J'avais oublié de parler du film
Godzilla : Le Dévoreur de planètes, film d'animation japonais de Hiroyuki Seshita et Kōbun Shizuno, dernier volet de la trilogie Toho/Netflix qui réinvente
Godzilla 20 000 ans dans le futur, dont j'avais chroniqué les deux premiers films
plus haut dans ce fil.
Le premier m'avait paru moyen-bof, le deuxième m'avait semblé bon, si bien que j'avais des attentes pour le troisième. Manque de chance, c'est celui des trois qui m'a le moins plu.
Donc, l'humanité est en mauvaise posture puisque (spoiler ? pas vraiment) ça fait deux films qu'ils essaient de se débarrasser de
Godzilla mais il est toujours là. Ce troisième film montre un héros profondément marqué par les pertes subies dans les deux films précédents, au point de se remettre enfin un peu en cause (ce qui, vu sa tête au début, n'était vraiment pas gagné). De la profondeur psychologique ! me direz-vous, mais c'est plutôt bien, ça ! Oui. Sauf que le revirement du héros, subitement devenu fragile et torturé de doutes, paraît si brusque que j'avais envie de lui mettre des baffes. Ce qui s'explique aussi par le fait que le deuil supposé l'avoir mis dans cet état n'est pas si vraisemblable, puisque la relation avec le personnage défunt n'avait pas du tout été bien développée dans les deux films précédents.
Et puis le reste... eh bien, le film oublie le reste. Les autres personnages passent à l'as au profit d'un seul protagoniste humanoïde qui sert de "méchant", certes un méchant avec ses raisons, dans la continuité des interrogations philosophiques du deuxième film — ça, pourquoi pas. Encore faudrait-il que tout cela s'achemine vers un dénouement à la hauteur de ces nobles ambitions, mais la fin ne m'a pas convaincu du tout.
Le travail sur l'univers et les différentes factions en présence, qui était intéressant dans les deux premiers films, s'arrête ici au bout d'une petite demi-heure, pour se concentrer sur la relation entre le héros et son "méchant" qui s'étire sans fin dans l'attente d'une révélation que n'importe quel rôliste ayant un peu tâté de Cthulhu verra arriver à des kilomètres.
Pour ne rien arranger, l'animation devient vraiment laide, en tout cas en termes d'ambiances de couleurs. Très ternes dans le premier film, elles s'étaient diversifiées dans le deuxième, mais cet effort ne perdure pas du tout ici. Au point de gâcher le principal combat de kaijûs, qu'on attend tout de même un peu au vu de l'affiche. Et c'est très dommage, parce que, comme dans les deux films précédents, il y a des idées, d'ailleurs faciles à récupérer pour du jeu de rôle, mais mal mises en œuvre et desservies par une patte graphique peu convaincante. La réinvention de Guidorah, par exemple, tient la route, mais sa transposition visuelle et l'intégration de
Godzilla dans ce film-ci ne fonctionnent pas du tout à mon avis. J'ai parlé de la musique ? Non ? Il y en a ? Je ne sais plus.
Bref, les deux premiers films ne sont pas une perte de temps complète, mais s'ils vous ont pas laissé enthousiaste, arrêtez-vous là prudemment. Et si vous cherchez des réflexions sur les excès de la technologie avec une profondeur psychologique, philosophique et religieuse et des dessins japonais, relisez plutôt
Nausicaä de la vallée du vent, ça ne fait que sept tomes et c'est un chef-d'œuvre.