Astel sort enfin de la demeure des Plissordes et me rejoint. Je lui explique alors que j'ai aperçu deux personnes bien dissimulées qui surveillent la famille noble et que je vais contourner l'un des deux pour voir à qui nous avons affaire. Nous reprenons donc le chemin de notre auberge et dès que nous ne sommes plus aux regards des deux guetteurs, je commence à m'enfoncer dans les ruelles de Phalène. Une minute me suffit à retrouver la planque d'un des deux. Il ne semble pas m'avoir entendu, je m'approche de lui et lorsque je ne suis plus qu'à quelques mètres, je me pose contre un des murs et lâche : « Intéressante comme demeure. N'est-ce pas ? ».
Cela fait sursauter l'individu qui se retourne vers moi. Hélas, je n'arrive pas à attraper son regard. Mon but étant de me plonger dans ses yeux et tenter de l’hypnotiser, lui voler un peu de sa mémoire. Il recule lentement essayant de mettre de la distance avec moi, mais à chacun de ses pas en arrières, j'en fais un en avant. Alors qu'il arrive pas très loin d'une ruelle adjacente, il tente de fuir dans des mouvements étranges, il ondulerait dans de froissement de vêtement presque comme un serpent. Une petite boule d'inquiétude se forme en mon ventre, mais je la fais taire. Je laisse alors le Fiel couler dans mon sang et m'insuffler de la force. Je bondis sur lui et agrippe sa cape au niveau des épaules, ce qui a pour effet de faire tomber son grand chapeau, qui lui cachait jusqu'alors le visage. Je découvre alors que les sons qui s'échappaient de lui n'était pas dû à ses habits mais à quelque chose de vivant en son sein. Son visage, bien qu'humain, se meut, comme si une vie grouillait dessous. Malheureusement pour moi c'est le cas. Sa chaire se déchire dans un bruit horrible et surgit alors une nuée de rats. La majorité s'enfuit rapidement délaissant le corps du malheureux sans vie, tel une chrysalide. Mais je dois reconnaître que j'aurais préféré voir apparaître un nuage de Falènes, plutôt que ses monstrueux rongeurs. De plus certains semblent être affamés ou alors énervés car ils me sautent dessus, emportant au passage plusieurs morceaux de tissus et parfois un peu de ma chair. L’inquiétude s'est mue en peur primale et une fois encore, je laisse le Fiel m'emporter. Je fuis alors, sans chercher à me diriger, je ne veux que sortir de cette rue et survivre à cette créature.
La Draguéenne est posée contre un mur attendant son frère Basilic. Quelques minutes sont passées lorsqu'elle voit surgirent d'une ruelle Nahash, fuyant sans aucune réflexion, n'hésitant pas à bousculer quelques individus aux passages, leur arrachant insultes et regards méprisant. Mais il semble n'en avoir que faire. Juste avant de prendre sa suite pour le rattraper et tenter de la calmer, elle remarque plusieurs rats à l'entrée de la ruelle qui rapidement retourne se cacher à l’abri de son ombre. Il lui faut quelques efforts pour rattraper le Malendreux et la première chose qui la frappe est la très forte odeur d'urine. La même fragrance que le buvard de Dredis. Elle se doute alors de ce qu'il a pu rencontrer. Il a dut avoir de la chance, car seule quelques blessures sont visibles et surtout, il est encore vivant.
Alors que je reprend souffle et conscience, je découvre Astel à mes côtés. Je la vois me détailler de la tête au pied, et retenir un haut le cœur du fait de mon odeur. Puanteur, devrais-je plutôt dire. L'urine de rat, un parfum qui est à la mode actuellement à Phalène, mais je suis bien le seul actuellement à pouvoir m'en enorgueillir, tous les autres étant mort depuis. Pour m'éviter de me répéter, je dis à ma sœur Draguéenne qu'elle aura les explications à la taverne. Une fois arrivé à cette dernière, je ne peux que remarquer les regards dédaigneux des clients et de l'aubergiste. Je lui demande aussi gentiment que possible de quoi me nettoyer et part avec dans notre chambre. Je fais un topo rapide à mes compagnons de ma rencontre avec les rats. D'après mes observations, soit ils possédaient un corps et le contrôlaient, soit ce n'était qu'une enveloppe créée pour les protéger. Dans les deux cas, je n'ai jamais entendu parler de pareille phénomène ou magie. Aux regards intrigués de mes compagnons, il semblerait que cela en soit de même pour eux. A suivre, ils nous rapportent leur découverte sur « l'esprit de Phalène ». Tout cela semble intéressant mais hélas le temps va jouer contre nous. Surtout que les Plissordes vont se dépêcher de récupérer les dernières informations de Dredis auprès de son archiviste Sorn. Au vue de l'état du Collegium, nous allons tous y aller. Astel et Arzul devant nous faire passer pour leur protection dans de tel lieux. Espérant que cela soit accepté. En route nous discutons des priorités une fois accepté dans le temple du savoir. Dans l'ordre, retrouver Sorn et les informations de Dredis, puis refaire la route du notable, ensuite rencontrer les Charognards et pour terminer, découvrir si les Falènes ne viennent pas d'un endroit particulier du Collegium.
Nous gravissons donc l'immense pilier qui semble nous emmener aux portes des nuages. On peut admirer la noirceur qui englobe la ville basse, vivant à l'ombre de la dalle de Phalène. On distingue clairement le lierre s'en échappant en s'entortillant tout autour de la colonne de pierre. Par endroit, la pierre est fragilisée voir transpercée par cette monstruosité créé par le Néant. Aucun d'entre nous n'ose parler mais nos regards inquiets laissent transparaître notre peur qu'à tout moment le Collegium détruise la cité de Phalène. Après une demi-heure de marche, nous atteignons enfin les portes du Temple du Savoir. Ces dernières sont toujours entrouvertes laissant passer quelques curieux ayant bravé les dangers de l'ascension pour tenter de découvrir le Collegium, quelques notaires venus chercher une information ou un savoir oublié. Un silence pesant nous encercle une fois pénétré dans les lieux. La présence armée est toujours aussi nombreuse et les regards sont vigilants. Tous espèrent que cette guerre cessera bientôt. Nous nous dirigeons vers le bâtiment d'accueil et nous recherchons le même archiviste qui nous avait reçu avec Astel le jour précédent. Une fois trouvé, je laisse Astel et Arzul lui expliquer notre présence à Maniao, Silas et moi-même. Pendant qu'ils expliquent que leur protection n'est pas assez réelle avec leur geôlier copiste, je découvre un peu mieux la vie du Collegium. J'y observe le travail des Falènes, papillons étranges aux écailles bénéfiques. En effet ces dernières en tombant restent pendant un certain temps encore phosphorescente. De plus, elles ont la capacité de protéger les vieux ouvrages, une bénédiction pour le Collegium.
J'arrête ma contemplation lorsque nous rejoint Pilar, notre geôlier-copiste, toujours habillé de sa magnifique armure de parchemins. Je n'ose imaginer le bruit que cela doit produire. La vieille carne de l'entrée lui annonce qu'il devra tous nous guider et que seul Astel et Arzul auront le droit de consulter les ouvrages. Quand aux autres, nous ne sommes là que pour protéger les lieux. Nous sortons donc du bâtiment et faisons nos premiers pas, pour certain, dans le Collegium. L'air y est frais bien que quelques brumes noirâtres nous rappellent l'état de guerre. Pilar nous explique à tous qu'ils nous faudra être très discret et surtout ne pas prendre partie pour préserver notre vie. De plus, il faudra être rentrer avant la nuit car une fois tombée, la cité haute devient extrêmement dangereuse et rien ne peut assurer notre survie. Nous le remercions de ses explications mais nous allons avoir énormément à faire. Nous lui expliquons que nous voulons retrouver Sorn pour parler avec lui. Nous pouvons alors distinguer son visage se décomposer lentement, parole après paroles. Il prend alors conscience que nous souhaitons nous rendre chez les Rigore Agoniste, les Charognards. Le groupe le plus surveillé et surtout celui qui attire l'ire actuelle des habitants du Collegium. Il nous répète alors une fois encore ses conseils en appuyant sur la discrétion et la neutralité. Il semble tenir beaucoup à cette dernière, cela lui permettant de rester en vie.
En route, nous lui posons quelques questions sur la guerre qui fait rage en ses lieux et son origine. Il nous raconte qu'il y a quelques temps des ouvrages se sont mis à disparaître, ou alors certaines parties de textes. Les différents courants de pensées se sont rejetés mutuellement la faute jusqu'à dégénéré en conflit armé. Actuellement, ce sont les Rigore Agoniste qui cristallisent la rage. Ils sont les moins nombreux des trois factions principales. Il n'en reste pas moins qu'ils sont puissant. Ils se sont repliés sur eux-même dans le quartier qui leur est alloué, vestige d'une Sombre Sente datant de la Guerre des Cendres. Il aurait mis en place une protection qui calme les ardeurs de leur ennemi. En écoutant la voie monotone du geôlier-copiste, je contemple les lieux. Autant la basse ville est brutal et simple, autant le Collegium est majestueux. Le faste de l'Empire Griff avec ses marbres, dorures et autres décors merveilleux s'entrecroisent et se mêlent avec l'architecture robuste du Royaume Chimérien. La pierre animale et le luxe opulent, voilà le Sacro-saint du Savoir. Nombreuses rues sont barricadées, bâtiments cloisonnés et demeures abandonnés. Il nous arrivent parfois d'être obliger de traverser ses derniers pour nous diriger vers notre but. Juste avant de sortir de l'un deux, Pilar nous indique de nous cacher. Nous pouvons alors apercevoir un groupe fortement armé se dirigé vers une rue plus éloigné. La guerre est entre les murs du Collegium, et cela transpire par chaque pierre, chaque pavé.
La route a été longue et fastidieuse, et je ne doute pas qu'il y aurait été possible d'être plus rapide mais bon, en ses lieux je ferais toute confiance à Pilar. Nous débouchons dans une grande cours ou nous pouvons observer les reliquats de la Sombre Sente. Les bâtiments ainsi que la trop rare végétation sont cristallisés, comme figé dans une autre époque. De l'autre côté de l'esplanade, un immense édifice aux teintes fantomatiques. Pilar nous explique que les Rigore Agoniste logent dans cette bâtisse et qu'il faudra nous y rendre pour découvrir ou se trouve exactement Sorn. Une fois son explication terminée, il se trombe un coin de ruelle, le plus sombre possible, et s'y accroupit, disparaissant sous son armure de vélin. Il semblerait que le simple fait d'entrée en ses lieux le rebutent, voir détruirait sa neutralité. Nous n'avons plus le temps de tergiverser, la nuit commençant à tomber et la fin s'approchant pas à pas. En se rapprochant du bâtiment, nous en distinguons certains détails. Et le plus troublant et l'origine de sa lueur. Une immense toile d'araignée semble entièrement la recouvrir, emprisonnant dans son arantèle chaque insecte ou Falènes trop curieux. Certains de ses derniers sont déjà entortillés dans un cocon près à être dévoré, d'autres se débattent encore, libérant des myriades d'écailles luminescentes donnant la nuance spectrale à l'édifice. Nous sommes obligés de la déchirer pour l'écarter et nous permettre de pénétrer dans l'antre des Charognards de Phalène. La toile n'est pas résistante et ne semble être là que pour sa fonction première, capturer les créatures. Étrange, j'aurais pensé que c'était cette dernière la fameuse protection des Rigore Agonistes. D'après Maniao, le soie n'est pas celle de l'Egrin mais une création de simples arachnides.
Alors que nous détachons des morceaux de toiles pour pénétrer et rencontrer les Charognards, un vent glaciale se lève, faisant frissonner l’arantèle et murmurer les pierres. Nous débarquons dans un hall aussi désert que la place précédente. Le fraîcheur extérieur est devenu froidure, la brise s'est transformée en un souffle rauque et le silence s'est changé en chuchotement glaciale. Tout est à l'image de l'entrée, immense, vide et noir comme le marbre environnant. Nous ne sommes éclairés par mon unique lanterne grouillante. Astel et Maniao ont arraché un des Phalène à la toile pour leur servir de lumière. Avec mes deux frères, nous les dissuadons car les Agonistes ne semblent pas vouloir de la présence des Phalènes en ses lieux, sinon on pourrait en apercevoir. Ne sachant que faire, nous appelons à la cantonade et nous présentons notre requête. Trois coup sur la pierre nous répondent, venant d'un escalier qui se dirigent vers le première étage de l'édifice. Il semblerait que l'on souhaite nous guider vers un lieu particulier. Nous hésitons quelques secondes avant de monter les premières marches. Une fois en haut, de nouveaux les trois coups vers un couloir. Seul ses trois sons répétés nous aiguille dans ce dédale de couloirs et de pièces. Nous parvenons devant une double porte en bois massif. Notre berger sonore venait de derrière. Nous poussons donc les deux battants et découvrons une immense pièce remplit de tables sur lesquels reposent silencieusement des cadavres.Je dénombre rapidement une cinquantaine de corps. Certain semble avoir été disséquer méthodiquement, d'autres ont subit des traumatismes. Cela ressemble à une salle d'anatomie, mais avec un atmosphère encore plus glauque que normalement. Un gigantesque tableau noir recouvre une grande partie d'un mur, mélange incompréhensible de calcul mathématique et des symboles obscures. Toutes les fenêtres de la salle sont barricadées et recouverte d d'une épaisse toile d’araignée. L'odeur de la mort et la pourriture sont encore plus forte en ce lieu et c'est alors qu'au fond de la pièce, nous distinguons un individu qui très rapidement disparaît dans un couloir. Les coups reprennent, dans une autre direction que celle du Charognard entraperçu.
Encore quelques secondes avant d'arriver dans un gigantesque bureau. Au centre de la pièce, un énorme siège de pierre sombre, renforcé par des plaques d'acier ternes. Dessus, un Charognard, tout en longueur. On devine par endroit des traits caladréen, reste d'un passé lointain. Ses yeux sont d'un bleu clair, tellement qu'ils en deviennent vitreux suivant les reflets des quelques lueurs éclairant la pièce. Ses joues sont creusées, autant par la fatigue que par la pourriture qui le rattrape lentement mais sûrement. Par endroit la chair a même disparu laissant apparaître la mâchoire et quelques unes de ses dents noircies et rongés par les caries. Dernier vestige de son humanité, un long bouc grisonnant que l'individu triture avec sa main gauche squelettique. Dans la droite, le charognard tient une solide canne avec laquelle il frappe le sol pour nous guider. Bien que profondément enfoncé dans son fauteuil, le respect et la puissance se dégage de lui. Pour la première fois depuis que nous avons pénétré dans la demeure des Rigore Agonistes, une voie rauque s'élève et résonne au cœur de la Sombre Sente. Le chef des Charognards de Phalène se présente sous le nom de Palsimide, maître des Rigore Agoniste. Nous en faisons de même, tour à tour. Puis nous exposons notre requête, rencontrer Sorn, car nous savons qu'il loge entre leurs mur. Il nous répond qu'il va voir ce qu'il peut faire.
Nous lui demandons, pour occuper l'attente, l'autorisation de lui poser quelques questions. Il accepte, dans le domaine du possible et bien sur du raisonnable. Dans un premier temps, nous tentons d'en apprendre plus sur les raisons des combats au Collegium. Il nous rapporte les mêmes raisons que celles exposées par notre archiviste Pilar. D'après leur enquête, ce serait les falènes la cause de l'effacement des textes. Ces derniers dorment sous la dalle tant que le soleil est présent, et une fois la nuit tombée ils sortent de leur tanière pour rejoindre le Collegium. Lors de ces dernières semaines, ils ont pu observer l'effet des écailles de papillons sur certains ouvrages. Ils ont bien tenté de l'expliquer aux autres factions mais cela n'a retourné que leur colère envers eux. Depuis il se terre en ses lieux. Nous dérivons peu à peu sur leur but dans la cité. Il nous explique qu'en plus de protéger tout le savoir sur les Charognards, ils font des recherches et tente de calculer mathématiquement la mort d'une personne. Pour cela, ils ont besoin de son sang et d'un peu de son Fiel. Bien sur, il nous propose de le réaliser sur nous. Je refuse poliment. Je veux bien les voir comme de possible alliés, ne dit-on pas que l'ennemi de mon ennemi est mon ami, mais là, il ne faut pas exagérer. Ils en demandent beaucoup, surtout que l'on ne sait pas ce qu'ils pourraient en faire. Par contre cela semble intrigué voir intéresser Astel et Arzul. Ces savants qui veulent toucher à tout et tout découvrir ou comprendre. Cela va un jour leur être fatal. Nous continuons à discuter en questionnant Palsimide sur Dredis. Le Charognard nous explique que ce dernier est venu les voir mais il n'a pas accéder à sa requête. Il nous apprend que le notable chimérien a été retrouvé plusieurs fois dans des lieux qui lui étaient interdit et qu'il aurait alors eu accès à des ouvrages sous clés. Seul sa réputation l'aurait sauvé en ses lieu.
Dans la suite du palabre, nous lui racontons que nous avons en notre possession un ouvrage venant de Phalène. Lorsque nous lui annonçons le titre, son visage semble changer. Il nous explique que cette ouvrage leur a été dérobé et exige que nous leur remettions. Nous acceptons logiquement et leur disons que nous leur ramènerons lors de notre prochaine visite au Collegium. Il nous en remercie grandement. Nous dérivons alors sur les autres factions qui peuplent le Collegium. La discussion est décousu et sans aucune suite, allant au grès de nos souvenirs et nos questions. Palsimide nous explique que les Enlumineurs en plus de ce que l'on sait a pour habitude de chasser les livres et les enfermer pour les protéger. Le savoir n'étant pas pour tout le monde. Quand à l'Expiation, il s'occupe des sciences exactes et un brin d'histoire. Ils sont par contre plus tourné vers l'avenir que sur le passé, préférant préserver un ouvrage récent qu'un ancien, ce dernier pouvant être erroné.
Un bruit étrange nous fait tous nous retourner, comme un frottement de tissu. Nous découvrons alors une longue cape traînant légèrement au dessus du sol. On peut distinguer dessous une vague forme humanoïde rampant à même la terre, entièrement retenu par des plaques de fer. Tel un serpent, il se faufile jusqu'au siège de Palsimide, avant de grimper tel une limace sur un des accoudoir et susurrer quelques mots à l'oreille du Charognard. Ce dernier nous annonce que nous pourrons rencontrer Sorn, qu'il loge dans une batisse pas loin de là. Notre archiviste a déjà été prévenu du lieu, nous n'avons plus qu'a le rejoindre. Mais avant cela, il repropose de faire des recherches sur notre mort. Seul Arzul et Astel sont assez fous pour accepter. Nous quittons donc la pièce, laissant seul notre sœur et notre frère avec Palsimide...
La porte se referme sur les trois mimétiques, enfermant la Draguéenne et le Cendreux avec le vieux Charognard. Il s'approche tout d'abord d'Astel, honneur aux dame, comme il le dit si bien. Palsimide lui demande alors de tendre son bras vers lui. Une fois fait, il attrape un morceau de cuir enroulé, refermant un scalpel finement aiguisé. Tout d'abord, il entaille la peau de haut en bas, puis réalise deux encoches de chaque côté et aux extrémités. Puis lentement, il écarte la première couche de derme en la décollant du reste. Il répète ce rituel, couche après couche, muscle après muscle, jusqu'à atteindre une veine. L’œuvre est digne des plus grand chirurgien, chaque feuillet découpé repose sur le suivant créant comme un livre s'ouvrant sur l'anatomie de la Draguéenne. Maintenant que la veine est accessible, le Charognard récupère un peu de sang. Puis il explique à la mimétique qu'il va devoir lui prélever un peu de son Fiel, mais que cela lui sera rendu plus tard. Il pose sa main sur la tête de la Draguéenne. Cette dernière ressent la panique l'envahir peu à peu, son corps ne lui répond plus, elle se sent vidé d'une partie d'elle même et tout lien avec son Féal figé, gelé dans le temps. Puis la chaleur revient dans son corps et c'est alors que Palsimide annonce la fin de la préparation. Elle peut maintenant laisser sa place au Cendreux...
Un bon quart d'heure passe avant que notre frère et notre sœur nous rejoignent derrière la porte. Ils se tiennent tout deux le bras, entouré d'un semblant de bandage. Arzul nous demande quelques instants pour soigner leur blessure. Nous avisons alors l’œuvre du Charognard, et cela ne m'inspire pas confiance. De plus chacune des deux opérations ont laissé des traces de Nécrose au niveau des lésions. Une fois ces dernières nettoyé, nous rejoignons Pilar à l'extérieur du bâtiment. Il nous explique qu'une personne étrange et venu lui indiqué ou se trouvait Sorn. Ce n'est pas loin d'ici, dans un bâtiment servant de dortoir. Deux gardes nous accueillent à l'entrée et nous indique que le geôlier-copiste que nous cherchons se trouvent dans une chambre à l'étage. Alors que nous pénétrons dans les lieux, notre archiviste nous demande si nous allons y passer la nuit. Nous lui répondons que cela est fort probable étant donné que voyager de nuit se révèle mortel d'après lui. Il hoche la tête dépité et va s'accroupir dans un coin pour se faire passer pour un tas de papier. Nous entrons donc dans l'édifice et nous dirigeons directement à l'étage, au niveau de la porte de Sorn.
Nous frappons quelques coups à cette dernière et une voix embrumée nous réponds, demandant qui est là. Nous nous présentons et expliquons la raison de notre présence, discuter par rapport à Dredis. Nous devons nous montrer convaincant pour qu'il accepte de nous laisser entrer. Nous pouvons enfin entamer la discussion avec lui. Rapidement, nous pouvons deviner qu'il s'agit d'un jeune ambitieux qui a gravit promptement les étapes. Ce qu'il nous explique est qu'il s'est retrouvé bloqué dans ce bâtiment. De ce fait, il a perdu sa neutralité au regard des autres factions et il a donc peur pour sa vie. Il n'attend qu'une chose qu'on vienne le libérer de cette endroit. Et il ne doute pas que cela sera bientôt le cas. Il sait que Dredis est mort et attend la venu des Plissordes pour récupérer les informations du notable. Il refuse catégoriquement de nous les remettre, par contre il est prêt à nous raconter ce que faisait réellement Dredis au Collegium en échange d'une protection jusqu'à l'entrée. Devant son obstination, et avec l'espoir de lui extorquer les informations plus tard, surtout qu'il semblerait qu'il les ait sur lui, nous acceptons sa proposition.
Nous rejoignons alors Pilar qui est légèrement surpris de nous voir, et encore plus avec Sorn. Tout deux tienne un rapide conciliabule concernant la route la plus sure mais également la plus rapide. Une fois qu'ils se sont mis d'accord nous les suivons rapidement dans les rues du Collegium, zigzaguant entre les barricades, édifices abandonnés et ruelles enfumées. Bien plus rapidement qu'à aller, nous atteignons l'entrée. Sorn nous emmène alors à ses appartements pour nous révéler la face sombre de Dredis, la véritable raison de sa présence hors celle de son travail sur les Plissordes, tandis que Pilar a eu assez de sueur froide pour la journée et va se reposer. L'archiviste du notable chimérien nous raconte alors que ce dernier avait pour habitude de lui fausser compagnie et d'être retrouvé par lui-même ou par d'autres factions dans des lieux interdits ou les ouvrages étaient protégés de tous. Ses recherches pour les nobles Chimériens sont terminées depuis longtemps et il était depuis plusieurs semaines à la recherche de certains ouvrages, surtout en lien avec l'Histoire de la ville, entre autre. D'après ce qu'il se rappelle, Dredis rechercherait la réponse à une énigme pouvant le rendre maître de la ville. Un véritable illuminé d’après Sorn. Sa dernière recherche avant sa chute était dans le pilier des Enlumineurs, dans la partie des langues ophidiennes. Il aurait déceler une dalle pour pénétrer dans les lieux ce qui a augmenter la colère de la faction à son encontre. Il pense qu'ils se sont peut-être vengés.
Maintenant que Sorn nous a tout expliquer il tente de nous congédier. Silas fait alors pression pour obtenir les dernières recherches de Dredis, mais le geôlier-copiste refuse. Ces documents sont sous sa protection et il se cache sous les règles du Collegium pour les refuser. J'ai une idée bienvenu, qui va éviter que l'on en vienne au main. Il veut que l'on respecte les règles et bien nous allons le faire. Je vais réveiller Pilar et lui demande d'avoir accès aux ouvrages qui sont en possession de Sorn. Notre archiviste grogne quelque peu et fait la demande à ce dernier qui accepte alors. Il nous expose alors un énorme ouvrage parlant de généalogie. D'après ce que je peux voir, les Plissordes descendrait directement des premiers nobles de la ville et donc serait légitime pour devenir Comte de Phalène. Mais la réaction d'Astel ainsi que celle de Pilar me laisse présager du pire. Ils ont été falsifier, et comme Dredis avait sa réputation, cela serait passer sans problème. De plus, les Plissordes sont très puissants et personnes n'osera faire une contre-recherche. Pilar retient sa colère contre cette profanation et demande à Sorn si il était au courant. L'archiviste répond qu'il s'en est rendu compte tardivement et qu'en plus Dredis l'avait menacé. Intéressant... très intéressant tout cela. Voila un possible moyen de pression sur les Plissordes voir de les faire chuter.