Re: [Approches du jeu] Immersion & Scénarisation
Publié : mer. avr. 22, 2026 9:38 am
Si j'ai bien compris la distinction proposée dans le premier message, à savoir :
immersion : expérience de l'histoire à la première personne
émulation : production d'une histoire satisfaisante (codes, genre, enjeux)
Alors, c'est clair, ma préférence naturelle est pour l'immersion.
Sans dénigrer le reste, bien au contraire ; j'ai joué ou maîtrisé des parties très agréables avec des systèmes ou des scénarios orientés construction d'une histoire, ou partage de la narration, ou émulation de codes narratifs, etc.
Je pense que cela tient à la façon donc j'ai découvert le JdR, à la façon dont j'ai vécu mes premières parties, et aux petits trucs / aux récompenses "dopaminiques" qui m'ont fait adopter le loisir.
D'ailleurs, en y réfléchissant, quand je dis que c'est l'aspect "immersion" qui a ma préférence, ce n'est peut-être pas dans le sens maximaliste du message de Saarlander (découvrir le quotidien, la vie, le dessous des cartes, le hors-champ, simuler la réalité d'un univers) mais dans un sens plus basique et enfantin. C'est-à-dire, juste "avoir de l'agentivité dans un environnement immédiat intéressant", pouvoir rentrer dans le livre ou le film, sentir le froid, les odeurs, et choisir où aller et quoi faire.
Je me rappelle mes premières parties, maladroites, aux scénarios très basiques, probablement des modules de D&D à vrai dire. Extrêmement pauvres au niveau de la construction de l'histoire. Et certaines me soûleraient probablement si je les revivaient aujourd'hui.
Mais peu importe, ce qui m'avait accroché à l'époque, c'est de m'imaginer, puis presque de ressentir la sensation de s'enfoncer dans un corridor sombre et humide, en négociant prudemment des marches de pierre usées par le temps (par exemple), et surtout, en ne sachant pas ce que je découvrirais de bizarre et d'inattendu après le prochain tournant. Et anticiper comment je réagirais, quelles décisions (aussi basiques soient-elles) je prendrais, qui auraient une influence sur la suite de l'aventure.
Attention, je n'idéalise pas. Notre MJ n'était probablement pas un virtuose de la mise en scène, et il ne décrivait probablement pas de manière vivante et prenante les corridors sombres, les marches glissantes ou les grognements inquiétants dont je parlais plus haut. Pas besoin ; l'adhésion à la proposition me mettait dans un état d'esprit où mon imagination et mon enthousiasme comblaient les blancs dans mon petit théâtre mental et m'offraient une expérience super plaisante.
Bref, au cœur de mon attraction pour le JdR, il y a d'abord l'immersion à la 1ère personne, en version brute, sans même aller chercher la simulation d'une réalité cohérente, ou l'habitation d'un "second monde" persistant. Alors certes, il n'y a plus l'émerveillement facile de mes premières parties, et maintenant il faut rajouter des petits quelques choses pour que l'expérience reste satisfaisante (scénarios plus riches, émotions plus complexes, etc.), mais la recherche de la sensation "d'y être" reste le moteur de base.
Ce qui explique que certains modes de jeu m'attirent moins, alors que d'autres joueurs, ayant des expériences différentes, les considèrent comme centraux à l'expérience du jeu de rôle. Comme par exemple, la construction et l'évolution mécanique des personnages, ou des combats tactiques intéressants, ou l'exploration de situations dramatiques, etc. Toutes choses que je trouve intéressantes, comme ingrédients enrichissants, comme épices pour relever la sauce, mais dont je peux me passer si la partie offre un minimum d'immersion et de découverte (et de partage du fun avec le reste de la tablée).
immersion : expérience de l'histoire à la première personne
émulation : production d'une histoire satisfaisante (codes, genre, enjeux)
Alors, c'est clair, ma préférence naturelle est pour l'immersion.
Sans dénigrer le reste, bien au contraire ; j'ai joué ou maîtrisé des parties très agréables avec des systèmes ou des scénarios orientés construction d'une histoire, ou partage de la narration, ou émulation de codes narratifs, etc.
Je pense que cela tient à la façon donc j'ai découvert le JdR, à la façon dont j'ai vécu mes premières parties, et aux petits trucs / aux récompenses "dopaminiques" qui m'ont fait adopter le loisir.
D'ailleurs, en y réfléchissant, quand je dis que c'est l'aspect "immersion" qui a ma préférence, ce n'est peut-être pas dans le sens maximaliste du message de Saarlander (découvrir le quotidien, la vie, le dessous des cartes, le hors-champ, simuler la réalité d'un univers) mais dans un sens plus basique et enfantin. C'est-à-dire, juste "avoir de l'agentivité dans un environnement immédiat intéressant", pouvoir rentrer dans le livre ou le film, sentir le froid, les odeurs, et choisir où aller et quoi faire.
Je me rappelle mes premières parties, maladroites, aux scénarios très basiques, probablement des modules de D&D à vrai dire. Extrêmement pauvres au niveau de la construction de l'histoire. Et certaines me soûleraient probablement si je les revivaient aujourd'hui.
Mais peu importe, ce qui m'avait accroché à l'époque, c'est de m'imaginer, puis presque de ressentir la sensation de s'enfoncer dans un corridor sombre et humide, en négociant prudemment des marches de pierre usées par le temps (par exemple), et surtout, en ne sachant pas ce que je découvrirais de bizarre et d'inattendu après le prochain tournant. Et anticiper comment je réagirais, quelles décisions (aussi basiques soient-elles) je prendrais, qui auraient une influence sur la suite de l'aventure.
Attention, je n'idéalise pas. Notre MJ n'était probablement pas un virtuose de la mise en scène, et il ne décrivait probablement pas de manière vivante et prenante les corridors sombres, les marches glissantes ou les grognements inquiétants dont je parlais plus haut. Pas besoin ; l'adhésion à la proposition me mettait dans un état d'esprit où mon imagination et mon enthousiasme comblaient les blancs dans mon petit théâtre mental et m'offraient une expérience super plaisante.
Bref, au cœur de mon attraction pour le JdR, il y a d'abord l'immersion à la 1ère personne, en version brute, sans même aller chercher la simulation d'une réalité cohérente, ou l'habitation d'un "second monde" persistant. Alors certes, il n'y a plus l'émerveillement facile de mes premières parties, et maintenant il faut rajouter des petits quelques choses pour que l'expérience reste satisfaisante (scénarios plus riches, émotions plus complexes, etc.), mais la recherche de la sensation "d'y être" reste le moteur de base.
Ce qui explique que certains modes de jeu m'attirent moins, alors que d'autres joueurs, ayant des expériences différentes, les considèrent comme centraux à l'expérience du jeu de rôle. Comme par exemple, la construction et l'évolution mécanique des personnages, ou des combats tactiques intéressants, ou l'exploration de situations dramatiques, etc. Toutes choses que je trouve intéressantes, comme ingrédients enrichissants, comme épices pour relever la sauce, mais dont je peux me passer si la partie offre un minimum d'immersion et de découverte (et de partage du fun avec le reste de la tablée).