Uzz a écrit : ↑mar. déc. 16, 2025 6:06 pm
Ca sent le chantier compliqué et les généralités intéressantes mais contredites par plein d'exceptions cette histoire.
Dr Hiatus a raison de faire le distinguo entre
1) le jeu/objet (la base du jeu, ses suppléments et scenarios) qui est le plus souvent un objet littéraire bizarre, à cheval entre une règle de jeu de société et une invitation au rêve
et 2) l'expérience créative sociale (et même parfois solitaire) qu'est la partie.
Les caractéristiques proposées par Qui Revient de Loin et Cdang semblent se concentrer surtout sur la partie. L'aspect éphémère et confidentiel est vrai pour la grande majorité des parties, mais la révolution des pratiques numériques est passée par là : les parties enregistrées à diffusion massive sont aussi devenues une réalité.
Oui, pour moi le JDR englobe forcément la pratique (le
play au sens des anglophones), sans exclure le jeu (objet/
game). D'autant plus que la nature hybride du game (jeu réglé ET univers littéraire) influe directement la pratique, il suffit de voire la différence entre jouer à "GURPS Madmax", à "Mad & Max by Lasers & Feelings" et jouer à "MadmaxWorld by PBTA".
Quant aux
actual play, ils ne me semblent pas changer le médium, juste l'élargir, et encore. Ils touchent certes plus de
spectateurs, mais pas plus de
joueurs car l'interactivité qui leur est accessible est très faible (suggestions dans le chat, votes sur des propositions fermées), voire nulle (simple écoute d'un
replay).
Et un spectateur ne vit pas, donc ne visualise pas, la même chose qu'un joueur car son engagement est différent (il n'a pas de personnage). Et je ne parle même pas du cas où les joueurs sont carrément des acteurs pro, qui plus est intéressés financièrement.
Ça serait comme considérer que regarder un match de foot c'est le même médium (je ne sais pas si le terme s'applique réellement ici) que de jouer au foot. Ce sont des expériences adjacentes, très fortement liées, mais différentes tout de même.
Enfin, hormis à transformer une partie d'
actual play en une pièce de théâtre (donc la transposer encore à un autre média) et à la filmer, elle resterait non-reproductible par des joueurs, donc demeurait éphémère.
Et l'univers partagé resterait aussi confidentiel en grande part car basé sur de l'oralité et beaucoup d'implicite : chaque spectateur ont des visions différentes de ce qui est joué (plu différente qu'en lisant des romans puisque ces derniers décrivent plus leur environnement, la psyché intérieur des perso).