[CR][AiME] Aventures d'un dúnedan en Terres Sauvages

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Re: [CR][AiME] Aventures d'un dúnedan en Terres Sauvages

Message par Carfax »

AsgardOdin a écrit :
mar. avr. 21, 2020 9:11 pm
Je me sens toujours transporté par tes écrits.

Voilà qui me touche et me fait plaisir. Grand merci.
184201739 a écrit :
mar. avr. 21, 2020 10:53 pm
merci pour tes CR vivants
itou :oops:
184201739 a écrit :
mar. avr. 21, 2020 10:53 pm
"Faire feu de son arc"
Bien vu. J'ai hésité à l'écrivant mais je trouvais la "formule" dynamique. Et puis je me suis dit que Ledoux lui-même avait utilisé "en file indienne" dans sa traduction. Mais je vais voir si je corrige ou pas.
184201739 a écrit :
mar. avr. 21, 2020 10:53 pm
Blessé d'un coup de lance au bas-ventre
Il ne faut pas confondre "bas ventre" et "sous la ceinture" :D

EDIT : Et voili, voilà. Texte retouché. Mieux ainsi et le merci.



 
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Re: [CR][AiME] Aventures d'un dúnedan en Terres Sauvages

Message par Carfax »

Sur notre droite, vers l'ouest, la masse arborée du cœur de la Forêt Noire était imposante. Nous longeâmes cette lisière en prenant garde de ne point trop nous en approcher car nous savions ce lieu dangereux, reconnu pour être le fief des araignées de Mirkwood. Le temps s'était encore dégradé, une lourde pluie assaillaient nos épaules et nos corps trempés tremblaient de froid. Ce froid se raffermit au fil des heures et, dès le lendemain, une neige épaisse chutait. De gros flocons mouraient sur nos visages ahuris par ce temps hivernal si précoce en cette saison. Nous nous emmitouflâmes dans nos capes maugréant contre cette mauvaise fortune. Le nouveau cours d'eau qui se profila devant nous ne fit rien pour nous rendre notre sourire. Et cette fois-ci, nul pont en rondins visible. Des troncs et branchages l'encombraient et étaient enchevêtrés dans les rochers saillants. Une eau vive dévalait au milieu de ce fatras. Des congères avaient même commencé à s'agglutiner par endroit. De plus, la largeur de cette rivière nous interdisait le moindre saut pour la franchir et tremper nos pieds dans ses eaux glacées n'était pas une option envisageable. Nous la longeâmes donc vers l'amont espérant trouver un arbre couché l'enjambant. Je progressais dans le manteau neigeux ouvrant la voie à Myhra. Beleg comme Vannedil peinaient derrière nous mais après plusieurs centaines de mètres, nous trouvâmes ce que nous cherchions. L'arbre avait été déraciné par les intempéries passées et il traversait la rivière sur sa largeur. Il nous fallut être prudent et nous encorder pour l'emprunter mais ce fut chose faite sans accident.

Arrivée sur l'autre rive, Myhra découvrit des traces récentes dans la neige. Celles de pieds nus. Elles filaient plein sud. Des hommes sauvages étaient passés ici voilà peu et sûrement armés de lances car leurs hampes avaient aussi laissé de profonds ronds dans la neige à côté de leurs pas. Ces êtres vivaient aux abords du cœur de la Forêt Noire et nous les savions dangereux et corrompus par l'Ombre. J'écoutais avec attention les murmures de la nature en posant un oreille sur un rocher. Douze hommes. Une heure devant nous tout au plus. Nous nous dévisageâmes et je compris que nul ne désirait les prendre en chasse ni même les suivre. Je retournais sur la sente que nous avions abandonné précédemment pour franchir la rivière et nous l'empruntèrent à nouveau.

Trois jours. Trois longues journées et nuits. Nous avions progressé péniblement. A la nuit tombée de cette dernière journée de voyage, lorsque j'aperçus à l'horizon la haute butte sur laquelle les palissades de la Porte-du-Soleil s'élevaient, je ne pus réprimer un sourire. Le village s'était étalé depuis notre dernière visite. Des maisons s'éparpillaient alentours. Le manteau neigeux recouvrait leurs chaumes d'où s'échappaient des fumerolles depuis les cheminées. A notre approche, un cor sonna et les portes du village s'ouvrirent. Nous étions attendus avec impatience.

Ceawyn nous accueillit dans la grande salle. Lorsque nous y entrâmes, on s'empressa de refermer derrière nous la double porte pour interdire les bourrasques neigeuses de s'y engouffrer à notre suite. Chaleureuse et réconfortante, cette immense pièce était habillée de hautes colonnes de bois magnifiquement sculptées. Une vaste tablée et des braseros occupaient son centre et, sur ses côtés, des couchages étaient proposés à même le sol. Le maître des lieux se leva et vint à notre rencontre pendant que nous ébrouions la neige accumulée sur nos dos. Sa bienveillance était manifeste. Il s'enquit de notre voyage et nous remercia vivement de notre venue. Après s'être attablés autour d'une bière ambrée, nous lui narrions en quelques mots nos étapes sans oublier l'embuscade. Il déplora une telle mésaventure et récidiva ses remerciements. Mais face à son impatience, Vannedil sortit du vieux sac de jute la caisse ouvragée. Ceawyn l'ouvrit et déballa le heaume. Ses yeux s'humidifièrent d'émotion devant la beauté de l'objet. Puis il se leva et le montra aux siens d'un bras tendu. Un silence s'imposa qu'il interrompit "C'est un magnifique ouvrage que ce heaume. J’espère de tout mon cœur que nos anciens apprécierons ce don et en seront apaisés.". Mais soudainement ses épaules ployèrent et il parut soucieux pour ne pas dire désemparé. Lorsqu'il s'assit lourdement, Beleg le questionna sur l’exigence d'une telle dépense. Il hésita puis se confia. Plusieurs mois de cela, des chasseurs de leur communauté entendirent des gémissements résonner depuis les tumulus, surtout les plus anciens. Ils s'en approchèrent mais une peur bleue les frappa à mort. Les stigmates sur leurs visages ne laissaient aucun doute. Ces disparitions effrayèrent les gens de la Porte-du-Soleil, tout comme la persistance à la nuit tombée des gémissements et des lumières évanescentes. Le soudain froid et cette neige était aussi pour lui des signes du mécontentement de ses aïeux. Nous percevions dans son regard perdu un désarroi certain face à la tâche qu'il l'attendait, une appréhension pour ne pas dire une peur étreignait son cœur. Je lui glissais "Demain, nous serons à vos côtés. Soyez en assuré ! Nous n'avons pas fait un tel voyage pour attendre votre retour bien au chaud dans cette demeure.". Mes compagnons acquiescèrent. Ceawyn en fut soulagé et nous confia que ses hommes étaient pétrifiés à l'idée même de s'approcher des tumulus. La soirée se poursuivit et nous partageâmes un bon repas car il fut temps de festoyer en l'honneur de la présence du heaume à la Porte-du-Soleil.
 
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Au matin, nous étions prêts et fîmes route vers les tumulus sous une neige abondante. Le froid mordait nos joues. Finalement, trois hommes nous accompagnaient. Ceawyn portait fièrement le heaume sous son bras. Nous avancions derrière lui et tracions une longue trace dans le manteau blanc qui s'étendait jusqu'à la forêt. Lorsque nous l’atteignîmes celle-ci avait un tout autre visage. Le blanc laiteux de la neige l'avait métamorphosée en une vielle sorcière rabougrie. Les branches chargées de neige craquaient tels ses gémissements. Nous dûmes nous y engouffrer et marcher une bonne heure avant de voir s'élever une série de monticules recouverts par des arbres pour quelques uns. Leurs tailles variaient comme leurs âges. Certains étaient ceinturés de hautes et larges pierres plates gravées de signes étranges, d'autres dénudés de tout artifice décoratif. Ceawyn approcha de l'un des plus vieux. Devant son étroite entrée en pierre, il dégagea un peu de neige fraîchement déposée qui fit découvrir de petites fleurs blanches fanées. Il s'exprima "Les pysantriles qui recouvrent les tertres de nos anciens sont affectées du mal présent ici, Je me dois de pénétrer seul dans ce tombeau pour y déposer le heaume". Alors que j'allais protester, il éleva sa main en signe de refus et poursuivit "C'est un rituel auquel je ne peux déroger et je m'y tiens mes amis.". Il déposa alors sa lance et son bouclier contre l'entrée du tumulus et murmura une litanie que ses hommes reprirent en cœur. Puis cessant, avec un dernier regard vers nous, il saisit une torche allumée par l'un des ses hommes et entra.  

à suivre...
Dernière modification par Carfax le mar. mai 26, 2020 9:42 am, modifié 6 fois.
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Message par AsgardOdin »

:rock
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Re: [CR][AiME] Aventures d'un dúnedan en Terres Sauvages

Message par Terisonen »

Beau compte-rendu.
Bon, en fait: les jeux à niveau ça craint, les jeux à secret ça craint aussi.

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Re: [CR][AiME] Aventures d'un dúnedan en Terres Sauvages

Message par Carfax »

Peu à peu l'halo lumineux de la torche de Ceawyn s’évanouit dans les ténèbres du Tumulus. Les minutes s'écoulèrent. Nous restions immobiles devant l'entrée de la tombe. Les flocons recouvraient peu à peu nos épaules et le froid mordait nos chaires. Puis il y eu cette voix. Gutturale, elle provenait d'outre-tombe et se répercutait depuis le fond du tombeau jusqu'à nos oreilles. Elle nous glaça le sang. 
 
Froid est la main, le cœur et les os
Et froid est le sommeil sous la pierre
Plus jamais je ne me réveillerai sur un lit de pierre
Plus jamais, jusqu'à ce que le soleil ne soit plus là et que la lune soit morte.

Mes compagnons se cambrèrent. A côté d'eux, les trois hommes crièrent d''effroi et s'enfuirent. Étrangement, je restais stoïque et faisais le vide dans mon esprit. Une lueur verdâtre s’emmenait désormais depuis l'entrée de la tombe. Tout était silence dans cette atmosphère neigeuse. Aucun de nous ne s'exprima. J'allumais une torche abandonnée au sol par l'un des fuyards et tirais ma lame au claire. Me courbant, ma torche en avant, je pénétrai dans le tumulus. Mes amis m'emboîtèrent le pas. 

Je suivais une légère pente de terre battue. Le passage était fort étroit, mes coudes raclaient ses murs pierreux. Il se couda pour déboucher sur une vaste salle circulaire presque de la taille du tumulus. Son dôme était constitué de centaines de pierres concentriques se chevauchant les unes sur les autres. De part et d'autres de la salle, des torches diffusaient une lueur verte extraordinaire et fantomatique. En son centre, un haut muret encerclait un sarcophage rectangulaire en pierre et épuré de tout décorum. Une odeur putride m’agressa immédiatement les narines lorsque je m'avançais dans la tombe et ce que je vis me terrifia. Allongé sur le sarcophage, le corps de Ceawyn gisait inanimé. Au dessus de sa tête, une créature spectrale et humanoïde le dominait. Des branchages vermoulus et des feuilles putrides tourbillonnaient autour d'elle. Elle dressait ses mains griffues au dessus de la tête de l'homme des bois et les abaissait lentement pour couvrir le chef du heaume. J'entendis derrière moi Vannedil souffler un "il ne se peut". Pris de terreur, éructant un cri de folie, il projeta son épée sur la créature tel un javelot. Celle-ci vint frapper le spectre sans pour autant le déséquilibrer. L'immondice se tourna vers nous et lâcha un sifflement strident. L'horreur dans ce qu'elle était de plus abject nous faisait face.
Spoiler:
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Dans un courage qui m'était encore inconnu, je m'avançais vers elle levant haut mon épée et déclamais "Créature de l'Ombre souffre de la douleur pâle de ma lame. Fuis devant elle !". Une lumière blanche illumina ma lame arrachant un nouveau sifflement au spectre. Celui-ci se recula au moment même où un trait enchanté de Beleg l'atteint en plein poitrail. Criant sa rage; elle disparut dans les recoins sombres de la salle. Je restais figé. Derrière moi, Beleg fit mouvement puis je l'entendis hurler de douleur. Le spectre était apparu à porté et venait de déchirer ses chairs. Il le surplombait désormais de toute sa hauteur. Je me précipitais pour lui porter mon aide mais ne pus à mon tour éviter ses griffes. Elles lacérèrent avec brutalité mon bras et mon buste. La douleur fut insoutenable et un terrible froid enserra mon cœur. Mais mon mouvement ne fut pas vain car Beleg put se désengager de la mêlée et décocher un nouveau maître tir sur notre ennemi. Mais avant même que je puisse frapper, le spectre rompit et s'éclipsa dans le noir. Je regardais hagard autour de moi. J'entendis Vannedil m'encourager et vit Myhra lui apportait sa lame qui l'avait lancé dans un élan de désespoir. Avec horreur, je l'aperçus alors prendre forme à côté de mes deux amis. D'un mouvement de torche, Vannedil la freina dans son élan. Puis levant sa lame, l'homme du Lac s'écria "Gurgal, flamme de l'espoir illumine nos cœurs dans ces ténèbres !". Une aura dorée illumina le fil de l'arme et irradie la salle. Soudainement, nous reprenions espoir et je me jetais sur le spectre. Myrha vint à mon aide et sa furie fut précieuse. L'affrontement était terrible car chacun de ses coups était une horrible morsure. Sa haine était infinie. Mais la cohésion de notre fraternité nous apporta le courage et la force de la vaincre. Lorsque son corps éthéré subit le coup fatal, la créature disparut dans une explosion de noirceur dont le souffle nous faucha. 

La voûte trembla. Quelques pierres chutèrent au sol. Je cherchais du regard le heaume mais ne le vis point. Puis d'un pas, je m'avançais vers Ceawyn et aidais Beleg à le soulever. Notre temps était compté car le toit ne tarderait pas à s’effondrer. Déjà Myhra et Vannedil s’enfuyaient vers la sortie. Nous fîmes de même et sortîmes du tumulus à moitié étouffé par la poussière. Nous étions meurtris et épuisés mais vivant. Nous sûmes plus tard, lorsque Ceawyn reprit conscience, que le spectre était sorti du sarcophage à son arrivée et s'était immiscer dans son esprit , fort de promesse de royaume et de grandeur pour sa lignée. L'homme des bois était choqué et très affecté par son épreuve. Nous l'accompagnâmes au village où un groupe alerté par les trois fuyards s'était organisé pour nous rejoindre en forêt. Ils nous secoururent en chemin car nous peinions à avancer. Mais le spectre responsable de tous les affres des gens de la Porte-du-Soleil n'était plus et cela suffisait à nous réchauffer le cœur. Qui plus est, le heaume reposait proche des anciens. 

Fin de la session 12
Phase de communauté
Dernière modification par Carfax le mar. mai 26, 2020 10:21 am, modifié 5 fois.
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Message par AsgardOdin »

:rock
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Re: [CR][AiME] Aventures d'un dúnedan en Terres Sauvages

Message par Carfax »

Merci de votre soutien. Prochaine partie pas encore fixée par le MJ qui prépare la suite avec attention.
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Re: [CR][AiME] Aventures d'un dúnedan en Terres Sauvages

Message par polki »

donnes nous son mail, que vous jouiez demain :)
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Re: [CR][AiME] Aventures d'un dúnedan en Terres Sauvages

Message par AsgardOdin »

C'est vrai qu'on peut s'en occuper.. :escrime
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Message par Carfax »

5ème phase de Communauté - Acquisition d'un titre
Fin d'année 2951 du Tiers Âge
 
 Image
 
Sur invitation de Ceawyn, je passais l'hiver à la Porte-du-Soleil. Cet hiver là, les tumulus s'apaisèrent. La sépulture effondrée fut restaurée à minima mais dignement. Dans celle-ci gisait un grand héros des temps anciens, un grand roi des Hommes du nord. Nous ne recherchâmes pas le heaume. N'était-il pas finalement à sa place quoi qu'il en soit ? 

Notre hôte avait mis grand temps à se remettre, à retrouver une certaine sérénité. Comme nous en avions fait amèrement l'expérience à Dol Guldur, se confronter à l'Ombre n'était pas anodin et l'oubli impensable. Seul le temps ferait son office et apaiserait son cœur. Pour nous remercier de notre aide, il nous offrit des terres au sein de sa communauté. Pour ma part, je déclinais poliment cette offre généreuse. Il n'était pas dans ma nature de nomade de me sédentariser. Vivre avec Beranhild en sa demeure était une heureuse et inespérée aventure. Non, ma vie, mon sang comme mes espoirs ne me poussaient pas à m'établir à l'est de la Forêt Noire. Ceawyn me fit alors l'honneur de me décerner le titre de "Héros des Hommes des bois de la Porte-du-Soleil". Ce que j'acceptais de bon cœur mais surtout avec une grande fierté.

Le bâton du gardien de la route
Dernière modification par Carfax le mar. mai 26, 2020 10:22 am, modifié 2 fois.
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Message par Carfax »

 
Sessions 13 & 14
Le bâton du gardien de la route
Année 2052 T.A.
 
Et puis la neige cessa. Et puis elle fondit. Et puis nous partîmes et quittâmes la Porte-du-Soleil pour Bourg-les-Bois au printemps. Ce début d"année fut bien maussade et c'était à regret que nous laissions nos hôtes si accueillants des terres de l'est. Avant de partir, de nombreuses rumeurs nous parvinrent aux oreilles. Elles venaient du nord où les béornides avaient affronté des hommes du Nord, de dangereux esclavagistes menés par Vinglund le cruel. Ils auraient même attaqué la porte du sentier des elfes ; un assaut auquel le roi Thranduil répliqua durement. Les hommes du Nord furent vaincus mais le prix humain de cette victoire s'avéra bien lourd aux yeux des vainqueurs. Lorsque nous arrivâmes à Bourg-les-Bois, une tension était palpable car les sages s'inquiétaient de ces soubresauts belliqueux et de l'éventuelle perte du vieux gué par Béorn et les siens. Si tel était le cas, la communication et le commerce avec les peuples libres seraient compromises. 

Et puis juin fila et juillet arriva. Un soir à la grande salle de Bourg-les-Bois et alors que nous festoyons entre amis, un nain connu entra. Richement vêtu, sa barbe rousse était soignée. Il scruta la salle puis focalisa son regard sur notre tablée et s'avança d'un pas volontaire vers nous. Oui, le nain ne nous était pas inconnu, il était déjà venu à Bourg-les-Bois lors du grand rassemblement et était même monté sur l'estrade avec les représentants de la communauté de Fort-Bois. Il s'agissait de Bofri, fils de Bofur, un nain d'Erebor comme il nous le rappela lorsqu'il nous aborda avec sourire et politesse. Il venait s'entretenir d'une affaire d'importance. Nous lui proposâmes de s'attabler avec nous et lui offrîmes une bière. Attrapant la chope, il but quelques gorgées avant de lâcher un rot bruyant. De sa manche, il essuya la mousse perdue sur ses lèvres. Enfin il nous exposa sa requête, une entreprise très particulière, car nous lui avions été recommandé. Notre voyage à Dol Guldur n'était pas resté sans échos tout comme notre relation de confiance avec le mage brun. La réussite de son entreprise serait un plus indéniable pour les peuples libres. Voilà quatre années qu'il portait ce projet, celui d'ouvrir à nouveau la vielle route des nains. Une telle réussite serait précieuse car traverser la forêt d'est en ouest ou d'ouest en est serait plus aisée. Il n'évoquait pas ici une simple sente forestière mais une large route que même des chariots pourraient emprunter. Hélas ces jours-ci, la vielle route était menacée et s'estompait rongée par la forêt. Néanmoins, les vieilles pierres naines gardaient leur pouvoir et préservaient pour partie des pans entiers de la route. Il pouvait nous en assurer mais une étape décisive restait à obtenir. Il s'agissait de retrouver le bâton de marche du gardien de la route et une telle tâche requérait des compagnons confirmés et sûrs. Ce bâton en main, il se ferait fort d'obtenir l'aplomb pour convaincre bon nombre des siens d'accomplir son entreprise. Mais le temps le pressait car les araignées s'agitaient au cœur de la forêt sans compter les hommes du Nord qui guerroyaient aux frontières du royaume sylvain. A ses yeux ouvrir à nouveau la vielle route naine apporterait une prospérité certaine aux échanges commerciaux entre les peuples libres. Un plus en ces temps sombres. Nous l'interrogeâmes alors sur la cachette de ce précieux bâton d’antan. Celle-ci se trouverait dans le fortin du milieu parmi les cinq qui s'espaçaient tout au long de la route. Il nous faudrait marcher jusqu'à celui-ci en compagnie de Bofri car seul un nain pouvait déceler cette ultime cachette une fois rendu.
 
Image
 
Un silence s'imposa à notre tablée. Nous hésitions et Bofri renchérit. Sa confiance était acquise car nous avions déjà traversé la forêt à maintes reprises. J'avais également acquis un certain renom comme guide. Mon audace était reconnue dans la communauté des hommes des bois. Ces éléments rassérénaient Bofri mais Beleg pour sa part restait renfrogné. Le nain ne s'en offusqua pas et consentit la beauté du sentier des elfes. La route ne serait pas une nouvelle rivalité entre leurs deux peuples. Sente et route diffèrent et celle des nains s'ouvrirait aux chariots et carrioles mais aussi aux armées qui l'emprunteraient afin de repousser plus vite les assauts des orques et autres engeances. Une flèche de plus à l'arc des peuples libres contre l'Ombre. Je pris alors la parole "J'ai apporté mon aide aux elfes comme aux hommes des bois contre l'Ombre, Pourquoi ne l'offrirais je pas aux nains ? Je vous guiderai Bofri, fils de Bofur". Myhra acquiesça aussi, prête à affirmer l'amitié entre son peuple et celui des nains. Vannedil ne voulut pas offusqué Beleg et s'en remit à sa décision. L'elfe hésitait et s'interrogeait quant à la volonté des nains d’aider elle aussi son peuple. Bofri ne pouvait répondre pour les siens mais il affirma qu'il abonderait dans ce sens à l'oreille de son roi. Beleg bien que circonspect s'engagea.

Nous voyageâmes jusqu'à Fort-Bois pendant quatre jours. Nous y fîmes halte. Sa grande salle était toujours un émerveillement pour ses visiteurs. Ses fresques magnifiquement sculptées l'embellissaient. La bâtisse était perchée en haut d'une haute colline et cernée de hauts remparts en bois. Ingomer brise hache nous y accueillit avec bienveillance. Le lendemain nous prîmes la direction du nord-est vers la vieille route des nains et fîmes nos premiers pas dans la forêt. Malheureusement, le temps se dégrada. La pluie tomba et nous remémora à tous de mauvais souvenirs. Ainsi battus par les averses, sous l'épais manteau feuillu des arbres de la forêt, nous devînmes taciturnes. Chaque kilomètre pesa.

Au détour de la sente que nous suivions, nous tombâmes sur d'étranges statues couvertes de végétaux de toutes sortes. Elles représentaient nains, hommes et elfes. Belles et très réalistes, elles étaient toutes dans des postures en mouvement. Ce lieu nous glaça. Beleg était soucieux mais ne parvenait pas à se souvenir des légendes liées à cet étrange endroit. Bofri s'approcha de l'une d'entres elles et la toucha timidement pour immédiatement retirer sa main. Témoin de ce geste, j'exhortais mes compagnons à poursuivre notre chemin sans perdre plus de temps ici. Je n'avais nulle confiance. Vannedil et Myhra tout à leur curiosité examinaient les statues. Elles étaient sans socle. Pour ma part, j’insistais pour nous en éloigner. Ici ce ne sont pas des statues mais des êtres pétrifiés qui nous toisaient. Nous nous dérobâmes enfin de leurs regards vides de vie et poursuivîmes la sente vers la vielle route. Au dessus de nos têtes, de nombreux corbeaux voletaient et croassaient. Ils nous observaient, j'en étais persuadé. 

Fidèle à elle même, la forêt referma sur nous ses griffes sombres. Tout se raréfiait, eau comme gibier, seul le froid mordant s'intensifiait. Une nuit, en son cœur, lorsque Myhra montait la garde, une présence maléfique se fit ressentir. Le froid nous saisit et nous envahit. La forêt s'obscurcit d'une noirceur absolue. Une créature nous observait. Notre guetteuse réveilla le groupe, nous étions transis. L'humidité imprégnait chacun de nos os. Hagards, nous portions nos regards aux alentour avec le sentiment oppressant d'être épiés. Apeurés, nous levâmes précipitamment notre camp et fuîmes. Les uns derrière les autres nous nous essoufflâmes dans la nuit, trébuchant sur les piégeuses racines noueuses. L'Ombre nous pourchassait, elle grognait. Son râle terrorisait nos cœurs. Enfin au lever du jour, elle s'étiola et nous pûmes retrouver notre souffle. Avions nous été chassés par le loup garou de la forêt ? 

La journée qui suivit fut éprouvante. Le manque de sommeil comme la crainte d'être à nouveau confronté au loup m'épuisa. Mais nous devions atteindre la route vaille que vaille. Je guidais mes compagnons et forcis l'allure. Puis, elle s'ouvrit devant nous. Large et dégagée. Bofri se jeta au sol. A genoux, il déclama tout sourire "Regardez ! Ne vous avais-je point dit qu'elle était encore dégagée ?" Puis, frénétiquement, il creuse l'humus et dévoila une dalle pierreuse plate inscrite de runes. "Malgré tout ce temps, l'ouvrage des nains survit et nous pouvons le restaurer dans toute sa magnificence, Non loin se trouve le fortin du milieu. Allons-y compagnons !". Je retins néanmoins Bofri d'une main posée sur son épaule lorsqu'il se leva. "La nuit approche maître nain et la précédente fut terrible. Je préfère poser le camp ici que d'approcher le fort dans l'inconnu. Il nous faut nous reposer sans aller plus loin pour ce soir.". Nous trouvâmes un lieu propice à notre camp tout proche de la route. Et la nuit arriva. Et la pluie cessa. Plus vite nous retrouverions ce bâton, plus vite nous rentrerions. Telles furent mes pensées lorsque je m'endormis inquiet.

Par bonheur ou par chance, je ne sus mais la nuit fut calme. Nous reprîmes la route après un en cas frugale. Mais très vite, celle-ci fut envahie par l'abondante végétation. Bofri était morose, désabusé par ce sinistre constat. La réalisation de son entreprise serait grandement compliquée même avec un bâton sacré. Maudite forêt. Puis au détour d'une déclivité, écartant la branche basse d'un feuillu, j'aperçus l'horrible et énorme cocon. D'une taille surhumaine, il pendait inerte aux branches d'un vieil aulne. Sous le poids de l'immondice, celles-ci fléchissaient dangereusement prêtes à céder. Le cocon frôlait le sol et obstruait notre passage. Une tache de sang maculait sa base et s'épanchait sur le sentier. Mes compagnons stoppèrent leurs pas. Certains insistèrent pour ouvrir cet amas de toiles mais je m'y opposais fermement. Ma crainte portait sur le risque d'alerter des araignées en touchant ce cocon. Dans mon dos, Vannedil s'interrogea dans un murmure tremblant sur la taille de la bête qui avait pu ficeler une telle chose. Je frémissais à cette pensée. Beleg s'inquiéta du contenu du cocon car lors de notre dernière expérience ceux que nous avions trouvé enfermaient des elfes. Je m'approchais donc et constatais nulle trace de pas. Non juste celles d'animaux, des cervidés, Deux à minima avaient été chassés et piégés ici. Cela conforta mon ami elfe et avec la plus grande attention nous contournâmes enfin le cocon pour nous en éloigner.

La forêt se resserrait et poursuivre sur la route s'avéra bien difficile. Je m'inquiétais du moindre indice pour ne pas me dérouter. Je doutais de mes décisions, optais sur une direction, me reprenais, tâtonnais à nouveau. Chacun de mes pas était hésitant. Pourtant je me persuadais que je gardais le fil de la vieille route des nains, persuadé d'approcher le fortin. Et la pluie revint. A verse. Et derrière ce rideau d'eau, enfin il m'apparut. Posé sur un léger promontoire surplombant la route, le fortin était circulaire. Constitué exclusivement de pierres taillées, il s'élevait sur trois, quatre mètres et son diamètre ne devait pas dépasser le double de sa hauteur. Son toit était plat. Mais mes traits se crispèrent car ce que je vis sur son chef me figea. Pétrifié, je ne pus avancer plus loin. Mes yeux écarquillés voyaient avec horreur la plus monstrueuse des araignées jonchée dessus.
 
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Dernière modification par Carfax le mar. mai 26, 2020 9:42 am, modifié 3 fois.
Un billet sur Un surnom vaut mieux que deux tu le sauras  est toujours un petit plus sympa !

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J'ai narré sur CNO Le vent se lève... puis Les 5 supplices revisités 
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AsgardOdin
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Re: [CR][AiME] Aventures d'un dúnedan en Terres Sauvages

Message par AsgardOdin »

Je continue d'adorer l'ambiance qui se dégage de tes comptes-rendus.. :wub:
 
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polki
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Re: [CR][AiME] Aventures d'un dúnedan en Terres Sauvages

Message par polki »

un nain connu vous offre des fleurs !!
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