Merci @Cédric Ferrand pour le retour. J'en profite aussi pour faire un retour rapide de ma lecture partielle du PDF livré dans la perspective d'y faire jouer dans un petit mois maintenant, en exploitant le scénario COPING. Voici un état de mes travaux et remarques à toutes fins utiles.
Concernant COPING, je confirme que c’est un très bon format pour initier sur D3TROIT et rester sur une session courte. Voici les modifications que j’ai faites personnellement pour l’ajuster par rapport à ma session prévue (en balise spoiler) :
Spoiler:
- Quelques corrections à prendre éventuellement en compte avant que ça ne parte à l’impression :
1. Sur la forme d’abord et la numérotation : la scène 13 renvoie dans le texte vers la scène 10 au lieu de la scène 11 ; idem pour la scène 12 qui renvoie vers la scène 9 au lieu de la scène 10
3. Sur le fond par rapport à la situation de Pooja : Louis Clarkson est précisé comme étant parti à la retraite il y a 3 ans et l’affaire s’est déroulée il y a 2 ans
- La remontée vers Jack Collinson grâce à la page Facebook et son erreur de manipulation me semble trop rapide et évidente, et je pense que les PJ vont ensuite se polariser sur lui, même si les preuves sont limitées. Pour éviter de trop bloquer ou frustrer, j’ai décidé de complexifier cette partie-là en introduisant une histoire de compte piraté pour brouiller davantage les pistes, avec les PNJ supplémentaires que j’avais prévus et du background à Jack Collinson qui aura fait des études de Cybersécurité avant d’abandonner et de se ré-orienter professionnellement
- Comme j’ai une contrainte de thème culinaire, j’ai complètement changé la scène 8 du concert pour remplacer avec une finale très médiatisée et en direct de l’émission Spring Baking Championship (l’équivalent aux US de l’émission du Meilleur Pâtissier en France). Jack dans ma version TOPPING est devenu pâtissier autodidacte plutôt que musico dilettante
- Pour rester et appuyer dans ce thème culinaire, je vais rajouter un clone de Gordon Ramsay en version latino (coucou Mexicantown à Detroit !), dont la notoriété en ligne aura été détournée par Jack Collinson pour mettre en visibilité le podcast COPING (ce sera le compte piraté)
- La scène avec Jerry Fitzgerald donne de bonnes possibilités de développement : je l’ai un peu réaménagée pour jouer avec les nerfs des PJ et bien intégrer l’ambiance de Greektown dans le scénario. J’espère que ça tiendra ses promesses !
- La scène avec Pooja est plus courte : pour éviter qu'elle soit juste répétitive avec la scène de Lampo (cul de sac), je pense davantage la développer pour jouer sur les collusions entre Mairie et DPD, et donner plus de consistance à cette PNJ. Ce sera du bonus, je verrai par rapport à mon temps imparti et les autres pistes que les PJ auront ouvertes
- J’abandonne la scène du match de base-ball qui me semble longuette et acrobatique avec sa floppée de PNJ à animer par rapport à la seule info intéressante que les PJ peuvent glaner. Je vais raccourcir le tout en changeant le lieu et l’événement, et plutôt partir vers une réunion périodique des retraités du DPD dans un pub irlandais de Detroit (à Corktown forcément), et éventuellement proposer un concours de chants karaokés de musiques bien en rapport avec Detroit et l’âme US à ma table pour que les PJ se fassent une place et récupèrent les infos nécessaires
- J’aime beaucoup le final : pas évident que la solution saute aux yeux des PJ, mais il y a forcément des possibilités de l’amener dans la partie, et ça peut déboucher sur un beau moment d’émotion - j’ai même trouvé la musique qui ira bien si on finit la partie avec ceci
Mes commentaires aussi sur les règles :
- Je vais jouer évidemment avec le système de la Tour de Jenga. Pour les parties Drama et Vice, je vais légèrement twister les règles, mais je suis très content de ce que j’ai lu : c’est limpide et digeste, et ça correspond aux attentes que j’en avais. Mes propositions ci-dessous viennent juste compenser des choses qui me semblent personnellement manquer (non, je ne propose pas un système de combat avancé avec gestion de la localisation des dégâts et système de blessures en fonction )
- Le système ne me semble pas gérer les situations passives : par exemple un test de perception pour se rendre compte d’un détail, un test de connaissance pour approfondir une information donnée. Autre exemple, lors de la scène avec Fitzgerald, il est précisé que si les PJ se sont planqués, ils peuvent se faire repérer : mais là encore, comment puisque le système ne gère pas vraiment des tests d’opposition ou des échecs aléatoires ? Je pense donc que je vais introduire et proposer aux joueurs de « forcer » ces situations en leur proposant ou non de retirer une pièce de la tour, ou en jouant avec les points Drama ou Vice accumulés
- Pour un jeu de police, je trouve que ça manque aussi de réseau et carte relationnelle : je vais personnellement ajouter une notion de #BFF pour que les PJ déterminent une relation qui permette de simuler un Indic, un Allié ou un Proche qu’ils pourront activer une fois par session pour récupérer une réussite dans un domaine où ils ne sont pas experts, en fonction du type de relation qu’ils auront définis.
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Vociférator a écrit : ↑dim. mars 15, 2026 5:50 pm
- Le système ne me semble pas gérer les situations passives : par exemple un test de perception pour se rendre compte d’un détail, un test de connaissance pour approfondir une information donnée. Autre exemple, lors de la scène avec Fitzgerald, il est précisé que si les PJ se sont planqués, ils peuvent se faire repérer : mais là encore, comment puisque le système ne gère pas vraiment des tests d’opposition ou des échecs aléatoires ? Je pense donc que je vais introduire et proposer aux joueurs de « forcer » ces situations en leur proposant ou non de retirer une pièce de la tour, ou en jouant avec les points Drama ou Vice accumulés
Pour pratiquer un système asymétrique sur un jeu d'enquête (que tu connais bien), je ne vois pas trop où est le problème dans les trois cas que tu mentionnes:
1. perception pour se rendre compte d'un détail, aucun tirage utile ou nécessaire, si le joueur indique que le personnage cherche ou regarde, il trouve. Ça demande juste de repenser un peu les prompt, pour reprendre une terminologie honnie.
2. connaissance pour approfondir une information donnée, c'est un peu pareil. Avec les ressources numériques à la portée de n'importe quel flic, je ne vois pas l'intérêt de demander un tirage.
3. ils peuvent se faire repérer, là pour le coup c'est pas passif pour moi, le PJ retire une brique s'il y a un risque d'être vu.
Vociférator a écrit : ↑dim. mars 15, 2026 5:50 pm- Pour un jeu de police, je trouve que ça manque aussi de réseau et carte relationnelle : je vais personnellement ajouter une notion de #BFF pour que les PJ déterminent une relation qui permette de simuler un Indic, un Allié ou un Proche qu’ils pourront activer une fois par session pour récupérer une réussite dans un domaine où ils ne sont pas experts, en fonction du type de relation qu’ils auront définis.
Hé hé, ça me rappelle quelque chose ;-) Et là pour le coup, tirer une brique pour obtenir une info d'un indic ou obtenir de l'aide d'un allié, c'est vraiment une bonne idée.
Mozart n'a pas écrit que le Boléro de Ravel. Mais aussi plein d'autres trucs beaucoup moins connus (comme le canon de Pachelbel). - Le Grümph
Sammael99 a écrit : ↑dim. mars 15, 2026 10:19 pm
Pour pratiquer un système asymétrique sur un jeu d'enquête (que tu connais bien), je ne vois pas trop où est le problème dans les trois cas que tu mentionnes:
1. perception pour se rendre compte d'un détail, aucun tirage utile ou nécessaire, si le joueur indique que le personnage cherche ou regarde, il trouve. Ça demande juste de repenser un peu les prompt, pour reprendre une terminologie honnie.
2. connaissance pour approfondir une information donnée, c'est un peu pareil. Avec les ressources numériques à la portée de n'importe quel flic, je ne vois pas l'intérêt de demander un tirage.
3. ils peuvent se faire repérer, là pour le coup c'est pas passif pour moi, le PJ retire une brique s'il y a un risque d'être vu.
Alors pour te répondre, je me suis posé cette question surtout en projetant mon scénario à l'occasion du Colloque, avec la perspective de jouer avec une table qui ne se connaît pas, et du public débutant ou pas trop expérimenté, et donc potentiellement un peu passif. En spoiler sur les situations à venir (éléments que j'ai rajoutés par rapport à COPPING) :
Spoiler:
1. sur la première situation, c'est que les PJ vont être confrontés à un PNJ cocaïnomane. Je vais le décrire avec les yeux rougis, speedé mais j'aurais utilisé le jet de perception pour faire remarquer qu'il a les pupilles dilatées et les narines endommagées, et donc que ça devienne évident qu'il sniffe de la coke. C'est pas un indice essentiel, juste un bonus pour leurs interactions avec le PNJ.
2. sur la seconde situation, les PJ vont récupérer un enregistrement illégal mais qui sera présenté par un avocat pour monter un dossier d'accusation. Là encore, par rapport aux connaissances en droit d'un flic, ça pose question s'ils gobent ceci ou s'ils détectent qu'il y a anguille sous roche. Comme pour la situation précédente, c'est pas essentiel et ça reste juste un bonus.
Sammael99 a écrit : ↑dim. mars 15, 2026 10:19 pm
Hé hé, ça me rappelle quelque chose ;-) Et là pour le coup, tirer une brique pour obtenir une info d'un indic ou obtenir de l'aide d'un allié, c'est vraiment une bonne idée.
Hé hé aussi, il y a de ça en effet En fait, je suis plutôt parti au départ que pour les flics et dans les sources d'inspiration de D3TROIT (The Wire, The Shield), les indics sont une composante essentielle. Mais comme je voulais jouer avec le principe des hashtags du système de D3TROIT, celui de #BFF s'est imposé et ça m'a fait basculer vers une carte relationnelle issue d'un certain autre jeu (et qui m'avait bien plu
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Le livret de l'écran a été rendu accessible aux souscripteurs.
On collecte les fôtes, on fait les corrections nécessaires puis on lancera les rotatives.
Cédric Ferrand a écrit : ↑mer. mars 18, 2026 11:23 am
Le livret de l'écran a été rendu accessible aux souscripteurs.
On collecte les fôtes, on fait les corrections nécessaires puis on lancera les rotatives.
Le revisionnages des différentes itérations de Criminal m'a redonné envie. J'ai hâte de pouvoir lire ça en arbre mort.
"Jouer avec Go@t, c'est à chaque fois mythique." (Zeben)
ZombieFanBoy Team, Maskagaz Zav Team et ôôôteur sur Wastburg et Vermine 2047 (dernièrement)
Or donc, retour sur mon inauguration de D3TROIT à l'occasion d'une convention ce WE. Je vais faire le compte-rendu sous trois angles : la session, le jeu, le scénario.
+ La session : je n'ai pas forcément pu proposer le jeu dans les meilleures conditions. A l'image des stations essence en ce moment, la convention était en rupture de MJ : je me suis retrouvé avec 6 joueuses / joueurs à parité. J'avais prévu ce nombre de participants parce que le système est léger, même si avoir 6 flics des Affaires Internes dépêchés pour une petite enquête est aussi logique que 6 Jedi dans un commando de l'Alliance Rebelle.
Le problème était davantage que toutes les autres tables à côté étaient aussi remplies à 6 joueurs, donc le contexte était pas le plus confortable pour installer la partie et mettre en place l'ambiance.
L'autre aspect casse-gueule de l'exercice est que les participants sont tirés de façon aléatoire : c'est ce qui permet en général d'avoir une convention très fun parce qu'on évite l'écueil du groupe de rôlistes qui vient jouer mais reste entre eux ; en revanche ça fait parfois des surprises sur la composition de la table parce que les conventions sont maintenant un sacré brassage de générations, de milieux sociaux et de personnalités, ou même d'expériences de jeu entre le rôliste hardcore qui a tout vu / tout vécu, et le quasi novice qui est venu parce qu'il a vu de la lumière.
Je déballe mon magnifique matériel, notamment les feuilles de perso sur le verso desquelles j’avais imprimé les photos pleine page du livre de base sélectionnées, et dont j’avais pris soin de les faire dédicacer par mister @Sammael99 lui-même, et un écran préparé pour l’occasion puisque les panneaux côté MJ laissent la place pour ajouter de l’information personnelle. Et surtout la Tour de Jenga sous les yeux éberlués des participants…
Je commence à présenter rapidement le contexte du jeu en disant qu’on va jouer à Detroit des flics des Affaires Internes, et une des joueuses me balance : « ah ouais mais moi j’aime pas la Police ». Petit moment de vide à cet instant, qui m’a renvoyé vers quelques épisodes agités quand le Twitter rôliste était bruyant et hum, on va dire, engagé, où certains trouvaient insupportables qu’on puisse jouer à COPS, Berlin XVIII, ou un jour Les Mystères de Paris parce que ça cautionne l’institution et les violences policières. Et que même si je proposais dans le cas présent que ce soit les Affaires Internes, le début de partie s’est fait de façon « particulière » avec du ACAB qui traînait, avant que tout le monde ne se plonge dans l’enquête et que le jeu finalement s’engage bien.
+ Je bascule maintenant sur le jeu. Contrairement à mes habitudes en convention, je n’avais pas fait de pré-tirés et ai proposé une création rapide de persos, à partir de hashtags préparés en avance (et que je reproduirai ici si ça peut servir). Puis on passe à la Tour de Jenga et je confirme que c’est une des grosses réussites de la soirée : ça a redoutablement bien marché, les initiatives impliquant des tirages de briques générant toujours son petit lot de tension bienvenue autour de la table. J’avais peur que ce jeu dans le jeu ralentisse la narration, mais je confirme que ça fonctionne aux petits oignons. La tour n’est pas tombée car la session a été courte (moins de 3h) mais comme on était dans un contexte de convention, il y a eu plus d’une fois un choc sur la table qui a fait vaciller la tour : pour tenir les joueurs tranquilles, je confirme que c’est redoutable ! Sur les autres aspects du système, on a un peu joué avec les dramas et les vices (ce dernier immobilisant l’unique voiture de fonction pendant 2h au lieu des 10 min promises par le flic impliqué), mais comme on était sur des persos créés à la volée et un temps contraint, on a pas pu pousser davantage cette mécanique.
+ Sur le scénario, j’avais donc repris, modifié et enrichi COPING : étrangement, ils n’ont pas du tout enquêté sur le compte anonyme à l’origine du podcast que j’avais en plus complexifié avec une histoire de comptes piratés, et c’est vraiment sur la fin de partie qu’ils se sont reposés des questions sur les dysfonctionnements initialement mis en évidence. Après avoir écouté les épisodes du podcast, ils se sont investis pour découvrir qui était le flic à l’origine des anecdotes : pour @Cédric Ferrand , ils se sont finalement surtout concentrés pour résoudre l’affaire reliée à l’épisode 6 du podcast, que j’avais heureusement développée dans ma préparation, avec le secret espoir de faire tomber l’institution même si j’ai bien fait comprendre en fin de partie qu’ils s’attaquaient à des moulins.
On a conclu le tout dans la joie et la bonne humeur, et ça m’a surtout redonné envie de rejouer ce scénario dans des conditions plus propices, et avec un temps plus long parce que finalement même si les mini-enquêtes ne sont pas forcément centrales pour résoudre l'intrigue, elles prennent un temps pas négligeable pour éviter de frustrer les joueurs dessus.
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Génial, merci beaucoup pour ce compte-rendu détaillé, @Vociférator !
J'aime à dire "Tu aimes jouer des flics ? Viens jouer à D3TROIT. Tu détestes les flics ? Oh alors viens jouer à D3TROIT", mais je comprends que le tirage au sort des tables ait créé un départ malaisant. Nous n'avons pas tous le loisir d'avoir de bonnes expériences policières, ça peut être confrontant pour certaines joueuses.