[CR] Adventure! 1940 (et au delà ?)

Critiques de Jeu, Comptes rendus et retour d'expérience
Avatar de l’utilisateur
Paiji
Dieu du liberal réalisme
Messages : 9041
Inscription : mer. janv. 19, 2005 5:20 pm
Localisation : Nantes

Re: [CR] Adventure! 1940 (et au delà ?)

Message par Paiji »

Ah, enfin la suite ... :yes:
King Kirby Zavatta Team
Avatar de l’utilisateur
Marchiavel
Dieu des ex de Jennifer Lopez
Messages : 3636
Inscription : mar. juil. 27, 2004 3:48 pm
Localisation : Nantes (44)

Re: [CR] Adventure! 1940 (et au delà ?)

Message par Marchiavel »

Je suis déception, mon mot d'esprit n'a pas été retenu dans cette partie du CR ;)
LA Cause du XXIème siècle : SAUVONS LES ROLISTES
Avatar de l’utilisateur
Merlock
Dieu de l'éternel recommencement
Messages : 9231
Inscription : mer. août 06, 2003 10:13 pm
Localisation : Issy (et pas ailleurs!)

Re: [CR] Adventure! 1940 (et au delà ?)

Message par Merlock »

Marchiavel a écrit :Je suis déception, mon mot d'esprit n'a pas été retenu dans cette partie du CR ;)
Lequel ? Y'en avait tellement ? :mrgreen:


Nous reprenons au numéro 17 !


Le convoi n°17 est composé pour l’essentiel de camions LATIL type TAR datant de 1915 qui s’il peut emporter 2 tonnes de charge utile, ne carbure glorieusement qu’à 17 km/h maxi…


Certes ! Nos PJs bénéficient d’une superbe Citroën Type 23 qui peut atteindre 70km/h, mais il est encore en rodage…

Tout en roulant, lieutenant Luchiani consulte la liste du matériel évacué : outre les caisses de vaccins anti-malaria il constate que son propre véhicule est rempli jusqu’à la gueule de… machines à écrire !

Une tonne de machines à écrire !

Heureusement, le lieutenant Luchiani se console en songeant à la dernière caisse de Château Pétrus qu’il a pu sauver du désastre et qu’il escompte bien voir devenir son capital de départ pour relancer son business agonisant…

La caisse, il y a veillé, se trouve bien à l’abri dans la camionnette Citroën conduite de main de maître par sergent-chef De Groot,

Tout. Va. Bien.


L'arrivé des "Méchants-schmitts"

Le convoi tartine à la très réglementaire vitesse de 12 km/h. Évidemment on n’avance pas vite d’autant que peu à peu le flot de réfugiés fuyant Paris se fait de plus en plus dense. Il faut louvoyer entre les colonnes de réfugiés qui fuient la capitale et les colonnes de soldats qui tentent de la rejoindre. On ne peut pas leur rouler dessus, mais ce qui est sûr, c’est qu’au bout de quelques 3 heures de route, un embouteillage monstre se forme et, c’est à moins de 40km de Paris que les PJs, essayant en vain de faire avance leur véhicule dans les flots de population affolée qu’ils entendent un vrombissement de gros moteurs s’approcher…

Là, au-dessus, quatre petits points noirs grossissent rapidement.

On les distingue vite et sergent-chef De Groot les reconnait tout de suite pour les avoir déjà vus à Narvik : des Messerschmitt 110 (vous savez : "celui qui ne tourne pas à gauche et qui a les mitrailleuses qui s'enrayent", comme disait Paris-Soir). Ils sont en maraude et faute d’avions français à se mettre dans le viseur, ils décident de faire un carton sur l’amoncellement de véhicules. Un par un ils dégringolent vers la colonne et ouvrent le feu : Les Tac-Tac-Tac des mitrailleuses de 7,92mm se mêlent aux Pom-Pom-Pom des canons de 20mm, le tout en "qualité allemande".

C’est un massacre !

Le capitaine D'Arochay de Lamargue a la présence d’esprit de gicler la camionnette et de plonger dans le fossé qui borde la Départementale, mais le lieutenant Luchiani ayant une prescience soudaine du sort funeste qui attend sa caisse de Château Pétrus semble figé sur place ! C’est le sergent-chef De Groot, qui le tire hors du véhicule et le jette sans ménagement dans un fossé…

Mais pour le reste…

Tous les véhicules du convoi sont en flammes (ce qui inclut la caisse de Château Pétrus), les conducteurs tués au volant. Les balles et les obus ont fauché sans distinction civils et militaires, hommes, femmes et enfants ! Vision fugitives d’un homme qui ramasse le corps ensanglanté d’une fillette, d’une jambe déchiquetée trainant, seule, au milieu de la route, d’une charrette aux chevaux effondrés couverte des corps inertes de toute une famille, d’un corps en uniforme français qui se consume au milieu d’une flaque d’essence en feu…

Et les avions reviennent !!

Ils ont fait demi-tour et foncent à nouveau vers le convoi en feu, Les PJs plongent derechef dans le fossé, Luchiani y plaque au sol une très jolie blonde qui errait hagarde après la première attaque ; mais les Messerschmitt se contentent d’un simple survol, si bas qu’il voit le visage du pilote, que ses grosses lunettes font ressembler à un insecte, le regarder fixement au passage !

Luchiani envisage de lui faire un doigt, mais se ravise : le pilote pourrait être un gros susceptible et se sentir assez vexé pour tenter un troisième passage avec nouvelle distribution de dragées…

La Citroën est foutue, son chargement s’est répandu sur la chaussée, serrant contre lui l’unique bouteille de Château Pétrus rescapée, le lieutenant Luchiani contemple le dernier écroulement de son business…

Le capitaine D'Arochay de Lamargue passe d’un blessé à l’autre mais ne dispose d’aucun équipement médical pour soulager les blessés. Il tente d’en installer le long de la route, et de soulager quelques blessure, mais rien n’y fait

A un homme dont l’abdomen a été ouvert de haut en bas, Luchiani tend la bouteille de Château Pétrus. L’homme la vide au 4/5 avant d’expirer…

"Au moins il est mort heureux" pense Luchiani...

Mais ce n’est pas tout ça, hein, on attend toujours les PJs à Briare.

On ramasse l’équipement qu’on peut trouver, Luchiani glisse à la blonde "l'adresse d'un type à Barbès qui pourra lui trouver du boulot", celle-ci acquiesce sans dire mot.

Et on se met en route.

Une heure plus tard, les PJs croisent un groupe de soldats nord-africains, de la 84e Division d’infanterie algérienne, à peine arrivée d’Afrique du Nord, qui leur demandent leur chemin et des nouvelles.

On les questionne :

-Où sont vos officiers ?
-Morts mon lit’nant. A cause li zavions.
-Où sont vos sous-officiers ?
-Morts aussi mon lit’nant.
-Où allez-vous ?
-Vers le nord mon Lit’nant, pour t’ier les Boches !


Les bougres sont motivés et il faut des trésors de diplomatie pour les convaincre de rejoindre Fontainebleau (à 25 bornes au sud de là !) où, parait-il, se trouve un convoi de ravitaillement destiné au 25e CA. Là on pourra les réorganiser.

5 heures de marche et au passage on ramasse d’autres trainards de la 84e DIA et de feue la 17e DLI, et de divers unités encore, qu’on amalgame en un groupe de 150 hommes lorsqu’on arrive enfin en vue de Fontainebleau, en fait Vulaines-sur-Seine, car le groupe arrive par l’ancienne route de Bourgogne.

De loin on aperçoit un pont et derrière des camions militaires et des soldats qui s’activent…

Tout. Va. Bien.

Sauf que le mois de juin c’est chiant avec son ciel toujours bleu et ses journées longues, les aviateurs adorent ça, par contre, surtout les aviateurs allemands.

C’est alors qu’ils approchent du pont, que les PJs entendent un vrombissement de gros moteurs s’approcher… et nombreux !

On les distingue vite et sergent-chef De Groot les reconnait tout de suite pour les avoir déjà vus à Narvik : des Dornier 17, gros bimoteurs de bombardement en piqué. Il en a plus d’une centaine (en fait non, mais vu du sol on exagère tout) qui plongent vers la concentration de troupe et vers le pont.

Au fait, les PJs ont rassemblé environs 150 types en uniforme français.

Hé bien vu du ciel, 150 types en uniforme français, ça se voit bien, et ça se voit de loin. Et surtout, vu du ciel, 150 types en uniforme français, ça s’appelle une cible…

Un groupe de Dornier se détache de la formation et plonge vers les PJs et leurs 150 types en uniforme français.

Les PJs commencent à avoir l’habitude : plongée express dans les fossés de drainage !

Mais cette fois c’est une volée de bombes de 250 kg qu’ils prennent, celle-ci pulvérise (ou "anéanti" comme on dit en termes militaires) tout leur groupe, des corps démantibulés se retrouvent perchés au sommet des arbres qui bordent la route, témoignage de la violence de l’attaque…


Un certain ras-le-bol se fait chez les PJs : ils ont subi deux attaques aériennes, ont vu trop de cadavres, sont perclus de fatigue, crèvent de faim et de soif dans leurs uniformes couverts de poussière et de boue… et dans moins d’une heure il fera nuit.


A quelque distance, un toit massif dépasse de derrière les arbres, c’est une grosse ferme qui se dresse. On pourra peut-être y trouver de quoi se refaire.


Le retour des chauffeurs de la Drôme.

La ferme est imposant, avec un très grands corps de bâtiment formant cour intérieure. Et dans la cour stationne, vide, une voiture type Hispano-Suiza MA-GNI-FI-QUE !

De l’intérieur du bâtiment, un hurlement.

Sans hésiter, le capitaine D'Arochay de Lamargue et le sergent-chef De Groot se précipitent vers l'intérieur, tandis que Luchiani reste dehors "pour les couvrir".

A l’intérieur, quatre Marlou dans le plus pur style "Apaches de Belleville" sont en train de faire rôtir la plante des pieds du fermier dans la cheminée pour lui faire avouer où il a caché ses économies…

Tout va très vite : le capitaine D'Arochay de Lamargue crie :!

"Armée française…"

Quatre automatiques se braquent vers le capitaine D'Arochay de Lamargue et le sergent-chef De Groot.

PAN ! PAN ! PAN ! PAN !

Le capitaine D'Arochay de Lamargue et le sergent-chef De Groot ont ouvert le feu en même temps.

Quatre corps tombent, morts ou agonisants. Apaches de Belleville ou d'ailleurs ne nuiront plus.

"… ne bougez pas !" termine dans le vide le capitaine D'Arochay de Lamargue.

On libère le vieux, on le soigne avec une pharmacie domestique très bien dotée. Celui-ci raconte : toute la famille a fui vers le sud et il est resté pour garder la ferme et aussi parce qu’il est trop vieux pour aller errer sur les routes.

Les PJs se jettent sur le garde-manger : pain paysan, pâtés de campagne maison, jambon fumé et saucissons (pas le "à l'ail"), le tout arrosé avec ce qu’on trouve à la cave.

On peut prendre un bain, nettoyer les uniformes et, cerise sur la gâteau, compléter l’arsenal avec les quatre Browning Modèle 1922 des Apaches, sans compter la découverte dans leur Hispano-Suiza d’un butin conséquent de quelques 7000 francs, plus des bijoux divers, des Napoléons et même des Luis d’or…

Le moral remonte en flèche, demain sera un autre jour et on pourra se remettre en route, mais en attendant :

Tout. Va. Bien.

(A suivre)
Membre de la Fédérations des tirailleurs lapins (FTL, merci à Silenttimo)
Mètre étalon du bon goût tholgrenien (de son propre aveu!)
"P'te ben mais p'te pas", tel est le credo de la Voie Merlockienne, autre Voie de la Force, celle du "Ni-Ni" ('Ni Sith, Ni Jedi" -legnou)
Avatar de l’utilisateur
Paiji
Dieu du liberal réalisme
Messages : 9041
Inscription : mer. janv. 19, 2005 5:20 pm
Localisation : Nantes

Re: [CR] Adventure! 1940 (et au delà ?)

Message par Paiji »

Merlock a écrit : des Luis d’or…
Une monnaie hispanique sans doute ? :mrgreen:

Bon, continue, j'ai bien envie de connaître la suite.

Au fait, des Messerchmitt, des Dornier, pas de Stukas Junkers ? Il y a une raison historique ou tu les gardes en réserve pour plus tard ?
King Kirby Zavatta Team
Avatar de l’utilisateur
Humphrey B
Dieu des physiciens wargamers
Messages : 5442
Inscription : sam. avr. 03, 2010 7:35 pm
Localisation : Troyes
Contact :

Re: [CR] Adventure! 1940 (et au delà ?)

Message par Humphrey B »

Je tiens à dire que je suis extrêmement déçu de constater que le lieutenant Luchiani est un buveur de Bordeaux. Sauver du Pétrus, en abandonnant des bouteilles de Romanée aux boches, ça relève selon moi de la haute trahison ! :escrime
“Harry, I’m going to let you in on a little secret. Every day, once a day, give yourself a present. Don’t plan it. Don’t wait for it. Just let it happen. It could be a new shirt at the men’s store, a catnap in your office chair, or two cups of good, hot black coffee.” – Agent Dale Cooper
Avatar de l’utilisateur
Merlock
Dieu de l'éternel recommencement
Messages : 9231
Inscription : mer. août 06, 2003 10:13 pm
Localisation : Issy (et pas ailleurs!)

Re: [CR] Adventure! 1940 (et au delà ?)

Message par Merlock »

Paiji a écrit :
Merlock a écrit : des Luis d’or…
Une monnaie hispanique sans doute ? :mrgreen:
Il est l'or, monseignor!
Paiji a écrit :Bon, continue, j'ai bien envie de connaître la suite.
Je vais essayer...
Paiji a écrit :Au fait, des Messerchmitt, des Dornier, pas de Stukas Junkers ? Il y a une raison historique ou tu les gardes en réserve pour plus tard ?
Tout simplement parce que le Ju-87 Stuka est un avion d'appui tactique utilisé directement sur la ligne de front avec les troupes au contact. Par ailleurs, son rayon d'action ne lui permet guère au 8 juin 1940 d'agir au sud de Paris (les bases sont trop au nord). A moins de se porter héroïquement au-devant d'une division panzer, il est douteux que les PJs voient le moindre Stuka, d'ailleurs assez peu nombreux à cette époque: environs 300 en première ligne.

Par contre le Me-110 est un chasseur lourd à long rayon d'action qui, ici, s'improvise avion d'attaque au sol faute de chasse française.

Le Dornier 17 est un bombardier moyen utilisé pour les missions d'interdiction: c'est à dire attaquer les troupes ennemies EN AMONT de la ligne de front pour la désorganiser, mais aussi attaquer les points de passage obligés (carrefours et ouvrages d'art), et les dépôts de ravitaillement ennemi. Leur attaque d'un pont près duquel se trouvent des troupes françaises est donc des plus logique.
Humphrey B a écrit :Je tiens à dire que je suis extrêmement déçu de constater que le lieutenant Luchiani est un buveur de Bordeaux. Sauver du Pétrus, en abandonnant des bouteilles de Romanée aux boches, ça relève selon moi de la haute trahison ! :escrime
Il ne le boit pas: il le trafique! Nuance! :charmeur
Membre de la Fédérations des tirailleurs lapins (FTL, merci à Silenttimo)
Mètre étalon du bon goût tholgrenien (de son propre aveu!)
"P'te ben mais p'te pas", tel est le credo de la Voie Merlockienne, autre Voie de la Force, celle du "Ni-Ni" ('Ni Sith, Ni Jedi" -legnou)
Avatar de l’utilisateur
pelon
Dieu d'après le panthéon
Messages : 1795
Inscription : mer. sept. 26, 2012 9:41 am
Localisation : Palaiseau 91

Re: [CR] Adventure! 1940 (et au delà ?)

Message par pelon »

aucun PJ pour jouer bébel et abattre un avion avec un FM24-29?
Avatar de l’utilisateur
Marchiavel
Dieu des ex de Jennifer Lopez
Messages : 3636
Inscription : mar. juil. 27, 2004 3:48 pm
Localisation : Nantes (44)

Re: [CR] Adventure! 1940 (et au delà ?)

Message par Marchiavel »

pelon a écrit :aucun PJ pour jouer bébel et abattre un avion avec un FM24-29?
C'est plus tard :mrgreen:
LA Cause du XXIème siècle : SAUVONS LES ROLISTES
Avatar de l’utilisateur
XO de Vorcen
Dieu du brandy
Messages : 5577
Inscription : ven. août 29, 2008 10:18 am
Localisation : Savigny sur Orge (Essonne)

Re: [CR] Adventure! 1940 (et au delà ?)

Message par XO de Vorcen »

Non môssieur, ils ne font pas dans la mitrailleuse môssieur, seulement dans le canon, château Pétrus pour être précis. :mrgreen:

[edit] Grillé au poteau ! (ce qui permet de vous rendre compte que vous êtes lus donc appréciés)
Avatar de l’utilisateur
Sammael99
Dieu des babines ruinées
Messages : 13644
Inscription : mer. sept. 15, 2004 11:43 pm
Localisation : Nantes, France

Re: [CR] Adventure! 1940 (et au delà ?)

Message par Sammael99 »

Yeah, fun fun fun in the sun sun sun!

(Je joue "l'allié" Anglais)
Mozart n'a pas écrit que le Boléro de Ravel. Mais aussi plein d'autres trucs beaucoup moins connus (comme le canon de Pachelbel). - Le Grümph
Avatar de l’utilisateur
wolfy
Mystique
Messages : 890
Inscription : lun. oct. 22, 2007 5:12 pm

Re: [CR] Adventure! 1940 (et au delà ?)

Message par wolfy »

Continues comme cela, cela se lit tout seul avec grand plaisir, sans oublier que les personnages des joueurs sont vraiment excellents :mrgreen: .
"L'Angleterre s’écroule dans l’ordre, la France se relève dans le désordre"
Winston Chruchill
Avatar de l’utilisateur
pelon
Dieu d'après le panthéon
Messages : 1795
Inscription : mer. sept. 26, 2012 9:41 am
Localisation : Palaiseau 91

Re: [CR] Adventure! 1940 (et au delà ?)

Message par pelon »

Bontemps a disparu?
Avatar de l’utilisateur
Merlock
Dieu de l'éternel recommencement
Messages : 9231
Inscription : mer. août 06, 2003 10:13 pm
Localisation : Issy (et pas ailleurs!)

Re: [CR] Adventure! 1940 (et au delà ?)

Message par Merlock »

Dimanche 9 juin 1940

Les PJs quittent la ferme le matin assez tôt, non sans avoir fait ample provision de "produits de la ferme". Le sergent-chef De Groot, est au volant de la magnifique Hispano-suiza et ils se mettent gaillardement en route pour Briare…

Bien sûr, le paysage de la Seine-et-Marne est du genre plat avec pas mal de petites futaies et autres bosquets épars, et toujours ce temps magnifique qui une si bonne visibilité vue du ciel. L’Hispano-Suiza est peinte en un rouge vif du plus bel effet et leurs récentes expériences avec la Luftwaffe ont appris aux PJs de faire preuve d’un minimum de prudence : on recherche au maximum le couvert des arbres ce qui oblige à emprunter un maximum de chemins de traverse fort sinueux… alors forcément on n’avance pas vite.


Vieux motard que jamais.

C’est précisément alors qu’ils circulent à vitesse modérée sous le couvert d’un bosquet que les PJs aperçoivent un motocycliste en uniforme bleu couché en travers de la route devant eux… L’homme est immobile et sa moto, couchée sur la route a encore son moteur tournant au ralenti…

Craignant un piège genre "braquage au faux blessé sur la route" (un classique, selon le lieutenant Luchiani), c’est le sergent-chef De Groot qui se glisse vers le corps sous le couvert des arbres, avec une virtuosité qui laisse pantois ses deux compagnons…

De Groot fouille la zone et constate qu’il n’y a personne d’autre dans les environs, ce n’est pas un piège et il peut se diriger vers le motard.

Arrivé près du corps, il constate que c’est un motard de la… Préfecture de police parisienne qui gît mort le long de la route.

C’est incontestablement le résultat d’une embuscade : Il a été mitraillé. Mais pas par un avion allemand, il a pris plusieurs balles dans le dos tirées d’une arme de calibre de type pistolet mitrailleur. L’homme était un costaud, il a dû survivre plusieurs dizaine de minutes à, ses blessures et garder le contrôle de sa moto sur plusieurs dizaines de kilomètres avant de succomber vidé de son sang…

De Groot fouille le corps, et a la satisfaction de récupérer un matos de première catégorie : Un pistolet automatique MAB Modèle D et un pistolet mitrailleur Bergman MP-18II en 9mm Parabellum (une excellente arme allemande que le Ministère de l’Intérieur avait commandé en Belgique à 1000 exemplaires peu avant la guerre).

Mais surtout, De Groot trouve une sacoche typique pour le transport de messages urgents et importants qu’il ramène au capitaine D'Arochay de Lamargue et au lieutenant Luchiani.

Cette sacoche est cachetée au plomb et naturellement Luchiani ne résiste pas à la curiosité : il décachète sauvagement la sacoche et trouve…


Ho Pétain! on n’est pas dans mouise…

En effet, le motard portait des ordres cachetés et signés de… Georges Mandel, ministre de l’Intérieur en personne. Il s’adresse à un certain Inspecteur Jacques Lecreux de la Sûreté (Ministère de l’Intérieur) qui a pris en main une partie du personnel du ministère de l’Intérieur qui s’est replié à Tours (adresse à la Préfecture). Quant aux ordres ils sont simples : se rendre, le 12 juin, au Château de Cangé (situé dans la commune de Saint Avertin près de Tours) pour le Conseil des Ministres qui s’ouvrira à 22h00 afin de "Mettre en état d'arrestation M. Philippe Pétain, Maréchal de France, pour haute trahison". Rien que ça...

Le tout est estampillé "TRÈS SECRET". Détail amusant : le ministre s’adresse à l’Inspecteur Lecreux en l’appelant "Frère" (avé la majuscule !) et fait allusion à d’autres "Frères" qu'il a consultés et qui approuvent son action.

Au message est joint, l’ordre d’arrestation au nom du maréchal Pétain, signé des plus hautes instances judiciaires du pays…


Wow !

Evidemment ça la fout un peu mal. Certes Luchiani est un fervent partisan de ce protectorat corse qu’est la France, le patriotisme de De Groot est incontestable quoique très "discipliné", mais le capitaine D'Arochay de Lamargue est un vétéran de la Grande guerre, y compris de Verdun, et Pétain est "le vainqueur de Verdun", comme chacun le sait en 1940… alors pour ce qui est de le "mettre en état d'arrestation pour haute trahison"…


Mets ta Cagoule et ton cache-nez !

Tout à leurs réflexions sur le devenir de cette lettre, le lieutenant Luchiani est pris d’une irrépressible envie d’aller au petit coin. Il se précipite vers le taillis le plus proche (20 mètres).

Ces deux compagnons, perplexes, considèrent la situation lorsqu’un bruit de moteur se fait entendre…

Non ! Cette fois ce ne sont pas des avions mais un véhicule terrestre qui approche, un gros du genre camion.

Prudents, le capitaine D'Arochay de Lamargue et le sergent-chef De Groot vont rejoindre le lieutenant Luchiani qui terminait justement son affaire…

Le véhicule qui arrive est un Laffly S15 de l’armée française, bourré jusqu’à la gueule de soldats aux uniformes tout aussi français avec un FM monté sur affût de véhicule. On ne rigole pas.

A priori, pourtant, pas de raison de s’affoler mais il est vite évident que quelque chose ne va pas :

Un officier portant les galons de capitaine descend et s’approche du corps du motard en le repoussant du pied, attitude peu respectueuse et indigne d’un officier, avant de jurer comme un charretier en constatant que le corps a été visité…

En outre, le sergent-chef De Groot ne comprend pas pourquoi ces soldats de l’Armée de terre portent les insignes d’un régiment des Troupes de marine qui est, à sa connaissance, basé à Madagascar…

Quant au "capitaine", Luchiani le reconnait : c’est un certain Antoine Levesque, dit "Monseigneur" (car toujours tiré à quatre épingles), ex-inspecteur révoqué de la police parisienne en septembre 1938, officiellement pour détournement de fonds et trafic d’influence, en réalité pour ses liens supposés avec la Cagoule.

La Cagoule, comme chacun le sait en 1940, est le surnom donné par la presse de l’époque à l'Organisation secrète d'action révolutionnaire ou OSAR. C'est un groupe d'extrême droite actif dans les années 1930 en France. Son principal dirigeant fut Eugène Deloncle. On prête à l’OSAR une tentative (et échec) de coup d’État dans la nuit du 15 au 16 novembre 1937…

Des rumeurs ont couru à l’époque qu’un certain maréchal avait assez proche de certains dirigeants de l’OSAR…


Le "capitaine" bondit dans le Laffly et donne l’ordre de démarrer terminé d’un "on peut encore les rattraper!!".

Les PJs bénissent leur prévoyance qui les avait fait camoufler leur Hispano-Suiza dans un chemin creux tout proche, avant d’aller examiner feu le motard…

Prudents ils remontent dans leur voiture et se barrent dans la direction opposée à celle prise par le Laffly…


(A suivre)
Membre de la Fédérations des tirailleurs lapins (FTL, merci à Silenttimo)
Mètre étalon du bon goût tholgrenien (de son propre aveu!)
"P'te ben mais p'te pas", tel est le credo de la Voie Merlockienne, autre Voie de la Force, celle du "Ni-Ni" ('Ni Sith, Ni Jedi" -legnou)
Avatar de l’utilisateur
Merlock
Dieu de l'éternel recommencement
Messages : 9231
Inscription : mer. août 06, 2003 10:13 pm
Localisation : Issy (et pas ailleurs!)

Re: [CR] Adventure! 1940 (et au delà ?)

Message par Merlock »

pelon a écrit :Bontemps a disparu?
Ouep!

JazZ n'a pas pu venir, mais on peut le remettre dans le scénario plus tard...
Membre de la Fédérations des tirailleurs lapins (FTL, merci à Silenttimo)
Mètre étalon du bon goût tholgrenien (de son propre aveu!)
"P'te ben mais p'te pas", tel est le credo de la Voie Merlockienne, autre Voie de la Force, celle du "Ni-Ni" ('Ni Sith, Ni Jedi" -legnou)
Avatar de l’utilisateur
pelon
Dieu d'après le panthéon
Messages : 1795
Inscription : mer. sept. 26, 2012 9:41 am
Localisation : Palaiseau 91

Re: [CR] Adventure! 1940 (et au delà ?)

Message par pelon »

j'aime beaucoup l'ambiance qui se dégage de tout ça, entre débâcle, politique, complot, sociétés secrètes et magie noire
Répondre