[CR - Oltréé !] Les lacs brumeux de Bargovia
Publié : lun. juin 20, 2016 10:55 am
5 pjs :
- Danil Virka, patricien, (ie noble) marchand, et plus tard façonnier
- Philibert Montronçois, troubadour et assassin, un peu voleur
- Stelian Lubova, assassin, voleuse, et mentaliste (elle entend des voix)
- Razvan, sorcier, très vaguement alchimiste et guerrier juste pour une armure
- Lubjana, prêtresse de Prayos, guerrière, et cavalière juste pour la monture
Ivan, le premier mercenaire de Danil, est parfois joué, comme un guerrier stratège.
4 Fuyante de Veille, An 22 après le départ des Automates
L’expédition s’annonçait bien : deux patriciens pour mener la troupe de patrouilleurs, Danil Virka, marchand reconnu et habile diplomate, accompagné de son rude reitre Ivan, et Arthemius Avenicci, un jeune ambitieux dont la taille des dents n’égalait que le mépris. Deux patriciens, cela voulait dire de gros sous, du répondant au niveau statistique, et des facilités bureaucratiques pour quitter la République de cinabre. Sous l’égide de l’Eglise, le régulateur Gregor, austère et raide comme la Loi incarnée par son culte, amenait le médecin Sylviu, un compère naïf et bavard, tandis que la Patrouille de Cinabre avait fait engager le troubadour Philibert Montronçois, charmeur à l’accent de la République d’émeraude, et la jeune Stelian Lubava, aux activités illégales mises de côté pour la Patrouille. Ces expéditions hors-les-murs, dictées par le Sénat, sont mises en œuvre après une longue période pendant laquelle la Patrouille s’est reposée sur l’efficacité des Automates. Aussi, lancées dans la précipitation, elles envoient un peu n’importe qui, entrainé sur le tas, vers l’inconnu. C’est une sortie discrète et expéditive pour beaucoup de malfaiteurs et d’hérétiques suspectés, et l’on sait à quel point les Républiques engendrent de criminels, tellement leurs codex sont épais. Entre roder sous terre, et l’armée au grand air, certains ont choisi le second, peut-être un peu vite.
Le voyage en frégate cinabrine a été aussi bref que déplaisant, avant de débarquer à Lepidstadt, ancienne capitale de l’Ustalav. Une fois parvenue au bastion ustalavien de la Patrouille, l’expédition a pu rencontrer le façonnier Sventok, fruste et timide, ainsi que le soldat Razvan, surnommé le Poissard, milicien arrondissant ses fins de mois avec des potions de soin, engagés sur place. L’Ustalav a été pendant les trois siècles de l’occupation automate une province frontalière de la République de Cinabre. Comme toutes les Républiques, celle de Cinabre a respecté pendant l’occupation automate divers codes de lois, sensés plaire aux envoyés de Mecanicus. Pourtant, rien de tel n’était signifié dans le pacte avec les Automates : « Nul non-humain, ni dieu offensant, ni sorcier, ni monstre ne pourra porter atteinte à la race humaine, boutés de la surface d’Archéon. En échange, les humains adoreront les 3 dieux de la Loi, la Balance qui nivèle, le Triangle qui structure, et le Bouclier qui pacifie. » Mais les réfugiés, protégés par les automates pendant le grand nettoyage d’Archéon, se sont rassemblés dans les Républiques, et ont joué à imiter ces envoyés d’outreplan, en respectant des lois, jusqu’à la nausée. C’est pourquoi les provinces limitrophes se sont peuplées pendant ces 3 siècles d’irréguliers, hors la loi, et hors les murs. Comme les autres, l’Ustalav a donc servi d’exutoire à la République de cinabre, accueillant tous ces trafics. Jusqu’à ce que les Automates retournent dans leur plan, et que les Républiques s’inquiètent de tous les territoires pacifiés et segmentés par des murs de force. En effet, les Automates, pour débarrasser Archéon de tout ce qui pourrait inquiéter les humains, ont patiemment découpé sa surface en hexagones, délimités par des champs de force hauts de 250m de haut. Mais le pacte n’impliquait que la surface d’Archéon. Au-dessus et au-dessous, ce n’était pas leur problème. Au fil du temps, les Automates ont confié les codes de ces hexagones aux humains, qui ont pu franchir ces murs ou les abattre à leur gré. Ainsi, l’Ustalav est à peu près libre de circulation, mais même dans le cas contraire, les autochtones se sont empressés de creuser dessous des voies de commerce.
Lorsque les Automates sont partis, les républicains ont senti comme un poids soulager leurs épaules : pendant une dizaine d’années, les sénats républicains ont fermé les yeux sur certaines choses. Et puis des nouvelles inquiétantes ont commencé à circuler. Les machines automates cessent de fonctionner les unes après les autres. Les monstres reviennent à la surface après 3 siècles d’exil. Et les zones situées hors-les-murs sont conquises par chaque république avant que les autres ne le fassent. En conséquence, l’Ustalav a été amené de façon de plus en plus pressante et de moins en moins diplomatique à adopter les mêmes lois que la République de cinabre, et sa noblesse a noué des liens express avec les patriciens cinabrins, afin de sauvegarder l’avenir de leurs enfants. Les comtes qui ont favorisé l’annexion ont conservé leurs terres, mais perdu le droit d’administrer leurs fiefs. Les autres ont tout perdu. Quant aux roturiers qui ont trafiqué pendant 3 siècles, de drogue, d’esclaves, ou d’objets magiques, ils n’ont pas eu le choix : la corde ou la pauvreté. C’est pourquoi la Légion cinabrine est parfois vue comme une occupation en Ustalav, et la Patrouille comme d’aimables militaires démunis et avec l’interdiction de tirer.
Le commandant Basil Odranti, enrobé et mielleux avec les patriciens, mais sévère avec ses hommes, s’est montré poli, mais a glissé dans la conversation autant de pièges que possible. Les termes « fief », « sujets » et « autonomie » sont revenus, avec un panégyrique de la noblesse locale. La discussion a repris au cours d’un banquet modeste préparé en l’honneur des nouveaux venus. Mais les provocations n’ont pas cessé. Blagues sur la rusticité et la stupidité des ustalaviens d’un côté, critiques à peine voilées du Sénat ou de l’Eglise de l’autre… Il n’en a pas fallu beaucoup plus au patricien Avenicci et au père Gregor pour réclamer réparation des affronts. Le marchand, Danil, s’est interposé, calmant les ardeurs du jeune Avenicci. Du reste des invités, pas vraiment de parti pris. Stelian est restée muette et absorbée par le repas, tandis que Philibert tentait d’égayer l’assistance de sa musique, avec peu de succès. C’est après le repas, aussi discrètement que possible, que Razvan est allé voir son supérieur, pour parler politique. Le commandant Odranti est resté évasif, se présentant comme un bon républicain, mais a souligné l’importance d’un gouvernement fort, impossible à cause de l’éloignement avec la république. Razvan y est allé franchement, et a renchéri avec l’idée de revenir à l’indépendance. Odranti s’est bien gardé de le détromper, et lui a remis une broche toute simple, mais reflétant bien la lumière.
Au vu des relations entre l’expédition et le commandant, il a été décidé de reprendre la route immédiatement, le long de la Ruveine. Quatre jours plus tard, donc le 2 de Renaissance de l’an 23, sur un coude de la route, entre une haie de peupliers et une rangée d’ormes cachant les roseaux de la Ruveine, s’étendait un corps immobile. Méfiant, Danil a arrêté Avenicci qui s’élançait pour aider l’infortuné gémissant. Bien lui en a pris, puisqu’un groupe de bandits a surgi des roseaux, tandis que des archers ont commencé à tirer. Ivan s’est interposé pour protéger Danil, ce qui ne l’a pas empêché d’être blessé, pendant que les archers visaient expressément le prêtre et l’autre patricien. Dans la mêlée, le musicien Montronçois a pris le mors aux dents de son cheval, et s’est élancé en piétinant joyeusement aussi bien les porteurs d’Avenicci que les bandits armés de glaive. Pendant ce temps, Stelian a fait le tour dans les fourrés, et jeté une dague mortelle sur un des archers. Razvan a subi quelques coups, avant que les maraudeurs ne s’avisent de la broche affichée aux fontes de sa monture. Ayant bien saisi la raison de leur venue, Razvan s’est alors mis à slalomer entre les corps, poussant négligemment ses adversaires pour les écarter. Le médecin, Sylviu, s’est précipité au chevet du patricien Avenicci, qui a été mis à mort par le cheval de Montronçois, et pris lui aussi un méchant coup de la part d’un brigand, le mettant à terre. L’autre patricien, Danil, a simplement jeté un regard méprisant aux mercenaires, et ceux-ci ayant accompli leur triste besogne, s’en sont allés vivement. Deux des spadassins d’Avenicci ayant eux aussi trouvé la mort, il n’en restait plus qu’un, et le reste de ses porteurs, pour ramener les corps et les blessés à Lepidstadt. Absolument pas contrit mais bon comédien, le reste du groupe, Danil, son reitre Ivan, Stelian, Razvan, Philibert et l’artisan Sventok, a repris sa route.
Le réveillon qui aurait pu être une grande fête s’est déroulé dans une gargote du village suivant, Spelniony, aussi pauvre que désert. C’est là que les rescapés de l’expédition ont mis cartes sur table. Razvan leur a révélé l’implication du commandant Odranti derrière l’attaque, et malgré son dépit, le patricien Danil a eu du mal à critiquer l’envie d’un territoire indépendant, mais tous l’ont entendu comme autonome non seulement de la République, mais aussi de l’Ustalav. Au cours de la discussion à bâtons rompus, diverses révélations ont fait jour, aussi inattendues qu’expliquant certaines choses. Montronçois et Stelian se sont mutuellement reconnus comme étant des assassins concurrents, ayant exercé à Rumenica, la capitale de la République de Cinabre, sous les pseudonymes de Bludbad pour l’une, et de l’Artiste pour l’autre. Quant à Razvan, il a expliqué pourquoi on le connaissait sous le surnom du Poissard : il semble avoir été maudit dès la naissance, et dispose de pouvoirs magiques. Malheureusement, il ne contrôle absolument pas sa sorcellerie, et tout en échappant aux accusations, il est arrivé que certains subissent des contrecoups magiques aussi incongrus que mortels. Aucun de ses compagnons n’a réellement cru à ces prétendus pouvoirs, à part Stelian, qui a expliqué qu’elle était dotée de facultés mentales. Ivan a répliqué que lui aussi était très intelligent.
Au départ de Spelniony, l’équipe a compris pourquoi le village était si pauvre. Son maire a accepté de produire une telle quantité de grains, que les délais sont impossibles à tenir, et que la rentabilité de ses champs a été amoindrie. Petit à petit, le village est vendu en morceaux à la Corporation républicaine du grain. Evidemment, cela ne facilite pas l’aménité des autochtones à l’égard de la Patrouille. Certains paysans ont trouvé un palliatif : domestiquer une bulette pour labourer les champs. Un champignon particulier semble la rendre docile, et un coup de flute lui indique la route. Mais si cette bulette habituée aux humains facilite les labours, elle abime en même temps la terre en profondeur. Sans rotation des cultures, ces champs deviennent arides, tant la bonne terre est emportée vers le fleuve par les pluies. Et même s’il ne peut s’empêcher d’être sceptique, le maître de la bulette est intéressé par les promesses du patricien Danil. Il imagine un espoir pour ses enfants, tout en sachant bien qu’il sera très lointain, et en les soupçonnant de mentir éhontément.
Sur ces entrefaites, et après un bref passage à Ascanor, la petite troupe est parvenue au terme de son voyage, et au début de leur mission : la Tour Byal, le fortin local de la Patrouille.
Odranti
http://jakemurray.deviantart.com/art/Ma ... -341506806
De la partie, peu de cartes jouées encore, le temps de se roder. Seule celle de Razvan, particulièrement malchanceux pendant un cycle, aura un impact. Stelian était incapable de participer à la scène sociale du banquet, aussi. Pas encore d'exploration.
- Danil Virka, patricien, (ie noble) marchand, et plus tard façonnier
- Philibert Montronçois, troubadour et assassin, un peu voleur
- Stelian Lubova, assassin, voleuse, et mentaliste (elle entend des voix)
- Razvan, sorcier, très vaguement alchimiste et guerrier juste pour une armure
- Lubjana, prêtresse de Prayos, guerrière, et cavalière juste pour la monture
Ivan, le premier mercenaire de Danil, est parfois joué, comme un guerrier stratège.
4 Fuyante de Veille, An 22 après le départ des Automates
L’expédition s’annonçait bien : deux patriciens pour mener la troupe de patrouilleurs, Danil Virka, marchand reconnu et habile diplomate, accompagné de son rude reitre Ivan, et Arthemius Avenicci, un jeune ambitieux dont la taille des dents n’égalait que le mépris. Deux patriciens, cela voulait dire de gros sous, du répondant au niveau statistique, et des facilités bureaucratiques pour quitter la République de cinabre. Sous l’égide de l’Eglise, le régulateur Gregor, austère et raide comme la Loi incarnée par son culte, amenait le médecin Sylviu, un compère naïf et bavard, tandis que la Patrouille de Cinabre avait fait engager le troubadour Philibert Montronçois, charmeur à l’accent de la République d’émeraude, et la jeune Stelian Lubava, aux activités illégales mises de côté pour la Patrouille. Ces expéditions hors-les-murs, dictées par le Sénat, sont mises en œuvre après une longue période pendant laquelle la Patrouille s’est reposée sur l’efficacité des Automates. Aussi, lancées dans la précipitation, elles envoient un peu n’importe qui, entrainé sur le tas, vers l’inconnu. C’est une sortie discrète et expéditive pour beaucoup de malfaiteurs et d’hérétiques suspectés, et l’on sait à quel point les Républiques engendrent de criminels, tellement leurs codex sont épais. Entre roder sous terre, et l’armée au grand air, certains ont choisi le second, peut-être un peu vite.
Le voyage en frégate cinabrine a été aussi bref que déplaisant, avant de débarquer à Lepidstadt, ancienne capitale de l’Ustalav. Une fois parvenue au bastion ustalavien de la Patrouille, l’expédition a pu rencontrer le façonnier Sventok, fruste et timide, ainsi que le soldat Razvan, surnommé le Poissard, milicien arrondissant ses fins de mois avec des potions de soin, engagés sur place. L’Ustalav a été pendant les trois siècles de l’occupation automate une province frontalière de la République de Cinabre. Comme toutes les Républiques, celle de Cinabre a respecté pendant l’occupation automate divers codes de lois, sensés plaire aux envoyés de Mecanicus. Pourtant, rien de tel n’était signifié dans le pacte avec les Automates : « Nul non-humain, ni dieu offensant, ni sorcier, ni monstre ne pourra porter atteinte à la race humaine, boutés de la surface d’Archéon. En échange, les humains adoreront les 3 dieux de la Loi, la Balance qui nivèle, le Triangle qui structure, et le Bouclier qui pacifie. » Mais les réfugiés, protégés par les automates pendant le grand nettoyage d’Archéon, se sont rassemblés dans les Républiques, et ont joué à imiter ces envoyés d’outreplan, en respectant des lois, jusqu’à la nausée. C’est pourquoi les provinces limitrophes se sont peuplées pendant ces 3 siècles d’irréguliers, hors la loi, et hors les murs. Comme les autres, l’Ustalav a donc servi d’exutoire à la République de cinabre, accueillant tous ces trafics. Jusqu’à ce que les Automates retournent dans leur plan, et que les Républiques s’inquiètent de tous les territoires pacifiés et segmentés par des murs de force. En effet, les Automates, pour débarrasser Archéon de tout ce qui pourrait inquiéter les humains, ont patiemment découpé sa surface en hexagones, délimités par des champs de force hauts de 250m de haut. Mais le pacte n’impliquait que la surface d’Archéon. Au-dessus et au-dessous, ce n’était pas leur problème. Au fil du temps, les Automates ont confié les codes de ces hexagones aux humains, qui ont pu franchir ces murs ou les abattre à leur gré. Ainsi, l’Ustalav est à peu près libre de circulation, mais même dans le cas contraire, les autochtones se sont empressés de creuser dessous des voies de commerce.
Lorsque les Automates sont partis, les républicains ont senti comme un poids soulager leurs épaules : pendant une dizaine d’années, les sénats républicains ont fermé les yeux sur certaines choses. Et puis des nouvelles inquiétantes ont commencé à circuler. Les machines automates cessent de fonctionner les unes après les autres. Les monstres reviennent à la surface après 3 siècles d’exil. Et les zones situées hors-les-murs sont conquises par chaque république avant que les autres ne le fassent. En conséquence, l’Ustalav a été amené de façon de plus en plus pressante et de moins en moins diplomatique à adopter les mêmes lois que la République de cinabre, et sa noblesse a noué des liens express avec les patriciens cinabrins, afin de sauvegarder l’avenir de leurs enfants. Les comtes qui ont favorisé l’annexion ont conservé leurs terres, mais perdu le droit d’administrer leurs fiefs. Les autres ont tout perdu. Quant aux roturiers qui ont trafiqué pendant 3 siècles, de drogue, d’esclaves, ou d’objets magiques, ils n’ont pas eu le choix : la corde ou la pauvreté. C’est pourquoi la Légion cinabrine est parfois vue comme une occupation en Ustalav, et la Patrouille comme d’aimables militaires démunis et avec l’interdiction de tirer.
Le commandant Basil Odranti, enrobé et mielleux avec les patriciens, mais sévère avec ses hommes, s’est montré poli, mais a glissé dans la conversation autant de pièges que possible. Les termes « fief », « sujets » et « autonomie » sont revenus, avec un panégyrique de la noblesse locale. La discussion a repris au cours d’un banquet modeste préparé en l’honneur des nouveaux venus. Mais les provocations n’ont pas cessé. Blagues sur la rusticité et la stupidité des ustalaviens d’un côté, critiques à peine voilées du Sénat ou de l’Eglise de l’autre… Il n’en a pas fallu beaucoup plus au patricien Avenicci et au père Gregor pour réclamer réparation des affronts. Le marchand, Danil, s’est interposé, calmant les ardeurs du jeune Avenicci. Du reste des invités, pas vraiment de parti pris. Stelian est restée muette et absorbée par le repas, tandis que Philibert tentait d’égayer l’assistance de sa musique, avec peu de succès. C’est après le repas, aussi discrètement que possible, que Razvan est allé voir son supérieur, pour parler politique. Le commandant Odranti est resté évasif, se présentant comme un bon républicain, mais a souligné l’importance d’un gouvernement fort, impossible à cause de l’éloignement avec la république. Razvan y est allé franchement, et a renchéri avec l’idée de revenir à l’indépendance. Odranti s’est bien gardé de le détromper, et lui a remis une broche toute simple, mais reflétant bien la lumière.
Au vu des relations entre l’expédition et le commandant, il a été décidé de reprendre la route immédiatement, le long de la Ruveine. Quatre jours plus tard, donc le 2 de Renaissance de l’an 23, sur un coude de la route, entre une haie de peupliers et une rangée d’ormes cachant les roseaux de la Ruveine, s’étendait un corps immobile. Méfiant, Danil a arrêté Avenicci qui s’élançait pour aider l’infortuné gémissant. Bien lui en a pris, puisqu’un groupe de bandits a surgi des roseaux, tandis que des archers ont commencé à tirer. Ivan s’est interposé pour protéger Danil, ce qui ne l’a pas empêché d’être blessé, pendant que les archers visaient expressément le prêtre et l’autre patricien. Dans la mêlée, le musicien Montronçois a pris le mors aux dents de son cheval, et s’est élancé en piétinant joyeusement aussi bien les porteurs d’Avenicci que les bandits armés de glaive. Pendant ce temps, Stelian a fait le tour dans les fourrés, et jeté une dague mortelle sur un des archers. Razvan a subi quelques coups, avant que les maraudeurs ne s’avisent de la broche affichée aux fontes de sa monture. Ayant bien saisi la raison de leur venue, Razvan s’est alors mis à slalomer entre les corps, poussant négligemment ses adversaires pour les écarter. Le médecin, Sylviu, s’est précipité au chevet du patricien Avenicci, qui a été mis à mort par le cheval de Montronçois, et pris lui aussi un méchant coup de la part d’un brigand, le mettant à terre. L’autre patricien, Danil, a simplement jeté un regard méprisant aux mercenaires, et ceux-ci ayant accompli leur triste besogne, s’en sont allés vivement. Deux des spadassins d’Avenicci ayant eux aussi trouvé la mort, il n’en restait plus qu’un, et le reste de ses porteurs, pour ramener les corps et les blessés à Lepidstadt. Absolument pas contrit mais bon comédien, le reste du groupe, Danil, son reitre Ivan, Stelian, Razvan, Philibert et l’artisan Sventok, a repris sa route.
Le réveillon qui aurait pu être une grande fête s’est déroulé dans une gargote du village suivant, Spelniony, aussi pauvre que désert. C’est là que les rescapés de l’expédition ont mis cartes sur table. Razvan leur a révélé l’implication du commandant Odranti derrière l’attaque, et malgré son dépit, le patricien Danil a eu du mal à critiquer l’envie d’un territoire indépendant, mais tous l’ont entendu comme autonome non seulement de la République, mais aussi de l’Ustalav. Au cours de la discussion à bâtons rompus, diverses révélations ont fait jour, aussi inattendues qu’expliquant certaines choses. Montronçois et Stelian se sont mutuellement reconnus comme étant des assassins concurrents, ayant exercé à Rumenica, la capitale de la République de Cinabre, sous les pseudonymes de Bludbad pour l’une, et de l’Artiste pour l’autre. Quant à Razvan, il a expliqué pourquoi on le connaissait sous le surnom du Poissard : il semble avoir été maudit dès la naissance, et dispose de pouvoirs magiques. Malheureusement, il ne contrôle absolument pas sa sorcellerie, et tout en échappant aux accusations, il est arrivé que certains subissent des contrecoups magiques aussi incongrus que mortels. Aucun de ses compagnons n’a réellement cru à ces prétendus pouvoirs, à part Stelian, qui a expliqué qu’elle était dotée de facultés mentales. Ivan a répliqué que lui aussi était très intelligent.
Au départ de Spelniony, l’équipe a compris pourquoi le village était si pauvre. Son maire a accepté de produire une telle quantité de grains, que les délais sont impossibles à tenir, et que la rentabilité de ses champs a été amoindrie. Petit à petit, le village est vendu en morceaux à la Corporation républicaine du grain. Evidemment, cela ne facilite pas l’aménité des autochtones à l’égard de la Patrouille. Certains paysans ont trouvé un palliatif : domestiquer une bulette pour labourer les champs. Un champignon particulier semble la rendre docile, et un coup de flute lui indique la route. Mais si cette bulette habituée aux humains facilite les labours, elle abime en même temps la terre en profondeur. Sans rotation des cultures, ces champs deviennent arides, tant la bonne terre est emportée vers le fleuve par les pluies. Et même s’il ne peut s’empêcher d’être sceptique, le maître de la bulette est intéressé par les promesses du patricien Danil. Il imagine un espoir pour ses enfants, tout en sachant bien qu’il sera très lointain, et en les soupçonnant de mentir éhontément.
Sur ces entrefaites, et après un bref passage à Ascanor, la petite troupe est parvenue au terme de son voyage, et au début de leur mission : la Tour Byal, le fortin local de la Patrouille.
Odranti
http://jakemurray.deviantart.com/art/Ma ... -341506806
De la partie, peu de cartes jouées encore, le temps de se roder. Seule celle de Razvan, particulièrement malchanceux pendant un cycle, aura un impact. Stelian était incapable de participer à la scène sociale du banquet, aussi. Pas encore d'exploration.