[CR] Berlin XVIII : Rumeurs de guerre

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Macbesse
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[CR] Berlin XVIII : Rumeurs de guerre

Message par Macbesse » sam. nov. 09, 2019 5:09 pm

Berlin XVIII : Rumeurs de guerre

Berlin XVIII : Rumeurs de guerre est la campagne officielle pour la version Pbta de Berlin XVIII v4.
 
Je l'ai écrite avec plusieurs objectifs en tête, entre autres restituer les répercussions d'un climat de tension internationale sur la vie sociale et le travail de police. Berlin XVIII étant une projection déformée des années 80, c'est la crise des euromissiles qui a servi de modèle. Toute la campagne est donc traversée par ce climat délétère et pose aux PJ une question centrale : à quel prix éviter une guerre ?

J'ai eu l'occasion de la tester avec ma tablée habituelle, qui inclue @Khelren, l'auteur de cette quatrième édition, du moins quand il délaisse les rives de la Moldau pour celle de la Seine. C'est toujours un peu intimidant d'avoir l'auteur à table en PJ, même quand c'est un vieil ami avec qui on a bossé sur des projets. On a peur de ne pas être canon - tout ce que vous allez lire a donc été joué by the book.

Quelques mots sur le jeu

Pour présenter un jeu, il ne faut pas s'attarder sur les détails. Berlin XVIII, c'est les années 80 en pire, et on y joue des flics qui manquent de moyens dans une mégapole malade. Le jeu est à mi-chemin de la procédure d'enquête et du roman noir, avec une grosse attention aux conséquences sociales. Il est motorisé par l'apocalypse.
Le reste, on verra plus tard.

Création des persos

Comme souvent avec les Pbta, choisir un perso et le créer n'est, techniquement, pas long, d'autant qu'il y a des pré-tirés et que j'ai fait en sorte qu'ils s'intègrent parfaitement dans la campagne, que j'ai quasiment construite autour.

On obtient rapidement le concept des persos suivants :

- Ceyda Aslan, dite "Baklava", archétype du Marginal (pré-tiré) : en butte avec une famille tradi' qui veut la marier et avec une hiérarchie suspicieuse envers la minorité turkish, Ceyda fait front en redoublant de détermination.

- Maxine Bergman, dite "La petite Bergman" ou "Einstein", archétype du Laborieux (pré-tiré) : fille d'un flic apprécié de tous décédé en mission, Maxine travaille d'arrache-pied et tente de prouver la valeur de ses compétences scientifiques pour sortir de l'ombre de son père.

- Emmanuel Goldstein dit "Rabbin" (en hommage à Yitzhak Rabbin) ou "Rabbit", archétype du Rebut : persona non grata en Israel, Emmanuel Goldstein n'a pas mieux réussi en Europa. Il a franchi plusieurs lignes rouges et il est placardisé, peut-être à vie.

- Max Krieger, dit "Papi", archétype du Vieux Singe : homme de terrain devenu Sergent-Chef à la pure ancienneté, Max est vieux, divorcé, et il compte les jours avant la retraite, mais il est expérimenté et d'une grande rigueur en matière de procédure.

- Jürgen Ackermann, dit "Das Wolf", archétype du Chien fou : brutal et tête brûlé, Jürgen n'a de cesse de tester les limites et pense que la violence est le seul moyen de résoudre correctement les problèmes.

À la suite de cela, vienne des questions sur les livrets qui permettent de préciser les personnages et d'établir entre eux des relations : chaque joueur pose de une à trois questions à la cantonade, et le joueur que le rôle intéresse prend et répond. C'est assez copieux si on veut répondre à toutes les questions, ce que la tablée s'est empressée de faire (sauf le joueur de Ceyda, qui a oublié ses questions d'historique). :D

On obtient pas mal de leviers sur les personnages et une belle relation map.

Ceyda Aslan
  • Est en butte aux remarques racistes et sexistes d'Emmanuel, à qui elle doit son surnom : "baklava" coche toutes les cases du bingo. Emmanuel fait des remarques blessantes sur les musulmans en général, mais n'assume pas, façon "oui mais toi c'est pas pareil" ou "c'est juste de l'humour". C'est la raison pour laquelle Maxine a commencé à déformer le surnom "Rabbin", qu'Emmanuel s'était auto-attribué, en "Rabbit", rapport à la lâcheté de l'animal.
  • Est très appréciée par Maxine, qui admire son courage de vivre une vie indépendante dans un milieu traditionaliste. Réciproquement, Ceyda est la seule personne qui ne l'appelle pas "la petite Bergman" mais "Maxine".
  • Récemment, une intervention dans Reinickendorff a déraillé à grande vitesse. Ceyda n'a du son salut qu'au sacrifice de Bergman père et à la gâchette de Jürgen, qui a défouraillé sur tout le monde.
  • Ceyda essaye de tirer son cousin Eren du gang des Neu Savasçi (le Nouveau Guerrier, en turcallemand dans le texte). Pour l’instant, elle l’a surtout sermonné en espérant qu’il voit le bon chemin.
Maxine Bergman
  • a été formée par Max Krieger, bizutage compris. Elle reste très attachée à son mentor.
  • Préfère travailler avec Ceyda, la seule qui la respecte vraiment, au point de la considérer comme une amie et un modèle.
  • S’est endormie alors qu’elle gardait les preuves, après une semaine trop chargée en heures sup’ et des preuves ont disparu.
  • Depuis, Maxine a peur... de s’endormir. Sa consommation de café est impressionnante, et il se pourrait qu’elle essaye autre chose pour tenir.
  • Pour ne pas péter la gueule aux collègues qui ne cessent de lui parler de son père, Maxine tape furieusement sur des sacs de sable au gymnase, où elle croise souvent Ceyda, qui doit visiblement extérioriser aussi. Encore un truc qui les rapproche.
Jürgen Ackermann
  • Max Krieger a témoigné contre lui dans le cadre d’une enquête interne.
  • Ceyda considère ses méthodes comme brutales et illégales et s’est promis de l’empêcher de nuire.
  • Emmanuel envie sa détermination.
  • Par le passé, Max a perdu son épouse dans un car-jacking sur l’Autobahn. Quand ils ont été attaqué, il n’avait pas son arme sur lui et n’a pas pu les défendre. Il a été blessé, elle ne s’en est pas sortie. Depuis, il s’est juré d’être toujours prêt à faire face.
  • Jürgen a récemment écopé d’un blâme pour usage disproportionné de la force. Il a tabassé un suspect de trop sous les yeux de Max Krieger, qui a arrêté de le couvrir.
  • Jürgen tient plus que tout à sa fille et au souvenir de son épouse, Katarina.
Emmanuel Goldstein
  • Maxine Bergman sait que le SAD possède un dossier fourni sur Emmanuel. Et pour cause, il lui a demandé de le consulter.
  • Max Krieger était le coéquipier d’Emmanuel au moment de sa rétrogradation. C’est à ce moment-là que Krieger est devenu Sergent-Chef.
  • Jürgen Ackermann vient souvent prendre conseil auprès d’Emmanuel. Il considère que son expérience en matière de limites est précieuse, pour savoir exactement quand s’arrêter ou masquer un abus.
  • Emmanuel passe tout son temps libre à écrire un ouvrage appelé Le communautarisme oligarchique (la référence à 1984 commence à se voir).
  • Son épouse a été injustement condamnée, du moins de son point de vue. Elle a tiré au fusil-mitrailleur sur un gang turkish qui allait l’agresser. La réponse a été jugée disproportionnée, d’autant que le fusil-mitrailleur était détenu illégalement.
Max Krieger
  • a été récemment accompagné par Emmanuel Goldstein à l’enterrement de Bergman père. Cela compte pour lui et Emmanuel est passé du stade de « connard » à celui de personne à part entière. Ils ont pu évoquer le travail de flic, l’engagement dans le métier, toutes choses auxquelles Max pensait Emmanuel étranger.
  • Ceyda est sous sa protection. Max la respecte pour son volontarisme et sa capacité à s’affirmer et à surmonter les difficultés liées à ses origines.
  • Jürgen a commis une faute que Max a couverte. La première fois qu’il a tabassé un témoin, Max a fermé les yeux. Pas la deuxième.
  • Max porte sur lui un pistolet de crochetage pour entrer par effraction chez les suspects. C’est totalement illégal.
  • Max tient plus que tout à sa fille. Son mariage a été un naufrage, le divorce est coûteux, et c’est la seule personne de sa famille qui lui reste.
  • Max a sacrifié son mariage pour le taf’, ou plutôt, c’est le naufrage du mariage qui l’a poussé à faire toujours plus d’heures et à s’investir dans le boulot de flic, alors qu’il aurait préféré être un père tranquille. D’une certaine manière, c’est à cet échec de sa vie privée qu’il doit ses galons.
Dernière modification par Macbesse le dim. nov. 10, 2019 11:44 pm, modifié 5 fois.

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Re: [CR] Berlin XVIII : Rumeurs de guerre

Message par Dox » sam. nov. 09, 2019 7:13 pm

Un CR que je vais suivre avec beaucoup d'attention ! :D
Le JDR : le poids des mots, le choc des dés ! :bierre:

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Re: [CR] Berlin XVIII : Rumeurs de guerre

Message par Macbesse » dim. nov. 10, 2019 10:27 am

Dox a écrit :
sam. nov. 09, 2019 7:13 pm
Un CR que je vais suivre avec beaucoup d'attention ! :D
J'ai mis à jour le post pour terminer la phase de création de perso.

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Re: [CR] Berlin XVIII : Rumeurs de guerre

Message par Macbesse » dim. nov. 10, 2019 11:25 am

Création du Secteur XVIII

Berlin XVIII a bien sûr un univers établi, mais dans la version Pbta, il est possible de le personnaliser, d'abord à travers des options de quartier puis, de manière optionnelle, avec des modifications portant sur la géopolitique de la Fédération.
Dans le cas présent, cette phase est escamotée car la campagne prédétermine une partie des options. Principalement, elle garde les mêmes que l'épisode-pilote. J'annonce ainsi que le quartier turkish, Kreuzberg, est sous la juridiction des PJ.

Avantage

Un Rotlicht Distrikt, un Quartier rouge où prostitution et drogue sont légales, est géré directement par la municipalité et des conglomérats, avec salles de shoot, Eros Centers et location de chambres d’hôtel à l’heure. Les Falks peuvent s’occuper d’autres choses que de poursuivre les petits dealers et les prostituées. Ils doivent simplement surveiller les lieux et peuvent faire le tour de leurs indics sans risquer de se faire tirer dessus. En outre, les juteux revenus tirés de ce Quartier permettent de financer de nombreux services publics et notamment les forces de l’ordre.

-> Les joueurs des éditions précédentes reconnaîtront la Petite Amsterdam, terme que, pour ma part, je n'utilise pas à ma table, dans la mesure où le modèle allemand a, depuis les années 80, largement dépassé en intensité le modèle hollandais.

Inconvénients

⊗ Une zone désaffectée, sans électricité ni eau chaude, se développe comme une tumeur au sein du secteur XVIII. Entourée de murs et de barbelés, seuls y vivent les plus pauvres, les immigrés clandestins, les punks, les camés et les marginaux. Ces populations craignent les Falks, sûrement à juste titre. Les plaintes sont rares et presque jamais prises au sérieux, si bien que des déviants et des criminels sévissent en toute impunité. Les médias s’intéressent par à-coups à ce Quartier, source de faits divers horribles qui font vendre du papier et du temps d’antenne.

-> Il s'agit bien sûr de Reinickendorff, ravagé par la guerre avec l'Ursia et véritable pétaudière.

Les joueurs n'ont pas très envie de la pauvreté endémique proposée en seconde option par le cadre pré-tiré et je n'en ai pas spécialement besoin pour la campagne, alors je leur propose de prendre un autre deuxième défaut.

Ils prennent :

⊗ Une prison occupe une partie du secteur XVIII. Décidez s’il s’agit d’une prison de haute sécurité, d’une pétaudière insalubre et surpeuplée ou d’une prison politique de funeste réputation. La prison est au centre de divers trafics en raison de la corruption des matons, et la population aux alentours de la zone vit à juste titre dans la crainte d’une attaque ou d’une révolte du complexe pénitentiaire.

C'est le lieu de détention de l'épouse d'Emmanuel Goldstein, et c'est une pétaudière.

J'annonce enfin la modification d'univers. Là encore, il y a des options prédéfinies, et j'en ai coché une.

⊗ La Turquie est devenue une dictature qui a exercé une vague de terreur sur ses populations. Une migration massive
des populations menacées a trouvé refuge en Europa. Des militants turkish et kurdish dynamitent des bâtiments
officiels et s’en prennent à des personnalités politiques. La population vit dans la peur, certains monuments
berlinois ont été détruits. En jeu, le Ministerium a soumis chaque PJ à une enquête interne afin de s’assurer de sa loyauté.
Comme toute option cochée, elle est réappropriée.

Mais attention, je me suis réapproprié cette option. Dans cette variation sur l’univers de Berlin 18, la Turquie est devenue une dictature, qui plus est génocidaire. Toutefois, la dictature a été renversée quand la Saison commence. Une jeune démocratie, qui prend le nom de « République ottomane », tente de recoller les morceaux d’une nation en miettes à travers un projet multiethnique.

J'en profite pour demander à Ceyda ce que sa famille a perdu, ou gagné, avec la dictature, et pourquoi le mari que sa famille essaye de lui imposer a fui la Turquie... avant ou après la Révolution des Tulipes, d'ailleurs ?

-> Sa famille a perdu son unité. Certains ont suivi la dictature jusqu'au bout, d'autres en ont souffert et se sont engagés dans la Révolution. Les deux parties de la famille semblent irréconciliables. Sa branche de la famille, berlinoise, est du côté de la Révolution. Son futur mari était du côté de la dictature. Le mariage est perçu comme un moyen de réunir et de réconcilier la famille, d'où la pression énorme qui pèse sur elle.

On boucle avec quelques questions générales pour engager tous les joueurs.

⊗ Quels sont les signes avant-coureurs d’une guerre avec l’Ursia ?
-> Des manœuvres militaires ursiennes près des marches oslaves.
J'ouvre, de mon côté, l'Horloge de tensions urso-europaises, qui est le moteur de ma campagne.

⊗ Quelle communauté vient de trouver refuge dans Berlin à cause d’un conflit ?
-> La réponse est évidente, il s'agit de la communauté kurdish. Cette arrivée déstabilise Kreuzberg, qui ne connaissait jusqu'alors pas de tensions ethniques.

⊗ En quoi Berlin est-elle une cité monstrueuse ? Berlin est-elle une mégalopole étendue au point d’être tentaculaire, ou au contraire une cité tout en hauteur avec d’innombrables gratte-ciels ?
-> C'est la mégalopole, comme dans l'original.

⊗ Quel lieu ou monument a été récemment touché par un attentat ? Qui en serait à l’origine ?
La Falkhaus elle-même. Rien de grave, mais ce n'est jamais agréable. On soupçonne une minorité de Kreuzberg.

Les joueurs ajoutent que le Rotlicht Distrikt est en grande partie propriété de Bayer, surtout pour l'aspect toxicomanie, et que Bouygues s'intéresse de près à Reinickendorff et planifie de vaste projets de réhabilitation permettant d'en chasser les pauvres.

Pourquoi les collègues du secteur XVII se considèrent-ils comme supérieurs aux Falks du secteur XVIII ?
Leur taux d'élucidation est meilleur, le taux de criminalité plus faible, car les Falks du XVIII ne se laissent pas acheter par la mafia, contrairement à leurs collègues du XVII. C''est donc la mafia qui fait le taf de police dans le XVII

Création de la Falkhaus

Là encore, le jeu propose des options et des questions. Deux avantages, deux inconvénients.
⊗ Un déménagement a récemment contraint de changer de Falkhaus. Qu’est-il advenu de l’ancienne Falkhaus ? Qu’est-ce qui a été laissé derrière ?

-> De l'espace et les vestiaires séparées. L'ancienne Falkhaus, située dans Kreuzberg, a été transformée en logements sociaux.

⊗ En quoi la nouvelle Falkhaus n’est-elle pas encore adaptée à sa fonction ? Quelles sont les principales contraintes posées par l’emménagement dans cet immeuble ?

Le manque d'espace crée des tensions et des problèmes de confidentialité. Interroger un témoin ou prendre une plainte devrait pouvoir se faire dans un espace isolé et privatif.

⊗ Quelle tradition, génération de Falks après génération de Falks, stupide pour certains, importante pour d’autres, anime cette Falkhaus ?
- Le bizutage : on emmène la recrue chez un bon client sous prétexte d'un contrôle de routine, et on regarde comment elle se débrouille.
- L'ancien bar à flics : il est loin, dans Kreuzberg, mais tout le monde continue d'y aller malgré le déménagement.

⊗ Quelle marotte de la haute société du secteur I fait faire des nuits blanches au Faltfur ?

La bonne société s'est entichée de la cause kurde. Ils viennent faire des concerts de soutien dans des points chauds et c'est à la Falkhaus d'assurer la sécurité, sans être toujours prévenue.

Avantages

La Falkhaus est protégée par un individu ou un groupe puissant. Lorsqu’un PJ dépose une demande officielle, il gagne +1 sur son jet si le protecteur soutient cette demande.
Ce protecteur, c'est Bayer.

La Falkhaus est bien équipée. Les patrouilles possèdent quelques Vogelwagen, des voitures à moteur antigravitique (volant, 2-armure) au lieu des véhicules de patrouille standards.

Inconvénients

La Falkhaus est située en plein dans un Quartier pourri. Le climat est tendu et les émeutes fréquentes. L’Horloge de ce Quartier démarre à 15h00.
-> Kreuzberg est choisi. Ca tombe bien, j'ai une Horloge toute prête pour ce Quartier, avec des péripéties intéressantes... et j'ai de quoi plonger dans le vif du sujet On y reviendra. :D
Les Falks voisins haïssent ceux du secteur XVIII et sont prêts à tout pour leur foutre des bâtons dans les roues.
Les interventions dans ce secteur doivent se faire à leur insu. Aucun preuve ne peut être collectée dans un secteur voisin. Le milieu criminel
exploite cette faille sans vergogne
Vu les questions précédents, "les secteurs voisins", c'est surtout le secteur XVIII. C'est donc la guerre ouverte.

Et voilà !
On va pourvoir jouer.
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Re: [CR] Berlin XVIII : Rumeurs de guerre

Message par Sammael99 » dim. nov. 10, 2019 11:43 am

Je vais suivre de près. Et si tu peux continuer à détailler les mécaniques au fil du récit je t'en serais très reconnaissant. Particulièrement pour ce qui touche aux horloges.
Mozart n'a pas écrit que le Boléro de Ravel. Mais aussi plein d'autres trucs beaucoup moins connus (comme le canon de Pachelbel). - Le Grümph

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Re: [CR] Berlin XVIII : Rumeurs de guerre

Message par Macbesse » dim. nov. 10, 2019 4:29 pm

SPOILER ALERT : SI VOUS COMPTEZ JOUER LA CAMPAGNE, PASSEZ VOTRE CHEMIN




SPOILER ALERT




SPOILER ALERT




SPOILER ALERT



Que la campagne commence !

Pour commencer, toute la campagne est articulée autour des tensions croissantes avec l'URSIA. Les quatre scénarios qui la composent comportent, chacun, la possibilité de faire grimper l'Horloge, et pas toujours en cas d'échec de l'enquête. À minuit, la guerre est déclarée.

La campagne prévoit l'Horloge suivante, ouverte à 15h00 en début de campagne.

12h00 Paix froide.
15h00 Rodomontades ; climat de suspicion.
18h00 Manœuvres militaires ; dénonciations entre voisins.
21h00 Violation de l’espace aérien ; manifestations contre la guerre et contre-manifestations violentes. Augmentez une Horloge de Quartier.
22h00 Incident frontalier ; ratonnades contre les Oslaves. Augmentez une Horloge de Quartier.
23h00 Conférence de la dernière chance ; pénuries et pillages des magasins. Augmentez une Horloge de Quartier.
24h00 La guerre est déclarée et les premiers missiles tombent dans les marches oslaves.

Pour être juste avec les joueurs, je descends "Manœuvres militaire" à 15h00, puisque c'est ce qu'ils m'ont donné. J'aurais pu être vache et la placer directement à 18h00 puisque les Horloges sont à la fois descriptives et prescriptives. Pour être plus clair, s'il se passe un truc en jeu qui est écrit dans une Horloge, alors on avance l'Horloge à ce niveau-là. Inversement, si l'Horloge avance par le biais de la mécanique, alors il se passe un truc en jeu.

Ensuite, les joueurs ont choisi Kreuzberg comme quartier pourri. Son Horloge démarre à 15h00. Très bien, j'ai justement un scénario avec une Horloge de Kreuzberg détaillée. C'est celui-là que je vais faire jouer en premier.

Horloge de Kreuzberg a écrit :12h00 Le Quartier est tranquille.
15h00 Manifestation légale et pacifique.
18h00 Manifestation non déclarée et contremanifestation. Heurts en marge.
21h00 Manifestation géante et montée de barricades. Heurts nombreux et violents.
22h00 Guérilla urbaine.
23h00 Violences interethniques.
24h00 L’armée intervient ; la loi martiale est décrétée.

Une manif', cela fait une première scène tout à fait sympathique pour mettre en scène le quartier et ses tensions.

Souviens-toi et meurs / Bîranîn û mirinê

En bref : un commando kurde enlève une délégation de hauts responsables de la République ottomane venus négocier une alliance afin d'exiger la reconnaissance du génocide de leur peuple par la dictature. Entre l’oubli et la mémoire, la sécurité fédérale et la reconnaissance d’un crime de masse, que choisiront les Falks ?

Designer note !
En termes d'inspirations, il faut savoir que les années 80 ont été marquées par des enlèvements de diplomates turcs par des terroristes arméniens qui demandaient la reconnaissance du génocide. Le mouvement a été très populaire et il a été lié au réveil de la mémoire arménienne, jusqu'à l'attentat d'Orly, qui amène la communauté à s'en désolidariser. Je l'ai transposé aux Kurdes, qui évoquent notre présent. Quand j'ai écrit la campagne, l'attaque contre la Rojava n'avait pas commencé, mais le fond de l'air était déjà très frais, et il existait déjà de nombreuses fictions sur lesquelles fixer son imaginaire (De l'autre côté, My sweet pepperland...).

Revenons à nos manif'. Si le compteur avait été à 12h00, les Falks auraient eu la nouvelle de l'attaque du commando au commissariat et auraient été chargés de l'enquête par le Faltfur. À 15h00, le dispositif est forcément différent. D'une certaine manière, il leur est potentiellement plus favorable.

Briefing : tous à la manif'

La journée commence par le briefing, supervisé par le Faltfur en personne au vu des enjeux. Trois personnalités politiques importantes de la République ottomane - le chef du gouvernement, la ministre des affaires étrangères et l'égérie de la Révolution - viennent rencontrer les dirigeants de la Fédération. En ce jour, ils font un crochet par Kreuzberg pour rencontrer des membres de la communauté. Les envoyés disposent de leur propre service de sécurité et tiennent à disposer de leur souveraineté. Il ne s'agit pas de faire ce travail à leur place, ils n'y tiennent pas. En revanche, il faut assurer l'ordre dans le quartier pour faciliter le travail des négociateurs europais. Deux manifestations ont lieu ce matin, aux ambitions diamétralement opposées. La première est animée par des personnalités de la communauté kurde. Elle a pour mot d'ordre la reconnaissance immédiate du génocide qui a fait douze millions de morts au temps de la dictature des généraux. La deuxième émane des milieux ultra-nationalistes turkish, qui prônent le retour à la dictature. Les ordres sont simples :
  • Ces deux manifestations ne doivent se croiser sous aucun prétexte. Les itinéraires autorisés ont été spécialement prévus pour.
  • Aucune de ces deux manifestations ne doit approcher à moins de 300 mètres des visiteurs étrangers. Ils ne restent heureusement dans le quartier que de 9h00 à 14h00.

En bon Sergent-Chef, Krieger constitue des binômes. Il met ensemble Jürgen et Maxine, en se disant que si Jürgen dérape, il tapera sur des fachos ultra-militariste, ce qui est toujours moins gênant pour sa conscience, et qu'ils se comprendront très bien entre gens violents. Ceyda et Emmanuel sont en charge de la manif' kurde, et Krieger pense que sa protégée agira avec tout le détachement nécessaire.
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Re: [CR] Berlin XVIII : Rumeurs de guerre

Message par Macbesse » dim. nov. 10, 2019 5:35 pm

Les assassins de la mémoire

La manifestation pour la reconnaissance du génocide rassemble des centaines de milliers de manifestants, au-delà même de l'importante communauté kurdish qui dépasse allègrement le million de représentants dans le seul Berlin. La communauté armin s'est jointe au cortège, ainsi que des Turcs libéraux, des représentants de la communauté juive et des associations de défense des droits de l'homme. Les manifestants sont habillés de noir et couverts de cendres. Ils portent des brancards où gisent des corps ensanglantés - des hommes, des femmes et des enfants couverts de sang factice. D'autres brandissent des photographies de scènes d'horreur, de visages tordus par le gaz et de corps abîmés par la faim. Tous psalmodient, à voix basse et sans jamais s'arrêter, "Souviens-toi et meurs", en toutes langues. Kurde. Allemand. Arménien. Turc... Ceyda est impressionnée. Les communautés vivent plutôt en bonne entente et elle n'avait jamais vraiment pris conscience ni de l'importance numérique des Kurdish, ni de la profondeur de la blessure. Elle ne s'en laisse cependant pas compter et entreprend d'identifier les meneurs et leurs intentions [Sentir l'eau du bain, manœuvre de Marginal, et c'est un 7-9]. Pour l'instant, tout semble calme. Elle repère Balaban Rekan, de l'Association du Retour, au discret va-et-vient entre son groupe et d'autres. Rekan est une figure importante de la communauté kurdish et un survivant du génocide. Elle le garde à l’œil.

Du côté ultra-nationaliste, le cortège est plus resserré, une dizaine de milliers de personnes tout au plus. La dictature des généraux n'avait de toute évidence pas une grande assise chez les Turkish de Berlin. Les militants ont sorti les drapeaux turcs, qui n'ont plus cours dans la République ottomane, et le service d'ordre montre ses muscles. Jürgen se place de telle sorte que toute sortie de l'itinéraire signifie la bagarre immédiate. Maxine, de son côté, filme la manifestation et cherche des visages qu'elle connaît. Elle a passé beaucoup de temps dans la semaine à préparer la manifestation et a compulsé les dossiers des personnalités fichées. [Mémoire des visages, manœuvre de Laborieux, Maxine prend 2 stress et c'est un 7-9]. Maxine reconnaît Hayririye Ali, directrice du Comité Talaat Pacha, soutien de la dictature qui demande la révision du procès de Smyrne qui a condamné les généraux à la prison à perpétuité. Le Comité publie en outre une abondante littérature négationniste et s'était déclaré prêt à "assister les forces de l'ordre pour maintenir l'ordre contre toute tentative de débordement". C'est ce qui l'avait rendue suspecte : la hiérarchie estime qu'il existe un risque important de provocation, voire d'attentat sous faux pavillon. Un homme rentre dans le champ de la caméra. Une petite quarantaine, buriné, le visage fermé. Il porte une cicatrice à la joue gauche. Il discute pendant deux minutes avec la directrice du Comité, d'une façon qui semble professionnelle, et sort du champ comme du cortège.

Pendant ce temps, Max Krieger s'ennuie un peu à la Falkhaus et regrette de ne pas être allé sur le terrain. Il est alors sollicité pour un dépôt de plainte. Le secrétaire pense que cette prise en charge pourrait l'intéresser au vu des événements du jour. L'homme que reçoit Max a, d'après son passeport, quarante-six ans, mais il en paraît bien davantage tant son corps est abîmé. Il est régulièrement agité de tremblements, et sa voix se tarit. Survivant du génocide, il a obtenu l'asile dans la Fédération. Il dit avoir vu... et puis plus rien. Max entreprend de le traiter avec égards et de lui laisser le temps. [Réunir des indices : 7-9, gain d'1-preuve] Alors l'homme raconte son histoire. Sa déportation depuis les confins de la Cappadoce jusqu'à la ville-camp d'Elazig dans une longue marche de la mort. La torture en chemin. Et puis, à Elazig, la faim. La révolte manquée et les gaz de combat. Le sarin. Et le cauchemar n'est pas fini. À Berlin, il l'a vu, le Loup Rouge. Celui qui conduisait les convois depuis la Cappadoce, et qui torturait des détenus. Au hasard. Des hommes, des femmes, des enfants. Et il a vu sa femme, enceinte, éventrée sous ses yeux. Il ne sait pas comment le Loup Rouge est venu ici, s'il est venu pour lui. Il a peur. Il en fait la description, une description approximative - la terreur n'aide en rien - et indique l'endroit où il l'a vu, ainsi que les personnes qui pourraient étayer son témoignage. Max en sait assez. Il assure l'homme de sa compassion et des efforts qu'il mettra en œuvre pour rendre justice, et cherche dans le fichier des criminels de guerre recherchés. Il ne trouve rien. Alors, il appelle Maxine. Justement, elle a vu un homme correspondant en tous points à cette description... et, non, il n'est plus là, il est parti.

Max Krieger a un mauvais pressentiment. Il quitte le bureau pour rejoindre le parking aérien, direction les Vogelwagen.

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Re: [CR] Berlin XVIII : Rumeurs de guerre

Message par Macbesse » dim. nov. 10, 2019 7:13 pm

Le centre Orhan Pamuk

À mesure que les cortèges se rapprochent du centre Orhan Pamuk, où les représentants de la République ottomane admirent une exposition sur les réformes modernistes de l'empire ottoman - elle a été spécialement conçue dans un but diplomatique -, les cortèges se font moins docile. D'une part, le cortège pour la mémoire kurde est si long que les retardataires sont visibles du cortège ultra-nationaliste. Ils forment une cible plutôt facile, et des militants de Talaat Pacha font mine de quitter le cortège pour aller leur chercher des crosses. Jürgen intervient vigoureusement et bloque les manifestants à coup de tonfa-taser. [Faire usage de la force : 7-9] Dans la mêlée, il prend quelques coups, mais il a l'habitude. Ce n'est pas un hématome qui va l'effrayer. Du côté de la manifestation kurde [Prendre la température : 7-9], le long cortège fait mine de changer de direction, imperceptiblement mais inexorablement. Ceyda va voir directement Balaban Rekan. Elle est reconnue. Elle lui fait clairement savoir qu'elle sait ce qu'il s'apprête à faire. Rekan ergote un peu, prétexte que la manifestation est légale, et puis Ceyda s'impatiente et se fait plus clair. Rekan fait valoir qu'il aimerait que les dirigeants les voient, pour toucher leur coeur. Ceyda dit que c'est impossible, mais qu'à défaut, peut-être qu'ils pourraient les entendre. Rekan concède. Il donne l'ordre à la manifestation de rentrer dans son lit et, à trois cents mètres du centre, une foule commence à hurler en chœur : "souviens-toi et meurs". Tout semble sous contrôle, quand Maxine et Jürgen entendent très distinctement le bruit de fusils mitrailleurs, puis une détonation. Du côté kurde, le bruit de la foule couvre tout. Ceyda et Emmanuel n'entendent rien.

Maxine se rue sur sa voiture pour rendre compte à Max. Max vient de s'installer dans sa voiture. Il part. Il donne l'ordre à Emmanuel de se rendre sur les lieux séance tenante, mais Emmanuel n'entend rien. Alors il prend de l'altitude. C'est Jürgen, sans attendre aucun ordre, qui court vers le centre Orhan Pamuk. Cinq minutes plus tard, les deux cortèges semblent au courant de l'assaut. Le cortège de la mémoire kurde se fait silencieux. Ceyda apprend que le centre a été attaqué et ordonne à la manifestation de se disperser. Elle est obéie. Du côté des ultra-nationalistes, une fraction de la manifestation se détache et part en direction du centre. Maxine tente de faire barrage avec son véhicule et fait des sommations. [Survivre dans la jungle 6- : j'augmente l'Horloge de quartier - heurts, manifs non déclarées ; elle gagne un XP pour avoir été en difficulté à cause de son manque d'expérience de la rue]. Les manifestants n'en ont cure et avancent. Elle décolle, mais deux personnes parviennent à s'accrocher, alors elle va secouer son véhicule au-dessus d'un bassin [faire usage de la force : 10+].

Jürgen arrive devant le centre, gardé par la sécurité ottomane. Il montre son badge, tente de passer en force et met en balance son autorité de Falk. [Survivre dans la jungle : 6- ; manœuvre de MJ : faire monter la pression]. Le garde refuse obstinément. Il pointe son flingue sur Jürgen et lui assène que le centre, tant qu'il est prêté par la Fédération, bénéficie de l'extra-territorialité. Il ne peut être violé, même par des Falks. La panique s'étant emparée du garde, Jürgen change de méthode. Jürgen fait le tour du bâtiment et repère un trou béant dans mur. L'odeur d'explosifs et de cordite est forte.

Emmanuel a enfin reçu les ordres de Max, et il a le trou dans le bâtiment dans son champ de vision. Il commence à regarder les voitures, mais il est confronté à un dilemme : les manifestants commencent à se rapprocher du centre, et le service de sécurité semble se préparer à tirer. Alors, il opte pour le gazage à la lacrymo des premières lignes. Les grenades lacrymo pleuvent sur le cortège depuis le ciel. [Faire usage de la force : 10+]. Les manifestants n'ont d'autre choix que de se disperser et le bain de sang est évité.

À l'intérieur, Jürgen passe dans les décombres d'une remise, puis arrive au pied d'un escalier, où il trouve des corps. Avec leur costard, leur oreillette et leur arme automatique à la main, il n'y a pas de doute, il s'agit de la sécurité. Jürgen en déduit qu'ils poursuivaient les assaillants et que ces derniers ont réussi à couvrir leur retraite et à se ménager une sortie, certainement prévue d'avance. Tout cela annonce soit un assassinat, soit un enlèvement.

En vol, Max arrive en vue du centre. Il est furieux d'apprendre que les ordres n'ont pas été respectés. Il a bien un homme à l'intérieur, mais c'est Jürgen. Qui sait ce qui peut se passer ?

Jürgen avance prudemment [Survivre dans la jungle : 7-9]. Il entend une présence, une forte respiration, comme celle d'un blessé. Il entend le barillet d'un pistolet. Il contourne habilement la colonne derrière laquelle l'homme se cache et lui assène un grand coup de matraque-taser [Faire usage de la force : 7-9]. L'homme est maîtrisé et il se rend compte de sa méprise, mais le coup part et Jürgen est légèrement blessé [1 stress seulement, quel escroc !]. Jürgen se fait connaître. Accompagné du garde du corps, il progresse plus vite et rend vers le lieu de l'attaque. Le plafond a été éventré par des rafales de fusil-mitrailleur et des blessés sont sous les décombres. Ils n'ont, heureusement, pas pris de balles perdues. Jürgen trouve un téléphone et rend compte au Central, qui répercute à Krieger.

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Re: [CR] Berlin XVIII : Rumeurs de guerre

Message par Macbesse » dim. nov. 10, 2019 7:53 pm

Premières pistes

Max Krieger est enfin sur place. Il ne s'est pas écoulé très longtemps entre son départ de la Falkhaus et son arrivée, mais le temps lui a semblé interminable, au point qu'il cherche le point de rendez-vous des officiels, le lieu où tous les gradés sont déjà en train de discuter, et ne le trouve pas. Satisfait, il se pose bien en évidence devant le centre, au milieu des renforts, afin d'attirer à lui ceux qui ne manqueront pas de se présenter. Le Lieutenant Veronika Henkel, sa supérieure hiérarchique, lui a demandé de prendre l'enquête et de ne pas laisser les Fédéraux s'en emparer. Elle craint qu'ils ne fassent du mauvais travail et n'aient pas le tact demandé par le quartier. C'est toute la sécurité de Kreuzberg qui est en jeu et, dans la mesure où l'incident s'est produit dans le Secteur XVIII, la réputation de la Falkhaus est engagée.

Krieger voit arriver les voitures banalisées des Fédéraux. L'agent Federer se présente. Elle porte un tailleur strict et semble dépourvue d'humour. Elle demande l'accès au site. Krieger répond qu'il n'est pas encore sécurisé. Il y a eu une explosion et il ne veut pas que des représentants de la loi soient pris dans un surattentat. Il a demandé l'appui du bomb squad [Faire une demande officielle : 10+], qui est en route. Il gagne du temps en évoquant un criminel de guerre qui pourrait être à l'origine de l'attentat. L'agent Federer s'enquiert de son identité et Krieger gagne du temps. Cette information concernant une procédure en cours, il doit faire valider le transfert d'information par sa hiérarchie.

Krieger a tout de même envoyé la petite Bergman à l'intérieur, et n'a eu aucun mal à convaincre les services de sécurité ottomans du bien-fondé de cette démarche,d'autant plus que l'ambassadeur, de l'intérieur, a recadré l'équipe. Maxine a pris le temps de prendre conseil auprès d'Emmanuel [qui marque donc un XP]. Il vaut mieux, a-t-il affirmé, commencer par interroger les personnels diplomatiques, car il ne sera pas possible de les convoquer au commissariat. Maxine et Jürgen procèdent donc tour à tour à l'audition des témoins, de façon informelle. Ils sont blessés et fatigués, mais sont en attente d'une sortie sûre et les Falks leur prodiguent un certain réconfort.

L'ambassadeur et la consule sont tous les deux très jeunes. Ils ont une petite vingtaine : le renouvellement du personnel politique est sensible. Julius Kara, l'ambassadeur, décrit l'attaque [Récolter les indices : 7-9, une preuve]. Quatre personnes ont fait irruption dans la salle d'exposition. Il n'a pas reconnu de visages, les individus étaient masqués. Il serait difficile d'identifier grâce à la voix. Ils parlaient peu. Des grenades flash ont été tirées, puis les mitrailleuses ont fait s'effondrer le faux plafond. Il est tombé, comme tout le monde. Les assaillants ont dégagé rapidement les "envoyés de la Sublime Porte" et il s'est senti tiré. Et puis il a entendu "pas lui", en kurde. Ensuite, il a pris un coup de taser et il a perdu connaissance.

Zarife Yıldız, la consule, confirme son récit. Elle est restée consciente plus longtemps. Elle a vu le service de sécurité se ruer à la poursuite du commando, à l'exception du survivant, Jiang Gao, le mercenaire australasien. Il semble avoir hésité, puis être parti avec les autres, sous la pression du comportement collectif. Pour elle, cela ne fait pas de doute, il s'agit d'un enlèvement... mais pendant que la consule fait son récit, Maxine a comme un doute. Elle semble avoir eu envie de dire quelque chose et s'être retenue. Elle se dit qu'il suffirait de pas grand-chose pour qu'elle parle, et laisse Jürgen avec elle. Il apporte des cafés, disserte sur la chance que les assaillants n'aient pas cherché à achever les blessés et se soient montrés, finalement, respectueux des vies humaines. L'inquiétude de la consule grandit. Elle finit par lâcher le morceau. Elle est inquiète pour la Ministre des Affaires Etrangères, Madame Demir. Defne - le prénom lui échappe - était en poste avant la Révolution. Elle assure une certaine permanence aux institutions, et son expérience est précieuse à la Révolution, mais... comme l'a fait remarquer Son Excellence, si le commando est kurde, un problème pourrait se poser. C'est que Madame Demir était le préfet d'Istanbul, et qu'elle a apposé son contreseing à l'ordre de déportation des Kurdes vers Elazig. Elle était obligée, s'empresse-t-elle de justifier, et elle s'est exilée aussitôt après cette action, qui sans nul doute l'a révoltée.

Maxine écoute attentivement. Elle prend le téléphone et rend compte à Max. Il vient de recevoir les données du dossier, fournies par VELDA, et il suspectait justement quelque chose de ce genre. C'est mauvais, très mauvais. Tant que les preneurs d'otage - si on suit la piste kurde - n'auront pas cette information, il sera possible de discuter avec eux. S'ils l'apprennent, les choses risquent de tourner vinaigre quoiqu'on fasse. Le bomb squad ayant fini son travail, Max ordonne l'évacuation des blessés par l'arrière du bâtiment, puis rentre dans le centre et ordonne à toute son équipe de faire de même. Il est temps de faire le point.

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Re: [CR] Berlin XVIII : Rumeurs de guerre

Message par Macbesse » dim. nov. 10, 2019 8:16 pm

Mise au point : le dossier

Max arrive avec un énorme dossier et de mauvaises nouvelles. Les projections de VELDA sur l'enquête laissent entrevoir des issues aux répercussions très négatives en cas d'échec de l'enquête.

Il faut ici savoir qu'un bon tiers du Dossier - le scénario -, est visible des joueurs. Il existe dans la fiction en tant que document produit par VELDA, outil de projection et d'analyse de données.

15h00 Un commando armé enlève les diplomates turcs.
18h00 L’attentat est revendiqué.
21h00 Une tierce partie est impliquée.
22h00 La tierce partie s’infiltre.
23h00 Exécution ou assassinat des diplomates. Augmentez l’Horloge de tensions internationales d’un segment.
24h00 Toute trace de la tierce partie est effacée. Augmentez l’Horloge de tensions internationales d’un segment.

Le premier segment est coché.

La tierce partie pourrait être le Loup Rouge, avance Max. Après tout, il parle kurde et il dispose sûrement de l'information au sujet de Defne Demir. Il semble cependant utile de considérer les autres pistes proposées par VELDA.

⊗⊗ La question du génocide kurde a été éludée au procès des Généraux à Smyrne.

⊗⊗ Vizian Kanaani n’a pas pointé pour le renouvellement de son asile politique le 21 du mois, contrairement à l’usage.

⊗⊗ Le comité Talaat Pasha, notoirement affilié à la Dictature des Généraux, a boycotté la visite diplomatique à l’unanimité.

⊗⊗ La revue kurdish Demjimer (le Réveil), par le passé si virulente qu’elle a risqué l’interdiction, a changé de ligne éditoriale. Elle est désormais d’une grande pondération.

⊗⊗ Christodoulos Metaxas a failli en venir aux mains avec un homme et une femme à la terrasse du café Chrysargie, repaire notoire de fondamentalistes orthodoxes et d'agitateurs néo-byzantins.

⊗⊗ Le Ministère des Affaires Étrangères met en garde contre des tentatives de déstabilisation ursiennes.

⊗⊗Des ressortissants turcs kurdish sont venus déposer pour demander réparation de préjudices subis durant l’entreprise génocidaire. Ils disent
avoir aperçu le tristement célèbre « Loup rouge » dans la rue et à des meetings de la communauté
.

Pendant que l'équipe phosphore sur les pistes, Ceyda sort voir s'il reste encore des ultra-nationalistes et en repère qui se sont attardés. Elle se fond dans le décor et les écoute. [Survivre dans la jungle 10+] Elle se rend compte qu'une fraction du Comité Talaat Pacha s'est encore radicalisée, et commence à évoquer la possibilité de planifier des actions pour nuire de façon plus directe tant aux dirigeants de la République ottomane qu'à la communauté kurde. Elle dresse une petite liste de noms d'individus à placer sous surveillance avant de revenir au centre.

C'est l'occasion pour moi de créer la menace "Talaat Pacha". Vu que les joueurs s'y intéressent, il serait dommage de ne pas la mettre en scène. J'ouvre une Horloge, où il est question d'assassinat de représentants de la minorité kurde et de dirigeants de la République ottomane.

Et c'est fini pour cette séance.
Dernière modification par Macbesse le dim. nov. 10, 2019 11:54 pm, modifié 1 fois.

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Re: [CR] Berlin XVIII : Rumeurs de guerre

Message par Macbesse » dim. nov. 10, 2019 11:42 pm

@Sammael99, j'ai fait de mon mieux pour les aspects techniques, mais n'hésite pas à me demander des précisions sur la manière dont je gère tel truc. Je crois que le plus important, sur les Horloges, c'est la manière dont j'ai modifié l'intro de l'affaire pour mettre en scène le fait que l'Horloge de Quartier était à 15h00.

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Re: [CR] Berlin XVIII : Rumeurs de guerre

Message par Sammael99 » lun. nov. 11, 2019 12:22 am

Pour le moment, c'est génial à la fois narrativement et dans l'articulation avec la mécanique. Merci !
Mozart n'a pas écrit que le Boléro de Ravel. Mais aussi plein d'autres trucs beaucoup moins connus (comme le canon de Pachelbel). - Le Grümph

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Re: [CR] Berlin XVIII : Rumeurs de guerre

Message par Cryoban » mar. nov. 19, 2019 1:33 pm

Compte rendu très intéressant sur l’ambiance de ce nouveau B18 et son fonctionnement. J'aime bien les PJ aussi et la cristallisation de la Falkhaus autour du décès de Bergman père.
Il n'y a pas de formulation adéquate pour un événement qui entend à bousculer la normativité du monde (Selene 5/09/17)

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