Marchiavel a écrit :Je suis déception, mon mot d'esprit n'a pas été retenu dans cette partie du CR

Lequel ? Y'en avait tellement ?
Nous reprenons au numéro 17 !
Le convoi n°17 est composé pour l’essentiel de camions LATIL type TAR datant de 1915 qui s’il peut emporter 2 tonnes de charge utile, ne carbure glorieusement qu’à 17 km/h maxi…
Certes ! Nos PJs bénéficient d’une superbe Citroën Type 23 qui peut atteindre 70km/h, mais il est encore en rodage…
Tout en roulant, lieutenant Luchiani consulte la liste du matériel évacué : outre les caisses de vaccins anti-malaria il constate que son propre véhicule est rempli jusqu’à la gueule de… machines à écrire !
Une tonne de machines à écrire !
Heureusement, le lieutenant Luchiani se console en songeant à la dernière caisse de Château Pétrus qu’il a pu sauver du désastre et qu’il escompte bien voir devenir son capital de départ pour relancer son business agonisant…
La caisse, il y a veillé, se trouve bien à l’abri dans la camionnette Citroën conduite de main de maître par sergent-chef De Groot,
Tout. Va. Bien.
L'arrivé des "Méchants-schmitts"
Le convoi tartine à la très réglementaire vitesse de 12 km/h. Évidemment on n’avance pas vite d’autant que peu à peu le flot de réfugiés fuyant Paris se fait de plus en plus dense. Il faut louvoyer entre les colonnes de réfugiés qui fuient la capitale et les colonnes de soldats qui tentent de la rejoindre. On ne peut pas leur rouler dessus, mais ce qui est sûr, c’est qu’au bout de quelques 3 heures de route, un embouteillage monstre se forme et, c’est à moins de 40km de Paris que les PJs, essayant en vain de faire avance leur véhicule dans les flots de population affolée qu’ils entendent un vrombissement de gros moteurs s’approcher…
Là, au-dessus, quatre petits points noirs grossissent rapidement.
On les distingue vite et sergent-chef De Groot les reconnait tout de suite pour les avoir déjà vus à Narvik : des
Messerschmitt 110 (vous savez :
"celui qui ne tourne pas à gauche et qui a les mitrailleuses qui s'enrayent", comme disait Paris-Soir). Ils sont en maraude et faute d’avions français à se mettre dans le viseur, ils décident de faire un carton sur l’amoncellement de véhicules. Un par un ils dégringolent vers la colonne et ouvrent le feu : Les
Tac-Tac-Tac des mitrailleuses de 7,92mm se mêlent aux
Pom-Pom-Pom des canons de 20mm, le tout en "qualité allemande".
C’est un massacre !
Le capitaine D'Arochay de Lamargue a la présence d’esprit de gicler la camionnette et de plonger dans le fossé qui borde la Départementale, mais le lieutenant Luchiani ayant une prescience soudaine du sort funeste qui attend sa caisse de Château Pétrus semble figé sur place ! C’est le sergent-chef De Groot, qui le tire hors du véhicule et le jette sans ménagement dans un fossé…
Mais pour le reste…
Tous les véhicules du convoi sont en flammes (ce qui inclut la caisse de Château Pétrus), les conducteurs tués au volant. Les balles et les obus ont fauché sans distinction civils et militaires, hommes, femmes et enfants ! Vision fugitives d’un homme qui ramasse le corps ensanglanté d’une fillette, d’une jambe déchiquetée trainant, seule, au milieu de la route, d’une charrette aux chevaux effondrés couverte des corps inertes de toute une famille, d’un corps en uniforme français qui se consume au milieu d’une flaque d’essence en feu…
Et les avions reviennent !!
Ils ont fait demi-tour et foncent à nouveau vers le convoi en feu, Les PJs plongent derechef dans le fossé, Luchiani y plaque au sol une très jolie blonde qui errait hagarde après la première attaque ; mais les Messerschmitt se contentent d’un simple survol, si bas qu’il voit le visage du pilote, que ses grosses lunettes font ressembler à un insecte, le regarder fixement au passage !
Luchiani envisage de lui faire un doigt, mais se ravise : le pilote pourrait être un gros susceptible et se sentir assez vexé pour tenter un troisième passage avec nouvelle distribution de dragées…
La Citroën est foutue, son chargement s’est répandu sur la chaussée, serrant contre lui l’unique bouteille de Château Pétrus rescapée, le lieutenant Luchiani contemple le dernier écroulement de son business…
Le capitaine D'Arochay de Lamargue passe d’un blessé à l’autre mais ne dispose d’aucun équipement médical pour soulager les blessés. Il tente d’en installer le long de la route, et de soulager quelques blessure, mais rien n’y fait
A un homme dont l’abdomen a été ouvert de haut en bas, Luchiani tend la bouteille de Château Pétrus. L’homme la vide au 4/5 avant d’expirer…
"Au moins il est mort heureux" pense Luchiani...
Mais ce n’est pas tout ça, hein, on attend toujours les PJs à Briare.
On ramasse l’équipement qu’on peut trouver, Luchiani glisse à la blonde "l'adresse d'un type à Barbès qui pourra lui trouver du boulot", celle-ci acquiesce sans dire mot.
Et on se met en route.
Une heure plus tard, les PJs croisent un groupe de soldats nord-africains, de la 84e Division d’infanterie algérienne, à peine arrivée d’Afrique du Nord, qui leur demandent leur chemin et des nouvelles.
On les questionne :
-Où sont vos officiers ?
-Morts mon lit’nant. A cause li zavions.
-Où sont vos sous-officiers ?
-Morts aussi mon lit’nant.
-Où allez-vous ?
-Vers le nord mon Lit’nant, pour t’ier les Boches !
Les bougres sont motivés et il faut des trésors de diplomatie pour les convaincre de rejoindre Fontainebleau (à 25 bornes au sud de là !) où, parait-il, se trouve un convoi de ravitaillement destiné au 25e CA. Là on pourra les réorganiser.
5 heures de marche et au passage on ramasse d’autres trainards de la 84e DIA et de feue la 17e DLI, et de divers unités encore, qu’on amalgame en un groupe de 150 hommes lorsqu’on arrive enfin en vue de Fontainebleau, en fait Vulaines-sur-Seine, car le groupe arrive par l’ancienne route de Bourgogne.
De loin on aperçoit un pont et derrière des camions militaires et des soldats qui s’activent…
Tout. Va. Bien.
Sauf que le mois de juin c’est chiant avec son ciel toujours bleu et ses journées longues, les aviateurs adorent ça, par contre, surtout les aviateurs allemands.
C’est alors qu’ils approchent du pont, que les PJs entendent un vrombissement de gros moteurs s’approcher… et nombreux !
On les distingue vite et sergent-chef De Groot les reconnait tout de suite pour les avoir déjà vus à Narvik : des Dornier 17, gros bimoteurs de bombardement en piqué. Il en a plus d’une centaine (en fait non, mais vu du sol on exagère tout) qui plongent vers la concentration de troupe et vers le pont.
Au fait, les PJs ont rassemblé environs 150 types en uniforme français.
Hé bien vu du ciel, 150 types en uniforme français, ça se voit bien, et ça se voit de loin. Et surtout, vu du ciel, 150 types en uniforme français, ça s’appelle une cible…
Un groupe de Dornier se détache de la formation et plonge vers les PJs et leurs 150 types en uniforme français.
Les PJs commencent à avoir l’habitude : plongée express dans les fossés de drainage !
Mais cette fois c’est une volée de bombes de 250 kg qu’ils prennent, celle-ci pulvérise (ou "anéanti" comme on dit en termes militaires) tout leur groupe, des corps démantibulés se retrouvent perchés au sommet des arbres qui bordent la route, témoignage de la violence de l’attaque…
Un certain ras-le-bol se fait chez les PJs : ils ont subi deux attaques aériennes, ont vu trop de cadavres, sont perclus de fatigue, crèvent de faim et de soif dans leurs uniformes couverts de poussière et de boue… et dans moins d’une heure il fera nuit.
A quelque distance, un toit massif dépasse de derrière les arbres, c’est une grosse ferme qui se dresse. On pourra peut-être y trouver de quoi se refaire.
Le retour des chauffeurs de la Drôme.
La ferme est imposant, avec un très grands corps de bâtiment formant cour intérieure. Et dans la cour stationne, vide, une voiture type Hispano-Suiza MA-GNI-FI-QUE !
De l’intérieur du bâtiment, un hurlement.
Sans hésiter, le capitaine D'Arochay de Lamargue et le sergent-chef De Groot se précipitent vers l'intérieur, tandis que Luchiani reste dehors "pour les couvrir".
A l’intérieur, quatre Marlou dans le plus pur style "Apaches de Belleville" sont en train de faire rôtir la plante des pieds du fermier dans la cheminée pour lui faire avouer où il a caché ses économies…
Tout va très vite : le capitaine D'Arochay de Lamargue crie :!
"Armée française…"
Quatre automatiques se braquent vers le capitaine D'Arochay de Lamargue et le sergent-chef De Groot.
PAN ! PAN ! PAN ! PAN !
Le capitaine D'Arochay de Lamargue et le sergent-chef De Groot ont ouvert le feu en même temps.
Quatre corps tombent, morts ou agonisants. Apaches de Belleville ou d'ailleurs ne nuiront plus.
"… ne bougez pas !" termine dans le vide le capitaine D'Arochay de Lamargue.
On libère le vieux, on le soigne avec une pharmacie domestique très bien dotée. Celui-ci raconte : toute la famille a fui vers le sud et il est resté pour garder la ferme et aussi parce qu’il est trop vieux pour aller errer sur les routes.
Les PJs se jettent sur le garde-manger : pain paysan, pâtés de campagne maison, jambon fumé et saucissons (pas le "à l'ail"), le tout arrosé avec ce qu’on trouve à la cave.
On peut prendre un bain, nettoyer les uniformes et, cerise sur la gâteau, compléter l’arsenal avec les quatre Browning Modèle 1922 des Apaches, sans compter la découverte dans leur Hispano-Suiza d’un butin conséquent de quelques 7000 francs, plus des bijoux divers, des Napoléons et même des Luis d’or…
Le moral remonte en flèche, demain sera un autre jour et on pourra se remettre en route, mais en attendant :
Tout. Va. Bien.
(A suivre)