[CR Solo] [DD5] Tombe de l'annihilation

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Cryoban
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Re: [CR Solo] [DD5] Tombe de l'annihilation

Message par Cryoban »

Berzerk a écrit : jeu. oct. 08, 2020 9:57 pm
Vorghyrn a écrit : jeu. oct. 08, 2020 7:55 am
Berzerk a écrit : mer. oct. 07, 2020 9:51 pm Très sympa ce cr  :yes:

J'invoque @Vorghyrn qui serra peut être intéressé à le lire en tant que soloïste DD5 !  ;)

:volute de ténèbres d'où émerge une forme indistincte, armée d'un d20 dans chaque main: Je suis déjà abonné au sujet :charmeur
J'aurais dû m'en douter !  :P
 

Tu perds donc 5478 points de XP
Swooby-doo et mystères associés (un hack de Sweepers)
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Re: [CR Solo] [DD5] Tombe de l'annihilation

Message par BenjaminP »

Cryoban a écrit : jeu. oct. 08, 2020 10:11 pm Tu perds donc 5478 points de XP

Fun fact : c'est à peu de choses près le total actuel de Kass, après l'épisode du jour, épisode où Eku se dévoile enfin puisque la fine équipe arrive à Mbala, son objectif réel.

La fin est en forme de gros point d'interrogation. Je pense avoir trouvé comment interpréter ça à la faveur de l'oracle suivant (publié au prochain épisode), mais les suggestions sont les bienvenues.


***

[Rencontre aléatoire après-midi : Flaming Fist]
Durant l’après midi du lendemain, nous percevons du raffut dans la jungle et prenons un peu de hauteur pour savoir ce qu’il en est. C’est une populeuse patrouille du Poing enflammé, un corps de mercenaires que je connais bien puisqu’il forme la police de la Porte de Baldur. Jamais eu avec eux de rapports très cordiaux. J’aimerais savoir ce qu’ils font là, mais je n’ai aucune envie qu’ils me traitent comme une subordonnée, le commandant Bone m’a vacciné contre les autoritaires pour au moins quelques jours. Nous ne quittons pas notre cachette et les laissons passer.

[Rencontre aléatoire du soir : cannibales ! Perception pour les voir : 17+4]
Alors qu’Eku se repose dans son hamac, je repère une ombre furtive au loin, puis deux, puis six. Je vérifie que notre feu est bien éteint mais repère quelques braises encore luisantes. Trop tard pour s'en occuper. Je grimpe au-dessus d’Eku et tente de la réveiller.
[Eku se réveille-t-elle rapidement et sans bruit ? 36, non.]
Je compte à présent au moins dix silhouettes qui nous encerclent. Je prépare une flèche, bande mon arc. J’aperçois plus distinctement un premier groupe. Trois hommes, vêtus de hardes de cuir, arborant sur leur visage des peintures de guerre : un triangle bleu sur le front. Ils sont armés de lances de silex et de longs coutelas. Ils approchent en silence, l’arme au clair. Ils nous ont repérées et n’ont pas l’air d’être venus pour partager le lapin. Je décoche et crie pour réveiller Eku. Ma flèche transperce le cœur d’un de ces guerriers et ces éclats égratignent ses deux compagnons qui me repèrent dans la frondaison et tentent de m’en dégager en jetant leur lance dans ma direction. L’une d’elle attrape mon épaule mais je tiens bon. En dessous de moi, Eku est trop ensommeillée pour réagir. D’autres hommes approchent, j’en abats un de plus mais une de leurs lances m’entaille le bras d’appui sur toute sa longueur. Je tombe du mieux que je peux et me relève aussitôt. Je perds beaucoup de sang, la tête commence à me tourner. Six hommes m’encerclent, leurs lances pointées sur moi. Je jette mon arc et lève les bras.
[Les hommes voient-ils la marque de la malédiction ? Très probable, 44, oui.]
Après une seconde d’hésitation, ils se jettent tous en avant comme un seul homme et finissent au sol. Ils se prosternent à mes pieds.
— Dendar. Dendar. Dendar.
Je regarde mon épaule. Ses écailles reflètent la lumière de la lune.
Eku descend de son hamac en silence. Elle vient poser ses mains sur mon bras blessé et me chuchote à l’oreille :
— Ils te prennent pour une envoyée de Dendar, leur dieu.
— J’avais compris. Quelle langue parle-t-il ?
— Le Vieil Omu, probablement.
— Le parles-tu ?
— Oui. Bien sûr.
— Dis-leur que Dendar est fier d’eux. Ils se sont bien battus. Qu’ils emportent leur mort et les honorent en héros. Et qu’ils nous amènent le produit d’une journée de chasse et de cueillette.
Eku s’exécute dans un sourire, adoptant du mieux qu’elle peut un air d’importance. Elle y parvient très bien. Les hommes viennent un à un me toucher les pieds puis repartent en silence. Nous attendons autour du feu leur retour, qui ne tarde pas : ils reviennent avec un plein panier de victuailles et nous faisons bombance sous la lune. L'expérience est nouvelle : je n'ai pas l'habitude d'être vénérée. Que ce soit dû à l'effet d'une malédiction en dit long sur la vertu de la célébrité.

[La malédiction empire-t-elle ? Très probable, 52, oui.]
Je me réveille très engourdie et passe comme tous les matins la main sur mon épaule. Les écailles ont gagné le biceps. Elles présentent même à présent un étrange motif : de petits triangles bleu vif au sein de moirures rouge et noire. Je frémis et me relève.
[Rencontre aléatoire encore ! Des grungs.]
Passé midi, je repère dans les arbres d’étranges créatures au loin, et des pièges tendus un peu partout. J’indique discrètement leur présence à Eku.
— Des grungs. De petites créatures vicieuses. Mieux vaut ne pas tomber dans leurs filets.
Ils sont une dizaine au moins, un trop gros morceaux. Nous contournons sans bruit.

Le lendemain, nous voilà aux pieds du plateau de Mbala, et c’est à couper le souffle. Des falaises verticales de près de deux mille pieds se dressent vers l’est et l’ouest. Un passage étroit serpente à leur surface, visiblement peu emprunté. Des débris rocheux l’encombrent un peu partout. L’ascension promet d’être longue… Mais elle en vaut la peine. Plus nous montons, plus la vue se dégage sur la jungle de Chult. Eku me présente au fur et à mesure les lieux qui échappent à la brume. Les bassins d’Aldani au sud-est et au-delà le cœur d’Ubtao, cet étrange amas de terre soulevé du sol, sur lequel pousse un arbre pétrifié. À l’ouest, la ziggourat d’Orolunga, notre destination. À cent pieds du plateau, le chemin s’élargit et se transforme en un escalier qui s’enfonce dans la falaise. De chaque côté, les parois sont entièrement peintes de scènes fantastiques. Bientôt nous émergeons au sommet. Un immense portique de bois nous accueille. Les portes ont disparu depuis longtemps, remplacés par des montagnes de crânes humains blanchis au soleil. Charmant accueil.
Eku parvient à ma hauteur.
— Je ne t’ai pas tout dit.
— Je sais. Enfin, je sais que tu ne m’as pas tout dit. J’ignore ce que tu m’as caché.
— Je sais ce qui est arrivé aux habitants. À Mbala se cache un des plus grands fléaux de Chult, qui les a dévorés jusqu'au dernier. Voilà bien des années que je cherche à la détruire, mais je ne pouvais y arriver seule. Avec toi, je le pourrai.
— Je ne suis pas vraiment au meilleur de ma forme.
— Peu importe. Il est de toute façon impossible de parvenir jusqu'ici en pleine possession de ses moyens. Je t'ai beaucoup observée durant notre voyage, je t'ai vu agir face au danger, face à la peur, face au mal. Tu sauras comment te comporter. Tu ne te laisseras pas corrompre.
— De quoi s’agit-il ? Un dragon ? Un puissant nécromant ?
— Une sorcière. Nani Pu.
Je soupire, vérifie mes armes, serre ma ceinture.
— Allons-y.

L’antre de Nani Pu est facile à repérer : c’est la seule cabane encore debout au milieu d’un champ de ruines. La sorcière est là, nous la voyons de loin, devant sa maison. C’est une vieille femme avachie, courbée, apparemment sénile.
— C’est ça, le plus grand fléau de Chult ?
— Ne la sous-estime pas.
— Aucune chance de parlementer, j’imagine ?
— Oh, si ! Elle n’attend que ça. Nous ne lui ferons pas ce plaisir.
— Bien.
Je regarde autour de moi. Difficile de juger la menace que cette vieille carne représente. Je repère malgré tout un abri qui ferait un poste de tir convenable.
— Je vais me placer ici, à cinquante pas. Que comptes-tu faire toi-même ?
— La répandre en mille morceaux.
— Bien.

Je me déplace sans bruit vers l’abri et me retourne vers Eku mais, à ma grande surprise, elle n’est plus là. À sa place, un énorme serpent ailé au corps recouvert d’un mélange de plumes et d’écailles, qui s'élance vers la sorcière en poussant un cri d'outremonde. J’encoche une flèche, mais la vielle disparaît avant que je n’ai eu le temps d’ajuster, ce qui n’a pas l’air de perturber le serpent qui boucle autour de la maison avant de fondre sur sa proie invisible, visiblement réfugiée derrière. Je contourne à mon tour en restant à bonne distance pour garder Eku, ou ce qu'elle est devenue, dans mon champ de vision. Dans le jardinet que je découvre, un monstre de chairs rapiécées s’extirpe d’une tombe fraîche. Non loin de là, le serpent est enroulé autour d’une masse invisible, les crochets en sang. Les pensées d’Eku me parviennent.
— Occupe-toi du monstre, je me charge de Nani Pu.
— Tu la vois ?
— Comme en plein jour.
Je sens la magie d’Eku m’environner et guider mes gestes. Le golem de chair va pour prendre le serpent en tenaille. Je lui décoche ma plus belle flèche, qui lui transperce le crâne. Cela n’a pas l’air de l’incommoder beaucoup, mais cela attire son attention. Il jette un œil mort dans ma direction et se dirige vers moi à pas lents. Je tire de nouveau. Ma flèche se plante dans son torse. Il l’arrache et se met au pas de course. Je prends le temps de décocher un troisième trait qui lui perce la cuisse, puis je range mon arc et dégaine mes lames. Je l’attends de pied ferme.
Avant qu’il n’arrive au contact, je prépare un petit tour qui fait souvent son effet : j’échauffe une lame jusqu’au rouge. La créature est si lente que j’ai tout le temps de préparer mon coup : dès qu’elle parvient à ma hauteur, je glisse sous son allonge et lui plante l’acier rouge vif dans les entrailles. Son corps part en torche. Elle bat des bras frénétiquement sans m’atteindre, je tourbillonne et la lacère jusqu’à ce qu’elle s’effondre en un amas brûlant.
[J’ai beaucoup hésité à mettre en scène ce combat prévu par le scénar, parce qu’un golem de chair, c’est, en théorie, bien trop fort pour Kass. J’en étais à chercher un remplaçant quand j’ai eu l’illumination : ce gros machin pataud est trop lent pour l’attraper. Kass lui met 10 pieds dans la vue à chaque round, elle peut reculer et tirer sans problème, ce qui fait déjà ~ 40 PV grattés sans risque. Dès qu’il a été à porté de charge, il a chargé ; je me disais que je lui laisserai placer un coup avant de désengager et de recommencer, mais cela n’a pas été la peine : il a raté son jet de sauvegarde contre le Searing Smite, pourtant tiré à +5 et avec avantage ! De là, il était mort, puisqu’il était ensuite désavantagé sur toutes ces attaques et qu’avec une CA de 9, Kass plaçait toutes les siennes, soit ~ 22 PV/rounds.]

[Eku bat-elle seule la sorcière pendant ce temps ? Très probable (cr4 contre cr3), 33, non !!!]
[Je tire aux dés les points de vie qui restent aux deux : 12 pour la Hag, 5 pour Eku !!!]

Pas peu fière, je me tourne vers Eku aux prises avec la sorcière et déchante aussitôt. Elle a l’air en mauvaise posture. Son corps serpentin est déchiré de coups de griffes de vilain aspect. Nani Pu est visible, à présent, probablement épuisée par la lutte. J’encoche et plante une flèche bien nette dans son dos fourbu. Elle hurle mais ne s’avoue pas vaincue. Je la vois presque au ralenti déchirer la gorge du serpent ailé dans un dernier souffle. Je tire de nouveau en pleine tête avant de me précipiter.
Eku est au sol à dégorger son sang. J’accours et fais pression sur ses blessures [Médecine DC 15 : 5, nope, c’est parti pour les JdS contre la mort, passés tous les trois d’un seul coup. C'est un peu hétérodoxe d'accorder des VS mort à un PNJ, mais je crois qu'on peut considérer qu'Eku fait partie de l'équipe à présent]. Mes larmes coulent sur ses écailles. Ses pupilles fendues s'éteignent mais un souffle court sort encore de ses naseaux. Je déchire ma tunique pour en faire des bandelettes que je lie autour de ses plaies avant de la traîner jusqu’à l’intérieur de l’infâme cabane. Je verse un peu d'eau de ma gourde dans son gosier et passe de longues heures à caresser son étrange plumage, une paume appuyée sur son cou sanguinolent.
[Eku va-t-elle survivre… J’ose à peine formuler la question, mais je crois qu’il le faut… 90, OUI mais… Mais quoi ? Elle ne peut plus se retransformer ? Je tire sur la table des verbes : confuse. Mais elle ne sait plus trop ce qu’elle est. Est-elle en train de devenir humaine ? Suggestions bienvenues !]
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Vorghyrn
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Re: [CR Solo] [DD5] Tombe de l'annihilation

Message par Vorghyrn »

BenjaminP a écrit : ven. oct. 09, 2020 10:36 am confuse. Mais elle ne sait plus trop ce qu’elle est. Est-elle en train de devenir humaine ? Suggestions bienvenues !]

un truc assez énorme mais qui peu être sympa : Nani Pu s'est incarnée en Eku. A-t-elle pu prendre possession du corps de Eku (dont l'âme serait déjà partie) ? Les deux âmes se combattent-elles ? fusionnent-elle ? Et si Nani Pu s'est incarnée, est-elle aussi mauvaise que Eku le croyait ? N'aurait-elle pas un deal à proposer à Kaas ? du genre lui rendre l'âme de Eku (pour résurrection) en échange d'un service ? de Réscussiter elle-même Eku ? A moins qu'elle ne sache des choses sur la malédiction ?
Dernière modification par Vorghyrn le ven. oct. 09, 2020 10:53 am, modifié 2 fois.
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Re: [CR Solo] [DD5] Tombe de l'annihilation

Message par BenjaminP »

Vorghyrn a écrit : ven. oct. 09, 2020 10:51 am un truc assez énorme mais qui peu être sympa : Nani Pu s'est incarnée en Eku. A-t-elle pu prendre possession du corps de Eku (dont l'âme serait déjà partie) ? Les deux âmes se combattent-elles ? fusionnent-elle ? Et si Nani Pu s'est incarnée, est-elle aussi mauvaise que Eku le croyait ? N'aurait-elle pas un deal à proposer à Kaas ? du genre lui rendre Eku en échange d'un service ?

Super idée !
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Re: [CR Solo] [DD5] Tombe de l'annihilation

Message par BenjaminP »

Petit compte-rendu rapide, parce qu'il fallait bien que je m'attaque à ce nez au milieu de la figure. Qu'allait devenir Eku ? Je suis parti de l'idée de @Vorghyrn (merci !) et j'ai laissé filer l'histoire. Attention, plot twist. Les dés ont parlé.
C'est une scène uniquement centrée sur cet enjeu, donc assez courte, même s'il m'a fallu un peu plus de temps que d'habitude pour la sortir. Je ne m'attendais pas du tout à ce résultat et j'avais d'ailleurs plutôt peur de m'enliser dans des histoires de désenvoûtement. L'écueil est évité, le résultat est bien plus surprenant. Je pense qu'il pourra produire du bon jeu.

***


[Eku reste-t-elle en couatl ? 20, non et… Et elle s’est épuisée et reprend la forme qu’elle a trop longtemps adoptée. Jusqu’à quand ? Probablement jusqu'à la résolution de ce petit problème.]

Je me réveille en sursaut. J’ai la tente posée sur le ventre d’Eku, redevenue humaine. Il se soulève doucement. Elle vit. Je pars chercher de l’eau. Le récupérateur a amassé la ration habituelle, mais j’ai peur que cela ne suffise pas. J’avais repéré une haute citerne parmi les ruines, je rentre prendre une marmite dans la cabane et je m’y dirige. Le trou est profond, noir comme le ciel d’Acheron. Je lance une pierre. Il y a bien de l’eau au fond, à 15 pieds environ. J’attache la marmite à ma corde et remonte deux gallons d’une eau douteuse. Je la goûte. Elle est saine. Je ramène le tout.
Eku est réveillée. Ses paupières palpitent. Je m’agenouille à ses côtés et lui fait boire plusieurs louches qu’elle avale goulument, avant de tout rendre sur le sol en terre battue. Elle me lance un regard fiévreux. Son front est brûlant. Soudain, ses yeux se révulsent et une voix gutturale sort de sa gorge encombrées de miasmes.
— Oh mais vous n’allez pas vous débarrasser de moi comme ça mes agneaux !
J’ai un mouvement de recul mais je me force à maintenir sa tête au-dessus du sol.
— Eku ? Eku ?
Ses prunelles reparaissent. Elle semble me distinguer.
— J’ai fait un drôle de rêve…
[Comment se débarrasser de Nani Pu une bonne fois pour toutes ? Je tire sur la table de verbes. 93, challenge… Mais encore ? 158, disappear. Certes. On dirait bien que la réponse n’est pas encore disponible.]
Nous sommes restés encore une journée à Mbala afin de reprendre des forces. Pendant qu’Eku se reposait, j’ai brûlé le corps de Nani Pu avant de disperser les cendres au vent et de jeter le reste dans la citerne. J’ai fouillé la hutte de la sorcière de fond en comble. [Kass a-t-elle trouvé quelque chose d’intéressant ? Peu probable, 62, non.] Rien à en tirer. Un dépouillement de moniale. À se demander ce qui la retenait ici. [Nani Pu avait forcément une bonne raison de rester. Déterminer cette raison pourrait-il aider à soigner Eku ? 95, oui et, contre toute attente : Retournement. L’enjeu change du tout au tout. Eku ne veut pas être soignée.]

Le soir venu, je m’en ouvre enfin à Eku.
— Qu’es-tu exactement ? Ce serpent, ce n’est pas une métamorphose, n’est-ce pas ? C’est toi ?
— C’est moi. Une couatl. Une gardienne éternelle dans la jungle de Chult.
Eku me raconte son histoire. Elle habite la jungle depuis des temps immémoriaux, quand les dieux marchaient encore sur cette terre. Elle a connu la grande fracture, elle a marché aux côtés d’Ubtao.
— J’existais en vertu d’un serment, un serment si vieux que sa réalité s’est étiolée au fil des âges et sa signification s’est épaissie jusqu’à en devenir insondable. Je devais protéger une terre qui a changé mille fois, au-delà de l’imaginable, garder des lieux que l’érosion opiniâtre, les changements imperceptibles accumulées sur des générations avaient modifié au point que haut et bas avaient changé leur place, au point que le nord était devenu le sud et l’est, l’ouest. J’étais née au soleil éclatant d’un principe dont les contours d’airain guidaient toutes mes actions ; je vivais dans une nuit sans lune où chaque événement adoptait mille formes et chaque homme mille visages. J’étais née dans un but et le but n’était plus. J’avais gardé sans faillir et tout s’était enfui. Que faire ? Je pouvais persévérer dans l’être, ou m’abîmer dans le néant. Je n’ai pas su choisir. Celle que tu appelles Eku est née de cette indécision. Celle que j’appelle Nani Pu est née le même jour.
— Pourquoi moi ? Pourquoi affronter Nani Pu avec moi ?
— Parce qu’avec tout autre j’avais peur de fléchir. Regarde-toi : tu portes un fragment du serpent qui petit à petit engloutit ton âme, et tu trouves le temps de détourner ta route pour la paix d’un esprit sans même y réfléchir. Perne a passé sa lame dans le corps de Bone et, un claquement de doigt plus tard, tu savais quoi faire, et comment, et pourquoi. Tu marches aux côtés d’une inconnue et quand celle-ci te propose de combattre un mal plus vieux que la montagne sur laquelle il se tient, tu dis : allons-y. Tu décides. Tu décides vite. Et tu décides bien.
— Et maintenant ?
— Nani Pu n’est pas morte. Elle est en moi comme en toi le serpent. Elle me poussera à ma perte et il faudra combattre. Mais je suis de nouveau un. De nouveau, j’ai le choix. Et cette fois, je saurais choisir.
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Re: [CR Solo] [DD5] Tombe de l'annihilation

Message par BenjaminP »

La suite des aventures de Kass et Eku, en route vers Orolunga.
Moins de surprises dans cette partie ; tant mieux, ça permet de revenir un peu sur la route de la campagne telle qu'écrite, qui décidément, dans ma version, est ce qu'on fait de plus proche d'une adaptation donjonneuse du chef-d'œuvre de Conrad ; ce n'est pas la Tombe de l'annihilation qu'il aurait fallu l'appeler, c'est Annihilation Now.
Moins de questions dérangeantes pour l'oracle, il faut dire, et une séquence très scriptée (qui ne doit pas être bien terrible à jouer à plusieurs, je pense). Mais le résultat a toujours plutôt bonne allure.

***

[En termes de jeu, l’alignement d’Eku a changé de Loyal bon à Neutre. Elle ne peut plus se transformer en Couatl.
La malédiction de Kass empire-t-elle ? Peu probable, 80, oui.
]

Nous passons encore une journée au milieu des ruines afin qu’Eku retrouve suffisamment de forces pour reprendre le voyage. La nuit je rêve au ras du sol. Je rampe au milieu des fougères et j’avale une souris qui grossit en moi jusqu’à faire éclater mes entrailles. Je la regarde et c’est Dendar qui m’avale à son tour. Je me réveille en sueur. Les maudites écailles ont à présent gagné mon poignet et s’étalent dans mon dos jusqu’à l’omoplate. Eku en plaisante. Elle dit que le serpent l’a quittée pour s’installer chez moi, que nous sommes des âmes communicantes. Je lui réponds que l’humour de mauvais goût est certainement le signe qu’elle s’humanise. Elle me traite de langue fourchue. Je la lui tire et elle est encore bien droite, d'un seul morceau. Satisfaite, elle me tend un plateau d’écorce sur lequel elle a disposé une tisane chaude et des fruits frais. Je dévore.
Peu après, un éclair me transperce les tempes. C’est Syndra qui vient aux nouvelles. Pas excellentes, lui dis-je. Je parviens toutefois à apaiser son impatience en évoquant la présence des morts-vivants dans la jungle. Elle soupçonne un lien avec le psychophage et me pousse à poursuivre mes investigations. Je ne lui dis pas que je dois régler une affaire autrement plus urgente. Je m’efforce de faire reflouer mes pensées [Y parvient-elle ? 92, oui et ! Et Syndra lui conserve toute sa confiance et la laisse agir en autonomie. Voilà le jet qui permet de ne pas disperser encore plus le récit. Merci l'oracle.] Je préfèrerais que Syndra ne soit pas au courant de mes tourments.

Nous avons quatre jours de marche vers l’ouest jusqu’au Tath par le plateau. Une bande de singes volants nous suit de loin. Ils s’approchent à l’occasion et tentent de chaparder quelques provisions. Le troisième jour, je parviens à en attirer un avec une belle mangue mûre [Animal Handling DC 15 : 13+2 !]. Il s’en saisit et va se percher sur la branche d’un baobab pour l’éplucher proprement. [Ce singe va-t-il oser quitter le plateau pour suivre Kass ? 32, non. Dommage, j'en aurais volontiers fait un familier avec le Pacte des chaînes à venir...] Le dernier matin, avant de descendre vers la rivière, nous nous réveillons au milieu d’un grouillement de jaculis rougeâtres, probablement descendus en silence depuis les arbres. [Le singe s’est-il fait attraper ? 10, Non mais : ce sont les serpents qui l’empêchent de suivre Kass.] Ils me fixent un instant mais n’ont pas l’air décidé à s’en prendre à nous. Ils agitent leurs petites langues fourchues jusque sur mes bottes puis s’éloignent. Au-dessus, le singe, inquiet, contemple le spectacle. Il hésite un instant puis s’envole vers l’est et Mbala. Je lui souhaite bon vent.

[Point intéressant : la rencontre aléatoire tirée pour la traversée de la rivière est une Night Hag, une des trois Sœurs cousues, qui ne vient que pour récupérer un cheveu d’un personnage. On est censé les rencontrer ensuite dans la Tombe des neuf dieux (le livre précise seulement « voir le chapitre 5 », sympa ; c’est dans la salle 71 pour ceux qui se demandent, ne me remerciez pas). Là, on apprend que les sorcières se sont servi du cheveu pour créer un clone du personnage qui les tient informées de toute ses actions. Ça peut être très chouette et très creepy à jouer, mais la perche est trop belle pour ne pas s’en servir plutôt pour jouer la lutte pour l’âme d’Eku. Les sorcières ont bien sûr senti le « départ » de Nani Pu et cherchent à gagner Eku à leur cause grâce à leur capacité de hanter les cauchemars.]

Après la descente vers la ravine, nous campons le soir venu au bord de la rivière. Au beau milieu de la nuit, alors que je veille près d’Eku endormie, je la vois qui s’agite. Elle transpire à grosses gouttes et parlent dans son sommeil une langue ancestrale. Je veux la réveiller et y parvient à grand peine [Y parvient-elle avant que le cauchemar ait fait son œuvre ? 27, non. Eku retranche 5 PV de son max, et c’est parti pour la descente aux enfers.] mais, même réveillée, Eku est paralysée par l’angoisse. Je tente de la rassurer, je la prends dans mes bras, la cajole, l’apaise enfin [Persuasion DC 15, 17+4]. Elle respire et tourne vers moi des yeux las.
— Qui de nous deux sera la première ?
— La première ? Que veux-tu dire ?
— La première à atteindre le cœur des ténèbres.
Je la serre dans mes bras et masque mes doutes du mieux que je peux. Demain est un autre jour et nous arrivons à Orolunga.

Devant nous se dresse la ziggourat que nous avions distingué depuis les contreforts de l’Aldani. Son imposante structure en briques écrase la jungle environnante. Je distingue deux escaliers qui zigzaguent à sa surface et se rejoignent à trente pieds du sol, avant de se séparer de nouveau pour se rejoindre plus haut, selon le même schéma, encore et encore. Le quatrième plateau doit s’élever à une soixantaine de pieds. il abrite un temple dont j’aperçois d’ici les bas reliefs labyrinthiques qui ornent ses murs.
Les marches sont encombrées de racines, de ronces et de lierre. J’enroule la corde à ma taille et à celle d’Eku avant d’entreprendre l’ascension, fauchant devant moi lianes et ronces qui repoussent aussitôt. Les premiers mètres sont difficiles, mais ce n’est rien à côté des suivants. Des épines ma lacèrent bras et mollets. À vingt pieds du sol, je ne suis plus que plaie et la jungle moins que jamais décidée à me faciliter la tâche. Un pas de plus et voici qu’une branche saillante me taillade la joue droite. je saigne abondamment. En dessous, Eku n’a pas l’air rassurée. Je me retourne pour tenter d’avancer cependant et découvre, juste sous mes yeux, apparu en un battement de cœur, un de ces petits êtres masqués qui ont provoqué le chavirement de la barque sur le Soshenstar, et avec cela la mort d’Undril. Son masque représente un reptile à trois cornes. Il tient entre ces doigts une orchidée mauve et orange grosse comme lui. J’approche une main mais voilà le chwinga qui file vers le haut de l’escalier à toute allure, tandis que la végétation s’écarte docilement sur son passage.
Je crois comprendre. Je saute depuis cette hauteur vers un banyan, espérant pouvoir descendre sans me blesser davantage, mais ma jambe s’accroche dans une racine et je dévale toute la pente avec Eku derrière moi [Acrobatics DC 10 : 2+6 !!! 10 PV de perdus, en plus des 10 perdus dans l’ascension]. Nous retrouvons nos esprits au pied de la ziggourat et je me lance dans l’exploration des alentours, à la recherche d’orchidées orange et mauve.

Le soleil approche son zénith quand, enfin, je découvre un bosquet contenant deux belles corolles. je m’en empare et nous voilà de nouveau devant ce maudit escalier. Mais, cette fois, les ronces se divisent, les lianes se courbent et les racines se tassent pour laisser libre le chemin, et nous arrivons sans encombre au premier plateau. Au-delà, les escaliers sont en très mauvais état, décrépits, fissurés. Je m’assure à une colonne et tente de poser le pied sur la première marche mais la brique que le temps et les intempéries ont rendu poreuse s’effrite au premier contact. Je me ravise. Eku pointe alors du doigt, quelques marches plus haut, un autre de ces chwingas. Il porte un masque de caméléon et nous observe en silence. Dans ses mains, la même orchidée orange et mauve, ainsi qu'une plume de perroquet rouge sang. Après quelques instants, il se retourne et file jusqu’au plateau suivant, sans que se décroche le moindre gravillon. Un nid est justement juché au sommet du pilier autour duquel ma corde s'accroche. J’escalade rapidement et en tire deux belles plumes rouge sang. Nous filons à notre tour jusqu’au troisième plateau. Que portera le chwinga là-haut ?

Là-haut, les marches qui mènent au dernier plateau sont jonchées de serpents, qui grouillent au point que la pierre ne se distingue plus sous leurs corps ondulants. En leur sein, un chwinga au masque de mangouste agace l’un d’eux de son orchidée, avant de le caresser de sa plume. Le plus étrange phénomène se produit ensuite : le serpent glisse jusqu’à l’intérieur du masque et rentre par sa bouche avant que le chwinga ne se lance vers le sommet dans un inquiétant mouvement de reptation. Je souffle un bon coup et m’approche d’une de ses bêtes que, semblerait-il, je vais devoir avaler pour progresser. La métaphore manque de subtilité à mon goût mais je m’exécute. Je flagelle de la fleur et pouponne de la plume afin que le serpent docile vienne se lover dans mon gosier [JdS constit DC 10 : 12+1], et voici que je rampe, que j’incarne le serpent, comme tout mon voyage jusqu’ici semblait m’y destiner.

Derrière moi Eku a fait de même, avec bien moins de dégoût, et nous voilà enfin au sommet de la pyramide. Un sanctuaire s’y tient, très simple dans son architecture mais entièrement recouvert de bas-reliefs qui dessinent à la surface de ses murs un parcours labyrinthique. Labyrinthe, symbole d’Ubtao, me rappelle Eku. Les portes sont ouvertes en grand sur une pièce désolée d’où s’échappent cependant de douces vapeurs d’encens fraîchement consumé. J’y pénètre, la plume et la fleur entre mes doigts serrés.

Dès que j’en franchis le seuil, la pièce révèle son intérieur. Des braseros pendus au plafond l’illuminent. De profonds coussins sont posés sur un sol en paille de riz. Posés le long des murs blanchis à la chaux, des pots débordent d’orchidées multicolores autour desquels volètent de chatoyants passereaux. Au centre, une homme est agenouillé non loin d’une créature saurienne et entre les deux s’enroule un immense serpent aux écailles iridescentes. À mon entrée, celui-ci abandonne sa pose langoureuse pour se dresser, vertical, à cinq pieds de hauteur et planter, tel le Dendar de mes cauchemars, ses pupilles ophidiennes dans mes yeux ronds. Sa face évoque une figure humaine mais sa voix sifflante suinte sous sa langue fendue.
— Je suis le gardien d’Orolunga, mortelle, Saja N’baza. Que cherches-tu en ce lieu antique ? Parle en vérité, car je lis dans ton cœur.
L’homme se retourne alors vers moi. Il pourrait avoir une quarantaine d’années, mais ses yeux sont plus las que s’il avait mille ans. Ses tempes grisent une épaisse chevelure brune et négligée. Il porte une armure de cuir trop renforcée pour la touffeur de ce climat, des bottes usées, un carquois bien rempli et une paire de jolies dagues. L'être qui l’accompagne est à mi-chemin de l’enfant et du crocodile. Peu vêtu sous une lourde cape de fourrure, il a les deux mains appuyées sur la garde d’une merveille, une lame si fine que de profil on la distingue à peine. Je les ignore et ne lâche pas le naga du regard.
— Je viens prier ton oracle, ô Saja N’baza. L’âme de Dendar a trouvé son chemin en moi et chaque jour l’ombre gagne.
Derrière moi, Eku vient de pénétrer dans la pièce à son tour. Le naga s’approche d’elle et l’enlace un instant avant de revenir à moi.
— Un couatl et une tieffline luttent ensemble pour le contrôle de leurs âmes. Pour l’un Saja ne peut rien, car seule le peut le couatl. Pour l’autre, une option. Dangereuse et hardie.
— Le danger ne m’effraie pas.
— Sinon tu ne serais pas ici. Dans la ville perdue d’Omu, Ras Nsi et ses suivants fomentent le retour du Dévoreur. Tu es devenue une pièce de leur puzzle, une voie du labyrinthe. Dans la tombe des Neuf où ils voudront t’attirer se cache pour toi une sortie et pour eux la victoire : la couronne d’opale noire.
— La couronne d’opale noire ? Je dois la trouver, c’est ça ? Et ensuite ?
— Saja donne des oracles, pas des réponses. L’oracle est ici. Les réponses sont à Omu.
Dès la mention d’Omu, l’homme avait dressé une oreille. Le voici qui s’avance vers moi.
— Je dois me rendre à Omu moi aussi, et tuer Ras Nsi. Selon Saja, la ville se cache quelque part entre les Pics de la Flamme et la vallée de l’Honneur perdue, mais si enfouie dans la jungle qu’on ne peut la discerner que depuis les airs ou le sommet des montagnes. Mais je crois savoir comment m'y rendre.
Après une pause, il se présente et me tend la main.
— Artus Cimber.
[insight DC 12 : 20+2 !!! Kass lit dans Artus Cimber comme dans un livre ouvert]
Alors que je m’apprête à mettre en doute la moindre de ses paroles, je lui rends son regard pour la première fois et un frisson me saisit. Ses mots sont clairs comme de l’eau de roche, son cœur un livre ouvert. Je ne sais pas ce qu’il cherche à Chult, dont il n’est visiblement pas originaire. Je ne connais pas sa valeur, je ne connais pas son histoire, je mets la méfiance au rang des vertus cardinales et pourtant je ne parviens pas à douter de lui. Je lui rends son salut. Nous ferons route ensemble. Après tout, que ferait-il ici, et maintenant, hors du temps face à l’oracle, si nos destins n’étaient pas liés ?

***

Me voici donc enfin avec une équipe capable d'affronter la Tombe ! Un couatl déchiré par un tourment intérieur et emprisonné dans le corps d'une humaine (j'utilise le stat block du Magicien pour Eku, à propos), un mari endeuillé 'achement balèze et un mini-paladin Saurien. Ouf, nos histoires d'équilibrage vont pouvoir prendre le large.
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Message par Vorghyrn »

Tient du coup, question pratique, comment ça se passe la rédaction de ton CR ? Tu écris pendant que tu joue ? après ? tu alterne ?

Perso, j'écris pendant que je joue. Je joue la scène complète puis je l'écris et ensuite je revient au jeu. Parfois j'écris au fur et à mesure (un jet, hop, on traduit ça en narration) mais je trouve qu'écrire avec un tout petit peu de recule (la scène entière) à un meilleur rendu. Et toi ?
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Re: [CR Solo] [DD5] Tombe de l'annihilation

Message par BenjaminP »

Vorghyrn a écrit : mar. oct. 20, 2020 3:51 pm Tient du coup, question pratique, comment ça se passe la rédaction de ton CR ? Tu écris pendant que tu joue ? après ? tu alterne ?

J'écris au fur et à mesure avec des pauses dans les phases "techniques" (genre combat), finalement peu nombreuses, les seules que je couche au propre seulement une fois terminée. Mais j'écris vite vite vite et sans trop réfléchir (c'est mon métier), ce qui permet de rester concentré, dans le personnage, quitte à revenir lisser deux-trois choses ensuite. Ça m'aide beaucoup à imaginer les scènes et à leur donner vie, donc à enrichir les possibilités d'action. C'est pour moi, à vrai dire, un des principaux intérêts de l'expérience.
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Message par Vorghyrn »

BenjaminP a écrit : mar. oct. 20, 2020 4:03 pm Mais j'écris vite vite vite et sans trop réfléchir (c'est mon métier)
c'est quoi ton métier précisément ?

Sinon, je vois ce que tu veux dire. Je suis un peu comme toi, écrire m'aide énormément à visualiser la scène et à "être dans le perso". Ca m'aide aussi à imaginer des rebondissements. Par contre, je prend pas mal de temps et avec des interruptions.

Par exemple j'ai joué dimanche sur une plage de 5h avec une pause déjeuner, des interruptions pour parler d'autre chose avec ma femme etc... (je dirais 3h effectives) et je n'ai fait qu'écrire l'intro du scénar et joué deux (longues) scènes, dont un combat.
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Re: [CR Solo] [DD5] Tombe de l'annihilation

Message par BenjaminP »

Vorghyrn a écrit : mar. oct. 20, 2020 4:27 pm c'est quoi ton métier précisément ?

Je suis tour à tour auteur, plume, traducteur et éditeur.

Vorghyrn a écrit : mar. oct. 20, 2020 4:27 pm Par contre, je prend pas mal de temps et avec des interruptions.

J'ai pour ma part tendance à être extrêmement concentré quand ça marche, et quand je sens que ça ne vient pas et que je me disperse, je fais autre chose, qui captera différemment mon attention. Si bien que, quand je m'y mets vraiment, je vais plutôt vite : la session ci-dessous a été jouée en une heure et demie, je dirais. Elle compte quatre scènes d'inégale longueur : le départ, la traversée du plateau, l'ascension, l'oracle, pour une durée moyenne de 20-30 minutes par scène, donc. Ça correspond assez.

Après, l'intro est souvent plus longue, il y a beaucoup à dire et à décider, c'est sans doute normal de prendre plus de temps à ce moment, et un combat ralentira invariablement le rythme.
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Re: [CR Solo] [DD5] Tombe de l'annihilation

Message par BenjaminP »

Tout de suite la suite, avec la moitié du trajet effectuée entre Orolunga et Kir Sabal. La bataille pour l'âme d'Eku continue.

***

Nous avons quitté l’oracle tous ensemble, Artus et son ami Apdrag (si j’ai bien saisi, son élocution est étrange), Eku et moi, dans une atmosphère de paix retrouvée. La ziggourat avait perdu tous ses artifices, l’escalier descendait sans pièges ni chausse-trappes, sans serpents ni chwingas jusqu’à la jungle, où la base de l’édifice se noyait dans un nid de tulipes bleues. Nous y avons monté le camp. La nuit est jeune encore et nous partirons demain, après avoir fait plus ample connaissance.
[Durant cette discussion, les buts secrets des personnages apparaissent-ils ? 54, oui. Bien, c’est cohérent avec le « coup de foudre » précédent.]
Je cherche à en savoir plus sur nos compagnons. Artus m’apprend qu’ils se sont rencontrés à Port Nyanzaru. Il admet qu’il n’est pas natif de Chult mais de la côte des Épées, comme moi. Il est cependant sur la presqu’île depuis des lustres, semble-t-il. Dix ans ? Vingt ans ? Je lui demande et il hésite. Alors je déballe tout. Syndra. Le Psychophage. La raison de ma venue à Chult. Même Eku roule des yeux ronds. Je lui montre que nous n’avons aucune raison de nous cacher quoi que ce soit. [Persuasion de Kass : DC15, 12+4] J’ai dû être convaincante, car il se livre à son tour.
— Vous voyez cet anneau, dit-il en montrant sa main gauche. C’est l’anneau de l’hiver. Il m’empêche de vieillir. Je suis venu à Chult il y a plus de cent ans.
J’en reste bouche bée. J’ai donc trouvé le moyen de parcourir la jungle avec non pas une mais deux reliques vivantes. L’anneau qu’il désigne, autour de son doigt tatoué, est d’or couvert de givre. Du premier coup d’œil, je sens que Syndra donnerait tout pour un objet pareil. Il poursuit :
— Il y a cent ans Ras Nsi et sa horde revenue d’entre les morts était aux portes de Mezro, une ville de la côte est. Je m’y trouvais, et l’ai défendu aux côtés des barae, les défenseurs immortels de cette antique cité. Mais nous n’étions pas de taille, tout immortels qu’ils fussent. Ils ont alors mis au point la plus audacieuse des fuites, qui consistait, plutôt qu’abandonner la ville à la horde, à la cacher tout entière. Depuis, Mezro n’est plus de ce monde. Elle n’y reviendra que lorsque le danger ne sera plus.
— À la mort de Ras Nsi ?
— Sa deuxième. Ou troisième. On ne les compte plus.
[Kass déduit-elle une motivation cachée derrière tout ça ? insight DC15 : 18+2 ! ]
— Une quête d’un siècle, c’est bien long. Qu’y a-t-il de si beau à Mezro ?
— Ma femme. Alisanda.
Je suis presque déçue. [J’ai bien envie de laisser longtemps planer la possibilité d’une aventure entre Kass et Artus… Pas d’oracle pour l’instant, comme ça on reste dans le doute, et ça pourra amener plein de drama : Kass résistera-t-elle à l’envie de reculer le retour de Mezro, quitte à se compromettre ? Ce retour est-il seulement possible ? Si non, Artus se résignera-t-il à la perte d’Alisanda ? Trouvera-t-il un nouveau bonheur ailleurs ? Bref, vous voyez le genre.]
— Et ces tatouages ? Vos enfants ?
Il s’esclaffe.
— Non ! Byrt et Lugg. De chers amis. Deux wombats.
— Pas loin.
Mais quel genre d’hommes se tatoue sur les doigts le nom de ses hamsters ?

Après cela, Apdrag et Eku ont tenté de communiquer un peu. Pas facile. Le saurien ne s’exprime que par cliquètements, enrichis d’étranges odeurs qu’il semble pouvoir émettre à volonté. Artus a tenté d’en dresser le glossaire, mais même lui s’étonne parfois, quand il s’agit d’interpréter une odeur de chèvrefeuille ou d’amarante, d’anis ou de menthe poivrée. Visiblement, le soufre désigne l’hésitation, la rose la tristesse, le citron la joie, le pain frais la colère et le porc fumé l’inquiétude. Avec tout ça, j’ai bien peur de passer tout le reste du voyage à gargouiller, Apdrag doit donner faim…
Il suit Artus depuis quelques années, à la recherche d’Omu. C’est ce qui les a menés à Orolunga, dont il ne connaissait pas non plus la localisation exacte (tout le monde n’a pas la chance d’avoir Eku pour guide). L’oracle leur a livré des indices, visiblement insuffisants. Selon Artus, le meilleur moyen de localiser la cité perdue d’Omu est à présent de s’en remettre aux moines de Kir Sabal, un monastère sur la côte est de la presqu’île. Un mois de voyage, en passant par le cœur d’Ubtao.

Les cinq premiers jours, nous suivons le cours du Thar, jusqu’à son affluence avec la source du bassin d’Aldani. Hormis les insupportables nuées de moustiques, le voyage se passe bien. Nous apprenons à nous connaître et à évoluer de concert. Malgré ses courtes pattes, Apdrag avance à bonne vitesse et lui au moins ne craint pas les insectes ; sa peau est épaisse comme mes cornes, qui l’amusent beaucoup. [Apdrag se prend-il d’affection pour Eku ? 21, non. Pour Kass ? 60, oui.] Je me fais doucement à sa présence étrange.
Artus de son côté fait un parfait éclaireur. Il a bien plus d’expérience que moi. S’il n’avait à rivaliser avec Eku, il serait sans conteste le meilleur des guides. Mais elle connaît mieux la jungle, ses rivières et ses méandres. Preuve : sous son égide, nous arrivons, au jour dit, à l’heure dite, à la confluence du Tarth et de l’Aldani.
[La malédiction de Kass empire-t-elle ? Peu probable. 7, non et… Oh ? Je tire un verbe : Notify !]
— Ça ne s’est pas étendu depuis notre visite à l’Oracle.
Je me retourne. Eku est en pleine contemplation des écailles de mon dos tandis que, pour la dernière fois avant la traversée de ce long marécage, nous nous lavons toutes les deux dans l’eau claire du Tarth.
— C’est vrai. Je n’y pensais plus.
— C’est peut-être pour ça ?
— Si seulement. Et toi ? Comment se comporte Nani Pu ? [Eku a-t-elle avancé dans sa lutte intérieure ? 73, oui.]
— Elle est calme. La question est de savoir si elle est tapie dans l’ombre, prête à bondir, ou simplement assagie.
— Nos nouveaux compagnons nous réussissent, dirait-on.
Elle rit. Comme souvent depuis cette fatale rencontre, sur les hauteurs de l’Aldani. Malgré l’abîme qui sous ses pieds s’est ouverte. Je ne peux m’empêcher de la prendre dans mes bras et de l’embrasser. Elle a l’air bien surprise.

La traversée du marais proprement dite est une toute autre affaire. Si les deux premiers jours, encore à peu près au sec, se passent bien, le troisième nous réserve une belle surprise. Nous longeons toujours la rivière quand j’avise un crocodile à deux doigts de croquer le mollet d’Agbat.

Avant même que je n’ai pu crier, un trait de feu jaillit derrière mon dos et vient embraser le museau d’un deuxième animal qui s’approchait de moi. Eku a bien visé, la bête renâcle, mais ce n’est pas assez pour l’arrêter. Je lui décoche une flèche précise et vicieuse dans la gorge. Voilà qui suffira. Cependant, quatre de ses congénères nous entourent à présent. L’anneau de l’hiver fait alors preuve de sa puissance : Artus le brandit, et voilà qu’un souffle plus glacé que Cania et Stygia réunis s’en déverse. Deux crocodiles, figés en plein mouvement, n’en réchapperont pas. Profitant de leur engourdissement, Apdrag se jette sur les deux derniers. Il achève une cible mais juge mal la vitesse du dernier, qui le saisit de ses puissantes mâchoires et l’entraîne par le fond. Je plonge sans hésiter à sa suite. La bête attire sa proie dans la vase mais c’est à son tour de me juger mal : dénuée de son fardeau, je nage plus vite que lui. Je me trouve rapidement sous son ventre que j’entaille de bas en haut, très proprement, avant de libérer Apdrag. Nous émergeons à la surface. Il saigne un peu mais sa couenne épaisse l’a préservé du pire.
Je laisse Eku prendre soin de lui et replonge aussitôt chercher mes futures bottes.

Le soir au coin du feu, Apdrag me jette de curieux regards quand il me voit au coin du feu équarrir mes nouvelles guêtres. Sa méfiance était fondée : dès l’aube, le dieu crocodile a tenté d’assouvir sa vengeance. Alors qu’il inspectait les alentours, Artus est tombé nez à nez avec un spécimen d’une taille improbable camouflé dans les roseaux. La bête l’a rapidement acculé contre un affleurement de roche tandis que nous accourions à son aide. Elle était si féroce que la magie de l’anneau ne la gagnait que trop lentement. J’ai sauté sur son dos et remonté son échine jusqu’à sa gorge. Elle venait de saisir Artus entre ses crocs lorsque je lui ai sectionné l’artère. Malheureusement la charogne une fois morte était complètement prise dans la glace. Dommage. Elle aurait fait un joli plastron.

*

Nous sommes à cinq jours de marche du cœur d’Ubtao et nous l’apercevons déjà, qui flotte au-dessus du bassin comme une lune immobile. La nuit, il brille d’une lumière étrange, qu’Eku fixe un peu trop à mon goût. Nous devrions passer en dessous ou juste à côté. J’espère que Nani Pu saura se tenir à carreau. Quant au cœur du marais, il est plutôt tranquille, du moins pour ceux que la moiteur et les moustiques ne gênent pas. [La malédiction empire-t-elle ? Peu probable, 64, non mais limite !] La peau de serpent est presque une bénédiction de ce point de vue. En l’absence de regards curieux autour de moi, j’ai découvert mon épaule droite afin de me refroidir, et les moustiques ne s’y risquent même pas. Les écailles son presque belles au soleil. Artus évite leur contact, mais Apdrag s’en amuse beaucoup. Il compare régulièrement nos deux peaux et et synchronise nos battements de queue en émettant une odeur de malt satisfaite. Est-ce Dendar qui parle en moi ? J’aime de plus en plus ce petit dragonnet vaillant. Rien ne l’effraie, rien ne le perturbe. Il accompagne de parfaits étrangers de sa loyauté indéfectible, et semble très heureux pour ça. J’envie sa confiance en les autres.

Le deuxième soir après notre rencontre avec la mère de tous les crocodiles, une bande d’hommes-lézards déboulent autour de notre feu de camp. Nous devons avoir pénétré sur leur territoire. Ils sont méfiants et nous menacent de leur lance. [Avons-nous de la nourriture à leur proposer ? Probable, 49, oui] Je leur propose de se joindre à nous : nous avons du gibier en abondance, la chasse a été bonne. Ils hésitent et acceptent. Apdrag est particulièrement impressionné. Il tente de communiquer avec eux, mais cela n’a pas l’air de fonctionner. Eku connaît quelques mots de leur langue, en revanche. Ils nous indiquent que d’ici deux jours nous pénétrons dans le territoire des morts. Réjouissante perspective. Nous nous quittons bons amis au milieu de la nuit.

Le matin, la terre retrouve un peu de consistance sous nos bottes dévorées par la boue des jours passés. Nous traversons le village de nos amis de la veille, aux abords desquels de gigantesques lézards se dorent au soleil sur les rochers. Je suis prise d’une compulsion soudaine de m’adonner aussi à ce passe-temps, mais Apdrag me traîne par la manche ; il empeste l’ammoniac, odeur de l’impatience. Les villageois nous regardent d’un air curieux. Je reconnais l’un de nos compagnons de repas qui brandit sa paume ouverte. Je lui rends son signe. Il s’approche en compagnie de ce qui paraît être un vieillard à la peau fripée. Un puissant goître s’agite sous son menton à chaque pas. Il nous tend des colliers d’os. Pour repousser les morts-vivants, suggère Eku. Pas sûr que ça suffise, mais ça ne peut pas nuire. Je me courbe bien bas pour les remercier et nous poursuivons notre route.

Le lendemain soir, je suis réveillé en pleine nuit par une nuée de chauve-souris qui me déchire le visage. [Nani Pu ? 98, oui, et contre toute attente : 2, résolution !] Je roule au bas de mon hamac. Elles sont des dizaines, des centaines qui virevoltent autour d’Eku. Comme plongée dans une transe, mon amie lévite au-dessus du sol, les yeux révulsés, les paumes tournées vers le ciel. Je me taille à coups de lames un chemin vers elle. Apdrag est debout lui aussi et lutte comme il peut contre ces bestioles. J’avance, mais la panique commence à me saisir quand j’aperçois, au-delà du cercle infernal que forment les chiroptères, trois ombres lugubres autour desquelles ces vampires volants s’écartent. Un triple rire éclate, d’une gaité de cimetière, et les voilà qui prennent forme.
De la tête fendue de la première s’épanche une colonie de fourmis, dont les damnés bestioles font festin. Sur ses yeux sont posés deux pièces d’or. Elle transporte un lourd anneau de fer sur lequel huit clés sont accrochées.
Un nuage jaunâtre s’exhale du nez et des oreilles de la deuxième pour accompagner son rire. Elle s’avance vers nous en boitant, le corps enroulé dans un chapelet de dents de lait.
Quant à la troisième, un sac est cousu à même la peau de son crâne, d’où s’érige une vipère, sifflante et frétillante.

Apdrag et moi sommes toujours aux prises avec les chauve-souris et je désespère qu’Artus sorte de sa torpeur pour nous venir en aide. Eku n’a pas quitté sa transe et les trois ombres convergent doucement vers elle en marmonnant en chœur. Leurs mots corrompus s’envolent de leur bouche et s’immisce dans ma tête au point que je pourrais m’y perdre, mais la présence d’Apdrag solide et solaire me rassérène. Il se bat comme beau un diable et s’extirpe du nuage des vermines pour foncer, sans une once d’hésitation, vers l’ombre centrale.
Un jet de glace me rase la joue pour venir s’écraser sans effet sur la dernière de ces horreurs. Enfin, Artus s’en mêle, juste quand les chauve-souris s’éparpillent. Je me lance alors vers la gauche, sur l’ombre à tête fendue. La nuit : mon élément. Elle croit me voir et elle se trompe. Je ne suis déjà plus là. Je tourne autour d’elle comme un derviche sur ses pointes et la larde de gauche et de droite, mais ses plaies infectes semblent se refermer sous mes yeux. Apdrag a plus de succès : son épée brille d’un éclat que je ne lui ai jamais vu lorsqu’il l’abaisse sur le corps mou de l’ombre méphitique. Je perçois même confusément son aura bienfaisante qui m’enveloppe et me protège des sortilèges de ces trois démons.
Mais comme je reprenais espoir, Eku s’écroule près du feu de camp après avoir reçu un bien mauvais coup. Je crains le pire mais mon cœur se réchauffe en voyant qu’Artus fait feu de tout bois pour la protéger. La vipère s'est saisie d’elle, elle voudrait l'emporter mais la magie de l’anneau de l’hiver l’a fait battre en retraite. Un mur de glace la sépare à présent de sa cible inconsciente et la voilà qui peste et retourne sa haine contre Artus, qui se défend bien.
Alors un cri déchire le ciel nocturne. À ma droite, Ardbag a plongé son épée sainte dans le cœur de son adversaire, qui s’affaisse et dégorge un liquide innommable. En un souffles soudain, voici que les deux autres s’évaporent et disparaissent dans l’éther, comme elles étaient venues. Je cours vers Eku, accompagné du vaillant saurien, le héros du jour. Nous nous penchons tous deux au chevet d’Eku, mais il sait bien mieux que moi comment s’y prendre et la tire d’affaire en un rien de temps. Je la laisse entre ses mains et rejoins Artus qui inspecte un peu plus loin le cadavre encore fumant.
— Qu’était-ce ?
— Les Sœurs cousues. Des légendes locales, pourvoyeuses de cauchemars. Apdrag a terrassé la Clochemorte. Un haut fait.
— Elles sont venues pour Eku.
Artus lève un sourcil curieux. J'ajoute :
— Elles se disputent son âme.
— Entre elles ?
— Non. Elles veulent qu’Eku les rejoigne.
— Et maintenant, il en manque une.

***

Eku a remporté le combat pour son âme et le groupe s'est au passage constitué de farouches ennemies. Pourtant parfaitement improvisé après cet oracle à 98, il a été très intéressant à jouer, parce que les (nombreuses) capacités de tout le monde ont donné un chifoumi très rigolo, où chacun contrecarrait les plans de l'autre : Apdrag confère l'avantage contre les effets de sort à qui le colle de près, si bien que les trois phantasmal killers et deux malédictions des night hags ont échoué contre les sauvegardes. Mais de leur côté, les sorcières ont aussi l'avantage contre les sorts, ce qui a rendu l'anneau de l'hiver complètement inopérant dans ses attaques directes. Kass, pourtant la plus faible des protagonistes, était plutôt tranquille grâce à sa capacité Umbral Sight du Gloomstalker : elle est invisible à qui ne peut la voir que grâce à un vision nocturne, et le combat se déroulait de nuit. En revanche, elle n'a pas été d'une utilité farouche faute d'arme magique, les sorcières sont résistantes aux dégâts non magique. L'élément déterminant a en réalité été l'épée d'Apdrag, qui ajoute 2d10 aux dégâts contre les morts vivants et les fiélons... ce que sont les night hags ! (Note pour qui voudrait faire jouer cette campagne : ajouter Apdrag/Dragonbait et Artus change vraiment, complètement la donne. C'est osé, et plutôt fun)
C'est un combat qui m'aurait probablement causé beaucoup de problèmes autour d'une table, parce qu'il a fallu que je prenne le temps de tout prendre en compte, chose que je fais rarement en compagnie. J'aurais probablement oublié mille choses et réglé les trois-quarts au doigt mouillé dans le feu de l'action. Le solo, de ce point de vue, je le remarque de plus en plus à chaque essai, est une expérience bien plus by the book que la partie classique, paradoxalement.
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