[CR] Watsburg - Journal de campagne

Critiques de Jeu, Comptes rendus et retour d'expérience
benbreval
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Re: [CR] Watsburg - Journal de campagne

Message par benbreval »

Teasing - Cr il y a un nouvel échevin dans le quartier pour bientôt

benbreval
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Re: [CR] Watsburg - Journal de campagne

Message par benbreval »

En attendant le CR d'un des joueurs, une petite contribution de ma part pour les motiver.
Ci dessous, le point de vu d'un assassin en charge de suriner un innocent (témoin d'un meurtre) sorti de prison. Après quelques péripéties anecdotiques avec de tous frais libérés de prison, mes  PJ viennent juste de trouver la planque dans laquelle le bougre se planquait chez un riche armateur.
 
Chapitre 3 : Un nouvel échevin

Interlude :
Honnêtement, je ne sais pas quand  cela a dérapé. Faut dire, j’aurais dû me méfier, un contrat si simple, ça sent la magouille à plein nez surtout à ce taro la !
Mais bon, c’était trop tentant, d’autant plus avec le 4eme gosse qui devrait pas tarder à pointer le bout de son nez. Darron ce n’est pas de tout repos, surtout quand t’as ta miche qui est plus féconde qu’une ratte. Ptin, 4 mômes en 3 ans c’est presque un record. Y’a bien le zinc qui a fait mieux dans le coin mais lui c’est un chaud lapin, il a le zob qui brule tellement au quotidien qu’il la trempe partout. Un vrai petit baigneur.
L’affaire sentait bon, trop bon donc. On était pourtant cinq pour suriner 1 seul gonze, même pas un balaise en plus. Un pov' type qui avait dérouillé définitivement une gamine et qui chanceux comme un cocu s’est retrouvé dehors en moins de deux sans rien demandé. La tuile pour la famille de la victime tu penses bien. Du coup, on nous a demandé de prendre la relève du bourrelle vu que lui aussi a du se sentir lésé. Histoire que justice soit faite quoi.  
On est passé par la porte de service avec les gars, histoire de la jouer discret. Rico, le loritain de notre groupe à crocheté la serrure fissa. Jamais vu un talent pareil. Pour les fermoirs on pouvait lui faire autant confiance qu’il fallait l’éviter pour se couvrir. Le mongol avait déboulé à la planque sapé comme un guignol. On avait dû lui refourguer dardar des fringues plus adéquates, sombres si vous voyez ce que je veux dire.
Bref, Rico a ouvert la porte et on s’est engouffré dedans tranquille. Pourtant, on n’a même pas eu le temps d’entrer dans les préliminaires qu’un fou furieux nous a pris à revers. Le zouave était tendu, lance sortie. Je n’ai pas cogité longtemps, réflexe de pro surement, j’étais déjà en train de grimper  un escalier. Arrivé en haut, j’entendais Rico se faire larder, j’en suis sûr c’était lui, un loritain ça gueule aussi pas pareil que nous.
Pticou m’avais suivi dans les escaliers, on s’est regardé comme deux cons. J’allais proposer de redescendre quand on a entendu d’autres cris en bas, et pas que d’un gars. Un mec mon cul, la baraque était plus remplie que l’entrejambe d’une putasse sortant d’une caserne. Avec Pticou on a eu la même idée, on a décidé de ne pas moisir ici plus longtemps. On est parti par les toits, sans demander nos restes.
Sur le retour, avec Pticou, on n’en menait pas large. Je crois qui lui plus que moi, n’avons vraiment compris ce qu’il s’est passé si ce n’est qu’on a failli se faire refroidir. Sur le coup, je me  suis demandé comment mémère aurait apprécié la nouvelle, de savoir qu’elle allait être veuve, alors que le 4ème mecton allait s’abouler. Je pouvais plus continuer comme ça, fallait que je change de métier si je voulais durer. C’est à ce moment-là, en descendant des toits qu’on est tombé sur une patrouille de gardoches. Et merde pas de chance, je ne sais pas ce qu’il m’a pris mais c’était décidé…
Demain je postule chez les gardoches.

Ravortel
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Re: [CR] Watsburg - Journal de campagne

Message par Ravortel »

:D J'adore la chute !

benbreval
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Re: [CR] Watsburg - Journal de campagne

Message par benbreval »

Fin du chapitre 03 sur le nouvel échevin. Cela tombe bien, ce soir 4ème chapitre avec 4 PJ

Journal du Chat Noir :

La fatigue me collait à la peau comme une jouvencelle à son premier amour. J'avais toujours l'épaule qui me lançait, ça bourdonnait de douleur au moindre faux-mouvement. Je m'étais salement fait navrer d'un carreau d'arbaleste y'a quelques temps de ça. La bonne nouvelle, c'est que ça cicatrisait. La mauvaise, c'est que ça cicatrisait. ça te titille dans la patte dès potron-minet et après ça te lâche plus. Pi la hiérarchie en a rien à battre. Donc tu te coltines ton sale boulot de gardoche en serrant les dents et tu t'écroules à la brune tout pareil. Même que t'en dors pas ou à peine. Je regrette de pas avoir attrapé vivant le salaud qui m'a fait ça. Ou alors si j'avais su, je l'aurai tué une deuxième fois.

Je me suis mis quelques gelders de côté, rapport à des extra que j'ai fait chez un poudré, Di Donatelli. Gardoche le jour, vigile la nuit et des trous dans le corps. Tu parles d'une vie. Le soleil se levait, j'avais encore un peu de temps avant de reprendre mon service. Alors j'ai gagné une étuve histoire de me racler la crasse et d'essayer d'oublier les soucis, ton corps qui te dit merde, pour te délasser quelques minutes à défaut de pouvoir pioncer.


Je barbotais dans mon bouillon quand l'idée m'est venue que Wastburg était ptet pas un gros morceau de terre cerné des bras d'une rivière mais juste un gros bateau en train de couler. Au fur et à mesure que la nef s'enfonce, des paquets de rats quittent la câle, se marchent sur la gueule pour essayer d'atteindre les cordages et la vigie en couinant de rage et d'effroi. Faut voir comme les rues dégueulent de populos, parfois. Et tout ça dans la boue et la merde. Bref, le prévôt nous a viré de nos piaules et on est censé se trouver une turne en ville. Va falloir en sortir des gelders et tout ça pour un placard à balai ou une mansarde de misère. Faut que je me trouve une petite fendue pour m'entretenir, je vois pas d'autres solutions. C'est pas tant que je suis radin mais à un moment faut savoir penser à soi. Avec ma belle gueule et deux trois entrechats, ça devrait passer...


On est pas les seuls à avoir dû débarrasser le plancher. Y'a eu un changement d'échevin et le lâcher de prisonniers qui va avec. Moi j'aime bien l'idée d'avoir droit à une deuxième chance. Pas pour moi hein, le Chat Noir est du genre carré, pas besoin qu'on me fasse la charité vu que ce que je veux, bah je le prends. Mais pour les autres, je suis pas contre. C'est mon côté bon samaritain.

Pi ça nous a permis de remettre la main sur quelques cafards et autres larrons en déveine et de leur re-casser la gueule. Avant de les mettre à nouveau au frais. Ça aussi j'aime bien.


Je commence à prendre le rythme des patrouilles et à gérer la roture. Le secret, c'est d'aller dans le sens de la marche. Et de savoir mettre des petits coups de pression au bon moment. Si t'as un chêne en face de toi, fais le roseau et si c'est un roseau, fais le chêne. Bon c'est pas clair mais je me comprends. Donc on a dérouillé un pointeur de gamine avec l'aide de la foule en colère qui voulait le dérouiller. On a dérouillé des petits racketteurs qui se faisaient déjà dérouiller par un genre de Scaramouche loritain, ils ont bien pleuré leur maman ces cons-là, ça m'a mis de bonne humeur. Pi on a taillé une bavette avec le patron des racketteurs, Georgio. Ça c'est plutôt bien passé dans l'ensemble. Georgio nous a rancardé sur un ex-taulard qui avait un contrat sur la tête et ça nous a mené jusqu'à Di Donatelli, le poudré.


On était censé faire une garde de routine et j'avais commencé à faucher des babioles à droite à gauche dans la baraque cossue du Donatelli quand des poignardeurs ont décidé de rendre une petite visite de courtoisie nocturne chez Di Donatelli. On en a mis une paire sur le carreau. Je me demande bien quand arrivera la prochaine journée ou on pataugera pas dans le raisiné...

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Musclodo
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Re: [CR] Watsburg - Journal de campagne

Message par Musclodo »

J'ai pris un malin plaisir à lire ces CR. Merci beaucoup!

Concernant le scénario des "trois gamins", est-il lisible quelque part?

benbreval
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Re: [CR] Watsburg - Journal de campagne

Message par benbreval »

Merci. Un 4eme CR devrait arriver d'ici peu et boucle le chapitre 02
Pour le scenar cf : maraudeur 21 un e-zine disponible sur internet

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Musclodo
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Re: [CR] Watsburg - Journal de campagne

Message par Musclodo »

benbreval a écrit :
jeu. nov. 14, 2019 7:53 pm
Merci. Un 4eme CR devrait arriver d'ici peu et boucle le chapitre 02
Pour le scenar cf : maraudeur 21 un e-zine disponible sur internet
Merci beaucoup.
J'ai hâte de lire la suite du CR!
 

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Liet
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Re: [CR] Watsburg - Journal de campagne

Message par Liet »

Je prends le relais de benbreval sur le rôle de maitre du jeu (on fait des rotations). Pour les repères, je joue Chat Noir et Benbreval joue Bedaine. Place au CR. Comme je suis fainéant et que j'aime prendre mon temps, on est de mon côté plutôt dans le récit que dans un pur compte-rendu. Si je suis motivé, je glisserai des pavés. Les PJ rendent compte de ce qu'ils veulent. Y'a pas vraiment de règles en gros ^^

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Behardt Daine ouvrit les yeux et le regretta aussitôt. Alors que sa tête semblait exploser en un pur tison de douleur, celui qu'on avait surnommé Bedaine roula sur lui-même pour réprimer un haut-le-coeur. Bien mal lui en prit comme ses côtes endolories frottèrent sur un sol instable, crissant sous son poids. La ténèbre était totale. Telle qu'il crut un instant avoir perdu l'usage de ses yeux. Les mains portées à son visage réveillèrent des signaux alarmants de douleur en sus d'une substance visqueuse qui lui couvrait la face. Une odeur de poussière et des remugles de pourriture dans l'air. La panique commençait à faire surface tandis que Bedaine glissait ses mains sur le sol à la recherche de repères. Contact d'objets froids et longilignes, Behardt finit par se saisir d'une sorte de sphère froide et légère qu'il parcourt des doigts. Ceux-ci finissent par s'enfoncer dans des orbites. Il comprend qu'il tient un crâne entre ses mains...

 Quelques semaines plus tôt.

 La pluie avait douché la ville trois jours durant. Consciencieusement, sans interruption, des nuées toutes d'orage et de grondements venaient s'éventrer sur les toits de la cité. Dans sa maisonnée, le bourgeois pouvait entendre le ciel tambouriner à son huis, vaguement réprobateur. Perché à sa fenêtre, le poète morose voyait dans l'ondée un châle de pudeur jeté sur le corps de la putain qui avait mordu son cœur.
 Périodiquement, Wasturg recevait la visite des hérauts du Printemps. Ces derniers annonçaient la venue de leur prince en soufflant dans leurs trompettes aqueuses. Alors le pavé, la tuile et la rigole chantaient de concert. La flaque devenait un ruisseau et suivait son inclination naturelle. Une vraie leçon de vie. L'eau déferlait des hauteurs cossues pour se sublimer inéluctablement en un torrent de boues et d'immoncides, le tout dévalait mollement vers les bas quartiers, les taudis et la misère. Pour finir, la boue rencontrait le vice. De leurs épousailles naîtrait un monstre. Le hasard et les passions mesquines des créatures qui pullulaient en surface n'arrangeraient rien.
 
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 « La Puerg a débordé de son lit. On a la rue de la Bouche, la rue du Ferronier, la rue de l'Impasse, le square des Galants et la Place du Diable Vauvert qui sont sous les eaux. A la louche » fit le prévôt Daniel d'un ton placide. Ses hommes étaient rincés. Au propre et au figuré. Si l'accalmie leur offriraient un répit d'ici à ce que les flots refluent, beaucoup avaient la mine tirée de fatigue. Les plus vaillants étaient les tire-au-flanc et les jean-foutres qui avaient dû passer leur temps dans une taverne quelconque, les pieds au coin du feu, plutôt que d'aller patrouiller sous les embruns et la tempête.

 Le prévôt connaissait ses hommes et la valeur de chacun. Ou son absence. Un bon paquet ne valait pas tripette et compte tenu de la solde comme de la nature de leur emploi, il était difficile de leur en vouloir. Pourtant, il avait toujours essayé de faire tourner la boutique au mieux. Alors qu'il aurait été beaucoup plus simple de suivre le mouvement et de baisser les bras. Daniel n'avait jamais réussi à surmonter cette contradiction. Il se demandait chaque jour ce qu'il foutait là mais n'en montrait rien.
 « On organise des rondes par équipe sur toute l'étendue du sinistre. Des concitoyens auront probablement besoin d'assistance. On m'a également rapporté un certain nombre de voies de fait durant les trois derniers jours. Certaines bandes ont dû profiter de l'orage pour régler des comptes ou dépouiller tranquillement du civil. La circulation est sérieusement encombrée en périphérie des rues inondées. Faites au mieux pour faire sauter les bouchons. Les équipages se relaieront par demi-journée. La Garde du Port a accepté de nous céder quelques gondoles pour aider à la patrouille et des échelles ont été réquisitionnées auprès du Syndic des Maçons. Des questions ? » conclut le prévôt en réprimant un bâillement.

 Il savait que quelques gardoches avaient profité du récent bazar causé par les intempéries pour pousser un peu loin leurs affaires personnelles. Dans le petit univers interlope de la Garde, la frontière entre le service de l'ordre et la tentation de la truanderie était parfois étonnamment mince. Lui-même faisait des compromis. Il n'avait aucun appétit pour le crime et faisait de son mieux pour honorer une certaine vision de la vertu. En dernière instance, il avait suffisamment tété au sein de la lucidité et du cynisme pour savoir que sa vertu n'était pas forcément celle des autres. Toujours est-il qu'il préféra recomposer temporairement ses équipes pour que chacun surveille chacun. Les huiles de Wasturg – échévins, maester, fortunes – pratiquaient de même.

 « … et enfin, Kollviken et Stöll, vous récupérerez les gondoles en amont de la rue de la Bouche avec Bedaine et Pissefroid. Chat Noir, Wandergroot et leur gars vous relèveront après la midi » finit le prévôt tandis que son regard s'attardait sur Behardt Daine, dit Bedaine. Pour une raison qu'il ignorait, l'échevin Merskel avait pris le temps de lui glisser un mot sur ce gros plein de soupe. Bedaine avait été récemment « muté » des Etraves et Flamands au quartier du Centre. Les rapports le concernant n'étaient pas bons. Daniel accueillit la nouvelle avec une certaine indifférence, ce n'était pas la première fois qu'on lui collait des foireux dans les jambes. Quelques semaines entre les mains de l'instructeur Gemackt et Bedaine pourrait sans aucun doute redevenir Daine tout court. Mais tout ventripotent qu'il était, et probablement incapable de rattraper un cul-de-jatte à la course, sa masse graisseuse et sa taille faisait de lui une montagne mouvante qui pouvait provoquer son petit effet sur les mauvais garçons du Centre. Sans compter qu'il devait mettre de sacrées baffes. Et sans forcer encore.

 Reste que la sortie de l'échevin Merskel revenait en boucle dans l'esprit de Daniel. On le laissait habituellement gérer ses hommes sans venir soulever les pierres pour regarder ce qui se trouvait en dessous. Sauf que l'échevin lui avait demandé de mettre d'office Bedaine en bataillon disciplinaire. Le prévôt avait eu beau lui répondre que la Garde elle-même n'était qu'un grand bataillon disciplinaire, le message était passé d'un regard. Bedaine était censé en baver.

 A défaut de trouver mieux, Daniel assigna Bedaine à une de ses meilleurs équipes. Il les appelait la Crème de la Crème avec un brin de sarcasme et la même dose de tendresse. Des nouveaux qui essayaient de faire leur preuve et qui, tout pétris de défauts, avaient néanmoins pour eux d'être follement téméraires. Les Gardes fraîchement promus étaient souvent comme ça. Jusque qu'à ce que la réalité leur revienne au visage. On y comptait Godsmur, Wandergroot, Chat Noir, Stöll, et Kollviken. Touffe, le clébard de Stöll, était probablement le meilleur élément de l'équipe si on oubliait ses puces. Y ajouter Bedaine et Pissefroid permettrait probablement de tirer les deux derniers vers le haut. Et au pire, ils trinqueraient comme les autres.

 Après que ses hommes aient quitté la salle, Daniel ne put s'empêcher de supputer. Y avait-il la moindre chance que les directives de Merskel aient un quelconque lien avec l'agitation actuelle des maesters ? Ce panier de scorpions se perdaient en intrigues plus fumeuses les unes que les autres. Le prévôt avait beau se trouver au bout de chaîne de commandement, il savait que quelque chose remuait dans les officines du pouvoir wastburgien. Gemackt lui en avait touché un mot. Et si les deux étaient des vétérans de la Garde, Daniel était suffisamment malin pour savoir que l'instructeur Gemackt le devançait toujours en matière de coups foireux.

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