[CR][Symbaroum] Ainsi parlait Aroaleta

Critiques de Jeu, Comptes rendus et retour d'expérience
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Elijah Shingern
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[CR][Symbaroum] Ainsi parlait Aroaleta

Message par Elijah Shingern »

A l'occasion d'une discussion innocente - sur Discord - avec cinq vieux amis de fac, quelqu'un a eu l'idée saugrenue de dire qu'il referait bien du jeu de rôle.

Etant totalement incorrigible, j'ai donc lancé une nouvelle campagne de Symbaroum (J'en ai déjà deux en cours :mrgreen:), en commençant par Terre Promise (je crois que c'est au moins la 5ème fois...)

Dramatis Personae (on a fait simple, ce sont les prétirés de "Treasure Hunts of Davokar", tels quels, avec quelques modifications de background pour jouer l'intégrale de la Couronne de Cuivre, et plus si on réussit à continuer à jouer au delà) :

Ceusses du Sud :

Elgaï Ardagal :
- Chevalier à la force colossale ;
- Dernier rejeton de la Maison Ardagal ;
- A fui devant les Hordes des Sombres Seigneurs lors de la bataille de Kandoria ;
- Consumé par la honte ;
- Reclus sur les terres mourantes de sa Baronnie pendant près de vingt ans ;
- Bouleversé par l’arrivée sur ses terres du Père Indra et de son disciple Hador ;
- A décidé d’accompagner ces derniers vers la Terre Promise et de racheter, par ses actions, l’honneur sali de la Maison Ardagal.

Indra :
- Subtil serviteur de l’Unique ;
- Resté en Albérétor pour étudier et combattre les Ténèbres Eternelles, et trouver le remède à la gangrène qui dévore le Royaume ;
- A recueilli l’orphelin Hador et en a fait son serviteur et son disciple ;
- A récemment été contraint de quitter le Temple du Soleil dont il avait la garde devant l’avancée inexorable d’une horde de Non-Vivants ;
- A décidé de voyager vers la Terre Promise, afin de défendre cette dernière contre les Ténèbres des Etendues Sauvages (« Les Ténèbres prospèrent dans ce qui est sauvage et indompté. Pour extirper le mal, l’humanité doit se rendre maître de la nature, en l’ordonnant et en la cultivant. ») ;
- A redonné la foi à Elgaï Ardagal.

Hador :

- Né après la fin de la Grande Guerre ;
- Sa famille a péri en cherchant à découvrir des terres encore vivantes ;
- A survécu en chassant ;
- A été recueilli par le Père Indra, et est devenu son serviteur et disciple ;
- Farouche adversaire des Ténèbres, qui infectent les âmes et les corps ;
- Considère que les Ténèbres ne peuvent être éradiquées que par la violence ;
- Son maître spirituel sait beaucoup de choses, mais il ne voit pas cette vérité.

Ceusses du Nord :

Ulifos :
- Gobelin du Clan Karabaddok, à l’intelligence inhabituelle et aux sens aiguisé ;
- Né il y a 8 ans, à Fort Chardon, où sa mère travaille comme servante dans le manoir d’Erok le Sombre, le célèbre chasseur de trésor ;
- A écouté avec profit toutes les histoires d’Erok le Sombre et de ses compagnons ;
- En a retiré de multiples connaissances utiles ;
- S’est fait attraper en fouinant dans la cave du Maître, et s’est fait jeter dehors ;
- Rêve de trésors merveilleux et rutilants comme ceux qu’il a aperçu dans la cave, et d’une grande maison où sa mère sera servie par des sous-fifres humains sous-payés, et pourra lui préparer ses sublimes biscuits d’écorces !
- A rencontré « l’Ami », un ogre mystérieux, et l’a convaincu qu’il était un guide confirmé ;
- Est parti avec ce dernier en Albérétor, où L’Ami espérait retrouver une de ses connaissances – mais ils n’ont trouvé ni cette personne, ni des trésors. L’endroit est sinistre, il est temps de repartir.

L’Ami :
- Ogre
- Il y a peut-être cinq ans, peut-être douze, est sorti de Davokar, vide, confus et totalement affamé.
- Recueilli par « Maître », un puissant magicien habitant dans une hutte solitaire, près de l’orée de la forêt, qui l’a baptisé « ’Ami » ;
- Est devenu le disciple de « Maître » ;
- A la mort de « Maître », a trouvé, sur le corps froid de ce dernier un journal mystérieux, presque impossible à déchiffrer, et un ensemble de correspondances adressées à « Maître » par deux autres mages : Maître Bartolom, en Albérétor, et Maître Vernam, dans un lieu inconnu ; A décidé de retrouver ces derniers pour comprendre les dernières paroles de Maître (« Eux. Eux sont les véritables monstres. Ils réveillent les Ténèbres. Ils ne voient pas que les combattre ne fait que les renforcer ») et accomplir ses desseins ; Est toujours accompagné de son fidèle Flaro, le Serviteur de Flamme qu’il a invoqué ;
- A rencontré Ulifos sur le chemin, alors qu’il errait dans ce pays étrange qu’est le Royaume d’Ambrie ;
- Est parti avec Ulifos vers Albérétor en suivant une caravane pour le moins étrange, mais n’a pas trouvé Bartolom, ni les réponses à ses questions. Juste une terre mourante et un camp de réfugié. Le mystère de Maître reste complet.
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Elijah Shingern
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Re: [CR][Symbaroum] Ainsi parlait Aroaleta

Message par Elijah Shingern »

Terre Promise :

I. Le Camp des Réfugiés :

- L’hiver approche. Après un long et dangereux périple à travers les Terres Mourantes du Sud, Elgaï, Indra et Hador parviennent enfin dans les provinces septentrionales de l’Albérétor. Ici, la terre est encore suffisamment vivante pour permettre quelques pauvres récoltes de céréales, de légumes ou de fruits rabougris. Ils croisent quelques troupeaux de bêtes malingres qui tentent de survivre au milieu de pâturages désertiques. Ils arrivent enfin en vue d’un immense camp de réfugiés, à l’ombre des pics menaçants des Monts Titans. Les habitants du camp semblent tous soulagés à la perspective de laisser derrière eux les déserts de poussière noire et sans vie, et de trouver enfin, de l’autre côté des montagnes, la Terre Promise. Las, Elgaï, Indra et Hador s’arrêtent près d’un grand feu de joie afin de se réchauffer et de se reposer.


- Dans ce fatras de chariots, de tentes et de feux de camp, les réfugiés remarquent l’étrange duo composé d’Ulifos et de l’Ami. Ils n’ont trouvé aucune trace de Maître Bartolom. Ulifos s’impatiente : l’endroit est sinistre, et les seules informations qu’ils ont pu glaner font état de terres noircies et de ruines dévastées plus au sud. « Il n’y a rien à gagner ici », déclare-t-il, pensif, à son compagnon, en mangeant un biscuit aux écorces « Nous devrions remonter vers le nord au plus vite ». Ils s’interrogent sur la meilleure façon de traverser les Monts Titans avant que l’hiver rende le voyage impossible. Ils s’arrêtent près d’un grand feu où se pressent un certain nombre de silhouettes interlopes, dont certaines leurs sont familières.


- Ulifos et l’Ami reconnaissent les visages renfrognés et inquiets de Belun et Ludo, deux mercenaires barbares qui accompagnaient la mystérieuse caravane avec laquelle ils ont traversés les Monts Titans.

Ils reconnaissent également Telk, un muletier ambrien bavard.

Au tour du feu, il y a enfin Elgaï, Indra et Hador, qui sont interloqués par la présence de l’Ogre, de son Serviteur de Flamme, du Gobelin, et des deux barbares, et pour cause : ils n’en ont jamais rencontré.

Alors que Belun et Lugo préparent une sorte de ragout barbare épicé, Telk pleurniche de façon agaçante : « Mes amis, je crains que nous devions passer l’hiver dans ce pays sinistre – les premières neiges sont imminentes, et il est presque certain que les montagnes seront infranchissables ! Je n’ai pas envie de rester des mois dans ce trou à rat infesté par des morts-qui-marchent ! »

Pendant que l’Ami reste impassible, Ulifos jette, d’un geste expert, un gobelet sur la tête de Telk, qui gémit de plus belle. « Arrête de chouiner, tu vas nous porter malheur ! » dit-il, d’un ton aigre, avant d’éclater de rire et d’ajouter : « Ça te fera les pieds, de te faire manger tout vif par un mort-qui-marche. »

Elgaï, Indra, Hador, Ulifos et l’Ami font connaissance en mangeant l’agréable frichti proposé par Belun et Ludo. Ils remarquent que les deux barbares semblent fiévreux et mal à l’aise.

Alors que Telk gémit de plus belle, un petit homme au visage de fouine, Keler, s’approche de lui et lui glisse quelques mots à l’oreille. Le visage de Telk s’illumine, et il commence à se lever.


- Ulifos comprend tout de suite qu’un des caravaniers a décidé de tenter de franchir les montagnes avant les premières neiges.

Il saisit Telk par le col, et commence à lui mettre ses doigts longs et crochus dans les yeux. « Il faut que tu parles mon vieux. Vite, parce que sinon nous allons, nous comme toi et ton petit copain, rater le coche. C’est qui, le marchand fou qui repart vers le Nord ? Vite ! Vite ! Nous aussi on veut savoir ! ».

La présence massive de l’Ami et de son Serviteur de Flamme aidant, Telk crache le morceau, sous le regard dépité de Keler : « C’est… C’est Maître Argasto Golspiel, le Marchand, qui part ! »

« Sa caravane est complète… Il ne te prendra pas, Gobelin, pas plus que l’Ogre et son tas de ferraille brulé », crache Keler. « En revanche, il m’a dit qu’il aurait bien besoin de deux éclaireurs barbares », ajoute-t-il d’un air malfaisant.

Indra en profite : « Je suis certain qu’il sera heureux d’accepter à ses côtés la présence de deux des Enfants de l’Unique et d’un puissant chevalier ! »

Keler paraît de plus en plus ennuyé, et tente de les décourager, sans succès, avant de partir, manifestement agacé. « Maître Argasto a besoin d’hommes expérimentés, pas de réfugiés à moitié morts de faim, et de gobelins pouilleux ».

Elgaï Ardagal se redresse de toute sa hauteur, et frappe Keler de son gantelet. Ce dernier tombe à la renverse, le visage en sang. « Je t’invite à montrer du respect au prêtre. Souviens-toi que j’ai droit de vie ou de mort sur toi, misérable ! ».

Il se saisit de l’homme au visage de fouine, et le force à les emmener dans la partie nord du camp, où se trouve les chariots et les tentes de la caravane de Maître Argasto Golspiel.

-Ils arrivent bientôt devant un cercle de chariots et de tentes bariolées, bien plus grandes et luxueuses que les taudis ternes des autres habitants du camp.

Au centre du cercle se trouve un gigantesque feu duquel émane une chaleur bienfaisante. Quatre hommes et trois femmes au regard dur, tous armés de pied en cap, discutent, mangent, boivent ou jouent aux dés sur des bancs grossiers disposés autour.

Outre ces combattants, Ulifos repère deux autres personnes, deux jeunes femmes. L’une d’entre elle, blonde, porte la robe rouge des novices de l’Ordo Magica. Elle s’appelle Edira. l’autre, au visage émacié, et tout de noir vêtue, se nomme Lestra.

Telk, Keler et les deux barbares se précipitent vers la tente la plus grande et la plus riche, y restent quelques instants, avant de ressortir. Keler adresse un sourire impudent et haineux à Elgaï, qui crache à ses pieds.


- A l’entrée de la tente, un homme presque obèse, habillé de vêtements amples de feutre et de peaux observe Indra et Elgaï, et, sans se présenter, agite devant leurs visages ses doigts boudinés couverts de grosses bagues devant leurs visages : « Eh bien ? ».

Elgaï se rembrunit, pendant qu’Indra se présente et propose à l’homme obèse, qui n’est autre qu’Argasto Golspiel, le Marchand, de l’accompagner dans la longue et dangereuse traversée des Titans. Il ajoute de façon habile, en agrémentant sont discours de force citations religieuses, qu’Hador, Elgaï et lui-même ne réclameront aucun salaire autre que la nourriture de chaque jour.

Au grand dam d’Ulifos, qui espérait gagner quelques shillings, l’Ami propose aussi leurs services gratuitement.

Les petits yeux porcins de Maître Argasto brillent.

« Il n’y a plus vraiment de place au sein de ma caravane » dit-il d’un ton condescendant, « Et je ne suis pas certain qu’un vétéran, fut-il chevalier, deux prêtres et – pointant du doigt Ulifos et l’Ami -…vous puisse nous apporter quoi que ce soit. Est-ce que vous savez vous défendre au moins ? Même la nourriture doit se mériter ! »

Elgaï se récrie, et demande à montrer sa valeur.

Il agite sa main boudinée, et fait signe à ses gardes de s’approcher. « Voyons, donc ! » s’exclame le marchand.

Les gardes regardent les héros en riant. Le plus grand d’entre eux, un dénommé Péonio, agite son épée de façon provocante, et dit à Elgaï, d’un ton ironique « Je vais faire attention, c’est promis… », juste avant de se prendre un violent coup du plat de l’épée sur le visage.

Quelques instants plus tard, alors que ses gardes se trouvent en difficulté pour contenir l’humeur massacrante d’Elgaï et l’habileté de ses compagnons, Argasto fait un signe pour mettre fin au combat. « Cela me suffit ! Vous pouvez venir avec nous ! Inutile de se massacrer ! J’ai besoin d’hommes valides et nous partons demain matin à la fin de la nuit, avant que camp ne se réveille ».

Avant l’aube, la caravane part aussi discrètement que possible du camp.

(La suite au prochain épisode, si cet excellent début de partie donne lieu à quelque chose).
Dernière modification par Elijah Shingern le dim. avr. 04, 2021 7:16 pm, modifié 1 fois.
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Re: [CR][Symbaroum] Ainsi parlait Aroaleta

Message par Elijah Shingern »

(Ce week-end pascal est superbement propice à une petite série de séances courtes - on rejoue même ce soir ! Je pense même qu'on va terminer Terre Promise :P )

II. Les Voleurs :

- La caravane s’aventure dans les contreforts des Monts Titans en suivant la route tracée il y a déjà vingt ans par l’Armée de la Reine Masquée. Les premières neiges ne sont pas encore tombées, et les flancs des pics déchiquetés sont couvert d’une forêt incroyablement sombre et dense. Les Héros et leurs compagnons s’échinent, pendant plusieurs jours, à franchir cols, vallée et torrents de montagne. De façon inhabituelle pour cette période de l’année, un soleil de plomb règne seul dans un ciel chauffé à blanc. Indra semble le seul à se réjouir et à y voir un bon présage, alors que, parmi les membres de l’expédition, la chaleur étouffante fait monter les tensions :

Keler, l’homme au visage de fouine, multiplie les provocations à l’égard d’Elgaï, et passe par ailleurs son temps à espionner la novice Edira, tout comme l’Ami, qui la soupçonne de connaître Maître Bartolom, bien qu’elle ait prétendu le contraire ;

Belun et Ludo, les mercenaires barbares partent en éclaireur de plus en plus loin, et de plus en plus longtemps. Hador, qui ne leur fait pas confiance, les suit parfois, et remarque que Belun porte des blessures qui ne semblent pas guérir… Il s’en ouvre à Indra, qui lui demande de garder un œil ouvert. Le maître et son disciple ne remarquent pas que leur conversation a été entièrement épiée par la sinistre Lestra.

- Le soir du cinquième jour, après une journée de marche harassante, la caravane fait halte dans une sombre vallée, près d’un petit cours d’eau. Autour du feu, Elgaï et Ulifos – qui sont particulièrement intéressés par les histoires de chasseurs de trésor dans la Forêt de Davokar – réussissent à faire parler Belun et Ludo grâce à un mélange de flatterie et de « breuvage gobelin alcoolisé à base d’écorce » concocté par Ulifos. Les barbares, rendus moins taciturnes, se vantent d’avoir fait partie d’une expédition dans les parties les plus sombres de Davokar. « Cette ordure de Gorak et son mignon, un changelin connu sous le nom d’Alahara, voulaient atteindre les ruines d’un vieux temple du Dieu-Araignée. On ne l’a jamais trouvé », s’exclame Belun, le rouge aux joues, avant que Ludo ajoute « Mais nous ne sommes pas repartis bredouilles. Nous avons trouvé la tombe d’un Roi de l’ancienne Symbar ! Et de l’or, beaucoup d’or », avant de reprendre, soudainement plus sombre, « … et Gorak a pris le crâne couronné du Roi… De retour à Fort-Chardon, nous avons préféré fuir la malédiction du Roi… ». Au coin du feu, Lestra écoute leur récit, les yeux étrangement brillants.

- De son côté, l’Ami, voyant qu’Edira n’est pas autour du feu, se décide à la chercher et à lui faire dire tout ce qu’elle sait sur Maître Bartolom. Il la retrouve allongée sur le ventre, la tête dans le ruisseau, baignant dans une mare de sang. Le reste de la caravane accourt. S’ensuit une grande confusion au cours de laquelle l’Ami est accusé par Argasto Golspiel, puis blanchi, du meurtre d’Edira, lorsque l’on découvre que Keler a disparu, ainsi qu’un artéfact qu’Edira avait sur elle en permanence, et dont les Héros apprennent l’existence, la Pierre de Soleil. Alors que, subitement, la température baisse, et que les premières neiges font leur apparition, Argasto Golspiel glapit avec terreur « qu’il faut retrouver cette Pierre, sinon le Dieu-Soleil nous refusera sa bénédiction, et nous mourrons tous dévorés par le froid des Titans ». Elgaï saisit le misérable marchand par le col et le secoue pour le calmer, pendant qu’Indra l’accuse d’avoir volé une relique de Prios et de l’avoir remise à un incroyant de l’Ordo Magica : « Vos mains souillées ne sont pas dignes, Marchand, de toucher cet objet. Nous allons retrouver ce témoignage sacré de la puissance du Très-Haut, et le conserver par devers nous. Si nous sommes encore vivants, malgré votre ignoble blasphème ». Pendant ce temps, l’Ami récupère discrètement les autres affaires d’Edira… et Hador contraint le malheureux Telk à avouer que Kéler s’est enfui vers une tour en ruine et « hantée » située non loin de là. Lestra, qui semble plus intéressée par les deux barbares, refuse d’accompagner les héros.

- A la lueur de la Lune, les héros suivent la trace de Kéler dans les hautes herbes, et finissent par arriver près de la Tour, dont la silhouette se détache sur le ciel nocturne. Le dernier étage de la Tour semble être illuminé d’une clarté rougeâtre. Ulifos et Hador, envoyés en éclaireur, repèrent les pièges à mâchoire de loup que Kéler a laissé sur son passage. Ulifos se faufile seul dans la pénombre de la Tour. L’endroit est baigné de la lumière de centaines de cierges qui dégouttent de cire sur des visage de pierre et de terre cuite grossiers, qui semblent représenter des Dieux ou des Héros. Un temps captivé par cette vision, Ulifos entreprend l’ascension de la Tour. Au dernier étage, il voir Kéler, penché près d’une meurtrière, une arbalète entre les mains. Ce dernier, alerté par le bruit, se retourne et décoche un carreau. L’homme au regard de fouine et le Gobelin s’affrontent, le couteau à la main, dans une lutte silencieuse et mortelle. Ulifos, blessé, ne doit son salut qu’à l’arrivée providentielle de Hador. Ensemble, ils maîtrisent Kéler et le ligotent avant que les autres arrivent.

- Indra s’empare de la Pierre de Soleil au nom de Prios – sous le regard envieux de l’Ami. Les Héros devisent à voix haute du sort à réserver au meurtrier. Elgaï se prononce sans ambages pour la mort. Tremblant de terreur, l’homme au regard de fouine supplie : « Laissez-moi partir. Je ne volerai plus jamais ! ». Avant de se montrer plus menaçant : « Si vous me faites du mal, le Seigneur Mal Rogan me vengera ! Vous n’avez aucune chance face à lui ! Même la Mort n’a pas réussi à le tuer ». « Ne t’avise pas de menacer mon Maître », lui répond Hador avec colère, avant d’entamer un rituel pour contraindre Kéler à révéler tout ce qu’il sait. Les Héros apprennent de la bouche de Kéler que ce dernier est un brigand appartenant à la troupe d’un certain Mal-Rogan, un mort-vivant maléfique, pour récupérer la Pierre de Soleil, et que ce dernier doit venir dans la Tour cette nuit même pour en prendre possession.

- Elgaï, l’Ami et Ulifos proposent de partir immédiatement pour rejoindre le camp, mais Indra refuse : « Cet endroit est souillé par la présence des Ténèbres Eternelles. Nous devons les combattre au nom du Père des Lumières ». Indra réprimande durement Elgaï pour sa lâcheté, et ce dernier, plein de honte, accepte de rester aux côtés de ses compagnons. L’Ami hausse les épaules : "Au moins, nous allons vivre quelque chose d’inhabituel. ». Quelques instants après, le silence de la nuit est interrompu par le son étrange d’une flute. Dans l’obscurité, les Héros aperçoivent la lumière de plusieurs torches, venant la forêt proche. A la tête d’une troupe de six brigands en haillons, une silhouette massive et sinistre se détache. Cette procession sinistre s’arrête à la porte de la Tour. Kéler hurle « Maître ! Maître ! Des intrus sont là ! ils m’ont pris la Pierre ! ». D’un revers de main, Elgaï le fait taire. Il dégaine son épée, et, sous les exhortations d’Indra, descend tranquillement les escaliers, suivi par les autres.

-En bas de la Tour, les deux camps se font face. Le visage autrefois beau de Mal-Rogan est déformé par la Peste du Sang Noir et par la non-vie. Des veines sombres palpitent sur ses tempes et sur son cou. Il porte sa propre main, momifiée et noircie accrochée par une chaine rouillée, comme un pendentif autour de son cou. « La Pierre de Soleil est à moi » croasse-t-il d’une voix rauque, en balançant sa tête de façon étrange d’avant en arrière. « La Pierre appartient au Dieu Soleil, et nous sommes ses serviteurs », lui répond Indra. Le combat est d’une brutalité folle. Les flèches de Hador et les dagues d’Ulifos font des ravages chez les brigands, mais la masse cloutée de Mal Rogan manque de tuer Elgaï, déjà affaibli par la redoutable malédiction du mort vivant. Il ne doit son salut qu’à l’intervention de Flaro, le Seviteur de Flamme de l’Ami, et à l’intervention divine de Prios, qui, répondant à l’oraison d’Indra, nimbe la pièce d’une lumière surnaturelle, qui brûle Mal-Rogan, et le force à fuir. « Je reviendrai, Prêtre, et j’arracherai la Pierre de Soleil de tes doigts froids » hurle-t-il.

-Blessés et épuisés par les événements de la nuit, les Héros reviennent au campement à l’aube. Ils sont accueillis par Argasto Golspiel et ses hommes, qui réclament la Pierre. Indra refuse de la leur remettre. La méfiance est palpable de part et d’autre. Lestra chuchote à l’oreille d’Argasto, et, curieusement, ce dernier blêmit et abandonne ses exigences. Hador s’interroge sur l’identité réelle de Lestra…

-Après un procès sommaire, Kéler, déclaré apostat, voleur et assassin, est condamné à mort, et pendu à un arbre. Il meurt sans dignité, près de la tombe improvisée où repose sa victime, alors que la caravane repart.
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Re: [CR][Symbaroum] Ainsi parlait Aroaleta

Message par Elijah Shingern »

III. La Traversée des Montagnes

- La caravane avance de plus en plus difficilement dans les difficiles chemins de montagne, et il fait de plus en plus froid. La nourriture est rationnée, et certains des voyageurs parmi les plus fragiles meurent ou sont laissés sur le bord du chemin – ce qui revient au même. Les tensions sont de plus en plus vives, car Indra refuse, pour l’instant, de se lier à la Pierre de Soleil, au grand dam d’Argasto Golspiel. Chaque jour, les membres de la caravane doivent passer plus en plus de temps à chercher du bois pour le feu et à chasser.

- Le treizième jour, alors que Hador, Elgaï et Ulifos chassent, et Indra et l’Ami coupent du bois, nos Héros entendent non loin des hurlements sauvages et des cris d’effroi mêlés. Ils accourent pour trouver Belun et Ludo, couverts de sang, acculés par un Loup monstrueux, de la taille d’un cheval, et plusieurs loups plus normaux. Pendant que ses compagnons parviennent à se débarrasser des autres bêtes, Hador parvient à tuer le Loup monstrueux d’une flèche en plein cœur. Ce dernier se transforme alors en une jeune femme presque nue – en réalité une Elfe – vêtu d’un simple manteau de laine gris, et portant un étrange anneau de fer rouillé. Belun et Ludo sont saisis d’une angoisse indicible à la vue de ce corps. « Sorcellerie ! » s’exclame Hador. « Sorcellerie Elfe, effectivement ! » lui répond Lestra – qui vient d’arriver sur les lieux, et regarde avec suspicion les deux barbares « Je me demande bien pourquoi cet être malfaisant en avait après vous… ». L’Ami s’empare du bracelet de fer rouillé : « La marque du Pacte de Fer, cet antique serment autrefois scellé entre les elfes et les hommes… Maître m’en avait parlé ! », observe-t-il avec tristesse. « Un serment maudit, prêté par des maudits ! », rétorque Lestra avec violence, « Nous en reparlerons, et dans bien peu de temps, je pense. »

- Apprenant la nouvelle, Argasto ordonne d’une voix stridente la levée immédiate du camp, malgré les supplications de ceux qui, épuisés, espéraient du repos. La caravane reprend la route à marche forcée, laissant derrière elle les plus faibles…

-La caravane atteint après une nuit de marche éreintante, un haut plateau. C’est alors qu’un vent terrible se lève, et que la neige se met à tomber dru. Argasto n’a pas d’autre choix que d’ordonner à la caravane de former un cercle de chariot afin de protéger les bêtes et les hommes de la tempête qui s’annonce. Alors que le vent hurle, l’Ami croit entendre l’écho d’une voix grondante. « Un puissant rituel …», murmure-t-il. « La marque de la Nuit Eternelle. Que Prios nous prenne en pitié » répond Lestra.

- La tempête retombe en même temps que se lève une aube blafarde. Le haut plateau est entièrement couvert de neige, et la caravane ne peut repartir. De nouveau, des tensions apparaissent sur la conduite à suivre. Argasto menace de laisser les contestataires derrière lui. Belun, qui a l’air de plus en plus malade, et Ludo discutent gravement de leur côté, et tentent de convaincre les Héros de rebrousser chemin aussi vite que possible. C’est alors que, de l’épais brouillard qui s’est levé surgissent deux silhouettes étranges : un cavalier elfe chevauchant un élan majestueux, et un Ours d’une taille colossale. Telk hurle de toute la force de ses poumons « Des Elfes ! Je crois que ce sont des Elfes ! »

- Dans un silence de mort, le mystérieux cavalier s’approche, alors que l’Ours se transforme également en Elfe. « Je suis Godraï », dit le cavalier dans la langue des hommes « et voici Saran-Ri. Livrez-nous les deux hommes connus sous les noms de Belun et Ludo ». « Je doute que ceux-là soient d’une bien grande importance pour les Gardiens de Davokar » lui répond l’Ami. « Détrompe-toi, Ogre. Ils ont violé les traités et brisé les tabous de leur propre Clan, en fouillant trop profondément le ventre de la Grande Forêt. Ce qu’ils ont réveillé est profondément mauvais et les a corrompus. Nous devons les prendre. »

- « Nous n’avons pas peur de vous, elfes maudits », répond Elgaï « Elgaï Ardagal ne livre pas ses frères d’arme. Votre compagne a payé pour le savoir ! » Une grande dispute éclate au sein de la caravane entre ceux qui veulent livrer les deux frères – qui se défendent comme des beaux diables - et les autres. Indifférent à cette discussion, l’Ami entend les Elfes murmurer entre eux en langue Elfique (« Ils ont tué ma Keri-Las ». « Je sais, son sacrifice ne sera pas oublié. Mais seuls les deux barbares corrompus doivent mourir. La guerre ne commence pas aujourd’hui ». « La Guerre est inévitable, Seigneur. Si ce n’est pas aujourd’hui ». « Assez, maintenant ».). Les deux elfes repartent, non sans avoir menacé la caravane « Nous aurons ces deux hommes. Livrez-les où le sang coulera. Nous reviendrons au crépuscule. ».

- La dispute reprend de plus belle au sein de la caravane. Indra est rapidement choisi comme juge par l’ensemble de la caravane. Belun et Ludo se jettent à ses pieds pour solliciter sa clémence.

Alors qu’Argasto et ses hommes, l’épouvante dans la voix, réclament que l’on livre les deux barbares (« Mieux vaut ces barbares que nous ! »), Lestra interpelle Indra : « Père, en ces temps difficiles, je ne peux plus rester silencieuse : je suis un Manteau Noir, un Frère du Crépuscule. Comme vous, je sers l’Unique de toutes mes forces. Le Monastère du Crépuscule n’est plus très loin, et nous devons y emmener ces deux hommes s’ils sont malades. Ne les laissez pas entre les mains de ces rejetons de la Nuit Eternelle ! »

Hador et Elgaï opinent. Ulifos hausse les épaules. L’Ami s’approche de Belun, et déchire son col. Les stigmates de ce dernier sont bien visibles. « Les Elfes ont raison. Ces hommes sont corrompus. Mieux vaut les livrer, sinon le mal nous tuera aussi. ».

Belun tente, en bégayant, de se défendre, avant que Lestra insiste : «Père, vous vous trompez lourdement si vous pensez que les livrer aux ennemis de l’Eglise. La volonté du Très-Haut est que les corrompus soient conduit au Monastère, où mes frères et mes sœurs pourront prendre soin d’eux ».

Indra rend sa sentence, et refuse de livrer les barbares, non sans avoir examiné laissé Hador examiner ces dernier. La maladie semble bien avancée chez Belun, et Indra se demande bien quels peuvent être les symptômes. Ludo jure qu’il n’a « pas touché le crâne du Roi ».

Le cœur et les doigts glacés, toute la caravane se prépare au combat. En surveillant les alentours, Hador croit voir, dans le blizzard, une silhouette massive qui avance en claudiquant, en agitant sa tête d’avant en arrière de façon mécanique….

- Les Elfes attaquent au Crépuscule, alors que le blizzard fait rage. Les flèches empoisonnées de Godrai, la puissance de Saran-Ri, font des ravages, mais la caravane, Elgaï en tête parvient à repousser leur premier assaut. C’est à ce moment que Belun se met à pousser un hurlement inarticulé. Il semble trembler sous l’effet de puissances inconnues. Son corps se déchire de l’intérieur, alors qu’une chose innommable, immense, se fraye un chemin hors de sa peau. La chose monstrueuse, griffue, porteuse d’une étrange couronne d’os acérée, massacre les membres de la caravane. Indra et Hador s’effondrent sous ses coups. Au péril de sa vie, Elgaï fait face à la chose l’épée à la main, et parvient à la blesser gravement avant de tomber au sol, inconscient.

Les elfes tuent la chose, dont le corps se ratatine en une masse informe et pourrissante. Ils se retournent alors contre ce qui reste de la caravane.

D’un geste, l’Ami met fin aux hostilités. « Vous aviez raison et vous nous avez vaincus. Prenez donc le dernier barbare, et permettez-nous de soigner nos blessés et d’enterrer nos morts ». « Tu es sage, Ogre, bien moins fou que tes compagnons », lui répond Godrai.

Lestra proteste, mais l’Ogre lui rappelle que « nous n’avons plus les moyens de votre politique. Je suis certain que vous trouverez d’autres corrompus à étudier ». L’immense ours Saran-Ri s’empare de Ludo dans sa gueule et l’entraine dans le brouillard – qui finit par étouffer les cris épouvantables du mercenaire. Le grand seigneur elfe Godrai, monté sur son élan, disparaît à son tour dans la brume.

- De la caravane, il ne reste plus qu’une quinzaine de personnes. Une grande partie des bêtes de traits sont aussi mortes. Après avoir enterré les morts et soignés les blessés, l’expédition repart. Hador, qui sait que Mal-Rogan les suit, reste sur ses gardes. Mais rien ne vient jamais les attaquer pendant la nuit.

Après encore quelques interminables jours plus tard, neuf survivants en haillons, épuisés, malades, gelé, blessés et affamés parviennent jusqu’à la Passe de Prios, et aux flots verts de la Véloma, Devant eux, un immense camp de tentes misérables…

(Fin de cette petite partie pascale, jouée quasiment by the book, et en prenant du temps. Tout le monde a juré qu'on rejouerait bientôt. On verra bien :mrgreen:)
Vous nous voyez parmi les nations
Nous battrons-nous toujours pour la terre charnelle
Ne déposerons-nous sur la table éternelle
Que des cœurs pleins de guerre et de séditions
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