[Facettes] La femme à tête de chat & autres histoires
Publié : mer. avr. 12, 2017 7:51 am
Ce week-end, j'ai enfin pu tester mon système Facettes, avec un scénario fantastique années 1920, plus Adèle Blanc-Sec que Cthulhu.
Le principe du système : Au lieu de suivre les mêmes PJ tout au long d'un scénario, les joueurs incarnent des personnages qui peuvent changer à chaque scène. L'histoire se constitue à partir d'événements distincts mais qui s'entremêlent, en adoptant les points de vue des différents acteurs.
Un système d'Aspects permet de mettre en avant certains personnages au fil de la partie, pour qu'ils deviennent les héros de l'histoire.
La partie a commencé avec quatre joueurs, et deux autres nous ont rejoint à partir de la scène 3.
Ce scénario est directement inspiré par la chanson Une autre femme, de Thomas Fersen.
scène 1 : Drame à la Porte St-Ouen
Lieu : une rue populaire du 17e arrondissement.
Personnages : un chauffeur de taxi, un vendeur à la sauvette, une boulangère et M. Victor, clochard.
Les personnages entendent des cris et des miaulements provenant d'une cage d'escalier. Lorsqu'ils entrent pour savoir ce qui se passe, ils sont accueillis par une meute de chats de gouttière qui les empêchent de monter, griffant tous ceux qui tentent de forcer le passage.
A l'extérieur, le chauffeur voit une femme, à une fenêtre du dernier étage de l'immeuble, en train de crier : "Au secours ! La femme à tête de chat, elle veut me tuer !" Quelques instants plus tard, la malheureuse fait une chute mortelle sur le toit du taxi.
Scène 2 : La pyramide du parc Monceau
Lieu : Parc Monceau, 17e arrondissement.
Personnages : Jules Martin, policier. François de Valjean, homme d'affaire. Blandine, journaliste spécialisée dans les affaires mystérieuses, un gardien du parc.
La police vient d'être appelée, après la mort d'un homme dans le parc Monceau. Une journaliste est déjà sur les lieux tandis que l'inspecteur Martin interroge un gardien, qui a assisté au drame.
L'homme, un bourgeois bien habillé, s'est mis à escalader la pyramide du parc. Une meute de chats cernait l'édifice en poussant des miaulements rauques. Lorsque le gardien a sommé l'homme de descendre, celui-ci s'est écrié qu'une femme à tête de chat voulait le tuer, tout en pointant le doigt vers un espace vide à ses pieds. Il a continué son ascension, avant de pousser un cri de stupeur en levant la tête vers le sommet, et de lâcher prise. en tombant, il s'est brisé la nuque sur le linteau, ce qui a provoqué sa mort presque instantanée.
La mention de la meute de félins et de la "femme à tête de chat" rappelle au policier une affaire survenue il y a une dizaine de jours, vers la Porte de Saint-Ouen.
Pendant cette conversation, monsieur François de Valjean arrive sur les lieux. Il reconnaît la victime : c'est son beau-frère, Victor Chavignac, un homme d'affaire vivant boulevard Malsherbes.
Scène 3 : Spiritisme
Lieu : Un salon parisien
Personnages : Madame Feyrindra, médium. Le professeur Modèle, scientifique sceptique. Un horloger, un banquier, un notaire, une dame de la haute société, tous adeptes de spiritisme.
Le groupe est assis autour d'une table de ouija, les mains jointes. Madame Feyrindra unifie les fluides pour tenter de communiquer avec un esprit.
Bientôt, une présence se manifeste de l'Au-Delà. Elle se met à répondre aux questions en faisant se déplacer un cristal sur le plateau.
Quel est ton nom ? L non HALMOUTSET
As-tu vécu pendant l'Antiquité ? Oui.
Es-tu originaire d'Egypte ? Oui.
Que veux-tu ? ME VENGER.
Te venger de qui ? MA CHUTE.
C'est alors que le lustre au-dessus de la table se met à tinter. Les meubles sont pris de tremblements. L'horloger se lève, pris de panique, et quitte la salle. Un courant d'air s'engouffre alors dans la pièce, faisant voler les rideaux et s'ouvrir une fenêtre. Sur l'appui extérieur, un gros chat gris lance un miaulement glaçant aux personnages, avant de s'enfuir sur les toits.
Scène 4 : Quai des Orfèvres
Lieu : Le commissariat central de la police judiciaire.
Personnages : L'inspecteur Jules Martin. Christian Plussant, procureur. Umberto Pasqualini, juge d'instruction. Henri Branc, jeune policier stagiaire. Le Dr Félix Bonpoil, vétérinaire appelé comme expert. François de Valjean.
Le procureur Plussant et le juge d'instruction Pasqualini ont convoqué une réunion dont le sujet est la mort de l'homme d'affaires Victor Chavignac, survenue la veille au parc Monceau. Chavignac était le gendre d'un député important. Le fils de ce dernier, François de Valjean, est d'ailleurs là en tant que témoin, et il insiste pour que toute la lumière soit faite sur la mort de son beau-frère.
L'inspecteur Martin indique que cette affaire n'est pas sans rappeler la mort d'Emeline Ganibet, femme au foyer, dans le quartier de la Porte de Saint-Ouen. Il semblerait que deux autres cas récents - la mort d'un verrier tombé d'une fenêtre dans le 18e arrondissement, et celle d'un ouvrier tombé du toit de la gare Saint-Lazare - présentent des similitudes avec ces deux drames. L'inspecteur propose de se pencher, avec son jeune stagiaire, sur ces dossiers et sur le passé des victimes, pour tenter de voir ce qu'elle ont en commun.
De son côté, le docteur Bonpoil se lance dans des théories fumeuses qui ne convainquent personne.
Scène 5 : Discussions universitaires
Lieu : La cour de la Sorbonne.
Personnages : Le professeur Modèle. Le docteur Bonpoil. Le professeur Helmut Stein, historien. Un professeur de psychologie et deux étudiants.
Retrouvant son ami le professeur Modèle devant la Sorbonne, le docteur Félix Bonpoil raconte comment il a été convoqué par la police dans une cocasse affaire de morts mystérieuses, mettant en cause des chats enragés, et une "femme à tête de chat".
De son côté, le professeur raconte la troublante séance de spiritisme à laquelle il a participé, et pour laquelle il n'a pas pu révéler de supercherie. Lorsqu'il cite le nom d'Halmoutset, l'un des étudiants qui écoutent la conversation indique qu'il a lu ce nom-là dans un livre d'Histoire égyptienne. Les deux amis, ainsi que le professeur d'Histoire Helmut Stein, intéressé par le sujet, accompagnent le jeune homme jusqu'à la bibliothèque, pour retrouver la référence qu'il a citée.
Ils apprennent qu'Halmoutset était une prêtresse de la déesse Bastet, représentée sous la forme d'une femme-chat. Halmoutset était très respectée, et on la disait dotée d'un grand pouvoir. Mais son tombeau n'a pas été retrouvé à ce jour.
Scène 6 : Le clochard du Sacré-Cœur
Lieu : le parvis du Sacré-Cœur, juste avant la messe dominicale.
Personnages : M. Victor, clochard. Le procureur Plussant. La dame distinguée, le banquier et l'horloger de la séance de spiritisme. Darius Jolibois, séminariste et apprenti exorciste.
Ce dimanche matin, le funiculaire du Sacré-Cœur conduit les catholiques de la bonne société jusqu'au parvis de la basilique. Ils y sont attendu par M. Victor, qui vient mendier quelques pièces.
C'est alors qu'on entend des miaulements. Plusieurs chats de gouttières convergent sur la place, s'approchant du funiculaire sans crainte des passants. Il semble que leurs regards menaçants se dirigent vers M. Victor. Ce dernier voit soudain la silhouette d'une femme venir vers lui à travers la foule. Elle est vêtu de bandelettes sales, et sa tête est celle d'un énorme chat noir.
Pris de panique, le clochard se retranche dans l'une des cabines du funiculaire dont il ferme la porte, se retrouvant seul avec le conducteur et M. Samblin, l'horloger. Il donne l'ordre au préposé de faire redescendre le véhicule, et le pauvre homme n'ose pas s'opposer à son ton autoritaire.
Pendant ce temps, le séminariste Jolibois a sorti son crucifix, et lance une prière pour repousser les forces maléfiques qui semblent à l’œuvre. De son côté, le procureur Plussant, à qui cet événement a mis la puce à l'oreille, entreprend de descendre l'escalier quatre à quatre pour rattraper la cabine du funiculaire. Les chats, quant à eux, se dispersent sans tarder.
Pendant le trajet, M. Victor se confie au brave horloger terrifié, dans un monologue enflammé. Il lui parle de son passé d'ancien de la coloniale, et de la femme a tête de chat qui l'a menacé. Arrivé à destination, le clochard s'en va en direction du métro le plus proche. Mais il est rattrapé par le procureur. Ce dernier lui demande de raconter ce qu'il a vu. Puis il lui donne cent francs, et le laisse repartir.
Scène 7 : retour au quai des Orfèvres
Lieu : Le commissariat central de la police judiciaire.
Personnages : L'inspecteur Martin, le procureur Plussant, le juge Pasqualini, le stagiaire Branc, le Dr Bonpoil, François de Valjean.
Les enquêteurs refont le point sur l'affaire. Les recherches de l'inspecteur Martin et de son stagiaire ont révélé que les différentes victimes ont vécu dans le 18e arrondissement (y compris Victor Chavignac, qui est issu d'un milieu populaire). Il s'avère qu'au moins d'entre elles ont vécu à la même adresse, 21 rue Lepic. Les personnages se promettent d'aller y faire un tour le lendemain.
Le Dr Bonpoil explique ce que son ami, le professeur Modèle, lui a dit sur la séance de spiritisme à laquelle il a participé. Suspectant qu'il s'agit d'une supercherie qui pourrait être en rapport avec leur enquête, les policiers décident d'aller rendre visite à Mme Feyrindra, la médium.
Scène 8 : Spiritisme 2
Lieu : Chez Mme Feyrindra
Personnages : Mme Feyrindra. Professeur Stein. Alphonse Nielun, notaire. Le juge Pasqualini. L'inspecteur Martin et son stagiaire.
Mme Feyrindra, qui discute avec son ami le notaire Nielun, reçoit la visite du professeur Stein. L'historien, intrigué par le récit du professeur Modèle, vient lui poser des questions sur l'esprit d'Halmoutset. Mais ils sont interrompus par le juge Pasqualini et les deux policiers, qui viennent interroger la médium. Face à leur scepticisme, celle-ci leur propose de faire une nouvelle séance de spiritisme. Seul l'inspecteur Martin refuse.
Au cours de la séance, les personnages arrivent difficilement à entrer en contact avec Halmoutset. La prêtresse confirme qu'elle veut se venger de son assassin, mais elle n'est pas claire sur son identité, ni sur le fait qu'il soit vivant ou mort.
Scène 9 : 21 rue Lepic
Lieu : un immeuble de la rue Lepic (18e).
Personnages : L'inspecteur Martin, le procureur Plussant, le juge Pasqualini, le stagiaire Branc, le Dr Bonpoil, le séminariste Jolibois.
Le lendemain matin, les enquêteurs se rendent au 21 rue Lepic, dont ils interrogent les habitants. Ils apprennent qu'un certain Jacques Boulieu est mort en tombant dans l'escalier, il y a presque un mois. L'accident a été attribué à son penchant pour la boisson.
Un couple âgé de l'immeuble leur indique aussi qu'il y a trente ans environ, la concierge de l'immeuble, Lucienne Ratigneux, est morte en tombant dans le même escalier. Elle avait été victime d'une mauvaise farce dont on n'a jamais connu l'auteur : l'une des marches de l'escalier avait été enduite de savon noir.
Madame Lucienne était une femme revêche, que la plupart des voisins détestaient. Il y avait parmi eux toutes les victimes des étranges accidents de ces derniers jours, ainsi que M. Victor, le clochard. La concierge n'avait pas de famille, à part ses nombreux chats, et personne ne l'a accompagnée au cimetière de Montmartre, le jour de son enterrement.
Scène 10 : Un fossoyeur peu scrupuleux
Lieu : le cimetière de Montmartre.
Personnages : L'inspecteur Martin, le procureur Plussant, le juge Pasqualini, le stagiaire Branc, le Dr Bonpoil, le séminariste Jolibois.
Au cimetière, les enquêteurs demandent l'emplacement de la tombe de Mme Lucienne. Ils apprennent que celle-ci a été enlevée il y a quelques mois seulement, et que le corps a subi une réduction. Mais le fossoyeur avoue qu'au cours de cette opération, il a reçu la visite d'un homme en livrée de domestique, qui voulait acheter un crâne de femme. L'ouvrier lui a vendu celui de Mme Lucienne, pensant que cela ne gênerait personne.
Il n'a aucune idée de qui pouvait être ce majordome.
Intermède
Personnages : L'inspecteur Martin, la journaliste Blandine.
L'inspecteur fait appel à Blandine, la journaliste spécialisée dans les affaires mystérieuses, pour savoir si certains, dans les milieux ésotériques, s'intéressent particulièrement à l’Égypte ancienne. Elle lui apprend que depuis quelques temps, on se presse pour aller voir la nouvelle momie du Musée du Louvre, car certains disent qu'ils l'ont vu claquer des dents et bouger la tête.
Scène 11 : La momie
Lieu : le cimetière de Montmartre.
Personnages : L'inspecteur Martin, le procureur Plussant, le juge Pasqualini, le stagiaire Branc, le séminariste Jolibois. Henri Chauville, conservateur du musée.
Les enquêteurs se rendent au Louvre, et demandent à voir la nouvelle momie exposée au musée. Le conservateur leur présente le corps, celui d'une princesse ou d'une prêtresse inconnue de la XIXe dynastie, offerte par un homme d'affaire philanthrope, Ernest Lantegnac. Elle porte autour du cou un pendentif représentant un chat.
En examinant plus attentivement le crâne de la momie, l'inspecteur Martin remarque ce qui semble bien être un plombage à une de ses dents, détail bien anachronique pour une Égyptienne vieille de plusieurs milliers d'années !
Le conservateur est très gêné par cette découverte. D'autant qu'il n'a pas procédé lui-même à l'authentification de la momie, réalisée par un expert indépendant payé par M. Lantegnac.
Le juge Pasqualini se souvient d'avoir entendu parler de ce M. Lantegnac : il devrait très prochainement recevoir l'insigne de la Légion-d'Honneur pour ses dons faits au Musée du Louvre.
Scène 12 : Le faussaire
Lieu : Propriété de M. Lantegnac
Personnages : L'inspecteur Martin, le procureur Plussant, le juge Pasqualini, le stagiaire Branc, le séminariste Jolibois, le conservateur du Louvre.
Les enquêteurs sont accueillis par Ernest Lantegnac, qui leur parle avec fierté de "sa" momie. Lorsqu'on émet l'hypothèse qu'elle ne soit pas parfaitement authentique, il nie être au courant. Mais l'inspecteur Martin prend à part le majordome de l'homme d'affaire, qui avoue que le crâne qu'il a acheté au cimetière Montmartre était destiné à compléter une momie décapitée que son employeur avait acheté en Égypte.
Face aux accusations de contrefaçon, M. Lantegnac demande à voir son avocat.
Épilogue
Une fois que la momie est retirée de sa vitrine et examinée, la preuve est bien faite que son crâne est beaucoup plus récent que le reste du corps. Une fois qu'il en est retiré, l'esprit vengeur de Mme Lucienne est privé du pouvoir de la prêtresse Halmoutset, ce qui met fin à la malédiction.
Ernest Lantegnac est inculpé, et il est retiré de la liste des prochains chevaliers de la Légion-d'Honneur.
Le principe du système : Au lieu de suivre les mêmes PJ tout au long d'un scénario, les joueurs incarnent des personnages qui peuvent changer à chaque scène. L'histoire se constitue à partir d'événements distincts mais qui s'entremêlent, en adoptant les points de vue des différents acteurs.
Un système d'Aspects permet de mettre en avant certains personnages au fil de la partie, pour qu'ils deviennent les héros de l'histoire.
La partie a commencé avec quatre joueurs, et deux autres nous ont rejoint à partir de la scène 3.
Ce scénario est directement inspiré par la chanson Une autre femme, de Thomas Fersen.
scène 1 : Drame à la Porte St-Ouen
Lieu : une rue populaire du 17e arrondissement.
Personnages : un chauffeur de taxi, un vendeur à la sauvette, une boulangère et M. Victor, clochard.
Les personnages entendent des cris et des miaulements provenant d'une cage d'escalier. Lorsqu'ils entrent pour savoir ce qui se passe, ils sont accueillis par une meute de chats de gouttière qui les empêchent de monter, griffant tous ceux qui tentent de forcer le passage.
A l'extérieur, le chauffeur voit une femme, à une fenêtre du dernier étage de l'immeuble, en train de crier : "Au secours ! La femme à tête de chat, elle veut me tuer !" Quelques instants plus tard, la malheureuse fait une chute mortelle sur le toit du taxi.
Scène 2 : La pyramide du parc Monceau
Lieu : Parc Monceau, 17e arrondissement.
Personnages : Jules Martin, policier. François de Valjean, homme d'affaire. Blandine, journaliste spécialisée dans les affaires mystérieuses, un gardien du parc.
La police vient d'être appelée, après la mort d'un homme dans le parc Monceau. Une journaliste est déjà sur les lieux tandis que l'inspecteur Martin interroge un gardien, qui a assisté au drame.
L'homme, un bourgeois bien habillé, s'est mis à escalader la pyramide du parc. Une meute de chats cernait l'édifice en poussant des miaulements rauques. Lorsque le gardien a sommé l'homme de descendre, celui-ci s'est écrié qu'une femme à tête de chat voulait le tuer, tout en pointant le doigt vers un espace vide à ses pieds. Il a continué son ascension, avant de pousser un cri de stupeur en levant la tête vers le sommet, et de lâcher prise. en tombant, il s'est brisé la nuque sur le linteau, ce qui a provoqué sa mort presque instantanée.
La mention de la meute de félins et de la "femme à tête de chat" rappelle au policier une affaire survenue il y a une dizaine de jours, vers la Porte de Saint-Ouen.
Pendant cette conversation, monsieur François de Valjean arrive sur les lieux. Il reconnaît la victime : c'est son beau-frère, Victor Chavignac, un homme d'affaire vivant boulevard Malsherbes.
Scène 3 : Spiritisme
Lieu : Un salon parisien
Personnages : Madame Feyrindra, médium. Le professeur Modèle, scientifique sceptique. Un horloger, un banquier, un notaire, une dame de la haute société, tous adeptes de spiritisme.
Le groupe est assis autour d'une table de ouija, les mains jointes. Madame Feyrindra unifie les fluides pour tenter de communiquer avec un esprit.
Bientôt, une présence se manifeste de l'Au-Delà. Elle se met à répondre aux questions en faisant se déplacer un cristal sur le plateau.
Quel est ton nom ? L non HALMOUTSET
As-tu vécu pendant l'Antiquité ? Oui.
Es-tu originaire d'Egypte ? Oui.
Que veux-tu ? ME VENGER.
Te venger de qui ? MA CHUTE.
C'est alors que le lustre au-dessus de la table se met à tinter. Les meubles sont pris de tremblements. L'horloger se lève, pris de panique, et quitte la salle. Un courant d'air s'engouffre alors dans la pièce, faisant voler les rideaux et s'ouvrir une fenêtre. Sur l'appui extérieur, un gros chat gris lance un miaulement glaçant aux personnages, avant de s'enfuir sur les toits.
Scène 4 : Quai des Orfèvres
Lieu : Le commissariat central de la police judiciaire.
Personnages : L'inspecteur Jules Martin. Christian Plussant, procureur. Umberto Pasqualini, juge d'instruction. Henri Branc, jeune policier stagiaire. Le Dr Félix Bonpoil, vétérinaire appelé comme expert. François de Valjean.
Le procureur Plussant et le juge d'instruction Pasqualini ont convoqué une réunion dont le sujet est la mort de l'homme d'affaires Victor Chavignac, survenue la veille au parc Monceau. Chavignac était le gendre d'un député important. Le fils de ce dernier, François de Valjean, est d'ailleurs là en tant que témoin, et il insiste pour que toute la lumière soit faite sur la mort de son beau-frère.
L'inspecteur Martin indique que cette affaire n'est pas sans rappeler la mort d'Emeline Ganibet, femme au foyer, dans le quartier de la Porte de Saint-Ouen. Il semblerait que deux autres cas récents - la mort d'un verrier tombé d'une fenêtre dans le 18e arrondissement, et celle d'un ouvrier tombé du toit de la gare Saint-Lazare - présentent des similitudes avec ces deux drames. L'inspecteur propose de se pencher, avec son jeune stagiaire, sur ces dossiers et sur le passé des victimes, pour tenter de voir ce qu'elle ont en commun.
De son côté, le docteur Bonpoil se lance dans des théories fumeuses qui ne convainquent personne.
Scène 5 : Discussions universitaires
Lieu : La cour de la Sorbonne.
Personnages : Le professeur Modèle. Le docteur Bonpoil. Le professeur Helmut Stein, historien. Un professeur de psychologie et deux étudiants.
Retrouvant son ami le professeur Modèle devant la Sorbonne, le docteur Félix Bonpoil raconte comment il a été convoqué par la police dans une cocasse affaire de morts mystérieuses, mettant en cause des chats enragés, et une "femme à tête de chat".
De son côté, le professeur raconte la troublante séance de spiritisme à laquelle il a participé, et pour laquelle il n'a pas pu révéler de supercherie. Lorsqu'il cite le nom d'Halmoutset, l'un des étudiants qui écoutent la conversation indique qu'il a lu ce nom-là dans un livre d'Histoire égyptienne. Les deux amis, ainsi que le professeur d'Histoire Helmut Stein, intéressé par le sujet, accompagnent le jeune homme jusqu'à la bibliothèque, pour retrouver la référence qu'il a citée.
Ils apprennent qu'Halmoutset était une prêtresse de la déesse Bastet, représentée sous la forme d'une femme-chat. Halmoutset était très respectée, et on la disait dotée d'un grand pouvoir. Mais son tombeau n'a pas été retrouvé à ce jour.
Scène 6 : Le clochard du Sacré-Cœur
Lieu : le parvis du Sacré-Cœur, juste avant la messe dominicale.
Personnages : M. Victor, clochard. Le procureur Plussant. La dame distinguée, le banquier et l'horloger de la séance de spiritisme. Darius Jolibois, séminariste et apprenti exorciste.
Ce dimanche matin, le funiculaire du Sacré-Cœur conduit les catholiques de la bonne société jusqu'au parvis de la basilique. Ils y sont attendu par M. Victor, qui vient mendier quelques pièces.
C'est alors qu'on entend des miaulements. Plusieurs chats de gouttières convergent sur la place, s'approchant du funiculaire sans crainte des passants. Il semble que leurs regards menaçants se dirigent vers M. Victor. Ce dernier voit soudain la silhouette d'une femme venir vers lui à travers la foule. Elle est vêtu de bandelettes sales, et sa tête est celle d'un énorme chat noir.
Pris de panique, le clochard se retranche dans l'une des cabines du funiculaire dont il ferme la porte, se retrouvant seul avec le conducteur et M. Samblin, l'horloger. Il donne l'ordre au préposé de faire redescendre le véhicule, et le pauvre homme n'ose pas s'opposer à son ton autoritaire.
Pendant ce temps, le séminariste Jolibois a sorti son crucifix, et lance une prière pour repousser les forces maléfiques qui semblent à l’œuvre. De son côté, le procureur Plussant, à qui cet événement a mis la puce à l'oreille, entreprend de descendre l'escalier quatre à quatre pour rattraper la cabine du funiculaire. Les chats, quant à eux, se dispersent sans tarder.
Pendant le trajet, M. Victor se confie au brave horloger terrifié, dans un monologue enflammé. Il lui parle de son passé d'ancien de la coloniale, et de la femme a tête de chat qui l'a menacé. Arrivé à destination, le clochard s'en va en direction du métro le plus proche. Mais il est rattrapé par le procureur. Ce dernier lui demande de raconter ce qu'il a vu. Puis il lui donne cent francs, et le laisse repartir.
Scène 7 : retour au quai des Orfèvres
Lieu : Le commissariat central de la police judiciaire.
Personnages : L'inspecteur Martin, le procureur Plussant, le juge Pasqualini, le stagiaire Branc, le Dr Bonpoil, François de Valjean.
Les enquêteurs refont le point sur l'affaire. Les recherches de l'inspecteur Martin et de son stagiaire ont révélé que les différentes victimes ont vécu dans le 18e arrondissement (y compris Victor Chavignac, qui est issu d'un milieu populaire). Il s'avère qu'au moins d'entre elles ont vécu à la même adresse, 21 rue Lepic. Les personnages se promettent d'aller y faire un tour le lendemain.
Le Dr Bonpoil explique ce que son ami, le professeur Modèle, lui a dit sur la séance de spiritisme à laquelle il a participé. Suspectant qu'il s'agit d'une supercherie qui pourrait être en rapport avec leur enquête, les policiers décident d'aller rendre visite à Mme Feyrindra, la médium.
Scène 8 : Spiritisme 2
Lieu : Chez Mme Feyrindra
Personnages : Mme Feyrindra. Professeur Stein. Alphonse Nielun, notaire. Le juge Pasqualini. L'inspecteur Martin et son stagiaire.
Mme Feyrindra, qui discute avec son ami le notaire Nielun, reçoit la visite du professeur Stein. L'historien, intrigué par le récit du professeur Modèle, vient lui poser des questions sur l'esprit d'Halmoutset. Mais ils sont interrompus par le juge Pasqualini et les deux policiers, qui viennent interroger la médium. Face à leur scepticisme, celle-ci leur propose de faire une nouvelle séance de spiritisme. Seul l'inspecteur Martin refuse.
Au cours de la séance, les personnages arrivent difficilement à entrer en contact avec Halmoutset. La prêtresse confirme qu'elle veut se venger de son assassin, mais elle n'est pas claire sur son identité, ni sur le fait qu'il soit vivant ou mort.
Scène 9 : 21 rue Lepic
Lieu : un immeuble de la rue Lepic (18e).
Personnages : L'inspecteur Martin, le procureur Plussant, le juge Pasqualini, le stagiaire Branc, le Dr Bonpoil, le séminariste Jolibois.
Le lendemain matin, les enquêteurs se rendent au 21 rue Lepic, dont ils interrogent les habitants. Ils apprennent qu'un certain Jacques Boulieu est mort en tombant dans l'escalier, il y a presque un mois. L'accident a été attribué à son penchant pour la boisson.
Un couple âgé de l'immeuble leur indique aussi qu'il y a trente ans environ, la concierge de l'immeuble, Lucienne Ratigneux, est morte en tombant dans le même escalier. Elle avait été victime d'une mauvaise farce dont on n'a jamais connu l'auteur : l'une des marches de l'escalier avait été enduite de savon noir.
Madame Lucienne était une femme revêche, que la plupart des voisins détestaient. Il y avait parmi eux toutes les victimes des étranges accidents de ces derniers jours, ainsi que M. Victor, le clochard. La concierge n'avait pas de famille, à part ses nombreux chats, et personne ne l'a accompagnée au cimetière de Montmartre, le jour de son enterrement.
Scène 10 : Un fossoyeur peu scrupuleux
Lieu : le cimetière de Montmartre.
Personnages : L'inspecteur Martin, le procureur Plussant, le juge Pasqualini, le stagiaire Branc, le Dr Bonpoil, le séminariste Jolibois.
Au cimetière, les enquêteurs demandent l'emplacement de la tombe de Mme Lucienne. Ils apprennent que celle-ci a été enlevée il y a quelques mois seulement, et que le corps a subi une réduction. Mais le fossoyeur avoue qu'au cours de cette opération, il a reçu la visite d'un homme en livrée de domestique, qui voulait acheter un crâne de femme. L'ouvrier lui a vendu celui de Mme Lucienne, pensant que cela ne gênerait personne.
Il n'a aucune idée de qui pouvait être ce majordome.
Intermède
Personnages : L'inspecteur Martin, la journaliste Blandine.
L'inspecteur fait appel à Blandine, la journaliste spécialisée dans les affaires mystérieuses, pour savoir si certains, dans les milieux ésotériques, s'intéressent particulièrement à l’Égypte ancienne. Elle lui apprend que depuis quelques temps, on se presse pour aller voir la nouvelle momie du Musée du Louvre, car certains disent qu'ils l'ont vu claquer des dents et bouger la tête.
Scène 11 : La momie
Lieu : le cimetière de Montmartre.
Personnages : L'inspecteur Martin, le procureur Plussant, le juge Pasqualini, le stagiaire Branc, le séminariste Jolibois. Henri Chauville, conservateur du musée.
Les enquêteurs se rendent au Louvre, et demandent à voir la nouvelle momie exposée au musée. Le conservateur leur présente le corps, celui d'une princesse ou d'une prêtresse inconnue de la XIXe dynastie, offerte par un homme d'affaire philanthrope, Ernest Lantegnac. Elle porte autour du cou un pendentif représentant un chat.
En examinant plus attentivement le crâne de la momie, l'inspecteur Martin remarque ce qui semble bien être un plombage à une de ses dents, détail bien anachronique pour une Égyptienne vieille de plusieurs milliers d'années !
Le conservateur est très gêné par cette découverte. D'autant qu'il n'a pas procédé lui-même à l'authentification de la momie, réalisée par un expert indépendant payé par M. Lantegnac.
Le juge Pasqualini se souvient d'avoir entendu parler de ce M. Lantegnac : il devrait très prochainement recevoir l'insigne de la Légion-d'Honneur pour ses dons faits au Musée du Louvre.
Scène 12 : Le faussaire
Lieu : Propriété de M. Lantegnac
Personnages : L'inspecteur Martin, le procureur Plussant, le juge Pasqualini, le stagiaire Branc, le séminariste Jolibois, le conservateur du Louvre.
Les enquêteurs sont accueillis par Ernest Lantegnac, qui leur parle avec fierté de "sa" momie. Lorsqu'on émet l'hypothèse qu'elle ne soit pas parfaitement authentique, il nie être au courant. Mais l'inspecteur Martin prend à part le majordome de l'homme d'affaire, qui avoue que le crâne qu'il a acheté au cimetière Montmartre était destiné à compléter une momie décapitée que son employeur avait acheté en Égypte.
Face aux accusations de contrefaçon, M. Lantegnac demande à voir son avocat.
Épilogue
Une fois que la momie est retirée de sa vitrine et examinée, la preuve est bien faite que son crâne est beaucoup plus récent que le reste du corps. Une fois qu'il en est retiré, l'esprit vengeur de Mme Lucienne est privé du pouvoir de la prêtresse Halmoutset, ce qui met fin à la malédiction.
Ernest Lantegnac est inculpé, et il est retiré de la liste des prochains chevaliers de la Légion-d'Honneur.