Et voilà la suite ...
Après la rencontre avec notre petit informateur, nous sommes finalement arrivés chez l’érudit Pompilius.
Il habite dans une maison étroite et haute, serrée entre ses voisines, dans le quartier de l’Université. La façade en est décoré de figures aux corps humains et aux têtes animales dénommées Atlantes. Après avoir frappé à la porte avec un heurtoir de bronze en forme d’œil, nous avons attendu et Mme Eva est venu nous ouvrir.
Mme Eva est la gouvernante de Pompilius, c’est une femme d’âge mur mais callipyge, on ne connait pas la nature exacte de ses relations avec son employeur et l’imagination y gagne ce que l’exactitude y perd. Ce fut un plaisir de la suivre jusqu’à Pompilius en contemplant ses formes appétissantes.
Pompilius nous attendait dans sa serre, où il cultive toutes sortes de plantes exotiques. C’est un petit homme un peu bouffi et manchot mais ce n’est pas ça seule particularité physique. Il y a des années, Il a été victime d’une explosion de jarres contenant un liquide magique alors qu’il participait à une expédition archéologique et a subi une mutation qui lui a fait perdre un bras et gagner une queue. Depuis il vit en reclus dans sa maison où on le consulte sur beaucoup de choses et principalement l’archéologie.
Il répond aimablement à nos questions sur les monstres même si ce n’est malheureusement pas son domaine de prédilection. Le sujet a été étudié depuis des siècles et surtout à l’apogée de l’Empire. Ils sont tous uniques et ne se reproduisent pas même s’ils ont une origine biologique. Ils sont fabriqués par Le Père des Monstres dans ce qu’on appelle des nids, des couveuses ou des fabriques mais que personne n’a jamais vu. Il existe une autre théorie sur la naissance des monstres qui implique des poussières corruptrices amenées par le vent et qui corrompraient hommes et animaux mais elle apparaît moins plausible.
Au cours de la conversation nous l’interrogeons sur la possibilité de trouver des informations dans la bibliothèque engloutie de la ville de Cyr comme nous l’a révélé le sergent des Dératiseurs rencontré le matin même et il nous suggère de nous adresser au Premier Libraire de la bibliothèque de l’Université car il a entendu dire que des chercheurs de trésor auraient trouvé des livres et les auraient proposés à l’université.
Pour finir il nous emmène dans son bureau pour nous montrer une carte qu’il maintient à jour régulièrement avec toutes les attaques de monstres recensées et il apparaît que l’épicentre des apparitions serait au nord du Rhuan, le fleuve qui sépare en deux la cité, à l’aplomb du quartier du Cinq.
Il s’agit d’un quartier d’affaires au carrefour de 5 grandes voies commerciales mais qui est connu également pour abriter un réseau parallèle d’officines pour la débauche des commerçants du quartier, jeu, alcool, sexe et drogues y sont proposés à ceux qui en ont les moyens et savent montrer patte blanche. Il a été passé au peigne fin à plusieurs reprises mais on n’a jamais rien trouvé.
Au moment de prendre congé, Mme Eva rappelle à Pompilius son rendez-vous de 15 heures avec le « borgne aux guenilles » et celui-ci a l’air gêné. Interrogé, il nous explique que cet homme l’importune depuis quelques temps, en prétendant qu’il est un élu et qu’il a des révélations à lui faire sur sa mutation. "Je ne sais comment m’en débarrasser" avoue Pompilius et nous lui proposons de revenir plus tard et d’assister à l’entretien s’il le souhaite. Pompilius accepte avec reconnaissance et nous le quittons en promettant de revenir dans l’après-midi.
A l’université, nous rencontrons le Premier Libraire. Quand nous l’interrogeons sur la possibilité que la grande bibliothèque de Cyr ait survécu il a l’air embarrassé et nous demande de le suivre dans un cabinet secret rempli de livres derrière son bureau. Il accepte, sous le sceau du secret, de nous révéler qu’il existe bien des passages pour atteindre les ruines de la ville engloutie mais que le secret a été gardé pour ne pas provoquer une ruée de chercheurs de trésor et de pillards. Les livres qu’il stocke dans son cabinet sont officiellement des héritages que l’université a rachetés. Parmi ces livres, un serait susceptible de nous intéresser, un catalogue des monstres assez incomplet. Le Premier Libraire propose de nous en faire faire une copie contre un service à lui rendre à l’occasion. Nous acceptons, le livre nous sera livré au fortin.
Après ce rendez-vous, et en attendant de retourner chez Pompilius dans l’après-midi, nous décidons d’aller voir de plus près ce liquide vert et mystérieux qu’on nous a signalé suintant sous une taverne.
La taverne en question s’appelle La Canette au Feu et a pour enseigne une tête de canard enflammée ! (sacré Dokkie !)
C’est une auberge de 3° catégorie dont la cheminée tire très mal, où une odeur de fumée et de rance prend à la gorge dès qu’on y pénètre. Elle est encombrée de l’habituel lot de pochetrons et de bons à rien. La patronne, que les clients appellent maîtresse Jacquotte, une blonde bien charpentée, est avenante malgré sa jambe de bois. La bière et la cuisine y sont toutefois d’excellente qualité.
Nous adoptons une approche directe mais, à l’évocation d’un liquide vert, Jacquotte se fige et a l’air mal à l’aise. Elle retourne en cuisine et deux videurs nous empêchent de la suivre. Ergoune le suiffard (notre compagnon nain pour ceux qui ne suivent pas) s’énerve alors que nous essayons de parlementer, il décide de quitter l’auberge et pénètre dans les égouts via un soupirail. Il ne tarde pas à s’y perdre.
Pendant ce temps, sentant que la discussion avec les deux armoires à glace va virer à l’aigre, la patronne de l’auberge accepte de nous révéler le secret du mystérieux liquide. Derrière les cuisines se trouvent les cuves à bière et derrière les cuves, l’équivalent médiéval d’un labo de methamphétamine (dixit le MJ) ou un type à l’air décavé concocte des produits "récréatifs". « Nous avons eu une fuite, dit Jacquotte, mais ne vous inquiétez pas, nous allons nettoyer et il n’y paraîtra plus. » Elle nous propose un pot de vin contre notre silence, que je refuse, au grand dam de Gérald la fouine.
Après tout, bien que surement illégaux (au fait on n'a pas demandé), leurs petits trafics ne sont pas notre problème, nous ne sommes pas des forces de l’ordre et si nous commençons à dénoncer les gens, personne ne nous parlera plus.
Pendant ce temps, Ergoune s’est enfoncé au plus profond des entrailles de la ville.
Complètement perdu, au détour d’un passage, il se retrouve nez à nez avec une demi-douzaine de personnages en armure, à l’exception de l’un d’entre eux habillé en noble, et qui s’expriment en noirceux. Avec horreur, Ergoune réalise que ce sont des squelettes !
Fin de la séance (quelque chose me dit que nous ne serons pas à l’heure chez Pompilius

).