LA MOITIE D’UNE GUERRE
La Mer éclatée, tome 3
Joe Abercrombie
J’avais laissé la Mer éclatée au bord de la guerre avec le Haut-Roi. L’alliance de la carpe et du lapin, les deux ennemis hériditaires, le Vansterland et le Gettland et leurs terribles rois, Grom Gil Gorm et Uthil, se dressent face au reste de la Mer éclatée. Yarvi a certes, passé quelques alliances, notamment avec le Throvenland, mais des alliances comme seul Yarvi peut les considérer.
Alors, le livre commence lorsque la princesse Skara assiste au meurtre de son grand-père et de sa ministre par Yilling l’Eclatant. Grâce à feue la ministre, elle réussi à s’enfuir avec Jenner le Bleu, un mercenaire pirate, pour rejoindre le Gettland. Là, elle se verra confier par ses nouveaux alliés une esclave, un garde du corps qui est l’ancien porteur d’épée de Grom gil Gorm et une ministre qui était l’apprentie de Mère Skaer, la ministre de Grom. Grâce à son courage et en dépit de sa peur, elle va aider Père Yarvi à faire tenir l’alliance de la carpe et du lapin pour reprendre la forteresse de Bail le Bâtisseur et affronter les armées du Haut Roi. Bien évidemment, on va retrouver les personnages habituels : Epine Bathu, Koll devenu apprenti ministre depuis la mort de sa mère, Rin, la sœur de Brand, Rolf, la sorcière Skifr qui va aider tout ce beau monde à explorer les ruines elfiques pour trouver les armes qui leur permettront de vaincre le Haut-Roi.
Ce tome conclut la série sur la Mer éclatée.
Même si le meilleur tome est certainement le second, notamment parce qu’il développe une vraie aventure, un peu plus originale que celle du premier tome, le troisième se lit avec facilité, à défaut de plaisir, et laisse une impression mitigée. D’une part, il réussit à ne pas sombrer dans trop de facilité, notamment en offrant une fin contrastée à bon nombre de personnages, notamment ceux introduits dans ce troisième tome. Mais il donne toutefois l’impression que l’auteur fait le choix de tuer certains personnages lorsqu’ils n’ont plus aucun intérêt pour l’intrigue. D’autre part, la résolution est un peu rapide : les héros vont mettre la main sur des fusils d’assaut et un bazooka et pouf, il n’y a plus vraiment d’adversaires. Alors, certes, le XXème ou le XXIème gagne largement et sans effort en cas de guerre contre le IXème siècle, mais quand même. On attendait une confrontation, de l’intelligence, des plans dans des plans et on finit sur un truc assez simple et, finalement, assez décevant.
C’est un peu le sentiment qui reste : si Joe Abercrombie sait raconter des histoires et leur donner une couleur, dans cette série au moins, il montre des lacunes dans la construction d’univers. Si l’on ne comprend pas d’entrer que les elfes sont les hommes d’avant la guerre nucléaire, on est bien naïf. Tout comme on l’est si l’on ne comprend pas que l’on se retrouve quelque part dans le nord, du côté des descendants des vikings. Et c’est là que le bât blesse : autant je peux comprendre des univers qui s’inspirent de civilisations connues, autant j’ai du mal avec une civilisation qui crée une parodie d’une civilisation existante suite à une disparition de la société avancée. C’est, au final, ce manque d’originalité qui me gêne, plus que l’histoire qui, sans être renversante, est assez correcte pour une série d’aventure à destination des ados/jeunes adultes. Rien de plus.