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"La Compagnie", de Robert Littell.
J’avais ce livre, sous-titré “le roman de la CIA”, dans ma montagne à lire depuis déjà un moment, et si je l’en ai extrait, c’est parce que je suis à la recherche d’inspiration sur le thème de l’espionnage… Ce livre de poche fait un peu plus de 1200 pages et il m’a fallu un peu de temps pour en venir à bout. Il est bien évidemment difficile de résumer un tel monstre, mais je vais tout de même essayer.
Tout commence en 1950 à Berlin, lorsqu’un transfuge russe prétend pouvoir identifier avec certitude une taupe au sein du M.I.6, mais finit par se faire capturer et tuer avant de pouvoir passer à l’ouest. Convaincu qu’il y a du vrai dans cette histoire, un as de la CIA qui se fait appeler “le Sorcier”, va réduire peu à peu la liste des suspects possibles jusqu’à aboutir au fameux Kim Philby, qui s’enfuira de l’autre côté du rideau de fer…
Un petit bond dans le temps nous amène six ans plus tard, lors de l’insurrection de Budapest, qui intervient à un très mauvais moment puisqu’on est en pleine crise de Suez. La CIA envoie un agent sur place pour demander aux rebelles de postposer la révolte, mais le mécontentement est trop grand et les mouvements de rebellions espèrent toujours que les Américains viendront malgré tout à leur secours pour au moins leur fournir des armes. Cet espoir sera déçu et la rébellion sera écrasée dans le sang, laissant un souvenir bien amer à l’ensemble des agents impliqués.
Et nous voilà déjà en 1960 et cette fois c’est le débarquement de la baie des cochons qui est le thème de la troisième partie du roman. A côté de ce fiasco, l’excursion de Trump en Iran paraît presque être un modèle d’organisation et de planification.
La quatrième partie qui se déroule en 1974 est une des plus intéressante à mes yeux, puisqu’elle met en scène une opération de contre-espionnage d’une audace assez folle, afin de dévoiler une taupe soviétique au plus haut niveau des opérations de la CIA. Si vous adorez les plans tordus, vous trouverez là un modèle du genre, que j’ai bien hâte de mettre en scène, un jour ou l’autre, dans une partie de jeu de rôle.
Nouveau bond dans le temps et nous voici en Afghanistan en 1983: un agent de la CIA dépêché sur place est enlevé par des rebelles qui veulent échanger cet otage contre des missiles stinger qui leur permettrait de combattre plus facilement l’envahisseur russe. Une opération de secours se met en place pendant que la CIA tente de convaincre le président Reagan que ce ne serait pas une si mauvaise idée d’armer correctement les Afghans. Mais certaines voix soulignent déjà le danger que représentent ces armes, qui pourraient très bien à terme se retourner contre les USA…
Enfin, dans la sixième et dernière partie, qui se déroule en 1991, on explore les dessous du Putsch de Moscou, mené par des conservateurs contre Mikhaïl Gorbatchev alors que celui-ci est encore en vacances en Crimée. C’est Boris Eltsine qui organisera la résistance depuis la Maison Blanche (qui hébergeait le congrès à l’époque).
Lors de tous ces événements, l’espionnage et le contre-espionnage jouent bien évidemment un rôle de premier plan, avec pour fil conducteur quelques personnages clefs, que l’on suit depuis leurs débuts dans le renseignement jusqu’à leur retraite, ou parfois leur mort…
Alors, est-ce qu’il faut lire ce roman? Si le thème vous intéresse, je crois que vous aurez bien difficile de trouver mieux, et même si le volume est quelque peu impressionnant, il se lit finalement assez facilement, par petits bouts.