hello, et les deux background qui manquaient !
Ottilia Del'Ursa
Le vent salé fouettait le visage d'Ottilia Dell'Ursa alors que son navire achevait sa traversée dans la rade calme de Scavoli. La cité lacustre se dressait devant elle, ses bâtiments s'empilant vers le ciel et rivalisant de hauteur pour loger une population cherchant à prospérer sur l'eau. Pourtant, le cœur de la brillante astronome était lourd. Sa grande mission cartographique dans le Nouveau Monde avait été brutalement écourtée ; la guerre féroce qui y faisait rage depuis plus d'une décennie entre le Royaume et Britania avait eu raison de ses expéditions.
Son retour dans l'effervescence d'Italica ne lui apporta pas la quiétude espérée. Derrière les belles vitrines du Borgo di Riofondo, le centre politique et économique névralgique de la ville, Scavoli bruissait de faux-semblants et de dangers invisibles. Ottilia savait que l'Église réussissait encore à maintenir l'héliocentrisme sous le sceau du secret. Le climat était étouffant : toute découverte scientifique contredisant le dogme religieux menait invariablement à la mise à l'index. De ce fait, révéler ses cartes célestes à toute personne potentiellement contre ces idéaux l'exposait à être poursuivie, sous la menace des bûchers que l'Inquisition dressait encore avec une joie cruelle.
[Paragraphe illisible à cause de la pluie qui a mouillé le papier] [C’est dans ce paragraphe qu’est détaillé sa rencontre avec Médusa et les propositions alléchantes qui lui ont été faites]
C'est au cœur de cette paranoïa qu'elle fit la découverte du Cercle de la Sagesse Naturelle (
Il Cerchio della Saggezza Naturale). Ce groupement scientifique laïque, qui jouissait de la proximité et de la protection du jeune Prince Attilio Recchia, donnait asile aux savants pourchassés par le Culte du Crucifié. Le rayonnement scientifique d'Ottilia, forgé par la précision de ses observations, lui valut une intégration immédiate.
Elle y fit la rencontre de Thomas Desforges, un exilé royal désigné comme le chef du Cercle, qui soutenait lui-même des thèses astronomiques jugées bien trop en avance sur son temps. Entre les cartes inachevées d'Ottilia et les théories audacieuses de Thomas, l'alchimie fut instantanée. Leurs débats passionnés sur la mécanique céleste se transformèrent rapidement en une cour assidue, mêlant la rigueur des mathématiques à une romance vibrante.
Portée par le génie de ses découvertes et sa relation intime avec Thomas, Ottilia acquit une influence foudroyante au sein de la cité. Protégés par les ambitions du Prince, qui projetait la construction d'une grande Université Laïque dans les années à venir, les deux astronomes unirent leurs forces. Désormais intouchable, Ottilia se mit à propager ses thèses stellaires, autrefois hérétiques, au nez et à la barbe des inquisiteurs locaux. Les cieux du Nouveau Monde lui avaient été volés, mais elle comptait bien …
[paragraphe illisible à cause de la pluie]
Luigi Delamorre
Je m’appelle Luigi Delamorre, 24 ans. Mes parents voulaient un fils dans les ordres et un militaire puis ils m'ont eu moi. Jeune, je fus studieux par peur des professeurs. Le père Potdemurge, mon premier professeur, a convaincu mes parents de m'envoyer à l'université pour y trouver ma voie dans les études.
Langue, théologie, philosophie, histoire, politique, mathématiques, un peu de physique et de chimie. Peut-être serai-je appelé à devenir conseiller de quelque puissant personnage ? Noble, religieux ou politique ou que sais-je encore ?
Avec le temps je diversifiais mes lectures et plus je me cultivais plus je remettais en question l'enseignement religieux. Parmi les ecclésiastiques l’on peut dénicher quelques théologiens qui tendent à intellectualiser leur croyance et les écrits sacrés. Parfois ils semblent rentrés en contradiction avec les préceptes de l’Eglise. Si seulement ces sages pouvaient s’exprimer librement !
Là-bas j’ai lu Spidzini. Cette lecture me bouleversa dans mes convictions les plus profondes concernant la religion, la politique, la justice et l'état actuel du monde.
Je reste reconnaissant au père Potdemurge de m'avoir permis d'étudier. Il m'a toujours soutenu.
Avide de nouvelles lectures j'ai voulu partir de l'université à la recherche d'écrits ancien comme ceux d'Aristote et de Platon. Des écrits rares ou des feuillets incomplets que l'on ne trouve pas dans toutes les bibliothèques. Je suis tout autant intéressé de trouver les écrits clandestins de Spidzini avec l’espoir qu'il puisse continuer à écrire en sécurité.
Sur mon honneur je souhaite faire le bien selon ma propre morale. Pour commencer et assurer ma propre protection durant mes futurs voyages j'entrais dans une école d'escrime pour y apprendre le maniement de l'épée.
Galvanisé par la volonté de faire régner un peu plus la justice, j'ai fini par rejoindre une compagnie de spadassin dans laquelle je sympathisai avec Liv durant nos entraînements. Lorsque j'étais las de lire et Liv était lasse d'écrire ou de dessiner, l'on s'amusait à jouer aux cartes à la taverne du Bouc qui pue. Je suis joueur à mes heures perdues ! J'ai souvent demandé à Liv si je pouvais lire ses essais.
Ma première mission ne nécessitait pas de faire couler le sang. Pourtant j'ai rencontré Fiorenza Pierreti. Il se trouvait en mauvaise posture contre un vieil adversaire qui semblait se battre pour son honneur. Je me permis d'intervenir dans leur duel. Face à face et je me trouvais en défense à mon tour. Je ne cherchais point la mort de mon adversaire mais il refusait de se rendre et son comportement était celui d’un forcené. Un contre et d'un dernier mouvement il fut transpercé par mon épée. L'homme était crispé de douleur puis son visage s'apaisa comme s'il fut satisfait de sa fin. C'était la première fois qu'un homme mourrait de mes mains. Un peu choqué... nous nous sommes enfuis.