parler de la sorte ? Ça et d’autre choses étaient censé intriguer les joueurs… Succès mitigé !
Nous passions par un long couloir recouvert d’immondices, des statues de monstres aillés parsemaient le décor. Ces monstres me rappelaient certains passages du journal de voyage de Singed, dans lequel il évoquait des gargouilles capables de se transformer en pierre pour passer inaperçues. Par précaution, et même si mes alliés trouvaient cela étrange, j’ai lancé plusieurs dagues sur les statues, les unes après les autres, jusqu'au moment où ma lame transperça la pierre et que celle-ci commence à se mouvoir. Je n'avais pas le temps de sortir ma rapière que trois autres se mettaient en mouvement pour nous attaquer ! Mes alliés, à peine surpris, avaient gardé leurs armes au poing et passaient à l’attaque. Je dégainai moi-même mon arme et attaquai l'une d'elle mais mon coup ricocha et par inadvertance j’avais transpercé de part en part Hécate : son regard devint livide, elle n'était pas prête à subir de tels dégâts. Elle reculait pour ne pas risquer pire sous les coups de nos adversaires, alors que l'un d'eux tombait déjà de son perchoir pour finalement être achevé par Sorana, sans hésitation. Volgar et Klavak détruisirent rapidement les autres, soutenus par Torkemada et Kaptra. Sorana a pu soigner la récente blessure d'Hécate et bandait nos plaies du mieux qu’elle pouvait puis, tout juste débarrassés des gargouilles, une scène étrange se jouait devant nous. Comme si seul notre environnement avait remonté le temps à l’époque de l’occupation de Drézen par les nains, une vision perturbante nous faisait revivre un moment du passé de Staunton Vhane, époque où il ressemblait en tout point à un paladin de Iomédae et agissait en tant que tel.
Spoiler:
Notes du MJ :
Ces visions servent plusieurs buts : elles font partie de l’ambiance étrange des lieux, et forment une énigme qui permettra aux héros de déjouer le "piège de Drézen". Voici la première :
Spoiler:
Vous semblez toujours à l'intérieur de la Citadelle de Drézen, mais différente. Occupée, pleine d'animation, emplie de nains qui vous croisent sans vous regarder - dont Staunton Vhane, en armure étincelante frappée d'un marteau de mithral sur un fond de lumière éclatante. Il accourt dans un hall majestueux, s'agenouille, et semble s'adresser à une silhouette dans l'ombre : « Je viens à nouveau te le demander, dans l'espoir cette fois d'obtenir une réponse ! Pourquoi n'attaquons-nous pas ? Pourquoi devrions-nous rester derrière ces murs, à se cacher alors que les démons affluent ? Est-ce là le courage ? Nous devrions faire front et avancer dans la bataille, et anéantir ces abominations une fois pour toutes ! Nous disposons d'une arme d'une telle puissance que nous pourrions en finir en un instant, et nous nous contentons de nous cacher derrière ? Avons-nous perdu tout espoir de vaincre ? Nous avions perdu espoir à la Citadelle Céleste, et maintenant nous faisons de même ici ? Sommes-nous si prudents que nous ne nous rendrons plus jamais en dehors de nos murs ? »

Ces mots sont immédiatement suivis de paroles étouffées et de murmures, mais Staunton Vhane se met à prier, silencieux, comme à lui-même. Étrangement vous semblez être capables d'entendre ses suppliques : « Iomédae, place ta confiance en moi, ton serviteur. Guide-moi, montre-moi, fais de moi l'épée vertueuse de ton jugement, de ta puissance, de ta gloire ! Montre-moi la Voie ! »

Soudain, une main attrape Kaptra par le bras, un croisé nain, le visage raidi et les yeux grands ouverts lui parle d'une voix glaciale : « Cherchez ce qui jadis fut perdu, et libérez le grâce aux pouvoirs dont les Dieux ont investi leurs élus ! »
Lorsque notre entourage redevint normal, la voix mystique de Vhane retentit à nouveau : « Une réminiscence de mon propre passé ? Ces mots oubliés n'ont aucune valeur. Seules vos décisions montreront qui vous êtes. Ma très chère Kaptra, nous étions semblables à l'époque. A quel point crois-tu être devenue différente de ce que j'ai pu devenir ? ».
Nous sommes de nouveau restés de marbre suite à ce message, nous ne perdions pas de temps mais avancions prudemment. Au bout du couloir, nous nous retrouvions face à une herse à moitié relevée, qui séparait en deux un vestibule pourvu de meurtrières en hauteur. Une partie du mur ouest semblait effondré et les débris avaient formé un monticule de gravats rendant l’accès possible de l’autre côté. Volgar, sûr de lui, s’est mis à escalader le mur est et, une fois au niveau des ouvertures, passa la main – suspectant une présence ennemie de l’autre côté. Ne sentant aucune réaction, il passa alors la tête mais une flèche l'écorcha à vif. Il réussit à se maintenir, mais la bataille était lancée !

Torkemada s'est rué vers les gravats mais disparut tout à coup sans laisser d’autre trace qu’un cri de surprise, comme s’il venait de tomber. Pendant ce temps, Hécate usa de ses pouvoirs pour rendre Klavak invisible, tandis que Kaptra et Sorana se détournaient finalement des débris qui leur faisaient penser à quelque piège, et passaient plutôt sous la herse jusqu'au bout du couloir. Pour ma part je m'avançais près du mur effondré et parvenais à réfuter ce qui n’était qu’une illusion : celle-ci masquait un piège, une fosse remplit de pics, dont l'un avait transpercé la chair de l’inquisiteur. Par chance il semblait toujours en vie, et je me jetai donc au sol pour l'aider à sortir de là. J'entendis alors la porte du couloir s'ouvrir sur deux créatures cornues, de la même espèce que celles qui gardaient les tours à l’extérieur : des brimoraks. Volgar s’est élancé mais aussitôt la herse franchie, celle-ci chuta et manqua de peu d’écraser le barbare sous son poids. La voie était ainsi barrée et le groupe scindé en deux, Volgar, Sorana et Hécate d’un côté, Torkemada, Klavak et moi de l’autre….
Torkemada s’aidait de mes bras pour remonter de la fosse alors que de nombreuses flèches d'une taille deux fois supérieure à la normale sifflaient vers moi et me rataient de peu. Sorana et Kaptra engageaient le combat face aux nouveaux arrivants, mais pas avant que ces derniers aient eu le temps de lancer de nombreux sortilèges de feu. Torkemada était de nouveau sur pieds et, à peine debout, commençait à décocher flèche sur flèche à travers les barreaux de la herse pour achever les démons fumants. Pendant ce temps Volgar et Klavak tentaient de soulever la barrière, en vain. Hécate utilisa sa magie pour accroître la force de Volgar : les veines de son cou de taureau palpitaient mais malgré ce regain de puissance il manquait un petit effort, que je comblais avec un dernier encouragement. J'eus le temps de passer sous la herse quand Klavak se transforma en monstre et souleva à lui seul ce maudit obstacle.
Je remarquais que les flèches qui me prenaient pour cible se faisaient beaucoup moins nombreuses, et pour cause : derrière la porte arrivaient alors deux orcs armés jusqu’aux dents, probablement descendus des coursives derrière le mur, suivis un peu plus loin par un vrock enragé. Chacun de nous se battait et se défendait au mieux face à cette nouvelle menace, d’autant que Vhane lui-même semblait participer : un morceau de plafond s’écroula droit sur nous alors qu’un nouvel écho résonnait dans tout le bâtiment « Je suis Drézen, et je l'utiliserai comme mon arme si cela s'avère nécessaire ! ». Un ennemi pris de terreur par notre magie s’est mis à fuir et passait devant l’imposant démon, qui – sans pitié – décapita son "allié" d’un simple coup de griffe, insultant le lâche qu'il voyait en lui. Profitant de ce répit, j’avais réussi à tuer l'un des orcs ainsi qu'un brimorak, alors que je remarquais Volgar transpirer à grosses gouttes. Son équipement brûlait sa chair comme l’aurait fait un véritable four. Je voyais Klavak attaquer de toutes ses griffes le vrock qui, en surplace quelques mètres au-dessus du sol, finit par pousser un puissant hurlement capable d’effrayer ses ennemis comme ses alliés. Peu d’entre nous furent finalement affectés, et Hécate invoqua plusieurs aigles qui attaquèrent directement les deux nouveaux orcs en renfort. Le combat s’était avéré intense, mais nous avions finalement pu y mettre fin pour entrer dans le hall sans trop de dégâts.
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Notes du MJ :
Assez gros combat ici, qui aurait pu se combiner avec les gargouilles prenant les PJ à revers ! Mais on ne la fait pas deux fois à un PJ attentif et le joueur de Legato s'est bien souvenu des dernières, et prend soin depuis de "tester" toutes les statues qu'il croise ;)
Dès la fin de l’affrontement, une nouvelle intervention de notre adversaire invisible nous parvenait : « Cela n'a aucune importance. Ces créatures sont sacrifiables. Tout comme moi, tout comme vous, tout comme chacun. Ils ont accompli leur tâche : combat après combat, sortilège après sortilège, blessure après blessure, Drézen aura raison de vous. ». Plusieurs chemins s'ouvraient alors à nous, mais Sorana se dirigea vers une chapelle visiblement dédiée à Iomédae, suivie à distance raisonnable par Torkemada : en territoire ennemi il ne valait mieux ne pas se balader seul.
Je remarquais de nombreuses personnes au loin mais l'une d'elle, d'une beauté quasiment divine, attirait toute mon attention. Sorana s'est agenouillée devant elle puis se releva, avant que la femme l’embrasse sur le front. Torkemada ne trouvait pas cela normal du tout et ordonna à la servante de Sarenrae de revenir vers lui. J'avais l'impression que le danger guettait encore quand l’étrange femme s'est alors approchée de Sorana et Torkemada d’un pas agressif. Je ne pouvais entendre ce qu’ils se racontaient jusqu’à ce que la femme hurle à l’attention des quatre soldats qui l’accompagnaient : « Attaquez-les ! Ce sont des démons déguisés ! ». Je me précipitais dans leur direction, suivi du reste de notre groupe. L’inquisiteur leva la main en prononçant une formule de sa connaissance, puis la femme si enivrante de beauté révéla alors sa véritable nature démoniaque, et les soldats prêts à en découdre se retournèrent ainsi vers celle qui nous apparaissait désormais comme une succube. Le chemin était bloqué par un nombre d'individus trop important, aussi j’ai préféré opter pour un passage latéral en espérant retomber dans la même salle, afin de surprendre la succube et la prendre à revers. Une voix retentit alors « Même le symbole de votre foi m'appartient ici ! », suivi par un grincement strident de l’autre côté de la porte. Je parvins à ouvrir cette dernière pour tomber face à face avec une statue géante de métal représentant la Déesse Iomédae, prête à tout pour défendre ces lieux. Pas de temps à perdre ! Statue ou pas je la défiais pour l'empêcher de se concentrer sur les alliés qui m’avaient suivi. De l'autre côté, la succube finit par tomber au sol comme si une force invisible lui avait infligé ce châtiment, et tous les soldats se jetèrent sur elle pour mettre fin à sa vie. Kaptra s'élança et frappa de toutes ses forces sur la statue de métal, mais la puissance de l'impact la fit trébucher au sol sans infliger le moindre mal. Quand la représentation de l’Héritière s’en prit à moi, je parai son attaque et en profitais pour transpercer les zones les plus sensibles que je pouvais trouver et, en visant le plus petit interstice, j'achevai plus rapidement que je le pensais mon opposant de métal.

Staunton Vhane a d'ailleurs profité de l'occasion pour nous intimider à nouveau, mais notre groupe plus nombreux de quelques soldats ne répondait toujours pas à ces vaines paroles : « J'admire votre détermination, mais cela importe-t-il ? Combat après combat, coup après coup, jusqu'à ce que nous tombions finalement… »
Un des soldats se présentait sous le nom de "Khul" et s'était contenté de nommer ses compagnons sa "bande". Pour nous ils étaient "Khul et la bande" un nom… atypique. Le lieutenant nous révélait avoir passé des années ici, pensant que Iomédae elle-même le protégeait lui et sa bande des démons qui semblaient rôder au tour, sans les voir. Il venait de comprendre avoir été sous l'effet d'un puissant charme, et réalisait petit à petit ce qu'il avait fait en voulant aider leur maîtresse à concevoir ces soi-disant "enfants divins" qu'elle réclamait...
Spoiler:
Notes du MJ :
Le module mentionne des soldats pris au piège ici, je trouvais marrant de les inclure dans le groupe, et de leur faire raconter les "sévices" qu'ils avaient subits, vu que Torkemada avait bien compris la supercherie et avait réussi à contrer le charme.
Pendant ce temps, nous continuions nos investigations en visitant une chapelle de Torag, mais je remarquais surtout que Klavak était de plus en plus agité, pressé, comme si chaque seconde lui coûtait particulièrement cher... Nous nous sommes ainsi dirigés vers les baraquements est, mais à peine étions nous entrés que Vhane s’est mis à jouer les guides touristiques : « Vous entrez dans ce qui fut jadis les quartiers des Sentinelles de l'Aube. Un contingent de croisés vaillants, qui a péri comme tant d'autres… Depuis, l'endroit est peuplé d'innombrables démons, et utilisé pour des perversions sans fins. La mémoire de ces guerriers saints n'existe plus que dans mon esprit, qui s'éteint peu à peu. Pour leur valeur, leurs actes et leur courage, où sont-ils maintenant ? »
Nous avons donc atteint ces baraquements et là, nous découvrions un homme attaché à la jambe par une chaîne. A notre vue, il s’agitait en tentant d’attraper une rapière cruellement hors de sa portée. Il semblait très agressif et nous assaillait de menaces : « Maître Staunton vous fera payer votre invasion puis relèvera vos corps pour le servir ! ». Nous avons immédiatement soupçonné l’effet d’un maléfice ou d’un charme, et Torkemada le libéra mentalement d’un geste pendant que je le délivrais physiquement de ses entraves. Mon regard était presque malgré moi attiré vers la rapière qu’il cherchait à atteindre désespérément : elle me semblait d’une qualité supérieure à la mienne. Si le talent de ce duelliste était égal à la qualité de son arme, il pouvait être un allié de poids. L’homme se nommait Maranse Delaskru, un duelliste du Brevoy. D’après certains de notre groupe il semblait célèbre, mais n’étant pour ma part plus là depuis deux décennies,je n’avais pas eu l’honneur d'avoir constaté ses exploits. Il me tardait de le voir à l'œuvre de mes propres yeux.

Le chemin que nous avons ensuite pris, accompagnés de ce nouvel allié, nous emmenait dans les sous-sols de la citadelle, une zone que Kaptra n'avait jamais pu visiter, car elle n'existait tout simplement pas à l’époque.
Spoiler:
Notes du MJ :
Pour ce que j'avais prévu pour la suite, j'ai largement modifié la partie des sous-sols de Drézen. J'ai placé ici (vers la zone F12 pour ceux qui ont la map du module) un premier escalier qui débouche aux zones G1 à G6 des sous-sols. Les zones G7 à G10 sont accessibles non pas par un passage secret depuis les souterrains, mais par un autre escalier au niveau 0. Quant aux zones G11 à G13, je comptais m'en servir dans un autre bâtiment.
L’escalier débouchait sur une prison dotée de nombreuses cellules, puis sur un couloir qui nous menait vers d’autres cellules plus grandes. Sur l’entrée de chaque étaient tracées plusieurs séries de sceaux magiques disposés sur le sol, les linteaux et même les barreaux des grilles. Les symboles de la cellule ouest rougeoyaient, mais pas ceux de la cellule est dont la porte était ouverte. D’après mes alliés, ces salles étaient protégées par anti-magie. Dans la cellule ouverte nous pouvions remarquer des marques de griffures dessinant des papillons qui en parsemaient les murs. Torkemada semblait intrigué et entra dans la pièce pour y découvrir un message sur la paroi, une prière. Après l’avoir lue, l’inquisiteur semblait revigoré, comme apaisé.
Spoiler:
Notes du MJ :
Ici, les PJ trouvent la trace d'une "ancienne prisonnière", et Torkemada commence à se douter que cela à un lien avec la femme de son trait de campagne qui l'a sauvé, enfant...
Pour ceux qui n'ont pas le livre, voici la prière :
Spoiler:
Entendez ma prière, Dame Fortune. Car c’est de chance dont j’ai besoin pour pouvoir m’évader de cette cellule. Pas d’une simple vie derrière ces barreaux, mais d’une éternité enchaînée aux abysses elles-mêmes. On affirme que vous êtes la véritable et douce créatrice des rêves, alors imaginez-moi une nouvelle existence. Laissez-moi entonner le chant des sphères, voir les Etoiles avec d’autres yeux et m’extirper de la fosse dans laquelle mon âme fut jetée. Portez-moi chance, Ma Dame. Accordez-moi un nouvel esprit purifie et je serai votre a jamais, dans la vie et dans la foi. Je suis prête. Enfin prête.
Nous rebroussions chemin pour prendre un autre couloir, et arrivions vers une salle de torture. Torkemada devait se sentir comme chez lui ici, alors que certains autres membres ne semblaient pas bien à leur aise. Nous avons traversé une autre salle de torture adaptée à des interrogatoires plus "personnalisés" pour finalement nous arrêter dans une pièce qui ressemblait à un bureau. Des dizaines de livres faisaient ployer les nombreuses étagères, et au sol nous constations des traces de pas qui s’arrêtaient brutalement à moins d'un mètre d’un mur. Un œil avertit pouvait remarquer un interstice entre le mur et le sol. Kaptra aux talents multiples posa sa main contre le mur et parvint à voir de l’autre côté : une créature à la blancheur cadavérique reposait à proximité d'un cercueil. Chacun de nous a songé à la présence d’un vampire, pensant qu’il dormait tranquillement dans son "lit", mais je préférais croire qu’il s’agissait de celui du dhampir qu’on avait croisé un peu plus tôt dans le "labyrinthe des esprits". Mais pour nous en assurer, Kaptra a entreprit d’abattre le mur. Derrière, il n’y avait rien. Un cercueil vide et, à proximité, un cadavre blafard, comme vidé de son sang, qui présentait des marques de morsures. La piste du vampire – ou du dhampir d’ailleurs – semblait être la bonne.
Spoiler:
Notes du MJ :
J'ai viré le vampire ici qui se faisait pas vraiment sens, et l'avais déjà utilisé à l’extérieur de la Citadelle, dans le labyrinthe d'où étaient invoqués les esprits des nains de jadis.
Mais c’est là que des cris ont retenti du couloir nord : deux espèces de fantôme étaient apparus et s’en étaient pris à deux des nôtres partis en reconnaissance ! Nous avons accouru pour les aider, pour finalement nous rendre compte qu’ils n’avaient nullement besoin de nous : Hécate semblait immunisée contre leurs attaques, et nous avons pu sans problème renvoyer les esprits vers l’au-delà. Alors qu’ils disparaissaient de notre plan d’existence, Vhane en rajoutait une couche : « Les croisés parlent sans cesse d'espoir. Ces deux-là appartenaient jadis à un ordre de Paladins bien particuliers : les Marteaux des Cieux. Et maintenant ? Quel espoir leur reste-t-il ? Ils servent de protecteurs de Drézen. Eux, moi, cela importe peu… ». De nouveau, nous ne réagissions pas, espérant qu’à force de l’ignorer, Staunton arrête de nous solliciter pour rien…

La suite, tout de suite !
Dernière modification par RING3R le jeu. sept. 12, 2019 12:28 pm, modifié 3 fois.

RING3R
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Re: [CR] La Colère des Justes - Journal de campagne

Message par RING3R » mer. sept. 11, 2019 11:27 am

II.9 - PRIS AU PIÈGE – Partie 2 (par Legato)

Spoiler:
Notes du MJ :
C'est donc la suite directe du CR ci-dessus, posté dans la foulée !
Nous étions ainsi repartis vers l’étage et, une fois au sommet des escaliers, nous avons pris la direction de l’ouest. Nous avons atterri dans une vaste salle, toujours somptueuse malgré les dégâts du temps et de ses occupants actuels. Au pied de chaque mur se trouvait un foyer brûlant sans fin, et le plafond haut de neuf mètres semblait représenter jadis un ciel matinal, même si de nombreuses tuiles étaient tombées depuis et le globe doré représentant le soleil était brisé en partie. Mais la caractéristique la plus frappante était cette statue colossale de Deskari lui-même, brandissant sa faucille au milieu de la pièce. Alors que nous nous apprêtions à traverser vers l’ouest, une nouvelle fois la voix venue du bâtiment a retenti : « Mourrez devant cette représentation indigne de notre Seigneur ! Et mesurez la distance qui vous sépare de sa véritable nature. »
A cet instant, la statue s’est mise à bouger et nous nous sommes alors précipités vers la porte la plus proche, comprenant ce qu’il était en train de se produire. Tous ? Non ! Un seul était resté debout faisant face à un adversaire de cinq fois sa taille ! Torkemada faisait preuve d’autant de courage que nous tous réunis, et n’a pas sourcillé lorsqu’il a brandi son poing vers le monstre de pierre. Une parole incompréhensible a suffi pour que la statue se fige comme par magie, nous laissant la voie libre.
Spoiler:
Notes du MJ :
Je voulais proposer un combat de type David vs. Goliath, et j’avais même imprimé un pion taille Gig (ou quelque chose comme ça, je ne me rappelle plus de la taille de la statue). Torkemada avait l’intuition que Staunton contrôlait l’objet par magie, et a proposé un dispel… Comme la statue n’était pas une vraie créature artificielle mais bien un objet animé "temporaire", j’ai jugé qu’un dispel ferait effectivement l’affaire… combat évité !
Nous nous sommes ainsi dirigés vers ce qui semblait être les chambres des généraux démons. La plupart avaient été vidées, bien que quelques affaires restaient par-ci par-là. Kaptra a repéré un coffre aux initiales "S.V." et en a déduit qu’il s’agissait des affaires de Staunton. Elle s’est empressée de le fouiller pour en sortir quelques trésors ainsi qu’un livre poussiéreux. Alors qu’elle s’est mise à le feuilleter, la voix tonitruante s’est à nouveau faite entendre : « Vous avez mis la main sur mon héritage, seule trace physique qu'il reste de moi aujourd'hui. Lisez donc ! Lisez avec effroi, et peut-être que cela vous forcera à vous poser les bonnes questions à propos de vos chers protecteurs divins ». Mais alors que nous investiguions les lieux, ma vue se troublait et une nous étions propulsé à nouveau dans le passé de ces lieux, de cette chambre, pour finalement devenir les témoins de scènes charnelles impliquant Staunton et une elfe qui m’étais étrangement familière. La suite de la vision nous montrait le moment fatidique de la trahison du nain, lorsqu’il a apporté l’Épée du Courage aux armées de démons, laissant Drézen sans défense.
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Notes du MJ :
Voici la seconde vision :
Spoiler:
Les murs de la chambre de Staunton semblent se flouter et se mouvoir comme des ombres, alors que vous comprenez que vous allez assister à une scène d'un passé lointain qui s'y est déroulée. Saunton discute avec une elfe vêtue de vert et aux yeux de jade. Les deux visions s'évanouissent pour réapparaitre un peu plus loin, à côté de la table, puis sur le lit, s'enlaçant bestialement, avant que le nain pousse violemment sa compagne pour qu'elle se retrouve allongée sur le lit. Les mots qu'elle prononce, entrecoupée de baisers torrides et de cris de plaisir, sont si persuasifs que vous n'avez qu'une envie : l'écouter jusqu'au bout. « Ton cœur semble juste, pas comme les autres ici… Si seulement nous disposions de la puissance que Iomédae nous a confiée, nous pourrions gagner cette guerre… Un commandant pour nous diriger vers une glorieuse bataille ! Notre armée te suivrait… Fais confiance à ce que te dicte ton cœur, pas ton esprit… »

La vision se dissipe peu à peu, pour se muer en une nouvelle scène. Vous vous retrouvez cette fois en dehors des murs de la citadelle, au pied d'une colline que Staunton Vhane est en train de gravir, excité, déterminé. Il porte dans sa main une bannière rouge sang bordée d'argent, et frappée d’une épée longue sur fond de soleil : le blason de Iomédae. Il semble apporter l'artefact à une elfe montée sur un cheval lourdement bardé, et flanquée de deux archères menaçantes : « Jerribeth ! La voici ! Maintenant, où est mon armée ? Il est temps de combattre ! » Ce à quoi l'elfe rétorque, amusée : « Ton armée ? Voici ton armée ! » A cet instant, vous apercevez de l'autre côté de la colline, quelques centaines de démons qui en escaladent la crête et, dans un cri effroyable, se téléportent tous.

Staunton s'effondre alors à terre et comprend qu'il vient de donner les clefs de la citadelle aux démons. Il est en pleurs et, alors que vous approchez de lui, il se tourne alors, le visage raide et les yeux dans le vague. Une voix caverneuse se fait entendre, alors que les mouvements de ses lèvres ne semblent pas coïncider avec ses paroles : « Tout n'est pas tel qu'il semble. Des choses sont cachées, d'autres dissimulées sous une autre forme. Mais rien ne peut totalement masquer leur vraie nature... »
Nous sommes ensuite partis vers le nord en direction de la salle de commandement. Là, une grande table couverte de cartes de la région du Mendev, de la Plaie du Monde et des pays avoisinants trônait au beau milieu de la pièce. Ici, Staunton s’est exprimé une nouvelle fois : « Bien des invasions, bien des trahisons, bien des infiltrations ont été planifiées d'ici ! Utiliser un ancien bastion croisé pour préparer leur chute, quelle ironie ». En effet, de nombreuses figurines de démons et de soldats étaient disposées sur les représentations géographiques, et une paire de gants se trouvait posée nonchalamment sur le rebord du plateau. L’un de nous les a essayés, et s’est vu capable de déplacer mentalement les pièces sur les cartes, comme s’il était animé d’un pouvoir télékinésique de quelque sorte. Outre la table, il n’y avait pas grand-chose dans cette pièce : un bureau en acajou et quelques étagères à livres occupaient un des coins, tandis que contre un mur étaient alignés plusieurs bars à alcool bien remplis. De l’autre côté un miroir sur pied en piteux état semblait intriguer Hécate.
Alors que certains désiraient inspecter cette pièce en détail, la naine s’est rendu compte de ce que contenait le journal trouvé dans la chambre de Vhane et a proposé d’en lire certains passages pour y récolter de précieuses informations. Sorana et Hécate ont décidé de profiter de ce moment pour partir en reconnaissance vers la tour du Sénéchal au nord-ouest. En les attendant, nous avons remarqué qu’un renfoncement au coin de la salle cachait en fait un nouvel escalier menant dans les entrailles de la citadelle ! Quelques minutes après, les deux éclaireuses sont revenues nous informer avoir trouver un trésor dans ce qui, de toute évidence, était devenu l’antre d’une créature draconique : sans doute s’agissait-il de la terrible chimère que nous avions occise il y avait quelques jours. Elles apportaient une nouvelle aussi importante qu’inquiétante : du haut de la tour, elles avaient pu observer l’extérieur de la forteresse où tous les soldats que nous avions amenés à Drézen semblaient à l’agonie : il ne s'agissait donc pas d'une simple illusion, l'armée était en danger ! C’était difficile à dire, mais ils n’en avaient sans doute pas pour longtemps : nous devions nous hâter. La naine en a profité pour nous faire part de ses découvertes glanées lors de la lecture du journal de Vhane : il avait apporté autant de réponses que de nouvelles questions !
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Notes du MJ :
Voici des passages que j’ai écrit pour le "journal de Staunton" et qui devait rappeler certains éléments du passé pour mieux comprendre ceux qui arrivent, préparer les PJ pour l’acte suivant, ainsi que contribuer à la mise en place du personnage de Staunton. J’ai donné ce document imprimé à Kaptra, représentant seulement des passages d’intérêt, qui a dû prendre du temps pour le lire, laissant son personnage inactif.
Spoiler:
Spoiler:
L’histoire complète de Staunton Vhane y est détaillée : depuis son enfance dans les montagnes des Cinq Rois, son service dans la Première croisade mendévienne à la recherche de la Citadelle céleste oubliée de Jormurdun, jusqu’à sa trahison à Drézen et son engagement au service de Deskari et de Baphomet. La lecture de ce rapport de plus en plus macabre à propos des atrocités qu’il a commises lors de ces soixante-quinze dernières années est pour le moins pénible. Mais plus vous avancez, plus vous avez l’impression que le récit qui y est fait ressemble à une sorte de mémoires, sans doute le moyen pour un mégalomane de combler l’absence de descendance et d'alliés susceptibles de chanter ses exploits après sa mort. Le début du récit correspond bien à ce que Kaptra sait de lui, preuve qu’il n’était pas au service des Abysses lors de leur rencontre et de leurs premières aventures. Le plus intéressant commence à partir de l’attaque sur Drézen au cours de laquelle la naine a fini par fuir la Plaie du Monde :
Staunton était tombé dans le piège de l’elfe, la générale, Jerribeth, et lui avait remis l’Épée du Courage qui protégeait jusqu’alors Drézen. Une chute d’autant plus dure à encaisser qu’il donnait l’impression de tomber peu à peu amoureux depuis qu’elle les avait sauvés, lui et Kaptra. Abattu par ce qui était sur le point de se produire, le nain a été alors contraint de contempler les démons envahir Drézen. Alors qu’il observait, quelque chose a germé dans son cœur. Il a ainsi compris qu’il prenait du plaisir à voir les couards s’enfuir et s’émerveillait devant la puissance de la horde démoniaque. Sa déchéance arrivait à terme quand Jerribeth l’a amené dans la cité capturée pour jurer allégeance à Aponavicius, la marilith conquérante.

Ainsi, pendant les soixante-quinze années suivantes, Staunton Vhane a servi la Plaie du Monde. Au début, il a joué le rôle de conseiller auprès de la marilith. Il l’informait des tactiques appliquées par les croisés et la conseillait sur les méthodes les plus efficaces pour combattre les paladins. Au fil du temps, il a été recruté par les Templiers du Labyrinthe d’ivoire et formé pour devenir un agent double. En 4658, il est revenu au Mendev et a rejoint de nouveau la croisade en tant que capitaine à la tête d’une nouvelle version des Marteaux des Cieux, toujours une compagnie de mercenaires entièrement composée de nains, mais cette fois, tous disciples cachés de Baphomet.
Au cours des décennies suivantes, Staunton et les Marteaux des Cieux ont servi les deux partis opposés dans cette guerre. Il a poussé son cousin Thurl à venir au Mendev et s’est servi de ses contacts dans la Société des Éclaireurs pour financer, quand il pouvait se le permettre, ses propres expéditions destinées à s’enfoncer dans la Plaie du Monde à la recherche de Jormurdun. Il a aussi recruté son frère Joran, un fidèle de Droskar "difficile à convertir", pour ses talents de forgeron plus que de guerrier, pour le cantonner à la forge de corruption.
Staunton a toutefois passé la majeure partie de son temps à combattre lors de petites escarmouches contre des démons dont la défaite importait peu pour la Plaie du Monde, tout en sabotant d’innombrables efforts de guerre tout au long de la frontière. En guise d’ultime trahison, il a affaibli nombre des défenses de l’Écu dans Kénabres. Ce sabotage avait pour but ultime de permettre au Roi des tempêtes d’attaquer la cité une fois encore, mais ce fut lors de cette dernière mission qu’Irabeth a découvert ses manigances. Lors du combat qui s’en est suivi, Staunton a été vaincu et a pris la fuite, monté sur Vrexed sa guêpe géante fiélone, vers le nord et Drézen. Depuis son retour à Drézen, il brûlait d’impatience à l’idée d’affronter à nouveau Irabeth ou n’importe quel paladin. Mais pour l’heure, il obéissait aux ordres de son commandant marilith et maintenait en son nom le contrôle de la cité de Drézen pendant qu’elle est au loin, sur les lignes de front.

Le récit s’arrête un peu brusquement il y a quelques semaines, après une dernière entrée : « Il est temps. Vorlesh a une dernière tâche pour moi. Une atrocement douloureuse, mais peut-être cela signera-t-il la fin ? Serai-je libre ? Peu importe, ce qui doit être fait sera fait. Si telle est la sentence, qu’il en soit ainsi. Je ne mérite guère mieux… »
Spoiler:
Une liste de plusieurs dizaines d’armes et d’armures saintes et sacrées que lui et son frère ont réussi à pervertir en utilisant la forge de corruption. Leur fierté réside dans la transformation d’un cimeterre divin appelé « Caresse de la Fleur de l’Aube » : un artefact d’une puissance hors-norme, probablement détenu aujourd’hui par un des plus puissants séides de Baphomet. Il note sa déception quant à l’interdiction d’Aponivacius de transformer l’Armure du Dévot qu’ils possèdent. La marilith préfère la garder comme un trophée entreposée dans la chambre secrète qui protégeait autrefois l’Épée du Courage. Staunton précise que cette « opportuniste » de Minagho veut l’utiliser à ses propres fins, pour corrompre les armes de Yaniel qu’elle cherche à tout prix à récupérer. La forge pourrait lui servir entre autre à transformer cette "maudite épée" en une arme plus digne de Baphomet. Les jambières de la paladine sont d’ailleurs déjà arrivées ici il y a quelques années, entreposées avec l’Armure du Dévot, mais Joran estime qu’il vaut mieux tenter leur chance avec l’armure complète que pièce par pièce.
Spoiler:
Une description de l’Épée du Courage, et de la frustration que ressentait Staunton à cause d’Aponavicius qui a toujours souhaité la conserver en tant que simple trophée au lieu d’essayer de la pervertir. Après son départ vers le Sud, et désormais seul maître de Drézen, il a pris la responsabilité de tenter quelque chose, et à charger un certain Joran de corrompre l’artefact. Selon les dernières infos, cela s’est avéré plus dur que prévu, et l’opération n’avait alors pas encore abouti.
Spoiler:
Plusieurs pages détaillées sur les tortures qu’il espère faire subir un jour à Irabeth. Sa rancœur envers elle semble violente depuis qu’elle a "failli tout gâcher" en l’affrontant dans Kénabres il y a presque une année de cela.
Spoiler:
Des notes sur Eustoyriax, un démon des ombres étonnamment puissant arrivé à Drézen il y a quelques années. Le démon des ombres est arrivé dans le corps possédé d’un croisé du nom de Legato MacDowel, mais y était semble-t-il enfermé depuis des années par un puissant sceau magique. D’après les dires du démon, le sceau s’est affaibli avec les années, ce qui lui a permis d’influencer les actions de son hôte jusqu’à provoquer sa libération, et si, depuis la mort du mage qui avait créer le sceau, il a désormais le contrôle de ce corps, le démon ne peut pas s’en libérer plus de quelques minutes. Il semblait avoir échafaudé un plan susceptible de contrer cette magie – il parlait d’un "frère" qui pourrait l’aider.

Alors que Staunton revenait définitivement de Kénabres après son affrontement avec Irabeth, le démon avait ramené des cadeaux en provenance d’un site appelé le Sanctuaire d’Ivoire : cinq élixirs de pouvoir distillé concoctés à partir de cristaux Nahyndriens réduits en poudre. Les notes expliquent que Staunton s’est porté volontaire pour ingurgiter l’un des élixirs et tester sa puissance avant qu’Aponavicius ne fasse de même. Elles décrivent également les pouvoirs que l’élixir a éveillés en lui. Les notes se poursuivent par la description du dragon et du xacarba, les serviteurs d’Aponavicius sur lesquels elle a voulu tester l’élixir, morts de manière atroce suite à leur absorption du breuvage. Soltengrebbe, la chimère, est la seule créature ayant survécu à la transformation. Les notes se terminent en révélant qu’Eustoyriax deviendrait son "geôlier" quand le plan – inconnu du nain – de Vorlesh serait prêt.
Spoiler:
Le Sanctuaire d’Ivoire est la forteresse centrale des Templiers du Labyrinthe d’Ivoire dans la Plaie du Monde. C’est une citadelle dirigée par un homme du nom de Xanthir Vang qui est également le chef régional des adeptes de la Flamme Noire. Staunton décrit son unique rencontre avec Xanthir Vang et indique qu’il préfèrerait éviter une nouvelle rencontre. Apparemment, quelque chose en lui a particulièrement révolté l’antipaladin.
Spoiler:
Enfin, Staunton mentionne la présence d’une prisonnière spéciale maintenue en détention dans le donjon de Drézen : une succube appelée Arueshalae qu’Aponavicius a capturée. Staunton décrit la succube comme une sorte d’hérétique abyssale, mais indique l’avoir rencontré sous une forme humaine lors de la chute de Drézen : elle semblait alors une proche de Jerribeth. Une fois capturée, la marilith voulait la mettre derrière les barreaux ici en attendant qu’un cachot spécial dans les Failles grinçantes des Abysses soit disponible. La succube s’est échappée peu de temps après qu’Aponavicius l’a laissée à Drézen sous la responsabilité de Staunton et cet incident inquiète au plus haut point le nain. Il a envoyé plusieurs séides à sa recherche dans la Plaie du Monde en précisant que la perte de certains de ses pouvoirs démoniaques, notamment celui de téléportation ou de forme éthérée, permettra, espère-t-il, à ses agents de la rattraper et de la ramener à Drézen avant qu’Aponavicius n’apprenne sa fuite dans les Terres blessées. Un des récents paragraphes du journal raconte qu’il a engagé une guenaude annis fanatique de Sifkesh pour pourchasser la succube. Si cette dernière tentative échoue, il indique avoir l’intention de partir lui-même à la recherche d’Arueshalae une fois qu’il aura "résolu le problème des soi-disant héros de Kénabres".
Désormais, la priorité était de vérifier si ce que nous cherchions se trouvait bien en bas de ces nouveaux escaliers. Cependant, Kaptra nous avait révélé la présence d’une pièce secrète ou était jadis caché l’Épée du Courage. Nous n’avions que peu d’espoir de la trouver là, mais nous devions en avoir le cœur net. Aussi, pour ne pas perdre trop de temps, nous avons chargé Khul et sa bande de s’en occuper pour nous : il leur fallait détruire un mur et pénétrer dans l’ancienne chambre secrète. Nous continuions ainsi notre route sans eux.
Spoiler:
Notes du MJ :
Pour ceux que ça intéressent (puisqu’on ne reviendra pas dessus par la suite), Khul et sa bande auront un destin tragique en tombant droit dans le piège que les démons avaient tendu aux "aventuriers trop curieux" dans l’ancienne salle aux trésors de Drézen (cf. zone F6/F7 du module officiel)… On ne les reverra donc plus.
Nous descendions précautionneusement les escaliers creusés à même la roche depuis la salle des préparatifs de Drézen. L’architecture, si on pouvait l’appeler ainsi, s’éloignait très fortement du reste de la citadelle et de la rigueur naine : il s’agissait vraisemblablement d’un ajout des démons, dans les années qui avaient succédé leur invasion. A chaque marche qui s'enfonçait des dizaines de mètres sous la surface, l’air se faisait plus sec, plus chaud. L’odeur du feu et de l’acier se faisait de plus en plus présente, jusqu’à ce que l’escalier débouche sur une petite terrasse intérieure surplombant une salle aux dimensions hors-norme, dont les murs semblaient rougeoyer sous l’effet d’une température extrême. Des vagues de chaleur faisaient trembler l’air et des volutes de vapeur s’échappaient de temps à autres du sol et des murs. En contrebas, au centre de la salle, se trouvait une forge imposante faite dans un métal noir et rouge.
Spoiler:
Notes du MJ :
Comme évoqué un peu plus tôt, j’ai déplacé cette partie des souterrains, qui sont directement accessibles depuis l’escalier indiqué dans la carte officielle.
La terrasse était coupée en son centre par la cage d’un monte-charge, et, alors que le groupe découvrait ce décor, le visage de Klavak changeait d’expression. Il fit remonter le monte-charge resté en bas puis se précipita dedans, suivi de Kaptra et Maranse, le duelliste du Brevoy. Kaptra se protégea du feu par magie, alors que Klavak semblait insensible à la chaleur, tout comme Maranse ne semblait étrangement pas gêné outre mesure par cette atmosphère infernale. Une fois au sol, Klavak s'est précipité vers la forge, comme s’il cherchait quelque chose, pour ne trouver que des outils et deux lanternes inertes. Il entreprit alors d’inspecter les couloirs qui s’éloignaient de la salle, ignorant tout bonnement les appels de ses compagnons. Kaptra quant à elle se dirigea vers la grande porte à double battant en face de la terrasse, et indiqua bien vite qu’elle y entendait des voix, des murmures, des incantations. Il n’en fallait pas plus au tieffelin pour la rejoindre et tenter d’ouvrir les portes. La naine l’en empêcha dans un premier temps, faisant éclater une altercation entre les deux prêtres : « Laisse-moi ouvrir ! » lança Klavak d’un ton menaçant alors que Kaptra lui demandait d’attendre le reste du groupe qui, à la vue de la scène, était déjà en route. Seuls Torkemada et Hécate restaient en soutien en haut de la terrasse.

Klavak fracassa alors les portes pour y découvrir derrière une salle encore plus vaste, au centre de laquelle était peinte une rune de cinq à six mètres de diamètre. Autour, trois créatures des enfers semblaient dirigées par une femme, humanoïde mais non humaine, élancée aux longs cheveux blancs masquant à peine des cornes rachitiques et portant une cape faite de voiles semblables à des ailes tombantes. Le prêtre semble connaitre cette tieffeline, voire s’attendait à la trouver dans les environs. Il ne lança qu’une phrase : « Rends-la-moi ! ». Son interlocutrice lui a répondu d’un ton bien moins agressif : « Quelle entrée fracassante ! Vous avez mis bien du temps pour arriver jusqu’ici. Vous seriez-vous perdus dans les couloirs de la citadelle ? Ou les pièges de Drézen vous auraient ralentis ? ». « Rends-la-moi ! » répétait Klavak avec encore plus de férocité. « Te rendre quoi ? » demanda-t-elle alors que la patience de Klavak semblait déjà un lointain souvenir : « Mon âme ! » hurlait-il maintenant.
« Ton âme ? » répond la tieffeline tout en dévisageant chacun des membres du groupe à présent dans la salle. « Ah oui, je te reconnais. Je vous reconnais tous deux. Vous êtes ses sujets, ses expériences. Mais, ton âme, tu l’as déjà trouvée ? Je vois, tu es venu pour que je la libère de sa prison. Comment as-tu pu piéger une telle masse de muscles pour qu’elle te suive jusqu’ici ? ». Un sourire machiavélique se lisait désormais sur le visage de la femme alors que son regard se portait un bref instant sur Volgar. « Peu importe. Livre-le-moi, et je ferai ce que tu me demandes. L’hôte doit être en vie pour que le rituel soit un succès, mais bien évidemment il ne survivra pas au processus. Ses compagnons seront sans doute un problème, mais si tu te joins à moi, ils ne nous gêneront pas longtemps. »
Spoiler:
Notes du MJ :
Pour comprendre cette scène (ce qui n’était le cas que de Klavak parmi les PJ) je vous renvoie aux visions de Klavak détaillées dans un précédent CR.

Grosse révélation ici, dont j’avais semé des indices dans les précédentes visions de chacun : Klavak et Volgar ont tous deux subis d’étranges rituels étant enfants, rituels qui se trouvaient être liés ! L’âme de Klavak lui avait été retirée suite à une transformation en tieffelin, et avait été utilisée pour corrompre l’enfant qu’était Volgar. Il s’agit en fait de différentes tentatives d’une certaine personne dont le nom est revenu à plusieurs reprise pour "transformer des humains en démon". Toutes n’ont pas réussi, et certaines ont donné plus de résultat que d’autres… (plus à ce sujet dans le tome 3)
Depuis le début, Klavak cherchait donc son âme, et sait désormais qu’il doit sacrifier Volgar pour cela. Pendant plusieurs secondes, il est en proie au dilemme, via une nouvelle vision de son dieu, Asmodeus :
Spoiler:
Un bref instant après la révélation de l’ensorceleuse tieffeline, une voix puissante résonne dans ta tête : « Klavak ! L’heure est arrivée. Tu touches du doigt l’occasion de retrouver ce qui t’a été dérobé, ainsi tu pourras remplir ta part du contrat qui nous lie. Pour le moment, il te suffit de t’associer avec ce serviteur des abysses, mais dès que tu auras obtenu ce qu’elle te promet, tu pourras en disposer à ta guise. Récupère ton âme ! L’homme qui la retient prisonnière n’est qu’une aberration née du chaos, il ne vit que grâce à ce dont tu as été dépossédé. Il n’est qu’un allié de circonstance, et il a servi ta cause assez longtemps, il a atteint son objectif. Ainsi, prouves-moi que tu peux devenir un de mes plus fidèles et puissants séides ! »
Nous nous retrouvons donc face à de nombreuses créatures démoniaques, mais les deux plus dangereuses me semblaient être la magicienne et celui qui venait de nous trahir en révélant à notre groupe son véritable visage de succube, le duelliste Maranse !
Soudain, Klavak sortait de sa torpeur et hurla à la mort « Je te renie ! », avant de se transformer une fois de plus en démon à six bras, sans tarder imité par Volgar. La magicienne face à nous ne perdit pas de temps et incanta un sortilège digne d’un cauchemar des plus morbides : des tentacules de taille humaine sortaient du sol pour essayer de nous immobiliser ! Sans difficulté je les esquivais comme la plupart de mes coéquipiers, sauf Kaptra la naine qui se retrouvait agrippée. J'hurlais alors mes encouragements et me rapprochais d'un démon couvert de sang bouillonnant. Klavak le frappait sans difficulté car la créature était prise en tenaille. En me retournant un instant j’apercevais une volée de flèches filer depuis la porte d'entrée et comprenais que Torkemada ne nous avait pas abandonnés. Il visait la magicienne mais après quelques flèches, les suivantes se trouvaient stoppées net comme par magie contre un mur invisible.
Sorana et Volgar combattaient deux démons ainsi que Maranse, qui semblait monté sur ressort car aucune des attaques ne pouvait l’atteindre. Volgar, pris dans son élan, glissa au sol mais par chance sa hache ne trancha pas en deux Sorana mais l'un des démons qui les encerclaient. Il se faisait désormais ruer de coups, mais heureusement que Sorana incantait sa magie curative pour endiguer les blessures subies. Le démon de sang étant mort, je défiais Maranse de s'attaquer à moi. Je m'avançai vers lui et attaquai avec une précision sans faille, visant son cœur de démon, mais très rapidement je comprenais qu'il est un combattant bien plus fort que moi et il para mon attaque, un sourire au lèvre comme pour me narguer. Klavak s'élança pour s’en prendre à la magicienne et Kaptra, qui réussit à se défaire des tentacules, se dirigeait aussi vers cette dernière. La magicienne faisait face à la plus grande menace : le démon géant à six bras, qui tout à coup disparut dans une fosse semblant vouloir le dévorer. Sans perdre de temps, Kaptra l'attaqua sans succès, avant que la tieffeline se téléporte pour se mettre à l’abri.
Torkemada et Hécate arrivaient enfin dans la même pièce que nous et essayaient en vain d'attaquer l'élite des duellistes. Celui-ci me tenait tête sans difficulté en parant toutes mes tentatives, et me tournait autour comme si je n'étais qu'un épouvantail fait de chair. En concentrant toute ma puissance je réussissais finalement à percer ses défenses et lui infligea une sérieuse blessure. Du coin de l'œil j’apercevais Klavak désormais transformé en créature aillée sortir du trou où l'avait condamné la magicienne, mais cette dernière, décidément dotée des talents magiques d'un autre monde, invoqua des lances de glaces hors du sol, heureusement esquivées par mes alliés. Volgar réussit à éliminer un second démon, toujours épaulé par Sorana. Mais je n’étais pas assez concentré sur le combat et Maranse en profita sans hésiter : il m'infligea une attaque dévastatrice, comme si le tonnerre lui-même m’avait transpercé de part en part, explosant mes tympans au passage. Je me suis alors écroulé et le dernier son que j'entendis avant de fermer les yeux fut une moquerie suivie d'un rire digne du fiélon qu'il était...
Mais ce n’était pas la fin pour moi, un de mes alliés avait dû me soigner pour que je me relève, toujours. Plein de vie, j’ai hurlé « Le Dragon n'est pas mort » pour impressionner mon opposant, mais aucun son ne semblait sortir de ma bouche. Ou plutôt, je le comprenais rapidement, aucun son ne parvenait jusqu’à mes oreilles ! J’étais devenu sourd, mais cela ne m’aurait jamais empêché de combattre !
Spoiler:
Notes du MJ :
Une arme de tonnerre, sur un critique, peut rendre la cible définitivement sourde ! Les conséquences, pour la suite, seront assez cocasses...
Je retournais à l’assaut alors que Kaptra pourchassait sans relâche la mage tieffeline qui ne cessait de fuir. Sorana tentait de la cibler de sa magie, mais sans plus de succès, à l’instar d’Hécate. Me croyant sans doute hors de combat, mon rival bretteur était alors aux prises avec Volgar qui encaissait difficilement les attaques mais semblait capable de rendre coup pour coup.
Malgré tout, la fin du combat semblait proche car ce faux Maranse s’épuisait visiblement rapidement. Et au moment où il esquissa sa botte secrète en ciblant Volgar, je pu lire dans ses mouvements une faille dont je profitai sans attendre, et parvins à lui transpercer l’abdomen. La succube s’est figé dans son mouvement puis s’effondra au sol dans un gargouillis sans avoir compris comment elle avait pu perdre. Je croisais le regard de Volgar qui semblait dépité de n’avoir finalement pas été l’auteur du coup décisif, mais je me rappelais que tout n’était pas terminé : il nous restait un adversaire. Seulement, quand l’invocatrice se rendit compte qu’elle était désormais seule, elle préféra ne pas demander son reste et se téléporta hors de ces lieux, nous laissant en bouche le goût d’une victoire inachevée.

Nous étions victorieux, mais cet affrontement nous avait coûté cher à tous, et nous n’avions pas avancé d’un pouce sur la recherche de l’Épée du Courage, qui restait introuvable… De plus, nous étions piégés ici, dans l'impossibilité de profiter d'une aide extérieure.

Spoiler:
Notes du MJ :
Fin de la première partie, qui met un peu en place l'intrigue propre à ces lieux. Ma tentative de build-up de Staunton Vhane n’a pas été un grand succès (je ne m’explique pas pourquoi) mais en tout cas j’ai eu l’impression que suite aux visions et avec son journal, il semblait un peu moins plat que dans le module d’origine. On le verra vite, mais j’en ai fait l’antagoniste principal de Drézen, plutôt que de le rencontrer au détour d’une pièce et trouver comme "boss" un inconnu. Pour ce dernier, j’ai d’autres plans – et ce qui suivent ont sans doute une petite idée de ce qu’il va se passer.
La suite, bientôt !

RING3R
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Re: [CR] La Colère des Justes - Journal de campagne

Message par RING3R » lun. sept. 16, 2019 6:43 pm

II.10 - LA PRISON DE STAUNTON VHANE (par Sorana)

L’affrontement dans cette atmosphère suffocante était éprouvant, mais nous nous en étions tirés tous sains et saufs, ou peu s’en fallait. Nous avons décidé de prendre un peu de temps ici pour inspecter les environs qui, nous le sentions, devaient receler bien des secrets. Après avoir fouillé la succube – et Legato s’extasier devant la magnifique rapière qui lui avait coûté son ouïe, nous pouvions soigner nos blessures les plus urgentes. Au milieu de la pièce où nous nous trouvions était peint le symbole de Deskari, facilement identifiable, tel un cercle d’incantation. Plus étrangement, autour de lui, nous pouvions distinguer trois autres symboles, plus petits. Des runes abyssales que je parvenais, du moins partiellement, à identifier : une rune de Chair, une d'Os, et la troisième... Impossible à le savoir. Je cherchais dans mon esprit et sur les papiers épars une réponse, mais je ne trouvais rien de concluant. Mieux valait reproduire ces runes sur un parchemin pour plus tard, au cas où nous en aurions besoin... Je pouvais ainsi réfléchir à la nature de la troisième plus tard, quand j'aurai eu enfin le temps de me reposer.
Mais nous étions tombés sur une autre chose intrigante : sur l'un des côtés d’une pièce attenante était clairement visible une sorte de voûte murée. Ce mur semblait imprégné d’un résidu d’aura magique. Il était impossible de voir à travers, et en tentant de se fondre dedans, Kaptra ne distinguait rien d’autre que de la pierre. Pas d'issue, ni de salle dissimulée de l'autre côté. Nous finissions par comprendre qu'il s'agissait probablement d'un portail d'invocation, et Volgar décida de détruire l'arche au-dessus du mur, espérant sans doute que plus personne ne puisse passer par là grâce à son geste.
Spoiler:
Notes du MJ :
Ceux qui ont lu la campagne jusqu’au bout savent de quoi il s’agit : j’ai jugé que détruire simplement l’arche de la "porte" ne suffisait pas. Il aurait fallu user de magie pour s’éviter des déconvenues bien plus tard…
Pendant ce temps, Kaptra et Klavak décidèrent de remonter au rez-de-chaussée pour voir si les hommes que nous y avions laissés – Khul et sa bande – allaient bien, mais ils nous ont rapidement ramené de bien tristes nouvelles ! Dire que nous avions décidé de les laisser en haut pour leur sauver la vie... Ils avaient visiblement réussi à percer un trou dans le mur de la chambre secrète, mais ils s’étaient faits tuer par on ne savait qui. Les deux prêtres rapportaient avoir vu une brume verte s'échapper lentement de l'ancienne cache de l’Épée du Courage, mais personne aux alentours. Un mystère de plus à éclaircir, mais nous n'avions pas le temps de pleurer les morts.
Cependant, nous ne savions pas vraiment quoi faire d’autre. La voix de Stauton Vhane n'arrêtait pas d'aller et venir dans nos têtes depuis que nous étions arrivés dans la citadelle, ce qui devenait franchement agaçant. J'avais hâte de le retrouver pour lui dire ma manière de penser sur ce point. Et alors que Kaptra et Klavak retournaient dans la forge adjacente, nous avons tous été pris par une nouvelle vision où nous devenions les témoins d’atroces tortures que semblaient subir notre maléfique hôte !
Spoiler:
Notes du MJ :
Voici la troisième vision :
Spoiler:
Au premier instant, vous pensez être revenus dans le hall principal de la citadelle, mais les murs sont étranges, inconsistants, brumeux. Aucune porte ni issue n'est visible, hormis le couloir menant à l'entrée. Ici, plus aucun cadavre de nains ne jonche le sol, pas de débris ni de trace de sang séché. Staunton se trouve là, vivant mais suspendu à des crochets par la peau, éventré à en voir ses organes internes, une flaque de sang d'une ampleur inconcevable à ses pieds. Un humanoïde blanc comme un albinos, portant un symbole impie représentant une plume blanche ensanglantée semble découper et désosser le nain. Staunton souffre atrocement, mais une autre silhouette apparaît : c'est Areelu Vorlesh qui s'approche de lui pour lui caresser la joue : « Endure cette épreuve cher Staunton, seule une telle souffrance peut permettre ce que nous avons prévu. »

En retrait, une ombre se distingue, dansante comme une flamme noire mais dont les yeux perçant et rouges trahissent sa nature.
Staunton hurle sous le coup de la douleur mais parvient à articuler quelques mots : « En est-ce assez ? Est-ce une punition suffisante ? En avons-nous fini ? »

Alors que la vision s'estompe, une voie semble parvenir de tout autour de vous, ou directement depuis l'intérieur : « Ils cherchaient mon cœur, pour me détruire. Cherchez le cœur de Drézen pour mettre un terme à ma première mort. »
Après cette scène perturbante et les paroles énigmatiques de Vhane, Kaptra qui inspectait la forge s’est saisi des deux lanternes qui étaient posées sur l’établi, puis nous révéla qu’à ce moment, la voix de son ancien compagnon a de nouveau parlé dans sa tête, lui rappelant certaines de ses phrases, celles qui ponctuait chacune des visions que nous avions subies, l'une après l'autre...
Nous tournions en rond, et Staunton ne se priva pas de nous le faire remarquer en nous lançant une nouvelle pique : « Vous cherchez encore et encore… Nous sommes tous à la recherche de quelque chose. Et pour quoi? Le prix à payer pour trouver ce que l'on désire, est d'obtenir ce que l'on a jadis désiré. ».Nous décidions cependant de nous poser quelques instants pour réfléchir à ce qui ressemblait fortement à une énigme. Aucun de nous n'avait réalisé que c'en était une, avant que toutes ces phrases ne soient répétées l'une à la suite de l'autre.
Spoiler:
Notes du MJ :
Raah les joueurs… Donnez-leur des visions, des paroles cryptiques, une ambiance étrange, et laissez les tisser les liens…. Ou pas !
En effet, aucun n’a tiqué sur ces phrases qui ponctuaient les visions, j’ai du les aider un peu en faisant en sorte qu’ils les entendent toutes à la suite pour qu’ils commencent à se poser des questions…
Ces visions du passé de Drézen semblaient avoir un rapport avec la situation présente, et étaient sans doute la clef du mystère qui nous bloquait la route : la recherche du "Cœur de Drézen". Nous prenons donc quelques minutes pour y réfléchir tous ensemble, en passant en revue ces étranges messages qui nous y étaient directement adressés. Le premier disait : « Cherchez ce qui jadis fut perdu, et libérez le grâce aux pouvoirs dont les Dieux ont investi leurs élus ! ». "Ce qui fut jadis perdu" désignait sans doute ce que nous étions venus chercher, l’Épée du Courage. Nous devions être les "Élus" et nous devions donc utiliser les "Pouvoirs dont les Dieux nous avaient investis". Mais à quoi cela pouvait-il faire référence ?
La seconde vision nous donnait le message : « Tout n'est pas tel qu'il semble. Des choses sont cachées, d'autres dissimulées sous une autre forme. Mais rien ne peut totalement masquer leur vraie nature... » Quelque chose avait donc changé de forme. L’Épée du Courage peut être ? Ça pouvait avoir un rapport avec cette "Forge de Corruption" dont faisait mention le journal de Staunton, puisqu’il y indiquait avoir tenté quelque chose à son encontre, sans succès.
Enfin, le troisième message était : « La trahison mène à d'avantage de trahison. Le traître ternit la lumière, jusqu'à ce que celle-ci brille d'autant plus. » La "lumière"… ces lanternes proches de la forge ? La lanterne ternie était peut-être plus importante que l’autre ?
Finalement, Legato a tenté quelque chose : il a pris la lanterne qui semblait la plus abîmée et, en concentrant les pouvoirs étranges dont nous étions pourvus, a réussi par la force de sa volonté à investir dans cette lanterne une partie de son essence mythique. A notre grand étonnement, ça a fonctionné, l’objet changeait de forme, dévoilant sa véritable nature. Enfin, nous avions trouvé l’Épée du Courage !
Spoiler:
Notes du MJ :
L’Épée du Courage, une bannière dotée de puissants pouvoirs capables de repousser les démons. Je ne sais plus vraiment ce que prévoit le module à ce sujet, mais j’ai modifié drastiquement ses capacités. A vrai dire, en forçant les joueurs à explorer et gérer l’intégralité du donjon en une fois, il laur fallait un moyen de récupérer un peu (stratagème déjà utilisé via "l’écaille de Terendelev" à la fin du chapitre 1, et que je réutiliserai via d’autres artefact à la fin de la campagne). Prétextant que son pouvoir était en partie restreint par la situation, elle leur permettait de bénéficier d’un repos long, d’un certain nombre de soins de zone (je crois que c’est tout, mais je ne suis plus sur de moi).
Après être remontés tous ensemble, nous décidions d'utiliser le pouvoir de la bannière pour nous régénérer. Après une ou deux minutes de concentration, tous regroupés autour de l'Épée du Courage, nous nous sentions reposés, frais et prêts à affronter la suite de ce que cette maudite forteresse nous réservait. Cette bannière... Stauton Vhane nous avait clairement fait comprendre qu'en plus d'être un artefact divin, elle était aussi la clé du cœur de Drézen. Et mon intuition me soufflait que le passage vers ce fameux "cœur" que nous recherchions était en lien avec le miroir que nous avions repéré plus tôt dans la journée, dans la salle de commandement. Je comprenais que Legato avait eu la même idée que moi quand je le vis s'en approcher. Il semblait d'abord s'admirer, et je fronçais les sourcils : ce n’était pas le moment de vérifier si la couleur des deux bannières dans son dos lui allait bien au teint ! Il sembla pourtant avoir remarqué un détail particulier, parce qu'il se penchait un peu plus en avant vers ce miroir sur pied, et finit par faire un pas vers lui... Pour finalement le traverser ! Ni une, ni deux, nous l’avons tous suivi, et bientôt nous étions arrivés de l'autre côté.
Là, nous étions revenus à l'extérieur de la citadelle, entre les murs du grand bâtiment principal et l'enceinte flanquées des tours. Nous pouvions distinguer les soldats de nos armées en train d'agoniser, mais ils semblaient immatériels, comme dans une autre réalité que nous pouvions voir, mais avec laquelle nous ne pouvions interagir. Nous n’étions pas capables de les aider directement, de les soigner ou de les prévenir du danger. Je me sentais si impuissante, et la situation devenais tellement frustrante !
Un nouveau souffle balaya nos cheveux, et je soupirais d'énervement, sachant ce qui allait se passer. Effectivement, la voix du nain parvenait une nouvelle fois à nos oreilles, cette fois-ci pour nous enjoindre à l'affronter et nous mettre en garde sur "le piège de Drézen qui se refermait sur nous" : « Je me demande… nourrissiez-vous dès le départ le désir de devenir des héros ? Où y avez-vous été poussés malgré vous ? Peu importe, que ça vous plaise ou non, laissez-moi vous remettre votre récompense pour être arrivés jusqu'ici. Il arrive inéluctablement un temps ou un psychopathe vous met en face d’un choix. Un dilemme insoluble, un choix impossible. Un pour lequel nulle véritable victoire ne ressort.
Avancez, et affrontez-moi. Donnez libre court à votre vengeance ! Renvoyez-moi dans les abysses où je ne mérite que de brûler pour l’éternité ! Mais je vous préviens, ci-tôt mon âme renvoyée, cette prison sera perdue dans les limbes. Vous en serez sans doute expulsés, bien que je ne puisse l’affirmer. Mais l’ami que vous cherchez restera prisonnier du démon qui le possède. Quant au sceau de Vorlesh, qui détruit vos hommes à chaque seconde qui passe, il ne sera pas désactivé pour autant. Ainsi vous aurez bel et bien libéré Drézen, au prix de la vie de tous vos hommes !
Pour sauver votre pathétique armée, en bons héros que vous prétendez être, vous devrez détruire le sceau. Il se trouve ici lui aussi… Mais vous serez alors à ma merci ! Parviendrez-vous à déjouer la magie de la Sorcière sans périr sous mes coups ?
Enfin, vous pouvez toujours repartir dès maintenant vers la tour du dragon et tenter de libérer votre ami des griffes de mon geôlier, le démon Eustoriax. Je serai encore là à vous attendre. Mais ce détour coûtera cher à vos hommes, et la victoire contre un tel adversaire, toute hypothétique qu’elle puisse être, sera rude. Au mieux, vous reviendrez vous présenter devant moi largement affaiblis.
Que choisirez-vous donc ? Votre mission ? Vos hommes ? Vos amis ? Ou ne saurez-vous pas choisir au risque de perdre tout !
»


Ainsi, à en croire la voix du nain, un choix difficile s'offrait à nous. Nous pouvions aller directement affronter Staunton mais au moment de sa mort, nous aurions risqué de nous retrouver éjectés de ce plan immatériel alors condamné, sans pouvoir sauver ni nos armées, ni Orkamania. D’autre part, nous pouvions tenter de détruire le sceau maudit créé par Vorlesh, ce qui pouvait sauver nos hommes, mais nous aurait laissé à la merci de Vhane. Enfin, nous venions d’apprendre où était retenu Orkamania : dans la tour visible derrière nous. Nous pouvions décider d’y aller pour essayer de le sauver et affronter son gardien, mais c’aurait été au prix de la vie de nombre de nos hommes, et pouvait nous affaiblir avant d’atteindre Staunton pour le combattre.
De mon côté le choix fut vite fait car j'avais fait une promesse à Legato : tout faire pour sauver son ami d'enfance. Il m’était impossible de manquer à ma parole. Klavak, lui, bouillait d’aller "tuer du démon", et se dirigeait sans même attendre de décision collégiale. Legato voulait par-dessus tout sauver son ami, qui en était là quelque part à cause de lui. Je le voyais tout de même hésiter. Était-il réellement prêt à échanger la vie d'un seul homme contre celle de dizaines, de centaines d'autres ? Je pensais que la décision de Klavak l'avait décidé à le suivre, et je les accompagnais, entendant Volgar pester contre cette décision qu'il trouvait irraisonnée, et qui en plus pouvait se solder sur un affrontement avec non pas un ami perdu, mais un véritable traître qui aurait réussi à nous faire échouer. Torkemada semblait de son avis, et je l’entendais répéter que la mission était prioritaire, tout comme Kaptra qui était en plus animée par le besoin de régler ses comptes avec son ancien compagnon d’armes. Le ton montait rapidement, et la "discussion" pouvait dégénérer en un instant, peut-être à cause de l’influence néfaste de ces lieux. En serrant les dents, je comptais sur le fait qu’ils comprennent que nous suivre était la seule chose à faire : c’était ça ou partir seuls, en risquant que nos deux groupes échouent et que tout soit perdu. On était en train de leur forcer la main, j'en étais conscience. Et cela aurait pu provoquer notre perte, je le savais aussi. Mais est-ce que cela allait entacher nos relations, voire nous empêcher de raisonner et combattre aussi effacement que d’habitude ?

J’étais persuadé que Legato eut cette même réflexion à cet instant précis, où il stoppa sa course pour se retourner vers nous. Il marmonnait quelque chose d’incompréhensible, sans doute à cause de sa surdité nouvelle, puis finit par s’adresser à nous en hurlant partiellement :
Spoiler:
Notes du MJ :
Comme je l’avais dit plus tôt, pas beaucoup de musique partagée pour ce compte-rendu. Cependant, pour la scène qui suit, c’est son auteur (le joueur d’Orkamania puis de Legato) qui l’avait choisie pour accompagner "son" moment (dramatique, mais drôle à cause de sa surdité inopinée ^_^) :
« Commandants de la cinquième croisade, Héros de Kénabres ! Vous avez prêté serment à la reine Galfrey de récupérer Drézen ! Tel est votre indéfectible engagement. Pour ma part, je ne viens pas de cette époque, j'ai pris plaisir à connaitre les croisés de la nouvelle génération, ceux qui vont réussir ce que tous les autres n’ont pu. Le destin a fait que je revienne pour vous aider, mais je ne peux pas abandonner Singed à celui qui a possédé mon corps pendant des années, celui qui l'a rendu dépendant au sang de démon. »
Il parcourait tout le monde du regard, puis se fixa sur moi avant de poursuivre : « Sorana, oracle de Sarenrae, vous avez fait le serment de libérer Singed du démon des ombres. Je vous remercie de la confiance que vous avez eue en ma personne et en la sienne, mais pour récupérer Drézen... » Il désigna tout à tour mes quatre compagnons restés en arrière en ajoutant : « …ils auront besoin de votre présence si apaisante. Je vous libère de votre engagement, Sorana ! » Legato esquissa quelques pas vers Volgar. Son petit manège ressemblait étrangement à des adieux, et ce m’inquiétais au plus haut point : « Volgar, j'ai apprécié combattre à vos côtés et j'aurais tant aimé me battre contre vous afin d'en savoir plus sur ce qui se cache derrière cette carapace de muscles, car le combat en dit plus que des paroles. » Il se retournait vers Hécate, qui n’avait dit mot jusque-là : « Hécate, j’espère que la conversation que nous avons eues sur mon passé vous aidera à mieux comprendre la marque que vous portez... » Torkemada était le suivant : « Torkemada, vous comprendrez peut être un jour mon geste. Je sais que vous n'appréciez pas celui que je vais essayer d'aider, mais en lisant son journal de voyage... j'ai découvert qu'il vous appréciait tous, et vous détestait tout autant, mais plus particulièrement vis-à-vis de vous, inquisiteur, éprouvait-il ce sentiment de haine et d'amour que seul ceux qui sont camarades ressentent ». Pour finir, le bretteur s’approcha de la naine, en la saluant à la manière des croisés de jadis : « Kaptra, nous n'avons jamais pu boire ensemble comme tous bons adorateurs de Cayden Cailéan que nous sommes. Aussi, je vous propose de trinquer en échange de l'Épée du Courage, qui vous sera utile, voire indispensable dans votre lutte. Cette bannière vous revient de droit. »
Legato fit un pas en arrière, et s’adressait désormais à tous ceux qui l’entendaient : « Champions du Mendev, héros de Kénabres, soldats de la cinquième croisade ! La reine vous a donnés une mission : honorez votre serment et n'oubliez jamais que l'Ordre du Dragon vie en chacun de vous ! »
Nous étions tous bouche bée, regardant sans doute pour la dernière fois Legato MacDowel s'éloigner, accompagné de Klavak, en direction de la tour du Dragon. Nous pouvions encore entendre au loin comme une litanie s'éloigner pour ne jamais disparaître : Un chevalier obéit à des valeurs. Son cœur ne connaît que la vertu. Son épée défend les démunis. Son bras protège les faibles. Sa bouche méprise le mensonge. Sa colère déjoue les tours du malin. »

Il avait mis un terme au débat, et m’avait libéré de ma promesse. J’étais inquiète pour lui, terriblement, mais je me consolais comme possible en me répétant que c’était pour le mieux, pour le bien de tous. Nous nous sommes ainsi préparé via quelques sorts de protection, et nous poussions finalement la porte de la citadelle. Là, nous trouvions face à nous le même long couloir que dans le monde réel, mais cette fois-ci, aucune sortie possible par les côtés, pas de porte, juste deux longs murs parallèles qui continuaient jusqu'à, au loin, une nouvelle double-porte fermée. Le passage n’en était pas moins gardé par deux démons que nous avons rapidement identifiés comme des babaus, ainsi que deux sortes de salamandres géantes. Mais derrière ces quatre créatures, un nain, qui tentait de fuir... C’était difficile de savoir ce qu’il fuyait, on aurait dit la silhouette fantomatique... d'un nain. Kaptra reconnu formellement cette forme aussitôt comme celle de son ancien camarade, devenu ennemi juré : Staunton Vhane ! Et le nain qu'il pourchassait était son frère, Joran. Alors que nous approchions pour combattre les démons et salamandres, celui-ci nous implora de l'aider, de l'aider à sauver son frère Staunton. Mais... était-ce au moins possible ? Sarenrae me poussait à croire que la rédemption était toujours à notre portée, mais ce traître n'était-il pas passé à l'ennemi depuis trop longtemps ? Pour l'heure, si nous voulions les atteindre, il nous fallait déjà franchir les premières lignes ennemies.
Kaptra et moi faisions face aux démons, tandis que Torkemada et Volgar s’avançaient vers les salamandres. Après tout, en tant que prêtresses nous étions probablement les mieux placées pour affronter ces fiélons. Le premier babau tomba relativement vite car nous avons d'un accord tacite décidé de concentrer nos premières attaques sur lui, même si l'autre nous donnait un peu plus de fil à retordre. Pendant que nous les combattions, Hécate était restée en retrait pour incanter à distance, et bien vite les deux salamandres rejoignirent le premier démon dans le néant de la mort.
Volgar décida d'aller jeter un coup d'œil à la lourde double-porte, qui devait sans doute être le dernier obstacle nous séparant du traître, et Hécate choisit de le suivre. De mon côté, je laissais Torkemada et Kaptra achever le babau restant, pour rejoindre Joran et le "fantôme" de Staunton. J'ai pu remarquer qu'à chaque fois que ce dernier attaquait son frère, celui-ci semblait perdre en vitalité, il semblait se flétrir à vue d'œil sous les coups du spectre. Un examen rapide m’a fait comprendre que je pouvais sauver Joran Vhane. Je prenais donc son frère pour cible, ou du moins son apparence fantomatique, et au prix de quelques sorts je parvins à le détruire. Dès lors, la voix retentit à nouveau : « Cela n'était qu'un apparition mineure de moi, un fragment de mon véritable pouvoir. Je ne peux mourir, et je reviendrais sans cesse, encore, et encore, et encore. Alors que vos pouvoirs s'amenuisent. Je vous l'ai déjà dit, Drézen aura raison de vous, elle est ma prison, ma tombe, notre cimetière, notre fin. »
Spoiler:
Notes du MJ :
Étrangement, à aucun moment l’un des PJ n’a pensé qu’il s’agissait là de Staunton (même avant de se rendre compte qu’il n’était pas très puissant, pour un "boss de fin").
Pour Joran, ceux qui ont lu la campagne doivent se demander ce qu’il fout là… J’ai voulu une nouvelle fois rendre un peu plus intéressant ce PNJ (plutôt que de le croiser dans une pièce où il combat par principe). J’ai donc essayé d’en faire un allié des démons pris au dépourvu par ce qu’il est advenu de son frère, qui tente désormais de l’aider (contre la volonté du premier intéressé). Les PJ avaient ainsi le choix entre le tuer pour ce qu’il est, ou le laisser les aider.
Mais pendant ce temps-là, Hécate et Volgar avaient déjà ouvert les portes, et le traître était là ! Cette fois, et pour la première depuis notre entrée dans cette maudite forteresse, nous l’entendions nous parler de vive-voix : « Alors vous voici finalement ? Vous avez choisi de m’affronter sans attendre, mais est-ce pour satisfaire votre soif de vengeance, ou dans l’espoir naïf de sauver ce qui reste de vos pathétiques armées ? Vous n’êtes donc plus que cinq ? Je vous l’ai dit : la trahison amène à plus de trahison. Quoi qu’il en soit, les héros sont venus affronter Staunton Vhane le traître aux croisades, dans un dernier combat. Que vous sortiez d'ici victorieux, ou que vous périssiez en ces lieux, au moins je serai enfin libre. Finissons-en ! »
Staunton Vhane nous attendait, mais son corps était on ne pouvait plus étrange, flou et translucide. Il était revêtu d’un harnois à pointes complet duquel partaient quatre chaînes flottant à mi-hauteur autour de lui, et tenait dans sa main un lourd marteau nain pourvu de larges pics de part et d’autre. Sur toute la surface de la pièce où il était, au sol était représenté un immense glyphe de Deskari. Au fond de la pièce, dans des petites niches sur les murs du fond, de droite et de gauche étaient visibles trois sceaux magiques luisant.
Spoiler:
Notes du MJ :
Imaginez une niche cubique dans un mur, mais au lieu d’une simple ouverture, une rune magique fait office de dernière paroi. Je sais pas si je suis clair, mes PJ ont eu du mal à comprendre ^_^
En approchant, je pu reconnaître les runes abyssales croisées dans les sous-sols : celle de Chair et d'Os, et la troisième que nous n'avions pas identifiée. Joran nous avait dit qu'il nous pouvait nous aider si nous le sauvions, et avant de rejoindre mes camarades, je lui demandais donc s'il savait quoi faire pour contrer la magie de Vorlesh, et idéalement éliminer son frère. Il nous récita alors l'incantation qu'avait fait la succube en installant le sceau : « Transforme la chair, Flétris les os, Conjure le sang »...
Spoiler:
Notes du MJ :
Deux choses. Premièrement (parce que j’essaie d’éviter que mes antagonistes majeurs soient juste des sacs à PV sur lesquels il ne faut que frapper le plus fort possible) cette scène est une énigme à résoudre pour 1. contrer la magie de Vorlesh (et donc sauver les soldats) et 2. affaiblir Staunton (qui en l’état est non seulement puissant, mais en plus très résistant). Pour cela, j’avais placé un indice dans la salle des sous-sols (cf. début de ce compte rendu) où la grande rune de Deskari est dessinée et où se les PJ ont combattu Kiranda/Maranse et Chorussine l’invocatrice tieffeline. C’est cette dernière qui tentait de reproduire la magie pour elle-même s’échapper (et oui, les démons sont tout aussi prisonniers que les PJ ! Et aucun ne s’est dit que ça pouvait jouer pour eux.. bref). Mais pour bénéficier d’indices, il fallait encore trouver ses notes, et les PJ (pressés par le temps, c’est ma faute, mais c’est le jeu) n’ont pas cherché à la retrouver, et ne sont pas tombés sur son laboratoire. Heureusement pour les PJ, ils ont aidé Joran qui avait une partie des indices !

Deuxième chose, voici la map utilisée pour cet affrontement. On y voit Staunton au milieu (j’ai utilisé le pion officiel mais la description que j’en avait faite ne collait pas vraiment à ça. Par ailleurs, son stablock n’avait lui aussi rien à voir puisqu’il est une sorte de fantôme !), la rune géante de Deskari (la malédiction de Vorlesh), les trois runes plus petites en vert (qui sont liées à Staunton), les PJ tout en bas (seulement Hécate et Volgar à l’ouverture des portes) et six piliers qui soutiennent le plafond (il faut bien) :
Image

Ah et dernière chose ! Encore de la musique, le "thème de Staunton" que j'avais trafiqué pour avoir une longue instru durant tout le combat (et il a été long...) mais en version original, vous pouvez tout de même avoir l'esprit je pense :-p (zappez peut-être le début, l'intro est trop longue)
Avant que l'on ait eu le temps d'attaquer le traître, Volgar avait déjà foncé sur une rune mineure pour tenter de la détruire, mais le nain l'en empêcha en faisant s'écrouler une partie du plafond sur lui. Heureusement, notre compagnon a pu esquiver la plupart des blocs de pierre et se réfugia de l'autre côté, contre le mur de droite, tandis que nous décidons de nous séparer pour couvrir plus de terrain.
Tout à coup, la rune de Deskari s’est mise à pulser, et des murmures étranges ont pénétré nos cerveaux, risquant de nous faire sombrer dans la folie. Aussitôt, des barrière lames se sont élevées des contours de la rune géante rougeoyante, scindant l’espace en plusieurs "cellules" – dont une centrale où se tenait Vhane – faite en barreaux tranchants, rendant les déplacements dangereux, voire impossibles !
Kaptra n'a pas eu de chance, elle se retrouva pris au piège avec notre ennemi, qui s’en prenait directement à elle, la menaçant de son arme, qu'il disait avoir baptisée "la Chute des Cieux". Ma lieutenante se débrouillait plutôt bien face à lui. Il était agile mais elle parvenait à chaque fois, ou presque, à esquiver ou parer ses coups puissants.
Cela nous permettait d’agir plus facilement, puisqu’elle occupait le nain. Nous décidions de nous intéresser de plus près aux runes de ces niches aux bords de la salle. Volgar semblait avoir fini par comprendre leur fonctionnement, et a réussi à briser le premier sceau, qui brillait de la rune de Chair. L’excavation s’est alors ouverte pour déverser sur lui une masse écœurante de chair, dont une bonne partie a coulé vers Staunton pour commencer à lui redonner un corps. Pendant ce laps de temps fugace, il était devenu vulnérable et semblait de plus pouvoir bouger, ni lui ni ses chaînes magiques qui ondulaient jusque-là autour de lui et frappaient quiconque passait à portée. De plus, à cet instant, l’étrange effet abyssal qui restreignait ma magie depuis que nous étions entrés ici s’est subitement dissipé. Sans doute que chaque rune avait un effet sur l’ensemble de la pièce ! Mais le répit fut de courte durée alors que le symbole du Seigneur des Sauterelles s’activa à nouveau, dissipant les barrières de lames mais libérant du sol des tentacules difformes qui tentaient de se saisir de nous au moindre mouvement, ainsi qu’un spectre qui semblait comme sortir de la paroi. J'ai pu néanmoins atteindre le mur du fond et la rune inconnue – qui selon les dires de Joran devait être la rune de sang – frôlant au passage Staunton sans qu'il ne puisse me blesser. Mais alors que je jetais un œil derrière moi en direction de mes compagnons, je comprenais que la flaque immonde au pied de Volgar se muait en un golem de chair gigantesque ! La situation s’améliorait d’un côté, pour se dégrader de l’autre…
J’incantais ma magie tant que je le pouvais, et chaque sort sacrifié sur les runes magiques affaiblissait le sceau et bien vite, avec l'aide de Torkemada et Hécate, Volgar et moi avions fini par détruire les trois et par là même ainsi désactiver le sceau d'Areelu Vorlesh. Pendant que nous étions occupés avec les verrous magiques, Kaptra avait réussi à esquiver si parfaitement un coup porté par Vhane que celui-ci se retourna contre lui, le frappant de plein fouet. Il n'en menait plus très large avant que nous nous soyons occupé du troisième sceau, mais une fois celui-ci ouvert, le nain rendit son dernier souffle alors que le marteau de Kaptra le frappa de plein fouet, avec toute la puissance de la rage de la naine. Dans un ultime soupir, il dit qu'il était enfin libéré... Et sa tête se détacha sous la violence du coup, dans un bruit écœurant et une gerbe de sang. Le combat contre les ennemis restants fut vite terminé, alors que déjà cet entre-deux monde s'effaçait, nous ramenant dans la réalité.
Spoiler:
Notes du MJ :
Un petit mot sur cette scène que j’ai voulu "plus qu’un simple combat" mais qui s’est avérée éprouvante et difficile à gérer pour moi. Normalement, tout le "donjon" (sous-sols de la forteresse) est sous l’effet de différentes magie qui restreignent les PJ. J’ai combiné ça ici seulement, en les liant aux 3 runes. J’ai ensuite ajouté quelques effets ponctuels pour pimenter un peu le tout :-p Voici ce que je m’étais noté pour ce que j'ai appelé "la prison de Staunton" :
Spoiler:
Finalement ce passage rend le CR trop long, j'ai détaillé les effets juste en dessous de ce post
Sonnée par ce dénouement, j’avais du mal à réaliser ce que nous venions d’accomplir. Nous étions véritablement des héros. Déjà à Kénabres, nous avions prouvé notre valeur en sauvant la ville, et là, à Drézen, nous avions réussi l'exploit de reprendre aux démons ce point stratégique, ce que nombre de croisades avant nous n'avaient pas réussi à faire. Mais malgré l’euphorie qui nous prenait, moi et mes compagnons, je ne pouvais m’empêcher de penser à Legato, Orkamania et Klavak…. Qu’était-il advenu d’eux ?

Spoiler:
Notes du MJ :
Et voilà, fin du tome 2 (enfin presque… techniquement c'est fini, mais je reviendrais sur certains événements passés) ! Et par là même fin de la partie "Pathfinder" de la campagne, puisque la suite (et ce dernier affrontement a fini de me convaincre) nous sommes passés au système D&D5. J’espère que les hypothétiques lecteurs ici ne seront pas vexés, et continueront de suivre l’aventure de Hécate, Sorana, Volgar, Torkemada, Kaptra et… et vous verrez bien ce qu’il est advenu des autres ;)
La suite, bientôt !
Dernière modification par RING3R le lun. sept. 16, 2019 7:30 pm, modifié 5 fois.

RING3R
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Re: [CR] La Colère des Justes - Journal de campagne

Message par RING3R » lun. sept. 16, 2019 7:04 pm

Par manque de place (limite de caractères pour un seul post) je n'ai pas pu détailler les effets de salle de la rencontre finale.
Pour que vous puissiez comprendre certains détails, les voici
Spoiler:
Sceaux :
Sabotage DD35. Un sort de l'école approprié peut réduire le DD de 2x le niveau du sort. Le DD remonte de 1 à chaque tour. Utiliser ainsi un sort permet de briser le sceau (Force DD30). Le sort Déblocage réduit tous les DD de 10.
Une Dissipation de la magie peut fonctionner contre un NLS 20 (DD31).
Un test de Connaissance (Mystères) DD20 ou d'Art de la Magie DD25 permet de connaitre le fonctionnement d'un sceau. Chaque round passé à étudier une rune diminue le DD de 2
Chaque sceau brisé libère une golem (de chair, d'os ou de sang), et a les effets suivants sur Staunton :
- réduit son charisme de 2 ;
- lui inflige 1 niveau négatif ;
- le paralyse pour 1 round.
Lorsque les 3 sceaux sont brisés, Staunton perd sa condition de fantôme.

- Sceau de la Chair (vs. Transmutation) : Imprégnation abyssale. Le donjon est fortement aligné sur le Chaos et le Mal. Par conséquent, la magie des sorts et des pouvoirs magiques du Bien et de la Loi est entravée.
=> Pour lancer un sort entravé, le personnage doit réussir un test de Concentration DD 20 + niveau du sort. S’il échoue, le sort ne fonctionne pas mais il est tout de même décompté de la liste des sorts préparés ou disponibles. En cas de réussite, le sort fonctionne normalement.

- Sceau des Os (vs. Nécromancie) : Sanctification maléfique. Un effet de sanctification maléfique (NLS 20) couvre l’ensemble du donjon. Une ancre dimensionnelle est liée à cet effet et affecte toutes les créatures, à l’exception des fidèles de Deskari Chaotiques Mauvais.

- Sceau du Sang (vs. Invocation) : Murmures démentiels. Des esprits démoniaques hantent les murs du donjon. Leurs murmures ne sont pas assez audibles pour être compréhensibles mais leurs susurrements perpétuels irritent l’esprit. A chaque fois que la rune de Deskari change d'effet, toutes les créatures, à l’exception des créatures Chaotiques Mauvaises, doivent réussir un jet de Volonté DD 14 pour ne pas subir un affaiblissement temporaire de 2 points de Charisme alors que les murmures les plongent peu à peu dans la folie. Une créature qui subit un affaiblissement temporaire de Charisme égal à sa valeur dans cette caractéristique contracte une maladie mentale déterminée aléatoirement. C’est un effet mental sonore.

Rune de Deskari :
NLS 20. Tous les 2d3 rounds, la rune s'illumine et déclenche les "Murmures démentiels" ainsi qu'une Dissipation de la Magie (NLS20) sur toutes les créatures qui ne sont pas Chaotiques Mauvaises.
De plus, un effet aléatoire a une chance d'intervenir à chaque round (le premier round ne compte pas). Au deuxième tour, lancer 1d6, pour les tours suivants 1d8 (sur un "7" ou un "8" l'effet ne change pas) :
1. Cellules : Des barrières de fer s'élèvent des contours de la rune. Evasion DD18 pour passer.
2. Fosse de boue brûlante : Toute la zone à l'extérieur de la rune se change en boue brûlante, infligeant 4d6 de dégâts par round et générant du terrain difficile. Un jet de Vigueur DD18 réduit les dégâts de moitié.
3. Barrière de lames : Des barrières de lames s'élèvent des contours de la rune, et inflige 6d6 de dégâts aux créatures se trouvant dessus (Réflexe DD18 pour réduire de moitié), ou 3d6 à celles tentant de traverser (Réflexe DD18 pour annuler).
4. Ténèbres totales : Ténèbres (yc vision dans le noir) dans toute la salle. Seule la rune est éclairée, et une case au-delà.
5. Failles des damnés : Des tentacules sortent du sol (hors de la rune) et tentent à chaque tour d'attraper un personnage aléatoire (BMO+14, DMD 24). 1d6+4 dégâts en cas de lutte réussit.
6. Tempête impie : Un souffle maléfique renverse toutes les créatures de taille Moyenne, et empêche de bouger les créatures de taille Grande (BMO+14). La rune n'est pas affectée par les vents.

Enfin, lancer 1d12 à chaque round. Sur un 1, une âme en peine apparaît, sur un 2, un babau.
J'avoue que ça a été assez complexe à gérer, en plus d'un Staunton dopé aux hormones et avec un paquet de capacités dû à sa nature... mais globalement, j'ai réussi à faire ce que je voulais sans rien (ou trop) oublier !

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wyatt
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Re: [CR] La Colère des Justes - Journal de campagne

Message par wyatt » mer. sept. 18, 2019 7:24 pm

Merci @RING3R, c'est un vrai plaisir de lire ton CR

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Re: [CR] La Colère des Justes - Journal de campagne

Message par RING3R » jeu. sept. 19, 2019 4:22 pm

II.bonus - LA TOUR DU DRAGON (par Klavak)

Spoiler:
Notes du MJ :
Petit retour dans le temps ici, avec le compte-rendu de la scène de la "Tour du Dragon", avec en protagoniste Klavak et Legato. Pour info, cette partie a eu lieu en ligne via roll20, mais ça ne change pas grand-chose ^_^
D’ailleurs, je me rends compte que je n’ai pas expliqué ce qu’était cette "tour du Dragon", qui n’existe pas dans le module original. Il s’agit de l’antre d’un dragon rouge, un des "animaux de compagnie" de Aponavicius mentionné le module, qui est mort en ingurgitant l’Elixir Nahyndrien. Eustoriax y a pris ses quartiers depuis, qui sont composés des zones G12 et G13 du "Donjon de Drézen" du module.
Il s’agissait d’une zone totalement facultative, qui n’existait que si les joueurs souhaitaient sauver (ou tenter de) Orkamania… !
Il fallait que j'y aille.

Pendant que ces imbéciles étaient encore à discutailler sur une décision à prendre et un plan de bataille, moi je n'avais qu'une obsession. Tuer un démon de plus. Peu m'importait leur nain, c’était leur traitre, leurs affaires. Je n'avais guère prêté attention à cette voix sinistre dans la forteresse, j'étais là pour autre chose. Et j'avais été abusé par tout le monde. Les démons, Asmodeus. « Qu'ils aillent tous en enfer ». Une pensée bien ironique.
Spoiler:
Notes du MJ :
Klavak n’est pas un "héros" comme les autres, mais un envoyé d’Asmodeus qui voue une haine diabolique contre les démons qui ont volé son âme. Il a passé un pacte avec Asmodeus qui voit un intérêt dans le combat contre Deskari…
J'avais faibli, commencé à apprécier ces hommes et ces femmes, et ç'est ce qui m'avait rendu incapable de récupérer mon âme et avait fait de moi la risée des diables et des démons, j'étais tombé dans le panneau. Tous les tuer. Je me précipitais vers la tour, ignorant les mises en gardes et le mot "équipe" que je distinguais vaguement dans le brouhaha de leurs cris pour me décourager de partir. Legato, l'homme d'une autre époque, dont la droiture teintée de bêtise avait mené à la déchéance son ami, bien que je n'avais pas tout compris. Je ne savais pas si lui-même comprenait réellement ce qu'il faisait là et quelle était sa mission. Il fallait dire qu'à partir du moment où il avait été identifié comme inoffensif, je n'avais plus vraiment fait attention à son discours.

Peu importait, il allait m'aider à tuer ce démon des ombres. Arrivé devant la tour, il devenait méfiant, cela semblait trop facile. Nous avons fait le tour de l’édifice mais rien d'anormal, quelque chose d'anormal justement, dans un tel lieu. Je détestais cette forme, la créature hideuse volante. Mais je devais garder ma puissance pour me transformer en entité à six bras pour le combat, et je n'aurai pas pu le faire avec une forme ailée plus imposante. Me voilà donc transformé en horrible petite créature ailée, aux yeux globuleux, à tirer mon compagnon d'infortune jusqu'au sommet de la tour. Une situation aussi gênante que ridicule, mais peu importait, niveau humiliation j'avais déjà eu mon lot. Déchiqueté par les démons, piégé par Asmodeus, prisonnier de la découverte de mon empathie, j'avais tout perdu. Ma dignité n'avait plus vraiment de valeur.

« Lâche moi ! » dis-je à Legato, en arrivant en haut de la tour. Il s'agrippait à mes ridicules petites griffes et ne réagissait pas. J'avais oublié que cet abruti était sourd maintenant. Je devais le poser "en douceur"…
La tour était en ruines, et les étages supérieurs à ciel ouvert. Je profitais de la longue descente de ces interminables escaliers qui nous attendaient pour consumer les derniers pouvoirs qu'il me restait de cette alliance maudite avec Asmodeus. Je me sentais plus fort, plus résistant, j'étais prêt. Enfin, prêt, mais loin derrière. Plus fort, plus résistant, mais pas plus rapide... Et ma lourde armure me ralentissait énormément. Legato, lui, courrait à en perdre haleine, sentant son ami proche de lui et voulant bêtement le "sauver". J'avais beau lui crier de m'attendre, il n'entendait rien. Puis, alors que l'escalier s'enfonçait de plus en plus, plus un bruit.
Legato m'attendait. Devant une porte ouverte, qui semblait ne donner sur rien. Le néant, la noirceur la plus profonde que j'ai jamais vue. La situation prit une tournure vraiment embarrassante quand je me rendis compte que le démon narguait et cherchait à provoquer Legato, utilisant la voix de son ami.
Le démon essayait de faire réagir un sourd en lui parlant ! Cela aurait même pu être drôle dans d'autres circonstances.
Spoiler:
Notes du MJ :
Grand moment de solitude du MJ quand je me suis rendu compte que ténèbres + surdité ne faisait pas bon ménage avec la scène dramatique que j’avais prévue…
Après l'avoir aimablement invité à se taire, je scrutais cette noirceur. Ainsi, le démon des ombres avait emménagé les lieux à sa convenance ? Peu m'importait, j'y entrais, je n'avais pas besoin de voir à quoi ressemblait ce tas d'ombre, tant que je pouvais enfoncer l'une des trois paires de pattes griffues que je lui réservais, en frappant au hasard dans toutes les directions. Je courrais dans le noir, pris d'une rage terrible, je voulais en finir, c'est lui qui allait payer pour toutes mes frustrations de ces dernières heures, celles qui avaient anéanti mes espoirs de vengeance et de retrouver mon âme. Enfin ça, ou bien j’allais trébucher bêtement dans le noir sur un sol irrégulier.
Saleté d'armure lourde.
Legato a fini par entrer et m'a aidé à me relever. Le pauvre n'entendait rien, il ne savait pas que c'était sans doute son cher Orkamania qui était possédé et qui lui parlait depuis tout à l'heure. Les pièges, la ruse, ces ténèbres, tout cela n'était qu'une perte de temps ! Qu'il se dévoile et se batte comme un homme. Ou un démon. Ou ce qu'il voulait, mais qu'il se batte ! Après un échange de belles paroles, je finis par agacer le démon qui libéra enfin la lumière.
C'était bien Orkamania, possédé, les yeux rougeoyants, qui nous faisait face.

Legato, pris d'une rage soudaine et sans réfléchir, fonça sur son ami, tentant de le délivrer du démon qui l'habitait. Avec une lame. Pour lui transpercer le corps. Mal lui en prit, car, même s'il avait bien blessé à la fois son ami et le démon, la riposte de celui-ci fut largement à la hauteur et Legato sembla avoir traversé le temps pour prendre sa plus belle raclée. Mais ce démon, lâche, n'attendit pas que je me relève alors que je me transformais déjà en une créature monstrueuse, et de nouveau, par un de ses tours stupides, refit tomber les ténèbres sur nous.
Legato aveugle et sourd n'était plus sa priorité et c'est moi qu'il tenta d'attaquer. Comment, avec un corps aussi gros et dans le noir, j'ai pu esquiver chacune de ses attaques, je n'en savais rien. Mais tout ce dont j’étais persuadé, c’était que moi, je n'allais pas le rater. Legato tâtonnait. Visiblement, le démon qui me prenait pour cible s’était extrait du corps d'Orkamania, tombé inanimé et Legato essayait de le trouver, sans vue ni ouïe. Qui était-il pour lui, pour avoir une telle ferveur à le sauver ?
La lumière revint. Legato avait trouvé le corps et le tirait difficilement vers la sortie, quand je vis une ombre le transpercer. Le démon voulait garder son trophée, visiblement. « Reste ici ! » lui dit le démon. Ce démon qui avait visiblement oublié que son auditeur était sourd. Legato, grièvement blessé, rampait, trainant difficilement par le bras le corps inanimé de l'orc balafré. Puis j'entendis la même chose dans ma tête et cette fois, Legato leva les yeux. Le démon nous parlait désormais par télépathie : « Si tu ne t'arrêtes pas tout de suite, tu seras responsable de la mort de l'autre, ton frère d'armes, celui qui est venu ici avec toi sauver ton ami. Lève les yeux, et regarde le mourir, si tel est ton choix ! » Je ne comprenais pas ces paroles, tout semblait flou, et je n'arrivais plus à bouger, comme prisonnier dans mon propre corps, après avoir ressenti une douleur atroce au niveau du ventre.
Puis je compris.

J'avais mes propres griffes braquées sur ma gorge. Les six mains griffues qui devaient lacérer ce démon. Il me contrôlait, il était en moi. Legato, en état de choc visiblement, rampait vers "nous", en criant, en marmonnant, en implorant. Je voyais des larmes dans ses yeux, la panique. Moi j'avais juste envie que le démon mette sa menace à exécution, que je me retrouve vite en enfer, j'avais des comptes à régler là-bas.
Legato sanglotait en avançant, à terre, humilié, battu. Il rampait, sans même lever les yeux. Puis, à "nos" pieds, il leva la tête. Il ne pleurait pas, il avait un regard déterminé et un sourire en coin. L'air apaisé d'un kamikaze qui va mourir, mais qui ne comptait pas partir seul. Il m'attrapa par la jambe, de toutes ses forces, je sentis mon corps et mon esprit secoués de l'intérieur, Legato avait l'air d'un fou, il "nous" regardait droit dans les yeux, résolu, sa bouche articulait des mots, mais dans mon état je ne compris que ceux-ci : « Je suis ta prison ».
Legato, qui avait été le vaisseau du démon, qui l'avait amené auprès de nous, jusqu'à Orkamania, pouvait le reprendre en lui. Et il était en train de le faire. Je me sentis de nouveau libre de mes mouvements et Legato avait l'air groggy. A quatre pattes au sol, il semblait vaciller. En quelques instants je compris tout. Ou du moins ce que je voulais comprendre.
Legato avait forcé le démon à le posséder, il était en lui, de nouveau, et ne pouvait pas en sortir. C'était peut-être ça au final sa mission.
Spoiler:
Notes du MJ :
Le combat promettait d’être difficile. Entre le corps d’Orkamania qui allait encaisser une partie des dégâts, une potentiel prise de contrôle d’un des deux PJ (qui a bien eu lieu), la puissance "mythique" de cet adversaire, les ténèbres, et compte tenu du fait que j’avais prévu la rencontre pour un groupe de PJ au complet (et pas 2, mais que je n’allais pas réduire la difficulté car c’était leur choix de se séparer en étant conscient qu’il s’agirait d’une mission suicide), la seule chance des joueurs était de récupérer Orkamania et de fuir. (Bon en vrai oui j’ai nerfé le combat en supprimant des sbires, et en laissant Eustoriax/Orkamania seul. Mais chut !)

Evidemment, ce n’était pas du tout ce que voulais Eustoriax ! J’allais donc tout faire pour contrer cette stratégie. Mais au vu de l’histoire de Legato et d’Eustoriax (pour rappel, le démon a été scellé en Legato et n’a pu en sortir que grâce au temps et à la présence d’Orkamania corrompu par le Sang d’Ombre qu’il avait bu pendant des années), j’ai accepté que Legato se sacrifie et force la possession en lui. Le joueur de Legato a utilisé une fameuse carte " de rebondissement" et nous avons convenu de ce qui va suivre.
Pour le drama !
Je n'avais que quelques secondes. Assez d'empathie pour aujourd'hui ! Legato, ton sacrifice aura sauvé ton ami, aura permis la mort du démon enfermé en toi pour toujours, alors que tu le veuilles ou non, c'est en tant que martyr qu'on t'honorera, pas en tant que guerrier. « Tu l'as choisi ! », « C'est toi qui a voulu ça ! », « C'est ton sacrifice ! », « C'est pour Orkamania ! », « Crève, démon ! », furent quelques-unes des phrases que je hurlais pour me convaincre que ce que je faisais était juste, alors que je déchiquetais le corps de Legato de mes multiples griffes.
Il ne restait plus qu'une flaque de viande et de débris d'os indéterminés lorsque je repris pleinement conscience de ce que j'avais fait. A côté, Orkamania ne respirait plus. Pas la peine de m'encombrer avec un tas de viande d'une centaine de kilos.

Dans ma fuite en finissant de descendre la tour, je déclenchais plusieurs pièges, visiblement le démon était lâche et fourbe et pensait que nous aurions pris cet escalier dans l'autre sens, avant de le rencontrer.
J'avais tué Legato. J'avais laissé pour mort Orkamania.
Je ne savais pas ce que j’allais raconter aux autres. Je devais les rejoindre et rester avec eux, ils attiraient les démons comme des insectes sur du miel. Ils étaient mon appât. Et je comptais bien tuer tous les démons qui allaient croiser ma route. Je n'avais plus que ça.
Spoiler:
Notes du MJ :
Séance tendue, dramatique (et comique, mais ce n’était pas voulu). Lorsqu’ils sont partis à deux, j’étais persuadé que personne n’allait en revenir. Au final les deux personnages ont bien pris cher, mais il y a eu des survivants \o/

Cette fois, je clôture ce chapitre ! Le prochain compte-rendu sera le début du tome 3, qui a été joué de manière un peu particulière.
Pour info, nous sommes arrivés ici en 27 séances, en septembre 2017 (début en décembre 2015 donc pas très loin de 2 ans).
Dans le prochain post, je commencerai par un flashback de la scène de "trahison" d’Ormakania, que j’avais volontairement omise pour laisser un peu de suspens. Puis je parlerai très rapidement (j’espère, même si la concision n’est pas mon fort ^_^) du passage en DD5 des joueurs !

RING3R
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Re: [CR] La Colère des Justes - Journal de campagne

Message par RING3R » jeu. sept. 19, 2019 4:23 pm

ADDENDUM

Pour commencer, petit flashback : voici la scène qui a causé la disparition d’Orkamania en plein siège de Drézen, et l’apparition de Legato. Si j’avais en tête cette scène depuis longtemps à l’époque, elle n’était pas du tout un passage obligatoire.
Déjà, j’en avais parlé au joueur d’Orkamania (sans trop spoil) en lui demandant s’il était prêt à sacrifier son personnage pour retrouver Legato (il m’avait déjà bien fait comprendre que c’était ça son véritable but, pas de devenir un héros des croisades), ou encore en lui demandant si Orkamania pouvait du coup véritablement vriller, quitte à devenir un antagoniste. Il était ok car "c’est ça, Orkamania" !
Ensuite, j’avais laissé plusieurs portes ouvertes sous forme de jet de sauvegarde ou simplement de refus catégorique aux propositions qui forment cette scène. De mémoire, il n’y a eu aucun jet de sauvegarde à faire : Orkamania était pleinement consentant !

Voici ce que ça donne, après que j’ai remis au propre la scène jouée en live pour l’intégrer à son journal de campagne :
Spoiler:
Au milieu de la nuit alors que tu te reposes dans ta tente personnelle, un bruit de raclement de gorge te réveille. Nurah se trouve devant la porte, une fiole d’un liquide noirâtre surplombé d’une espèce de fumée opaque dans chaque main : « Orkamania, mon ami. Pardonne-moi de te déranger à une heure aussi tardive, mais par respect pour la promesse que je t’avais faite, je me devais de ne pas me faire remarquer. J’ai à te parler d’une chose très personnelle et nous souhaitons tous deux, j’en suis certaine, qu’aucune oreille ne traîne. Te souviens-tu d’une de nos premières conversations ? A l’époque tu parlais plus vrai que n’importe qui ici, et tu m’as révélé tes motivations quant à ta présence dans cette armée. J’avais vite compris qu’un orc comme toi n’était pas destiné à combattre les forces du Mal, et tu m’as confié que tu étais en réalité à la recherche d’une personne, un ami proche qui avait disparu il y a longtemps. Tu l’as nommé Kluly, de son véritable nom Legato MacDowel si je me souviens bien. Je t’ai à mon tour promis, en plus de n’en parler à personne, de me renseigner à ce sujet de mon côté. »
Tout en parlant, l’halfeline s'avance vers toi et pose les flacons sur la table à proximité de ton lit, puis en débouche un. L’odeur qui s’en échappe te prend immédiatement au corps : ta gorge se noue, tes yeux se dilatent et ta chair frémis des pieds à la tête.
L’odeur est trop forte et t’appelle jusqu'à t’assourdir : tu te précipites sur le flacon et en avales le contenu visqueux et immonde d’une traite. Une violente nausée te prend dans un premier temps, avant de laisser sa place à une sensation de bien-être que tu n’avais pas ressenti depuis des années ! Il n’y a aucun doute pour toi : il s’agit du breuvage que vous aviez l’habitude de boire avec Kluly dans ta jeunesse. Nurah joint les mains comme pour t’applaudir en silence : « Eh bien, moi qui avait préparé tout un laïus pour te convaincre de boire ce sang d’ombre, tu m’as devancé ! Je n’avais pas sous-estimé l’emprise qu’il avait sur toi. Bien, dans ce cas je ne te fais pas languir plus longtemps : je ne suis pas venu seule ! »

Nurah se tourne et émet un petit sifflement d’animal. A cet instant, une seconde silhouette pénètre dans ta tente : Kluly n’a pas changé d’un pouce, malgré les nombreuses années depuis votre dernière rencontre. Alors que Nurah quitte la scène, le jeune homme prend la parole à son tour, d’une voix calme et sereine : « Singed mon vieux frère, tu ne pouvais me faire plus plaisir. J’espérais bien que tu viendrais à moi, à dire vrai je le savais. Depuis le temps que je t’attends ici ! Aller, viens avec moi. N’en as-tu pas marre de ces bons samaritains que tu te traines depuis si loin ? Ne souhaites-tu pas me rejoindre pour être ensemble comme à l’époque ? En vérité, j’ai bien mieux à te proposer : ne faire qu’un avec moi ! Nous serons unis plus que nous ne l’avons jamais été, et je t’offrirai tout ce dont tu peux rêver ! »
Tu sautes hors de ton lit et avances vers Kluly, en faisant signe de la tête que tu es avec lui. Il sourit : « Excellent, tu ne le regretteras pas. Tu es déjà prêt puisque tu as bu mon sang, laisse-moi m’occuper de tout. »
A ces mots, tu vois les yeux de Kluly se fermer subitement, avant de se laisser tomber en arrière. A mesure qu’il chute, une forme brumeuse semble s’en détacher et reste debout à la place que le jeune homme occupait quelques secondes plus tôt. Avec la même voix, l’ombre continue à parler : « Si longtemps que le vieux m’a tenu enfermé ici, Mais toi, toi Singed tu étais la clef depuis tout ce temps ! Avec toi, rien alors ne pourra plus m’empêcher d’être enfin de nouveau libre ! ahahAHAHAH ! Mais avant ça nous déferons cette misérable tentative de tes soi-disant amis, ensemble ! »
L’ombre s’avance vers toi maintenant qu’elle est totalement détachée d’un Kluly inconscient sur le sol. Elle semble prête à te traverser littéralement, et au moment où le contact entre vous se fait, une violente douleur s’empare de toi. Tu perds connaissance un bref instant.

Lorsque tu rouvres les yeux, tu te rends compte que tu as déjà quitté ta tente, armes dans le dos. Tu t’apprêtes à sortir du camp quand une voix t’interpelle : « Orque ! Je savais déjà que Nurah était un traître, elle ne m’a pas reconnue mais je l’ai vu dans les Abysses en compagnie de démons. Une halfeline dans ce contexte, ça ne s’oublie pas. Je trouvais louche une telle sortie nocturne et je l'ai suivie. Je ne pouvais être certaine que tu étais son complice, j’en ai désormais la preuve ! Où est-elle passé maintenant ? Toi en tout cas, je ne te laisserai pas fuir, et te livrerai à ceux qui te prennent pour leur ami afin qu’ils comprennent à qui ils avaient à faire depuis le début ». Selka se tient là, arme au poing, prête à en découdre. Elle se rue aussitôt sur toi sans te donner la chance de t’exprimer.
Spoiler:
Notes du MJ :
Rappelez-vous des tensions entre Selka et Orkamania ! Nous avons vraiment joué le combat, mais Selka connait bien Orkamania et s’était préparée en conséquence. De plus, la méthode de combat de l’orc profite plutôt d’alliés. Seul, il n’est clairement pas à son avantage. J’étais plutôt confiant.
Le combat est acharné mais sans tes protections élémentaires que te procure ton mélange de sang de démon, tu as rapidement le dessous. La sorcière brandit son arme pour t’asséner un coup qui, tu le comprends au vu ton état, te sera sans doute fatal. Mais avant que la lame ne te perfore, tu commences à perdre connaissance : tu tombes en arrière alors que tes yeux se ferment petit à petit, mais tu as le temps d'apercevoir l’ombre qui se détache de ton corps. A ton réveil, tu enjambes le corps de ton adversaire pour poursuivre ta route en direction de la citadelle. Les portes s'ouvrent devant toi et chaque ennemi que tu croises recule d'un pas et te laisse passer...

D'autre part, j'en profite pour retranscrire ici la scène de sortie de la citadelle, qui est à peine évoquée dans les CR suivants...
Spoiler:
Vous vous tenez devant les grandes portes de la Citadelles, et le sceau de Vorlesh désormais rompu, la magie qui les retenait closes s’est aussi dissipée. Vous parvenez à ouvrir les portes pour découvrir le champ de bataille derrière, désormais calme.

Une multitude de cadavres jonche le sol, démons mais aussi humains, bâtards et tieffelins. Quelques survivants en mauvais états sont penchés sur certains corps, pleurant certains, aidant d’autres à se relever. Vous avancez vers eux et reconnaissez en premier le visage de Lann qui se tourne vers vous. Les yeux pleins de larmes, il tente de se redresser mais ne parvient qu’à rester assis, et lève sa lance pour vous saluer. À sa suite, d’autres vous remarquent et bien qu’à bout de force, vous lancent d’étranges saluts.
Lann se relève finalement et s’avance vers vous : « Les démons nous avaient condamnés, mais vous avez surpassé une fois de plus leur puissance. Je ne sais pas ce qu’il s’est passé là-dedans, mais le Mal qui s’est abattu sur nous s’est levé quelques instant avant que vous franchissiez ces portes. J’ai le sentiment que sans vous, aucun n’aurait pu survivre. De tous ceux qui sont venus avec moi, seuls une dizaine reste, nos pertes ont été terribles… Je ne vois pas Orkamania, ne l’avez-vous pas retrouvé ? »
Pendant ce temps, Qulin et quelques sorciers tieffelins s’avancent vous vous. Son ombre semble affaiblie, tordue, tremblante, presque transparente. Arrivés à votre hauteur, tous se prosternent devant Hécate : « Vous avez réussi l’impossible, Maîtresse ! Nous étions persuadés que la colère de nos anciens maîtres s’était abattu sur nous… Mais Vous ! Vous les avez défiés ! Et vous les avez vaincus ! » derrière lui, les quelques tieffelins encore vivants se mettent à murmurer en cœur le nom d’Hécate, comme une incantation, puis Qulin reprend : « Nous sommes vôtres pour toujours Maîtresse, vôtres pour toujours ! Nous n’abandonnerons jamais ! »
Enfin, c’est Irabeth qui s’approche de Kaptra qui tient l’Épée du Courage. Épuisée et blessée, elle pose sa main sur la bannière alors que ses yeux s’écarquillent soudain : « Vous l’avez trouvée ? Mais à quel prix… seul un cinquième de l’armée que nous avons amenée ici a pu survivre, dîtes moi au moins que c’était le prix de la victoire, Drézen est notre ? Vous avez contré Staunton ? Les hommes attendent une bonne nouvelle, il ne leur reste que ça. Dites-nous ce qu’il s’est passé ! »

A vos explications, le bruit d’une multitude d’entrechoquements de métal vous fait sursauter, mais vous comprenez que les quelques vingt paladins en armures se sont mis au garde à vous. Shakh se tient là et salue Sorana, comme chacun d’entre vous : « Nous savions que Iomédae et Sarenrae ne pouvaient abandonner les hommes à leur sort, et à défaut d’intervenir directement, c’est vous qu’elles nous ont envoyés. Les élus des Dieux ont prouvé une fois de plus leur courage et leur dévotion ! Que les bardes chantent vos louanges afin que le monde reconnaisse vos exploits, et que les démons tremblent à la pensée de ce qui les attend ! »
Derrière les paladins, le chef des Lions brandit son épée : « Comandant Volgar ! Quel honneur pour les nôtres d’être morts pour votre victoire, pour vous ! Vous nous aviez promis de nous rendre notre Sarkoris, et vous tenez votre promesse. Drézen ne sera pas une tête de pont bien longtemps, elle deviendra la première cité libre de notre nouvelle terre ! Mon épée sera votre pour frapper vos ennemis ou vos protéger de leurs assauts. Commandez, j’obéirai ! »
La mine d’Irabeth s’est transformée après votre discours, mais bien que visiblement à bout, elle pose la main sur l’épaule de Torkemada et sourit désormais à plein crocs : « Mes amis ! Vous m’avez aidé à regagner le contrôle de Kénabres et à sauver un nombre incalculable de citoyens. Aujourd’hui, vous avez renouvelé cet exploit en reprenant seuls la Citadelle perdue il y a 70 ans. Au nom du Mendev et de tous les croisés, je ne saurais vous exprimer correctement ma gratitude. La dette que nous avons envers vous est inconcevable. »
Lann lève une nouvelle fois sa lance vers le ciel et hurle, aussitôt imité par tous : « Gloire aux Héros ! Gloire aux Libérateurs de Kénabres ! Gloire aux Conquérants de Drézen ! Hourra ! »

Enfin, même si ce journal de campagne n’a pas vocation technique, comme déjà mentionné nous avons profité de la fin de ce chapitre pour migrer sous le système D&D5.
Pourquoi ce choix ? Le système Pathfinder devenait trop lourd pour moi et pas mal de mes joueurs. Les passages de niveaux étaient longs et laborieux (trop de choix parmi les dons, sorts etc.), et les ennemis devenaient compliqués à gérer de mon côté. Nous ne sommes pas des vieux de la vieille et cette campagne était la première expérience JdR de certains joueurs ! Moi-même j’avais eu l’occasion de commencer une autre campagne avant, mais je n’avais pas fait joué beaucoup de scénario avant de lancer celle-ci avec un autre groupe.
Bref, une fois le LdB de D&D5 entre les mains, j’ai vite compris que ce système serait bien mieux pour nous. Il restait à migrer les personnages existants (niveau 8 il me semble), ainsi que les possessions. Mais il fallait aussi transformer les pouvoirs que j’avais ajouté pour la campagne (mythiques et individuels !)

Hécate :
Spoiler:
C’était une ensorceleuse de lignage Abyssal. Ce fut le plus facile puisque nous l’avons transformée en Ensorceleuse d’origine Magie Sauvage.

Son pouvoir spécial était le "Médaillon des Gardiens des Failles" et son fonctionnement n’a pas changé (dépenser un certain nombre de PV pour lancer un sort). Si ça vous intéresse, voici son fonctionnement :
Spoiler:
Ce bijou magique ayant appartenu à la Gardienne des Failles Scythes Banehallow est infusé de magie d’Apprentissage par le sang. En le baignant dans le sang d’un lanceur de sort profane, le médaillon peut s’imprégner d’un (un d’un seul) des sorts connus (ou préparé) par la victime. Le sort dont s’imprègne le médaillon est déterminé par un test d’Intelligence (Arcanes) dont le DD est égal au niveau de lanceur de sorts de la cible :
  • Une réussite permet de choisir un sort de n’importe quel niveau que vous pouvez lancer.
  • Un échec de 5 points ou moins permet de choisir un sort de niveau inférieur au niveau maximal que vous pouvez lancer, ou un sort de niveau maximal déterminé au hasard.
  • Un échec de plus de 5 points impose un choix au hasard.
L’utilisation de cet objet pour lancer un sort stocké nécessite le même temps d’incantation que le sort concerné. Son utilisation n’est pas limitée, mais le médaillon est alimenté par votre pouvoir à chaque activation, en fonction de la puissance du sort utilisé :
  • Niveau 0 : 1d4 points de dégâts.
  • Niveau 1 à 4 : 1d6 points de dégâts par niveau d’emplacement du sort utilisé.
  • Niveau 5 ou 6 : 1d8 points de dégâts par niveau d’emplacement du sort utilisé.
  • Niveau 7 ou 8 : 1d10 points de dégâts par niveau d’emplacement du sort utilisé.
  • Niveau 9 : 9d12 points de dégâts.
Un jet de sauvegarde de Constitution (DD12 + 2x niveau du sort) réduit ces dégâts de moitié.
D’autre part, vous pouvez utiliser le médaillon pour lancer un sort que vous connaissez, suivant les mêmes contraintes.
Au final, la nouvelle version du personnage était à peu de chose près identique à l’ancienne !
Kaptra :
Spoiler:
C’était une prêtresse des domaines de l’exploration et du bien. Ici aussi, plutôt facile car elle jouait son personnage orienté combat. Nous en avons donc fait un clerc du domaine de la guerre, et ça lui allait bien mieux, mais elle perdait une capacité "iconique" de Kaptra : la possibilité de regarder à travers les mur (domaine de l’exploration "Vision sur le Seuil").

Sa capacité unique était "l’armure de Yaniel" (encore incomplète) et j’ai dû modifier ses capacités pour combler ce manque, et en faire un item plus dans l’esprit de DD5. Voici la version finale de l’armure (donc elle n’était pas aussi puissante pour le tome 3, elle ne possédait que l’arme, les gants et les jambières).
Spoiler:
  • l'arme : cette épée nommée Radiance était exposée jusqu'à récemment à Kénabres, dans la "Garnison Grise" qui fait depuis de nombreuses années office de musée des croisades. Vous avez finalement réussi à mettre la main dessus, mais seulement une partie de ses pouvoirs semblent s'être réveillée lors de la purification de la Chapelle de la Nuit Étoilée.
    A nouveau après avoir récupéré les gants, puis en entrant en résonance avec l'Épée du Courage, Radiance est devenue une épée magique +2.
    Grâce à la Forge de Corruption désormais purifiée, Joran Vhane a été capable de Transformer l'épée Radiance en un marteau : Karma
    Finalement, l’arme est devenu une arme de justice après avoir été bénie par Iomédae elle-même !
  • le harnois : le plastron de Yaniel a été retrouvé dans le Sanctuaire des Templiers d'Ivoire, sans doute arraché à son possesseur originel et gardé en guise de trophée. Ce harnois en mithral +2 n’a aucun prérequis en force et ne provoque pas de désavantage sur les tests de discrétion
  • les gants : les gants de Yaniel ont été semble-t-il volés par Nurah, probablement depuis Nérosyan où ils étaient conservés comme une relique sainte. Après avoir vaincu la halfeline, les gants sont revenus entre les mains des croisés : ils permettent de voir à travers la matière par simple contact. Cet effet ne peut être activé qu'une fois entre chaque lever de soleil.
  • les jambières : les jambières de Yaniel étaient entreposées dans Drézen, sans doute pour être corrompu grâce à la Forge de Corruption. Désormais récupérées, ces jambières permettent à son porteur de se déplacer plus vite malgré le poids de son armure. Sa vitesse de marche augmente ainsi de 3 mètres.
  • le heaume : Le heaume de Yaniel avait fusionné avec le corps de la paladine, qui espérait ainsi le cacher à ses ennemis., et elle seule pouvait lui rendre sa forme originelle. Lorsque celle-ci a été sauvée de la malédiction de Minagho, Yaniel a transmis sa dernière pièce d'équipement à son successeur : le heaume augmente de 1 les emplacements de sorts de chaque niveau inférieur ou égal à 5, pour quiconque y est lié.
Au final, le personnage était d’avantage dans l’idée de Kaptra que son ancienne version !
Sorana :
Spoiler:
C’était une Oracle Purificatrice (archétype réservé aux Aasimars). Nous en avons fait un clerc du domaine de la Lumière. Un second clerc, mais bon l’un est orienté combat, l’autre magie donc ça devait le faire. Elle ne perdait pas grand-chose, la conversion fut donc simple.

J’ai dû modifier les pouvoirs de son bâton (pouvoir unique) pour coller un peu plus à l’esprit DD5, mais pas de changement majeur (idem, il s’agit ici de la version finale. Tous les pouvoirs n’étaient pas débloqués à ce moment de l’aventure) :
Spoiler:
Le simple bâton qu'avait emporté Sorana après avoir fui sa demeure, enfant, s'est avéré receler d'étranges pouvoirs. Il possède un nombre de charges égal à votre modificateur de Sagesse + la moitié de votre rang mythique. Vous choisissez alors un des effets suivants :
  • Préservation de la vie : au prix d’une action, vous pouvez frapper le bâton au sol pour provoquer une vague d’énergie curative qui redonne un montant de points de vie égal à 5 fois votre niveau total. Vous choisissez alors une ou plusieurs créatures à 9 mètres ou moins de vous, et divisez ces points de vie entre elles. Cette capacité ne peut pas ramener une créature à plus de 50% de ses points de vie maximums.
  • Corps éthéré : par une action bonus, le pouvoir du bâton peut extraire votre corps du monde physique. Vous restez visible, mais obtenez la résistance à tous les types de dégâts. Chaque round consomme une charge.
  • Transposition bénigne : au prix d’une action, vous pouvez vous téléporter jusqu’à 9 mètres dans un espace inoccupé que vous pouvez voir. Vous pouvez également choisir un espace à portée qui est occupé par une créature de taille P ou M. Si cette créature est consentante, vous pouvez échanger vos places.
  • Châtiment céleste : au prix d’une action bonus, vous pouvez concentrer le pouvoir du bâton dans une arme que vous maniez de l’autre main, afin de porter une attaque dévastatrice. Vous pouvez ainsi augmenter ses dégâts de 3d6 par charge utilisée. A la place, vous pouvez générer directement avec le bâton un rayon de lumière infligeant uniquement les dégâts supplémentaires sur une ligne de 9 mètres. Vous devez réaliser une attaque à distance contre chaque créature sur la trajectoire du rayon, en utilisant un bonus d’attaque égal à votre bonus d'attaque avec un sort + le nombre de charges du bâton utilisées dans cette attaque.
  • Feu protecteur : Au prix d’une réaction, vous pouvez vous approprier le pouvoir du bâton pour parer n’importe quelle attaque. Choississez un type de dégâts physique ou magique. Vous gagnez aussitôt une immunité à ces dégâts jusqu’à votre prochain tour.
Le nouveau personnage était tout à fait dans l’esprit de Sorana, et restait assez proche de l’ancienne version. Plus de "malédiction de l’Oracle" ceci dit, mais en vrai on oubliait quasiment tout le temps de les jouer…. Un mal pour un bien donc !
Volgar :
Spoiler:
C’était une classe hybride de Sanguin. On a hésité à partir sur du multiclassage, mais ça aurait été avec pour mixer un barbare avec un ensorceleur "Magie sauvage", donc comme Hécate. Pour éviter les doublons de capacités, on est resté sur un "simple" barbare. Mais encore pire que ça, il perdait le pouvoir de lignage "Taille démoniaque", un peu la marque de fabrique de Volgar !

Pour tout ça, j’ai revu sa capacité spéciale de transformation (anciennement ajouts de pouvoirs de rage grosso-modo) :
Spoiler:
Le sang de puissants démons coule dans vos veines, ce qui vous procure des avantages en combat. Au fur et à mesure que la frontière entre votre côté humain et démon s’amenuise, vous découvrez de nouvelles capacités :
  • Quand vous entrez en rage, vous pouvez choisir d’augmenter votre taille, ce qui a pour effet de doubler votre allonge ainsi que le dé de dégâts de votre arme.
  • Vous avez appris à contrôler la magie infusée en vous, et gagnez la capacité d’incantation comme un ensorceleur de niveau 1 (mais vous ne connaissez aucun sort mineur). De plus, à chaque fois que vous incantez un sort, il a 25% de chance de déclencher un effet de magie sauvage.
  • Vous contrôlez mieux vos pouvoirs magiques, et votre capacité d’incantation évolue comme un ensorceleur de niveau 3.
  • Vous contrôlez mieux vos pouvoirs magiques, et votre capacité d’incantation évolue comme un ensorceleur de niveau 5. (Pas encore débloqué à ce niveau de l’aventure)
On finissait donc avec un Volgar assez proche de l’original.
Torkemada :
Spoiler:
C’était un inquisiteur, et ce fut le plus difficile. Pour garder l’esprit de l’archer qu’il était, et du lanceur de sort (contrôle et debuff), on est partis sur un multiclassage Rôdeur des profondeurs (du supplément Xanathar) et clerc du Savoir.

Pour compenser la perte des jugements de l’inquisiteur, capacités iconique de Torkemada, j’ai une nouvelle fois modifié son pouvoir unique, cette fois en le transformant radicalement (encore une fois, il s’agit de la version finale des pouvoirs. Les trois capacités étaient dispos, mais à ce stade moins puissantes et la durée moins longue) :
Spoiler:
Par une action bonus, vous pouvez utiliser un emplacement de sort pour juger une créature, ce qui lui procure un effet donné pendant un nombre de rounds égal à deux fois le niveau de l’emplacement de sort sacrifié. Vous pouvez changer d’effet ou de cible à votre tour :
  • Destruction : le jugement octroi 2d6 de dégâts radiants supplémentaires.
  • Justice : le jugement donne un avantage aux jets d’attaque et de domination magique, ou aux jets de défense et de sauvegarde.
  • Guérison : le jugement donne une régénération de vie de 15.
Il s'agissait sans doute de la plus grosse transformation d'un point de vue technique, mais le concept semblait proche. Au final, ça a donné un meilleur combattant, avec une magie moins efficace. Mais sa joueuse était satisfaite !

De plus, ce pouvoir calqué sur le "châtiment" du paladin permettait d'utiliser les emplacements de sort les plus élevés, vu que le personnage ne connaissait que des sorts de niveau inférieur (voir les règles de multiclassage si vous n'êtes pas familier avec le système)
Orkamania :
Spoiler:
C’était un alchimiste vivisectionniste. Un autre cas délicat qui nous a forcé en envisager le multiclassage, pour finalement convenir d’un ajustement : on est partis sur un roublard arcanique, en modifiant la restriction des écoles, en en reskinant les incantations pour en faire des potions, comme un alchimiste.

Le pouvoir unique, le "sang d’ombre" qui était à l’origine une recette de sort, est venu remplacer le mutagène de l’alchimiste (les dernières capacités ne sont arrivées que plus tard) :
Spoiler:
Vous pouvez créer un mutagène capable d’activer les résidus de Sang d’Ombre présents dans vos veines, et gagnez ainsi différents effets pendant une heure :
  • Vous gagnez une résistance aux éléments suivants : acide, feu, froid, poison, électricité.
  • Vous gagnez le bénéfice du sort Détection de l’invisibilité.
  • Vous pouvez brûler vos réserves en dépensant une action bonus pour regagner jusqu’à 10 points de vie, ce qui réduit l’effet du mutagène de 10 minutes.
En intégrant à la formule vos recherches sur les élixirs nahyndriens, vous avez pu ajouter des effets mythiques au mutagène :
  • Vous pouvez détecter l’aura des créatures mythiques.
  • Lorsque vous réussissez une attaque de corps à corps avec une arme, vous pouvez utiliser une action bonus pour voler un pouvoir mythique à votre ennemi, s’il lui en reste et s’il vous en manque. Ce dernier doit réussir un jet de sauvegarde de Charisme pour contrer cet effet.
Changements techniques majeurs ici aussi, mais Orkamania est resté Orkamania ^_^
Klavak :
Spoiler:
C’était un Prêtre Combattant. Pour ne pas en faire un quatrième clerc (!) j’ai proposé à mon joueur de modifier l’archétype "Chevalier occulte" du guerrier, pour en faire un "Chevalier divin". L’idée est la même sauf les sorts disponibles sont ceux du clerc plutôt que du magicien (mêmes restrictions d’écoles). Au final, forcément, ça a réduit fortement ses capacités magiques, mais grâce à un don, il pouvait conserver le côté "j’attaque et je lance un sort". On s’en ait pas trop mal sorti.

Ses capacités de transformation en démons ont été adaptées en les calquant sur les sorts de métamorphose de DD5 :
Spoiler:
Une fois par repos court, vous pouvez vous transformer en n’importe quel Fiélon, qui a maximum autant de dés de vie que vous.
Au prix d’une action, vous pouvez vous transformer pendant une heure, mais pouvez y mettre un terme à tout moment au prix d’une nouvelle action. Sous cette forme démoniaque, vous ne pouvez utiliser aucune de vos propres capacités, mais vous maîtrisez toutes les capacités octroyées par votre nouvelle forme à l’exception des éventuelles actions légendaires et/ou d’antre. Vous prenez aussi toutes les caractéristiques de sa nouvelle forme, points de vie compris, mais chaque point de dégât subit sous votre forme démoniaque est déduit de vos points de vie actuels lorsque vous retrouvez votre forme originale (et pouvez donc en mourir).
Le nouveau personnage change un peu, mais le concept reste bien le même.
Possessions :
Spoiler:
Ce fut plus compliqué car les objets magiques ne sont pas traités de la même manière dans les deux jeux. Mes joueurs ont dû faire le deuil de certains, et leur proposer ça fut assez dur pour moi car j’ai eu l’impression de les punir… Mais bon au final ils ont bien réagit.
Pouvoirs mythiques :
Spoiler:
Je ne vais pas détailler les changements car dans le précédent Addendum, je n’ai détaillé que la version DD5 de ces pouvoirs. Mais j’ai dû les ajuster pour garder l’esprit DD5.

J’espère avoir encore quelques lecteurs ici, même si de toute façon cet exercice me permet d’archiver ces logs, en plus de me replonger dans cette aventure que nous avons tous particulièrement appréciée !
N’hésitez pas à poster vos commentaires, je ne doute pas que certains points soient confus pour ceux qui n’étaient pas autour de la table (je sais qu’il y en a un qui lit ce log, pour voir les détails que j’ajoute par rapport à la version qu’il connait ^_^). En tout cas, si je peux apporter des précisions, ce sera avec plaisir !

La suite, bientôt !
Dernière modification par RING3R le mer. oct. 02, 2019 11:04 am, modifié 3 fois.

RING3R
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Re: [CR] La Colère des Justes - Journal de campagne

Message par RING3R » ven. sept. 27, 2019 11:07 am

ACTE III – L’HÉRÉSIE DÉMONIAQUE

Nous voici donc au troisième tome de cette campagne, pour lequel j’ai apporté certaines modifications assez conséquentes. En particulier, cela concerne l’ajout de la quête du Lexique du Paradoxe (via l’intrigue de l’expédition d’y il a 20 ans).
Ce troisième chapitre mettra un terme aux intrigues individuelles de chacun, sauf concernant Orkamania et Kaptra qui était plutôt liés au chapitre 2 (Kaptra a encore l’intrigue de Yaniel qui se développera à la fin de ce chapitre), et Torkemada pour qui j’avais réservé quelques surprises jusqu’à l’ouverture du cinquième (mais il aura pas mal de réponse dans celui-ci comme les autres)…

Dans cette partie, les PJ doivent explorer une région de la Plaie du Monde pour y trouver de quoi contrer les forces de Baphomet et Deskari. Le module suggère un certain nombre de scènes, sur lesquelles les PJ doivent tomber dans un ordre dépendant de leur exploration. Dès le départ, un certain nombre de pistes – venant d’eux ou de certains PNJ – étaient disponibles pour commencer à explorer les environs des "Terres Blessées". Pour pimenter un peu les choses, j’ai proposé à mes joueurs de scinder le groupe et d’utiliser les nombreux PNJ pour former plusieurs mini-expédition. Les groupes ainsi formés choisiraient une piste, et toutes seraient suivis en parallèle.
Cela se ressentira au niveau des comptes-rendu, puisque certaines choses auront lieu et pourront avoir des conséquences sur un groupe, mais ne seront racontées que plus tard par un autre groupe. J’essaierai de tenir à jour une carte des environs (celle du module) pour visualiser où se trouve chaque groupe à chaque fois.
Les joueurs auront donc ici l’occasion de contrôler leur personnage ainsi que des PNJ, pour participer à l’exploration de différents groupes.

Vu que l’intrigue devient bien visible maintenant, j’ajoute une succincte description des antagonistes majeurs déjà rencontrés, pour que certains noms résonnent comme il se doit.
J’en profite pour joindre une image (cliquable) tous les protagonistes, pour ceux qui préfèrent un appui visuel (il commence à y avoir beaucoup de noms !)

Personnages Joueurs

Yllen "Torkemada" Masur : Inquisiteur de Néthys (Clerc du Savoir/Rôdeur des Profondeurs), trait de campagne "Rencontre fortuite".
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Torkemada commence à comprendre que la femme, l’archère, qui l’avait sauvé dans son passé semble avoir refait surface, et commence à suivre sa piste.
Shaelyn "Sorana" Zemius : Clerc de Sarenrae, du domaine de la Lumière, trait de campagne "Touché par la grâce".
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Sorana sait maintenant que sa mère faisait partie de la fameuse expédition à la recherche du Lexique des Paradoxes. Elle souhaite comprendre le lien qui la lie à Sarenrae, ainsi que le véritable secret que renferme son bâton, qui semble révéler des pouvoirs de plus en plus puissants.
Hécate Banehallow : Ensorceleuse, de lignage Magie Sauvage, trait de campagne "Orphelin des Gardiens des failles".
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Hécate poursuit ses recherches sur la Plaie du Monde et les Gardiens des Failles avec son mentor Aravashnial. Elle sait qu’elle a subi quelque chose enfant, sans doute à cause de sa mère qui était un Gardien des Failles de l’expédition sur la trace du Lexique des Paradoxes. Quel lien existe-t-il entre ça et son étrange marque sur l’épaule ?
Singed "Orkamania" Kruger : Alchimiste (Roublard Arcanique modifié), trait de campagne custom "Dépendant".
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Orkamania a enfin retrouvé son ami d’enfance, Kluly. Après s’être retrouvé à son tour possédé par le démon qui occupait le corps de Kluly, ce dernier l’en a délivré. Depuis, Kluly suit Orkamania comme son ombre, mais pourquoi personne ne semble lui prêter attention ?
Volgar Utgard : Barbare, de la voie du Berserker, trait de campagne "Exposé à l'horreur".
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Les pouvoirs de Volgar le rapprochent de plus en plus d’un démon, et sont d’autant plus difficiles à contrôler. L’âme de Klavak aurait été scellée en lui ? Serait-ce la cause de ces transformations ? Mais comment, et dans quel but ? Une certaines Jerribeth semble être la clef de ce mystère. Et que deviennent Skalkir et Ymirion ?
Kaptra Dorethain : Clerc de Cayden Cailean, du domaine de la Guerre, trait de campagne custom "Héritage vengeur".
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Kaptra a tiré un trait sur son passé en vainquant Staunton Vhane. Désormais, elle œuvre pour les croisades et pour ses amis. Mais elle a clairement reçu un appel à l’aide de l’ancienne héroïne Yaniel, qui pourrait à son tour l’aider dans ce combat. Comment la retrouver ?
Klavak Domare : Guerrier, chevalier arcanique (modifié), trait de campagne "Fureur volée".
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Klavak a toujours fait partie des milliers de tieffelins esclaves des démons. Au début de la campagne, il est enrôlé dans les armées qui attaquent Kénabres mais a rejoint le groupe en se faisant passer pour un humain. A la recherche de son âme volée par les démons, il a fini par comprendre (que ce soit vrai ou pas) que celle-ci aurait été scellée dans Volgar, initiant sa transformation en démon…
Il a pris la décision de trahir Asmodeus, avec lequel il avait fait un pacte, mais reste qu’il voue une haine farouche envers tous les démons, ainsi qu’envers une certaine elfe du nom de Jerribeth qui serait l’instigatrice de son malheur.
Personnages Non-Joueurs

Aravashnial : Magicien abjurateur.
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Aravashnial devient peu à peu le mentor d’Hécate, et Drézen est le terrain idéal pour avancer ses recherches sur la fermeture de la Plaie du Monde, mais aussi sur ce qui a bien pu prendre pour cible les quartiers des Gardiens des Failles de Kénabres : d’après ses investigations préliminaires, une créature nommée un "Ver-qui-marche".
Horgus Gwerm : Noble.
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Horgus à utiliser les nombreuses ressources en sa possession pour la reconstruction de Kénabres, et il est prêt pour sa prochaine affectation à drézen, afin de rebâtir la cité naine.
Narwenn Brorcath : Rôdeuse.
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Narwenn a pas mal bourlingué en Plaie du Monde dans sa jeunesse, et sera d’une aide précieuse pour retrouver la trace des ennemis des croisades cachés ici.
Shakh Drogaloth : Paladin de Iomédae.
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Shack est le fils du leader de l’expédition en quête du Lexique des Paradoxes, disparu il y a 20 ans. Accusé d’avoir fui la guerre, son honneur doit être lavé.
Irabeth Tirabade : Paladin de Iomédae.
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Irabeth devient un des principaux leaders de Drézen, et sera un atout précieux pour la suite.
Lann : Roublard.
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Lann profite d’être à Drézen pour mener ses propres investigations sur son passé, et, un peu malgré lui, devient le leader des Bâtards en route pour renforcer les troupes de la cité.
Selka Lid : Magus.
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Selka a été tuée par Orkamania possédé par le démon des ombres Eustoriax. Son aventure s’arrête là.
Siegfried Drake : Guerrier.
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Siegfried a pris du galon et revient en Plaie du Monde pour soutenir l’effort de guerre, mais aussi sur les traces de son propre passé…
Qulin "Longue-Ombre" : Sorcier.
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Le leader de l’armée des tieffelins s’est attaché à Hécate, sa "maîtresse", qui les a défendu contre les rumeurs et les dangers. Puissant sorcier et ancien soldat des armées de la Plaie du Monde, ses connaissances seront un atout incontestable.
Jesker Holten : Druide.
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Ce prêtre de la Foi Verte est le leader de l’armée des Lions du Sarkaris. Proche de la nature, il tente de faire fleurir sa foi à nouveau dans ce pays déchiré.
Ameiko Kaijitsu : Barde.
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Ameiko fait partie de la loge des Éclaireurs de Nérosyan, et a été envoyée à Drézen pour chroniquer la chute des forces de la Plaie du Monde... ou de l'Humanité. Par le passé, Ameiko a participé à des découvertes capitales concernant une ancienne civilisation. Une maigre piste l'a conduite vers le nord, où elle espère poursuivre ses recherches.
Sosiel Vaenic : Clerc de Shélyn.
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Sosiel Vaenic est un prêtre de Shélyn proche de la Reine Galfrey. Il a été envoyé à Drézen en tant que représentant religieux.
Antagonistes majeurs

Areelu Vorlesh
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Surnommée l’architecte de la Plaie du Monde, cette sorcière demi-succube a déjà confronté les PJ deux fois : à Kénabres et à Drézen. Ses tentatives ont pour l’instant échouées, mais elle met déjà en route ses prochains plans pour ouvrir totalement la Plaie du Monde.
Jerribeth
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L’elfe Jerribeth semble obsédée par l’idée de transformer des humains en démon, et a réalisé des rituels en ce sens sur Klavak et Volgar. Infiltrée dans l’expédition à la recherche du Lexique des Paradoxes, c’est visiblement à cause d’elle qu’eut lieu la catastrophe provocant l’échec de la mission : une grande partie des humains présents se sont retrouvés transformés en monstres, s’occupant de décimer ceux qui avait échappé à la malédiction.
Arueshalae
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Alliée de Jerribeth, elle a participé elle aussi à la chute de l’expédition perdue. Certains indices laissent penser qu’elle aurait trahi son camp…
Minagho
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Ce démon lilitu a été contré par les héros à Kénabres, en détruisant le fragment de la Pierre de Garde. Général des armées de Baphomet, elle a été punie par son maître pour son échec face à des mortels. Depuis, elle nourrit une rancœur tenace envers eux.
Joran Vhane
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Le frère de Staunton Vhane a été retrouvé à Drézen et capturé. Bien qu’il ait aidé à détruire Staunton, ce forgeron de talent sera-t-il digne de confiance ?
Dernière modification par RING3R le ven. sept. 27, 2019 4:33 pm, modifié 4 fois.

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