Littérature blanche, littérature noire, les livres dont vous vous êtes repus

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le Zakhan Noir
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Re: Littérature blanche, littérature noire, les livres dont vous vous êtes repus

Message par le Zakhan Noir »

fini la Cité des nuages et des oiseaux conseillé ici par Erwan G
Ce roman est une très belle fresque poétique qui tourne autour d'un ancien manuscrit grec racontant les périples d'un berger transformé en âne voulant devenir oiseau et gagner une cité paradisiaque. Ce texte va lier le destin de plusieurs personnages à travers des lieux et époques différentes ( Constantinople 1453, guerre de Corée 1953, etc...), l'auteur va habilement poser le contexte de chacun et nous amener petit à petit à comprendre en quoi le manuscrit les lie tous. C'est une allégorie de la littérature et de ce qu'elle permet, notamment en termes d'évasion, dépassement du réel et de bienfaits pour l'âme humaine. La figure de la bibliothèque y a d'ailleurs beaucoup d'importance et constitue un autre fil rouge du récit. Les différentes histoires sont chargées d'émotions, abordent plusieurs thèmes (écologie, terrorisme, intelligence artificielle, l'Histoire avec un grand H et d'autres encore), le tout dans un style fluide et agréable à lire. Une belle découverte pour ma part


Maintenant, direction un truc plus pessimiste, la Guerre de l'information, de David Colon
Expliquer une blague, c'est comme disséquer une grenouille. On comprend le mécanisme, mais elle n'y survit pas (Mark Twain, un peu modifié)
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vermer
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Re: Littérature blanche, littérature noire, les livres dont vous vous êtes repus

Message par vermer »

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Quel désastre ! On se demande dans quelles conditions ce livre a été écrit tant son état final laisse perplexe.

Le roman commence pourtant plutôt bien et se lit agréablement. Moira, une jeune princesse, se retrouve au cœur de la succession de l’empire lorsque son frère, héritier de la couronne, disparaît. Elle décide alors de partir à sa recherche. Jusqu’ici, tout fonctionne : on suit ses péripéties dans un univers original et intéressant.

Hélas, le livre semble avoir été écrit au fil de la plume. On y trouve de nombreuses digressions et des éléments superflus. Malgré cela, l’histoire progresse tant bien que mal et reste encore relativement satisfaisante.

Mais vers les deux tiers du roman, Moira retrouve son frère — et c’est là que tout s’effondre. L’intrigue perd toute direction et l’auteur semble improviser d’un chapitre à l’autre pour tenter de maintenir le récit. Les incohérences se multiplient : dans les personnages, la narration, l’univers et même dans l’écriture. Il arrive même que certains personnages soient à nouveau présentés comme s’ils apparaissaient pour la première fois, comme si l’on revenait au début de l’histoire.

Le récit finit par se transformer en une succession de chapitres disparates et décousus, sans véritable fil conducteur. On en arrive presque à être soulagé d’atteindre enfin la fin.

Tout cela est bien dommage, car le début laissait entrevoir un roman prometteur. Il est d’ailleurs assez surprenant que l’auteur comme l’éditeur aient accepté de publier un texte dans un tel état.
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Re: Littérature blanche, littérature noire, les livres dont vous vous êtes repus

Message par Tybalt (le retour) »

La Cité des nuages et des oiseaux

Vous piquez ma curiosité ! Je vais m'y intéresser aussi :)
Mes sites : Kosmos (un jdra sur la mythologie grecque qui a lu les auteurs antiques pour vous) ; blog de lectures ; site d'écriture.
Disclameur : j'ai écrit pour "Casus" et "Jdr Mag".
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akodosho
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Re: Littérature blanche, littérature noire, les livres dont vous vous êtes repus

Message par akodosho »

Depuis que je l'ai lu, c'est devenu mon livre favori, rien que ça.
Rarement un auteur m'aura donné l'impression d'être à l'aise autant en SF, qu'en historique et littérature blanche. J'ai pleuré, plusieurs fois 😅
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Re: Littérature blanche, littérature noire, les livres dont vous vous êtes repus

Message par Harfang2 »

On ne peut éternellement se contenter de regarder passer les cadavres sous les ponts, Eric de Montgolfier, 60 p. ed Le cherche-midi

Court essai de M. de Mongolfier, c'est par curiosité que je me suis penché sur cet opus. Le titre était plaisant, le texte suffisamment bref pour que je ne m'inflige pas la langue empesée d'un juriste...

Rarement curiosité fut aussi bien récompensé, car celà faisait fort longtemps que je n'avais découvert une si riche écriture. Car, outre le fond, une critique de la classe dirigeante  et de ses errements , critique a laquelle j'adhère et suis déjà trés familier, c'est surtout la langue qui m'a séduit, richesse du vocabulaire, précision des temps et des modes, élégance de la phrase, le tout allié a un esprit caustique et cultivé.
Une très belle découverte littéraire dont l'auteur laisse bien loin derrière la plupart des écrivains contemporains  qui en ont fait leur métier.
Alors, certes, mes gouts influent, j'aime l'écriture classique et la richesse lexicale, mais tout de même, il me semble qu'objectivement, la forme est très supérieur a la norme.
Plurima leges, pessima republica
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Message par Adj »

vermer a écrit : ven. mars 06, 2026 9:18 pm Image

Quel désastre ! On se demande dans quelles conditions ce livre a été écrit tant son état final laisse perplexe.

@Horst, pardonne lui, car il ne sait pas ce qu'il fait.

Et sinon, pour revenir au sujet du fil, j'ai lu Blanc de Michel Pastoureau.
Michel a trouvé le bon filon : il fait un livre par couleur. Il a récemment fini les couleurs principales et a attaqué les couleurs secondaires avec Rose. Et en parallèle, il fait aussi les animaux.
Je me moque un peu, mais j'achète les bouquins car le sujet m'intéresse.

Le Blanc n'est pas la couleur la plus intéressante : elle est relativement peu ambigüe et sa signification n'a pas tellement varié au cours du temps. Et j'avoue que, sur cet aspect, je suis un peu resté sur ma faim.
L'intérêt vient plutôt de l'influence de la technique sur l'utilisation de la couleur. Faire du blanc, c'est pas facile. Un vrai blanc qui dure s'entend. Des écrus, des blancs cassés, oui, mais du blanc blanc non. Et que ce soit en peinture ou en teinture. Résultat, pour les habits cérémoniels qui devaient être bien blancs, les gens devaient régulièrement les re-teindre (par exemple, les tremper dans une solution de craie...)
Pour le maquillage, et même si tout le monde savait que c'était toxique, on utilisait des produits à base de plomb (et pour la peinture aussi d'ailleurs).

Bref, j'ai pas encore lu les autres tomes, mais je pense que celui-ci est un peu à part.

Adj
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Sammael99
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Re: Littérature blanche, littérature noire, les livres dont vous vous êtes repus

Message par Sammael99 »

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J'ai fini hier soir Rue de la Femme-Sans-Tête de Jean-Baptiste Evette. J'ai découvert l'existence de ce roman dans les notes de bas de page de Les Catacombes - Histoire du Paris souterrain de Gilles Thomas, et comme le nom de cette ancienne rue de Paris m'avait par ailleurs tapé dans l'oeil dans le cadre de mes recherches pour mon prochain JdR j'ai décidé de donner sa chance au roman. Au passage, il n'a pas du avoir un succès fou vu que je l'ai trouvé d'occasion pour 3 EUR sur une plateforme en ligne...

Rue de la Femme-Sans-Tête est un polar, plus ou moins, mais il n'en a pas les codes. Le narrateur est Apollon Lepic, un homme trop grand, trop gros et trop gauche pour être bien dans sa peau. Il vivote post-divorce dans une piaule limite insalubre et gagne son peu de pain en faisant les commentaires historiques des bus pour touristes de la capitale. Jusqu'au jour où un ami lui parle d'une maison d'édition qui publie des récits romancés des crimes sordides de l'histoire de France. Avec l'idée de proposer un projet, il passe son temps libre dans les bibliothèques et trouve son sujet: une femme noble sur laquelle on sait peu de choses aurait été décapitée chez elle, et on lui aurait volé un oeuf magique qu'elle avait en sa possession.

A partir de là, Lepic va tout plaquer, et se fâcher avec plus ou moins tout le monde autour de lui dans son obsession d'élucider ce mystère vieux de plus de 400 ans. Et le sujet lui-même va devenir épineux lorsqu'une femme est retrouvée décapitée dans le Paris contemporain et que le portrait robot du tueur ressemble étrangement à Lepic lui-même.

Bref, on a deux histoires imbriquées, une sorte de biographie plus ou moins fantasmée par Lepic d'une jeune noble à l'époque des guerres de religion, et le quotidien de plus en plus perturbé de Lepic. Le personnage est à la fois dérangeant et attachant. L'écriture est fluide, la matière clairement érudite, mais ça reste tout à fait facile d'accès.

Au final, j'ai apprécié cette lecture sans que ce soit pour autant le roman du siècle. Et bonus non négligeable, c'est une vraie bonne inspiration pour les Mystères de Paris.
Mozart n'a pas écrit que le Boléro de Ravel. Mais aussi plein d'autres trucs beaucoup moins connus (comme le canon de Pachelbel). - Le Grümph
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Message par Cuchurv »

Eric Fouassier : "le bureau des affaires occultes" tome 2.

Je persiste et je signe ! Le personnage principal est assez peu intéressant au final et une révélation du twist final concernant sa Némésis je l'avais vu venir dés le début. L'enquête principale en revanche est plutôt intéressante et peut faire une bonne inspi pour un scénario d'enquête début 19e. Le truc qui fâche un peu c'est que l'auteur reconnait lui-même qu'il a du faire un bond en avant dans le temps pour un élément (18 ans une bagatelle) et un bond en arrière pour un autre... Toutefois il y a des éléments plutôt intéressants, dont un (un poison venant de loin) qui peut largement resservir jusqu'au développement vraiment poussé de la police scientifique je dirais.

Je vais quand même me tenter le tome 3 car le cadre est original et ça donne des idées. 😊
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akodosho
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Re: Littérature blanche, littérature noire, les livres dont vous vous êtes repus

Message par akodosho »

Bonjour tout le monde !

Je viens vous parler de Des perles pour les truies (sortie le 12 mars) - reçu en SP). Nouvelle collection de novellas, chez ActuSF, et nouvelle autrice, Maeve Spiral, dont c'est le premier texte publié.

La superbe couverture de Melchior Ascaride saisit parfaitement le ton : Fantasy dans un décor urbain à la ségrégation socio-spatiale très marquée, et un personnage principal atypique. L'héroïne est Pervenche, qui comme son nom ne l'indique pas, mesure deux mètres de haut, et appartient aux couches les plus populaires. C'est une anomalie, qui ne répond jamais aux assignations de genre et de classe, et qui finit par se perdre elle-même, condamnée à elle celle que autrui aimerait qu'elle soit, et à suivre ses deux comparses.
C'est un récit de casse très classique, dans un univers qui l'est tout autant (rien de superflu : une magie évoquée, uniquement des humains...) et que l'on ne connait finalement qu'à travers les yeux de l'héroïne qui n'est pas fiable. Non par calcul ou duplicité, mais victime de ses biais, des représentations, de ce qu'elle sait... et donc ce qu'on a bien voulu lui dire. Un contrepied salutaire à la guerrière en bikini de mailles...

Pour les rolistes, on est en terrain très très connu mais on trouvera une galerie de PNJs et de lieux intéressants, ainsi que quelques réflexions sur certaines scories de nos genres favoris.

Résumé éditeur
Pervenche, Théodebert et Baudouin, sont trois petits voyous des quartiers populaires d’une ville anonyme. Vivotant en truandant et rackettant les établissements de plaisirs, ils rêvent d’une vie meilleure et pourquoi pas, de devenir riches.
Pervenche plus encore que ses deux compères. Pour elle qui est une femme à la stature imposante, il n’y a pas beaucoup de perspectives d’avenir.
Elle sait qu’elle peut compter sur Baudouin qui a toujours une bonne idée. Justement ce ddernier est sur un gros coup. Un de ceux qui pourraient leur permettre de s’extraire de la pauvreté, un coup qui leur permettrait de passer les grilles de la haute ville pour devenir des gens importants.
Mais est-ce un si bon plan ?

Chronique complète

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Sammael99
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Re: Littérature blanche, littérature noire, les livres dont vous vous êtes repus

Message par Sammael99 »

Belphégor a écrit : mer. mars 04, 2026 9:35 pm Avis aux connaisseurs, Quelle édition des "Mille et une nuits" recommanderiez vous pour quelqu'un qui voudrait lire une traduction française, mais qui reste fidèle le plus possible aux textes d'origines, tout en étant "belle" ? Et si possible une édition disponible au format EBOOk s'il vous plait.

Par un hasard intéressant, je tombe sur ceci : https://www.lemonde.fr/culture/article/ ... _3246.html
Mozart n'a pas écrit que le Boléro de Ravel. Mais aussi plein d'autres trucs beaucoup moins connus (comme le canon de Pachelbel). - Le Grümph
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