[CR][AiME] Aventures d'un dúnedan en Terres Sauvages

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pelon
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Re: [CR][AiME] Aventures d'un dúnedan en Terres Sauvages

Message par pelon »

Combien de points d'ombre acquis ?

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Carfax
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Re: [CR][AiME] Aventures d'un dúnedan en Terres Sauvages

Message par Carfax »

Que deux mais c’est presque une chance quand je songe au nombre de jets sachant que mon personnage est avantagé sur tous ses jets de sauvegarde contre l’Ombre et qu’il a 18 en Sagesse donc +4 à ses jets.
Il faut aussi savoir que la présence de Radagast à nos côtés était un plus et devais sûrement réduire la difficulté de nos jets.

Le plus difficile fut d’accumuler les deux premiers niveaux de fatigue car l’échec de certains jets ne donner pas des points d’ombre mais de la fatigue
Un billet sur Un surnom vaut mieux que deux tu le sauras  est toujours un petit plus sympa !

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J'ai narré sur CNO Le vent se lève... puis Les 5 supplices revisités 
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polki
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Re: [CR][AiME] Aventures d'un dúnedan en Terres Sauvages

Message par polki »

la fatigue peut tuer autant voir plus que les combats
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Re: [CR][AiME] Aventures d'un dúnedan en Terres Sauvages

Message par Carfax »

Le premier pas était toujours le plus dur mais Radagast ne sembla pas s'en soucier et entreprit immédiatement la descente vers la forteresse sombre. Il recherchait un indice, la moindre information sur le réveil de l'Ombre en ce lieu, quelque chose qu'il se devait de trouver. Mais nous hésitions à le suivre vers cette noirceur absolue. Au dessus de nous, le ciel était couvert d'un épais nuage d’ébène. Les rares rayons lumineux qui traversaient ce manteau nuageux peinaient à dévoiler le paysage. Cette pénombre permanente voilait nos cœurs et réduisait notre courage à néant.

Curieusement, la première à suivre le mage fut Myhra. La hobbit souffla puis, mal an, elle déroula ses pas vers l'Istar resté attentif en contre bas. Rapidement Beleg la suivit. Je regardais Vannedil placé à mes côtés. Je cherchais son regard mais ne le trouvais point, l'homme pointait son nez vers le sol. Je me retournais et contemplais du haut du promontoire rocheux la vaste étendue forestière. Étrangement, elle me parut presque attirante face au choix de pénétrer dans le bastion du Nécromancien. J'inspirais profondément et fis volte face. Je m'engageais sur la sente descendante. Vannedil me suivit. Radagast nous sourit et ouvrit la voie.  

Nous le suivîmes et atteignîmes, après une pente sinueuse et chaotique, les premiers contreforts et enfin la porte du premier anneau défensif de Dol Guldur. Le chemin y menant était tout de roches et de pierres. Rien ne vivait ici, aucun végétaux n'y poussait plus et ceux présents étaient rabougris et desséchés. Une large barbacane offrait l'unique ouverture dans cette haute muraille circulaire ceinturant la forteresse. 
 
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Le mage brun cessa ses pas et scruta avec attention les environs. Puis, il s'engouffra sous la haute et large barbacane. Derrière lui, telles des œillères posées sur mes yeux, je ne fixais que son dos et m'appliquais à marcher dans ses pas. Nous débouchâmes sur un large pont de pierre. Il surplombait un marécage putride. Mais pour notre malheur, le pont avait cédé au temps et s'était écroulé sur une dizaine de mètres le tronquant en deux. La saillie dominait le marécage de trois ou quatre mètres. Sous elle, l'amas des pierres écroulées tapissait le sol. Nous fallait-il descendre ou bien revenir sur nos pas pour marcher sous ce pont délabré au risque de nous embourber ? Je regardais Radagast mais celui-ci, pensif, épiait au loin les tours élevées de la forteresse. 

J'optais pour l'escalade, déroulais ma corde et demandais à mes compagnons d'assurer ma descente. Une fois au bas de la brisure, je reçus Myhra que j'aidais à monter sur le pan opposé du pont. Elle y parvint sans difficulté, leste comme elle était en se hissant sur mes hautes épaules. Au tour de Vannedil. Alors qu'il atteignit le sol rocailleux, Beleg s'écria "Du mouvement. Quelque chose se déplace dans le marais dans notre direction". L'elfe brandit son arc et resta aux aguets. Au bas, nous nous dépêchâmes. Promptement, l'homme du lac grimpa retrouver Myhra. Vigilante cette dernière avait également bandé la corde de son arc court. Ce fut alors au tour du mage brun. Lorsqu'il arriva de l'autre côté du pont, il débuta sa marche vers la deuxième enceinte de la forteresse. Beleg se pressa. Sans corde, sa descente fut compliquée. Il ripa. Une prise lâcha et il chuta. Mais à peine l'avais-je aidé à se redresser qu'il me cria garde. Un réflexe inattendu me permit d'éviter la morsure d'une lame rouillée. Devant moi se dressait une horrible créature humanoïde, délitée et en décomposition. Le non mort beuglait des borborygmes englués. Je sortis ma lame au moment même où un trait elfique lui perça une orbite. L'ignominie s'effondra me laissant découvrir avec effroi de nombreuses autres créatures derrière elle. "Fuyons !" me cria Beleg, "Par le marais, vite !".  

Nous y plongeâmes nos bottes en longeant le pilier du pond effondré. Des mains griffues surgirent des eaux noires et saisirent nos chevilles. Je tranchais avec avidité celles-ci pour me libérer et criais à mes compagnons. "Une corde. Jetez nous une corde !". Vennedil s'exécuta. Par malheur, Beleg n'arrivait pas à se libérer. Les mains hideuses l’enfonçaient peu à peu vers le fond des eaux. Je saisissais la corde et, d'un pas, l'attachais à la taille de l'elfe. Vennedil du haut du pont tira de toutes ses forces extirpant l'elfe du bourbier. Une pluie de flèches s’abattait sur les immondices qui approchaient. Myhra faisait merveille de ses traits nous offrant un sursis salvateur. Nous pûmes ainsi nous extirper du marais en regagnant haletant les hauteurs du pont.

A peine avions nous repris notre souffle que nous nous empressâmes de rejoindre Radagast devant la deuxième muraille. Nous passâmes sous une autre barbacane pour, cette fois, atteindre un vaste espace vallonné parsemé de rochers et de vieux ossements. Une bataille avait fait rage ici il y a bien longtemps. Mais très curieusement nous tombâmes sur des cadavres orques récents. "Que cela signifie-il ? Que se passe-t-il ici ?" interrogeais je le mage. "Ce que je suis venu savoir. Une renaissance ou non de l'activité de l'Ennemi en ce lieu ?." me répondit-il. Puis il examina les orques morts. Je surveillais les environs tout à mon inquiétude de voir surgir ces engeances de l'Ombre. Le magicien reprit alors "Assurément des orques rejetés par leurs congénères et venus jusqu'ici en quête de survie. Il y a eu bataille mais peu importe là n'est pas ce que je recherche. Avançons !"

Après avoir traversé ce vaste espace, nous atteignîmes une haute arche qui ouvrait sur une succession de cours intérieures et tombâmes sur une étrangeté. Douze arbres desséchés et noircis disposés en cercle au centre du quel rougeoyait un pentacle tracé au sol. Beleg fut attristé par cette vision et pleura au pied de l'un des arbres. Radagast leva haut son bâton et une lumière brilla à son extrémité. Relâchant soudainement sa concentration, la lumière cessa et le mage déclara qu'il n'y avait rien d'intérêt ici. "Qu'est ce donc ?" Je restais interdit en ce lieu. "Un ancien lieu de rituel du Nécromancien mais la force qui l'anime ne diffère pas de celle qu'elle était lors de ma précédente venue. Avançons !".

Nous découvrîmes de grands bâtiments corrompus par le mal. Structures écrasantes et sombres, leur noirceur nous terrorisait. Soudain sur notre gauche, nous aperçûmes un haut escalier de pierre noire et bordé de statues défigurées. Cet escalier était choquant, à la fois répulsif et attirant. Myhra s'en approcha. Mais Beleg se précipita à sa poursuite et la ceintura. "Non ma jeune amie, non ! Cet édifice est dangereux pour qui monte ses marches". La jeune hobbit se débattit. Vannedil porta son aide à l'elfe et tous deux détournèrent Myrha de cette folie suicidaire. Elle eut un long frisson et reprit enfin ses idées laissant l'escalier du haut donjon derrière elle. 
 
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Tournant le dos à la scène précédente, Radagast songeur nous interpella. Il regardait une intersection. Un passage s'engouffrait vers l'est alors qu'un autre descendait au nord. "Mes amis, nous allons devoir nous séparer. Je vous laisse ici à l'entrée du bas donjon et je descendrai seul dans les catacombes. Il y a des lieux inaccessibles pour vos cœurs et je ne pourrai vous protéger de leur noirceur. Explorez le bas donjons, relevez le moindre indice. Dol Guldur s'agite, il nous faut comprendre pourquoi. Donnons nous rendez-vous ici avant la tombée de la nuit. Ne passez pas celle-ci en ce lieu et ce quoiqu'il m'advienne. Fuyez si je ne suis pas revenu."

Ragdagast nous quitta. Face à nous le bas donjon débutait par une haute arche, une de plus. Nous nous y engageâmes descendant un large escalier. Celui-ci accédait à un grand hall dans une obscurité totale. L'absence du magicien se fit immédiatement ressentir et nous voûtâmes nos épaules sous une forte oppression. Pour nous réchauffer le cœur, j'allumais une torche tout comme Vannedil. Les flammes vainquirent l'obscurité sur quelques mètres. J'avançais un pied puis un autre avec appréhension. Beleg et Myhra me suivirent mais Vannedil resta prostré. Derrière nous il tournait en rond comme perdu. Ses mains tremblaient et celle de dextre était posée sur le pommeau de sa lame. Alors que j'allais rejoindre mon ami, Myhra attira mon attention. Elle avait trouvé un nouveau corps étendu au sol, celui d'un orque. Sa mort devait dater de trois semaines tout au plus. Une dague elfique était restée figée dans son dos. Une découverte bien étrange.
 
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Vannedil était resté prostré derrière nous. Je l'encourageais "Reste près de nous mon ami, Groupons les lumières de nos torches !". Laissant notre découverte, nous progressâmes dans de sombres couloirs pavés et débouchâmes sur une haute porte à double battant dont un avait été à moitié défoncé par des frappes de masses. Cette agression datait. Mais curieusement, ce n'était pas cela qui avait fait céder l'immense porte car sa serrure avait été récemment ouverte soit avec sa clef soit habilement crochetée. Je passais un bras et, prudemment, tentais de pousser le haut battant resté intact. Avec un grincement sinistre, il céda sur moins d'un mètre. Nous nous y engouffrâmes et levâmes haut nos torches. La lumière fit fuir les ténèbres et nous fit découvrir une vaste salle couverte d'innombrable rayonnage en bois. Dessus ces étagères mais aussi éparpillés au sol de nombreux parchemins et autres feuillets étaient dispersés. Prenant garde de ne pas enflammer ces combustibles avec nos torches, nous nous empressâmes de fouiller le lieu et de consulter un maximum de documents. Certains étaient écrits en langue noire, d'autres en sildarin ou encore simplement en commun. J'en trouvais un relatant le maillon de chaîne de Morgoth. Je le pliais et le gardais précieusement sur moi. Mais très vite Beleg nous demanda de presser car le temps s'écoulait et il nous fallait progresser, poursuivre notre exploration du bas donjon. Au même moment, Myhra nous interpella. Au fond de cette étrange bibliothèque, elle avait découvert un passage obstrué par le corps d'un autre orque mort. Identique aux précédents, celui-ci était éventré. Nous enjambâmes le mort et pénétrâmes dans une nouvelle salle au dallage richement décoré. Des poutres effondrées de son toit mansardé jonchaient le sol. Un table en pierre trônait au centre de la pièce. Tout contre, un nouveau corps mais celui d'un homme. Nous en fûmes interloqué. Beleg s'en approcha et jugea que sa mort était due à une vilaine entaille au ventre. Sa tenue était celle d'un homme du lac à n'en pas douter. Vannedil le confirma. Le mort portait une bourse à sa ceinture contenant des pièces d'argent en forme de losange, des pièces usitées par les elfes sylvains pour commercer avec les autres peuples.

Alors que je restais pensif face à cette nouvelle découverte, Myhra me montra une flaque de sang séché sous l'autel de pierre. Entre temps, Beleg et Vannedil s'étaient éloignés de celui-ci pour tomber sur une haute statue. Leurs cris me glaça le sang. Tous deux reculèrent avec effroi d'un pas. En levant leur tête vers celle de la statue humanoïde, ils avaient observé un visage terrifiant, celui-là  même de Morgoth dans toute son horreur. Nous étions dans un temple dédié à cette divinité maléfique. Je fis l'effort de ne point regarder ce visage de pierre et, détournant mon regard, je vis Myhra à mes pieds qui m'interpella "Aigre-Feuille, soulève la table, vite. Des feuillets sont coincés dessous". Je me ressaisis et forçais de toutes mes forces. Un effort suffisant car Myrha attrapa avec vélocité les feuillets avant que je n'aie relâché mon fardeau. Ceux-ci étaient écrit en commun et décrivaient avec détail les positions défensives du royaume sylvestre mais aussi ses tours de garde et les trajets de ses patrouilles. J'en restais dubitatif.

Derrière la statue, une étrange lumière bleue évanescente parvenait d'un long couloir étroit. Nous hésitâmes car nous n'avions plus la notion du temps ici. Beleg prêchait pour quitter ce lieu maudit au plus vite et nous en retourner auprès de Radagast. Vennedil s'accordait à cette pensée. J'hésitais pour ma part. Grandement. La jeune hobbit me pressa de poursuivre plus loin, juste quelques mètres encore pour savoir d'où émaner cette lueur bleutée. Elle me convainquit. Nous laissâmes nos deux compagnons derrière nous, leur promîmes de revenir au plus vite et nous engageâmes dans le couloir.

Myhra ouvrait la marche. Je la suivais, arme au clair et torche portée haute devant moi. Ce que nous vîmes au fond du couloir nous laissa pantois. Là, au milieu d'une pièce parsemée de décombres rocheux, trônait une large autel circulaire noir d'où émanait une brume bleuâtre luminescente. "Myhra, va chercher Beleg. Son érudition nous éclairera peut-être sur cette étrangeté ?". 

Une fois réunis, nous fîmes le tour de la pièce. Beleg resta coi. D'abord interdit, Vannedil s'approcha alors de la brume et s'y laissa baigner avant même que nous puissions le mettre en garde. Soudainement, il parut comme enivré puis ses traits s'apaisèrent. Nous l'enjoignons à s'extirper de ces vapeurs bleutées, tous craintifs sur les conséquences. Rien d'autres dans cette pièce ne souleva notre intérêt et nous décidâmes d'en partir pour revenir à la rencontre du mage brun. Lorsque l'arche de notre départ se dessina dans les ombres, celle de Radagast en surgit. Le magicien se dirigea vers nous à grands pas et nous enjoignit à abandonner Dol Guldur avant la proche arrivée de la nuit. 

Pour notre retour, nous prîmes plein ouest évitant ainsi le pont de Tourbe. Au bout de deux jours nous nous extirpions de la forêt et atteignîmes la basse vallée de l'Anduin. Je m'étonnais de la rapidité de ce passage par l'ouest et questionna le mage sur les risques que nous avions encouru inutilement à l'aller. Il me rétorqua que le pont de Tourbe était le seul chemin pour atteindre Dol Guldur sans se perdre dans Mirkwood mais non point le seul pour en partir. Sur le voyage du retour nous lui fîmes également part de nos trouvailles dans le bas donjon de la forteresse. Les feuillets découverts par Myhra le mirent en rage car un traître était assurément présent au royaume sylvestre, peut-être même un proche du roi. Ce dernier renseignait l'Ennemi. Une terrible nouvelle car l'Ombre sévissait au sein même des dernières forces lumineuses encore présentes dans Mirkwood. Sur le temple de Morgoth et la brume bleutée, mais aussi l'apaisement de Vannedil lorsqu'il y pénétra, Radagast prit quelques minutes pour ausculter l'homme du lac. Il apposa sa main sur sa tête et marmonna des mots incompréhensibles puis cela cessa d'un coup. Le mage se recula de Vannedil et se tourna vers moi "Ce que tu recherches Aigre-Feuille était certainement en ce lieu, posé à même cet autel circulaire. Il n'y ait plus mais sa présence a imprégné de bonté et d'espoir le cœur de Dol Guldur. Certainement, les forces de l'Ombre ont tenté sa destruction sur cet autel et je n'ose imaginer leurs actions. Ta quête n'est pas vaine et doit se poursuivre". Puis il se tourna vers nous tous. "Je n'ai rien trouvé d'aussi inquiétant dans les catacombes que vos propres découvertes. Vous avez tous fait preuve de courage et d'abnégation en m'accompagnant. Je vous en suis grandement reconnaissant et vous demande de rester avec moi, à Rhosgobel, les jours et mois qui viennent afin que je puisse apaiser vos maux et tourments. Sachez cela aussi. Personne ne doit connaître la menace qui pèse sur le royaume elfique si ce n'est son roi. Rare sont ceux qui peuvent l'approcher, je m'occuperai donc de l'en avertir. Allons mes amis, il nous faut à présent remonter au nord le long du fleuve et atteindre Rhosgobel pour nous y reposer." Nous emboîtèrent ses pas, songeurs sur le devenir des peuples libres.   

Fin de la session 10.
Phase de communauté
Dernière modification par Carfax le mar. mai 26, 2020 10:19 am, modifié 3 fois.
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Re: [CR][AiME] Aventures d'un dúnedan en Terres Sauvages

Message par Carfax »

4ème phase de Communauté - Guérir de la corruption 
Fin d'année 2950 du Tiers Âge
 
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La mélancolie. Lorsqu'elle s'éprend de vous, y succomber est aisée. S'en séparer est épreuve. J'en fis l'amère expérience en cette fin d'année passée à Rhosgobel. Je ne voulus point rejoindre immédiatement les miens pour ne pas afficher un visage attristé à mes proches. La vision de Dol Guldur m'avait lourdement affecté et je pris toute la mesure de la folie de la tâche que je m'étais fixée. Jeunesse se passe dit-on et la mienne avec son insouciance m'avait désormais abandonnée. Seuls les encouragements du magicien brun mais aussi le soutien de mes compagnons m'apportèrent un peu d'espoir après ce voyage au sud de la Forêt Noire. Au beau milieu de l'hivers, à l'aube et sous une neige abondante, enfin j'eu le courage de retrouver ma demeure et partis solitaire mais quelque peu las vers Bourg-les-bois.
 
Aigre-Feuille a accumulé un niveau de fatigue et trois points d'Ombre lors de ce périple dans Mirkwood. Ses jets de sauvegarde avantagés avec une SAGESSE à 18 l'ont bien aidé pour ne pas en cumuler plus. Malheureusement il échoua sa récupération lors de cette phase de communauté et seul le soutien de Radagast lui offre d'en ôter un. Donc 2 points d'Ombre in fine.
Ici se conclut le segment narratif "Les dernières bonnes années" de la campagne. 
 
Dernière modification par Carfax le mar. mai 26, 2020 10:20 am, modifié 1 fois.
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polki
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Re: [CR][AiME] Aventures d'un dúnedan en Terres Sauvages

Message par polki »

vivement samedi prochain :mrgreen:
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AsgardOdin
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Re: [CR][AiME] Aventures d'un dúnedan en Terres Sauvages

Message par AsgardOdin »

On a hâte d'avoir la suite en effet !
Douglas MacArthur : "Les années rident la peau ; renoncer à son idéal ride l’âme."

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Re: [CR][AiME] Aventures d'un dúnedan en Terres Sauvages

Message par Carfax »

- Aparté -
Par une froide nuit d'hiver
Hiver 2951 T.A.
 
Cette nuit là l’air était glacial dans ma demeure. Sous les épaisses couvertures de notre lit, je me blottissais contre Beranhild ma compagne. Mon sommeil fut cependant long à venir car les événements de l’année écoulée me revinrent en tête. La vision de Dol Guldur hantait toujours mes nuits, mais aussi mes jours. Le désespoir avait saisi mon cœur et meurtri mon âme lorsque j'avais posé mes yeux sur ce lieu honni. Je pensais être assez fort pour mener à bien la mission que je m'étais donnée, je pensais que mes ancêtres m'auraient insufflé le courage et la force d'affronter cette noirceur. Mais à pied d’oeuvre, devant la forteresse pourtant abandonnée de l’Ennemi, mon espoir s’était effondré face à la tâche que je m'étais assignée. Et face à la ridicule faiblesse de mon cœur, l’infinie puissance de l’Ombre m'était apparue dans toute son ampleur, pour m’écraser et me réduire à néant.

Bien sûr, j'avais su trouver la force en moi-même et en mes compagnons pour avancer. Bien sûr, j'avais parcouru les couloirs de Dol Guldur et finalement retrouvé la trace de ce que je cherchais. Mon espoir s’en était affermi. Mais la vision de la sombre forteresse, cet instant maudit de faiblesse, revenait sans cesse me hanter. Oui mes conversations partagées avec mes compagnons, tout comme les sages conseils de Radagast, avaient adouci ces derniers mois cette douleur mais la fissure ouverte par l’Ombre dans mon âme demeurai

Et ce soir là, c’était le cœur battant que je serrais Beranhild contre moi pour m'apaiser. Trouver le sommeil qui me fuyait. Était-ce la pleine Lune ? Était-ce le hurlement des loups de la forêt ? Je n'aurais su le dire mais cette nuit me parut plus sombre que toutes autres. Quelque chose rôdait dehors, au loin. Quoi que ce soit, cela me terrifiait sans que je ne sache pourquoi...

Las, le sommeil me prit et m'enveloppa dans une douce inconscience. Mais alors que je dérivais dans des songes, quelques chose s’éveilla depuis l’est maudit des Terres du Milieu. Une force obscure. Elle se dressait et son appel était irrésistible. Elle invoquait ses sujets, les abjurait à l’obéissance et leur commandait de venir à elle. Son appel était impie. Je voulus fuir mais ressentis immédiatement ma fissure s'ouvrir sur un monde enténébré. Au plus profond de ce sombre abysse, la lueur d'une flamme apparut. Croissait-elle où était-ce moi qui plongeais vers elle ? Je ne sus. Puis là, au milieu de ces flammes, se tint un grand œil sans paupière avec une pupille noire nimbée de flammes. Et, soudainement, il me vit…
 
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Je criais. De terreur. Je m'éveillais en sueur. Beranhild s'était redressée. Assise sur notre couche, elle me questionnait frénétiquement sur la raison de cette frayeur. L'inquiétude se lisait sur son visage mais je restais muet, impuissant. Je ne pus la rassurer. Mon cœur battait le galop et une sueur froide avait gelée tout mon être. J'entendis alors les pleurs de ma fille. Mon cri l'avait éveillée et elle tremblait de peur. Beranhild se leva pour la saisir dans ses bras. Elles revinrent et se couchèrent toutes deux contre moi. La chaleur de leur corps me ramena à la conscience. Peu à peu mon pouls se calma. J'évoquais un simple cauchemar, disparu à présent comme pour me mentir à moi même. Je savais qu'il ne faisait que débuter...

Texte envoyé par mon MJ. Simplement retouché pour une conjugaison au passé et à la première personne du singulier.

Le heaume
Dernière modification par Carfax le mar. mai 26, 2020 10:20 am, modifié 2 fois.
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Re: [CR][AiME] Aventures d'un dúnedan en Terres Sauvages

Message par polki »

on est samedi, c est le jour du CR :mrgreen:
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AsgardOdin
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Message par AsgardOdin »

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Message par Carfax »

Sessions 11 & 12
Le heaume
Année 2051 T.A.
 
L'été inondait de sa chaleur la vallée de l'Anduin et Bourg-Les-Bois ne faisait pas exception. Chacun se calfeutrait chez soi lorsque le soleil irradiait le village depuis son zénith. Dans la fraîcheur boisée de ma demeure, nous profitions de cette chaude après-midi pour nous prélasser et discuter de nos plans de culture. Notre petite exploitation prospérait et cette deuxième année était encore plus profitable que la première. Avec Myhra, nous sourions de notre réussite lorsque Vannedil se présenta à ma porte. Il revenait du Tarn Noir où il avait proposé son aide ces mois passés. J'avais ouï dire que celle-ci avait grandement était appréciée. Nous accueillîmes avec joie ce brave compagnon par de franches accolades.
 
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L'homme du Lac était porteur d'un message. Il l'avait reçu de Ceawyn-le-généreux de la Porte-du-Soleil. Je savais que Vannedil nouait des liens avec les communautés naissantes des Hommes des bois, qu'il tenait une correspondance régulière avec leurs responsables. Cette lettre requérait une aide ou plutôt une mission de confiance. La communauté de la Porte-du-Soleil était inquiète. Le message de Ceawyn le laissait transpirer "...car voyez-vous, depuis quelques temps déjà, des signes nous montrent que les morts glorieux de temps anciens s'agitent dans leurs tumulus. Dans les frondaisons de la forêt où nous avons l'habitude de chasser, dans la région où reposent nos aïeuls, mes hommes ont aperçu des lumières dansantes et, par deux fois déjà, la Salle aux Fantômes a été entrevue. Nos sages ont lu les signes. Ils pensent que nos morts doivent être honorés par un présent de valeur, exprimant le respect que nous devons à leurs actes héroïques et le souvenir que nous en gardons."  Et cet honneur était symbolisé par un heaume. La communauté de la Porte-du-Soleil avait commandé une pièce unique auprès d'un maître forgeron nain d'Esgaroth. Dans sa missive, Ceawyn insistait à plusieurs reprises sur le bienfait de cette oeuvre de ferronnerie pour apaiser leurs morts. Etant des gens de confiance à ses yeux, et en premier lieu Vannedil, il nous demandait de prendre réception du heaume et de lui faire bon escorte jusqu'à la Brèche. Après la lecture du message, je restais songeur et m'interrogeais à haute voix, tentant de me remémorer des bribes de souvenir sur la Salle des Fantômes. J'avais entendu une ancienne légende sur la "Grande Salle" d'un village des temps anciens et disparue depuis fort longtemps avec son peuple, les hommes du nord. A présent, cette salle avait été vue, disait-on, par des morts ou des vivants devenus fous de peur depuis lors. Devions-nous prêter sens à ses dires ? J'en doutais mais me convins du bien fondé de cette requête. "Eh bien mes amis, un long voyage nous attend. Il nous faudra remonter le long de la rive est de l'Anduin, traverser les terres de Beorn puis rejoindre Beleg resté au royaume Sylvestre en empruntant leur sente pour traverser Mirkwood. Naviguer ensuite jusqu'à la Ville du Lac et enfin redescendre plein sud en franchissant le Long Marais puis finir à pied jusqu'à la Brèche Est. C'est fourbu que nous y arriverons, croyez moi !" riais-je. Deux long mois d'aventure auxquels nous nous préparâmes. 

Nous mîmes douze jours pour atteindre l'Auberge de l'Est puis vingt-sept jours supplémentaires pour rejoindre les portes du palais de Thranduil. Cette fois-ci, nous n'avions pas vu de sentinelles elfes lors de notre franchissement de la porte de la forêt, signe de la confiance que nous témoignait le peuple elfique désormais. Emprunter le sentier fut une nouvelle fois éprouvant et c'est fourbus mais soulagés que nous arrivions au palais. Nous y fîmes halte quelques jours, le temps d'attendre l'arrivée de Beleg qui logeait au Berceau. C'était toujours un plaisir de retrouver notre ami elfe. Vannedil lui exposa la raison de notre présence. A l’évocation de la Salle aux Fantômes, il nous apporta quelques éléments complémentaires. Au temps ancien, lorsque les hommes du nord approchèrent de la forêt, ils y puisèrent ses ressources en formant la Brèche et créèrent de vaste salles communes au sein de leurs villages. Ces salles ont été perdues et prise par l'Ombre lorsque Vertbois devint Mirkwood. Puis le temps s'écoula jusqu'à ce que l'une d'elle réapparut à des chasseurs en lisière de la forêt. L'un deux y pénétra et y perdit sa vie. Ainsi débuta la légende de la Salle aux Fantômes car d'autres s'y perdirent également. Nous nous interrogeâmes aussi sur les craintes de Ceawyn. Craignant les méfaits de Morgdred, ce dernier souhaitait surement une escorte digne de la valeur du heaume. Nous supposâmes aussi notre aide pour déposer le casque dans cette salle fantomatique. Deux jours plus tard, nous naviguions vers Esgaroth sur une nef elfique.
 
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Re: [CR][AiME] Aventures d'un dúnedan en Terres Sauvages

Message par Carfax »

Non loin de l'embouchure de la Rivière de la Forêt et alors, qu'au loin, la silhouette du Mont Solitaire effleurait les nuages de sa cime, la ville lacustre nous apparut dans toute son étrangeté. Elle n'était pas bâtie sur la rive du lac, bien que sur celle-ci quelques huttes et autres constructions s'y égrainaient, mais en plein lac posée sur de solides pilotis de bois. Elle était protégée des remous de la rivière affluente par un promontoire de rochers qui formait une baie calme. Partout des esquifs allaient et venaient sur ces eaux calmes, certains accostant les grands embarcadères de la cité. Un long pont de bois s'élançait de la rive vers son entrée pédestre. C'est celle-ci que nous empruntâmes mes compagnons et moi-même car tout étranger devait s'y présenter comme nous l’apprirent les matelots elfes quelque peu avant de nous débarquer sur la grève. Nous y entrâmes sans difficulté dans le flux incessant des marchands, chalands et autres badauds. Ici, tout était en bois, maisons comme pontons, et la population, à ma grande surprise, extrêmement bigarrée. Humains, elfes et nains s'y côtoyaient dans un grand brouhaha de va-et-vient. Des boutiques variées et des marchés colorés aux étals emplis de mets et objets de toutes sortes s'éparpillaient dans toute la ville. L'offre marchande étalaient ses prix des plus onéreux au plus modiques. Ici tout s'offrait de la plus médiocre à la plus haute qualité. Cela contrasté grandement avec Bourg-les-bois où chacun pourvoyait à ses besoins sans superflu et je restais éberlué par ce foisonnement. 
 
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Nous comprimes rapidement que la cité était divisée en quartiers. Nous recherchions celui des forgerons car nous devions y rencontrer un certain Fondin, nain de son état. Vannedil, natif des lieux, prit les devants. Nous le suivîmes dans les ruelles de la ville, traversant parfois quelques places. Nous traversâmes à de nombreuses reprises les eaux sur des ponts de bois pour,,finalement, arriver à destination. Le bruit du martèlement du fer et de l'acier ne pouvait le contredire. Nous trouvâmes la forge du nain. Son échoppe détonnait avec celle des autres artisans, plus luxueuse et plus accueillante, Là, un nain de forte stature à la barbe fournie martelait avec énergie une pièce métallique sur son enclume. Nous nous présentâmes et lui citâmes notre commendataire. Le nain nous guida dans son arrière boutique et nous y dévoila une caisse en bois magnifiquement ouvragée. Il ouvra son couvercle et sortit son contenu enveloppé dans un tissu de soie rouge qu'il ôta. Devant nos yeux ébahit apparut une pièce d'art sans pareil. Je n'avais jamais vu d'aussi beau. Le heaume resplendissait de beauté. Sur ses tempes et protèges joues, deux arbres magnifiquement sculptés se ramifiaient pour s'entrecroiser sur son front. Sur l'arrière, une fresque aux détails précis était ciselée. Elle représentait des héros en action dont les mouvements semblaient réels. Sur son faîte, le crin du cimier était celui soyeux d'un cheval blanc. Nous restions confondus devant une telle beauté et nous félicitâmes le maître forgeron pour son talent.
 
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Nous le quittâmes pour nous mettre en quête d'une embarcation voguant ces prochains jours vers le sud. Nous prîmes le soin de transporter le heaume dans un grand sac de jute chiné pour quelques pièces auprès d'un marin désœuvrée. Après une halte aux quartiers des herboristes, nous filâmes vers celui des docks. Celui-ci regorgeait d’animation. Caisses et cordages traînaient au sol, au dessus de nos têtes les mouettes rieuses criaient en virevoltant. Il nous fallu louvoyer pour atteindre les quais et quémander quelques renseignements sur les marins en partance pour le sud. Nous trouvâmes une marchande solitaire du nom de Guina. Sa barge à fond plat, emplie de joyeux bibelots de toutes sortes, était suffisamment large pour nous accueillir à son bord. Après lui avoir avoué notre destination, nous trouvâmes un accord. Elle nous déposerait en aval du Long Marais après cinq ou six jours de navigation.

à suivre...
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Re: [CR][AiME] Aventures d'un dúnedan en Terres Sauvages

Message par Carfax »

Le Long Marais ne ressemblait en rien à ceux de la Forêt Noire. Celui-ci regorgeait de vie. Les nénuphars et les joncs se multipliaient à sa surface, les insectes pullulaient de diversité et le plumage des oiseaux rivalisait de beauté et d'originalité. Au crépuscule, le caquètement des échassiers berçait nos veillées tout comme les papillons de nuit attirés par nos feux. Par ailleurs, la compagnie de Guina s'avéra chaleureuse et égayante. En plus d'être un marin aguerri, ses anecdotes et sa curiosité animaient nos jours de navigation. Elle commerçait avec les rares habitants vivant en lisière de la forêt. La barge fila ainsi au fil de l'eau calme du marais et les jours s’écoulèrent paisiblement. Beleg s'inquiéta tout de même d'un corbeau voletant haut dans le ciel hors de porté d'une flèche. Il était persuadé que l'oiseau nous suivait depuis notre départ d'Esgaroth. Pour moi, ce corbeau n'était qu'un oiseau parmi bien d'autres. 
 
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Lorsque nous accostâmes la grève au sud du Long Marais, le temps s'était assombri et rafraîchi. Une curiosité en cette saison estivale. Le vent tournait également et Guina s'en inquiéta pour poursuivre seul sa navigation. En mettant pied à terre, Beleg me montra une nouvelle fois le corbeau planant en altitude. Il m'affirma qu'il s'agissait là, encore et toujours, du même oiseau. Je fis confiance à la vue perçante de mon ami elfe et me dis qu'il fallait dès à présent redoubler de prudence. Nous fîmes nos adieux à notre marin. Le froid de l'air était désormais mordant. C'est couvert de nos capes que nous partîmes plein sud d'un bon pas pour nous réchauffer.

Deux jours que nous marchions sur des sentes rocailleuses et l'oiseau noir ne nous quittait plus. Le froid s'était raffermi et une pluie fine, presque neigeuse, trempait nos os. Une petite rivière pointa soudainement son nez, son torrent vagabondait bon train. Étonnamment, un pont composé de vieux rondins l’enjambait. Myhra éclairait notre sente qui était désormais plus verdoyante et serpentait entre buissons et arbustes. Mais avant de mettre un pied sur le pont, l'hobbit se figea et nous attendit pour nous glisser discrètement un avertissement. Nous étions guettés au delà du cours d'eau. Nous fîmes mine d'une halte en remplissant nos outres accroupis près du cours d'eau. Vennedil remarqua trois hommes cachés dans des fourrés à une quinzaine de mètres. 

Je crus notre coordination parfaite. Je portais un dernier regard à mes compagnons et m'élançais en criant sur le pont. A grandes enjambées, je filais droit vers notre premier ennemi embusqué. J'entendis le sifflement aigu d'une flèche passer tout près. Puis je ressentis une vive morsure à l'épaule. Un trait venait de ricocher sur mon armure de cuir entaillant néanmoins ma chair. Je serrais les dents mais c'est déséquilibré que j'affrontais mon ennemi. L'homme s'était redressé de tout son haut et m’accueillit lance en avant. Celle-ci me blessa au ventre. Je pestais car je ne pus contre attaquer. Par bonheur, j'entendis les mots d'incantation de Beleg. Avec Vannedil, tous deux faisaient chanter leur arc. Leurs flèches sifflaient de toute part. Je perçus quelques cris de douleur signes de cibles atteintes. Je criais "Rendez-vous ou fuyez ! Qui que vous soyez vous n'êtes pas de force !". Pour toute réponse, une flèche vint me meurtrir le dos. Par bonheur mon cuir me protégea suffisamment pour ne pas être grièvement blessé. Derrière moi, j'entendis les paroles d'une femme. Elle invectivait ces hommes. Mon ennemi en pris courage et me trancha superficiellement la cuisse de la pointe de sa lance. D'une torsion habile, je pus enfin passer sa garde et lui porter deux mauvais coups. Il recula, inquiet. Son rictus de confiance s’effaça. J'espérai tout de même voir surgir Myhra mais elle devait être affairée à plus coriace. 

Ma lame s’enfonça dans la gorge du lancier. Son corps s'effondra. Je me retournais. Beleg fléchait de toute part. Vannedil était empêtré au milieu du pont. Ainsi exposé, il avait été blessé par un des deux archers ennemis. Myhra ferraillait contre un guerrier. Elle contenait ses assauts. Fidèle à sa tactique, elle tourbillonnait dans ses jambes, insaisissable. Mais ses attaques peinaient à déstabiliser le bandit. Derrière ce duo, une guerrière haranguait toujours ses troupes. Je me précipitais et entrais en mêlée pour prêter main forte à Myhra. Nous ferraillâmes durement et parvint à mettre à terre le bandit aidé en dernier ressort par Vannedil. Les deux archers avaient chuté sous les tirs nourris de Beleg. Ce dernier se précipita et poursuivit la guerrière qui s'était enfuie dès la fin de l'affrontement. Malheureusement, l'elfe ne put la rattraper. Nous examinâmes les corps de nos assaillants et constatâmes un petit tatouage à la base de leur coup. Vannedil nous confirma qu'il s'agissait là d'hommes membres d'une guilde de voleurs d'Esgaroth. Nous avions été trop imprudents lors de nos errances dans cette ville.

à suivre...
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Re: [CR][AiME] Aventures d'un dúnedan en Terres Sauvages

Message par AsgardOdin »

Je me sens toujours transporté par tes écrits. Transporté dans l'action, mais aussi transporté dans le monde de Tolkien. Merci pour cela :bierre: Merci aussi pour le CR ! Tu sembles bien en difficulté..
Douglas MacArthur : "Les années rident la peau ; renoncer à son idéal ride l’âme."

184201739
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Re: [CR][AiME] Aventures d'un dúnedan en Terres Sauvages

Message par 184201739 »

Je suis aussi, merci pour tes CR vivants. J'ai relevé toutefois un amusant "Faire feu de son arc" qui dénote un avant-gardisme certain chez Beleg et Vannedil (vous jouez au Cinquième Age ?).
Blessé d'un coup de lance au bas-ventre ... J'ai bien fait de mettre mon slip en Mithril ce matin !
Je plaisante mais te remercie vraiment.
 

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