[CR][AdC] Le Royaume des Ombres (1940)

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Zool
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[CR][AdC] Le Royaume des Ombres (1940)

Message par Zool »

A la suite de l'échange sur un autre fil de discussion concernant la campagne Le Royaume des Ombres pour l'Appel de Cthulhu :
Vociférator a écrit : ven. févr. 07, 2020 8:37 pm 1.) Quoi que c'est ?

The Realm of Shadows, la campagne en VO de Pagan Publishing qui sera traduite ensuite par Descartes (Le Royaume des Ombres).

Image

Plus sérieusement, oui achetez-la mais surtout si vous êtes curieux, plutôt que vous avez vraiment envie de la jouer. Si vous voulez quand même la jouer, la réécriture me semble trop conséquente pour que cela en vaille la peine (franchement le final, quelle déconvenue…).

A la réflexion si je voulais vraiment la garder, je réutiliserai plutôt les éléments développés pour les twister avec les deux Grand Ecran CB cités et qui ont été réédités dans le supplément Le Musée de Lhomme.
Je vais me permettre d'apporter un bémol, car effectivement, cette campagne a de nombreuses lacunes, mais elle reste l'un de mes meilleurs souvenirs en tant que Gardien des Arcanes (comme on dit), et il y a vraiment moyen d'en faire quelque chose d'intéressant ! Il y a des choses à virer (
Spoiler:
La partie dans les Contrées du Rêve qui ne sert à rien par exemple
) mais perso, j'ai adoré la faire jouer.

J'ai gardé toute ma préparation, mes aides de jeu et mon compte-rendu de campagne, si certains veulent la faire jouer.
Je vais retranscrire le CR de cette campagne, que j'ai fait joué il y a déjà plus de 15 ans, mais qui reste un de mes meilleurs souvenirs en tant que MJ.

J'avais à l'époque confié mon CR de campagne et toutes les aides de jeu développées à Vonv et au site TOC consacré à l'Appel, mais je ne sais pas si on peut encore les trouver sur le site (si quelqu'un veut la faire jouer, je peux les lui envoyer, il suffit de me MP), et j'ai pris mes distances avec ce site depuis bien longtemps.

Comme je l'ai indiqué plus haut, mes souvenirs remontent à un bout de temps et je vais donc me contenter de faire un copié-collé (en modifiant 2-3 choses) du CR d'origine et de mes conseils de préparation que j'avais rédigé à l'époque suite à cette campagne.
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Zool
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Re: [CR][AdC] Le Royaume des Ombres (1940)

Message par Zool »

Mise en place et déroulement de la Campagne :
 
Lorsque j'ai lu cette campagne pour la première fois, j'étais emballé (cadre des années 40 atypique et antagonistes originaux et peu utilisés en tant qu'adversaires principaux habituellement), mais lors de ma seconde lecture, et tout au long de la préparation, de nombreux défauts me sont apparus :

En premier lieu, je me suis vite rendu compte que le cadre des années 40 m'était en grande partie inconnu (proche des années 20, mais néanmoins assez différent: les véhicules, les avions, et même les armes ont évolués depuis les années 20, sans parler des mœurs de la société: exit la prohibition...). Tout ceci m'a amené à effectuer quelques recherches pour m'imprégner de l'époque (mais aussi pour mes joueurs).

Ensuite, il m'est vite apparu (comme le déroulement de la campagne allait me le confirmer...) qu'il manque des liens entre les différentes parties de la campagne:

- Quigley n'a aucun rapport avec le reste (ou presque, car seule sa condition de Goule constitue un lien); léger, car mes joueurs ont cherché bien longtemps ce lien qui n'existe pas !);

- Comment amener les joueurs en Guyane sur les traces du Culte s'ils n'ont pas réussi à s'introduire dans les Pompes Funèbres et à y récupérer les indices indispensables ? D'autant que réussir cet exploit semble bien difficile vu le nombre de sectateurs y demeurant... Mon groupe – qui ne s'est pourtant pas trop mal débrouillé – s'est fait surprendre dans le cimetière et n'avait donc plus aucune chance de pouvoir s'infiltrer discrètement dans les Pompes Funèbres !... (C'est la raison pour laquelle j'ai développé un scénario intermédiaire afin d'amener les joueurs sur les traces du Culte de Guyane, cela me permettant en outre d'introduire la Division P4 – future Delta Green – dans l'optique du développement d'une campagne postérieure qui devait se dérouler au cours de la Seconde Guerre Mondiale... Mais le groupe a été décimé au cours de la dernière partie de celle-ci, au cœur du Temple de Guyane Française. De plus, je trouve toujours dommage de ne pas exploiter toutes les possibilités de Background de Delta Green dans les scénarios antérieurs à la période moderne... ça crée une continuité).

Par ailleurs, je me pose la question de l'intérêt de la partie dans les Contrées du Rêve, car outre le fait qu'il soit nécessaire que les joueurs parviennent à s'introduire discrètement dans les Pompes Funèbres pour récupérer le Sérum de Rêve (on revient au même problème que précédemment...), elle ne contient aucune intrigue (j'avais décidé que si mes joueurs tombaient sur le Sérum et l'expérimentaient, je leur aurais fait jouer, mais cela n'a pas été le cas, je m'en suis donc passé sans problème). J'adore les Contrées du Rêve et les campagnes qui comportent des incursions dans celles-ci (Le Rejeton d'Azathoth en particulier !), mais là, je ne vois pas l'intérêt de la chose: il s'agit juste de la présentation du Culte de Mordiggian à Zul-Bha-Sair, sans que cela n'apporte quoi que ce soit à l'intrigue, ni aux enquêteurs ! Cette partie présente en plus le risque de "paumer" encore plus les joueurs peu habitués aux Contrées du Rêve (mon groupe y aurait certainement perdu son latin, ils avaient déjà bien du mal à cerner le rapport de Quigley au Culte de Greenfield !). J'ai hésité à y développer un scénario, mais je n'en ai eu ni le temps, ni même l'envie à vrai dire (pour moi les parties dans le monde de l'éveil se suffisent à elles-mêmes).

Enfin, dernier détail, mais non des moindres: pas de plan de Greenfield ! C'est quand même ballot de placer la moitié de la campagne dans une ville sans avoir un plan même succinct de celle-ci... Qu'à cela ne tienne, j'ai donc fait des recherches et je suis tombé sur une très belle carte de 1941 sur le net, et là surprise, les cimetières et lieux mentionnés dans la campagne ne correspondent pas à la réalité... Ce qui m'a obligé à modifier quelque peu la seconde partie pour coller au plan (un simple "replacement" des divers cimetières à vrai dire). C'est quand même bien dommage, surtout quand on sait que l'auteur (John H.Crowe) est originaire de la région et qu'il place régulièrement ses campagnes dans le Comté de Franklin et les environs de Greenfield (Coming Full Circle par exemple).
Dernière modification par Zool le jeu. févr. 13, 2020 9:57 am, modifié 1 fois.
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Re: [CR][AdC] Le Royaume des Ombres (1940)

Message par Tholgren »

Tu m'intéresses beaucoup mon cher Zool ! Merci d'avance pour le CR !
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Re: [CR][AdC] Le Royaume des Ombres (1940)

Message par Zool »

Dans le cadre de cette campagne, j'ai opté pour des pré-tirés en accord avec mes joueurs en développant une petite agence de détectives privés basée à Worcester à une centaine de kilomètres de Greenfield.

L'Agence de Détective ELLROY  & SPENCER :

La ELLROY & SPENCER AGENCY se situe dans un quartier de bureaux de la banlieue de Worcester, sur Arlington Street, numéro 41, au 2ème étage d'un immeuble en brique qui en compte trois, à proximité d'un dépôt de chemin de fer.

Le rez-de-chaussée ainsi que le 1er étage sont occupés par une société d'Import/Export (la Harold Trading Company); le 3ème étage est occupé par une société de courtage et d'expertise comptable (le Cabinet Crandall).

La journée, l'activité est assez soutenue dans le quartier, et le bâtiment est occupé par plusieurs dizaines d'employés. La nuit, par contre, le quartier est désert et glauque; la rue n'est alors que faiblement éclairée par une rangée de réverbères qui diffusent une lumière jaunâtre et malsaine, qui ne parvient à percer l'obscurité que sur quelques mètres, le reste du trottoir et de la rue demeurant plongés dans la pénombre.

En face, se trouve le dépôt de chemin de fer, ceinturé par un grillage haut de deux mètres: un terrain vague à peine aménagé, parsemé de voies ferrées, de quais en béton et de hangars couleur rouille. La nuit, seuls une poignée de lampadaires répartis aux abords des quais percent les ténèbres.
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Re: [CR][AdC] Le Royaume des Ombres (1940)

Message par Zool »

Pour les personnages, je sortais de la lecture du Dahlia Noir de James Ellroy, et ils sont donc grandement et librement inspirés de cette lecture (ceux qui ont lu le roman ne pourront que constater les références : Ellroy, Blanchard, Spencer...)
C'est aussi cette lecture qui m'a incité à jouer cette campagne, j'étais imprégné par l'atmosphère de cet excellent polar et de cette période, et j'avais envie de sortir un peu des sentiers battus des années 20.
On va donc faire tout d'abord un petit tour des acteurs de ce drame...
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Re: [CR][AdC] Le Royaume des Ombres (1940)

Message par Vociférator »

Honoré que mon retour te fasse ouvrir ce fil ! :bierre:

Mon regard était très subjectif mais je partage comme toi la partie sur les Contrées du Rêve, que je trouvais peu raccord avec les Contrées du Rêve (mais ce volet était proposé de façon +/- optionnelle donc on ne perd rien à le zapper).

Je suis intéressé pour comprendre comment tu as pu mieux rentrer dans le contexte de 1940. Une de mes grosses déceptions de cette campagne reste que cela ne sert que de toile de fond, et on pourrait tout autant mettre 1920 ou 1930 que cela ne changerait pas grand chose. A part pour l'épisode en Guyane peut-être, mais même cette partie-là reste très survolée.

Je l'ai personnellement trouvée très marquée par le regard romantique des Américains sur les Free French et la Résistance (en français dans le texte) alors que l'appel de De Gaulle n'en est qu'à ses balbutiements avec cette campagne.
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Re: [CR][AdC] Le Royaume des Ombres (1940)

Message par Zool »

ELLROY John :

John Ellroy est né en 12 octobre 1903 à Worcester, Massachusetts. Issu d'un milieu assez aisé, John se destine à une carrière de juriste et passe brillamment sa maîtrise de droit au Boston College. A sa sortie de l'Université, il est recruté dans un cabinet d'avocats renommé en 1928, mais un an plus tard, le "jeudi noir" du Krach de Wall Street allait sonner le glas de cette société; il se retrouve au chômage. Ses parents ayant perdu la majeure partie de leur fortune, John est contraint, pour sortir du chômage, de chercher n'importe quel travail pour payer ses factures. Après une traversée du désert éprouvante, il finit par être engagé en 1931 par l'agence de détectives OK de Boston en qualité de juriste. Après quelques années passées derrière un bureau, il finit par obtenir de la part d'Oliver Kane, le patron de l'agence, l'autorisation d'accompagner d'autres détectives et de se former au métier de terrain. De plus en plus attiré par cette profession, il s'investit dans son travail au point de devenir l'un des meilleurs enquêteurs de l'agence en peu de temps. Début 1939, Oliver Kane prit la décision de transmettre l'affaire à son fils aîné; John su alors qu'il était temps qu'il mette son projet à exécution: s'installer à son propre compte. Pour ce faire, il s'associa avec un autre détective de l'agence, Dennis Spencer, un ancien flic de Boston qui avait intégré l'agence peu de temps avant lui. Lee Blanchard, détective lui aussi au sein de l'agence OK, et ancien boxeur de renom dans la région,  allait bientôt les suivre, et intégrer la nouvelle équipe.

L'agence fut baptisée "Ellroy & Spencer Agency", et naquit officiellement en janvier 1940 suite à l'obtention de leurs licences fédérales (qui impliqua le dépôt d'une caution de 900 $ pour l'agence). Située dans un quartier de bureaux de Worcester, l'agence connaît un démarrage assez difficile. L'apport financier des parents de John permet néanmoins à la société de survivre assez confortablement en attendant des jours meilleurs... En mars dernier, John a fini par céder à une jeune fille, Samantha Peacock, qui le harcelait depuis plus d'un mois pour obtenir un poste; elle occupe donc un poste d'"assistante" et de secrétaire, mais ne cache pas sa volonté de devenir détective. Récemment, John a eu l'idée de faire paraître une annonce dans la majorité des quotidiens locaux (mais pas à Boston, où les tarifs étaient beaucoup trop élevés, et, de toutes façons, la concurrence trop rude).
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Re: [CR][AdC] Le Royaume des Ombres (1940)

Message par Zool »

BLANCHARD Lee :

Lee Blanchard est né à Worcester, Massachusetts, le 12 août 1911. Né au sein d'une famille assez modeste, d'un père policier et d'une mère infirmière, il est le deuxième enfant de la famille; sa sœur aînée, Julia, est née 7 ans plus tôt et allait par la suite embrasser une carrière de journaliste. D'un tempérament bagarreur, même s'il n'est pas un violent en soi, Lee se prit rapidement de passion pour la boxe; il commença à s'entraîner dès l'âge de 12 ans très régulièrement, et à 22 ans, il était devenu une figure emblématique de la boxe dans tout le Massachusetts. Champion du Comté dans la catégorie mi-lourds à trois reprises, et même vice-champion du Massachusetts. En parallèle, il poursuit des études d'histoire, pour faire plaisir à sa mère, soucieuse de son avenir professionnel ("boxeur, c'est pas un métier, mon fils"). Mais en 1934, la mort de son père en service, renversé par un chauffard ivre, allait le contraindre à mettre sa carrière sportive de coté, afin de pouvoir subvenir aux besoins de la famille (sa mère connaissant des ennuis de santé, et ne pouvant plus exercer). La police municipale de Worcester lui proposa alors un poste, qu'il accepta sans grande conviction, en attendant mieux. En 1937, il postule à l'agence OK de Boston, dans laquelle il est engagé au mois de juin de cette même année. Sa mère meurt des suites de sa maladie en 1938. Cette perte douloureuse est à l'origine de sa remise en question, il ne veut plus être un simple employé; ainsi lorsque John Ellroy et Dennis Spencer vinrent le trouver en octobre 1939 pour lui proposer de s'associer avec eux, en vue de créer leur propre agence, il ne réfléchit pas longtemps avant d'accepter. Apportant une partie des fonds (il tenait à avoir des parts), il devient le troisième membre de la nouvelle agence de détectives de Worcester.

L'agence fut baptisée "Ellroy & Spencer Agency", et naquit officiellement en janvier 1940 suite à l'obtention de leurs licences fédérales (qui impliqua le dépôt d'une caution de 900 $ pour l'agence). Située dans un quartier de bureaux de Worcester, l'agence connaît un démarrage assez difficile. L'apport financier des parents de John permet néanmoins à la société de survivre assez confortablement en attendant des jours meilleurs... En mars dernier, John a fini par céder à une jeune fille, Samantha Peacock, qui le harcelait depuis plus d'un mois pour obtenir un poste; elle occupe donc un poste d'"assistante" et de secrétaire, mais ne cache pas sa volonté de devenir détective (drôle d'idée pour une fille !). Récemment, John a eu l'idée de faire paraître une annonce dans la majorité des quotidiens locaux (mais pas à Boston, où les tarifs étaient beaucoup trop élevés, et, de toutes façons, la concurrence trop rude).
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Message par Zool »

SPENCER Dennis :

Dennis Spencer est né à Boston, Massachusetts, le 7 juillet 1898. Issu d'un milieu modeste, il fait ses armes à l'école de la rue, vivant de petits trafics et flirtant avec l'illégalité en permanence. Sentant qu'il risque de  finir comme nombre de ses amis en prison, son père le pousse à s'engager dans l'armée en 1916; il a à peine 18 ans, mais le milieu militaire lui apporte l'encadrement dont il avait besoin. En 1917, il part pour la France et ses tranchées, caporal dans une unité d'infanterie aux ordres du Sergent Bill Taggert. Il participe aux combats, et survit à l'horreur du champ de bataille sans aucune blessure grave (il s'en tire avec seulement une blessure légère à la cuisse, souvenir d'un éclat d'obus). De retour de la Grande Guerre, il restera dans l'armée pendant encore plusieurs années, en tant que sergent-instructeur. En 1925, avec l'appui de Bill Taggert (qui quitta l'armée dès son retour pour occuper un poste d'officier de police), l'ex-délinquant intègre la police de Boston. Son passé militaire et ses connaissances des bas quartiers de la ville l'ont beaucoup aidé au cours de ses années de service. En 1930, la grande dépression l'oblige à chercher un travail plus rémunérateur; en octobre de cette même année, il postule pour un emploi de détective privé dans l'agence OK de Boston. Son expérience militaire et policière, associée à son bagout lui permirent d'obtenir le poste. Considéré comme un très bon élément, Dennis serait probablement resté dans l'agence si Oliver Kane n'avait décidé en janvier 1939 de rétrocéder son affaire à son fils, Brian Kane, un parvenu ignare selon Dennis. La tension entre les deux hommes ne faisant que croître au fil des mois, et se sentant sur la sellette, Dennis sauta sur l'occasion que lui proposait John Ellroy, un détective de l'agence de s'établir, avec l'aide financière de ses parents, à leur propre compte. Lee Blanchard, ancien boxeur assez renommé dans la région, ne tarda pas à les suivre dans l'aventure, même si sa participation financière fut minime.
 
L'agence fut baptisée "Ellroy & Spencer Agency", et naquit officiellement en janvier 1940 suite à l'obtention de leurs licences fédérales (qui impliqua le dépôt d'une caution de 900 $ pour l'agence). Située dans un quartier de bureaux de Worcester, l'agence connaît un démarrage assez difficile. L'apport financier des parents de John permet néanmoins à la société de survivre assez confortablement en attendant des jours meilleurs... En mars dernier, John a fini par céder à une jeune fille, Samantha Peacock, qui le harcelait depuis plus d'un mois pour obtenir un poste; elle occupe donc un poste d'"assistante" et de secrétaire, mais ne cache pas sa volonté de devenir détective (drôle d'idée pour une fille !). Récemment, John a eu l'idée de faire paraître une annonce dans la majorité des quotidiens locaux (mais pas à Boston, où les tarifs étaient beaucoup trop élevés, et, de toutes façons, la concurrence trop rude).
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Re: [CR][AdC] Le Royaume des Ombres (1940)

Message par Zool »

PEACOCK Samantha :

Samantha Peacock est née le 23 mars 1916 à Worcester, Massachusetts, d'un père professeur d'Archéologie, et d'une mère institutrice. Elle est le deuxième enfant de la famille; son frère, Brian, est né 4 ans plus tôt. Sa mère, cajun de la Nouvelle-Orléans, lui apprend très tôt le Français, langue que Samantha se met à apprécier particulièrement. Sous l'impulsion de son père, la petite Samantha se passionne très vite pour l'archéologie, mais décidera par la suite de s'orienter vers l'étude des sciences, et plus particulièrement la chimie. Brillante étudiante, elle obtient en 1939 une licence de chimie au Massachusetts Institute of Technology (MIT) de Cambridge, dans la banlieue de Boston. Mais au fond d'elle, une autre passion l'anime depuis quelque temps déjà: elle veut devenir détective privé, et ce contre l'avis même de ses parents qui pensent que ce n'est qu'une lubie. Pour elle, ce n'est pourtant pas le cas, c'est ce qu'elle pense tout au moins. L'ouverture récente de l'"Ellroy & Spencer Agency" à proximité de son quartier a ravivé sa passion. Elle y a déposé sa candidature dès le mois de février dernier, et, à force d'harceler le patron, John Ellroy, elle vient d'y être engagée, depuis le mois de mars en tant qu'assistante et secrétaire. Mais elle le sait, ce n'est que le début, elle deviendra sous peu détective, il suffit qu'elle se montre tenace. Elle est là pour apprendre, et pour prouver à tous ces machos qu'une femme peut être une bonne détective. Contre la violence, elle pense que toute situation peut s'arranger par la discussion. Néanmoins, elle s'est récemment achetée un petit automatique en calibre .32 avec lequel elle s'entraîne régulièrement; elle sait qu'il faut aussi en passer par là pour gagner ses galons de détective..
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Chapitre I : Une affaire de famille

Message par Zool »

Chapitre I : Une affaire de famille
 
1940, l'Europe est en flammes...
La montée du Fascisme sur le vieux continent, et les velléités expansionnistes de leurs dictateurs, ont conduits la France et le Royaume-Uni à déclarer la guerre au régime nazi d'Allemagne. La guerre fait rage en Europe, mais les Etats-Unis sont bien loin du tumulte. Les effets de la grave récession consécutive au terrible krach boursier de 1929 se font encore sentir. Grâce au "New Deal" instauré par Franklin D. Roosevelt, la confiance revient, mais un certain marasme demeure.
Nous sommes en Avril 1940, dans l'Etat du Massachusetts. La région panse ses plaies suite aux assauts d'une violente tempête de neige qui l'a ravagée au début du mois de Mars dernier.
 
A Worcester, Massachusetts, une petite agence de détectives privés est contactée par le Docteur Franklin Quigley, médecin et notable de la petite ville de Greenfield, dans le Comté de Franklin (Massachusetts); leur mission: retrouver la fille du docteur, Anne, que sa femme, Katharine, a emmenée en le quittant brusquement une semaine auparavant.
Le Docteur Quigley reconnaît que leurs relations s'étaient détériorées, et qu'il n'espère pas sauver son mariage, mais il s'inquiète pour sa fille en raison du comportement étrange de sa femme ces derniers temps...

Se rapprochant des services du Shérif du Comté, les enquêteurs n'obtiennent que peu de renseignements (et ce malgré les bonnes relations qu'entretiennent le Shérif Bill Taggert et Dennis Spencer).
Épluchant le carnet d'adresses de Katharine Quigley fourni par son mari, et après une petite enquête de voisinage, les enquêteurs acquièrent la conviction que Mme Quigley s'est probablement réfugiée chez son oncle, Emmanuel Kiel, demeurant à Philipston, une petite agglomération rurale située à mi-chemin de Greenfield et de Worcester.

Vivant en ermite au milieu de ses terres, le vieux Kiel allait donner du fil à retordre à nos courageux détectives. Après d'âpres discussions, et sous la menace de fusils, les enquêteurs finissent par obtenir un entretien avec Mme Quigley.
Sa version des faits diffère alors quelque peu de celle de son mari: elle affirme que son mari n'est pas humain, que c'est un démon sous apparence humaine; suite à une chute dans l'escalier, son "mari" s'est révélé sous sa vraie forme, elle a pris peur et a pris la fuite, emmenant sa fille avec elle. Elle a peur et demande alors aux détectives de l'aider à démasquer son "mari"...
Sceptiques, mais ayant la sensation de s'être fait berner, les quatre enquêteurs décident de mener leur petite enquête à propos de leur employeur.

Une fouille "officieuse" de la demeure des Quigley allait révéler quelques indices intéressants, dissimulés sous un carreau descellé de la cave, dans une boite à cigares. Le groupe décide alors d'avoir un entretien avec le Docteur Quigley, et se rend dans la foulée à son cabinet médical au centre de Greenfield, mais celui-ci est absent. De retour au 340 Locust Street, les détectives constatent que la voiture de Quigley est présente dans l'allée: ils ont du se croiser...

John Ellroy, accompagné de Samantha Peacock, se présente à la porte d'entrée et sollicite une entrevue avec son employeur; pendant ce temps, Lee Blanchard et Dennis Spencer, armés de fusils à pompe, font le tour par le jardin pour se positionner à l'arrière de la maison...
Malheureusement, leur progression n'étant pas des plus silencieuse, le "docteur" est alerté et prend la fuite, se précipitant vers le râtelier d'armes du salon, John Ellroy sur les talons. Sous la menace d'un pistolet automatique, le "docteur" obtempère et se retourne vers John Ellroy. Avant que celui-ci n'ait pu réagir, le "docteur" le frappe violemment à la poitrine, le projetant à travers la pièce. Dennis Spencer surgit au même instant et plonge en avant tout en faisant feu avec son fusil à pompe... pulvérisant une partie du plafond; Samantha Peacock, n'écoutant que son courage fait feu et touche le "docteur" à l'épaule; à sa grande horreur, celui-ci se révèle alors sous sa vraie forme: une créature caoutchouteuse et répugnante, à la physionomie vaguement canine, aux mains griffues et aux jambes curieusement arquées. Entendant du bruit dans le couloir, la créature fait demi-tour et court vers la fenêtre du salon; Lee Blanchard surgit alors et fait feu touchant la créature à l'épaule, la projetant contre le mur. Au moment même où la créature de cauchemar va s'élancer à travers la vitre, Blanchard fait à nouveau feu: la décharge de chevrotines touche la créature dans le dos, la projetant au travers de la vitre. La créature s'abat lourdement sur le sol et reste immobile. Nos quatre détectives, soutenant un John Ellroy mal en point, sortent examiner le corps et s'assurer de sa mort; Spencer, sur les conseils d'Ellroy va chercher l'appareil photographique afin de garder une trace de la "chose".

C'est à ce moment qu'arrivent les services de la police du Comté alertés par le voisinage suite aux nombreux coups de feu. Sans ménagement, les quatre détectives sont désarmés et placés en état d'arrestation en attendant les conclusions de l'enquête. John Ellroy, souffrant du thorax est emmené au Greenfield Memorial Hospital sous escorte policière.
Dernière modification par Zool le jeu. févr. 13, 2020 12:25 am, modifié 1 fois.
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Article du Daily Recorder-Gazette de Greenfield du Samedi 20 Avril 1940

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Article du Daily Recorder-Gazette de Greenfield du Samedi 20 Avril 1940
FUSILLADE CHEZ UN MÉDECIN DE GREENFIELD Un corps non identifié découvert, quatre suspects arrêtés
 
Hier, vers 19H30, les services du Shérif ont été alertés suite à de multiples coups de feu entendus par les voisins du 340 Locust Street, demeure du docteur Franklin Quigley et de sa famille. A leur arrivée les policiers dépêchés sur place ont découvert un corps non identifié gisant dans le jardin et appréhendé sur les lieux quatre personnes armées étrangères à la ville.

Le docteur Franklin Quigley, médecin de la ville n'était pas présent et semble avoir disparu, de nombreux indices laissant à penser qu'il était probablement présent dans la maison lors de la fusillade. La femme et la fille du docteur Quigley, heureusement parties depuis plusieurs jours chez un parent, ont ainsi évité le drame.

James Philpot, coroner du Comté de Franklin s'est déplacé et a demandé une autopsie du corps. Le Shérif Taggert s'est refusé à tout commentaire à propos des quatre personnes interpellées sur place, mais il s'agirait d'une équipe de détectives privés de Worcester engagés par le docteur Quigley pour une affaire privée. L'enquête en cours devrait permettre d'établir les faits et le déroulement de cette tragique soirée qui a émue tout un quartier de notre ville.

Le Shérif demande à tous ceux qui détiennent des informations susceptibles de l'aider dans son enquête de prendre contact avec les services du Shérif du Comté.
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Chapitre II : Nos Funérailles

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Chapitre II : Nos Funérailles...

John Ellroy à l'hôpital, Spencer, Blanchard et Miss Peacock en prison, la situation en ce matin du 20 avril 1940 n'est pas très favorable à nos détectives. Le Shérif Taggert, poursuivant son enquête préliminaire, procède aux interrogatoires des quatre suspects. Leurs versions comportant nombre de contradictions et de propos pour le moins "farfelus", le Shérif, circonspect et sceptique, décide de confronter tous les protagonistes dans son bureau pour éclairer la situation (hormis John Ellroy, dont l'état de santé ne lui permet pas de se déplacer; celui-ci souffre en effet de deux côtes brisées et deux autres fêlées, et demeure en observation à l'hôpital sous surveillance policière).

Suite à cette confrontation, mais surtout grâce au témoignage de Katharine Quigley, l'équipe est libérée, mais contrainte de rester dans les limites du Comté de Franklin pour les besoins de l'enquête. Les détectives obtiennent néanmoins l'autorisation de retourner à Worcester sous escorte afin d'y chercher quelques affaires de rechange; madame Quigley, reconnaissante, se propose de louer des chambres dans le meilleur hôtel de la ville pour que l'attente soit plus confortable.

A Worcester, au milieu du courrier de l'agence, une lettre anonyme dactylographiée informe les enquêteurs que tout n'est pas terminé à Greenfield:
Messieurs,
Vous n'avez pas encore tout découvert à Greenfield ou dans le Comté de Franklin. Poursuivez votre enquête et vos efforts. Beaucoup sont en danger et ne peuvent compter sur la loi. Vous êtes plus près que vous ne le croyez de quelque chose d'horrible, quelque chose qui doit absolument être stoppé.Le monstre que vous avez tué n'est pas unique. D'autres se tapissent dans les sous-sols de Greenfield et se nourrissent de nos morts. Soyez prudents.
De retour à Greenfield, ayant pris possession de leurs confortables chambres à l'hôtel Imperial, les enquêteurs décident de ne pas rester inactifs. Se répartissant les tâches par groupes de deux, ils procèdent à une nouvelle fouille de la maison Quigley et du cabinet du docteur, à une visite au Memorial Hospital de Greenfield, ainsi qu'à la consultation des archives et du cadastre de la ville, mais tout cela sans grand résultat. Pendant ce temps, et chaque fois qu'elle a un moment de libre, Samantha Peacock compulse l'ouvrage blasphématoire découvert dans la cave de Quigley, intitulé: "Le Culte des Goules" de François-Honoré Balfour, Comte d'Erlette; cette lecture se révèle ardue, et on ne peut plus éprouvante...

Les enquêteurs acquièrent bien vite la certitude que de sombres activités se déroulent sous la ville, probablement sous un de ses nombreux cimetières; certaines pistes semblent en outre indiquer la présence d'un site funéraire indien au cœur ou à proximité de ce cimetière, mais lequel est-ce ? La ville en compte cinq, sans compter ceux situés en dehors des faubourgs de la ville...La tâche semble impossible, les pistes ne sont que des culs-de-sac. Le temps passe, mais la vérité n'apparaît toujours pas, se dérobant toujours à eux, glissante comme une couleuvre, elle ne se laisse pas saisir.

Pourtant, alors que l'espoir s'amenuise, une visite à la Société d'Histoire du Comté de Franklin va enfin apporter l'élément qui faisait défaut aux enquêteurs: le cimetière Northridge, sur High Street, abrite un ancien site funéraire indien ! Voilà donc ce fameux cimetière...

Dans le même temps, Samantha Peacock ayant achevé sa terrible lecture, elle peut livrer à ses amis le fruit de sa patience, et révéler la teneur du grimoire:
"Même si d'aucuns doivent parler de blasphème, j'ai choisi d'expliquer certaines actions et croyances et laisserai Dieu être le juge suprême."
 Cet ouvrage relate l'existence de pratiques nécromantiques et nécrophiles dans les catacombes de la ville de Paris à l'aube du XVIIIème siècle; il décrit toute un société, s'apparentant à une secte, de voleurs de cadavres et de pilleurs de tombes, et détaille également leurs rituels et pratiques abominables. Les cérémonies d'initiation donnaient lieu à des festins nécrophages en l'honneur d'un Dieu Charognard, les participants se qualifiant par la suite de "Goules".
 Parmi les autres descriptions figurent celles, à peine moins répugnantes, de rituels de prétendues résurrections et de réanimations de morts.
 L'ouvrage fait référence à de multiples reprises au Dieu Charognard, la divinité monstrueuse adorée par le Culte Charognard de Paris, ainsi qu'à La Chose Qui Ne Devrait Pas Être, une autre divinité abominable qui hanterait les cavernes souterraines. Il est aussi fait référence à un Bouc Noir des Bois aux Mille Chevreaux, décrit comme une divinité pervertie de la fertilité semant l'horreur et la pourriture.
Forts de ces renseignements, et certains de tenir le bon bout, les détectives se rendent derechef au cimetière Northridge afin d'évaluer la situation et repérer les lieux. Situé sur une petite colline au Nord-Est de Greenfield, c'est un cimetière de taille moyenne, typique du Massachusetts, entouré d'une grille en fer forgé d'une hauteur d'un mètre vingt; des arbres sont plantés ça et là, et les secteurs plus anciens sont assez boisés. Une loge de gardien se dresse près du portail principal, et son gardien, Rowan Kister, maigre et dégingandé, ne semble pas très au fait de l'histoire de ce cimetière...

La nuit suivante, après d'âpres discussions, les détectives (contre l'avis d'Ellroy) se préparent à retourner sur place: ils consultent la rubrique nécrologique du journal local pour connaître le nom du dernier défunt inhumé au cimetière Northridge dans la journée, et apprêtent leurs armes ainsi que l'équipement acheté le jour même à la quincaillerie du coin... Et c'est le départ en expédition, la peur au ventre, dans la fraîcheur de cette nuit de printemps.

Le cimetière est plongé dans le noir, seulement éclairé par la clarté de la lune presque pleine.

Escaladant la grille, les détectives s'introduisent dans le cimetière et cherchent la tombe repérée un peu plus tôt; ils finissent par la découvrir à l'Est du cimetière, sous une rangée d'arbres centenaires. Commence alors une longue attente, sinistre et froide dans cet environnement lugubre. Au bout d'un moment, les échos de cris inarticulés et de grattements émanent de la tombe, ou plutôt de sous la tombe...

Spencer, attrapant une pelle pliante se met en devoir de creuser la terre meuble... qui se dérobe sous lui, l'entraînant dans une longue chute au fond d'un boyau vertical haut d'une dizaine de mètres ! Son interminable chute se termine enfin à la rencontre d'un cercueil tiré par quatre créatures caoutchouteuses et répugnantes tout aussi surprises que le détective par cette irruption brutale; celles-ci présentent les mêmes caractéristiques physiques que le docteur Quigley... N'écoutant que son courage, Blanchard plonge dans le puits afin de prêter main forte à Spencer, en difficulté. S'ensuit un terrible combat, les décharges de chevrotines fusant de toutes parts et déchiquetant les chairs caoutchouteuses des créatures. Lorsque retombe enfin la fumée et les cris de la bataille, les quatre créatures gisent au sol, certaines littéralement coupées en deux. Blanchard, quand à lui souffre d'une profonde entaille à la jambe infligée par un coup de griffe de l'une de ces ignobles créatures qu'il pensait morte. Spencer souffre également de multiples contusions consécutives à sa violente chute.

Du réseau de tunnels dans lequel débouche le puits, d'étranges couinements et d'inquiétants raclements résonnent contre les parois... Blanchard et Spencer, sentant à nouveau le danger proche se hâtent (non sans mal) d'escalader les parois abruptes du puits, et s'extirpent à temps pour voir surgir des pompes funèbres proches, une horde de silhouettes humaines (ou vaguement humaines pour certaines d'entre elles)... Dans sa fuite, Blanchard a emporté sur son dos l'un des cadavres sectionné en deux de l'une de ces créatures ("Il nous faut une preuve !")

Ellroy quant à lui est aux prises avec le gardien du cimetière: celui-ci armé d'un fusil de chasse a ouvert le feu sur le détective, mais dans la pénombre, sa décharge de chevrotines a brisé une stèle, le loupant seulement de quelques centimètres... Ellroy fait feu à son tour: le projectile fend l'air et traverse l'épaule du gardien qui vacille et se réfugie précipitamment dans sa loge. Ellroy pénètre alors précautionneusement dans la maisonnée et essuie à nouveau un tir de chevrotines. Son tir de riposte atteint le gardien au thorax et à la tête, pulvérisant la boite crânienne. " Je crois qu'il est mort" pense t'il...

Il est bientôt rejoint par Miss Peacock, suivie de près par un Spencer hagard, et un Blanchard boiteux chargé d'un horrible fardeau. Un bref coup d'œil par la fenêtre suffit à confirmer leurs craintes: des pompes funèbres voisines surgissent d'étranges ombres dont certaines ne semblent guère humaines... En outre, le nombre de ces assaillants et leur armement ne leur laisse que peu d'espoir de survie s'ils continuent à rester sur place. Une seule solution: la fuite.

Dans les rues désertes de Greenfield, une étrange équipée court ou claudique (c'est selon) vers l'abri précaire du centre-ville. Sur les conseils d'Ellroy, Miss Peacock file à l'hôtel, tandis que les trois compères se hâtent de rentrer aussi vite que leurs blessures le leur permettent... Chemin faisant, ils croisent un véhicule du bureau du Shérif et l'interceptent (ou se font intercepter...); désarmés, ils sont arrêtés et placés en garde à vue (après un passage par l'hôpital pour Blanchard et Spencer, tous deux blessés...); horrifiés, les adjoints emportent également comme "pièce à conviction" la moitié de cadavre que Blanchard transportait. Un peu plus tard dans la nuit, et sur ordre du Shérif Taggert, Miss Peacock est arrêtée dans sa chambre d'hôtel...

Retour à la case Prison...
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Article du Daily Recorder-Gazette de Greenfield du Vendredi 26 Avril 1940

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Article du Daily Recorder-Gazette de Greenfield du Vendredi 26 Avril 1940
TRAGIQUE PROFANATION AU CIMETIÈRE NORTHRIDGE
Des profanateurs de sépultures tuent le gardien du cimetière qui les avait surpris

Cette nuit, tandis que Greenfield dormait, un drame s'est joué au cimetière Northridge, propriété des Pompes Funèbres Beckwith, entraînant la mort de son gardien, Rowan Kister.

Pour d'obscures raisons, d'infâmes scélérats se sont introduits de nuit dans le cimetière, en vue de profaner une tombe; surpris par le gardien du cimetière, ils n'ont pas hésité à assassiner le quinquagénaire, en ouvrant le feu sur lui.

La fusillade ayant alertée tout le quartier de High Street, les services du Shérif se sont rapidement rendus sur les lieux du meurtre. Quatre personnes ont été arrêtées à proximité des lieux et dans un hôtel de la ville, et conduites au bureau du Shérif dans l'attente des résultats de l'enquête.

D'après certaines sources, il s'agirait des mêmes individus appréhendés la semaine passée au domicile du docteur Franklin Quigley après une fusillade qui avait également causée une victime. On est d'ailleurs toujours sans nouvelles du docteur Quigley.
Les deux affaires sont-elles liées ? "L'enquête à venir nous le dira" nous a confié le Shérif Taggert.

Deux fusillades et deux morts en moins d'une semaine, cette fin de printemps s'annonce on ne peut plus sombre pour notre ville habituellement si tranquille.
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Chapitre III : La Mort aux Trousses !

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Chapitre III : La Mort aux Trousses !

Suite à leur équipée nocturne du 26 avril 1940, l'agence "Ellroy & Spencer" au grand complet se retrouve à nouveau sous les verrous. Blanchard et Spencer ont, au préalable, fait un bref passage par l'hôpital afin de soigner leurs blessures, les adjoints du Shérif ayant par la même occasion confié aux soins du Docteur Rohrs le cadavre déchiqueté de la créature trouvé en leur possession. Pendant ce temps, les services du Shérif procèdent aux constatations d'usage dans le cimetière et dans la loge du gardien.

Au cours de la matinée, les détectives se voient signifier les charges retenues à leur encontre par un Shérif Taggert passablement furieux...
Ils sont accusés de :
- Violation de propriété privée;- Profanation de sépulture;
- Meurtre au premier degré sur la personne de Rowan Kister, gardien du cimetière Northridge.
"Vous risquez la chaise électrique" se contente alors d'ajouter le Shérif...

 Les choses s'annoncent alors bien mal pour nos détectives !

Un évènement imprévu va néanmoins leur sauver la mise.

Alors qu'ils s'évertuent à plaider leur cause et à trouver une échappatoire à leur situation désespérée, les détectives sont congédiés et ramenés en cellule, à leur grand désarroi. En sortant du bureau de Taggert, ils croisent un jeune homme pâle, vêtu sombrement, manifestement très inquiet, qui entre à leur suite dans le bureau du Shérif. Intrigués, le quatuor se confond en conjectures et spéculations, espérant un signe du destin pour les sortir de la panade. Ce signe arrive avec leur déjeuner, par le biais d'un Shérif visiblement troublé et inquiet.

Il leur confie alors qu'un employé des Pompes Funèbres Beckwith vient de déposer contre son patron, Morton Hadley. Ce qu'il a raconté semble complètement farfelu, mais les évènements des jours passés rendent le Shérif sceptique, et il est décidé à en avoir le cœur net; il doit se rendre aux Pompes Funèbres afin de prendre la déposition d'Hadley, et il en profitera pour demander à fouiller les locaux et mettre ainsi Morton Hadley au pied du mur: "on verra sa réaction..."
 
Au cours de l'après-midi, le Bureau du Shérif connaît un véritable branle-bas de combat; les détectives enfermés dans leurs cellules perçoivent les échos d'un remue-ménage anormal, des voitures démarrent en trombe toutes sirènes hurlantes... Il se passe quelque chose, mais l'adjoint chargé de leur surveillance refuse de leur parler. Utilisant ses talents de crochetage (et avec l'aide de la barrette à cheveux de Miss Peacock), Blanchard parvient à ouvrir la grille de sa cellule ("juste au cas où il faudrait fuir en catastrophe"...). Commence alors une longue attente...

Vers 19H00, plusieurs voitures se garent dans la cour; le Shérif surgit bientôt, hagard, les vêtements maculés de suie et de sang. Il fait sortir les détectives de cellule et les entraîne à sa suite dans son bureau. En traversant le poste de police, les détectives découvrent un spectacle surprenant: les adjoints sont presque tous couverts de suie, certains sont blessés et portent des bandages, une ambiance lourde et pesante règne...

En entrant dans le bureau, les détectives se retrouvent en compagnie du jeune homme aperçu le matin même, manifestement l'employé des Pompes Funèbres Beckwith. Le Shérif, encore sous le choc, leur apprend alors que les choses ne se sont pas bien passées: il compte 2 morts dans ses rangs et plus d'une demi-douzaine de ses hommes sont blessés. C'est sa volonté de vouloir fouiller les lieux qui a mis le feu aux poudres; Hadley est alors sorti de la pièce en furie menaçant d'appeler son avocat. Lorsque le Shérif a voulu le suivre, un employé a ouvert le feu sur lui et ses hommes, et ils ont été contraints de reculer. Ayant reçu des renforts, le Shérif lança alors un assaut sur la maison. Ils étaient à peine entrés dans les lieux qu'une explosion retentit dans la cave, embrasant toute la maison en quelques secondes. Aucun employé de l'entreprise n'a pu, ni voulu, fuir le brasier, et le Shérif confirme à l'assemblée qu'"ils sont tous morts dans l'incendie" (ce qui allait se révéler malheureusement faux par la suite...).

Sur ce point, l'employé des Pompes Funèbres Beckwith, Jason Kendell, semble assez sceptique et inquiet...

Dans les jours qui suivent, et en attendant le classement de l'affaire (les charges retenues contre eux devant, d'après le Shérif, être abandonnées), les détectives procèdent à la fouille des ruines fumantes, en vue de découvrir d'éventuels indices supplémentaires. A l'étage, au milieu des décombres et des cendres, Ellroy met la main sur une poignée de photos en partie rongées par le feu. Il s'agit manifestement de souvenirs d'un voyage dans les jungles d'un pays exotique. Les détectives découvrent également dans la cave dévastée des indices qui laissent à penser qu'un tunnel a été rebouché (par l'explosion, ou bien quelque chose d'autre...); les tentatives pour en creuser un à nouveau se soldent par un échec (les parois menaçant de s'effondrer...).
Malgré la surveillance assidue des lieux et du cimetière, plus rien ne se produit.

Le lundi 29 avril, le Shérif annonce aux détectives soulagés que les charges qui étaient retenues contre eux sont abandonnées, et que l'affaire a été classée par le Bureau du Procureur. Ils sont libres, et peuvent enfin retourner à Worcester couler des jours plus paisibles !

Le jeudi suivant (le 2 mai), dans le courrier de l'agence se trouve une enveloppe expédiée de Greenfield et contenant un chèque de 2000$ accompagné d'une carte de visite de Katharine Durham (ex-Quigley) portant ces quelques mots : "Merci pour tout, avec mon éternelle reconnaissance. Je ne vous oublierais pas."

Le lendemain, alors que nos détectives débattent de la meilleure manière d'"investir" ce pactole, la sonnerie du téléphone retentit et coupe le débat. A l'autre bout du fil, un mystérieux interlocuteur visiblement inquiet leur fixe un rendez-vous pour le soir même, en leur promettant des révélations sur les évènements de Greenfield : "Tout n'est pas terminé..."

Le soir venu, les détectives se préparent au rendez-vous: craignant que le témoin ne soit en danger, Blanchard charge un fusil à pompe, qu'il place dans la remise, "juste au cas où..."

Il est près de 23H15 quand se présente enfin leur visiteur: il s'agit d'un homme maigre, extrêmement pâle, vêtu entièrement de blanc sous son pardessus noir à la doublure blanche, et qui se présente comme étant Matthias Rand. Les détectives font aussitôt le rapprochement avec la liste des employés des Pompes Funèbres Beckwith que leur avait présenté le Shérif Taggert: il s'agit d'un ancien employé qui a visiblement survécu...
 
S'engage alors une discussion entre Ellroy, Spencer et le mystérieux Rand, tandis que Blanchard assis près de la fenêtre surveille la rue; Miss Peacock, à la demande d'Ellroy s'en va préparer du café dans la remise. Mais bientôt Blanchard se fige: à travers la pluie fine, et malgré la pénombre qui règne de l'autre côté de la rue, il vient d'apercevoir une silhouette sombre dont les bras s'agitent dans des mouvements désordonnés, et qui semble tenir dans ses mains une sorte de poignard. Blanchard, avertissant ses collègues, se précipite vers la porte, suivi de Spencer, en vue de descendre dans la rue intercepter l'inconnu; alors qu'ils s'apprêtent à sortir de la pièce, l'air semble se charger d'électricité statique, il ondule et prend forme dans le coin de la pièce que Blanchard vient de quitter à l'instant.

Des contours se forment, ceux d'une forme noire, géante, abominable, n'étant ni complètement un singe, ni complètement un insecte, et dont l'épiderme, lâche, semble flotter autour de son corps; la monstrueuse créature lève ses terribles serres, effilées comme des rasoirs, à hauteur de l'embryon boursouflé aux yeux morts qui lui tient lieu de tête.

Matthias Rand, profitant de la confusion née de cette apparition, se lève soudain et, avec une rapidité surhumaine, lance deux scalpels en direction de Blanchard, puis dégaine dans le même mouvement un poignard à manche d'ivoire; dans un réflexe de protection, Blanchard lève son bras dans lequel se fiche l'une des deux lames, l'autre allant se planter dans le chambranle de la porte.
Réagissant promptement, Blanchard dégaine son .45 et fait feu à deux reprises à bout portant, touchant Rand à la poitrine qui, sous les impacts recule de plusieurs pas.
Spencer, le .357 Magnum à la main, se précipite sur la palier, indécis quant à la conduite à tenir...
Ellroy, pendant ce temps, dégaine d'une main tremblante son Browning, la peur au ventre, ne pouvant détacher son regard de l'horrible créature qui vient de balayer négligemment d'un simple geste le lourd bureau qui lui barrait la route. Il presse la détente, visant à peine, mais la malchance s'acharne sur le malheureux détective terrorisé, et son arme s'enraye, le laissant pétrifié et sans défense devant le monstre.
Miss Peacock, ayant entendu les cris et les détonations, s'empare du fusil à pompe posé contre les étagères de la remise, et surgit au cœur du champ de bataille. Malgré la peur que lui inspire la créature, elle la met en joue et fait feu, déchiquetant les chairs flasques. Matthias Rand, agonisant, se jette par la fenêtre tandis que Blanchard pulvérise les montants de celle-ci de ses balles de gros calibre.
Le monstre, blessé, se retourne et se rue vers la jeune secrétaire en poussant un effroyable cri suraigu, mais est fauché dans son élan par une volée de chevrotines qui l'atteignent en pleine face; le corps désarticulé s'effondre avec vacarme sur le sol, et se dissout rapidement en une ignoble flaque graisseuse.

Le silence retombe.

Spencer se précipite alors dans les escaliers, suivi bientôt de Blanchard, mais la rue est déserte lorsque les deux détectives surgissent sur le trottoir. Plus de traces de la silhouette. Personne en vue. Seul le corps désarticulé de Matthias Rand gît dans une flaque de sang au milieu de la rue, sous la pluie fine qui ne cesse de tomber.

De retour dans les locaux dévastés, les deux détectives trouvent Ellroy, paralysé par la peur, la main crispée sur son arme, tandis que Miss Peacock, choquée, contemple le spectacle d'un œil dubitatif. Quelques gifles bien ajustées ramènent rapidement Ellroy à la réalité.
S'ensuit alors une discussion sur la conduite à tenir et sur la pertinence d'alerter les autorités. Les détectives décident, d'un commun accord et après s'être mis d'accord sur la version des faits, d'alerter la police.

Les officiers dépêchés sur place procèdent aux constatations d'usage, et, face aux explications plus ou moins confuses des détectives, décident d'emmener tout le monde au poste pour interrogatoire. Le corps disloqué de Matthias Rand est emporté par les services du coroner pour autopsie. Les interrogatoires, dont les faits sont corroborés par les services du Shérif de Greenfield, concluent à la légitime défense; les détectives sont invités à venir faire une déposition ultérieure et informé que le Bureau du Procureur statuera ultérieurement sur cette affaire, et qu'il passeront peut-être en jugement (même s'il est très probable que non).

Les services de police de Worcester informent alors les détectives d'une terrible nouvelle: le Shérif Taggert, ainsi que toute sa famille, ont été massacrés, ainsi que deux adjoints chargés de la protection de Jason Kendell, qui a disparu, lui, sans laisser de traces.Ces faits, graves et inquiétants, poussent nos enquêteurs à retourner sur les lieux du drame, et c'est le cœur lourd et la peur au ventre, qu'ils prennent la route maudite de Greenfield.

 A Greenfield, l'atmosphère est lourde. Les détectives ne sont pas les bienvenus, et c'est à contrecœur qu'un adjoint conduit les enquêteurs jusqu'à la demeure du Shérif, où subsistent encore les traces du carnage. Anna, la femme du Shérif, ainsi que son fils Tony, ont été égorgés, tandis que Bill Taggert était torturé à mort, démembré vivant et éventré: il est mort dans d'horribles souffrances a conclu le docteur Rohrs... Les seuls indices sont des traces ressemblant à des sabots dans la terre meuble du jardin. Quant à Jason Kendell et sa disparition, l'adjoint est sceptique et ne sait comment il a pu disparaître ainsi, ni comment les deux policiers expérimentés ont pu se laisser surprendre; il n'y avait en outre aucune trace d'effraction, et les portes de la ferme étaient toujours verrouillées lorsque la relève est arrivée.

Le Shérif a été inhumé le matin même à Greenfield, son épouse et son fils devant être enterrés à Boston, dans le caveau familial de la famille de sa femme deux jours plus tard (le mardi 7 mai).
 
Les détectives, désireux de rendre un dernier hommage au Shérif et à sa famille, se rendent à Boston afin d'y assister aux funérailles. Au cours de la douloureuse cérémonie, ils sont abordés par un homme grand, vêtu d'un costume sombre qui se présente comme étant le Capitaine Clayton McAllister du Bureau de Renseignement de la Marine (ONI), un ami du Shérif Taggert. Il a des choses à leur dire.

C'est autour d'un verre, dans un bar tout proche, que McAllister leur fait d'importantes révélations :

"Avant de mourir, Bill m'avait contacté pour me demander conseil. On s'était rencontré la veille de sa mort, et il m'avait remis un dossier sur cette affaire, dont la déposition d'un employé des Pompes Funèbres, un certain Jason Kendell, qui a disparu la même nuit que Bill. Je crois que tout n'est pas terminé. Apparemment, le culte que vous avez démantelé à Greenfield trouve sa source au cœur de la jungle de Guyane Française... D'après Kendell, il s'y trouverait un Temple, une sorte de quartier général, où Morton Hadley, le grand prêtre du culte de Greenfield, se rendait régulièrement, avec quelques-uns de ses plus fervents disciples. Kendell n'y était jamais allé, et il n'a pas pu en fournir la localisation exacte. Mais d'après ce qu'il a révélé, Morton Hadley disposait d'une carte de Guyane sur laquelle figurait l'itinéraire."

Cette carte n'étant pas en possession des détectives, le capitaine poursuit :

"Je sais que vous avez déjà eu votre lot d'émotions et d'ennuis, mais je crains que vous n'ayez pas le choix. Ils savent qui vous êtes, où vous résidez, et ils n'ont pas hésité à tuer un Shérif. Si vous ne les trouvez pas, eux viendront à vous pour vous faire la peau... Je suis prêt à vous aider. J'appartiens à une section spéciale de l'ONI, et je suis prêt à vous fournir toute l'aide dont vous pouvez avoir besoin pour monter une expédition en Guyane. J'ai accès à d'importantes ressources, aussi bien matérielles qu'administratives. Il vous suffirait de trouver ce Temple, d'évaluer la menace, et si vous me ramenez assez de preuves, je pourrais peut-être convaincre mes supérieurs de monter une opération..."

C'est ainsi que le mercredi 15 mai 1940, à 20H15, après un long voyage à bord d'un Douglas DC-3 de la compagnie Eastern Airlines, nos vaillants détectives débarquent sur l'aéroport de Miami. Ils sont accueillis par un militaire en tenue civile, et conduit à bord d'une berline noire jusqu'à une base de la Marine toute proche. Le capitaine McAllister les y attend, et il a de nouvelles informations à leur fournir.
 D'après ses renseignements, un type du nom de Mike Harrison, et correspondant au signalement de Morton Hadley, a embarqué le
vendredi précédent à bord d'un vol pour Cayenne avec très peu de bagages: juste un petit sac de voyage et un étui à carte. Le capitaine présume qu'il devra s'équiper sur place avant de s'aventurer dans la jungle, et espère que cela lui prendra du temps, ce qui laisserai le temps aux détectives de "l'intercepter" à Cayenne et de récupérer la carte... Le capitaine a un contact sur place qui pourra les aider.

Le temps est venu d'affronter les horreurs tapies au cœur de la jungle inexplorée de Guyane...
Dernière modification par Zool le jeu. févr. 13, 2020 10:16 am, modifié 1 fois.
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