Consentement et JdR

Pour discuter sereinement de l'actualité
Avatar de l’utilisateur
Kandjar
Envoyé de la Source
Messages : 8554
Inscription : sam. févr. 05, 2005 9:32 pm
Localisation : Petit mouroir tout gris entre l'Allemagne et la vie

Re: Consentement

Message par Kandjar »

cdang a écrit : mar. juin 08, 2021 5:53 pm
7Tigers a écrit : mar. juin 08, 2021 4:26 pm
Inigin a écrit : dim. juin 06, 2021 10:36 am Je pense que les scènes de viol n'apportent pas grand-chose.
+1. Idem pour la torture et autres scènes extrêmes.
Personnellement je pense que si, ça peut apporter quelque chose, mais pas forcément quelque chose qu'on veut recevoir ou qu'on est prêt à recevoir. C'est comme pour les films. La différence c'est que contrairement à un film, l'histoire n'est pas encore écrite au moment où tu poses tes fesse donc tu n'as pas un résumé ou un classement par une commission pour savoir si la séance est faite pour toi.
Et si tu sors de la salle de cinéma, le film continue tel quel pour les autres.
Dieu des mecs un peu trop naïfs
dK synergique for ever
ImageImageImageImageImageImage
Avatar de l’utilisateur
7Tigers
Dieu d'après le panthéon
Messages : 3951
Inscription : lun. août 10, 2015 9:36 pm

Re: Consentement

Message par 7Tigers »

cdang a écrit : mar. juin 08, 2021 5:53 pm
7Tigers a écrit : mar. juin 08, 2021 4:26 pm
Inigin a écrit : dim. juin 06, 2021 10:36 am Je pense que les scènes de viol n'apportent pas grand-chose.
+1. Idem pour la torture et autres scènes extrêmes.
Personnellement je pense que si, ça peut apporter quelque chose, mais pas forcément quelque chose qu'on veut recevoir ou qu'on est prêt à recevoir.
Ah que, vraie question, cela m'intéresse de savoir en quoi un, par exemple, viol virtuel d'un personnage imaginaire (qui n'est donc pas le joueur ou la joueuse) a quoi que ce soit de ludique.
Si on s'intéresse à un sujet extrême, il existe moult essais et documentaires, et moult victimes avec qui discuter.
Mais dans un jeu, vu que c'est juste du blabla sur un avatar et donc très éloigné de la réalité, qu'est ce que cela peut bien apporter au niveau dramatique?
Juste pour montrer qu'il y a des méchants très méchants?
Le côté extrême me semble au contraire à l'opposé de l'implication émotionnelle possible dans ce qui arrive à son perso...
De mon côté, la confrontation de joueurs à des dilemmes a toujours donné de bons résultats émotionnels, loin des scènes que je qualifierais de "grand guignol".
Forum officiel pour la VF de RuneQuest: Roleplaying in Glorantha
Avatar de l’utilisateur
cdang
Dieu d'après le panthéon
Messages : 2487
Inscription : jeu. avr. 30, 2015 10:23 am
Localisation : Le Havre

Re: Consentement et JdR

Message par cdang »

@7Tigers : la liberté consiste à faire ce qui ne nuit point à autrui. Donc même si ça ne m'intéresse pas personnellement, j'admets que ça puisse intéresser d'autres personnes, ce qui se passe dans l'intimité d'une table entre adultes consentants c'est leur problème tant qu'il n'y a pas d'atteinte à leur physique ou leur psychisme. Pour en revenir aux films, j'adore les Romero mais je n'ai vu aucun Saw et leur thème ne m'intéresse pas, pour autant je trouve légitime que ces films soient diffusés.

Bref, tu ne veux pas de ça à ta table et c'est très bien, mais en revanche, tu peux envisager que ça existe à d'autres tables. Et qualifier la violence sexuelle de « grand guignol » est pour le moins réducteur. Selon la manière de jouer, la violence (en général) peut être grand guignolesque (dans le D&D de base par exemple, où on fait saigner tout ce qui peut saigner pour engranger du pex) mais elle ne l'est pas toujours, la pire violence n'est pas forcément spectaculaire ou graphique. On ne voit pas la mort de Jesse Rockatansky et de son fils par exemple, pourtant c'est bien plus violent que les bastons de Conan sur fond de Poledouris.
--
Vous êtes mort
Doji Satori
Dieu d'après le panthéon
Messages : 2340
Inscription : mer. oct. 29, 2003 6:18 pm
Localisation : Epinal dans les Vosges

Re: Consentement et JdR

Message par Doji Satori »

@7Tigers

Parce que le JdR n'est pas que du "ludique" ?

Parce que ne pas parler d'un sujet, l'occulter, c'est déjà le nier ?

D'autres médias (cinéma, roman ...) incluent le sujet du viol, est ce par pur voyeurisme ou cela peut entrainer de la liberté de paroles ?

Une bande de soudards vont piller et incendier une ferme et tuer tous ses habitants sans violer ? Quel en est alors le sens ?

Si l'on doit-on occulter la violence sexuelle parce qu'elle n'apporte rien à la fiction que dire des autres violences ?

Je n'ai pas de réponse hein, juste que poser des curseurs par principe m'apparait fondamentalement la même idée que de ne pas voir de limite par principe et nie tout autant le concept de ces outils.
Enfin, pour terminer cette brève description, ajoutons que le pélican est, avec le kangourou, le seul oiseau qui possède une poche ventrale sous le bec.
Rubrique à Brac T1 - Gotlib
Avatar de l’utilisateur
sherinford
Dieu de sa console
Messages : 7525
Inscription : jeu. oct. 07, 2004 8:36 am
Localisation : Un petit chateau en Belgique

Re: Consentement

Message par sherinford »

7Tigers a écrit : mar. juin 08, 2021 6:40 pmMais dans un jeu, vu que c'est juste du blabla sur un avatar et donc très éloigné de la réalité, qu'est ce que cela peut bien apporter au niveau dramatique?

Certains d'entre nous (pas tous) jouent pour ressentir des émotions.

Ce genre de scène à forte tension, ça fait partie de ce qui les fait aimer le jeu de rôle.

Mais c'est possible uniquement parce qu'il y a des garde fous qui permettent d'avancer dans cette direction tout en se garantissant de "ne pas aller plus loin que ce que les gens autour de la table peuvent supporter".
ImageImageImageImageImage
Avatar de l’utilisateur
Kandjar
Envoyé de la Source
Messages : 8554
Inscription : sam. févr. 05, 2005 9:32 pm
Localisation : Petit mouroir tout gris entre l'Allemagne et la vie

Re: Consentement et JdR

Message par Kandjar »

Les remarques sur l'idiotie ou la dangerosité de certaines pratiques sont peut-être justifiées, mais je suis à peu près sûr qu'elles sont stériles voire contreproductives : lorsqu'on se sent critiqué ou même insulté, on cherche avant tout à se justifier.
Et au lieu de provoquer une réflexion qui pourrait mener à une remise en question, on renforce la conviction de l'autre.

Il me semble que la bonne façon de discuter de ces sujets serait de pointer les avantages de sa pratique, plutôt que pointer les défauts de celle des autres.
Dieu des mecs un peu trop naïfs
dK synergique for ever
ImageImageImageImageImageImage
Avatar de l’utilisateur
Kardwill
Dieu des strates galactiques
Messages : 8140
Inscription : mar. déc. 11, 2007 3:19 pm

Re: Consentement et JdR

Message par Kardwill »

7Tigers a écrit : mar. juin 08, 2021 4:26 pm +1. Idem pour la torture et autres scènes extrêmes.
De mon côté, dans JdR, il y a principalement jeu, et pareil que dans un livre ou un film, détailler ce genre de scènes ne m'intéresse absolument pas.
Il n'y a pas besoin de scènes extèmes pour qu'un malaise se crée à table. Les deux dernières grosses crises que j'ai eu à ma table ont été suite à :
- Une animosité nain-elfe qui a commencé bon enfant (du genre "Nan, j'ai pas besoin qu'un elfe m'aide" alors que le nain est suspendu à une falaise), mais qui a duré trop longtemps. Au bout de quelques scénarios, le joueur du nain s'est senti la victime de piques constantes, et a fini par gueuler. Les autres joueurs ont immédiatement stoppé (un peu au regret du joueur, qui voulait pouvoir plaisanter avec ses potes, mais pas se faire vanner en permanence), mais il y a eu un gros malaise quand même. Ironiquement, ce conflit est apparu au grand jour parce que j'avais fait une pause dans le jeu pour demander à une nouvelle joueuse, dont le perso demi-démon éveillait la méfiance du reste du groupe, si ce n'était pas lourd pour elle. Cette discussion a permis d'établir que non, ça l'amusait plutôt que sa sorcière démoniaque soit régulièrement la cible de menaces voilées de la part du paladin, mais que le joueur du nain, lui, vivait très mal que l'elfe lui suggère de tirer la charette.

- Savoir qui allait avoir l'épée magique. Oui, je pensais avoir laissé ce genre d'engueulade derrière moi il y a 25 ans. Mais ça a cristallisé la frustration d'un joueur, qui trouvait qu'un autre avait tendance à imposer les décisions au groupe. Celle là, je ne l'ai pas vu venir du tout : Il y avait des signes avant-coureurs, mais j'étais passé à côté, d'autant que le joueur un peu directif avait essayé de se modérer depuis quelques scénarios. En l'espace de 2 e-mail, le ton est monté, et maintenant, les deux refusent d'être à la même table.

Donc voila. Une rivalité de type Gimli-Légolas et le partage du loot, on peut pas vraiment dire que ce soient des trucs de rôliste de l’extrême. Et pourtant, des malaises et frustrations peuvent se développer autour de la table. Donc réfléchir en amont à des moyens de crever l'abcès avant que les situations ne s'enveniment trop, ou de permettre à un joueur de signaler son malaise au sujet d'une scène, me semble une bonne chose : Quand ça pète à table en pleine partie, je sais que je serai totalement incapable de gérer la crise, et en prime, ce n'est pas vraiment mon role de MJ. Eviter de pourrir la soirée d'un joueur, c'est un truc qui doit être de la responsabilité de la table entière
MJ actuellement sur : Dresden Files (Fate), Star Trek (Fate), Ravenloft (D&D)
Avatar de l’utilisateur
Kandjar
Envoyé de la Source
Messages : 8554
Inscription : sam. févr. 05, 2005 9:32 pm
Localisation : Petit mouroir tout gris entre l'Allemagne et la vie

Re: Consentement et JdR

Message par Kandjar »

Kardwill a écrit : mer. juin 09, 2021 9:31 am Eviter de pourrir la soirée d'un joueur, c'est un truc qui doit être de la responsabilité de la table entière
Je crois que c'est un élément clé de ces outils de sécu.
Certes le MJ peut essayer de prévoir à l'avance ce qui peut poser problème dans les séances qu'il prépare, il peut faire des avertissements, éliminer ou voiler les passages problématiques, veiller sur ses joueurs et essayer de repérer les signes avant-coureurs de malaise... mais cette responsabilité est lourde, comme le soulignait kolas dès le début du fil, et il n'y a finalement pas de raison que tout ça soit sous la responsabilité exclusive du MJ.

La sécu émotionnelle a une double approche en simultané :
- l'outil en dur permet à chaque personne autour de la table de prendre en charge son propre bien-être : si quelque chose ne va pas, j'ai les outils pour le signaler ou pour me mettre en retrait.
- la mise en place et l'acceptation explicite par l'ensemble de la table fait que la parole à ce sujet se fait plus facilement et naturellement, et que chacun est invité à être attentif aux autres.
Le MJ peut toujours anticiper et être vigilant, mais n'a pas plus ce poids sur les épaules que les autres. Ce qui lui permet finalement de plus se concentrer sur l'animation de la partie.
Dieu des mecs un peu trop naïfs
dK synergique for ever
ImageImageImageImageImageImage
Avatar de l’utilisateur
Major John
Transcendé
Messages : 726
Inscription : jeu. mars 02, 2017 4:40 pm
Localisation : Mulhouse

Re: Consentement et JdR

Message par Major John »

Personnellement je n'ai jamais compris et même je trouve cela limite malsain, ce besoin de mettre les pj dans des situations traumatisantes.
La maladresse je peux comprendre mais le caractère volontaire et avec moult details?


Concernant les pnj, une scène très dure, suivant l'univers cela se conçoit, mais là aussi a t on besoin de forcer le trait avec des descriptions très réaliste?

Au cinéma si tu vas voir certains types de films, c'est un choix, normalement tu n'es pas pris par surprise et tu es extérieur à la scène. Dans un jdr c'est différent.
Avatar de l’utilisateur
7Tigers
Dieu d'après le panthéon
Messages : 3951
Inscription : lun. août 10, 2015 9:36 pm

Re: Consentement et JdR

Message par 7Tigers »

Ah que j'ai du sûrement mal m'exprimer:

. l'idée n'était pas de critiquer / vouloir censurer l'utilisation de mesures extrêmes sur les PJs.

. entre adultes, pas de souci pour aborder / utiliser des thèmes adultes dans mes parties.

. le viol était juste un exemple tout à fait remplaçable par un autre sans rapport avec le sexe.

. "Grand Guignol" était utilisé dans le sens original:
Le théâtre du Grand Guignol, plus couramment appelé Grand Guignol, est une ancienne salle de spectacles parisienne spécialisée dans les pièces mettant en scène des histoires macabres et sanguinolentes.
Avec une tendance à l'excès, qui produit généralement l'effet inverse de la tension suggérée (ex: trop de gore dans un film me fait totalement décrocher).

. corollaire: je n'associe pas PJ et joueur lui-même donc les "sévices" virtuels sur un de mes PJ m'indiffèrent. Pas de malaise éventuel de mon côté donc, car pas impliqué émotionnellement.

. corollaire du corollaire: si d'autres joueurs ont à l'inverse du mal à se distancier de ce qui arrive à leur PJ, je ne trouve pas ludique du tout de vouloir essayer de les rendre mal à l'aise, sauf One Shot spécifique demandé.

. dans mes parties, côté violence "inutile", j'essaie également au maximum de proposer aux joueurs des alternatives avec des voies sans combat ou des confrontations non martiales (ex: duel de champions sur des compétences non martiales)

=> comme je ne trouve pas, pour l'instant, d'intérêt ludique à l'utilisation de mesures extrêmes sur les PJs, et dans le but de prendre en compte d'autres manières de jouer, ma question est justement d'avoir des exemples concrets d'utilisation à bon escient pour voir ce que cela peut apporter 8) .
Forum officiel pour la VF de RuneQuest: Roleplaying in Glorantha
Avatar de l’utilisateur
cdang
Dieu d'après le panthéon
Messages : 2487
Inscription : jeu. avr. 30, 2015 10:23 am
Localisation : Le Havre

Re: Consentement et JdR

Message par cdang »

7Tigers a écrit : mer. juin 09, 2021 1:09 pmma question est justement d'avoir des exemples concrets d'utilisation à bon escient pour voir ce que cela peut apporter 8) .
Sur ce point, je rejoins les messages de Doji Satori et Sherinford.
--
Vous êtes mort
Avatar de l’utilisateur
Kandjar
Envoyé de la Source
Messages : 8554
Inscription : sam. févr. 05, 2005 9:32 pm
Localisation : Petit mouroir tout gris entre l'Allemagne et la vie

Re: Consentement et JdR

Message par Kandjar »

7Tigers a écrit : mer. juin 09, 2021 1:09 pm . corollaire: je n'associe pas PJ et joueur lui-même donc les "sévices" virtuels sur un de mes PJ m'indiffèrent. Pas de malaise éventuel de mon côté donc, car pas impliqué émotionnellement.

. corollaire du corollaire: si d'autres joueurs ont à l'inverse du mal à se distancier de ce qui arrive à leur PJ, je ne trouve pas ludique du tout de vouloir essayer de les rendre mal à l'aise, sauf One Shot spécifique demandé.
Ce qui me fait penser, peut-être à tort, à l'argument "je n'en ai jamais eu besoin et les joueurs ma table non plus", argument qui porte en lui-même un fameux biais du survivant : ceux qui en auraient eu besoin ne sont plus là pour en parle. Après une expérience déplaisante, ils n'ont pas insisté et sont passés à autre chose.

Ce point peut très bien ne pas te concerner, mais il reste valide dans l'absolu.

7Tigers a écrit : mer. juin 09, 2021 1:09 pm => comme je ne trouve pas, pour l'instant, d'intérêt ludique à l'utilisation de mesures extrêmes sur les PJs, et dans le but de prendre en compte d'autres manières de jouer, ma question est justement d'avoir des exemples concrets d'utilisation à bon escient pour voir ce que cela peut apporter 8) .
Je pense que plusieurs personnes en ont donné, mais par définition, comme il s'agit avant tout de mécaniques de prévention, les effets n'ont rien de spectaculaire.
En ce qui me concerne, j'ai cherché ce que ça me coûtait de les mettre en place, et en réalité ce coût est proche de zéro. Et c'est à l'usage que je me suis aperçu de l'effet libératoire obtenu : mais encore une fois, pas en allant dans le gore, la violence extrême ou la sexualité débridée (ça c'est un peu le fantasme classique des sceptiques), au contraire on se permet d'aller dans l'émotion du quotidien, celle qui peut être gênante dans le cadre d'un jeu. Le deuil, la tendresse, l'amitié, l'amour peuvent être abordés de façon plus intime, moins "camaraderie virile" : on sait qu'on pourra passer à la suite dès que quelqu'un se sentira mal à l'aise, alors on peut plus facilement se permettre de tenter le coup.
Dieu des mecs un peu trop naïfs
dK synergique for ever
ImageImageImageImageImageImage
Avatar de l’utilisateur
Léonard
Dieu d'après le panthéon
Messages : 3522
Inscription : lun. oct. 09, 2006 9:25 pm
Localisation : Aix-en-Provence

Re: Consentement et JdR

Message par Léonard »

Kardwill a écrit : mer. juin 09, 2021 9:31 am Il n'y a pas besoin de scènes extrêmes pour qu'un malaise se crée à table. Les deux dernières grosses crises que j'ai eu à ma table ont été suite à :
- Une animosité nain-elfe [...]

- Savoir qui allait avoir l'épée magique.[...]
Tes exemples sont intéressants parce qu'ils montrent que les outils de sécurité émotionnelle peuvent être utiles dans bien d'autres cas que lorsqu'on aborde des sujets sensibles. Personnellement, je me suis aussi retrouvé dans des situations un peu tendues à ma table pour des problèmes relationnels (y aurait-il des rôlistes lourds, manquant de souplesse et de sensibilité dans leur communication avec les autres ? C'est une hypothèse de travail. ;) ).
En tant que MJ, je n'ai pas su les gérer, en me disant "ils sont adultes, je suis pas leur éducateur". J'aurais proposé une carte X à l'époque, ça aurait pu améliorer la situation. Ou pas, j'en sais rien.

Et je pense qu'on dédramatiserait les outils de sécurité émotionnels en expliquant qu'ils peuvent servir pour faire une pause dès qu'un malaise ou une incompréhension de n'importe quel type apparaît. Alors que les présenter sous l'angle "On risque d'aborder des thèmes sensibles ou avec lesquels vous pourriez ne pas être à l'aise" peut être un peu intimidant.

Concernant la thèmes durs, notamment les violences sexuelles, je suis d'accord avec @Doji Satori pour dire qu'on ne doit pas s'interdire a priori de les aborder. Je ne vois pas le jeu de rôle comme un média moins sérieux que le cinéma ou la littérature, et je ne vois pas pourquoi on ne pourrait pas explorer tous les sujets.
Par exemple, si je joue à Night Witches, un jeu dur, dans un univers violent ou les femmes doivent s'imposer dans un milieu machiste, ça me paraît normal que le viol puisse apparaître comme une menace. Sachant que joueureuses et MJ feront tout pour éviter qu'elle ne se concrétise.

Cependant, je pense que de tels thèmes ne doivent jamais être imposés aux joueureuses. Et il s'agit pas seulement de passer sous silence les scènes violentes. Les conséquences de telles scènes nécessitent la décision (plus même que le consentement) du joueur ou de la joueuse.
En tant que joueur, je pourrais éventuellement envisager d'inclure des violences sexuelles dans le background d'un personnage (l'un des joueurs de ma dernière campagne l'a fait, et ça n'a pas choqué car ça a été parfaitement intégré dans le vécu du personnage). Mais je n'aurais aucune envie que le MJ me dise en substance : "Ton personnage est capturé. On fait une ellipse sur la scène. Ton personnage a été violé, il doit vivre avec ça." Pour moi, ce serait arrêt immédiat de la campagne.
Pack Horse Library : des femmes, des livres et des chevaux dans l'Amérique des années 1930 - Un jeu de rôle clé en main.

Commander Pack Horse Library sur lulu.com...

...et sur itch.io
 
Avatar de l’utilisateur
Vorghyrn
Dieu des gargarismes
Messages : 7100
Inscription : jeu. févr. 03, 2011 12:00 pm
Localisation : Le Cap (Afrique du Sud)
Contact :

Re: Consentement et JdR

Message par Vorghyrn »

7Tigers a écrit : mer. juin 09, 2021 1:09 pm comme je ne trouve pas, pour l'instant, d'intérêt ludique à l'utilisation de mesures extrêmes sur les PJs, et dans le but de prendre en compte d'autres manières de jouer, ma question est justement d'avoir des exemples concrets d'utilisation à bon escient pour voir ce que cela peut apporter 8) .
Je peux te donner un exemple précis, qui comme le dit Kandjar n'est pas impressionnant puisque, les choses se sont bien passés et qu'on ne sait donc pas si il y aurait eu des problème. Mais, de mon point de vue, il y avait un beau potentiel de situation exeplosive.

Au Burundi, j'avais un groupe de joueuses et joueurs. Je leur propose une nouvelle campagne D&D où ils joueraient des drows. Donc société ultra-matriarcale, adoratrice de démons, violente, cruelle... Au Burundi, pays très croyant, ça avait un potentiel bien explosif. Ce d'autant que notre groupe comprenait plusieurs personnes assez portées sur les question de discrimination des genres, raciale etc...
Donc, sécurité émotionnelle : je leur explique la proposition ludique, comment sont définis les drows dans le jeu etc... Le burundais a tiqué sur le fait que elfe à la peau noire = maléfique mais ça a été mieux quand j'ai expliqué l'inspiration mythologique. On s'est mis d'accord sur les curseurs de violence. Au final, nos drows était un peu moins "hard-core" que les drows officiels mais quand même pas des anges (et on a pas eu de "syndrome Drizzt"). La (petite) campagne c'est très bien passée. Et ça à dû nous prendre 20-30 minutes une seule fois lors de la session zéro (qui aurait eu lieu dans tous les cas puisqu'il y avait aussi des étapes de création de perso et de leur maison noble). 30 minutes à s'accorder pour quelques dizaines d'heures de jeu où tout le monde est à l'aise et voire où on se permet des trucs, ça me parait honnête.
Mon blog JDR : De l'autre Côté de l'écran. critiques de JDR et techniques de jeu, surtout en solo

Mon site d'écriture : Imaginaires lointains. Récits cyberpunks, CR littéraires de solo medfan et un projet d'univers sous forme de wiki
 
Avatar de l’utilisateur
Brand
Envoyé de la Source
Messages : 5066
Inscription : ven. août 08, 2003 2:44 pm
Localisation : Toulouse

Re: Consentement et JdR

Message par Brand »

Pour citer un exemple d'utilisation tout con. Il y a peu, le perso d'une des joueuses de ma table principale (donc joué depuis un bail, et dans un groupe où les joueurs sont attachés aux persos du reste du groupe) a mis fin à ses jours de façon très brutale après avoir quasi tué un autre PJ. Et la violence de la scène a marqué le groupe. De mon côté, j'ai apprécié d'avoir un peu d'expérience sur ces questions pour pouvoir gérer. Cela m'a beaucoup aidé. 

Tout d'abord, je précise que ce n'était pas gore, ce n'était pas scabreux, et que cela n'abordait pas de sujet particulièrement dur et identifié comme traumatique dont on parle souvent dans ce genre de débat (c'était certes un suicide, mais je ne crois pas que c'était si important en l'espèce). Cela a été perçu très violemment parce que :
1) cela incluait de la violence d'un PJ sur un autre
2) avant ce rebondissement, la plupart des gens aurait plutôt parié sur une amourette naissante entre les deux PJ en question
3) cela est arrivé rapidement et soudainement à la fin d'une séance très tranquille et plutôt chaleureuse jusque là. Je savais qu'un truc allait se produire, mais j'ai quand même été surpris et surtout je n'imaginais pas que cela se passerait comme ça (mais justement, un des avantages de ces techniques et de t'aider à gérer quand ça dérape, pas quand tout va bien :) )
4) cela s'est conclu avec 1 PJ à terre, à deux doigts d'y passer, et un qui y restera définitivement.

Bref, ce n'est pas une situation si courante, mais pour l'essentiel, ce n'est pas si rare non plus du moment qu'on joue dans un groupe où on accepte qu'un PJ puisse s'en prendre à un autre. Ce qui m'intéresse surtout dans cette histoire, c'est que c'est un fait de jeu qui "dérape", et qu'il est à l'origine des joueuses, et pas juste une question de savoir si le meneur doit ce censurer ou pas, faire preuve de tact ou pas, etc. Bref, on n'est pas dans le cas qu'on imagine toujours en parlant de sécurité émotionnelle, mais sur quelque chose de  bien plus simple et concret amha.

Pour cette scène, il y a eu plusieurs soucis/trucs à gérer : 
- tout d'abord, la façon dont les deux PJ ont été blessés. Pour ne pas trop rentrer dans les détails, une joueuse avait évoqué en début de campagne ses soucis avec un certain type de blessures qui sont compliquées pour elle et la font vraiment bader. On s'est mis tous d'accord pour éviter dans la campagne. Or, c'est ce qu'aurait décrit la joueuse dont le PJ en a agressé un autre et sans doute ce qu'elle aurait décrit pour le suicide de son perso. Cela a permis d'éviter de transformer une scène déjà tendue en vrai mauvais moment pour une membre du groupe.
- lorsque le reste du groupe trouve les deux PJ dans leur sang (ils ont entendu la "victime" hurler), ils se précipitent pour essayer de faire les premiers soins et sauver leurs potes. Là, je suis un peu emmerdé, parce que je ne veux pas que la joueuse dont le perso se suicide perde son personnage si elle ne le veut pas vraiment, juste parce qu'elle ne voit pas comment le jouer après la tentative d'assassinat sur un autre PJ (elle aimait vraiment bcp ce perso et pour moi elle peut continuer à jouer), mais je ne veux pas non plus qu'une autre joueuse (ou une mauvaise lecture de la situation de ma part) l'empêche d'avoir la sortie qu'elle veut pour son perso si c'est vraiment ce qu'elle souhaite. On a pu gérer de façon assez discrète et sans niquer la scène de façon à ce qu'elle ait vraiment ce qu'elle souhaite et sans rompre l'immersion du reste de la table (en gros via un autre canal, avec des équivalents de cartes). En fait, on a même pu en rajouter un cran du coup, parce que je savais ce que voulais la joueuse.
- après la partie, tout le monde semblait ok. J'ai demandé, on a débriefé un peu etc. Pourtant, le lendemain, tout le groupe est venu individuellement me parler de la partie et du perso mort. Pas en mode mauvais trip, mais en mode touché. Et donc, il m'a semblé qu'il fallait en faire quelque chose et trouver un moyen de rendre l'événement encore plus important, mais d'une façon "positive". Du coup, on a fait la séance suivante un "épisode bouteille" sur les funérailles du persos inspiré de La vie de l'absent et qui permettait de crever les abcès, introduire le nouveau persos, dire adieu à l'ancien, découvrir des choses sur son passé et certains aspects moins connus de sa vie, etc. Le groupe a émis le souhait de convaincre leur employeur de les laisser retrouver et se venger du PNJ qu'ils pensaient être à l'origine de tout ça, ce qui nous a permis de commencer un nouvel arc. Parallèlement, j'ai essayé de réfléchir aux changements que cette disparition impliquait sur certains PNJ clés et de montrer ces conséquences.

Bref, au final, s'il y a bien quelques techniques d'utilisées dans cet exemple (souvent sans en dire le nom d'ailleurs), c'est surtout l'habitude d'avoir ce genre de discussion qui a permis de transformer cette phase de jeu qui dérape en un des moments clés de la campagne et un bon souvenir (même si très triste) pour le groupe. Après, c'est vraiment tout con, et je suis persuadé que tout le monde ne le verrait pas comme de la sécu émotionnelle. Mais pour moi, cela en est clairement et ça sert à ça.
Répondre