Casus Belli - Tempus Fungi (Revue du n°63 mai - juin 1991)

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cdang
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Re: Casus Belli - Tempus Fungi (Revue du n°62 mars - avril 1991)

Message par cdang »

Merci @Guigui !

Bon, c'était pas forcément pour moi, c'est un élément de patrimoine qui pourra intéresser un·e historien·ne su JdR.

Le fait que la 1re thèse sur le JdR soit une thèse de psychiatrie interroge :mrgreen:
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Re: Casus Belli - Tempus Fungi (Revue du n°62 mars - avril 1991)

Message par Vociférator »

Le thème du transfert ou dédoublement de personnalité revenait de façon très récurrente dans les craintes par rapport au loisir à cette époque, alors qu'il me semble que même en psychiatrie c'est un fait exceptionnel.

Et merci @Guigui pour les recherches et les explications données :yes:
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Re: Casus Belli - Tempus Fungi (Revue du n°62 mars - avril 1991)

Message par Vociférator »

Florentbzh a écrit : mar. mai 12, 2026 8:50 am Bien triste, de voir ces disparus. :(

François, parti trop rapidement d'un cancer mais qui avait eu le temps de faire sa bio sur le GROG : https://www.legrog.org/biographies/fran ... er-nedelec

Sans que je sois particulièrement proche de ses productions, cela m'avait marqué de voir ce premier nom de mes années Casus disparaître si tôt.
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Re: Casus Belli - Tempus Fungi (Revue du n°62 mars - avril 1991)

Message par Vociférator »

senradackod a écrit : mar. mai 12, 2026 8:41 am
Sauf le jeune Bercoff, que je trouve déjà pénible (et comme tu l'évoquais, ça ne s'est pas arrangé depuis).

Par rapport aux minables qui l'ont suivi, soit psychorigides et donneurs de leçons, soit à dénigrer le loisir pour se croire drôle et se mettre en valeur, j'ai été agréablement surpris sur comment il gérait et écoutait son auditoire. Mais c'était à une époque où on ne coupait pas la parole, ou on ne cherchait pas attirer en permanence la caméra sur soi.

Et en dehors du JDR, j'ai trouvé intéressant de retrouver déjà ce format de talk show, alors qu'on est encore à l'aube de la décennie 1990.
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Florentbzh
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Re: Casus Belli - Tempus Fungi (Revue du n°62 mars - avril 1991)

Message par Florentbzh »

Vociférator a écrit : mer. mai 13, 2026 6:44 am
Florentbzh a écrit : mar. mai 12, 2026 8:50 am Bien triste, de voir ces disparus. :(

François, parti trop rapidement d'un cancer mais qui avait eu le temps de faire sa bio sur le GROG : https://www.legrog.org/biographies/fran ... er-nedelec

Sans que je sois particulièrement proche de ses productions, cela m'avait marqué de voir ce premier nom de mes années Casus disparaître si tôt.

Frontières de l' Empire, quand même 8) ....la Nuit des Bourrins et Marine, adaptés pour Space Opera, cela fait partie des scénarios qui m'ont marqué.Ne parlons même pas de l'Encyclopédie Galactique, un pur bijou. :wub:

Dans le lien que tu donnes, il avoue être fier de sa création, Avant Charlemagne.....il le pouvait, c'était en ce qui me concerne un cadeau de Noël, sans mauvais jeu de mots.
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Re: Casus Belli - Tempus Fungi (Revue du n°62 mars - avril 1991)

Message par Vociférator »

Florentbzh a écrit : mer. mai 13, 2026 7:23 am
Frontières de l' Empire, quand même 8) ....


C'est un peu pour ça que j'ai commencé mes revues de CB qu'à partir du numéro 39, je suis arrivé dans le loisir qu'après ces productions. Quand j'ai voulu rattraper le temps perdu en ayant pendant quelques temps certains de ces livres, j'avoue qu'ils m'ont laissé plus ou moins de marbre. De François, je garde surtout le souvenir du Tarot d'Ambre, là pour le coup découvert quand cette aide de jeu est sortie.
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Re: Casus Belli - Tempus Fungi (Revue du n°62 mars - avril 1991)

Message par Mugen »

Vociférator a écrit : mer. mai 13, 2026 6:50 am
senradackod a écrit : mar. mai 12, 2026 8:41 am
Sauf le jeune Bercoff, que je trouve déjà pénible (et comme tu l'évoquais, ça ne s'est pas arrangé depuis).

Par rapport aux minables qui l'ont suivi, soit psychorigides et donneurs de leçons, soit à dénigrer le loisir pour se croire drôle et se mettre en valeur, j'ai été agréablement surpris sur comment il gérait et écoutait son auditoire. Mais c'était à une époque où on ne coupait pas la parole, ou on ne cherchait pas attirer en permanence la caméra sur soi.

Et en dehors du JDR, j'ai trouvé intéressant de retrouver déjà ce format de talk show, alors qu'on est encore à l'aube de la décennie 1990.

Celà dit, on avait déjà Ciel Mon Mardi depuis 1988, même si l'objectif n'était pas vraiment d'être neutre et bienveillant...

Concernant Bercof, j'avais gardé de lui une image très positive, du fait de l'article de Casus détaillant le tournage de cette émission, qui était très enthousiaste. Puis j'ai vu ce qu'il était devenu sur Sud Radio, défendant tout ce qui se fait de pire en matière de désinformation...
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Re: Casus Belli - Tempus Fungi (Revue du n°62 mars - avril 1991)

Message par Vociférator »

Mugen a écrit : jeu. mai 14, 2026 9:34 am
Concernant Bercof, j'avais gardé de lui une image très positive, du fait de l'article de Casus détaillant le tournage de cette émission, qui était très enthousiaste. Puis j'ai vu ce qu'il était devenu sur Sud Radio, défendant tout ce qui se fait de pire en matière de désinformation...

J'étais moi-même curieux de savoir ce qu'il était devenu après ce moment télévisuel et l'arrêt de la chaîne La 5 à qui il ne restait que quelques mois à vivre à l'époque, et c'était en effet navrant.
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Re: Casus Belli - Tempus Fungi (Revue du n°63 mai - juin 1991)

Message par Vociférator »

Nous arrivons maintenant à la moitié de cette année 1991 avec ce bimestre mai-juin, et celle-ci commence à avoir le goût et les couleurs en teinte de gris de ce qu’on aura retenu de la décennie 1990.

A l’international d’abord, et plus particulièrement à l’Est de l’Afrique, si l’Ethiopie finit enfin de se débarrasser du sinistre Mengistu, c’est la Somalie qui en revanche s’effondre. Pareil au nord avec l’Algérie qui se désagrège progressivement avec les poussées du Front Islamique du Salut, en excitant la pression populaire : l’armée tire, l’Etat de Siège est instauré mais la bascule définitive se fera en fin d’année avec les élections législatives à venir. Beaucoup plus en bas, c’est l’Afrique du Sud qui finit de se débarrasser des derniers vestiges de l’apartheid, ce qui lui permet de réintégrer la communauté internationale.

Autres pays qui se désagrègent alors, c’est d’abord l’URSS avec la Géorgie qui proclame son indépendance. Moscou tente de garder le contrôle, mais plante en même temps les derniers clous dans le cercueil de l’ère soviétique avec le démantèlement du Pacte de Varsovie, pour le plus grand malheur des wargamers, et le départ des troupes des pays frères. Signe de cette détente sans retour arrière possible, l’Allemagne réunifiée vote aussi à cette période pour rétablir la capitale de Bonn à Berlin, malgré les craintes sur le retour de la Großdeutschland que cela fait naître.

Sur la situation intérieure soviétique, alors que Leningrad redevient elle-même Saint-Pétersbourg, c’est aussi à ce moment que Boris Eltsine devient président de la République de Russie, qui est encore une composante d’une URSS dirigée par Mikhael Gorbatchev. Enfin, la Yougoslavie entame son effondrement, avec les proclamations conjointes des indépendances de la Slovénie et de la Croatie, et le début des affrontements armés qui restent encore contenus.

On franchit l’Atlantique pour assister à l’arrestation de Pablo Escobar en Colombie mais ceux qui ont suivi la série Narcos savent que ce n’était encore qu’un arrangement « touristique » pour installer Pablo dans une « prison » tout confort sous son contrôle, et en échange qu’il ne soit pas extradé vers les Etats-Unis. Concernant l’Oncle Sam, l’actualité est le premier trophée en Championnat NBA des Chicago Bulls face aux Los Angeles Lakers, le règne des Bulls étant lui-même emblématique de cette décennie 1990, et qui va consacrer de nombreuses vocations de basketteurs jusque sur nos rivages.

Avant qu’on ne passe sur nos actualités françaises, quelques événements d’ampleur mondiale à cette période : c’est d’abord la sortie de Sonic sur Megadrive de Sega. Mais c’est surtout le courroux de Mère Nature qui marque cette période. D’abord avec un premier tremblement de terre à Los Angeles qui préfigure celui majeur qui interviendra en 1994 (on en reparle dans 3 ans), et surtout l’éruption du volcan Pinatubo aux Philippines, provoquant plus de 1000 morts et des rejets dans l’atmosphère dont on estime qu’ils ont rafraîchi la température d’un demi-degré à l’échelle de la planète.

Or donc, en France pour finir, c’est la fin du Gouvernement Rocard après 3 ans d’exercice : Edith Cresson devient Première Ministre, et c’est la première fois que cette fonction est occupée par une femme. Le chômage qui avait réussi à reculer depuis 1988 est reparti à la hausse, et l’aggravation va s’accélérer pour balayer en à peine quelques mois toute l’embellie jusqu’alors réalisée. Le déficit de la Sécurité Sociale empire, et ces mauvaises nouvelles économiques installent ainsi une situation qui va perdurer pendant la décennie.

Après Sartrouville, c’est aussi Mantes la Jolie qui s’agite pendant plus d’une semaine, d’abord avec la mort d’un jeune en garde à vue, et une escalade ensuite des violences qui voit la mort d’une policière, puis d’un autre jeune abattu par un policier.

Après la dislocation du Gouvernement Rocard, la scène politique se durcit aussi : ainsi, Chirac prononce son fameux discours sur le Bruit et l’Odeur pour aller surfer sur les thèmes et le langage du Front National, avant de s’en mordre très fort les lèvres. Enfin, alors que plus d’un an plus tard l’affaire de Carpentras n’est toujours pas élucidée, débute une autre affaire fleuve avec l’assassinat de Ghislaine Marchal et l’inscription « Omar m’a tuer ».

Fin des actualités et Casus n°63, action ! La couverture pour ce bimestre est de Jean-Denis Pendanx.

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Le bandeau de la couverture remet bien dans l’ambiance de 1991, avec la sortie d’Akira dans les salles de ciné, Heavy Metal la dernière grosse production de Siroz pour continuer de surfer sur le succès d’INS / MV, ou encore Zargos qui grâce à son tournoi national met en lumière les jeux de plateau, qui sont encore très marginaux en termes de pratique.

L’édito de Didier « Joe Casus et Annabella Belli » Gx, que je reproduis ici, fait la part belle au hit des cadeaux de Noël 1990, non pas la Boîte Rouge d’un TSR qui a déserté l’Hexagone ou d’un Gallimard qui a abandonné l’Oeil Noir, mais au Heroquest de Games Wokshop traduit massacré par MB, mais distribué avec la puissance des circuits de distribution de MB. Didier tente de mobiliser avec raison le public rôliste pour que celui-ci prenne le relais de ce succès, en proposant toujours plus d’ouverture et d’initiation !

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On commence avec la rubrique Manifestation, et surtout le débriefing de celles passées, après le copieux programme présenté dans le numéro précédent, et pas moins de 10 retours de manifestations diverses et variées. Je retiendrai ici surtout le Salon des Jeux de la Porte de Versailles, avec des commentaires beaucoup plus positifs que sur les éditions précédentes : espace plus grand, décor et ambiance à l’avenant, et présence même de MB dans les exposants.

Casus salue aussi une initiative de la Guilde de Picardie avec une partie de jeu de rôle en format multi-joueurs (30 participants, et plusieurs MJ), recyclant des mécanismes de Grandeur Nature pour gérer cette dimension : outre l’aspect innovation, Casus est aussi content de chroniquer un événement qui n’est pas un tournoi avec le meilleur Meneur de Jeu machin, et le meilleur joueur Truc comme c’était la pratique généralisée à l’époque…

Comme les annonces et les débriefings d’événements prennent beaucoup de place, le reste de la partie rédactionnelle est très réduite. Il sera surtout question de l’enregistrement et de la diffusion de l’émission Ca vous regarde sur La 5, que vous avez pu donc revisionner un peu au-dessus. Casus se félicite de la réussite de ce moment de TV, alors que les jeux de simulation commencent à accrocher les casseroles depuis l’Affaire de Carpentras l’année dernière, ou les polémiques issues de la Guerre du Golfe.

On passe sur les prévisions météoludiques et les critiques de ce bimestre mai-juin 1991, où je fais une bifurcation rapide puisque la courte éphéméride qui ouvre la rubrique nous renvoie vers ce fameux clip alors très en vogue.
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Tandis que des éditeurs disparaissent (Flamberge), d’autres surgissent : Fleo, avec la sortie de Mercenaires dont Casus fait une critique très positive ; idem pour Role Mag / Messager, même si la critique est plus tempérée vu la production bas de gamme de ce jeu de rôle. Mais tout ceci est bien maigre, et la production française n’est donc plus que principalement portée par les grosses locomotives.

D’abord Descartes avec les gammes avec Warhammer (Repose Sans Paix), TORG (Le Calice des Possibilités), Star Wars (le module Outrespace), L’Appel de Cthulhu (Les Mystères d’Arkham), et une prévision bien imprudente puisque même le visuel de la couverture qui ne sera jamais produite est présenté : SangDragon pour Simulacres, avec une annonce pour avant l’été, alors qu’elle n’interviendra en réalité que de longues années plus tard en Hors-Série Casus Belli…

Ludodélire a enfin sorti ses deux jeux phare qui vont faire sa réputation et convertir davantage vers les jeux de plateau : Footmania et Formule Dé. Oriflam sort également enfin La France pour Hawkmoon, supplément désormais mythique et sur lequel Tristan ne tarit pas d’éloges. L’éditeur nancéo-messin prévoit également de traduire le moins mythique Pirate des Mondes pour Hawkmoon / Stormbringer, et dans la lignée de la couverture de la VF de Cyberpunk, l’écran sort avec un dessin original de Gassner, à comparer comme toujours avec la version US qui paraît à peu près en même temps (et dont je découvre qu’il n’est pas référencé sur le GROG) :

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Quant à Siroz, c’est Heavy Metal qui est évidemment à l’honneur avec son écran de Manchu, qui fait partie de mes écrans coups de cœur tous jeux confondus :

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Sinon INS / MV continue encore et toujours avec l’excellent recueil de scénarios Il Etait une Fois. Et Siroz officialise enfin le repositionnement de sa production : exit les vieilles gammes d’Universom, de Whog Shrog ou Zone de ses fondateurs et auteurs historiques, seul Berlin XVIII parviendra à traverser l’épreuve des ans !

On passe de l’autre côté de l’Atlantique, avec finalement pas tant de décalage sur le paysage rololudique français : les sorties sont moins abondantes, et le marché est surtout tenu par les grosses locomotives US équivalentes.

Un peu de Chaosium avec l’AdC et la suite du Pays de Lovecraft avec l’annonce de Return to Dunwich, du FASA avec Shadowrun (la première version de Virtual Realities pour la Matrice, qui va inaugurer une série de suppléments qu’on reverra pour chaque édition du jeu), ICE un peu en léthargie tente de rattraper le retard pris sur pas mal de choses annoncées précédemment : un recueil de PNJ pour Rolemaster (Character Heroes et Rogues), le Space Master Companion I pour Space Master ou Alien Enemies et The Olympians pour diversifier ses parties de Champions vers les menaces venant de l’Espace ou de la Mythologie Grecque. ICE tente également des incursions sur le jeu de plateau en rééditant Organized Crime ou en annonçant Bladestorm, jeu de combat avec des figurines pour tenter de détrôner Warhammer Battle.

GDW, à l’instar de Siroz, semble avoir enterré ses vieilles gammes et ne continue à développer que Twilight 2000, ou se relancer avec la parution d’un Dark Conspiracy, sur un thème similaire et qui réussira commercialement aussi bien que Heavy Metal... West End Games mise pour sa part sur Star Wars (le module Domain of Evil) et TORG.

Enfin et évidemment, TSR ne semble en revanche pas se porter trop mal, malgré (ou grâce à ?) la gestion de Lorraine Williams : évidemment du Buck Rogers (le module A Matter of Gravital), du Forgotten Realms (Nightmare Keep, Horde Campaign), du Ravenloft (le Monstruous Compendium Appendix), encore du Spelljammer (le module Under the Dark Fist), la relance de Dragonlance (Tree Lords), ou le développement de AD&D soit comme système de jeu pour des jeux historique (le supplément Vikings dans la nouvelle gamme Historical References à couverture verte), ou des suppléments génériques et additionnels comme le Tome of Magic.

L’éditeur de Lake Geneva fait aussi les annonces suivantes. D’abord la sortie très prochaine du successeur de la Boîte Rouge, la Boîte Noire qui restera moins dans les mémoires, sauf pour une innovation notable : l’apparition du d4 avec les chiffres sur les sommets et non sur les bases ! Ensuite, une nouvelle édition de Marvel Super Heroes, qui montre avec Buck Rogers la volonté de sortir du tout AD&D. Et, et… la prévision confirmée des VF de la 2ème édition du Manuel des Joueurs et du Guide du Maître, mais plutôt pour la seconde moitié de l’année, la version québécoise étant manifestement en cours de traduction vers le français, hum… Toujours dans la partie fumeuse de la production en VF de D&D, il est aussi annoncé que ce sera Hexagonal qui traduira la Boîte Noire mentionnée plus haut, et prévue dès cette année 1991 dans la foulée de la sortie de la VO !!! (en réalité et sans surprise, la boîte arrivera plus tardivement et commercialisée directement par TSR…).

A côté de ces productions, il reste de plus petits éditeurs qui surnagent grâce à des jeux avec des marques fortes : Mayfair avec Chill et la sortie du supplément Vampires (non, comme Prédateurs chez Flamberge, il ne s’agit pas encore de la version de White Wolf), Palladium avec Rifts et la sortie du supplément Vampire Kingdom (non, comme chez Mayfair, il ne s’agit pas encore de la version de White Wolf). On retrouve aussi Talsorian avec Cyberpunk et la version US de l’écran mentionnée plus haut, ou encore Steve Jackson Games avec GURPS, et la sortie d’un GURPS China qui confirme la production toujours originale de l’éditeur texan (et dont la chronologie s’arrête sur le massacre de la Place Tian'anmen encore très contemporain).

Un petit tour sur les critiques que je n’ai pas abordées sur les produits annoncés. On y trouvera surtout du AD&D2, manifestement plus issu de la collection d’Anne Vétillard (elle en signe la totalité) que du SP reçu par Casus. Sont revus ici les deux premiers suppléments à couverture bleue que sont le Campaign Sourcebook and Catacomb Guide et The Castle Guide. Sur le premier, @Orlov nous en avait déjà parlé puisqu’il s’agit du fameux recueil de conseils de « bienséance » avec certaines considérations lénifiantes (ou visionnaires si l’on veut considérer celles-ci comme les prémisses du Contrat Social), et que ne manque pas de relever Anne, tout en essayant de trouver un intérêt (modéré) sur les autres aides de jeu proposées.

Anne est plus emballée par le Castle Guide, plus cohérent et plus dense en informations utiles. Enfin, on repasse sur les couvertures marrons avec le Complete Psionics Handbook qui consacre les pouvoirs psioniques non plus comme partie intégrante des règles de base, mais comme une Classe de Personnage à part entière. Enfin, toujours pour AD&D, mais sans couverture marron / bleue / vert, la critique du jeu informatique Eye of the Beholder, digne successeur manifestement de Pool of Radiance.

Quittons le désormais « plus grand jeu de rôle au monde » pour continuer sur TORG avec la revue de @Tristan des suppléments Cyberpapacy et GodNet de la France d’André Malraux, sorte de croisement improbable – comme ne savait le faire que TORG – entre un contexte religieux et les clichés du cyberpunk qui se serait greffé dessus : pas étonnant que Tristan apprécie particulièrement ! J’en profite pour rappeler ici rapidement puisque ce sont celles qui occupent majoritairement ces pages, que toutes les critiques d’Anne et Tristan sont consultables sur le GROG en retrouvant les fiches des matériels que j’ai mentionnées.

Presqu’aussi éclectique que la Cyberpapauté de TORG, ce sont les critiques du Docteur Stora avec une revue de nombreux wargames (Carier, Operation Shoestring, Air Bridge to Victory, ou l’aussi improbable SS Amerika) d’un côté, et le supplément Lilith (en espagnol), recueil de scénarios pour Aquelarre qui nous ramènent dans l’Espagne historique médiévale, avant que la Reconquista n’ait été achevée.

Autre « Reconquista » beaucoup plus récente et sulfureuse, c’est la critique de Laurent Henninger d’Arabian Nightmare, wargame issu du magazine Strategy & Tactics, et qui reprend les dernières informations à jour pour rejouer une Guerre du Golfe achevée depuis quelques semaines. Dans un registre plus riant (?), terminons avec le jeu de plateau Space Crusade puisqu’après le succès de Heroquest, MB traduit et diffuse cet autre très bon jeu de Games Workshop. CROC en fait une excellente critique, et on se demande bien pourquoi MB n’a pas ensuite poursuivi son incursion dans les jeux de l’imaginaire, après ces deux succès commerciaux ? Beaucoup plus confidentiel, mais qui montre un marché du jeu de plateau qui frémit, André Foussat revoit pour sa part Droïds chez Descartes Editeur, et en dit tout autant du bien.

L’Epreuve du Feu est pour sa part consacrée à Heavy Metal, le nouveau jeu du tandem CROC / Matthias Twardowsky après le succès de INS / MV, et avant qu’une brouille durable n’oppose les deux auteurs. Pour remontrer qu’il s’agissait bien d’un tandem, je ne résiste pas à reproduire les crapougnats pour le jeu et le clin d’œil fait à Matthias.

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Pour en revenir à Heavy Metal, on retrouvera dans ce jeu tout ce qui a fait la quintessence de la patte Siroz des années 1990 :
- une proposition forte sur laquelle on adhère ou non, et qui conditionnera le succès ou l’échec flagrant des jeux publiés (ici, on sera clairement dans le 2ème cas)
- un ton Siroz, comme le ton du Canal+ de l’époque avec Les Nuls ou Les Guignols de l’Info, sur lequel on adhérera ou pas avec son lot de private jokes
- mais surtout un jeu avec une vraie projection de développement à travers une campagne et des révélations à venir, ce que l’échec de Heavy Metal fera avorter : on n‘en saura donc pas davantage sur les objectifs du complot Hopson, et le supplément Concrete Jungle – qui ne paraîtra jamais – tombera dans l’indifférence et ne restera pas dans les mémoires, contrairement à Nature pour Scales qui bénéficiera d’un engouement plus vif des Siroz fanboys…

On passe sur les aides de jeu. D’abord les matériels assez courts, avant d’attaquer le gros menu de ce numéro. On trouvera donc :
- Une Cathédrale abandonnée, issue d’un concours lancé par le Barbare Déchaîné. Comme c’était limité à une page, c’est malheureusement un peu court.
- Une missive elle-même limitée à une page de Fwouinn le Parcheminé, par le sieur Gerfaud. C’est inspiré et poétique mais là encore assez mineur en raison de la taille réduite et du format atypique de ce type de production.
- Profession : Inquisiteur par Tristan, à la fois dans la lignée historique des articles du numéro précédent autour de la découverte du Nouveau Monde, mais en bien plus étendu puisque Tristan ne s’intéresse pas seulement au visage espagnol de l’Inquisition mais à ses origines, ses mécanismes et son extrapolation pour tous types d’univers à connotation religieuse mais surtout doctrinaire (notamment la Cyberpapauté de TORG).

C’est surtout le dossier Akira qui occupe la place dans ce numéro 63, avec une aide de jeu sur le décor de ce Manga et le Néo Tokyo de 2019, et un scénario Scramblers in the Night motorisé par SimulacreS. Comme vous vous en doutez, ça a quand même pas mal vieilli, à commencer que comme pour Cyberpunk 2020, nous avons maintenant dépassé la date de péremption de ces univers. Mais pour la partie Akira, il y a aussi une dystopie de conflit nucléaire généralisé qui a refaçonné le Japon et qui en faisait un décor réaliste, renforcé par un Japon contemporain dont on craignait encore qu’avec ses industries électroniques et sa modernité, il dépasse en puissance les Etats-Unis…

Le dossier est surtout intéressant pour faire découvrir à l’époque des univers imaginaires confidentiels puisque la culture manga en 1991 était encore très marginale, et autant dénigrée que les autres cultures de l’imaginaire : les polémiques contre le Club Dorothée et les japoniaiseries commençaient alors à enfler… Le billet d’humeur de Pierre Ronsenthal que je reproduis ici remet bien en éclairage les débats du moment :

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Revenons tout de même sur le matériel : on trouvera deux pages agrémentées des images d’animations du film, et une carte du Néo Tokyo malheureusement peu lisible pour un très rapide aperçu de la ville, de son ambiance et surtout des factions qui s’affrontent. Si vous ne connaissez pas le manga, cela invite surtout à aller voir le film et c’est aussi suffisant pour faire jouer le scénario. Lui-même, coincé dans les clichés à reproduire du film (les affrontements sur l’autoroute, la police répressive), se sent évidemment à l’étroit dans les 4 pages qui lui sont dédiées, et son adaptation à un système SimulacreS peu mangaesque. Le dossier vaut donc surtout pour la découverte qu’il permettait de faire à l’époque de cet OVNI visuel, et éventuellement détourner le genre Cyberpunk avec cette adaptation nippone plus déjantée (ce que d’ailleurs Talsorian fera de façon officieuse avec la gamme Cybergeneration quelques années plus tard).

En plus du matériel Akira présenté, le traditionnel encart propose quatre autres scénarios avec ce numéro :

• Un scénario Heavy Metal de Matthias Twardowski qui montre à la fois les ambitions et les limites de ce nouveau Jeu de Rôle : ne pas s’arrêter à un jeu purement satirique sur les travers de l’ère moderne, avec une société avancée de l’information, hyper cynique ou hyper lobotomisée. Malheureusement, le scénario échoue là où le jeu échoue. No Voices in the Sky propose en effet d’incarner des URC qui se limitent à juste jouer des robots bourrins et répressifs, sans parvenir à leur donner une dimension et une complexité comme le Robocop de Verhoeven dont ils sont directement inspirés. Il ne reste donc de cette proposition que quelques scénettes sympas et une intrigue épaisse comme du papier à cigarettes, qui à mon avis ne vous décideront pas de sortir votre Heavy Metal du grenier. Pourtant, quand on y regarde, Heavy Metal contenait les mêmes promesses qu’INS / MV mais son échec commercial évident dès l’année 1991 ne lui aura pas permis de développer un background bien plus élaboré, qui lui aurait permis de démontrer son potentiel. C’est aussi le défaut de l’équipe Siroz d’alors, notamment avec ce scénario de Matthias, qui à l’instar de White Wolf pouvait produire des jeux novateurs et les massacrait ensuite avec des scénarios paresseux ou mal finis. J’arrête ici le parallèle au risque de faire du hors sujet.

Pour qui sonne le glas ? est un scénario Rêve de Dragon comme Denis Gerfaud en a tant écrit : imaginatif et hyper linéaire. On retrouvera les sempiternels jeux de mots de l’auteur – ici la ville Toll qui doit être l’aboutissement de la Quête – et une Quête trop facile mais celle-ci réserve une belle surprise : du coup, je suis très partagé entre considérer que ce scénario présente un intérêt très limité par rapport à toute la production Rêve de Dragon, ou qu’il peut présenter une bonne porte d’entrée pour découvrir ce jeu…

Il court, il court le Furet est un scénario pour Hurlements de Frédéric Ménage très très plaisant à lire, et que j’aurais bien aimé adapter pour un autre jeu grâce à son immersion médiévale historique très réussie (et que ça fait maintenant longtemps que Hurlements a déserté mes étagères ludiques pour faire de la place). Mais vu l’implication de la Caravane et des éléments fantastiques propres à Hurlements dans ce scénario, c’est peine perdue. Et d’ailleurs ce scénario qui propose un chouette rebondissement ne pourra fonctionner que comme un ajout sur une campagne. Il vous faudra en effet des joueurs qui ont déjà une bonne expérience du jeu ET que les PNJ de ce scénario aient été introduits avant, pour que les ficelles ou l’arbitraire du MJ soient moins grosses. Incontournable donc si vous avez une collection Hurlements, et complètement dispensable sinon

Mauvaise Rencontre est un scénario JRTM non pas d’Anne Vétillard, mais d’Olivier Guillo, qui démarre comme avec un scénario d’Anne Vétillard sur un extrait des écrits de Tolkien, et avec la même érudition Tolkieniste que les scénarios d’Anne Vétillard. Il reprend en effet un dicton du Gondor (« Il trouvera plus sûrement le chemin de la maison par une nuit sans lune que ne l’auraient fait les chats de la Reine Beruthiel ») pour proposer tout un développement autour de la Reine Beruthiel, et ce que pouvaient être ses chats. C’est assez réjouissant, mais le scénario se perd dans les défauts de ses qualités : Olivier a en effet fait un travail minutieux en proposant en aide de jeu toutes les mentions et ressources qu’on peut retrouver sur la PNJ centrale de ce scénario. Malheureusement, celui-ci se perd ensuite à ne pas avoir été fixé sur une période de référence, et proposer et adapter sa trame pour tous les Âges possibles. Encore une fois, c’est certes très érudit, mais la place que ces multiples options prennent, ajoutées à la lourdeur du système JRTM qui bouffe un espace conséquent pour faire figurer les différentes stats, laissent au final une marge plus que réduite sur le développement de l’intrigue elle-même. Dommage donc, mais prometteur si on est prêt à retrousser ses manches et reprendre le tout !

Avant d’aborder la partie wargames, un peu de rédactionnel divers. D’abord une interview de Jon Walter Williams, l’auteur alors très en vogue de la mouvance Cyberpunk avec Câblé, mais que Casus nous fait découvrir car il est bi-classé rôliste, et auteur précédemment du JDR Privateers & Gentlemen chez FGU. Malheureusement, l’interview qui se limite à une page et qui a été faite par fax interposé est très formelle et ne raconte pas grand-chose, si ce n’est que Walter est très pote avec un George RR Martin encore très confidentiel.

On trouvera ensuite une revue d’un Jeu par Correspondance, Légende Viking, écrite par Marc Laperlier, avec un vrai SAV par téléphone. Enfin, on termine avec un dossier de deux pages de conseil pour Zargos, dont le lancement d’un Championnat de France semble le consacrer comme le gros jeu du moment.

Enfin, comme pour les zines, je m’arrête très rarement sur la rubrique Métalliques mais celle de ce numéro est particulière, car elle aborde la possibilité de fondre soi-même ses figurines en plomb, grâce à du matériel récemment commercialisé. On assiste donc aux débuts de l’impression 3D, mais qui aura moins fait date vu les manipulations sensibles à effectuer pour traiter du plomb fondu à domicile !

Il est temps de passer au wargame où Casus bascule des batailles de l’Antiquité à la Deuxième Guerre Mondiale, et plus spécifiquement au Front Est en ces temps de dégel avec une URSS encore existante mais chancelante. Je me rappelle avoir été très marqué par la lecture de ce dossier, composé d’un copieux volet historique. En effet, pour cause de Guerre Froide, d’accès aux archives et sur le fait que la France avait été libérée par les Anglo-Américains, notre connaissance scolaire du conflit était surtout liée aux opérations du Front Ouest. L’affrontement démesuré sur le Front Est ne nous était connu que par quelques batailles symboliques et décisives comme Stalingrad ou Koursk, ou les chiffres vertigineux des pertes humaines.

Mais notre lecture d’ensemble était en général tronquée à moins d’être très versé dans l’Histoire militaire, et ce dossier magistral de Casus permet de redonner une vision d’ensemble de ce théâtre d’opération dantesque, et rendre justice au sacrifice de l’homo sovieticus. L’édito de Laurent Henninger que je reproduis ici est au diapason :

Spoiler:
Image

On devine cependant dedans le même défaut que la partie adverse, quand on évoque cette partie du conflit, à minorer le rôle joué par les Alliés : sur le Front Ouest où les opérations du Débarquement ont permis la déculottée phénoménale subie par la Wehrmacht avec Bagration en juillet 1944 ; ou que les convois de ravitaillement alliés ont affronté tous les dangers de la navigation dans le Grand Nord pour soutenir l’effort de guerre soviétique, et permettre à l’Armée Rouge de reconstituer les pertes gigantesques de matériel subies, d’abord avec Barbarossa puis avec les batailles titanesques qui suivirent.

La première partie de ce dossier redonne donc une chronologie du conflit : il s’agit de la traduction d’un article du maître d’œuvre d’Europa, puisque Casus consacre ensuite l’équivalent d’une épreuve du feu à ce Monster Game permettant de rejouer les opérations sur le Front avec les modules Fire in the East / Scorched Earth / The Urals. Suit une interview instructive mais passablement pédante, comment le sont parfois les wargamers, de deux membres du Club Europa France, qui confirment bien qu’on parle d’un Monster Game. Et étant donné la dimension du conflit, Casus en profite pour compléter ce dossier avec les jeux grand stratégiques, qui couvrent certes toute la Seconde Guerre Mondiale, mais permettent avec leur conception de mettre en œuvre des mécanismes similaires de complexité et de taille des affrontements comme ceux du Front Est. Sont ainsi revus le World War II de TSR / SPI depuis oublié, et le bien plus célèbre World in Flames d’Australian Desgin Group.

On termine ce copieux dossier avec un retour à l’Antiquité, d’abord avec des règles optionnelles pour Les Diadoques, le wargame de Casus des numéros précédents, et ensuite puisqu’on aborde les Monster Game, une revue du jeu Republic of Rome que Descartes finira par traduire sous Res Publica Romana. On est un peu à la jonction entre le platal et ouargame avec ce matériel aux règles très élaborées et aux temps de jeu tout autant étirés (même si le jeu était vraiment excellent dans mes souvenirs).

Fin de ce numéro avec les traditionnelles rubriques SF / BD / Universalis. Dans la première, Roland Wagner vient nous parler des fameuses collections de Presses Pocket « Machin (qui a un nom célèbre et qui fait vendre ™) présente » des textes que le fameux Machin n’aura pas lus, et pondus parfois par des scribouillards qui étaient juste dans la vénération de Machin, ou avaient un besoin urgent de boucler les fins de mois. C’est ici un recueil (Futurs à gogo) relié à Isaac Asimov dont il est question. Roland doit finalement convenir qu’il est réussi, passé l’agacement sur ce type de politique bien plus commerciale et littéraire, et que je repartage ici puisque ça m’a renvoyé à certains navets de ces fameuses éditions que j’ai moi-même subis, en croyant lire les auteurs originaux…

Autre recueil réussi malgré la détestation apparente de Roland (décidément !) de l’anthologiste, ce sont les deux tomes des Territoires de l’Inquiétude chez Denoël, préfacé donc par Alain Dorémieux qui se retrouve rhabillé pour l’Hiver (ou plutôt pour l’Eté). On trouvera sinon pour ce numéro de Casus du plus classique avec des noms tout aussi célèbres (mais il s’agit bien de leur production, même si ce sont des rééditions) : Jack Vance avec Crimes et Enchantements, ou Philip José Farmer avec Des Rapports Etranges. Je zappe honteusement le reste des romans présentés, tant les titres et les auteurs ne m’ont pas parlé… Comme quoi, la politique commerciale de Presses Pocket ne faisait finalement pas si fausse route que cela, quand on n’avait pas la vocation d’être un exégète de la SF comme Roland.

Pour les BD, même profusion de titres et d’auteurs qui me restent obscurs, et dont j’aurais bien du mal à rendre justice. Je vais donc me limiter à ce qui m’a parlé ou intrigué, puisqu’il est parfois facile de trouver ces vieilleries pour une bouchée de pain en occasion (quand le vendeur ne s’est pas mis en tête de proposer un prix à la hauteur d’une œuvre d’art puisqu’il s’agit d’une EO). Or donc, évoquons pour ce numéro Sark du duo Taduc / Dieter a priori propice pour du Cape et Epée, mais pendant la régence au XVIIIème siècle (mais un Philippe d’Orléans doit bien valoir une Marie de Médécis non ?). Continuons avec Venturi de Delitte et Richel pour se plonger en 1922 à Shanghai. André Foussat termine enfin avec un énigmatique La malédiction des sept boules vertes (et non pas de cristal) de Laurent Parcelier, qu’il recommande pour sa proximité avec Rêve de Dragon. Et sinon sur les autres grosses locomotives de l’époque, on aura pour cette livraison le tome 5 des Héritiers du Soleil, le tome 7 des Tours de Bois Maury, ou le tome 3 de Fulu, ou encore le tome 2 de l’adaptation BD du Cycle des Epées.

On termine avec l’Universalis et le retour de Tristan pour ce numéro. Maintenant qu’on a bien avancé d’un quart de siècle, que diriez-vous de vous replonger dans ce livre de prospective « 2100 récit du prochain siècle » et qui prédisait le renouveau de l’enseignement avec les jeux de rôle (ce sur quoi on a bel effet miroir avec le Casus Belli de BBE et les articles Prof de JDR) ?

Plus classique, Tristan nous propose des ouvrages historiques : Les Assassins de Bernard Lewis, sur la fameuse secte du Vieux de la Montagne ou L’Homme de Cour de Baltasar Garcia, sorte de version espagnole du Prince de Machiavel, qui m’était inconnu et qui me semble un classique très recommandable qui a traversé les âges.

Pour se distraire, des récits d’aventures historiques imaginaires ou réels : Le Collier du Prêtre Jean de John Buchan, ou plus original Lettres et Journaliers d’Isabelle Eberhardt ou Au pays des brigands gentilhommes d’Alexandra David-Neel qui ont, selon Tristan, l’excellent mérite d’avoir été écrits par des femmes, mettant ainsi en avant leurs auteures dans des expéditions vécues, et de sortir des clichés des héroïnes qui s’évanouissent ou poussent des cris stridents face aux dangers.

Enfin, actualité ciné oblige mais avec toujours la contrainte de parution d’un bimestriel, Tristan recommande la novélisation de Danse avec les Loups, ou s’empresse de recommander d’acheter la VHS de Cyrano de Bergerac. Je me rends compte que contrairement aux inspis SF et BD, j’ai fait une revue un peu longue de la partie de Tristan mais j’avoue que les références citées, même 35 ans plus tard, continuent à faire saliver.

Et nous terminons donc avec ceci, rendez-vous donc au prochain bimestre !!
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Florentbzh
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Re: Casus Belli - Tempus Fungi (Revue du n°63 mai - juin 1991)

Message par Florentbzh »

Merci pour ce long travail qui doit être bien chronophage   :yes:

Juste deux remarques, enfin deux questions, histoire de m'éclairer

1° Je cite
’il s’agit du fameux recueil de conseils de « bienséance » avec certaines considérations lénifiantes (ou visionnaires si l’on veut considérer celles-ci comme les prémisses du Contrat Social)
J'ai rien compris ? :? :D

2° Pour le tropisme pro-soviétique du dit Laurent Henninger, est-ce le même qu'on peut lire ici (lien ci-dessous) ? (et qui je crois est repris dans des médias très neutres et objectifs type Frontières ou Sudradio )

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Re: Casus Belli - Tempus Fungi (Revue du n°63 mai - juin 1991)

Message par Vociférator »

Florentbzh a écrit : ven. mai 15, 2026 7:22 am
J'ai rien compris ? :? :D

Je te renvoie à la fiche du GROG (https://www.legrog.org/jeux/ad-d-regles ... b-guide-en), et plus particulièrement à la première section du supplément où on retrouve des banalités comme "arriver à l'heure à une partie" ou "ne pas manger comme un goret pour laisser l'espace de jeu propre". On va dire que c'était le premier supplément qui abordait officiellement des conseils de ce type, mais avec un niveau qui laissait manifestement pantois.

Florentbzh a écrit : ven. mai 15, 2026 7:22 am 2° Pour le tropisme pro-soviétique du dit Laurent Henninger, est-ce le même qu'on peut lire ici (lien ci-dessous) ? (et qui je crois est repris dans des médias très neutres et objectifs type Frontières ou Sudradio )

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Sujet délicat mais c'est vrai qu'avec le conflit ukrainien, j'ai vu basculer une partie de la galaxie wargame de notre époque (je pense plus particulièrement à Jacques Sapir) manifestement marqués par nos cartes à hexagones, et partant du principe qu'on ne gagne jamais une guerre contre la Russie (ce qui est historiquement faux), en raison de son espace géographique, de ses réserves et de l'abnégation ou résignation de son peuple. Et que ce conflit était forcément inutile, et nous contraignait à négocier avec la Russie, voire à lui donner raison...
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Re: Casus Belli - Tempus Fungi (Revue du n°63 mai - juin 1991)

Message par Tristan »

Florentbzh a écrit : ven. mai 15, 2026 7:22 am
2° Pour le tropisme pro-soviétique du dit Laurent Henninger, est-ce le même qu'on peut lire ici (lien ci-dessous) ? (et qui je crois est repris dans des médias très neutres et objectifs type Frontières ou Sudradio )

From Russia with love

C’est bien le même Laurent Henninger, oui. Je me souviens de lui à la rédaction, expliquant que la Russie de la Seconde guerre mondiale était bien différente de ce qu’on s’en représentait à l’Ouest, avec un art stratégique allant au-delà des vagues de moujiks mal armés. (Et symétriquement, que les Allemands étaient moins brillants que ce que l’on croyait.)

Il est resté sur ses positions, voire les a durcies.
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Re: Casus Belli - Tempus Fungi (Revue du n°63 mai - juin 1991)

Message par Florentbzh »

OK, je vois, merci à tous deux pour ces précisions. :yes:
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1 Point par malchance
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Cassius Clef
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Re: Casus Belli - Tempus Fungi (Revue du n°63 mai - juin 1991)

Message par Cassius Clef »

Merci, @Vociférator, pour cette recension ! :bierre:

Vociférator a écrit : ven. mai 15, 2026 6:42 am... et ensuite puisqu’on aborde les Monster Game, une revue du jeu Republic of Rome que Descartes finira par traduire sous Res Publica Romana. On est un peu à la jonction entre le platal et ouargame avec ce matériel aux règles très élaborées et aux temps de jeu tout autant étirés (même si le jeu était vraiment excellent dans mes souvenirs).

J'ai également d'excellents souvenirs de mes parties de Res Publica Romana et, en particulier, de notre surprise en constatant que nous avions collectivement perdu parce que, suivant les habitudes contractées dans les autres jeux de plateau, nous avions passé beaucoup trop de temps à nous affronter sans nous soucier assez de la survie de la République. Perdre contre le jeu, c'était une grande première !
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Orlov
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Re: Casus Belli - Tempus Fungi (Revue du n°63 mai - juin 1991)

Message par Orlov »

Mêmes souvenirs que Cassius, on y a beaucoup joué et souvent perdu contre le jeu.
Et la phrase " Meurs, Chien !" pour annoncer un assassinat résonne encore dans ma mémoire.
Cryoban a écrit : Le vrai problème c'est les gens.

Florentbzh a écrit : J'avoue ne pas bien comprendre ce qu'on peut jouer, mais si cela existe c'est qu'il doit bien y avoir une raison.

Mildendo a écrit : Faire du Jdr c'est prendre une voix bizarre et lancer des dés en racontant qu'on tue des gobs.
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